Portrait : Interview d’Émilie Tomczak, une ancienne étudiante TSM aujourd’hui chef de projets de traduction freelance

Par Mélissa Launay, étudiante M2 TSM

image-06-10-16-21_36

J’ai rencontré et travaillé avec Émilie Tomczak lors de mon stage de Master 1 que j’ai effectué en gestion de projet, dans une agence de traduction à Bruxelles. Et oui ! Le réseau TSM est un grand réseau qui s’étend par-delà les frontières !

Depuis plusieurs mois, Émilie s’est lancée dans le monde du travail en freelance et a accepté de nous parler de son parcours au sein du Master TSM ainsi que de ses expériences professionnelles.

 

– Émilie, peux-tu nous décrire ton parcours avant le Master TSM ?

J’ai suivi une Licence LEA, parcours anglais-espagnol, à Roubaix (dans notre ancien bâtiment ! Place Bodart Timal). Au cours de la troisième année, je suis partie étudier un semestre à Manchester où je suivais notamment des cours de traduction. Ensuite, j’ai décidé de partir en assistanat dans la région de Manchester car j’avais adoré cette ville lors de mon séjour Erasmus. En revenant, en 2011, j’ai intégré la première année du Master TSM.

Tu es partie entre ta Licence et ton Master parce que tu n’étais pas sûre de vouloir intégrer notre Master ?

Non, j’avais d’ores et déjà l’intention de passer le test d’entrée de première année, mais l’occasion de repartir à Manchester s’est présentée et je n’ai pas hésité. Cela me permettait de faire un « break » avant de commencer mes deux dernières années d’études. Cette opportunité m’a permis de découvrir un domaine que je n’avais jusque-là jamais envisagé (l’éducation), tout en continuant à perfectionner mon anglais et à approfondir ma connaissance de la culture britannique.

– Pourquoi as-tu choisi ce Master ?

Il faut savoir que les différents Master TSM de France n’offrent pas forcément le même programme.

Par chance, le Master de Lille 3 est celui dont le programme m’attirait le plus, je n’ai donc pas hésité très longtemps. Ce Master, qui fait partie du réseau EMT, garantit un certain niveau de qualité de l’enseignement fourni.

Intégrer le Master TSM de Lille signifiait aussi fréquenter un environnement que je connaissais déjà, que ce soit les locaux ou l’équipe enseignante. Cet aspect-là était aussi rassurant. Vraiment, le choix du Master n’a pas été très difficile à faire !

– Tu as été diplômée en 2013, que souhaitais-tu voir améliorer pour les futurs étudiants ?

Au niveau des programmes et matières enseignés, j’aurais aimé approfondir mes connaissances des différents outils de traduction. Il y a quelques années, nous nous concentrions essentiellement sur SDL Trados Studio. Certes, cet outil couvre une majeure partie du marché de la traduction, mais d’autres outils sont aussi largement utilisés. Bien sûr, le stage est un bon moyen d’approfondir ses connaissances à ce niveau mais j’aurais aimé être mieux préparée et avoir déjà une maîtrise plus avancée de ces outils.

Nous nous sommes rencontrées dans l’entreprise où tu avais effectué ton stage de M2 et dans laquelle tu avais obtenu un poste, peux-tu nous en dire plus sur ton stage de M1 (le lieu, la durée, les tâches) ?

J’ai également effectué mon stage de première année en gestion de projet dans une agence sur Paris. C’était un stage long qui a duré 6 mois. Concernant les tâches qui m’étaient confiées, j’avais les mêmes missions qu’un chef de projet : le contact avec les clients, la préparation des fichiers et l’élaboration d’un devis dans un premier temps. Puis, lorsque le projet était lancé, je prenais contact avec les fournisseurs (c’est-à-dire le ou les traducteurs, le réviseur, le DTPiste…) afin d’établir un planning de livraison. Tout au long du projet, le gestionnaire de projet reste l’intermédiaire privilégié entre les clients et les fournisseurs. Une fois les traductions terminées, je m’occupais parfois de la relecture des traductions avant de livrer les fichiers finaux au client. J’étais également en charge du suivi post-mortem des projets et de la gestion de bases de données terminologiques.

Pour le M2, j’ai fait mon stage en gestion de projet à nouveau, à Bruxelles. Les tâches étaient sensiblement similaires. À la suite de ce stage de 6 mois, j’ai été embauchée et je suis restée à ce poste pendant près de 3 ans.

Il faut savoir que les missions confiées au gestionnaire de projet peuvent varier selon les entreprises. Par chance, j’ai effectué deux stages très complets qui m’ont permis d’aborder, en plus de la gestion de projet en elle-même, les aspects commerciaux ou techniques des projets de traduction.

– Lors de la recherche de nos stages, il nous est conseillé, d’essayer le domaine de la traduction et celui de la gestion de projet, était-ce ton choix de rester en gestion de projet ?

Lors du choix de stage de fin d’année, deux options s’offrent généralement à nous : la traduction ou la gestion de projet. J’ai remarqué qu’en première année, nous étions assez réticents à l’idée de choisir la gestion de projet, car l’enseignement de cette matière consistait en seulement quelques heures de cours par semaine ; il s’agissait d’une initiation. Nous avions donc peut-être l’impression de ne pas être assez préparés à affronter cela si tôt dans le cadre d’un stage en entreprise, même si les quelques heures de cours dispensées nous avaient déjà apporté de solides bases.

Malgré tout, j’ai voulu découvrir ce métier dès la première année et j’ai tout de suite compris que c’était ce qui me plaisait. C’est d’ailleurs pour cela qu’en deuxième année, j’ai également choisi un stage en gestion de projet. Cela m’a permis d’approfondir les connaissances acquises lors du premier stage, tout en découvrant une nouvelle entreprise et sa façon de travailler.

– Cette première expérience t’a-t-elle ensuite aidée pour les cours de gestion de projet en M2 ?

Oui, l’expérience et les connaissances acquises lors du stage de M1 m’ont clairement permis d’appréhender le programme de M2 plus sereinement, notamment dans la manière d’aborder un projet et grâce à certains automatismes acquis lors du stage.

Il nous est enseigné que la visibilité sur les réseaux professionnels est très importante, qu’en penses-tu (que ce soit en tant qu’étudiant ou jeune travailleur) ?

Je suis complètement d’accord ! Le seul réseau professionnel que j’utilise à l’heure actuelle est LinkedIn, mais j’ai longtemps été réticente à l’idée de créer un profil. Puis je me suis finalement lancée. Au fur et à mesure que mon réseau professionnel s’agrandit, je me rends compte à quel point il est important de savoir développer et entretenir son réseau professionnel et sa visibilité sur ce type de sites. La moindre activité (publication, commentaire, « like ») peut être visible par tous et cela permet parfois d’être repéré par des personnes qui sont susceptibles d’être intéressées par notre profil. Je pense que c’est grâce à cela que j’ai plusieurs fois été contactée par des chefs d’entreprise, ou des directeurs de ressources humaines, qui étaient intéressés par mon profil et me proposaient des entretiens pour des postes (en traduction ou gestion de projets).

–  Le Master TSM est aussi un réseau important, es-tu en contact avec tes camarades de Master TSM ?

En effet, le réseau du Master TSM est assez important, mais surtout très actif. Cela m’a tout d’abord été utile pour la recherche de stage. Les étudiants d’anciennes promotions n’hésitent pas à nous transmettre l’information, dès qu’un stage est proposé dans l’entreprise où ils travaillent. C’est d’ailleurs grâce aux offres postées par les anciens étudiants sur le forum TSM que j’ai trouvé mes deux stages.

Comme je le disais précédemment, il est important d’entretenir son réseau et je suis bien sûr encore en contact avec plusieurs étudiants de ma promotion. Maintenant que nous sommes dans la vie active, nous n’hésitons pas à partager nos « bons plans » professionnels. Une entreprise qui recherche un traducteur en interne, une agence qui propose un poste de gestionnaire de projet, etc., ces informations sont vite partagées. Il n’est pas rare de recroiser d’anciens étudiants ou camarades de promotion au cours de notre parcours professionnel, que ce soit lors d’entretiens ou une fois en poste !

Après 2 stages de 6 mois et plus de 2 ans à travailler en agence, tu es chef de projets de traduction freelance. Penses-tu que l’expérience en agence est primordiale ?

Personnellement, je ne me serais pas sentie capable de me lancer directement en freelance sans avoir acquis de l’expérience en agence au préalable. De mon point de vue, le travail en agence promet certes moins d’indépendance et d’autonomie, mais il impose un certain « cadre », qui, en tant que débutante, m’avait rassurée. Le fait d’avoir des collègues autour de soi permet aussi de se sentir soutenu et d’être plus confiant face aux problèmes qui pourraient survenir pendant un projet. Au fil du temps, cette façon de travailler me convenait de moins en moins, et j’ai donc pensé au travail en freelance.

– Comment t’es-tu préparée ? As-tu suivi une formation ou autre ?

Il est vrai qu’avant de me lancer en freelance, j’ai beaucoup hésité. Pour moi, « créer son entreprise » était quelque chose au-dessus de mes capacités. Finalement, l’installation en freelance s’avère beaucoup plus simple que prévue ! Je ne m’y suis pas réellement préparée et je n’ai pas suivi de formation particulière. Le métier reste fondamentalement le même, à quelques détails près. Chaque entreprise, chaque client a sa propre manière de travailler et ses spécificités en interne. C’est surtout la façon de gérer son quotidien qui est différente. À ce niveau, j’essaie de m’imposer des horaires « de bureau » mais je reste malgré tout assez libre de remplir mon emploi du temps de la journée comme je le souhaite et de m’accorder des plages de temps libre. Par exemple, contrairement au travail en agence, je ne suis pas contrainte de rester devant mon ordinateur si l’activité est réduite.

Aussi, en tant que freelance, ce qui peut paraître contraignant est l’aspect administratif. Mais au bout de quelques mois, on s’y habitue très vite…

– Les débuts en freelance peuvent s’avérer difficiles, comment t’en sors-tu ?

Cela fait 3 mois que j’ai débuté ma carrière de freelance et tout va pour le mieux. On ne cessera de répéter l’importance du réseau (professionnel, universitaire, personnel) mais c’est vraiment cela qui m’a permis de trouver rapidement mes premiers clients.  Les premiers mois d’activité en tant que freelance peuvent être difficiles (peu de clients, activité réduite) mais pour ma part, j’ai très vite trouvé mon rythme de travail. Aujourd’hui, je suis autonome dans la manière de gérer mon emploi du temps et j’ai su trouver l’équilibre entre temps de travail et temps libre.

– Pour terminer, as-tu des conseils pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la gestion de projet ? Quelles sont les qualités à avoir selon toi ?

Je dirais qu’il ne faut pas hésiter à tenter la gestion de projet dès le stage de M1. Même si cela peut paraître assez peu concret et flou après les quelques heures de cours dispensées à l’université, en pratique on se rend vite compte si ce métier est fait pour nous ou non. Pour beaucoup, le stage de M1, qu’il soit fait en gestion de projet ou en traduction, est un bon moyen d’orienter son choix de carrière.

Concernant les compétences d’un gestionnaire de projet, il doit être polyvalent, organisé, proactif car il doit être en mesure de gérer les imprévus. Un chef de projet doit évidemment savoir travailler sous pression :  gros volumes à traduire, délais serrés, tout gestionnaire de projet a déjà connu cela ! C’est ce qui me motive dans ce métier pour ma part ! Avoir des compétences avancées en informatique peut aussi s’avérer être un réel atout.

Il est aussi important d’être au fait de l’actualité du monde de la traduction. C’est un domaine très vaste, le marché évolue très vite et il est toujours bon de se tenir au courant de ce qui s’y passe.

– Merci beaucoup Émilie pour avoir partagé toutes ces informations sur le Master TSM et sur l’après TSM. Je tiens également à te remercier pour ton aide au cours de mon stage.

 

Publicités

2 réflexions sur “Portrait : Interview d’Émilie Tomczak, une ancienne étudiante TSM aujourd’hui chef de projets de traduction freelance

  1. Merci pour cet article !
    Petite typo au hasard d’une chouette lecture : « […] et j’ai su trouvé l’équilibre entre temps […] » > « trouver »

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s