Le stage en agence, crucial pour l’étudiant en traduction

Par Brahim Ghoul, étudiant M2 TSM

Que vous soyez intéressé par des études de traduction ou que vous les ayez déjà débutées, il est d’une importance capitale pour vous de bien définir quels sont vos objectifs et priorités pour les stages obligatoires entrant dans votre formation (en agence ou auprès d’un traducteur indépendant).

Dans cet article, je me focaliserai sur les agences de traduction. Toutefois, je ne donnerai évidemment aucun nom d’étudiant, d’entreprise ou d’agence, car là n’est pas le but. Il s’agira plutôt de donner des pistes et des conseils de prudence que j’ai pu appliquer l’année dernière. Si les stages en entreprise en France sont très règlementés, il faut le plus souvent redoubler de vigilance en cas de stage à l’étranger.

Je me souviens de la discussion que j’ai pu avoir, il y a quelques mois, avec une étudiante de deuxième année du Master de Traduction Spécialisée Multilingue, à l’époque où j’étais étudiant de première année. Celle-ci m’avait raconté les mésaventures qu’elle avait vécues lors de sa période de stage. Elle avait effectué un stage qui s’était très mal passé, dans une agence de traduction anglaise. L’agence en question s’est révélée être une « usine à stagiaires », puisqu’on y comptait dix stagiaires pour seulement deux salariés. En outre, la convention de stage qui avait été signée était inexacte en ce qui concerne les tâches à effectuer : l’étudiante passait davantage de temps à répondre aux appels des clients qu’à traduire des documents spécialisés, alors que la traduction constituait la tâche principale inscrite sur la convention de stage ! On imagine donc que cette expérience n’a été bénéfique ni pour la stagiaire, qui n’a pas réellement amélioré les compétences visées par le Master, ni pour l’entreprise, qui a vu sa réputation en pâtir.

Quels sont les conseils que je pourrais donner aux futurs stagiaires en agence ? En me basant humblement sur mon vécu en ce qui concerne les stages de première année, trois points me paraissent importants :

  • La nature de votre stage : quelles compétences souhaitez-vous approfondir ? Ayez bien conscience que les tâches de traduction, de gestion de projet ou de localisation, bien que toutes liées au Master TSM, sont bel et bien différentes.
  • L’entreprise d’accueil : quelle est sa réputation, notamment sur les réseaux sociaux et professionnels ? Avez-vous précisément discuté des tâches à réaliser avec le recruteur ? Avec quel équipement informatique allez-vous travailler, cela concernant aussi bien les logiciels que les ordinateurs ? Combien de stagiaires l’entreprise a-t-elle l’habitude de recruter ? Selon la loi française, « Les entreprises de moins de 20 salariés peuvent accueillir 3 stagiaires maximum en même temps ».
  • La rémunération : la loi française oblige les employeurs à verser à leur stagiaire une gratification en cas de stage supérieur à deux mois. En effet, selon la loi, « Le taux horaire de la gratification est égal à 3,60 € par heure de stage». Cependant, en ce qui concerne les stages à l’étranger, la meilleure option consiste à se renseigner en amont, parce que le plus souvent il n’existe pas de règle.

 

Il est crucial pour vous de bien déterminer, à l’avance, ces trois points. Évidemment, il vous sera impossible de vous prémunir d’éventuels cas de force majeure qui pourraient impacter de manière négative votre stage, mais l’idée ici est de minimiser les risques et de permettre à l’agence de traduction comme à vous-même de sortir enrichi de cette aventure professionnelle.

Dans la capture d’écran qui suit, vous trouvez toute une liste d’informations susceptibles d’être pertinentes dans la sélection de votre stage. Le dernier encadré en rouge, dans le corps du courriel, est selon moi le plus important : dans quel sens allez-vous traduire ? Quels logiciels êtes-vous susceptible d’utiliser ? Quelles compétences allez-vous acquérir ? Pensez à éclaircir, avec le recruteur, tous ces détails.

De plus, petit aparté, n’hésitez pas à classer vos courriels en fonction des expéditeurs si vous souhaitez gagner en clarté et en organisation, dans le cadre de vos recherches de stage (voir le côté gauche de la capture d’écran).

brahimghoul

 

Malgré toutes vos précautions, votre stage reste susceptible de ne pas être à la hauteur de vos espérances, voire pire, de ne pas du tout correspondre à ce qui est exigé d’un stage en traduction spécialisée ou en gestion de projets. Dans ce cas, n’hésitez pas à agir et à rechercher toutes les solutions possibles pour rectifier le tir. Parlez-en à votre responsable de stage en entreprise ainsi qu’à votre tuteur de stage à l’Université.

Enfin, pensez à certains cas de figure peu réjouissants : et si, par exemple, l’agence dans laquelle vous effectuez un stage déposait tout simplement le bilan ? Dans ce cas, vous devrez réaliser un autre stage si vous souhaitez valider votre année. Même s’il est toujours possible d’envoyer des candidatures spontanées, n’hésitez pas, si vous devez absolument accélérer le processus, à faire jouer vos réseaux. Je pense notamment à un solide profil LinkedIn que vous alimenterez au fur et à mesure de votre progression dans le monde professionnel.

Tous ces conseils vous permettront, je l’espère, de rassembler un maximum d’informations sur votre futur stage en agence, et de gagner du temps au cas où une situation délicate se présenterait.

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