J’ai testé pour vous : MateCat

Par Margaux Pirog, étudiante M2 TSM

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MateCat est un outil de traduction assistée par ordinateur (TAO) en ligne, développé par la « Fondation Bruno Kessler » de Trento (Fondazione Bruno Kessler), Translated srl, l’Université du Maine et l’Université d’Édimbourg.

J’ai découvert cet outil en début d’année grâce à Twitter, ce qui me permet de faire une parenthèse sur les réseaux sociaux et vos abonnements : ne les négligez surtout pas, ce sont des sources formidables pour découvrir de nouveaux outils !

Je vais commencer par vous présenter quelques-unes des caractéristiques de MateCat, puis je m’intéresserai aux différentes étapes de création, de réalisation, mais aussi de gestion d’un projet de traduction sur cet outil avant d’apporter mes conclusions.

 

Caractéristiques

MateCat est un outil entièrement gratuit, qui fonctionne sur Chrome et Safari : vous pouvez donc l’utiliser sur votre ordinateur comme sur votre tablette (l’utilisation sur smartphone n’est pas encore optimisée). Il n’est pas nécessaire d’avoir un compte pour s’en servir, mais votre utilisation sera limitée car vous n’aurez pas accès à toutes les fonctionnalités. Pour cela, il vous suffit d’avoir une adresse Gmail et de vous connecter via Google+. Vous pouvez à présent créer, traduire (ou faire traduire) et gérer vos projets.

J’ai trouvé cet outil particulièrement innovant en ce qui concerne le nombre de combinaisons linguistiques disponibles et le nombre de formats de fichiers pris en charge. Environ une centaine de langues est disponible, et comme vous pouvez le voir sur la capture d’écran ci-dessous, vous n’avez plus vraiment besoin de vous soucier du format de vos fichiers à traduire puisque l’outil prend en charge 68 formats de fichiers différents ainsi que les documents que l’on peut créer sur Google Drive.

screenshot1-file-format

Si vous aussi, vous êtes étonné par la prise en charge des fichiers *.pdf et des images, sachez que l’outil se base sur une reconnaissance des caractères, qui donne des résultats plus ou moins bons selon la qualité de votre source. Les traductions exportées seront générées au format *.docx et vous pourrez ensuite exporter un fichier *.pdf si votre fichier source en était un (la mise en page est relativement bien respectée). Pour les images, la traduction générée se trouvera dans une structure plus ou moins similaire à votre image source, et le texte sera accessible : vous pourrez copier-coller cette traduction si vous devez retoucher des images.

Une autre caractéristique intéressante à mon sens est la possibilité d’inclure un ou plusieurs moteur(s) de traduction automatique (TA). À l’heure où certains traducteurs se sentent menacés par cette dernière, je trouve que cette fonctionnalité est une preuve qu’elle est en réalité un outil d’aide à la traduction, et non notre ennemie.

 

Créer un projet

Comme dans tous les outils de TAO, vous devez entrer certaines informations obligatoires pour créer votre projet (le nom et la ou les paire(s) de langues). Il est également possible d’ajouter un domaine, et de choisir certaines options :

  • L’ajout de ressources (glossaire(s) et/ou mémoire(s) de traduction), que vous pouvez rendre privées par l’ajout d’une « clé » (key), qui est une sorte de mot de passe pour accéder à ces ressources et que vous aurez besoin de transmettre au(x) traducteur(s). Une mémoire de traduction publique est définie par défaut : il s’agit d’une mémoire collaborative alimentée par les utilisateurs de MateCat.
  • L’utilisation de la traduction automatique et les différents moteurs que vous souhaitez utiliser. Une remarque à ce sujet : le moteur de TA par défaut est Google Traduction ; si vous êtes soumis à des accords de confidentialité, pensez à décocher cette fonctionnalité puisque tout ce que vous traduirez sera exploitable par le géant Google.
  • Le type de segmentation : general ou patent (adapté aux documents de type brevet).
  • L’utilisation de Lexiqa, un outil d’assurance qualité linguistique.
  • La possibilité de dicter votre traduction.
  • La fonctionnalité guess tag position (je reviendrai plus tard sur ces deux dernières options).

Une fois le projet créé, vous pouvez procéder à l’analyse, qui apparaîtra comme sur la capture ci-dessous :

screenshot2-analyse

Lors de l’étape d’analyse, il est également possible de partager les projets entre plusieurs traducteurs (jusqu’à 50) ; ces derniers, lorsqu’ils traduisent, voient l’intégralité du/des fichier(s) mais ne peuvent éditer que les parties qui leur auront été attribuées. De plus, ils voient la traduction des autres traducteurs en temps réel et ont la possibilité de laisser des commentaires dans la marge droite, commentaires auxquels tous les participants, (traducteurs et gestionnaire de projets), peuvent répondre instantanément, ce qui constitue un véritable atout pour assurer une bonne cohérence sur tout le projet.

Lorsque vous lancez la traduction, plusieurs options s’offrent à vous :

  • Envoyer le lien au(x) traducteur(s) affecté(s) au projet
  • Traduire le document vous-même (Open)
  • Passer commande à un traducteur externe (Order)

Une fois la traduction lancée, le gestionnaire de projets pourra voir l’avancée du projet en temps réel en cliquant sur Manage dans la barre de menu en bas de l’écran grâce à un code couleur (bleu pour la traduction, vert pour la révision) ; en cliquant sur l’icône Activity log (celle tout à droite au-dessus de la description du projet), il pourra également voir toutes les actions réalisées par tous les acteurs du projet.

 

Traduire un projet

Lors de la traduction,  vous pouvez, comme dans les autres logiciels de TAO, voir les correspondances avec les ressources que vous avez ajoutées et insérer des termes dans un glossaire. Il est également possible de télécharger un aperçu à n’importe quel moment pour s’assurer de la bonne mise en page du fichier cible, mais aussi de télécharger un fichier bilingue *.xliff si vous voulez continuer votre traduction hors ligne.

J’aimerais maintenant revenir sur deux fonctionnalités que je trouve  très intéressantes pour traduire un projet :

  • Dicter sa traduction: vous pouvez choisir de dicter votre traduction, à condition d’avoir un micro sur votre ordinateur ou votre tablette. Je trouve cette fonctionnalité très utile, car cela permet de faire un premier jet spontané de la traduction, que l’on pourra revoir par la suite. De plus, on parle généralement plus vite que l’on ne tape sur un clavier ; toutefois, les traductions dictées sur MateCat nécessitent une post-édition, car la ponctuation et la casse ne sont pas respectées (et il peut naturellement y avoir quelques ratés avec le micro).
  • Guess tag position: tous les traducteurs seront d’accord pour dire que les tags sont très pénibles lorsque l’on traduit dans un logiciel de TAO (ils peuvent être nombreux, fractionnent les segments et il est indispensable de les réintégrer au bon endroit dans la cible). Sur MateCat, la fonctionnalité guess tag position vous permet de masquer les tags dans la langue source afin de voir l’intégralité de votre segment et de le traduire. Une fois votre segment traduit, cliquez sur le bouton Guess tags et un algorithme replacera les tags masqués en se basant sur leur position dans la source. Si le placement n’est pas correct, vous pouvez le modifier. N’est-ce pas merveilleux ?

 

Étapes post-traduction

Une fois votre traduction terminée, et si vous avez coché l’option d’assurance qualité linguistique, vous pouvez corriger les différents problèmes mis en évidence par un code couleur et accéder à un rapport d’assurance qualité en cliquant sur Full QA report, qui se présente de la manière suivante :

screenshot3-full-qa-report

Une fois les erreurs corrigées, et si vous avez utilisé la traduction automatique, le gestionnaire de projet peut cliquer sur Editing log et voir le pourcentage de post-édition réalisé par le traducteur, le temps consacré à cette tâche, ainsi que les modifications concrètes apportées (cela permet notamment de voir si le traducteur a accepté toutes les propositions de la TA ou pas ; attention, cela n’est pas forcément gage de mauvaise qualité !).

MateCat vous permet également de réviser les fichiers traduits : vous pouvez apporter les corrections que vous estimez nécessaires, mais également indiquer le type et la gravité des erreurs. Ces catégories à cocher calculeront le « score » obtenu par le traducteur quant à la qualité de sa traduction.

Conclusions

Cet outil étant relativement récent, il comporte quelques points à améliorer :

  • L’interface n’est disponible qu’en anglais ;
  • Il n’est pas possible de fusionner ou de séparer des segments ;
  • Certains formats de fichiers sont moins bien pris en charge que les autres (*.mif par exemple) ;
  • Certaines fonctionnalités, (TA, assurance qualité linguistique et guess tag position), ne sont pas disponibles dans toutes les langues.

Cependant, MateCat est en développement continu, et je pense qu’il faudra surveiller son évolution de très près. Je trouve que cet outil représente une bonne alternative pour les traducteurs qui n’ont pas les moyens d’investir dans des logiciels de TAO coûteux, qui ne présenteraient peut-être pas autant d’avantages et de fonctionnalités que MateCat (notamment par rapport au nombre de formats de fichiers pris en charge et à la fonction guess tag position). Pour ma part, je l’ai adopté !

logo-finMateCat est présent sur les réseaux sociaux : Facebook / Twitter / Youtube.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet outil et son utilisation, vous pouvez vous inscrire au prochain webinar qui a lieu le 1er décembre à 17h30.

 

Note : Toutes les captures d’écran et les logos ont été utilisés avec l’accord préalable d’Alessandro Cattelan, Product Manager, que je tiens à remercier.

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