Retour sur l’atelier de traduction et d’adaptation de CV pour les étudiants réfugiés

Par Clémentine Carriot, étudiante M2

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Sur la base du volontariat, les étudiant.e.s en 2ème année du master TSM, dont je fais partie, ont participé à une journée d’accueil pour des étudiants réfugiés et demandeurs d’asile récemment admis à l’université de Lille. Le but était de mettre nos compétences en traduction au service de ces étudiants.

 

C’est notre professeur M. Rudy Loock qui est à l’initiative de cette journée à laquelle nous sommes très fiers d’avoir pu participer. En effet, cet atelier fait suite au projet de l’Auberge des Migrants, grâce à qui les étudiants ont pu quitter Calais et suivre des cours à l’Université de Lille.

Ainsi, le mercredi 14 décembre 2016 dès 9h30, nous nous sommes répartis entre étudiants réfugiés et étudiants du Master TSM dans deux salles du campus de Roubaix pour des ateliers de traduction de CV.

Dans un premier temps, nous nous sommes rapidement présentés un à un, puis nous avons constitué des binômes de travail. Grâce à la « classe mobile » (des ordinateurs portables prêtés par l’université), chaque duo avait à sa disposition un ordinateur pour effectuer des recherches et rédiger le CV.

L’étudiant avec qui j’ai travaillé s’appelle Zafar et il a mon âge, 22 ans. Il est originaire du Pakistan, qu’il a dû quitter sous la menace des talibans. Après avoir fait brièvement connaissance, nous avons commencé à travailler sur son CV en commençant par noter les formalités (nom, prénom, adresse, etc.), puis nous lui avons créé une adresse e-mail, élément indispensable du CV, sur Gmail. Ensuite, nous avons établi une liste des établissements où il a étudié et des diplômes qu’il a obtenus, en anglais dans un premier temps. L’une des difficultés principales de cet atelier a été de trouver des équivalences françaises aux diplômes étrangers. Pour cela il a fallu comparer l’âge auquel l’examen était passé, ou encore la durée d’études nécessaires à l’obtention du diplôme. En général, on a choisi d’écrire le nom du diplôme en anglais ou dans la langue d’origine, puis de préciser entre parenthèses l’équivalence française. Pour compléter le CV, nous avons répertorié les langues pratiquées, qui sont une réelle valeur ajoutée. En effet, plusieurs étudiants parlaient différentes langues ou dialectes en plus de leur langue d’origine, ce qui peut être un atout dans certains domaines, tel que le commerce. Par exemple, l’étudiant avec qui je travaillais avait pour langue d’origine l’ourdou (langue officielle du Pakistan), mais savait aussi parler le pachto (langue officielle de l’Afghanistan) ainsi que l’hindi.

Pour terminer le CV, nous avons ajouté les compétences informatiques de Zafar ainsi que ses centres d’intérêt. Nous n’avons pas pu ajouter de partie « Expérience professionnelle » car il n’en n’avait pas encore, mais les étudiants réfugiés ayant déjà exercé une activité professionnelle l’ont bien sûr précisé dans leur curriculum vitae.

 

Aux alentours de 12h, nous avons tous bénéficié d’un repas offert par l’université, que nous avons mangé au restaurant universitaire du campus de Roubaix et autour duquel nous avons pu échanger tous ensemble.

Ensuite, nous avons repris l’atelier où nous avons finalisé la mise en page du CV. Puisqu’il nous restait du temps, j’ai pu expliquer à mon binôme les différentes conventions à utiliser dans les lettres de motivation françaises, et nous avons rédigé une ébauche de lettre, afin qu’il puisse l’utiliser comme modèle dans le futur (surtout au niveau du format, des formules de politesse, etc.).

Nous avons ensuite tous les deux décidé d’échanger sur nos origines, notre parcours : il m’a montré sur une carte d’où il venait exactement, où vivait sa famille actuellement, m’a expliqué pourquoi il était parti et le chemin qu’il avait parcouru pour arriver jusqu’en France (dont une majorité a été faite à pieds, pendant six mois).

Après ce moment de partage, l’ensemble du groupe s’est dirigé vers le musée de La Piscine, à Roubaix, qui nous a ouvert ses portes gratuitement pour l’occasion. Nous avons pu déambuler librement dans les couloirs du musée, où j’étais toujours accompagnée de mon binôme étudiant qui a beaucoup apprécié la visite. En effet, certaines œuvres lui ont rappelé d’une manière ou d’une autre le Pakistan, ce qui lui a fait plaisir.

Une fois la visite du musée terminée, nous avons clos cette journée par des au revoir, mais en échangeant tout de même nos adresses e-mail pour partager nos photographies de la journée et obtenir des nouvelles.

Je suis très heureuse et fière d’avoir pu participer à cette journée, de m’être rendue utile, d’autant plus que Zafar m’a expliqué qu’il considérait ce jour comme une belle opportunité et comme une chance, car il n’a pas l’habitude de parler français aussi longtemps avec des jeunes de son âge.

Je suis d’autant plus fière d’avoir été présente à cet atelier au vu de ce qu’il m’arrive de lire et d’entendre au quotidien : des foyers de travailleurs immigrés incendiés, des coups de feu contre des foyers d’accueil de réfugiés, des commentaires honteux et des appels à la haine sur les réseaux sociaux, etc. Après avoir passé la journée avec un étudiant réfugié et avoir écouté son histoire, le sentiment d’incompréhension face à ce type d’acte est encore plus grand.

Pour conclure cet article, je souhaite tout le meilleur aux étudiants que nous avons rencontré ce jour, et je remercie M. Loock de nous avoir permis à tous de participer à cette journée très enrichissante que nous n’oublierons pas.

 

En bonus : article de La Voix du Nord du vendredi 16 décembre sur cette journée (cliquer sur la photo) :

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