Traduire Wordbee pour Wordbee avec Wordbee, retour sur un projet de traduction inédit

Par Gareth Wilson, intervenant professionnel au sein du Master TSM

 

 wordbee

Le contexte

Depuis 2015, dans le cadre du module « Nouveaux outils » en M2 du Master Traduction spécialisée multilingue : gestion de projets et technologies (M2 TSM), j’assure, en tant qu’intervenant extérieur, un cours portant sur l’outil de gestion de projets de traduction et de TAO, Wordbee.

Wordbee permet de gérer tous les aspects d’un projet de traduction, de la demande de devis initiale jusqu’à la facturation, en passant par les différentes phases de la production (traduction, révision, relecture, assurance qualité), le tout via une plateforme en ligne.

J’ai découvert Wordbee il y a 4 ans, lors d’une mission de conseil pour une agence de traduction. Celle-ci envisageait de migrer l’ensemble de ses processus administratifs et opérationnels relatifs à la traduction vers une solution « cloud », et voulait confirmer le choix de Wordbee. La mission qui m’a été confiée consistait à évaluer l’outil dans des conditions de production réelles, après une phase de paramétrage et d’essais.

La découverte de Wordbee a été un véritable tournant dans ma vie professionnelle de traducteur indépendant. J’ai été tellement impressionné par sa conception, ses fonctionnalités, sa flexibilité, sa facilité relative de prise en main, et la réactivité du support technique que j’ai rapidement décidé de l’adopter pour ma propre utilisation.

En 2014, avec toute la foi et passion du nouveau converti, j’ai proposé au responsable du M2 TSM d’intégrer Wordbee dans le programme de cours offerts en deuxième année. L’année suivante, c’était chose faite. Depuis lors, l’UFR des LEA bénéficie de l’offre « Universités » de la société Wordbee, qui permet aux étudiants en M2 TSM de disposer de l’outil pendant une année pour une fraction du prix d’abonnement normal.

L’objectif du cours est d’initier les étudiants à Wordbee, et plus généralement à la gestion de projets en traduction. C’est un cours pratique au cours duquel, dans un premier temps, nous simulons, de façon modulaire, différentes phases d’un projet de traduction (par exemple, la création de clients et de « fournisseurs », la gestion de ressources linguistiques, la création de projets et les tâches associées, la traduction et la révision, la livraison, la facturation, etc.). Dans un deuxième temps, les étudiants sont invités à enchaîner ces modules, à rassembler ces « briques de connaissance », lors de simulations de projets avec des clients et des fournisseurs « fictifs » qu’ils auraient préalablement créés.

 

La naissance du projet, un heureux concours de circonstances

Lors de la mission de conseil mentionné plus haut, j’ai eu l’occasion de rencontrer et de sympathiser avec le co-fondateur et PDG et de la société Wordbee, M. José Vega. Nous sommes restés en contact depuis.

À la mi-octobre 2016, j’avais pratiquement terminé mon cours sur Wordbee. Nous avions passé en revue l’ensemble des composants que mon quota d’heures me permettait d’aborder, mais les étudiants avaient été suffisamment formés à l’outil pour être opérationnels dans un environnement professionnel.

À la même époque, la société Wordbee m’a contacté. Il était question de traduire le site de la société en français, et ils voulaient que je leur envoie un devis pour cette prestation. C’était un projet de 16 000 mots, qui devait être géré, bien évidemment, sur une plateforme Wordbee. La livraison était attendue avant la fin de l’année.

Arrêtons-nous un instant, si vous voulez bien, et faisons le résumé de la situation dans laquelle je me trouvais. D’un côté, en tant qu’intervenant chargé de cours en M2TSM, j’avais un groupe d’étudiants traducteurs, de langue maternelle française, formés à l’utilisation de Wordbee. De l’autre côté, en tant que prestataire de services de traduction, j’avais un client — Wordbee — qui avait comme projet de faire traduire son site en français, via une plateforme Wordbee.

C’est à ce moment-là qu’une idée a germé dans mon esprit : pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups en proposant à Wordbee de faire faire la traduction par les étudiants en M2 TSM ? Pourquoi ne pas faire traduire le site Wordbee pour Wordbee avec des étudiants formés à Wordbee ? À mes yeux, c’était une solution gagnant-gagnant pour tout le monde.

Restait alors à vendre l’idée aux différents parties prenantes (les étudiants, Rudy Loock, le responsable du Master, et Wordbee), tout en conciliant les souhaits et exigences de chacun. Et j’avoue, ce ne fut pas très difficile. Chacun y voyait immédiatement les bénéfices qu’il pouvait en tirer. Pour le responsable du Master, c’était une belle occasion de promouvoir le programme TSM. Pour les étudiants, c’était l’occasion de mettre en pratique leurs connaissances en gestion de projet et de traduction lors d’un « vrai » projet, pour un « vrai » client. Avec en plus la possibilité de facturer la prestation pour un montant qui permettrait de couvrir une partie non-négligeable des frais pour leur voyage à Dublin prévu en février 2017. Enfin, pour Wordbee, les avantages étaient évidents, et pas seulement financiers : de « vrais » traducteurs, de langue maternelle française, formés à Wordbee, et en plus, très motivés.

 

Le lancement du projet

Pour le lancement officiel du projet, M. José Vega lui-même avait accepté de rencontrer (virtuellement) les étudiants lors d’une session Skype. Ce fut un échange à la fois riche en informations et motivant pour les étudiants.

La réunion portait essentiellement sur un nouvel outil développé par Wordbee — la Beebox — qu’ils comptaient utiliser pour gérer les échanges de fichiers entre notre plateforme Wordbee et leur « CMS » (Content Management System, système de gestion de contenu en français).

Après la réunion, M. Vega m’a confié que l’exercice lui avait beaucoup plu, et qu’il serait prêt à renouveler l’expérience.

 

Le démarrage et le déroulement du projet

Les étudiants ont tout pris en charge eux-mêmes, de la préparation du planning, l’attribution des rôles et la répartition du travail, à la rédaction des guides de style et des consignes pour les différentes catégories d’intervenants (traducteur, réviseur, assurance qualité).

L’équipe-projet était composée des 19 étudiants de la promotion, auxquels étaient attribués les rôles suivants :

  • Gestion de projet : 2 étudiantes
  • Traduction : 10 étudiant.e.s
  • Révision : 5 étudiant.e.s
  • QA linguistique : 1 étudiante
  • Back-up : 1 étudiant

 

J’ai moi-même assuré un rôle de supervision.

Le projet a réellement commencé le 29 novembre, avec l’envoi de planning au client. Les fichiers source ont été envoyés par le biais de la Beebox la première semaine de décembre. La phase de traduction a commencé le lendemain de la réception des fichiers.

Une des particularités de ce projet était le choix d’utiliser l’outil Slack pour tous les échanges entre les membres de l’équipe-projet. Slack est un outil de travail collaboratif par messagerie qui permet de centraliser toutes les communications nécessaires au travail en équipe. Pour plus d’information concernant cet outil, je vous renvoie à l’article rédigé par une des membres de l’équipe-projet, ici. Dans le cadre de ce projet, nous avons ouvert un compte Slack et créé un espace commun (ou « channel » dans le jargon Slack) pour les échanges destinés à toute l’équipe. Tous les membres de l’équipe pouvaient poster des messages dans ce « channel », et tous les messages étaient visibles par tous.

Slack permet aussi l’échange de messages « privés » entre utilisateurs ou groupes d’utilisateurs. Cette fonctionnalité s’est avérée très utile pour des échanges entre le superviseur et les gestionnaires de projet.

Au cours de projet, qui a duré une dizaine de jours, nous avons échangé plus de 1 200 messages, à tout moment du jour et de la nuit… et parfois même très tard la nuit ! C’est dire la motivation des étudiants !

Pour plus d’informations sur les temps forts du projet, je vous renvoie à cette page Facebook (en anglais).

 

La fin du projet et l’acceptation des travaux

Nous avons livré les traductions le 22 décembre 2016, soit plus d’une semaine avant la date butoir imposée.

Voici le message Slack que j’ai envoyé à l’équipe à la fin des travaux :

Merci et chapeau bas à vous tous !

Et croire qu’il y a des gens qui disent que les jeunes ne veulent pas bosser !?!  En tout cas, vous m’avez tous démontré le contraire tout au long de ce projet. Je sais que beaucoup d’entre vous avez travaillé jour et nuit (et parfois très tard !) pour assurer votre rôle, quel qu’il en fût. Et si vous avez pu livrer le projet dans les temps, c’est grâce aux efforts de chacun.e de vous. Bravo !

Je ne regrette pas du tout ma décision de confier ce projet à votre promotion M2 TSM, qui selon le bruit qui court, est probablement la meilleure depuis l’existence de ce Master. C’était une démarche inédite, à la fois pour moi, pour vous, et surtout pour la société Wordbee, envers qui je souhaite témoigner toute ma reconnaissance d’avoir accepté de « jouer le jeu ».

Je ne peux pas terminer sans un petit mot spécial pour celles d’entre vous avec qui j’ai échangé le plus de messages, c’est-à-dire, vos chères PM, Mélissa et Célia. Elles ont mené le projet d’une main de maître ! Bravo, les filles !

Et puis, en bon « acte managérial » — c’est un private joke — je pense que nous devons fêter cette réussite. Peut-être les PMs pourraient-elle organiser un petit « get-together » pour une séance photo et quelques verres et amuse-gueules ? C’est l’Asso qui paie !

Bonne continuation à vous tous !

Et à bientôt, j’espère.

Les traductions ont été validées, sans retours, le 16 janvier 2017, avec les félicitations du client.

Extrait d’un mail récent de M. José Vega, PDG de Wordbee :

J’ai été très épaté de voir la rigueur du travail et le respect des délais ! C’est surprenant le nombre de mails échangés entre vous via Slack, mais aussi via l’éditeur de Wordbee. Rien à dire : c’est un travail de professionnels !

 

 

Ce projet est inédit dans la mesure où il a permis la concrétisation d’une idée qui est soulevée régulièrement au sein du Master TSM depuis plusieurs années, à savoir, celle de mettre en place un « bureau de traduction virtuel » géré par les étudiants en M2. Cette expérience montre que c’est possible.

En conclusion, je tiens à remercier Rudy Loock pour son soutien tout au long de l’aventure Wordbee. Mes remerciements aussi à M. José Vega d’avoir « joué le jeu » en confiant ce projet aux étudiants en M2 TSM. Mais surtout, je souhaite dire ma gratitude aux étudiants. Ils m’ont permis de vivre une expérience passionnante à leur côté. Je leur souhaite tous une bonne continuation pour la suite de leur carrière.

 

 

Note : Malgré les 32 occurrences du mot « Wordbee » dans ce billet, l’auteur n’a aucun conflit d’intérêt avec la société du même nom.

Publicités

4 réflexions sur “Traduire Wordbee pour Wordbee avec Wordbee, retour sur un projet de traduction inédit

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s