Et si j’étais…

Par Célia Demurger, M2 TSM

 

Nombreux sont les étudiants à se poser la question sur les débouchés après le Master TSM. On entend souvent parler des métiers de la traduction, mais très peu des différents types de statut. Il existe de nombreux métiers dans le secteur de la traduction mais tous ne s’exercent pas de la même manière. Salarié, fonctionnaire, micro-entrepreneur, indépendant, EURL, SARL… Très facile de s’y perdre ! Et cela varie selon l’endroit : en France, à l’étranger, sur Mars (oups, pas encore). Certains statuts n’existent pas dans tous les pays ou ne s’exercent pas dans les mêmes conditions d’un point de vue juridique et fiscal. D’où l’importance de bien se renseigner avant de partir à l’étranger pour y travailler, afin de connaître tous les avantages et inconvénients ainsi que les démarches à suivre.

Le but de ce billet n’est pas de vous faire un cours de droit du travail, mais plutôt de présenter dans les grandes lignes un aspect trop peu évoqué à mon goût et qui pourrait intéresser les professionnels de demain. Je vais présenter dans ce billet les quatre statuts les plus courants sur le marché de la traduction en France : les statuts de salarié, de fonctionnaire, de micro-entrepreneur et d’indépendant en déclaration contrôlée.

 

freelance

 

  • Salarié :

Vous travaillez dans une entreprise, à temps plein ou temps partiel et sous contrat, à durée déterminée ou indéterminée. Rares sont les places de traducteur salarié en France, car très peu d’entreprises ont (encore) un département de traduction. Quant aux agences de traduction, quelques-unes emploient des traducteurs / réviseurs. En revanche, vous trouverez davantage d’offres d’emploi salarié pour être gestionnaire de projet. Concernant les charges sociales et la fiscalité, pas de tracas. Votre employeur s’occupe de les déduire de votre salaire brut et de transmettre aux impôts le salaire net imposable. Vous êtes ainsi soumis à l’impôt sur le revenu classique.

Les + : sécurité de l’emploi une fois embauché, pas de gestion particulière.
Les – : nombre de places limité selon les métiers souhaités, perspectives d’évolution limitées selon les entreprises, lien de subordination avec l’employeur.

  • Fonctionnaire :

Certaines administrations publiques françaises ont un département de traduction comme le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. On retrouve également les institutions européennes comme la Commission européenne, le Parlement européen, etc., ou encore les organisations internationales telles que l’ONU, l’OTAN, etc. Les places y sont également très chères. Souvent, un long processus très sélectif est mis en place pour recruter de nouveaux traducteurs / interprètes / autres linguistes. Mais les avantages de ces postes sont tels qu’on ne peut qu’être motivé. Par exemple, un poste au sein de ces institutions vous assure un (très) bon salaire et de nombreux avantages pécuniaires non négligeables. En outre, les fonctionnaires de l’UE sont exonérés d’impôts. L’UE effectue toutefois un prélèvement social et fiscal dont le taux est compris entre 8 et 45 % selon le grade.

Les + : salaire très confortable, fiscalité très avantageuse.
Les – : nombre de places très limité, processus de recrutement sur concours parfois très long, pas de spécialisation particulière selon les institutions (avoir une culture assez élargie afin d’être bon dans tous les domaines).

Puis viennent les travailleurs de l’ombre, qui composent en grande partie le marché de la traduction. On retrouve parmi eux les traducteurs en grande majorité (environ 5 000 en France). Ils exercent pour la plupart à leur domicile, en profession libérale non réglementée dans la catégorie BNC (bénéfices non commerciaux), soit sous le régime de la micro-entreprise, soit sous le régime de la déclaration contrôlée.

  • Micro-entrepreneur :

Ce statut (anciennement appelé « autoentrepreneur ») permet de s’installer à son compte et de bénéficier d’une fiscalité, d’une gestion et d’une comptabilité simplifiées. Ce statut est soumis au régime de la micro-entreprise. Un seuil de chiffre d’affaires annuel est limité à 33 100 €. Les activités soumises à ce régime ne sont pas assujetties à la TVA. Chaque mois ou chaque trimestre, le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires (CA) encaissé pour cette période. À partir de là, des cotisations sociales dont le montant est calculé de façon forfaitaire (22,5 % du CA) sont prélevées. Ce forfait comprend les cotisations relatives à la protection sociale obligatoire. Il faut ajouter à ce taux une contribution à la formation professionnelle qui s’élève à 0,2 % du CA et une taxe pour frais de Chambre de commerce et d’industrie, fixée à 0,044 % du CA. En ce qui concerne la fiscalité, le micro-entrepreneur peut opter pour la déclaration normale des recettes (catégorie bénéfices non commerciaux de l’impôt sur le revenu), à laquelle est appliqué un abattement de 34 % du CA, ou bien pour le versement libératoire (sous conditions de CA). Ce dernier correspond à un taux de 2,2 % du CA ajouté aux charges sociales obligatoires mensuelles ou trimestrielles, ce qui permet de s’acquitter de toutes les charges en un seul et unique versement. Enfin, une fois par an, le micro-entrepreneur doit s’acquitter de la CFE (cotisation foncière des entreprises), excepté l’année de création. La CFE est calculée suivant le siège social de l’entreprise et la valeur locative des lieux utilisés dans le cadre de l’activité professionnelle.

Les moins de 26 ans qui s’installent en tant que micro-entrepreneur peuvent bénéficier d’une aide appelée ACCRE. Elle consiste à appliquer des taux minorés pour le calcul des cotisations sociales durant les trois premières années d’installation (5,8 %, 11,5 %, 17,2 % puis le taux normal). La demande pour bénéficier de l’ACCRE est à déposer à la création ou dans les 45 jours suivant celle-ci.

Le micro-entrepreneur peut choisir son activité, sa spécialité. On retrouve sur le marché de la traduction des gestionnaires de projet, des traducteurs, des DTPistes, des testeurs, des terminologues, des post-éditeurs, des ninjas multitâches…

Les + : fiscalité, gestion et comptabilité relativement simplifiées, pas de charges en cas de CA nul, cotisations sociales réduites grâce à l’ACCRE pour les moins de 26 ans, organisation libre du temps de travail.
Les – : seuil de CA à ne pas dépasser (sortie du régime le cas échéant), CA à déclarer obligatoirement même si nul (pénalité de 49 € en cas d’oubli de déclaration), pas de déduction des frais liés à l’entreprise.

  • Indépendant et déclaration contrôlée :

D’un point de vue fonctionnel, ce statut est semblable au statut de micro-entrepreneur. D’un point de vue comptable et fiscal, ce n’est pas la même histoire. Lorsque vous êtes entrepreneur individuel mais pas sous le régime de la micro-entreprise, vous êtes de plein droit sous le régime de la déclaration contrôlée. Il n’y a alors pas de limite maximum de CA, mais ce régime fiscal s’applique généralement aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 33 100 €. Vous êtes par ailleurs assujetti à la TVA, que vous devrez facturer à vos clients et reverser à l’État. Il est dans ce cas possible de déduire la TVA liée à certains frais professionnels. Pour ce qui est de la fiscalité, l’imposition se fait sur la base du bénéfice net. Ce bénéfice net est calculé à partir du CA, après déduction des charges réelles (frais engendrés dans l’intérêt de l’entreprise) et de la TVA. Ceci nous amène au Résultat, duquel sont prélevées les charges sociales (environ 38 % dudit Résultat). S’ajoutent la contribution à la formation professionnelle, la taxe pour frais de Chambre de commerce et d’industrie et la CFE, tout comme pour le régime de la micro-entreprise.

Les + : pas de CA maximum, déduction des charges réelles liées à l’entreprise, TVA déductible pour les frais liés à l’entreprise.

Les – : comptabilité beaucoup plus lourde.

Dans le cadre du Master TSM, nous assistons à des conférences animées par la SFT (cf. article Retour sur la conférence de la SFT du samedi 10 décembre par Ombeline Pavy) et la BGE des Hauts-de-France pour nous informer et nous conseiller sur l’installation en libéral. Toutefois, la réglementation des professions libérales est en constante évolution si bien que certaines informations sont susceptibles d’avoir changé depuis la rédaction de ce billet. Je vous invite également à vous renseigner afin de connaître les détails selon votre situation.

 

Pour plus d’informations sur ce thème :

http://www.lautoentrepreneur.fr/index.htm

https://epso.europa.eu/career-profiles/languages_fr

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises

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