Interview de Maja Bednarek, gestionnaire de projet pour TranslateMedia en Pologne

Par Emmanuelle Dutreuil, étudiante M1 TSM

 

Aujourd’hui, je vous propose une interview de Maja Bednarek, gestionnaire de projet de traduction, basée à Łódź, en Pologne. J’ai rencontré Maja au début du stage que j’effectue actuellement en assurance qualité chez TranslateMedia, une agence de traduction à Londres, qui possède des bureaux aux États-Unis, en Chine et en Pologne.

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– Tout d’abord, peux-tu me parler un peu de tes études ? Qu’as-tu étudié ? Quelles langues parles-tu ?

J’ai effectué une licence de philologie française, avec une UE de philologie anglaise (spécialité enseignement du français comme langue étrangère) à l’Université de Łódź, en Pologne. Je suis sur le point de terminer mon Master en philologie française spécialité traduction.

Je parle couramment anglais et français, j’ai un niveau intermédiaire en turc et j’ai les bases en italien. J’ai aussi appris l’allemand jusqu’au collège. Ces connaissances m’aident beaucoup au quotidien.

 

– Pourquoi as-tu décidé de devenir gestionnaire de projet ?

C’est en quelque sorte une coïncidence. J’ai postulé dans beaucoup d’agences et j’étais à la recherche d’un emploi dans le milieu des langues. Je suis tombée sur l’annonce de TranslateMedia pour un poste de gestionnaire de projet à Zduńska Wola auquel j’ai immédiatement postulé. Je pensais que ce serait le parfait point de départ de ma carrière professionnelle. C’était mon tout premier entretien et j’ai été prise.

 

– Depuis combien de temps travailles-tu chez TranslateMedia ?

Ça fera un an le 8 août. Le temps file à une vitesse…

 

– Qu’est-ce qu’une journée typique pour toi ?

Le point positif de ce travail, c’est que les jours ne se ressemblent pas. Le marché français est très particulier et je ne sais jamais à quoi m’attendre quand j’arrive le matin. Il est possible qu’un jour je ne fasse que des QA et que le lendemain je sois occupée à attribuer des projets très urgents à des traducteurs.

 

– Y a-t-il un projet « typique » ?

Comme je l’ai dit précédemment, il n’y a pas de projet « typique » car j’ai plusieurs clients avec des besoins et spécialités différents. S’il fallait vraiment que je donne une réponse, je dirais FR>EN, 1 000 mots en marketing.

 

– Pour les clients réguliers, utilises-tu toujours les mêmes linguistes ?

Je n’ai que quelques clients réguliers. Pour ceux-ci, nous avons une équipe de linguistes qui travaille sur ce compte. Parfois, il est suffisant de mettre le projet sur « Auto » (les linguistes reçoivent des alertes par email et peuvent s’attribuer la traduction). Cependant, il est primordial que les traducteurs connaissent le client, la terminologie appropriée, qu’ils aient un brief entre les mains et qu’ils aiment travailler avec ce client.

 

– Quels sont les aspects les plus compliqués de ton travail ?

Je dirais les projets complexes, notamment ceux qui ont un délai très court, quand il n’y a pas de linguiste disponible et que le client souhaite recevoir ses traductions le plus rapidement possible. Il est également compliqué de gérer les situations dans lesquelles un client modifie le fichier source alors que le projet a déjà été lancé ou lorsqu’il envoie d’autres phrases à traduire pour ce même document alors que le projet est terminé.

 

– Quel est l’aspect le plus gratifiant de ton travail ?

Je trouve cela très gratifiant quand les traducteurs me disent qu’ils ont aimé travailler avec moi ou quand ma supérieure me dit que j’ai fait du bon travail, surtout lors de projets très complexes. C’est aussi très gratifiant et motivant quand je rends possible un projet qui paraissait impossible au départ.

 

– Comment gères-tu les délais très courts, les plaintes des clients ou les problèmes avec les linguistes ?

C’est très stressant. Heureusement pour moi, j’ai de bonnes qualités relationnelles et je parviens, la plupart du temps, à faire que tout fonctionne comme il faut.

En ce qui concerne les délais très courts, j’ai une excellente équipe de linguistes avec qui j’ai une très bonne relation. En cas d’urgence, je les appelle et leur demande leur aide.

Pour les plaintes des clients, c’est une question sensible. Parfois, il suffit de parler aux traducteurs et leur traduction est retravaillée. Parfois, c’est un peu plus compliqué.

 

– Tout au long de notre Master 1, on nous a enseigné l’importance de la présence sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Viadeo, Facebook, Twitter, etc.). Qu’en penses-tu ? Où trouves-tu tes linguistes ?

Je pense en effet que c’est très important ! Nous avons une base de données importante (de l’ordre de 6 000 linguistes) et la plupart du temps, nous faisons appel à des linguistes qui sont enregistrés chez nous.

Si jamais nous avons besoin d’un nouveau traducteur, personnellement, je regarde sur Proz et LinkedIn. Nous avons une équipe de recrutement qui se charge de recruter des linguistes tous les jours et ils les trouvent en général sur les réseaux sociaux.

 

– Tu es spécialisée dans le marché français, mais tu travailles également avec d’autres langues. J’imagine que pour certaines langues, il est plus compliqué de trouver des linguistes. Comment procèdes-tu dans ce cas ?

Je travaille avec beaucoup de clients parlant français mais pour ceux-ci nous n’effectuons pas seulement des projets EN>FR ou FR>EN. Ils peuvent tout à fait faire appel à nous pour d’autres langues. Comme je l’ai mentionné plus haut, nous avons une très grande base de données pour presque toutes les langues : pour les langues les plus demandées comme l’anglais ou l’espagnol, mais aussi pour les dialectes en Inde comme l’ourdou ou le bengali.

Récemment, j’ai eu un projet en occitan, une langue très peu demandée, parlée notamment dans le sud de la France, à Monaco et dans certaines parties de l’Italie et de l’Espagne. Avec l’équipe de recrutement, nous avons réussi à trouver un excellent traducteur qui est désormais dans notre base de données.

 

– Quels outils de TAO utilisent vos linguistes pour traduire ?

Nous avons notre OnlineEditor, qui est l’outil de TAO de TranslateMedia intégré à notre système. Nous encourageons nos linguistes à travailler sur celui-ci puisqu’il nous aide à gérer le flux de travail et les aspects techniques du projet. Environ 80 % de nos linguistes trouvent que l’OE est facile à utiliser et choisissent de s’en servir. Cependant, si l’un d’entre eux insiste pour travailler avec son propre outil de TAO, nous lui envoyons le fichier source en format .xlf ou .rtf ainsi que la mémoire de traduction et les documents de référence.

 

– Selon toi, quelles sont les qualités les plus importantes pour être un bon gestionnaire de projet ?

Être capable de faire plusieurs choses à la fois ! C’est primordial. Parfois, il arrive que je doive attribuer des projets, faire un devis pour un client, répondre à des questions des linguistes et faire un QA, tout cela à la fois. Je dirais aussi qu’il faut savoir bien gérer son temps. Je pense qu’il est également important d’avoir de bonnes compétences relationnelles pour avoir un bon contact avec les traducteurs. Aussi, je dirais qu’être minutieux est un très gros avantage pour les QA.

 

Je te remercie Maja d’avoir pris le temps et d’avoir eu la gentillesse de répondre à toutes mes questions.

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