Maîtriser la traduction automatique

Par Margaux Morin, étudiante M1 TSM

TA

On l’a tous déjà croisée quelque part, cette traduction ratée, fruit de la traduction automatique. Il s’agit malheureusement des traductions que l’on retient le mieux. Dans sa « Critique des logiciels de traduction automatique », le site @-DICTAM Traductions nous fournit même des exemples qui peuvent prêter à rire (d’autres exemples étant disponibles sur le lien) :

  • Dans un aéroport de Copenhague : nous prenons vos sacs et les envoyons dans toutes les directions.
  • Dans le lobby d’un hôtel de Bucarest : L’ascenseur sera en réparation le prochain jour. Pendant ce temps, nous regrettons que vous soyez insupportables.
  • Chez un nettoyeur de Bangkok : Laissez tomber vos pantalons ici pour de meilleurs résultats.

Voilà pourquoi il faut des traducteurs humains pour éviter ce genre de situation qui font perdre aux entreprises toute crédibilité. La traduction effectuée par un traducteur professionnel est pour certains optionnelle et contraignante par rapport à un moteur de traduction automatique, qui aurait l’avantage de leur faire gagner du temps et de l’argent. Or, ce n’est pas toujours vrai ! On a d’ailleurs eu l’occasion de voir dans le billet d’Audrey les conséquences dramatiques qu’une mauvaise traduction peut engendrer.

 

Mais d’abord, la traduction automatique, qu’est-ce que c’est ?

Comme nous l’indique le site de SDL Trados, la traduction automatique est une traduction effectuée par ordinateur, sans intervention humaine.

À cela s’ajoute le fait qu’il existe 2 types de traducteurs automatiques : soit le moteur utilise les règles de grammaire et de conjugaison par le biais de dictionnaires, soit il utilise un système de probabilité notamment pour déterminer les expressions les plus utilisées pour toutes les paires de langues, cette fois-ci par le biais de corpus et de bases de données gigantesques. Sans parler de la traduction basée sur des algorithmes neuronaux qui mériterait à elle seule son billet !

Or, en règle générale, lorsque l’on pense « traduction automatique », on pense Google traduction voire même Babylon ou Reverso. Ils sont pourtant loin d’être les meilleurs outils en la matière, puisqu’ils sont incapables de s’adapter à la traduction selon les domaines et/ou d’évoluer en fonction de ces derniers et ne différencient donc pas les subtilités liées à la technicité du texte source. On s’aperçoit rapidement que le résultat provient de la traduction automatique, ce qui n’est pas bon pour la réputation de l’entreprise. De plus, contrairement à d’autres moteurs de traduction automatique, ils ne s’améliorent pas au fur et à mesure de leur utilisation. Pourtant, il existe une multitude de moteurs de traduction automatique bien plus efficaces ! Laissez-moi vous en présenter quelques-uns :

SYSTRAN

SYSTRAN est un traducteur automatique plutôt intéressant puisqu’il s’agit du leader mondial en matière de traduction automatique. Il met d’ailleurs à disposition des versions pour particuliers et pour professionnels. À noter que ce traducteur automatique est compatible avec plusieurs types de fichiers dont le format PDF. La version Professional permet même d’ajuster des paramètres quant au processus de traduction, en permettant par exemple de choisir de traduire « you » par « tu » ou par « vous » ou bien de traduire vers l’anglais britannique ou l’anglais américain. Une version en ligne gratuite est également disponible avec traduction dans 15 langues.

VERTO

VERTO est un traducteur automatique développé par Lingua Custodia, spécialisé dans le domaine bancaire et financier. Il est capable de s’adapter en fonction de la terminologie, des traductions précédemment effectuées qu’on lui confie et des différents clients. Il s’agit donc d’un moteur de traduction personnalisable.

PROMT Translator

PROMT Translator est également un traducteur automatique disponible gratuitement en ligne mais en plus de traduire dans 14 langues, on peut définir le domaine de la traduction afin de l’orienter sur la bonne voie. On retrouve par exemple les domaines « cuisine », « sciences humaines » et même « chansons » pour les traductions de paroles de chanson ou de genres musicaux. On peut même insérer nos propres thématiques ou laisser le moteur de traduction automatique détecter lui-même le domaine de traduction du texte source. Il fonctionne via des algorithmes intelligents et son contenu est constamment actualisé. D’autres versions (payantes) pour utilisateurs à domicile ou entreprises ou encore pour développeurs existent également, et pas uniquement sous Windows !

 

D’ordinaire, ces moteurs de traduction automatique ne sont pas connus du grand public. La meilleure solution pour le traducteur reste donc d’apprendre à utiliser et donc à maîtriser ces outils. Il ne faut certainement pas les fuir, mais évoluer avec eux, ce qui implique également de se tenir informé en matière de traducteurs automatiques, étant donné qu’ils représentent sans aucun doute l’avenir du monde de la traduction. Il est par conséquent indispensable de se familiariser avec la post-édition (activité qui consiste à repasser derrière un texte prétraduit automatiquement pour le rendre humainement intelligible, voir le site Traduire revues.org) ainsi que les différents types de post-édition (tels que recensés sur le site Traduire revues.org).

La meilleure option pour le traducteur 2.0 sera de travailler main dans la main avec la machine. Cela implique donc de se former dès maintenant à l’utilisation de traducteurs automatiques spécialisés ainsi qu’à la post-édition. Cette dernière lui offrira un meilleur rendement et par conséquent une meilleure productivité qui lui permettra de traduire plus en termes de quantité (sans pour autant avoir un impact négatif sur la qualité) en moins de temps (et le temps, c’est de l’argent !). À l’heure actuelle, certaines agences de traduction commencent d’ores et déjà à former leurs traducteurs dans ce domaine et ce dans le but de rester compétitives dans l’ère du temps.

Néanmoins il ne faut pas oublier que la post-édition reste limitée dans certains domaines comme la transcréation (la traduction des titres de films notamment, qui fonctionne au cas par cas comme nous l’explique Youssef dans son billet Le juste titre). La traduction automatique n’est donc pas prête de nous remplacer !

 

Sources :

« Critique des logiciels de traduction automatique »  sur le site officiel de @-DICTAM Traductions : http://www.a-dictam.com/fr/critiques-des-traductions.htm#plus (page consultée le 27 mai 2017).

Pour tout savoir sur la post-édition :

Traduire revues [En ligne] https://traduire.revues.org/460 (page consultée le 20 juin 2017).

Article de sens-public.org [En ligne] « Le fantasme de la traduction automatique : esquisse d’un imaginaire frelaté »  http://www.sens-public.org/article1152.html (page consultée le 1er juillet 2017).

Article sur PROMT sur leur site officiel : http://www.promt.fr/media/news/58833/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Pour tout savoir sur SYSTRAN : http://www.mysoft.fr/produit/systran_traduction_automatique.htm (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de Lingua Custodia : http://www.linguacustodia.finance/fr/accueil/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SYSTRAN : http://www.systran.fr/lp/traduction-en-ligne/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SDL Trados Studio avec la définition de traduction automatique : http://www.sdltrados.com/fr/solutions/machine-translation/ (page consultée le 1er juillet 2017).

PROMT Translator : http://www.online-translator.com/ (page consultée le 30 juin 2017).

 

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