Méfiez-vous de Google Translate

Article original en anglais Warning about Google Translate rédigé par Nikki Graham et publié sur le blog de l’auteur My Words for a Change.

Traduction en français réalisée par Emma Le Barazer, étudiante en M2, Master TSM à l’Université Lille3

 

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Je me retrouve souvent à réviser des textes rédigés en anglais par des locuteurs non natifs (le plus souvent par des Espagnols, car j’arrive à déchiffrer ce qu’ils essayaient de dire). La plupart du temps, j’apprécie cette activité car les sujets sont intéressants, la qualité de la langue n’est en général pas trop mauvaise, et cette tâche ne m’oblige pas trop à taper au clavier (et mes bras se reposent un peu, alors que je souffre depuis peu de troubles musculo-squelettiques).

Cette semaine, j’ai reçu deux projets de ce type, on ne peut plus différents. Le premier texte, plus long, était assez simple, mais le second comportait de longs passages dont je n’arrivais tout simplement pas à démêler le sens. Je me suis échinée à le réviser, puis je l’ai renvoyé à l’agence avec des commentaires pour demander des éclaircissements sur certains points, et de nombreuses phrases surlignées, car elles étaient non seulement incorrectes d’un point de vue grammatical, mais aussi quasi incompréhensibles.

« Des phrases grammaticalement incorrectes et quasi incompréhensibles »

Je dois être trop naïve, car l’agence a tout de suite soupçonné que quelque chose clochait. J’imaginais que le rédacteur avait simplement surestimé ses compétences en langue étrangère. Comme certaines parties du texte ne contenaient pas d’erreurs de grammaire et étaient plutôt bien rédigées, j’avais même pensé que le texte avait été rédigé par deux auteurs, pour un résultat très hétérogène. Le chef de projet, en revanche, a contacté le client final et découvert qu’il existait une version en espagnol, qu’il a ensuite passé dans Google Translate pour obtenir un résultat identique au texte qui m’avait été envoyé.

De toute évidence, le client avait espéré faire des économies en faisant faire une traduction au prix d’une révision. Malheureusement pour lui, ce procédé a eu l’effet inverse, puisque le client a dû payer pour le temps que j’ai passé en révision (même s’il m’a été impossible de livrer un produit fini et prêt à être publié étant donné la qualité déplorable du texte original), et pour une traduction.

« Le sens était parfois totalement déformé »

Cela étant dit, ce qui m’a le plus surpris dans cette histoire, ce n’est pas que le client ait essayé de s’en sortir par un tour de passe-passe (de nos jours, c’est très prévisible). Comme je l’ai mentionné, certaines parties du texte traduit avec Google Translate ne contenaient pas ou peu d’erreurs, ce qui me semblait indiquer que l’outil n’est finalement pas si mauvais, malgré ses défauts les plus criants. Mais après analyse des textes sources et cibles, il s’est avéré que ces phrases, bien que correctes, n’avaient pas tout à fait le même sens qu’en espagnol, voire que le sens avait été totalement déformé.

« Restez prudents avec les outils gratuits tels que Google Translate »

La leçon à retenir, surtout si vous êtes client, c’est de rester prudent avec les outils gratuits tels que Google Translate. Ils sont (parfois) très utiles pour se faire une idée générale d’un texte que vous ne comprenez pas, et j’y ai moi-même recouru pour des langues que je ne maîtrise pas. Mais on ne peut pas les utiliser pour des traductions professionnelles. Si vous souhaitez rendre votre texte dans une autre langue, vous n’aurez pas d’autre choix que d’engager un traducteur pour vous livrer une bonne traduction. Et oui, ça vous coûtera plus cher qu’une simple révision, bien plus cher, même. Mais, à condition de faire appel à un traducteur qui sait ce qu’il fait, le résultat en vaudra la chandelle.

 

Ce billet a initialement été publié sur un blog de Nikki Graham le 14/11/2013.

 

 

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5 réflexions sur “Méfiez-vous de Google Translate

  1. On ne peut pas couper un arbre avec un couteau à beurre, par contre c’est très pratique pour faire ses tartines le matin 😉
    (Je retourne à mon alignement anglais-finnois et à mon usage intensif de Google Translate sur ce projet.)

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  2. Vous avez, je pense, tous lu cette nouvelle dans le Figaro du 27 janvier : « Un transfert invalidé à cause d’une erreur de traduction automatique ». Deux clubs de football ont négocié le transfert d’un joueur (au prix, peut-être, de plusieurs dizaines de milliers d’euros) et, pensant qu’ils avaient assez dépensé, ils ont voulu faire l’économie de la traduction du contrat d’espagnol en anglais par un professionnel et ont eu recours à la traduction automatique… si bien que le nom du joueur, « Bryan Cabezas », s’est retrouvé traduit par « Bryan Heads ». Le contrat était donc nul, il a fallu le refaire en catastrophe. Mais puisqu’on vous affirme que la traduction automatique est maintenant parfaitement au point et a atteint une qualité professionnelle, il est normal que des naïfs se fassent tromper.

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