#JMT2018 : Retour sur la Journée mondiale de la traduction à l’Université de Lille

Par Rudy Loock, responsable de la formation TSM

 

Depuis 1953, à l’initiative de la Fédération internationale des traducteurs (FIT), nous célébrons chaque 30 septembre la Journée mondiale de la traduction (JMT), journée reconnue officiellement par l’ONU depuis l’an dernier. Pourquoi le 30 septembre ? Nous célébrons ce jour-là saint Jérôme, saint patron des traducteurs et des bibliothécaires.

À cette occasion, de nombreux événements visant à promouvoir les métiers de la traduction sont organisés un peu partout dans le monde. En France, la Société Française des Traducteurs (SFT) et un certain nombre de formations universitaires en traduction (voir par exemple les formations membres de l’Association française des formations universitaires aux métiers de la traduction), parfois en collaboration, ont proposé cette année toute une série de manifestations entre fin septembre et mi-octobre (voir ici le calendrier des manifestations SFT).

À l’Université de Lille, c’est le vendredi 28 septembre qu’a été célébrée la JMT2018 sur le site de Villeneuve d’Ascq, en collaboration avec la SFT et en présence des étudiants en traduction de l’université (parcours MéLexTra et TSM), de membres de la SFT, ainsi que de traducteurs et traductrices de la région.

Le matin, la SFT a animé une table ronde très intéressante sur une question cruciale pour les étudiants s’apprêtant à s’installer comme travailleurs indépendants : Comment travailler avec les agences de traduction ? Avec Dominique Durand-Fleischer en modératrice, Charles Eddy, Jackie McCorquodale, Sophie Dzhygir et Christèle Blin ont proposé une réflexion sur les enjeux et parfois les difficultés d’une telle collaboration : comment être recruté, entretenir de bonnes relations professionnelles, bien comprendre le fonctionnement des agences, négocier les tarifs… soit tout un ensemble de questions très importantes lorsque l’on sait que 50% des traducteurs/traductrices travaillent régulièrement avec des agences (source : enquête SFT 2015 sur les pratiques professionnelles en traduction). La table ronde a ensuite laissé place à un déjeuner, où traducteurs/traductrices et étudiants ont pu échanger en toute convivialité.

 

L’après-midi a été consacré à la traduction culinaire. Dans le cadre d’une « Carte blanche », deux traductrices spécialisées dans ce domaine, Rachel Doux et Marion Richaud, ont expliqué leur façon de travailler et les enjeux d’une telle spécialisation, qui les poussent parfois à passer en cuisine afin de tester les recettes qu’elles traduisent ! Les deux traductrices ont ensuite été rejointes par Kilien Stengel, auteur gastronomique et chercheur en sciences de l’information et de la communication, pour des exposés plus formels sur les questionnements autour de ce type de traduction spécialisée. Comment en effet gérer l’instabilité sémantique de termes apparemment aussi simples que « sucré » ou « salé », dont le sens change en fonction des époques, mais aussi des cultures ? Comment gérer l’absence d’équivalences entre la langue source et la langue cible ? Faut-il traduire par exemple « Mac & Cheese » par « gratin de pâtes » ? La traduction culinaire amène par ailleurs à prendre en compte des phénomènes parfois très subtils : tout jambon espagnol n’est pas ibérique, « pâte d’amande » peut se traduire différemment en fonction du taux de sucre, certains morceaux de viande n’ont aucun équivalent comme le « porterhouse steak » en français.

En la matière, l’objectif est donc selon les intervenants le pragmatisme : il convient de traduire en imaginant les lecteurs en train de préparer les plats en question, ce qui nécessite parfois de recourir à la visualisation des ingrédients ou des ustensiles sur internet afin de traduire au plus près tout en effectuant des adaptations qui permettront aux lecteurs en langue cible d’effectivement réaliser les recettes. La traduction peut alors aller jusqu’à une transformation complète de la recette de départ, illustrations comprises, voire jusqu’à la suppression complète d’une recette donnée lorsque celle-ci ne peut être réalisée !

JMT2018_4

 

La JMT2018 à l’Université de Lille fut donc placée sous le signe de la professionnalisation et de la sensibilisation à des questions très importantes comme la spécialisation, les différences interculturelles, ou encore le travail en collaboration avec les agences de traduction. À l’année prochaine pour la JMT2019 !

 

 

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