Ressources linguistiques : comment faire lorsqu’elles n’existent pas

Par Oriane Briand, étudiante M1 TSM

Illu billet Oriane Briand

 

Cette année, le suédois fait son come back dans les langues de travail du master TSM de l’Université de Lille. J’ai donc décidé de partir de ma petite expérience, et de constater quelque chose de plus large. En première année de master, tout est à apprendre. On nous conseille sur la méthodologie à adopter, on nous donne quelques astuces, quelques bons filons sur les sites dignes de confiance ou non. On se remet en question aussi. Et je me rends compte, au fil des échanges et des discussions que nous n’avons pas les mêmes outils. « Tu connais pas [insérer un nom de traducteur automatique] ? Ça fonctionne super bien ! » Sérieux ? Super ! Recherche Google. Le suédois n’y est pas. Déception.

Je pense qu’il existe un réel décalage entre les langues plus « communes » (l’anglais, l’allemand…) et d’autres plus rares. On se pose souvent la question, est-ce un avantage ou un inconvénient de connaître ces langues plus rares. Et honnêtement, c’est parfois plus un casse-tête qu’autre chose. Et je vois déjà venir certains. « Quoi ? Tu veux devenir traductrice et tu ne sais pas ce que ça veut dire ? » Mais Margaux Bochent, étudiante de M2, avait déjà « cassé le mythe » pour nous. Alors voilà, quand on est traducteur ou que l’on apprend, on se créé notre petite boîte à outils. Et tandis que celle de mes camarades semble prête à déborder, la mienne semble si légère.

Comment y remédier ?

À l’ère du numérique, la plupart des traducteurs ont délaissé leurs dictionnaires pour se tourner vers les ressources en ligne. Plus rapide, plus pratique et souvent plus fournis, il est pourtant parfois difficile de trouver un site de confiance, surtout lorsque l’on débute. Pour ma part, j’ai pendant longtemps misé sur seulement un ou deux sites proposant la combinaison suédois-français. Ils avaient toute ma confiance. Mais les textes sur lesquels je travaille cette année ne ressemblent en rien à ce que j’avais l’habitude de traduire. Alors, où trouver la bonne info ? J’espère ne pas vous avoir fait trop espérer, car au final, il semble qu’il n’y ait pas de miracle, car beaucoup de professionnels vous diront la même chose : l’expérience et le temps sont vos seuls alliés.

Gwenaëlle Diquelou, traductrice à la DGT me donnait d’ailleurs ces quelques conseils. Elle a vécu ce fameux tournant des dictionnaires papiers aux ressources en ligne, et se rappelle l’époque où les bureaux croulaient sous les boîtes à chaussures. Chacun réalisait ses fiches terminologiques à la main et les stockaient là. Se créer son propre glossaire spécialisé est au final bien plus fiable. En tant que traductrice pour une institution européenne, elle a accès à bien plus d’informations, de mémoires de traduction, de fiches terminologiques, etc. qu’une personne extérieure. Les terminologues travaillent dans l’ombre, alimentant toujours plus les machines : Euramis, DGT VistaIdol… Seule IATE fait office d’exception, la base terminologique étant disponible à tous de manière partielle. Si vous souhaitez en apprendre plus sur Gwenaëlle Diquelou, Loréna Abate a récemment brossé son portrait ici.

J’ai également posé la question à un ancien étudiant et ami. Hiroto est japonais, parle anglais, français, suédois mêlé d’un peu de coréen et d’allemand. Je me suis toujours demandé comment il traduisait, car il m’avait un jour mentionné le fait qu’il n’existait pas de dictionnaire suédo-japonais. Il devait alors, dans la plupart des cas, passer par d’autres langues. L’apprentissage d’une langue et de sa culture revêt un aspect primordial lors de la traduction. Et c’est peut-être seulement en cherchant d’autres mots dans la langue source qu’il devient possible de livrer une bonne traduction.

Pour conclure, il n’existe pas de recette miracle. La traduction d’une langue rare peut s’avérer difficile au premier abord puisque les ressources linguistiques disponibles peuvent manquer. Il faut alors passer par d’autres chemins et être persévérant. Car plus ces langues rares seront documentées, par soi-même via des glossaires spécialisés ou par le fait qu’un plus grand nombre de personne s’intéresse à ces langues, plus il sera facile de les traduire. Mais pour l’instant, elles restent un challenge. Et si vous voulez savoir si cela vaut le coup de se spécialiser dans la traduction de ces langues, vous pourrez lire le billet de blog de mon camarade Maximilien Dusautois à paraître la semaine prochaine !

 

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