Traduction : bonne ou mauvaise, telle est la question ?

Par Céline Gherbi, étudiante M2 TSM

Notre époque est multilingue et multiculturelle. D’une manière ou d’une autre, à travers la radio, la télévision ou Internet, nous sommes, chaque jour, confrontés à une langue étrangère, impossible d’y échapper. Les enfants sont soumis au même régime et apprennent une deuxième langue dès la maternelle. Il y a ceux que ça dérange, ceux qui s’en moquent et ceux qui préfèrent ça. Toujours est-il que beaucoup parlent aujourd’hui plusieurs langues, ont une idée bien arrêtée de ce qu’est une bonne ou une mauvaise traduction et le font souvent savoir. Personnellement, plus j’avance dans mon apprentissage et plus cette question m’apparaît complexe et emplie de subjectivité. Quoi qu’il en soit, que vous soyez traducteur amateur ou professionnel, vous subirez les critiques de vos lecteurs et c’est bien normal. En licence, ma professeure de linguistique japonaise, Mme Takeuchi, nous avait demandé de comparer plusieurs traductions issues de divers extraits du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry et d’indiquer quelle était la meilleure. Si l’exercice m’était apparu facile à l’époque, aujourd’hui je ne serais pas aussi catégorique.

Avant toute chose, je tiens à préciser que cet article qui s’appuiera sur la traduction franco-japonaise ne s’adresse pas spécifiquement aux professionnels ; je vais, au contraire, tenter de le rendre le plus abordable possible, nul besoin donc d’avoir des notions de japonais pour continuer votre lecture, le but étant d’avoir une réflexion générale sur ce qu’est une traduction, ses contraintes, ses limites, et les choix que l’on peut être amené à faire selon la paire de langues dans laquelle on travaille.

Pour cela, je vous propose de reprendre l’exercice proposé par ma professeure, Mme Takeuchi, et d’examiner 11 traductions d’une seule courte citation extraite du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry : “S’il vous plaît… dessine-moi un mouton !” Vous trouverez donc à la fin de ce billet, l’ensemble des traductions et leur auteur associées à un numéro, afin de pouvoir s’y référer plus facilement.

Avant de commencer, j’aimerais que vous traduisiez vous-même cette phrase dans une langue de votre choix (ou plusieurs) afin de constater si elle est soumise aux mêmes contraintes et problématiques que celles que je vais soulever et s’il en existe d’autres, inhérentes à votre paire de langues. En ce qui me concerne, je fus tout aussi ennuyée pour traduire cette phrase que le narrateur de notre histoire pour dessiner ce fameux mouton. Voici pourquoi.

« S’il vous plaît… dessine-moi un mouton !

— Hein !
— Dessine-moi un mouton… »

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, p11 chez Folio junior aux éditions Gallimard.

Voyez-vous le mouton ?
Le Petit Prince n’en voudrait pas, il a des cornes !

Le Petit Prince est une œuvre philosophique et poétique de 1943 destinée aux plus petits comme aux plus grands. L’auteur utilise un style simple, et emploie même un vocabulaire enfantin ; il utilise par exemple « grandes personnes » lorsqu’il parle des « adultes ». Toutefois, si le narrateur donne l’impression de s’adresser plus particulièrement aux enfants, il s’adresse en réalité à toutes les tranches d’âge de lecteurs. Et si en français cela ne pose pas de problème, en ce qui concerne la traduction japonaise, cela va entrainer un premier dilemme, et de la décision qui sera prise dépendra le système d’écriture à utiliser.

En effet, au Japon, les enfants commencent par apprendre le système d’écriture phonétique, puis sont introduits les kanjis au fil de leur scolarité, jusqu’au lycée et au-delà. Pour faciliter la lecture de ces caractères empruntés à la Chine, figurent parfois au-dessus ou sur le côté les furiganas qui indiquent leur prononciation. Dans notre phrase par exemple, le verbe dessiner a été traduit de la même manière par tous les traducteurs, mais on le rencontre dans trois écritures différentes : かいて()いて描いて (kaite)

Les traductions 4 et 5 ont été réalisées par le même traducteur, tout comme les traductions 8 et 9, seule change l’écriture, l’une est en kanjis, l’autre en kanjis avec furiganas. La maison d’édition aura certainement fait le choix de publier une version destinée aux adultes et une version pour adolescents. Je ne sais pas s’il en existe une essentiellement écrite avec le système phonologique pour les plus petits, mais on pourrait l’imaginer.

À présent, si vous examinez la ponctuation, vous constaterez beaucoup de différences.

Le traducteur des versions 4 et 5 a conservé une ponctuation japonaise classique. Il a choisi d’introduire le dialogue par des demi-crochets, a remplacé les points de suspension par une virgule et a préféré utiliser la particule よ (yo), manière très naturelle d’exprimer l’emphase en japonais, suggérée par le point d’exclamation en français.  

「すみません、ヒツジの()()いて」

En revanche, la troisième traduction respecte, quant à elle, la ponctuation de la version originale et de manière générale, utilise une ponctuation proche de celle des langues occidentales. Elle introduit le dialogue par un tiret long, conserve les points de suspension ainsi que le point d’exclamation. C’est la version qui me semble la plus originale, les tirets étant très rares en japonais, les points d’exclamation sont plus courants, mais ne sont pas non plus la norme dans la littérature classique japonaise et moins encore dans la littérature du milieu du 20e siècle dont l’œuvre date.

___すみませんけど……ヒツジの絵、かいて!

Ainsi, on pourrait penser que tout oppose les traductions 3 et 4, pourtant elles ont un point commun, elles sont écrites dans le sens horizontal. Traditionnellement, les œuvres littéraires sont publiées dans le sens vertical. Le sens horizontal est surtout utilisé pour les magazines, les manuels scolaires, les publications scientifiques, et de manière générale, lorsqu’elles contiennent des mots étrangers ou des formules mathématiques par exemple, qu’il est plus difficile, voire impossible de retranscrire à la verticale.

Toujours est-il que ces traducteurs ont fait des choix bien différents, certainement poussés par le désir de coller au plus près du texte source ou au contraire de respecter au mieux le naturel de la langue d’arrivée afin d’être le plus invisible possible. Faire en sorte que l’œuvre semble avoir été écrite dans la langue traduite est souvent ce qui est exigé aujourd’hui, mais ça n’est pas toujours le cas et quoiqu’il en soit, cela reste un choix. Lorsque le Japon a commencé à s’ouvrir au monde et que la nécessité de traduire des ouvrages s’est fait ressentir, deux écoles se sont opposées, avec à leur tête deux grands maîtres : Sugita Seikei et Ogata Kôan. Le premier recommandait de rester très proche du texte original et avait un style très recherché, choisissant les kanjis et les expressions avec soin. Le second, au contraire, une fois le livre lu, ne l’ouvrait plus, et écrivait sa propre interprétation dans un style simple, car selon lui l’utilisation de caractères compliqués amenait le lecteur à ouvrir l’originale pour comprendre la traduction ce qui était ridicule.

Bien entendu, il existe tout un monde de possibilités entre ces deux extrêmes. Dans notre exemple, les traducteurs 6 et 8 ont choisi d’employer à la fois la particule et le point d’exclamation et d’autres ont remplacé ce dernier par un point (7) ou l’ont tout simplement omis (4).

Les possibilités sont d’autant plus nombreuses dans la traduction franco-japonaise que les langues sont très éloignées, à tel point qu’il peut même sembler difficile de coller au style de l’auteur tout en respectant la façon naturelle dans laquelle un Japonais va exprimer ses idées. Par exemple, alors que j’étais en cours de grammaire, je demandais à mon professeur s’il pouvait allumer les lumières, car on ne voyait pas bien le tableau, il me répondit, qu’une Japonaise lui aurait certainement dit qu’il faisait bien sombre ici. Dans la traduction de notre phrase, on retrouve également une différence de construction selon les traducteurs.

La traduction 6 est la plus proche du texte source. Seule celle-ci indique la personne pour qui le narrateur doit dessiner le mouton et le nombre de moutons à dessiner, les autres traducteurs ont fait abstraction de ces informations, certainement parce que cela leur paraissait évident. En effet, si le Petit Prince avait voulu plus d’un mouton, tous les traducteurs auraient précisé le nombre, et s’il en avait voulu beaucoup, peut-être auraient-ils fait mention d’un troupeau de moutons par exemple.

ぼくに (boku ni) = Pour moi
羊を一匹 (hitsuji wo ippiki)= 1 mouton
描いて (kaite)= dessiner
ぼくに羊を一匹描(ぴきか)いて= dessine un mouton pour moi ou dessine-moi un mouton.

De plus, hormis le traducteur de la version 6, tous ont également préféré le groupe nominal “dessin de mouton” plutôt que le terme “mouton” seul.

(ひつじ)() ou écrit avec le système phonologique ヒツジの絵 (hitsuji no e) = dessin de mouton.

Ce qui donne :

ヒツジの()()いて = dessine dessin de mouton.

Préciser le nombre de moutons et à qui est destiné le dessin peut sembler un peu insistant aux yeux d’un Japonais, mais ce n’est peut-être pas mal venu puisque le Petit Prince est lui-même très insistant dans la version française.

Enfin, le traducteur 10 va jusqu’à transformer l’injonction faite au narrateur en requête sous forme de question.

ヒツジの絵、描いてくれない? (hitsuji no e kaitekurenai) = dessin de mouton, tu ne veux pas dessiner ?

Il vient également ponctuer la fin de sa phrase par un point d’interrogation, alors qu’il aurait pu choisir la particule (ka) qui sert à indiquer une question en japonais (ヒツジの絵、描いてくれない = hitsuji no e kaitekurenai ka).       

 Ainsi, le style du traducteur va s’exprimer à travers ses choix, et ce, même si son objectif est d’être le plus invisible possible. Ses décisions, ses préférences vont définir sa marque de fabrique, elles seront l’expression de sa créativité, mais aussi de son interprétation. Tout auteur sait qu’une fois écrite, l’œuvre ne lui appartient plus, le lecteur s’en empare, la transforme et l’interprète selon son vécu, ses valeurs, ou même ses envies ou son humeur et le traducteur ne fait pas exception. Revenons par exemple à notre histoire. Le narrateur était en train de dormir lorsque le Petit Prince l’a réveillé avec ce : “S’il vous plaît…”

Comment avez-vous donc traduit cette locution ? Nos traducteurs japonais n’ont, eux, pas tous compris la même chose. En effet si vous concentrez votre attention sur le début de la phrase, vous trouverez différentes traductions :  (ne : 1-11) ; ねえ (nee :6) ;もしもし (moshimoshi :10) ; すみません (sumimasen :2-3-4) ; お願い ou おねがい (onegai :7-8).

Les traducteurs 1, 11, 6 et 10 ont interprété ce « s’il vous plaît » comme une locution interjective, elle aurait donc une fonction phatique, et dans ce cas précis, celle d’établir le contact avec l’interlocuteur.

ね (ne) (1-11) ou ねえ (nee) (6) est une interjection, sorte d’onomatopée qui sert à interpeller une personne et qui pourrait par exemple se traduire par “hé” ou “héé”.

もしもし (moshimoshi) (10) est un mot aujourd’hui tombé en désuétude pour ce qui est d’interpeller une personne, mais qui est toujours utilisé pour répondre au téléphone, c’est leur “allô” à eux. Dans notre phrase, c’est comme si le Petit Prince disait : “Dis… dessine-moi un mouton.”

Pour les traducteurs 2, 3 et 4, il s’agit à la fois d’une locution interjective et d’un terme de politesse introduisant une requête, car oui, le Petit Prince est un garçon poli.

すみません (sumimasen) est souvent traduit par excusez-moi. Il s’utilise comme en français pour interpeller quelqu’un ou pour s’excuser, cependant il peut aussi être employé pour remercier une personne. Dans ce cas, il aura le sens de “merci pour le dérangement” ou “merci de vous être donné cette peine”.

Enfin, les traducteurs 7 et 8 n’ont pris en compte que la notion de politesse.

お願い ou おねがい (onegai) est une locution comprenant une particule de politesse  (o) et un mot qui introduit une requête ねがい (negai) et qui signifie “demande”. Cette locution est souvent traduite par “s’il vous plaît” et n’a pas de valeur interjective.

 Qu’en pensez-vous ? Quel est l’objectif de ce “s’il vous plaît” ? Est-il là pour établir un contact, une communication, faire une demande polie, ou les deux à la fois ?

 Loin d’être déjà simples pour un japonais, les choses vont se compliquer encore un peu puisque le Petit Prince va commettre une faute de concordance, il commence par vouvoyer le narrateur, puis dans la suite de sa phrase, le tutoie. En effet, il emploie “s’il vous plaît” comme s’il s’agissait là d’un seul mot, d’une expression figée, erreur que commettent les tout petits. Comment donc retranscrire cette faute habituelle chez les enfants ?

En japonais, il existe non pas deux niveaux de langue comme en français, mais plusieurs. Les traducteurs qui ont utilisé une interjection (1-11-6 et 10) n’ont pas exploité cette différence de niveaux ni l’erreur commise, cependant ils ont respecté le registre de l’enfant.

En ce qui concerne すみません (sumimasen) (2-3-4), le traducteur 3 a ajouté à cette formulation けど (kedo) qui rend la demande plus polie, l’interjection moins abrupte. Malgré tout, l’une ou l’autre proposition reste moins courante chez les jeunes enfants et la différence de niveau avec le reste de la phrase n’est pas flagrante, il n’y a pas d’erreur de concordance.

Enfin, おねがい (onegai) (7) est moins poli que おねがいします (onegaishimasu) (8) et dans ce cas de figure le contraste avec la fin de la phrase est plus net, c’est certainement la traduction qui reflète le mieux la version française, cependant c’est surement la formulation la moins naturelle chez les petits. Ce n’est pourtant toujours pas la plus élevée en matière de politesse. Pour contraster et marquer l’erreur encore plus, on aurait aussi pu avoir (ねが)いがあります (onegaigaarimasu) ou encore (ねが)いがあるんですが (onegaigaarundesuga) qui sont des formulations encore plus polies et que l’on pourrait traduire par “j’ai une faveur à vous demander”.

Mais qu’en est-il donc de votre traduction à vous ? Avez-vous réussi à lui donner un air enfantin tout en introduisant deux niveaux de langue ? Respecte-t-elle les intonations exprimées par la ponctuation, et comment ? Collez-vous au style de l’auteur tout en restant invisible ? Avez-vous dû faire des concessions ? Existe-t-il d’autres problématiques liées à votre paire de langues ? Avez-vous changé votre traduction au fil de votre lecture ? Cette courte phrase, au vocabulaire simple, vous a-t-elle donné du fil à retordre ? Elle aura eu le mérite de montrer à quel point la traduction peut être multiple et subjective. On aurait tout aussi bien pu comparer différentes traductions d’une œuvre de Shakespeare. L’une d’entre elles vous aurait certainement paru meilleure, non pas parce qu’elle l’aurait été, mais parce qu’elle aurait mieux répondu à vos attentes et à vos goûts. Ainsi, bonne ou mauvaise telle est donc vraiment la question ?

Toutes ces interrogations que j’ai soulevées, d’autres l’ont déjà fait mieux que moi. Ils ont su mettre des mots sur des concepts, créer des courants de pensée, lister les possibles solutions et leurs implications. Les élèves de première année de master qui lisent ce billet n’auront d’ailleurs pas manqué de faire le lien avec ces hommes et ces femmes qui nourrissent leurs cours de traductologie et qui m’ont permis de comprendre mes choix, d’identifier mes préférences et de savoir les défendre, mais également de faire preuve de tolérance et d’humilité. En tant que professionnel il est important de respecter les décisions et les impératifs de ses clients, mais si vous êtes libre de vos choix, puisqu’une traduction ne peut faire l’unanimité, n’hésitez pas, faites-vous plaisir, libérez votre imagination et innovez !

 

Traductions

1.「ね……ヒツジの絵をかいて!」
Interjection : Hé…  dessin de mouton – dessine ! point d’exclamation pour exprimer l’emphase
「え?」
「ヒツジの絵をかいて……」(Traducteur :内藤、1953年)
2.「すみません……。ヒツジの絵、かいてよ」
Interjection + mot de politesse à la forme neutre : excuse-moi – double ponctuation – dessin de mouton – , introduction d’une virgule – dessine – hein particule pour exprimer l’emphase 
「ええっ?」
「ヒツジの絵、かいてよ……」(Traducteur :稲垣、2005年)
3. Horizontal
___すみませんけど……ヒツジの絵、かいて!
Ponctuation à l’occidentale – interjection + mot de politesse à la forme polie : excusez-moi… – dessin de mouton – , introduction d’une virgule – dessine ! point d’exclamation pour exprimer l’emphase
___え?
___ヒツジの絵、かいて…… (Traducteur :石井、2005年)
4. Horizontal
「すみません、ヒツジの絵を描いて」
Interjection + mot de politesse à la forme neutre : excuse-moi – virgule à la place des points de suspensions – dessin de mouton – dessine – pas d’emphase
「え、なに?」
「ヒツジの絵を描いて」(Traducteur :池澤、2005年a)
5. Furiganas + Horizontal
「すみません、ヒツジの()()いて」
Interjection + mot de politesse à la forme neutre : excuse-moi – virgule à la place des points de suspensions – dessin de mouton – dessine – pas d’emphase
「え、なに?」
「ヒツジの()()いて」(Traducteur :池澤、2005年b)
6. Furiganas
「ねえ、ぼくに羊を一匹描(ぴきか)いてよ!」
Interjection : Héé – virgule à la place des points de suspensions –  pour moi – 1 – mouton – dessine – hein ! double emphase : particule + ponctuation
ええ⁉
「羊を一匹描(ぴきか)いてよ!」(Traducteur :谷川、2006年)
7. Furiganas
「お願い……。ヒツジの()()いて。」
Mot de politesse à la forme neutre : s’il te plaît – double ponctuation – dessin de mouton – dessine – pas d’emphase, mais un point
「なんだって?」
「ヒツジの()()いて。」(Traducteur :三田、2006年)
8.「おねがいします……羊の絵を描いてよ!」
Mot de politesse à la forme polie : s’il vous plaît… – dessin de mouton – dessine – hein ! double emphase : particule + ponctuation
「えっ?」
「羊の絵を描いてくれってば……」(Traducteur :管、2011年a)
9. Furiganas
「おねがいします……(ひつじ)()()いてよ!」
Mot de politesse à la forme polie : s’il vous plaît… – dessin de mouton – dessine – hein ! double emphase : particule + ponctuation
「えっ?」
(ひつじ)()()いてくれってば……」(Traducteur :管、2011年b)
10.「もしもし……ヒツジの絵、()いてくれない?」
Locution interjective : Dis…– ordre changé en requête à la forme neutre – dessin de mouton – , introduction d’une virgule – tu ne veux pas dessiner ? ponctuation occidentale indiquant une question
「えっ?」
「ヒツジの絵、描いて……」(Traducteur :奥本、2007年)
11.「ね、ヒツジの絵を描いてよ」
Ponctuation japonaise - Interjection : Hé – virgule à la place des points de suspensions – dessin de mouton – dessine – hein particule pour exprimer l’emphase
(Traducteur :永嶋、2013年)

Traducteur/titre/maison d’édition – collection/année de parution/sens d’écriture (verticale ou horizontale)

1内藤濯訳、 『星の王子さま』、岩波少年文庫、岩波書店、1953年、縦書き

2稲垣直樹訳、 『星の王子さま』、平凡社、2005年、縦書き

3石井洋二郎訳、 『星の王子さま』、ちくま文庫、2005年、横書き(Horizontal)

4池澤夏樹訳、 『星の王子さま』、集英社文庫、2005年、横書き(Horizontal)

5池澤夏樹訳、 『星の王子さま』、集英社、2005年、横書き(Horizontal)

6谷川かおる訳、 『星の王子さま』、ポプラ社、2006年、縦書き

7三田誠広訳、 『星の王子さま』、青い鳥文庫、講談社、2006年、縦書き

8管啓次郎訳、 『星の王子さま』、角川文庫、角川書店、2011年、縦書き

9管啓次郎訳、 『星の王子さま』、角川つばさ文庫(西原理恵子絵)、角川書店、2011年、縦書き

10奥本大三朗訳、 『星の王子さま』白泉社2007年、縦書き、省略多し

11永嶋恵子訳、 『星の王子さま』KKロングセラーズ(中村みつえ絵)、2013年、縦書き、省略多し

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s