Rencontre avec Orane Desnos : traductrice pour les professionnels de la musique et du spectacle vivant

Par Sarah De Azevedo, étudiante M2 TSM

Allier passion et traduction ? C’est possible !

Quelle spécialisation choisir ? C’est sûrement la question que l’on se pose toutes et tous en cette (presque) fin de master. Il peut être judicieux de se tourner vers des domaines auxquels on n’aurait jamais pensé, et se demander : qu’ai-je réellement envie de traduire, quels sont mes centres d’intérêt, même sans diplômes, ai-je assez de connaissances pour me spécialiser ? Après tout, nous avons tous des activités et hobbies différents, qui pourraient constituer de bonnes pistes quant à une future spécialisation. Ce sont en tout cas des réflexions à creuser pour être certain de s’épanouir dans son travail, surtout sur le long terme.

Pour montrer qu’il est possible de sortir des sentiers battus en alliant ses passions à son métier, j’avais envie de vous partager une interview avec une jeune traductrice indépendante, Orane Desnos, qui a récemment monté sa microentreprise de traduction, Tradistica.

Aussi créative qu’adorable, elle a très gentiment accepté de répondre à quelques questions. Je vous laisse maintenant en compagnie sa compagnie !

Bonjour Orane ! Comme les lecteurs et lectrices de ce blog ne te connaissent pas, pourrais-tu nous résumer un peu ton parcours ?

Bonjour Sarah !

Bien sûr 😊

J’ai tout d’abord un riche parcours musical. J’ai commencé la flûte traversière à sept ans et le piano deux ans plus tard. Dès mes 11 ans, j’ai quitté le nid familial dans mes Côtes-d’Armor natales pour intégrer, pendant quatre ans (c’est-à-dire tout mon collège) et en internat, une classe horaire aménagée musique en collaboration avec le conservatoire de Rennes. J’ai poursuivi ma scolarité en lycée général et j’ai obtenu mon bac S en 2010.

J’ai ensuite entamé une licence de LEA spécialisation traduction à l’Université de Rennes 2 en parallèle de mes études au conservatoire. En juin 2010, j’ai obtenu mon DEM (diplôme d’études musicales) de flûte traversière, puis j’ai passé ma 3e année de licence en ERASMUS à Barcelone.

Après une année consacrée à la musique, j’ai suivi le master Métiers de la traduction-localisation et de la communication multilingue et multimédia (MTLC2M), toujours à l’Université de Rennes 2, qui m’a conduit à passer cinq mois à Montréal dans le cadre d’un stage dans l’audiovisuel, puis je suis sortie diplômée de cette formation en octobre 2016.

Par la suite, j’ai travaillé deux ans au sein d’une importante agence de traduction parisienne en tant que traductrice, relectrice et cheffe de projet. Je me suis ensuite lancée dans l’aventure de l’indépendance et de l’entrepreneuriat à l’été 2018, puis de Tradistica (services linguistiques pour les professionnels de la musique et du spectacle vivant) en 2020.

Était-ce une évidence pour toi de traduire pour la musique et le spectacle vivant lorsque tu as commencé tes études en traduction ?

Au départ non, mais cette idée a bien vite germé et ne m’a plus quittée. Je voulais pouvoir mettre au service des professionnels de ces secteurs tant mon expérience musicale que mes compétences en traduction.

Comment s’est passé le lancement de Tradistica ? Comment as-tu envisagé la transition entre un emploi stable pour une importante société de traduction et le travail en tant que free-lance ?

Je savais dès mes années de master que je souhaitais devenir traductrice indépendante, mais je ne me voyais pas me lancer au sortir des études. C’est pourquoi j’ai travaillé deux ans au sein d’une agence dans le but d’acquérir l’expérience nécessaire pour pouvoir me lancer avec plus de sérénité. Et dès que l’occasion s’est présentée, c’est ce que j’ai fait ! J’ai eu la chance de continuer à collaborer avec l’agence dans laquelle j’étais employée, ce qui m’a tout de suite assuré du travail et une transition plutôt douce.

Aujourd’hui, comment partages-tu ton temps entre les agences de traduction et tes clients ? Penses-tu bientôt pouvoir ne travailler que pour des clients directs ?

Pour le moment, je consacre 2/3 de mon temps aux agences de traduction et le dernier tiers au développement de Tradistica. Travailler presque exclusivement pour des clients directs dans les secteurs de la musique et du spectacle est d’ailleurs un de mes grands objectifs de l’année 2021. Je souhaite également poursuivre les collaborations avec les agences sur des projets concernant mes domaines de spécialité.

Comment as-tu trouvé tes premiers clients ? Comment se passe le démarchage ? Les stratégies à adopter sont-elles spécifiques au milieu artistique ? Faut-il être plus créatif, et davantage mettre en avant sa personnalité et ses passions que pour un autre domaine ?

Pour trouver ses premiers clients, il n’y a pas de recette magique, il faut aller à leur rencontre. J’utilise donc beaucoup les réseaux sociaux (LinkedIn, Instagram) dans ma stratégie de démarchage, ainsi que mon site Internet qui me sert de vitrine. Selon moi, l’important est de semer progressivement des graines, ce qui permet de développer à moyen et long terme son portefeuille de clients. Toute relation, qu’elle soit professionnelle ou non, repose sur la confiance, et il est primordial de consacrer du temps à construire ce lien privilégié.

Faut-il être plus créatif ! Sûrement, mais surtout être authentique en mettant en avant sa personnalité, son expertise et les solutions que l’on propose. Après, libre à chacun de partager ce qu’il souhaite avec sa communauté. Je pense que le plus important c’est de rester soi-même et d’être en adéquation avec ses valeurs et sa manière de fonctionner.

Peux-tu nous donner des exemples de projets que tu reçois ?

Oui. J’ai réalisé récemment le sous-titrage de l’anglais vers le français d’une vidéo YouTube d’une flûtiste de renommée internationale dans laquelle elle prodiguait ses conseils pour apprendre plus facilement par cœur un morceau. Je traduis également régulièrement des communiqués de presse pour des lancements de produits, comme des micros-casques.

Fais-tu parfois appel à des collègues pour tes projets de traduction ?

Je collabore avec d’autres traducteurs dans mes paires de langues (anglais et espagnol vers le français) pour des projets de relecture, sinon je redirige généralement mes clients vers d’autres traducteurs indépendants spécialisés lorsqu’il s’agit d’une autre paire de langues. La relation unique qui s’établit entre un client direct et son/ses traducteur(s) indépendant(s) est pour moi capitale.

Utilises-tu souvent des outils de TAO ? Si oui, sont-ils différents en fonction du projet ?

Oui. J’utilise principalement SDL Trados Studio 2019 pour les projets de traduction et Subtitle Edit pour les projets de sous-titrage.

Tu utilises notamment Instagram et Pinterest pour promouvoir ton activité : pourquoi avoir choisi ces réseaux disons, assez peu usités je crois, par la plupart des professionnels ? Sont-ils plus adaptés à tes domaines de spécialité ? Arrives-tu à poster régulièrement sur tous tes réseaux sociaux ?

Instagram et Pinterest sont des réseaux sociaux très utilisés dans la sphère artistique, et c’est donc la raison pour laquelle je les utilise aussi. Mais à dire vrai, au fil des mois, je teste plusieurs stratégies, et je vois ce qui marche. Je m’inspire notamment de blogueuses et entrepreneures telles qu’Aline Bartoli de TheBBoost et Safia Gourari de MyTrendyLifestyle. C’est difficile de poster régulièrement et il faut être organisé. J’essaie donc de planifier, par exemple consacrer 1 h le lundi matin pour programmer mes publications Instagram de la semaine. C’est vraiment efficace !

D’ailleurs, tu n’hésites pas à poster des vidéos où tu joues de ton instrument de prédilection, des photos un peu plus « persos », mais toujours en rapport avec la musique ! Cela attire-t-il de nouveaux clients ? Est-ce que cela est venu naturellement, ou bien as-tu hésité avant de poster du contenu parfois un peu humoristique ? En tout cas, c’est très rafraîchissant !

J’ai bien sûr hésité de nombreuses fois avant de publier certains contenus, mais j’essaie de mettre sans cesse en application de nouvelles choses, toujours avec le même fil conducteur : la musique. Et je me rends compte que plus j’ose des choses différentes, moins faire dans la nouveauté me fait peur. Je sais que ce chemin sera composé d’erreurs et de réussites, et je l’accepte. C’est à la fois difficile et tellement gratifiant !

Que conseillerais-tu à celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans des domaines de traduction tournés vers la culture et l’art ? Est-ce plus difficile d’y trouver du travail ? Y a-t-il beaucoup d’agences avec lesquelles collaborer dans ces domaines avant d’avoir assez de clients directs ? Quelles sont les qualités à avoir pour se démarquer ?

Mon conseil se résumerait en un seul mot : tentez ! Il n’y a pas de recette miracle et c’est à chacun de trouver sa voie. En tout cas, moi je tente, et j’adore ça !

J’espère que cette lecture vous inspirera, motivera, encouragera à suivre vos envies et à vous lancer ! Encore merci à Orane Desnos d’avoir répondu à mes questions.

Vous pouvez la retrouver sur son site Internet https://www.tradistica.com et sur ses différents réseaux sociaux :

https://twitter.com/tradistica
https://www.facebook.com/tradistica/
https://www.linkedin.com/company/tradistica/
https://www.instagram.com/tradistica/

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