Jeunes traducteurs indépendants : entre attentes et réalité

Par Anaïs Wisniewski, étudiante M2 TSM

S’installer en auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur, les deux intitulés désignent la même chose) est vu comme un risque important à prendre, pourtant, sur le marché de la traduction, il n’y a rien de plus banal.

Cependant, banal ou non, il est normal de s’inquiéter concernant notre avenir. J’ai donc décidé de me renseigner et de mener ma petite enquête pour aller chercher des réponses, à la source, chez des traducteurs indépendants récemment installés. Je n’ai interrogé que des traducteurs auto-entrepreneurs, leur statut étant le plus courant pour des traducteurs indépendants en début de carrière. Je leur ai posé tout un tas de questions pour qu’ils nous racontent leurs vécus et leurs impressions, mais aussi pour qu’ils nous donnent leurs précieux conseils. Et voici un résumé de leurs témoignages, c’est parti !

Les débuts

Les traducteurs interrogés se sont installés récemment (entre 6 mois et deux ans d’installation). Lorsque je les ai questionnés sur les raisons les ayant poussés à devenir indépendants, deux réponses m’ont été apportées :

  • Une opportunité qui s’est présentée de pouvoir travailler en indépendant, et qui a été saisie au vol. Le Covid-19 ayant fait baisser le nombre d’offres d’emploi, la traduction en auto-entrepreneuriat s’est imposée comme une aubaine.
  • La liberté que procure le statut : concernant les horaires, le choix des clients ou encore l’organisation. Le traducteur indépendant se réserve le droit de refuser des projets ne correspondant pas à ses valeurs.  En effet, il n’a aucun compte à rendre, n’a pas de supérieur, mais surtout profite de la possibilité de travailler où il le souhaite, et de gagner plus (ou moins) selon ses choix, en travaillant davantage le week-end ou non.

Quelles sont les démarches ? Sont-elles compliquées ? Pas tant que ça en fait, tous s’accordent sur leur simplicité : il faut s’inscrire sur le site de l’Urssaf (organisme qui gère les cotisations pour financer le système de sécurité sociale) dans l’espace auto-entrepreneur, afin de déclarer son activité. C’est gratuit, rapide, le site est bien conçu, « c’était fait en 10 minutes », nous confie une traductrice. Vous pouvez tout de même vous aider du guide officiel de l’auto-entrepreneur disponible ici. Le statut d’auto-entrepreneur ne nécessite, de plus, pas de compte bancaire professionnel si votre chiffre d’affaires est inférieur à 10 000 euros par an.

Tous ont expliqué que l’inscription était facile mis à part deux ou trois éléments, comme comprendre la terminologie spécifique, ou savoir quelles sont les obligations légales de l’auto-entrepreneur : il faut déclarer son chiffre d’affaires (tous les trimestres ou tous les mois, au choix), se renseigner sur les mentions obligatoires à mettre sur les factures, et obtenir le numéro de TVA intracommunautaire pour travailler avec des clients étrangers.

Les jeunes entrepreneurs ont aussi compté sur le fait qu’en général, les étudiants se mettent en auto-entrepreneuriat à la même période et peuvent donc s’entraider. En outre, des formations sont organisées au sein du master TSM pour se renseigner sur l’installation.

L’installation s’est globalement plutôt bien passée pour tous, même si ce n’est pas de tout repos. Trouver des clients directs reste tout de même un exercice particulier.

  • « J’ai d’abord commencé par travailler pour la boîte de mon premier stage, donc pendant ma seconde année de master. Je travaillais le soir, les week-ends. Ensuite, à l’issue de mon second stage, j’ai rejoint l’équipe de gestion de projets de cette entreprise, et je travaille depuis mon domicile. »
  • « Un petit bureau aménagé dans un coin de ma chambre. Très vite, j’ai compris que si je voulais vraiment m’installer, il me faudrait : a) une bonne chaise de bureau pour les cervicales et dorsales (je conseille les sièges gaming pour le rapport qualité/confort/prix) ; b) un bureau suffisamment haut et grand ; c) un ordinateur avec suffisamment de puissance (parfois, ça rame) ; d) une bonne connexion internet (entre internet qui rame et internet qui coupe pendant plusieurs heures, habiter à la campagne, c’est pas l’idéal pour travailler en tant qu’indépendant) ; e) souris et clavier filaires/Bluetooth (pour limiter les efforts musculaires traumatisants). »
  • « Pour moi, l’installation en elle-même est la partie la plus compliquée. Il faut se fixer des objectifs et, avant ça, déterminer des objectifs. Il faut savoir faire face aux critiques et aux inquiétudes de l’entourage, en plus de sa propre inquiétude. Ça a été épuisant moralement, car je me sentais beaucoup sous pression. »

Les réponses divergent quant au délai de l’installation : pour certains, il était question d’un mois, pour d’autres qui travaillent avec l’entreprise de leur stage, cela s’est fait du jour au lendemain. En moyenne, la réponse est de 3 ou 4 mois, voire une année pour être vraiment bien installé, car tout le monde n’a pas la même vision de l’installation de l’auto-entrepreneur :

 « Je ne me considèrerai probablement jamais comme installée. C’est le challenge du micro-entrepreneur, créer son revenu tous les mois. Et c’est ça qui est génial, rien n’est acquis, du coup on développe une force intérieure et une certaine proactivité. »

Pour se considérer comme réellement installés, nos jeunes traducteurs disent surtout devoir développer leur communication, par exemple créer un site internet ou encore démarcher d’autres agences ou clients. Certains ont aussi décidé d’avoir un travail à mi-temps à côté afin de percevoir un salaire fixe, mais qui rallonge le temps d’installation.

Et l’assurance alors ?

La majeure partie n’a pas d’assurance. En effet beaucoup travaillent avec des agences qui elles-mêmes ont des assurances qui couvrent les traducteurs. D’autres me confient que les assurances sont utiles seulement lorsque l’on travaille avec les États-Unis, ou alors dans certains domaines, en particulier le domaine juridique, financier et même culinaire. Ceux qui ont souscrit une assurance nous rassurent : les prix sont raisonnables, entre 15 et 20euros par mois, alors certes c’est un budget pour un auto-entrepreneur qui débute, mais cela permet d’avoir l’esprit tranquille. Des « packs » assurance responsabilité civile + auto-entrepreneur sont disponibles et les membres de la SFT (Société française des traducteurs) bénéficient de tarifs préférentiels.

L’organisation

Combien d’heures par semaine passent-ils à travailler ?

Les cas diffèrent selon les traducteurs, une bonne moitié ne travaille pas à temps plein, soit par choix, soit parce qu’ils ont une activité salariale à côté. Ils travaillent à temps plein seulement lorsqu’il y a beaucoup de travail.

L’autre moitié travaille à temps plein, et entre 40 et 45 heures par semaine quand il y a beaucoup de travail. Certains travaillent aussi en plus sur la création de leur site internet. Peu importe le temps de travail, tous s’accordent à dire que les charges de travail varient beaucoup au fil du temps et qu’il faut savoir s’adapter à ces changements.

Tous m’ont rapporté ne pas avoir de planning précis, sauf un traducteur qui est « obligé » du fait de son activité salariale. Ils travaillent tous au jour le jour selon la quantité de traduction à faire, sauf pour les tâches administratives. Certains se fixent des limites, par exemple pas de travail après 19 heures ou 20 heures.

La bonne nouvelle en ce qui concerne les tâches administratives, c’est que cela prend très peu de temps : environ 1 à 2 heures par mois. Ils m’ont même donné des petits conseils : réaliser des modèles de facture génériques pour gagner du temps, être organisé et régulier pour faire le suivi des PO, factures, virements, etc.

 Et les vacances dans tout ça, la déconnexion c’est possible ?

Dans la globalité, oui, s’accorder des vacances est possible, même si en tant que traducteurs débutants, beaucoup préfèrent ne pas en prendre tout de suite :

  • « Personnellement, je n’ai eu aucun complexe à refuser certains projets qui m’auraient demandé de travailler tard dans la soirée/une bonne partie du week-end. Nota Bene il existe une certaine pression temps/productivité dans le secteur de la localisation. Il serait bon que les clients et gestionnaires de projets prennent en considération le fait que les traducteurs (indépendants) ne sont pas une soupape de pression. »
  • « Le temps, oui. Les moyens, non. Je trouve que notre rémunération ne correspond pas du tout au travail fourni et à l’engagement dont on fait preuve (pas de congés payés, profession relativement précaire, car insécurité : les tarifs devraient tenir compte de cela). C’est un peu décourageant surtout que notre métier est vraiment dévalorisé. Tout le monde pense que maîtriser deux langues est suffisant pour traduire. On a toujours le travail en tête, mais il ne tient qu’à nous de mettre des limites. […] Aussi, être perpétuellement « en veille », c’est être passionné. Mais il faut faire attention à ne pas trop en faire, au risque de devoir prendre des jours off pour récupérer. »
  • « Pour l’instant je n’ai pas les moyens pour prendre des vacances. Je suis partie une semaine en « vacances » cet été tout en travaillant sur place. C’est à la fois un avantage et un inconvénient. Je pense pouvoir faire la coupure sans trop de difficulté lorsque ça m’arrivera, car c’est ce que je fais déjà le week-end lorsque je n’ai pas de contrats urgents, ça ne me pèse pas spécialement et j’arrive à penser à/faire autre chose. »

La traduction

L’ensemble des traducteurs interrogés ont deux langues de travail voire trois, mais 95 % du temps, ils ne travaillent qu’avec de l’anglais.

La moitié n’a pas vraiment encore de spécialisation, mais plutôt des domaines dans lesquels il y a beaucoup de travail comme les fiches techniques ou la communication des entreprises.

Ceux qui ont déjà des domaines de spécialisation travaillent dans le milieu juridique mais aussi dans le domaine agricole, de l’informatique, et de la traduction marketing ou créative.

Leurs conseils pour se spécialiser : faire des formations courtes, des validations d’acquis ou même des formations de quelques mois. Il faut garder à l’esprit que les compétences dont nous avons besoin sont avant tout terminologiques. De plus, les spécialisations s’apprennent tout de même en grande partie sur le tas.

La part de post-édition globale dans leur travail est très importante, environ 50 % ; ceux qui n’en ont pas (beaucoup) font aussi beaucoup de révision, de QA ou de LSO.

Concernant les logiciels les plus utilisés, on retrouve de grands classiques dans le top du classement : SDL Trados Studio, XTM, Across, Antidote, memoQ, Xbench, et même Microsoft Word et Excel. Voici également un petit florilège de sites internet les plus populaires : DeepL pour la traduction automatique, Reverso Context, Linguee, Sketch Engine et CRISCO pour diversifier le vocabulaire.

Les clients

Pour l’instant tous m’ont confié travailler avec des agences, même si un tiers a déjà travaillé au moins une fois avec un client direct.  Deux tiers d’entre eux travaillent avec une seule agence, le reste oscille entre 3 et 5 selon la régularité du travail donné.

Les clients directs ont été trouvés soit grâce au bouche-à-oreille, soit car ce sont d’anciens organismes de stage.

Les difficultés

Ce qui m’a frappée quand j’ai recueilli tous ces témoignages, c’est que les difficultés ne sont pas du tout les mêmes pour tout le monde, alors voici celles que l’on m’a citées :

– Se mettre dans le bain après avoir fait une longue pause
– La solitude toute la journée
– Les plantages informatiques
– Les domaines très techniques
– Devoir travailler vite
– La qualité des fichiers sources
– Les clients qui ne sont pas bienveillants du tout
– Ne pas avoir une grande vision sur l’avenir en tant qu’auto-entrepreneur
– La compréhension des règles à respecter de l’auto-entrepreneur, comment payer les cotisations, taxes à payer ou non

Ils ont également rencontré des difficultés auxquelles ils ne s’attendaient pas. En voici quelques-unes :

  • « La solitude (sortez les violons). Je croyais que ça allait être cool, mais en fait on a vite fait le tour ! » 
  • « La sacro-sainte TM doit toujours être respectée, même lorsque ses traductions juridiques (plutôt FR-CA) ne sont pas (vraiment) adaptées au FR-FR juridique. »
  • « Parfois plusieurs jours passaient sans que je ne reçoive de travail et c’était inquiétant »
  • « Je ne m’attendais pas à ce que l’on dispose parfois de si peu de références pour traduire. »
  • « Je n’avais juste pas imaginé que ça serait aussi difficile moralement au début. Peut-être que ça n’est pas le cas pour tout le monde, et le contexte actuel a peut-être rajouté une pression supplémentaire. »

Des difficultés ressenties à cause du Covid-19 ?

Étant donné que beaucoup d’entre eux ont commencé à travailler au moment où la pandémie est arrivée, ils ne peuvent pas vraiment comparer avec la période avant le Covid-19. Mais dans la globalité, ils ne ressentent pas de difficultés particulières : « il y a beaucoup, beaucoup de travail dans le secteur. Il suffit de le trouver ! »

Rémunération

Parlons peu, parlons bien, parlons tarifs. Pour deux tiers d’entre eux, le tarif est en moyenne de 0,06 euro du mot et de 0,07 pour les autres. Pour ce qui est de la relecture, le prix est de 0,02 euro et environ 0,035 euros pour de la post-édition.

Quand je leur ai demandé si ces tarifs correspondaient à leurs attentes, les réactions étaient mitigées :

  • « Relecture, oui, traduction, oui et non (débat théorie vs. réalité du marché) »
  • « Pas du tout. On nous avait parlé de 0,08 minimum et je visais 0,12 en début de carrière, car certains enseignants nous avaient indiqué que cela était courant. »
  • « Oui, je n’ai pas été surprise à ce niveau. »
  • « Ni à mes attentes ni à ce qu’on nous avait annoncé dans ma formation ! C’est plus faible. Mais j’imagine que c’est parce que le marché évolue, haha. »

La bonne nouvelle c’est que l’ensemble de traducteurs dit avoir un revenu relativement stable, même s’il va sûrement augmenter, car ils n’ont pas encore atteint leur revenu « définitif ».

Bilan

Quand je leur ai demandé s’ils étaient satisfaits de leur situation, la réponse globale était plutôt positive : « Pour mes 6 premiers mois, je suis satisfaite oui, je m’attendais à ce que tout soit beaucoup plus difficile. »

Aucun d’entre eux ne regrette d’être devenu traducteur indépendant. Voici ce qu’ils préfèrent dans leur métier et statut :

– Gérer ses propres horaires, la quantité de travail et travailler quand on veut (« Travailler en pyjama avec mon chien, c’est pour ça que je voulais être indépendant »)

– Travailler chez soi ou où l’on veut avec juste un PC
– Refuser les projets « tout pourris » ou urgents et accepter ceux qui ont des domaines intéressants.

Et voici ce qu’ils aiment le moins :

  • La solitude (très pesante pendant la crise sanitaire pour beaucoup de traducteurs)
  • Devoir consulter ses mails à intervalles réguliers
  • L’incertitude de l’avenir, le manque de « protection »
  • L’impossibilité de pouvoir défalquer certaines charges (les logiciels achetés par exemple)

Conseils pour les futurs traducteurs indépendants

Le starter pack du traducteur indépendant

Voici selon eux, un classement des logiciels à avoir absolument quand on commence :

  1. Licence Microsoft Office, primordiale
  2. Antidote (quasiment toutes les agences le demandent)
  3. SDL Trados Studio (à voir avec les agences avant de l’acheter, car beaucoup ont des plateformes spéciales ou fournissent des logiciels et des licences ; SDL est définitivement une valeur sûre voire un indispensable pour certaines)
  4. Xbench
  5. Si vous n’êtes pas en mesure d’acheter SDL Trados Studio : memoQ ou alors Memsource
  6. Si vous avez les moyens et l’utilisation : Suite Adobe
  7. Abonnement Deezer/Spotify, la cerise sur le gâteau

Et l’équipement :

– Un bon PC assez puissant (faire des repérages selon ce que l’on veut et attendre le Black Friday est une bonne option quand on n’a pas encore les moyens)
– Si possible deux écrans (beaucoup plus ergonomique)
– Une bonne chaise de bureau (vous allez y passer pas mal de temps)

Les conseils :

Pour finir, je leur ai demandé s’ils avaient des conseils pour les futurs traducteurs indépendants. Tous m’ont répondu en premier lieu de ne pas avoir peur de se lancer, ils m’ont également conseillé de trouver des secteurs où l’on trouve aisément des clients directs si c’est ce que l’on cherche. Pour le reste, je les laisse dire ce qu’ils ont sur le cœur :

  • « Je leur dirais de se lancer et de voir ce que ça donne pour eux. Il ne faut pas avoir peur de se lancer, c’est vibrant de vivre au jour le jour et de pouvoir recréer sa vie chaque jour, ça permet d’accroître le sens des responsabilités et de laisser libre cours à sa créativité. Un conseil : ne prenez jamais personnellement les remarques de votre client. Prenez ces remarques comme un avis, une consigne à suivre pour vos prochains projets. Ne faites pas cas du reste. Faites simplement et sincèrement de votre mieux et n’hésitez pas à partager vos doutes/questions. Cela vous couvre en cas de problème. »
  • « Ne vous précipitez pas ; achetez une bonne chaise de bureau et le nécessaire pour vos cervicales et dorsales ; si vous lisez les success stories sur les réseaux sociaux professionnels, ne les laissez pas vous monter à la tête, vivez à votre rythme, apprenez à votre rythme, faites-vous des clients à votre rythme »
  • « De ne pas avoir peur des démarches, mais de bien se renseigner avant pour partir avec toutes les cartes en main, de ne pas se dévaloriser et d’avoir confiance en ses capacités ! »
  • « Si travailler en indépendant vous tente, alors lancez-vous ! Si on m’avait proposé un CDI à la fin de mes études, je pense que j’aurais accepté, car j’aurais eu trop peur de me lancer, même si ça n’aurait probablement pas été l’option la plus adaptée à mon caractère. La situation actuelle m’a un peu poussé, et heureusement, car même si je n’ai pas encore atteint tous mes objectifs, je sens que je fais un travail qui me correspond bien plus que celui que j’aurais pu faire en entreprise. Si vous avez un cours dans votre cursus qui parle de la création d’entreprise, écoutez bien et prenez des notes, car vous serez contents de les avoir au moment voulu ! »

Sources :

Sondage réalisé sur six traducteurs indépendants.

« Accueil – Autoentrepreneur.urssaf.fr ». https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr/portail/accueil.html.

Source image : Franceinfo. « Les nombreuses fraudes au statut d’auto-entrepreneur ». https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-mon-boulot/les-nombreuses-fraudes-au-statut-d-auto-entrepreneur_1775277.html

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s