Traduction vs Interprétation !

Par Anna MAN, étudiante M1 TSM

« Ah tu fais de la traduction ? Comment tu traduirais … ? », « traducteur = bilingue, voire trilingue, voire… », « traducteur = interprète à l’ONU ». Alors non ! Bien que la traduction et l’interprétation soient intimement liées, ce sont deux métiers à part entière. En effet, ils visent tous deux à transposer un message, un texte, un document d’une langue source vers une langue cible. Cependant, traduire n’est pas interpréter et interpréter n’est pas traduire.

Avant toutes choses, commençons par poser les bases. La traduction s’effectue de manière écrite, tandis que l’interprétation se fait à l’oral. Demander à un traducteur de vous traduire en direct une phrase ou un document à l’oral sans lui laisser de contexte ni même le temps d’y réfléchir est tout bonnement inenvisageable. Dire qu’un traducteur est forcément bilingue, trilingue voire plus, n’est pas vrai non plus. Le traducteur travaille principalement à l’écrit et vers sa langue maternelle, dans notre cas, le français en l’occurrence. Un très bon traducteur n’est pas forcément bon orateur.

Voici quelques points fondamentaux à savoir sur ces deux métiers.

Le Délai

Qu’entendons-nous par délai ? Eh bien, c’est le temps accordé pour livrer une prestation au client. Dans le cas de la traduction, les traducteurs disposent de bien plus de temps pour exploiter les ressources technologiques et documents de référence en vue de produire des traductions d’excellente qualité. Les interprètes doivent, quant à eux, fournir une prestation en temps réel que ce soit en personne, par téléphone ou par visioconférence.

La Recherche Documentaire

Pour l’interprète, la recherche documentaire se fait en amont, il doit rassembler le maximum d’informations concernant les personnes avec qui il rencontrera et parlera, les contextes et situations qui se présenteront à lui, mais également la terminologie utilisée afin d’offrir la prestation la plus optimale. Le traducteur, quant à lui, peut consacrer tout le temps qu’il estime nécessaire pour ses recherches (dans la limite du raisonnable et du délai prévu). Dans les deux cas, le client peut fournir ou non des documents de références (glossaires, mémoire de traduction, etc.)

La précision

Le niveau de précision est très exigeant en traduction, mais l’est un peu moins en interprétation. Tous deux visent la perfection même si elle est difficilement atteignable. Le traducteur dispose de plus de temps pour la relecture et la correction de son texte pour s’assurer une précision optimale. Quant à l’interprète, son travail demande une recherche physique et mentale instantanée, il se peut qu’il soit amené à périphraser (ex : le roi-soleil pour Louis XIV, le septième art pour le cinéma, etc.), changer la tournure des phrases, ce qui peut donc diminuer la précision. En d’autres termes, le traducteur tape sur son clavier derrière un ordinateur et retranscrit le message ; sa traduction est fluide, compréhensible, ne doit pas sentir la traduction, elle doit être conforme aux consignes et exigences du client. Tandis que l’interprète écoute puis retranscrit le message ; son écoute est neutre (sans porter de jugement à ce qui est dit), bienveillante (il écoute tout ce qui est dit) et active (analyse de ce qu’il entend, compréhension du sens en utilisant toutes ses connaissances).

La Formation

Pour l’interprétation, il ne s’agit pas seulement de suivre une formation linguistique. Cette dernière doit se faire et être acquise en amont. L’interprétariat est un métier qui s’expertise en communication en plus de l’enrichissement linguistique. Écoute et restitution du sens de discours simples au début puis de plus en plus compliqués. Il suffit d’un cerveau et des oreilles pour interpréter. La langue maternelle est donc capitale pour faire passer le sens du message et non des mots bien que l’interprète ait besoin des mots pour le dire.

L’importance de la langue maternelle

Contrairement à l’interprète qui doit à la fois maîtriser à la perfection les langues cible et source (que ce soit sa langue maternelle ou non) mais aussi être capable de traduire instantanément dans les deux sens, le traducteur travaille généralement dans une seule langue, c’est-à-dire depuis une langue étrangère vers sa propre langue maternelle. L’importance de la langue maternelle réside dans le style rédactionnel, il doit être compréhensible, clair et fluide. Le texte traduit ne doit pas sentir la traduction.

Les voyages d’affaires

En effet, l’interprète peut être amené à offrir ses services lors de réunions, conférences, témoignages dans un tribunal ou même au cours d’entrevues entre chefs d’État et ce, dans d’autres pays. Il doit donc garantir sa disponibilité envers ses clients. Ainsi, cela lui offre l’opportunité de voyager, de visiter d’autres pays, de découvrir d’autres cultures et de goûter à la cuisine locale par la même occasion. Le traducteur, quant à lui, pratique son métier à domicile, il se peut que pour un projet de traduction par exemple, il soit amené se rendre sur place pour voir un produit ou le fonctionnement d’une machine dans le but de s’imprégner de l’atmosphère ou de la terminologie mais cela reste rare. Le métier de traducteur est davantage un métier sédentaire et casanier.

En conclusion, les métiers d’interprète et de traducteur sont très proches mais restent bien distincts. Malgré un service similaire que ce soit à l’écrit ou à l’oral, la performance reste très différente. De ce fait, voici les qualités à acquérir pour être traducteur et/ou interprète.

Qualités d’un traducteur

  • Curiosité
  • Organisation
  • Rigueur
  • Humilité
  • Maitrise des langues de travail ainsi que des outils informatiques (CAT Tools)
  • Souci du client

Qualités d’un Interprète

  • Ponctualité
  • Excellente mémoire
  • Bonne concentration
  • Bonne intuition
  • Connaissance approfondie des langues et de leur culture
  • Outils à sa disposition (ordinateur, bloc-notes…)

Sources :

Petrica.BARAGAN. « Trois Ou Quatre Choses Que Vous Ne Saviez Peut Être Pas Sur l’interprétation ». Text. Speech Repository – European Commission, 21 août 2014. https://webgate.ec.europa.eu/sr/speech/trois-ou-quatre-choses-que-vous-ne-saviez-peut-%C3%AAtre-pas-sur-linterpr%C3%A9tation

Driesen, Christiane J. « L’interprétation juridique : surmonter une apparente complexité ». Revue francaise de linguistique appliquee Vol. XXI, no 1 (1 juin 2016): 91‑110.

Gile, Daniel. La traduction. La comprendre, l’apprendre. Presses Universitaires de France, 2005. https://doi.org/10.3917/puf.gile.2005.01.

GUILLEMIN-FLESCHER, Jacqueline. « TRADUCTION ». Encyclopædia Universalis. Consulté le 16 février 2021. http://www.universalis-edu.com.ressources-electroniques.univ-lille.fr/encyclopedie/traduction/.

Lionbridge. « 5 différences clés entre interprétation et traduction ». Consulté le 13 février 2021. https://www.lionbridge.com/fr/blog/translation-localization/5-major-differences-interpretation-translation/

Oustinoff, Michaël. « Traduction et interprétation ». Que sais-je? 5e éd. (29 mai 2015): 87‑104.

Ticca, Anna Claudia, et Véronique Traverso. « Interprétation, traduction orale et formes de médiation dans les situations sociales Introduction ». Langage et societe N° 153, no 3 (7 août 2015): 7‑30.

« Traducteur – interprète : connaissez-vous la différence ? » Consulté le 13 février 2021. https://www.global-translations.ch/fr/interpretation/difference-interprete-traducteur.

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