Réussir son installation en tant que traducteur indépendant

Par Antoine Deruy, étudiant M2 TSM

Après l’obtention de leur diplôme, il faut en moyenne trois à quatre mois aux jeunes traducteurs rejoignant le marché pour terminer leur installation en tant qu’indépendant. Ces chiffres varient énormément, certains s’installant en moins d’un mois, et d’autres obtenant leur premier client après plusieurs mois de préparation.

Ce billet de blog est destiné principalement aux étudiants en traduction, mais également aux personnes en reconversion professionnelle souhaitant créer leur entreprise de traduction. Du haut de ma 5e année d’études post-baccalauréat, et trépignant d’impatience à l’idée de démarrer enfin mon activité professionnelle, c’est tout naturellement que j’ai mené quelques recherches afin de savoir comment réussir du mieux que possible son installation en tant qu’indépendant, pour pouvoir travailler le plus rapidement possible après l’obtention de mon diplôme.

Je vous propose donc aujourd’hui de vous faire part de mes découvertes.

Se renseigner sur la création d’entreprise

En premier lieu, il est important de prendre le temps de vous renseigner sur les différents types de statuts disponibles pour les traducteurs. Choisissez celui qui vous conviendra le plus. Par la suite, n’hésitez pas à vous intéresser à toutes les procédures à remplir pour pouvoir obtenir ledit statut. En général, la plupart des traducteurs indépendants optent pour une microentreprise.

Il s’agit d’une entreprise individuelle bénéficiant d’une régime micro-social simplifié. Pour ne citer que certaines de ses caractéristiques, elle permet de réaliser jusqu’à un maximum de 72 600 € de chiffre d’affaires hors taxes par an. Dans le cas de l’activité de traduction, les bénéfices issus de la prestation de services seront d’ailleurs considérés comme des bénéfices non commerciaux (BNC), et devront donner lieu à des charges sociales à hauteur de 22% du chiffre d’affaires.

L’avantage de ces charges sociales est qu’elles ne s’appliquent qu’en cas de chiffre d’affaires non nul. Pour faire simple, si vous ne faites pas de recettes, vous n’aurez pas à payer de charges sociales.

Il reste ensuite à choisir si vous souhaitez opter pour une imposition « classique », calculé par tranches, ou si vous préférez opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu à hauteur de 2,2% du chiffre d’affaires. Ce versement libératoire est plus intéressant à mesure que le chiffre d’affaires augmente, alors qu’il est plus intéressant d’opter pour le régime d’imposition par tranches dans le cas d’un faible chiffre d’affaires.

Cela dit, bien qu’il soit important de s’intéresser à la création de son entreprise dès maintenant, il vaut mieux éviter de la créer sans utilité directe : en effet, il existe un dispositif appelé aide à la création et à la reprise d’entreprise (ACRE) permettant d’être exonéré de ses cotisations sociales pendant les 12 premiers mois suivant la création de son entreprise, en fonction de ses revenus. Autant dire qu’il vaut mieux attendre d’avoir son premier client, ou au moins de se lancer sur le marché pour créer son entreprise, pour en bénéficier de manière optimale.

Il existe encore de nombreuses subtilités, avantages et inconvénients propres à la microentreprise que je ne listerai pas ici, ce n’est pas le but de cet article. De très bons billets existent déjà à ce sujet (comme celui de tradupreneurs). Je vous invite donc vivement à vous renseigner plus en détails sur ce sujet.

Mettre au point une stratégie

Il est important de commencer dès maintenant à mettre au point une stratégie. De nombreux traducteurs commencent par se lancer en tant qu’indépendant, et se posent toutes les questions ensuite.

Définir au préalable quelle approche marketing utiliser pour se faire connaître et ainsi obtenir des clients directs et/ou entrer dans les bases de données des agences de traduction est essentiel. Ainsi, il est primordial de se demander pour quel genre de clients nous souhaitons travailler, et de commencer à répertorier des noms d’entreprises à contacter dès le lancement de l’activité indépendante. De la même manière, il peut être judicieux de préparer une liste des agences avec qui l’on souhaite travailler, afin de pouvoir les démarcher directement après l’installation. Pour ce faire, on peut déjà préparer des CV dans nos principales langues de travail, pour parer à toute éventualité. Cette préparation en amont permet de maximiser sa rentabilité et de minimiser le temps de période creuse suivant généralement le lancement d’une activité indépendant.

Faire le point sur soi-même

Je vous propose ensuite une petite activité d’introspection. Afin d’aborder sereinement le lancement de votre activité, vous devez avoir une très bonne connaissance de vos points forts et de vos faiblesses. Cet exercice vous permettra non seulement de mieux vous connaître, mais également de définir ce que vous souhaitez faire avec votre entreprise. Avez-vous des compétences particulières en PAO (publication assistée par ordinateur) ? Dans ce cas, vous pouvez envisager de proposer à vos clients des services de mise en page. Avez-vous une formation particulière en sous-titrage ou en transcription ? N’hésitez pas à vous en servir. Un bon traducteur doit briller par son adaptabilité et sa polyvalence. N’ayez pas peur de faire feu de tout bois. Établissez une liste de vos connaissances et compétences et analysez celles dont vous pouvez vous servir pour votre activité professionnelle.

Réfléchir à une éventuelle spécialisation

Commencez également au plus vite à réfléchir à une ou plusieurs spécialisations éventuelles, et commencez pourquoi pas à vous former en amont ! C’est bien connu, on recommande à tous les traducteurs de se spécialiser, pour éviter de rester trop généraliste et ainsi n’avoir aucun profil de client cible à privilégier. En vous spécialisant, vous pourrez viser un marché plus précis, et vous démarquer des autres traducteurs en étant l’un des meilleurs sur un domaine de niche. Une fois de plus, n’hésitez pas à faire feu de tout bois ! On ne choisit pas une spécialisation par hasard. Si vous avez des connaissances spécifiques sur un domaine particulier, n’hésitez pas à en tirer parti ! De même, n’hésitez pas à vous spécialiser dans un domaine qui vous intéresse : Vous avez toujours aimé l’informatique, et connaissez les composants de votre ordinateur sur le bout des doigts ? Devenez traducteur spécialisé en informatique ! Il n’y a aucun mal à joindre l’utile à l’agréable, alors autant traduire des textes qui nous intéressent ! Enfin, vous pouvez également tirer parti des connaissances de votre entourage pour votre choix de spécialisation : si vos deux parents sont avocats, vous pourrez plus facilement vous spécialiser dans la traduction juridique.

Même s’il n’est pas essentiel de choisir une spécialisation lors de la création de son entreprise, en avoir déjà au moins une petite idée est un plus, puisque cela vous permettra de voir clairement où vous souhaitez vous diriger.

L’importance d’avoir un site web pour son activité de traduction professionnelle

À des fins de prospection, créer son site web pour son activité de traduction pendant sa dernière année d’études est selon moi une très bonne idée. Cela permet non seulement d’économiser un temps précieux au moment de l’installation, ou plus tard pendant sa carrière, mais également de gagner en visibilité. A la manière du vin, il faut longtemps aux sites internet pour gagner en maturité et donc en « réputation ». Un site web tout juste lancé ne sera pas bien référencé, il faut l’entretenir petit à petit et jouer de SEO (Search Engine Optimization, un processus visant à améliorer le référencement d’un site via des étapes techniques) pour avoir une chance d’apparaître en haut du classement des moteurs de recherche. Autrement dit, au plus tôt un site web est lancé, au plus tôt on peut en espérer en tirer parti. C’est pourquoi je vous recommande d’en créer un le plus rapidement possible.

De nos jours, créer un site web est vraiment bien plus simple qu’avant ! Nombreux sont ceux qui pensent qu’il faut maitriser sur le bout des doigts plusieurs langages complexes de programmation pour être en mesure de créer son site web. Si ce mythe était réalité il y a une dizaine d’années, il n’est plus du tout d’actualité aujourd’hui. Avec l’essor des CMS (Content Management System, ou système de gestion de contenu en français), plus besoin d’être un expert en informatique ! Ces plateformes telles que WordPress, dont je suis prêt à parier que vous avez déjà entendu parler avant aujourd’hui simplifient énormément la création d’un site web. Pour faire simple, elles vous permettent grâce à un affichage WYSIWYG (what you see is what you get) de « coder » votre site web à partir de thèmes et d’éléments assez visuels. Autrement dit, vous pouvez directement modifier votre site web visuellement, sans passer par des lignes de code barbantes.

Aujourd’hui, 42% des sites internet (comme ce blog par exemple) fonctionnent grâce à WordPress, et ce n’est pas pour rien !

De plus, ce CMS étant particulièrement populaire auprès de ses utilisateurs du fait de sa facilité à prendre en main, de nombreux tutos et autres cours sont disponibles sur le web, permettant à tous de se former intégralement.

Enfin, il faut savoir qu’un site web doit être hébergé sur un serveur pour pouvoir être maintenu en ligne. De nombreux hébergeurs sont prêts à héberger votre site en échange d’une contrepartie financière (sous la forme d’un abonnement mensuel). Cependant, si vous souhaitez commencer à vous former et à construire votre propre site web, je vous recommande le logiciel Local. Cet outil vous permet d’héberger vos propres sites en local (sur votre ordinateur), afin de pouvoir tester certaines fonctionnalités, de vous faire à l’architecture WordPress et de construire votre site à votre propre rythme. Une fois votre site prêt à être lancé, vous n’avez qu’à effectuer une copie de votre site grâce à un plugin, et à déposer cette copie chez l’hébergeur de votre choix.

Disposer d’un site web en tant que traducteur indépendant offre plusieurs avantages :

  • Il peut permettre d’obtenir de nouveaux clients
  • Au-delà du point de vue commercial, un site web vitrine peut faire office de carte de visite ou de CV en ligne. Cela peut vous permettre de gagner beaucoup de points et de paraître plus professionnel auprès d’agences par exemple.
  • Une fois créé et selon la stratégie choisie, un site web demande un investissement plus ou moins passif.

Justement, venons-en à cette notion de stratégie. Vous pouvez en effet créer votre site web à différentes fins, qui vous demanderont un investissement plus ou moins conséquent. Si vous souhaitez créer un site vitrine uniquement, et que le référencement ne vous intéresse pas, alors vous n’aurez plus grand-chose à faire une fois le site lancé. Cependant, si vous voulez vous faire repérer via votre site, obtenir un bon référencement est essentiel. Pour ce faire, vous aurez besoin d’opter pour une stratégie SEO : vous pouvez par exemple publier du nouveau contenu régulièrement, ou mettre à jour votre site en permanence afin qu’il soit le plus optimisé possible (Google adore les sites qui chargent rapidement). Cependant, le monde du référencement est un monde sans pitié, et se faire sa place est maintenant devenu très compliqué, même en étant le meilleur référenceur du monde ! Vous voilà maintenant prévenus. Si vous souhaitez tout de même vous lancer dans cette guerre sans pitié, sachez que de nombreuses ressources pour se former gratuitement sont trouvables sur internet.

Enquête menée auprès de traducteurs indépendants

Afin de pouvoir mesurer plus précisément l’impact que pouvait avoir un site web pour les indépendants, j’ai décidé en août 2021 de mener une petite enquête. J’ai donc posé certaines questions à un échantillon d’indépendants (que je remercie encore une fois de s’être prêtés au jeu) sur LinkedIn. J’ai pu recueillir un total de 35 témoignages, que je vous partage aujourd’hui.

Depuis combien de temps travaillez-vous en tant qu’indépendant ? (35 réponses)

J’ai commencé par sonder les répondants, pour connaître leur expérience et leur ancienneté en tant que traducteurs indépendants. J’ai eu la chance d’avoir un échantillon plutôt homogène, même si l’on remarque qu’environ 50% des répondants sont des « jeunes » traducteurs (travaillant depuis moins de 5 ans).

Avez-vous un site web pour votre activité de traduction ? (35 réponses)

Le constat ici est frappant. Malgré la mixité des répondants, plus de 70% d’entre eux possèdent un site web dédié à leur activité de traduction.

J’ai ensuite décidé de questionner ceux qui avaient fait le choix de ne pas avoir de sites web.

Si non, pour quelle(s) raison(s) ? (10 réponses)

Ces données prouvent une fois de plus que certaines personnes sont encore convaincues que créer un site web est plus compliqué que de gravir le mont Everest. Même si certains des répondants n’ont tout simplement pas de temps à consacrer à un site web, beaucoup d’autres évoquent un manque de connaissance les freinant dans ce processus. Ces données montrent bien que même si des CMS comme WordPress ou d’autres sont venus révolutionner le marché, ils ne sont peut-être pas encore assez connus du grand public. Mais revenons maintenant aux indépendants ayant fait le choix d’avoir un site web, et intéressons-nous au moment qu’ils ont choisi pour le mettre en place.

Si oui, au bout de combien de temps l’avez-vous créé après votre installation en tant qu’indépendant ? (25 réponses)

Une fois de plus, le constat est plutôt frappant : 64% des répondants ont créé leur site web soit avant même leur installation (par anticipation), soit dans les 6 premiers mois de leur activité. On voit donc qu’il s’agit d’une priorité absolue pour la plupart des indépendants.

Si oui, l’alimentez-vous régulièrement (mises à jour du contenu, blog, SEO) ? (25 réponses)

J’ai ici choisi de les questionner quant à la stratégie qu’ils avaient adoptée pour leur site web. C’était à prévoir, la plupart des indépendants se servent de leur site web uniquement comme une vitrine, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas spécialement d’intérêt à mettre en place des stratégies SEO supplémentaires, ou de temps à investir. Il semblerait donc qu’un site vitrine soit l’option préférée des indépendants.

Si vous avez un site web, considérez-vous qu’il vous permette d’obtenir de nouveaux clients ? (26 réponses)

Voici enfin la question que vous attendez-tous ! Cet « investissement » peut-il être rentable ? Je vous laisse regarder les chiffres par vous-même :

On peut constater qu’une assez grosse partie des traducteurs ne considère pas que leur site web leur permette d’obtenir de nouveaux clients. Ces chiffres, bien que décevants, peuvent en partie être expliqués par la question précédente. En effet, il est assez simple de déduire que les traducteurs ne trouvant pas que leur site leur rapporte des clients sont les mêmes que ceux qui ne font pas grand-chose pour rendre leur site « compétitif ». Ainsi, les 30% des traducteurs parvenant à obtenir des clients grâce à leur site sont certainement ceux qui y consacrent le plus de temps, à travers une stratégie plus compétitive. Intéressons-nous désormais à la proportion de « clients » que les traducteurs estiment obtenir grâce à leur site web

Si oui, quel pourcentage de votre clientèle ? (10 réponses)

Une fois n’est pas coutume, les réponses sont loin d’être unanimes. Cependant, on peut rapidement constater que 60% des traducteurs considérant que leur site web leur rapporte des clients pensent que ceux-ci ne représentent pas plus de 25% de leur clientèle, ce qui est plutôt peu.

Nous l’avons bien compris, il ne faut pas se créer un site web en espérant obtenir en un claquement de doigts une clientèle régulière et complète. Même si l’on peut espérer en tirer certains clients, il est un peu dangereux de tout miser dessus, surtout sans stratégie SEO solide. Il faut plutôt voir son site web comme un plus, un outil qui une fois mis en ligne peut nous rapporter quelques clients « bonus » de manière irrégulière. Afin de ne pas tomber de haut, il peut être intéressant de créer son site web avec pour objectif d’en faire une carte de visite professionnelle, plutôt que d’en espérer quoi que ce soit (en tous cas à court terme).

Tirer le plein parti de ses enseignements et des stages

Enfin, en tant que futur professionnel de la traduction, je pense qu’il vous faut tirer le plein parti de vos enseignements et de vos stages, quels qu’ils soient : même si une expérience ou un stage peut s’avérer rébarbative, il y aura toujours quelque chose à apprendre, même si ce n’est pas ce qu’on aurait préféré découvrir. Il faut profiter de toutes ces expériences pour accumuler un maximum de connaissances, car on ne sait jamais à l’avance ce que l’avenir nous réserve, et un thème que l’on ne trouvait pas intéressant peut en fait devenir notre spécialisation cinq ans plus tard.

Bibliographie

« Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre) ». https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F11677.

Gagné, Gaëlle. « Créer un site web pour votre entreprise de traduction ». Tradupreneurs (blog), 17 décembre 2019. https://www.tradupreneurs.fr/creer-un-site-web-pour-votre-entreprise-de-traduction/.

Gagné, Gaëlle. « Devenir traducteur indépendant en microentreprise ». Tradupreneurs (blog), 18 août 2020. https://www.tradupreneurs.fr/devenir-traducteur-independant-en-microentreprise/.

« Imposition du micro-entrepreneur (régime micro-fiscal et social) ». https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23267.

Wisniewski, Anaïs. « Jeunes traducteurs indépendants : entre attentes et réalité » MasterTSM@Lille (blog), 31 janvier 2021. https://mastertsmlille.wordpress.com/2021/01/31/jeunes-traducteurs-independants-entre-attentes-et-realite/.

Deneufbourg, Guillaume | Translatologic. « La Traduction Spécialisée En Sept Questions », 13 juillet 2021. https://translatologic.com/2021/07/13/la-traduction-specialisee-en-sept-questions/.

« L’essentiel du statut – Autoentrepreneur.urssaf.fr ». https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr/portail/accueil/sinformer-sur-le-statut/lessentiel-du-statut.html.

Rioux, Chantal. « Créer un site WordPress de développement en local ». La Plume WordPress (blog), 21 septembre 2018. https://laplumewordpress.com/creer-un-site-wordpress-de-developpement-en-local/.

« Statut Auto-Entrepreneur 2021 – Tout savoir en 1 seul clic ». https://www.portail-autoentrepreneur.fr/statut-auto-entrepreneur.

2 réflexions sur “Réussir son installation en tant que traducteur indépendant

  1. Très intéressant ! J’aurais aimé lire une article exhaustif comme celui-ci quand je me suis installée.
    J’ajouterais un point clé : se faire accompagner par un traducteur expérimenté ! Par exemple avec le programme de mentorat de la SFT, qui vous apportera, outre des conseils, un réseau incroyable. Réseau auquel je dois 50 % de mes clients réguliers, contre 0 % pour mon site Web 😉

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