TSM Skills Lab 2019 – Teamwork Makes The Dreamwork

Par Morgane Tonarelli, étudiante M2 TSM

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On part au ski la semaine du 11 février, tu viens ?
Non, désolé, j’peux pas j’ai Skills Lab.

 

Ah le Skills Lab… LA Fashion Week de la traduction pour les étudiants du Master TSM de l’Université de Lille ; un exercice grandeur nature qui marque l’apogée de la formation universitaire des M2 et prépare les M1 à leur premier stage.

Le Skills Lab : kézako ?

« Skills Lab », un nom anglais plutôt sympa pour décrire un dispositif existant dans un certain nombre de formations en traduction et lancé en 2018 au sein du Master TSM, qui a alors rejoint l’International Network of Simulated Translation Bureaus (INSTB), réseau dont les universités membres s’engagent à intégrer à leurs programmes un module de placement des étudiants en simulation d’agence soumis à une validation de crédits ECTS.

À l’Université de Lille, une semaine à la fin du deuxième semestre est spécialement organisée pour permettre aux étudiants d’être aux manettes de leur propre agence de traduction virtuelle, et ce dans la plus grande autonomie. Une expérience unique et enrichissante pour des étudiants qui n’ont jamais mis les pieds dans une agence et pour d’autres qui s’apprêtent à tourner la page universitaire et entrer sur le marché du travail.

Je ne vais pas m’épancher sur cette définition du Skills Lab puisque Alessandro Circo, mon camarade de promo et chargé de communication de la première édition, avait publié l’année dernière un billet très complet sur le sujet à retrouver juste ici.

Trêve de bla-bla, suivez plutôt le guide, je vous emmène à la découverte de l’édition 2019 du TSM Skills Lab !

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Les nouveautés de cette deuxième édition

Une nouvelle ouverture de poste pour les étudiants de M1

Comme l’avait expliqué Alessandro dans son billet, tout Skills Lab qui se respecte commence par une étape de réponse aux offres d’emploi. Comme dans une vraie agence, les étudiants du Master TSM sont invités, deux mois avant le début du Skills Lab, à candidater à différents rôles en fonction de leur profil.

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L’année dernière, le manque de ressources en préparation dû à l’impossibilité des M1 à postuler aux postes de préparateurs avait eu quelques conséquences négatives sur le reste du process. C’est pour cette raison que pour cette édition 2019 du Skills Lab, les étudiants de première année ont pu candidater à ces nouveaux postes. Grâce à cette plus grande équipe de préparateurs, les traducteurs ont eu accès à des glossaires et corpus de taille plus importante que l’année dernière même si pour certains, leur contenu restait assez « lacunaire ».

Le but d’une expérience comme le Skills Lab est bien évidemment d’apprendre de ses erreurs et de s’améliorer d’année en année. Il faut donc prendre en compte ces remarques et les utiliser pour perfectionner cette étape du processus de traduction.

Des projets plus variés et plus complexes

Les projets traités lors de la première édition étaient principalement des projets de traduction sans tâches techniques complexes et dans une seule combinaison de langues (EN>FR) ; c’est donc sans surprise que les enseignants chargés de l’organisation du Skills Lab ont décidé cette année de mettre la barre un peu plus haut.

Nous avons donc eu le droit à des projets multilingues dans les cinq langues enseignées en Master TSM (anglais, espagnol, italien, allemand et suédois) et avec des étapes techniques complexes telles que la proposition de mise en page, la localisation d’illustrations ou encore des recherches d’équivalents dans le domaine du droit ; des difficultés auxquelles les équipes ont dû et ont su s’adapter.

L’accompagnement des « juniors » au cœur de la stratégie managériale

Une bonne gestion de projet c’est avant tout une bonne gestion des ressources et ça, les gestionnaires de projet de cette deuxième édition du Skills Lab, riches de leur premier stage, l’ont bien compris et ont décidé d’en faire le cœur de leur stratégie managériale.

Dès le mois de septembre et jusqu’au Skills Lab, les étudiants de M2 se sont appliqués à cultiver un réel esprit d’équipe avec les M1, à leur donner l’impression de faire partie d’un groupe dans lequel la distinction M1/M2 n’existe pas. Quelques semaines avant l’ouverture de l’agence, les gestionnaires de projets ont mis en ligne un document dans lequel les M1 pouvaient renseigner leurs langues de travail, mais aussi leurs préférences en matière de domaines de traduction. Ainsi, les PM pourraient faire en sorte d’attribuer les projets aux traducteurs en fonction de leurs préférences, dans la mesure du possible bien évidemment.

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En plus de la prise en compte des centres d’intérêt de chacun, l’équipe de gestion a mis un point d’honneur à accompagner et à rassurer les étudiants parfois inquiets à l’idée de ne pas faire les choses correctement ou de ne pas livrer dans les temps. Les fiches d’auto-évaluation demandées après la semaine de Skills Lab devraient nous dire si oui ou non cette stratégie s’est révélée concluante.

A hell of a week

Dimanche 10 février – Tu t’occupes du motto, je m’occupe du gâteau.

Une agence de traduction c’est d’abord une entreprise à part entière qui se doit d’avoir une identité de marque bien à elle. Aucun souci de ce côté-là, la promotion 2019 du Master TSM ne manque pas de créatifs. La veille de l’ouverture de l’agence, les messages fusaient sur le group chat Facebook Team PM Skills Lab. La mission du jour : trouver un bon slogan qui motiverait les troupes en cas de petite baisse de tension. Du gâteau pour Camille Bacha, gestionnaire de projet et meme addict, qui en deux trois clics nous a sorti une référence de la série américaine The Office : TEAMWORK MAKES THE DREAMWORK. Une évidence, un coup de génie, le Skills Lab 2019 était né. S’en est évidemment suivi un long débat sur l’utilité ou non d’une office plant, du calendrier des Dieux du Stade de Margaux Bochent (PM et Happiness Manager) ou encore du poster de Ryan Gosling de Camille. Personne ne semblait se mettre d’accord alors j’ai décidé de sortir la phrase magique : « Demain, j’apporte un gâteau ». Cela faisait à peine une demi-heure que l’on se comportait « comme des PM » que je savais déjà que cette équipe irait loin (et que le seul atout masculin du groupe aurait du pain sur la planche).

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Lundi 11 février — Motivés comme jamais

8 h 30 — les gestionnaires prennent tranquillement leurs marques dans leur nouveau bureau. On se sent déjà un peu comme à la maison, il y a du café, des bonbons et mon gâteau (un peu trop cuit). Le gestionnaire de projet en chef, Nicolas Baille, annonce le premier d’une longue (très longue) liste de « briefs ». L’équipe commence déjà à réfléchir au rôle de chacun et au process à mettre en place, car oui, l’énorme point fort du Skills Lab c’est que les étudiants sont en parfaite autonomie et restent libres de gérer leur agence comme bon leur semble. Seule déception jusqu’ici, j’ai oublié l’office plant et pas la moindre trace des Dieux du stade ni de Ryan Gosling…

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9 h — après une demi-heure à torturer la touche F5 de son clavier multicolore, Nicolas reçoit enfin le tout premier mail de notre client ; le Skills Lab 2019 ouvre officiellement ses portes !

Ni une ni deux, nous lançons le deuxième brief de la journée. Il est maintenant question d’assigner à chaque PM un ou plusieurs projets en fonction de leur taille et des étapes qu’ils impliquent, car cette année contrairement à l’année dernière le client a des besoins en localisation d’illustrations. Pour ce qui est de la gestion des fichiers et de l’organisation de l’arborescence, nous profitons des talents informatiques de Nicolas, en un tour de main il met en place un cloud qui permettra à toutes les équipes d’accéder facilement à tous les fichiers et de les livrer en un clin d’œil. Well done boss!

Nous décidons ensuite de nous attarder sur l’analyse minutieuse de chacun des fichiers sources envoyés par le client afin de lister les étapes nécessaires à la réalisation des projets et faire une première ébauche du devis. Étant donné que nous partons de zéro, nous sommes libres de fixer les tarifs qui nous semblent être les plus corrects pour permettre à notre client de rentrer dans ses frais, mais aussi à nous agence, de marger. Nous décidons donc de nous en remettre à la Bible des étudiants en traduction : Comment gérer vos projets de traduction, un must-have écrit par notre Project Management Expert et professeure Nancy Matis. L’incertitude règne, le devis est-il trop élevé ou au contraire trop bas ? Allons-nous réussir à rouler en berline allemande ou allons-nous finir par nous nourrir exclusivement de nouilles ? Pour nous rassurer, nous mettons à profit ce qui nous a été enseigné au cours de notre formation SFT : un bon devis, c’est un devis qui pousse à la négociation. Finalement, nous avons réussi à nous mettre d’accord et à proposer un prix à notre client.

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Après avoir réglé l’administratif et le financier, il faut maintenant faire le planning et assigner les tâches, une mission facilitée par un sourcing fait en amont de l’ouverture de l’agence. Nous avons une idée des préférences de chacun, ne reste plus qu’à attribuer un projet à chaque préparateur de ressources, traducteur et réviseur.

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En fin de matinée, les bases étaient posées et le cap défini, ne restait plus qu’à faire entrer dans l’arène notre première équipe, les préparateurs, qui nous ont rejoints dans l’après-midi. Création de glossaires, extractions terminologiques, recherches en tout genre, et compilations de corpus, ils n’ont pas chômé pour préparer au mieux la phase de traduction et faciliter un maximum la tâche des traducteurs.

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C’est finalement aux alentours de 18 h 30 que nous avons décidé de fermer les portes de notre agence après une journée riche en émotions, en travail et en grignotage.

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Mardi 12 février – À vos marques. Prêts. Traduisez !

La machine est déjà bien lancée ; les préparateurs ont fourni un travail conséquent et les PM se tiennent désormais prêts à accueillir l’équipe des traducteurs composée exclusivement d’étudiants de première année. Les débuts de la phase de traduction sont un peu compliqués surement à cause du stress qui envahit certains traducteurs soucieux de ne pas être à la hauteur et de vouloir trop bien faire, mais heureusement les gestionnaires sont là pour les rassurer et les accompagner au mieux. Après tout, nous étions à leur place l’année dernière…

Traducteurs_salle

En début d’après-midi, certains ont déjà terminé leur traduction tandis que sur le visage des autres on voit la panique s’installer. « J’ai peur de ne pas livrer à temps. », « Studio a planté, j’ai peur d’avoir tout perdu. », peut-on entendre dans les rangs. Il est temps de faire intervenir des réviseurs étudiants de M2 pour superviser les traducteurs les plus déboussolés et leur redonner confiance en eux. Mission accomplie, à la fin de la journée, une majorité des premiers jets sont livrés et pour ceux qui n’ont pas encore tout à fait terminé, il reste du temps demain matin pour apporter les touches finales.

Mercredi 13 février — Traducteurs vs Réviseurs : il y a de l’eau dans le gaz

Les traducteurs ont pu profiter de la matinée pour relire et perfectionner leurs chefs-d’œuvre, il est temps pour eux de profiter d’un déjeuner en ville et de laisser la place aux réviseurs, étudiants de M2, prêts à appliquer ce qu’ils ont appris au cours de leur module de révision. Pour certains, tout roule comme sur des roulettes, la terminologie et le guide de style ont été respectés, Antidote ne relève pas de fautes à en faire saigner les yeux et la plume est plutôt bonne. En revanche, pour d’autres, aïe aïe aïe caramba, les traductions manquent un peu (pour ne pas dire beaucoup) de relecture et de sérieux… La traduction machine c’est comme les antibiotiques… ce n’est pas automatique. Surement une erreur de débutant me direz-vous ; je vous l’accorde.

Réviseurs

Les PM décident donc de remettre les pendules à l’heure et de rappeler calmement, mais fermement les enjeux du Skills Lab : de vrais projets pour de vrais clients donc on se remet en selle et l’on donne tout ce que l’on a !

La journée se termine finalement sur la livraison des traductions révisées dont la validation finale reviendra aux traducteurs et sur une séance Photoshop pour la préparation par les PM des illustrations qui seront localisées par la suite. Jusque-là, tout s’est plutôt bien déroulé, est-ce que cela va durer ou est-ce que la journée suivante va nous réserver quelques surprises ? Nous rentrons chez nous avec le sentiment du travail bien fait et le ventre plein des crêpes préparées avec amour par notre chef pâtissière TSM préférée.

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Jeudi 14 février – De l’amour des mots à la haine de l’informatique

Ah la Saint-Valentin… fête des amoureux du cœur, mais aussi de ceux des mots. Les sourires sont sur tous les visages et il flotte un parfum de rose et de chocolat dans les couloirs de l’UFR LEA ; la journée s’annonce donc sous les meilleurs auspices. Mais en amour, rien n’est jamais joué et ce qui devait arriver arriva : une histoire de fusionnement de fichiers qui tourne mal et le rythme paisible maintenu jusqu’ici s’interrompt. La panique gagne légèrement l’équipe des PM, puis c’est au tour de la colère, et enfin de l’apaisement. Telles de vraies Mary Poppins, ils finissent par trouver rapidement une solution certes loin d’être parfaite, mais qui permettra d’éviter la catastrophe.

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Tout rentre finalement dans l’ordre et en milieu d’après-midi, miracle, toutes les modifications ont été insérées par les traducteurs et les traductions ont été livrées. Commence alors l’étape d’assurance qualité (QA) afin de s’assurer une dernière fois que les traductions répondent aux exigences de qualité du client. La fatigue commence à gagner les PM qui enchainent de longues journées depuis le début et qui commencent à accuser le coup surtout que les QA leur réservent quelques surprises d’ordre typographique ou orthographique de quoi donner des sueurs froides à Nicolas, dit l’œil de lynx, dont le pauvre clavier boule à facettes commence à perdre de son éclat.

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La journée se termine au son de Mac Demarco et avec un problème de mise à jour de mémoire de traduction…

Vendredi 15 février — Clap de fin

L’édition 2019 ouvre ses portes pour sa dernière journée. La dernière ligne droite tant attendue est déjà arrivée et la fatigue avec elle. La journée d’hier fut intense et la nuit aussi (rédaction de billet de blog quand tu me tiens…) ; des cernes de la taille du Pacifique ajoutent une jolie touche de couleur bleutée au regard de nos gestionnaires de projet. Mais pas le temps de niaiser, il y a toute une série de QA et une livraison finale dans l’après-midi qui nous attendent. Steffie, en bonne gestionnaire, a prévu son litre d’arabica tandis que le reste de l’équipe se rue vers le foyer étudiant pour un shot de caféine indispensable pour commencer cette journée bien chargée.

PM-Warriors

En ce début de journée, tout va pour le mieux jusqu’au moment où, Camille, en charge du QA suédois se rende compte que, non, passer ses weekends chez IKEA ne lui sera d’aucune utilité… (so cliché). Heureusement, l’entraide règne entre les PM, et des réviseurs venus en soutien finissent par lui donner un coup de main.

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15 h 30, il est temps de livrer les projets au client. Un petit sentiment de stress mêlé à de l’excitation s’empare des gestionnaires de projets. Dernières modifications, dernière lecture et relecture encore et encore ; tout le monde à l’impression de ne pas en avoir fait assez et de pouvoir faire beaucoup mieux. Tels des lions en cage, l’équipe fait les cent pas avant d’enfin se décider à envoyer l’email qui mettra un point final à cette expérience. L’email est envoyé et le tube de Queen, We Are The Champions, résonne dans le bureau, ne manquait plus que les confettis…

Une fois la livraison confirmée par le client, étudiants et enseignants ont eu l’opportunité de se rassembler pour un débriefing « à chaud » afin d’échanger sur l’expérience mémorable qu’ils viennent de vivre. Après quelques applaudissements est enfin venue l’heure de dire au revoir au Skills Lab et de se diriger vers le centre-ville lillois pour des rafraîchissements bien mérités !

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Avant de vous laisser vaquer à vos occupations, je tenais tout d’abord à remercier les enseignants d’avoir mis en place une expérience aussi enrichissante et de nous avoir laissé la liberté de gérer cette agence à notre manière. Je n’oublie pas non plus toutes les équipes : un grand bravo aux étudiants de M1 pour leur implication et leurs efforts et à nos chers camarades de M2 pour leur travail et surtout pour leur disponibilité et la bienveillance dont ils ont fait preuve auprès des juniors. Enfin, je tenais personnellement à remercier mes coéquipiers gestionnaires pour cette semaine mémorable et riche en émotions. Cœur sur vous et bon courage à ceux qui reprendront le flambeau, l’année prochaine, pour la troisième édition du Skills Lab !

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TEAMWORK MADE THE DREAMWORK!

 

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J’ai testé pour vous eTranslation !

Par Céline Gherbi, étudiante M2 TSM

 

Si j’ai choisi d’intégrer le master TSM pour me former aux métiers de la traduction, c’est en grande partie parce qu’il me permet non seulement de me perfectionner dans mes langues de travail que sont le français, l’anglais et l’espagnol, mais également parce qu’il est au fait des nouveaux outils qui affluent sur le marché et offre donc une formation en phase avec son temps. Et bien entendu, aujourd’hui, la révolution ne se situe plus dans la traduction assistée par ordinateur, mais bien dans la traduction automatique et plus précisément, la traduction automatique de type neuronale. Nous avons donc testé pour vous l’outil de la Commission européenne : eTranslation !

 

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Qu’est-ce que c’est ?

eTranslation est la plateforme de traduction automatique neuronale de la commission européenne créée à partir de la mémoire de traduction Euramis qui contient le travail des traducteurs des institutions européennes, c’est-à-dire une base de données d’environ 1 milliard de phrases dans les 24 langues de l’Union. Comprenez donc que si vous devez traduire un catalogue de décorations de Noël en japonais, cet outil ne pourra rien pour vous, en revanche, si vous êtes traducteur juridique et que vous traduisez vers une langue européenne, c’est sans doute l’outil à vous procurer absolument. Pour cela vous devrez vous créer un compte sur le site EU Login et faire une demande officielle par courrier électronique auprès de la commission dans lequel vous devrez indiquer pour quel organisme vous travaillez, votre poste ainsi que votre signature électronique complète. En effet, seuls les fonctionnaires travaillant pour l’Union européenne ou dans un organisme national ont accès à cet outil en ligne. En revanche, si vous êtes simple citoyen, cela risque d’être plus compliqué. Toutefois, cette démarche d’enregistrement permet une plus grande sécurité pour vos fichiers dont la confidentialité est assurée puisqu’ils ne viennent pas nourrir la mémoire de traduction.

Comment ça marche ?

Son interface, accessible dans toutes les langues de l’UE, est simple, ergonomique et sobre. Elle est donc facile d’utilisation : il vous suffit de cocher les options qui vous sont proposées. Avant toute chose, vous pouvez paramétrer vos préférences par défaut, choisir par exemple la langue de l’interface ainsi que la page d’accueil ou encore vos langues de travail habituelles.

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Pour commencer, le logiciel vous propose de traduire soit des documents, soit un texte que vous devrez taper ou copier/coller.

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Voyons d’abord comment l’outil se comporte avec des documents.

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Vous pouvez lui faire traduire jusqu’à 10 documents en même temps, simplement en les sélectionnant puis en les glissant sur la page. Un des gros points forts du logiciel est qu’il prend en charge de nombreux formats : Word, Excel, PowerPoint, PDF, OpenOffice, html, mais également des formats liés aux outils de traduction tels que des .xliff, .sdlxliff, .tmx et bien d’autres encore. La taille des fichiers quant à elle ne doit pas dépasser les 10 Mo.

Vous devez ensuite choisir votre langue source, qui doit être la même pour tous les documents, puis la ou les langues cibles.

Par ailleurs, il vous faut spécifier le domaine, ou plus précisément, le corpus avec lequel la machine travaillera. C’est de cela que dépendra la qualité de la traduction. Pour un texte plutôt général, préférez « cutting edge », qui est le moteur neuronal qui rassemble toutes les données de la commission, en revanche si vous avez un texte économique à traduire du français vers l’anglais, vous pouvez plutôt vous tourner vers un moteur plus spécialisé comme celui du Ministère des Finances. Ces derniers sont au nombre de 9, toutefois, ils ne prennent pas en charge toutes les paires de langues contrairement au cutting edge ou au Legacy MT@ec, qui n’est autre que l’ancien outil de traduction automatique de la commission.

La prochaine option à choisir concerne le format de sortie et là encore une belle surprise nous attend… En effet, vous pouvez récupérer votre document dans un format identique ou similaire en cochant la case « Identique à la source ». Notez que si vous demandez à traduire un PDF vous obtiendrez un .docx que vous pourrez retravailler et convertir en PDF par la suite. Par ailleurs, vous pouvez également récupérer vos données dans un format différent de l’original puisque le site vous propose également de vous les transmettre sous forme de fichiers .xliff ou même de mémoire de traduction compatible avec les outils de TAO, ce qui peut être très utile pour un traducteur professionnel.

Enfin, il ne vous reste plus qu’à indiquer si vous désirez recevoir vos documents par mail ou si vous préférez les télécharger sur la page « Mes demandes de traduction ». Si vous avez demandé plusieurs langues de traductions en même temps, sachez que vous recevrez un mail par langue, la machine n’est pas en mesure de gérer un projet multilingue dans son ensemble. Cela dit, la plateforme propose de télécharger vos documents via un troisième onglet qui rassemble l’historique de vos demandes. Si vous ne voulez pas laisser vos documents sur cet historique, vous pouvez cocher l’option « supprimer après téléchargement » sans quoi ils seront accessibles pendant 24 heures.

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À présent, traduisons un texte.

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Sur cet onglet vous pouvez traduire un texte de 2 500 mots maximum par un copier-coller ou en le tapant.

Comme vous pouvez le constater, on retrouve nos options de langues et de domaines, et il est également possible de recevoir la traduction par courrier électronique, mais dans ce cas le texte se trouve dans le corps du mail et non en pièce jointe. Il n’est pas possible non plus de récupérer le texte autrement qu’en passant par un copier-coller ou en l’imprimant. De plus, rien n’est conservé dans votre historique.

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Pourquoi le logiciel gère-t-il autant de formats ?

Parce qu’il s’adresse à différents types de public. Cet outil fait partie d’un projet plus vaste, qui a pour but de faciliter les échanges entre les différents pays européens afin de promouvoir la croissance, l’emploi et la compétitivité, et pour cela il est nécessaire que les différents acteurs de cette communauté se comprennent. Ainsi les fonctionnaires qui travaillent dans les institutions de l’UE ou dans les organismes nationaux et qui ont besoin d’avoir accès immédiatement à certaines informations dans leur langue, sans nécessité d’une traduction de haute qualité, peuvent avoir recours à ce service de traduction automatique. Mais ce dernier peut également venir en aide aux traducteurs professionnels de l’UE qui ont la charge de traduire les volumes importants des différents organismes. Il n’est pas question ici de remplacer les biotraducteurs, mais de leur faire gagner du temps au travers d’un processus hybride alliant les résultats fournis par la plateforme et ceux des mémoires de traduction. Le biotraducteur pourra ainsi effectuer un travail de post-édition de qualité grâce au corpus compilé à partir de documents officiels traduits. Nous pourrions d’ailleurs imaginer la création d’un corpus parallèle bilingue de référence, dans un domaine particulier, accessible directement dans SDL Studio ou memoQ. Pour cela, il serait simplement nécessaire de se procurer des textes officiels de la commission dans la langue cible et de les faire traduire par eTranslation pour obtenir un corpus dont la langue cible, qui est celle qui nous intéresse, est parfaite, et la langue source de moins bonne qualité car générée par la machine, mais qui nous apporterait tout de même le contexte dont nous avons besoin. Il faudrait toutefois tester plus en avant ce processus pour en connaître la réelle portée.

Et au niveau de la qualité de la traduction et de la mise en page ?

La qualité de la traduction dépend bien évidemment de la qualité du document source ainsi que de la paire de langues choisie. Certaines paires de langues sont plus proches et/ou ont une mémoire de traduction plus fournie, elles seront donc de meilleure qualité que des paires de langues éloignées et sur lesquelles il existe encore peu de documentation traduite. De plus, comme je l’ai déjà mentionné, cet outil contient de la documentation à caractère juridique, institutionnel ou encore économique, n’essayez pas de lui faire traduire Harry Potter, le résultat serait vraiment de piètre qualité. À chacun son domaine de spécialisation, c’est aussi vrai pour les machines. De plus, bien que la traduction neuronale fasse des merveilles au niveau de la fluidité des textes traduits, elle n’est pas à l’abri de contresens ou de faux-sens, il est important de réaliser, au minimum une post-édition par un traducteur connaissant les deux langues de travail et non pas une simple révision du texte traduit.

En ce qui concerne la traduction de l’anglais vers le français nous avons examiné quelques phénomènes linguistiques et, comme attendu, eTranslation, à l’instar d’autres moteurs de traduction automatique, a tendance à traduire de façon littérale might/may, les voix passives, there is/there are. En revanche, elle fait preuve de plus « d’imagination », si je puis dire, en ce qui concerne les adverbes en –ly anglais qu’elle ne traduit pas systématiquement par un adverbe en –ment, mais elle opère parfois une recatégorisation : « only » a été traduit par « ne… que… » dans un de nos segments, par exemple.

Par ailleurs, si on retrouve les apostrophes courbes, certaines spécificités de la langue française ne sont pas prises en compte, comme les guillemets ou les espaces insécables (sauf pour les pourcentages).

Enfin, dans le but d’estimer la qualité de la traduction de la machine et de savoir si en effet elle permet un gain de temps au traducteur, nous avons fait un test de production en post-édition. Suite à cet exercice nous pensons qu’avec un document source de bonne qualité, et un post éditeur/traducteur expérimenté, il serait possible d’atteindre une productivité de 1 500 mots/heure pour une post-édition légère et 750  mots/heure pour une post-édition complète.

La qualité de la mise en page quant à elle, dépend également du format source. Le logiciel ne fera pas de miracle sur un PDF de mauvaise qualité, mais il possède de bonnes bases, il reconnait par exemple les notes de bas de page. Il se maintient donc en bonne position par rapport à certains logiciels de traduction assistée par ordinateur.

En résumé : les plus et les contres !

Les points forts :

  • C’est un logiciel très intuitif, facile d’utilisation.
  • La qualité de la traduction est bonne dans les domaines spécifiques à la commission européenne et la productivité peut être accrue grâce à la MT.
  • La mise en page est également de bonne qualité.
  • Il reconnait énormément de formats.
  • Il prend en charge plusieurs documents et plusieurs langues à la fois.
  • Il est possible de récupérer la traduction dans des formats reconnus par les outils de traduction (.tmx, .xliff).
  • La sécurité est optimale et les données restent confidentielles.

Les points faibles :

  • L’outil est difficile à trouver et il n’est pas accessible au citoyen lambda.
  • Il n’est pas directement accessible dans les outils de TAO sous forme de plug-in, par exemple.
  • La traduction est bonne, mais cela reste une traduction machine dans laquelle se glissent des faux-sens ou des contresens, les espaces insécables ne sont pas insérées sauf pour les pourcentages, les guillemets ne sont pas localisés. De plus, la qualité reste tributaire des corpus qui pour certaines paires de langues sont moins fournis que pour d’autres.
  • La machine ne traite pas les sites web.
  • Le temps d’arrivée des fichiers n’est pas immédiat même s’il reste raisonnable.

Enfin, pour conclure…

Vous l’aurez compris, il n’est pas question de remplacer le biotraducteur par une machine, pas encore tout du moins, mais bien de lui fournir un nouvel outil, efficace, tant au niveau de la qualité que du rendement, pour lui permettre de ne plus rester figé sur sa page blanche et surtout de gagner en productivité. Comme pour l’utilisation de n’importe quel autre outil, il est nécessaire de posséder certaines compétences particulières, un savoir-faire, afin de ne pas tomber dans ses pièges et faire en sorte qu’une fois le travail terminé, c’est avant tout les exigences du client qui soient satisfaites. Nous avons donc réellement apprécié eTranslation et ses résultats et espérons qu’il sera bientôt mis à la disposition d’un plus large public, d’autant que nous ne sommes qu’aux balbutiements de la traduction automatique neuronale et qu’il est fort probable qu’un jour, il soit impossible de s’en passer…

 

Un grand merci à la Direction générale de la traduction de nous avoir donné l’autorisation d’illustrer le billet par des captures d’écran.

La traduction francophone, oui ! Mais quel français ?

Par Jonathan Sobalak, étudiant M2 TSM

 

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Source de l’image : https://www.easyvoyage.com/actualite/quebec-vs-france-quelles-sont-les-differences-entre-les-deux–62809

 

Pour un traducteur, les difficultés au jour le jour sont nombreuses : garder l’équilibre entre le sens et le style, trouver la bonne terminologie, adapter la traduction au public visé ou au client. Mais pour la plupart des langues, y compris le français, il existe une autre difficulté. Trouver un terme technique équivalent en français représente déjà un obstacle, mais concernant les termes courants, il ne faut pas prendre leur traduction à la légère, pour une raison simple : les spécificités régionales. En effet, les termes de la vie courante, même parfois très simples, n’ont pas forcément la même appellation en France, en Belgique, au Québec, en Suisse ou encore dans les DOM-TOM. C’est un souci de plus à rajouter à une liste déjà longue d’éléments problématiques en traduction. Et ces différences ne concernent pas seulement le lexique, mais aussi les termes identiques qui n’ont pas la même définition, ou ne font pas référence au même signifié. Je vous propose de passer en revue les problèmes majeurs qu’impliquent ces disparités régionales.

Des différences dans le lexique

Du point de vue des Français, quand on parle du français québécois, on pense immédiatement à la particularité de l’accent et parfois à la difficulté que l’on rencontre quand il est question de comprendre parfois une simple phrase. Cela représente un défi pour les interprètes certes, mais les accents disparaissent à l’écrit : les traducteurs, qui n’ont pas à s’en soucier, n’auraient donc pas de problème ? Pas vraiment, car ce n’est pas la seule particularité de ce français. Entre anglicismes et mots désuets voire inexistants en France, il sera parfois difficile pour un français de rendre une bonne traduction d’une langue étrangère vers le français québécois ; mais il devra faire attention aussi à ne pas recourir à des termes propres au français québécois pour une traduction vers le français de France. C’est bel et bien le risque qu’on encourt lorsqu’on utilise des dictionnaires en ligne tels que Termium ou encore le Grand dictionnaire terminologique, d’origine québécoise.

Au traducteur alors de vérifier ses sources et d’adapter sa traduction selon sa cible, car traduire « convenience store » par « dépanneur » comme l’indique Termium posera un gros problème de sens en français de France, puisque qu’un dépanneur au Québec, c’est l’équivalent d’une supérette dans l’hexagone. Il faut aussi faire attention au registre de langue, ainsi « piger » au Québec est un mot de registre courant (qui signifie prendre), un mot dont l’utilisation est impensable en français de France dans un registre autre que familier.

Mais le français belge n’est pas en reste en ce qui concerne les différences lexicales, ainsi utiliser le terme de « voie de circulation » pour une traduction vers le français belge constituera une erreur terminologique et affectera la qualité de la traduction finale, car en Belgique, c’est bien de « bandes de circulation » dont il est question. Le même cas concerne le clignotant en France par exemple, qu’on appelle « clignoteur » en Belgique. Voilà autant de raisons d’être attentif au lexique que l’on utilise lors d’une traduction vers un français précis.

Pensez à l’influence de Shakespeare

Les anglicismes, c’est l’utilisation courante d’un terme anglais dans une autre langue, le français dans le cas présent. Et les anglicismes peuvent être différents, absents ou utilisés d’une autre manière selon le français concerné. Par exemple, le français québécois, qui se vante pourtant de ne pas être autant influencé par la langue anglo-saxonne, possède de nombreux termes anglais dans son lexique, que nous n’avons pas récupérés en France. On peut citer par exemple un « fan » pour signifier un ventilateur, ou encore le terme « gun » pour les pistolets. En revanche, certains anglicismes adoptés en France ne l’ont pas été dans cette région, comme un « parking » ou un « drive-in », termes anglais absents du registre québécois : là-bas, ce sont des stationnements et des services au volant.

Mais les anglicismes ne s’arrêtent pas seulement aux termes en eux-mêmes : les constructions de phrase et la syntaxe peuvent aussi être influencées par l’anglais. Ainsi, pour garder la même région comme exemple, une construction telle que « demander une question » serait impensable en français de l’hexagone, mais c’est pourtant la norme au Québec. Un terme ou une construction de phrase, qui nous paraît évident au moment de la traduction, a alors toutes les chances de sonner faux et d’exposer la vraie nature de votre texte : une traduction mal adaptée à la région linguistique. À prendre en compte lors de votre prochaine révision/recherche terminologique.

La traduction machine et les outils de TAO, peut-on leur faire confiance ?

En effet, une question se soulève alors : les outils du traducteur sont-ils adaptés à cette problématique ? Et celle-ci mérite bien d’être posée. Pour la traduction machine, on peut penser par exemple aux deux outils les plus utilisés du domaine : DeepL et Google Translate. Ils possèdent bien comme fonctionnalité la traduction vers ou depuis le français de France, mais qu’en est-il du français belge, suisse ou ivoirien ? C’est une composante à prendre en compte lorsque l’on utilise ces outils, que ce soit pour les traducteurs ou les particuliers.

Les dictionnaires quant à eux devraient être en nombre suffisant pour contenter chaque région linguistique, mais ce n’est pas forcément le cas des concordanciers. Bien que Tradooit, par exemple, précise dans son adresse son origine canadienne pour nous prévenir qu’il est possible d’y trouver du français du Québec, Linguee lui n’indique en aucun cas qu’il possède les variétés linguistiques ailleurs que dans la source des documents cités. Ainsi, c’est à l’utilisateur d’être vigilant quant aux propositions du site, sous peine d’opter pour un « piger » en lieu et place de « prendre ».

Fort heureusement pour la traduction assistée par ordinateur, Studio, le leader du marché, a prévu cette possibilité et propose différentes langues selon les régions linguistiques, pour le français mais aussi beaucoup d’autres langues comme l’anglais ou l’espagnol.

 

Je ne peux donc que vous conseiller d’être vigilant si vous avez besoin de traduire un texte vers le français, que ce soit pour le public visé ou pour les sources de vos recherches, car au Québec, on ne fait pas de shopping mais bien du magasinage, et si vous cherchez des betteraves en Suisse, préparez-vous à trouver des carottes rouges !

 

Sources :

http://correspo.ccdmd.qc.ca/index.php/document/parce-que-ce-ne-sont-pas-que-des-mots/usages-lexicaux-propres-au-francais-du-quebec/

https://culturesconnection.com/fr/francais-quebec-france-differences/

https://www.erudit.org/fr/revues/meta/1994-v39-n1-meta188/004293ar/

L’ergonomie au bureau

Par Jimmy Gabreau, étudiant M2 TSM

ergonomie

 

Ce lundi 21 janvier 2019 a été l’occasion pour nous, étudiants du Master TSM, d’assister à une conférence ayant pour thème central l’ergonomie. Cet évènement, animé par deux intervenants professionnels, Elisabeth Lavault-Olléon et Quentin Pacinella, avait pour but de sensibiliser les futurs traducteurs ou gestionnaires de projets que nous sommes à la question de l’ergonomie en traduction, et plus largement au bureau, car les traducteurs ne sont pas les seuls concernés par cette problématique. C’est un sujet qui peut prêter à sourire, mais passer sa journée assis devant un écran d’ordinateur peut réellement engendrer divers problèmes de santé. Dans cet article, je ferai donc l’écho de ce qui a été évoqué lors de cette conférence, en particulier le type de matériel à adopter et les conseils à suivre au quotidien pour se prémunir au maximum de ces risques.

 

Quel matériel se procurer ?

Le plus évident lorsque l’on parle ergonomie est de penser au clavier. C’est en effet bien connu, la disposition AZERTY, omniprésente sur nos claviers en France, est loin d’être idéale et bien souvent laborieuse. Je n’entrerai pas dans les détails ici, car c’est un sujet qui a déjà été traité à plusieurs reprises sur ce blog, je vous invite donc à consulter les articles qui en ont parlé mieux que je ne pourrais le faire, notamment l’article de Quentin Pacinella « j’ai testé pour vous : la disposition BÉPO ».

Autre élément important : la souris. Il va sans dire que le pavé tactile d’un ordinateur portable est aussi peu pratique que fatigant à utiliser, mais les souris classiques, filaires ou sans-fil, n’en sont pas moins traumatisantes pour nos poignets. En effet, utiliser ce genre de souris vous oblige à tourner légèrement votre poignet, à orienter la paume vers le bas. Or, cette torsion, aussi légère soit-elle, couplée aux mouvements de notre bras, peut finir par provoquer des troubles musculosquelettiques, des tendinites ou des complications au niveau du canal carpien. Ce sont des problèmes désormais bien connus, c’est pourquoi les souris ergonomiques sont de plus en plus prisées. Contrairement aux souris classiques et à leur disposition horizontale, les souris ergonomiques ont pour but de supprimer la torsion du poignet en adoptant une disposition verticale, plus proche de la position naturelle de nos poignets. C’est dans l’intérêt de toute personne travaillant sur ordinateur de tester ce genre de souris dont le seul « défaut » réside dans le léger temps d’adaptation à cette nouvelle architecture, un moindre mal donc.

Les écrans d’ordinateur font également partie des éléments pouvant porter préjudice à notre santé. Passer la journée devant son écran peut donc entraîner une fatigue visuelle plus ou moins prononcée qui se manifeste par des picotements dans les yeux, une sécheresse oculaire, des maux de tête ou encore une myopie temporaire. Il existe plusieurs moyens d’éviter cela : placez votre écran à une distance d’au moins 50 centimètres de vos yeux, adaptez la luminosité de votre écran à la lumière ambiante, faites des pauses de façon régulière et fixez un point éloigné pendant quelques secondes afin de réhabituer vos yeux à voir de loin.

Depuis quelques années, on entend souvent parler des effets néfastes de la lumière bleue émise par l’ensemble de nos écrans qui serait la principale responsable de la fatigue visuelle. Même si leur réelle utilité reste encore à démontrer, force est de constater que l’utilisation d’un filtre anti-lumière bleue, notamment dans un environnement peu éclairé, augmente le confort visuel et réduit l’éblouissement des écrans. Il existe donc des écrans conçus spécialement pour lutter contre cela, mais, si votre écran n’est pas doté d’une telle protection, sachez que des filtres anti-lumière bleue gratuits sont très facilement trouvables sur internet et que même Windows 10 en possède un. Une autre solution possible est d’opter pour des lunettes dont les verres permettent de réduire légèrement l’éblouissement des écrans. Je possède moi-même ce type de verres et, même s’ils n’ont pas exactement l’efficacité d’un filtre anti-lumière bleue, ils rendent le travail sur ordinateur bien plus agréable sans pour autant détériorer la qualité de vision en dehors des écrans.

La qualité du fauteuil sur lequel vous passez la majorité de votre journée est une composante primordiale lorsque l’on parle d’ergonomie. En effet, un fauteuil mal adapté à votre anatomie peut engendrer de lourds troubles musculosquelettiques. Il est important de bénéficier d’un support lombaire solide pour éviter d’avoir une posture arc-boutée tout au long de la journée, ce qui finirait par provoquer de vives douleurs. De plus, il vous faudra opter pour un fauteuil avec une assise réglable en hauteur afin d’avoir les pieds qui touchent le sol et une position correcte des jambes. Disposer d’accoudoirs réglables est fortement recommandé puisqu’ils aideront à adopter une posture correcte et à réduire la torsion des poignets évoquée auparavant. Trouver un fauteuil de qualité à un prix raisonnable n’est pas aisé, mais cela reste un investissement que j’estime essentiel afin d’éviter toute complication liée à une mauvaise posture, mais aussi pour gagner en productivité.

 

Quelques conseils :

Comme vous aurez pu le constater, travailler assis peut être bien plus épuisant qu’il n’y parait de prime abord. C’est pourquoi il convient d’adopter des petits réflexes au quotidien afin d’améliorer son confort au travail et d’atténuer la fatigue que peut entraîner la station assise. Il est donc conseillé de faire des pauses régulières, toutes les heures dans l’idéal, afin de marcher, de vous étirer, de vous reposer les yeux, etc. Ce conseil est d’autant plus important si vous avez des soucis de circulation sanguine, qui pourraient être aggravés par un manque de mouvement dans votre journée.

Enfin, de nombreux accessoires de bureau existent pour augmenter un peu plus votre confort au travail. Vous pouvez opter pour un tapis de souris ergonomique doté d’une partie remplie de gel afin de soutenir votre poignet et d’éviter sa torsion. Le même genre d’accessoire est disponible pour les claviers. Investir dans un repose-pieds est également une bonne solution dans le but d’adopter une posture convenable. Si vous travaillez sur ordinateur portable, je ne peux que vous recommander d’utiliser un support afin de le surélever à hauteur de vos yeux, mais aussi de vous procurer un clavier et une souris (ergonomique) externes pour faciliter la navigation et la saisie.

 

J’espère que ces quelques informations et conseils vous seront utiles et qu’ils vous aideront à adopter des accessoires et des habitudes de travail plus ergonomiques sur le long terme, votre corps vous en sera reconnaissant.

J’ai testé pour vous : le bénévolat en traduction

Par Alessandro Circo, étudiant M2 TSM

 

Le bénévolat en traduction a déjà été évoqué sur ce blog dans cet article, où il était présenté comme un moyen pour les étudiants d’acquérir de l’expérience. C’est donc sous un autre angle que je m’intéresserai ici à cette activité qui, je pense, présente de nombreux intérêts. Aujourd’hui, il est possible de traduire bénévolement pour différents organismes, aux objectifs variés. Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous en dresser une liste exhaustive, j’ai choisi de porter à votre attention deux d’entre eux : le projet Out of Eden Walk de National Geographic et Translators Without borders. Le premier, vous l’aurez peut-être deviné, relève du voyage et de l’aventure. Le second, vous en avez sûrement entendu parler, est une organisation à but non lucratif dont la mission est d’offrir des services de traduction aux organismes d’aide humanitaire et de développement. Malgré leurs différences, ces deux solutions ont selon moi une ambition commune : abolir la barrière de la langue. En ce sens, elles renouent toutes deux avec l’essence même de la traduction et permettent de diffuser du contenu par-delà les frontières.

Out of Eden Walk, le plaisir de traduire

Le projet Out of Eden Walk s’intéresse aux origines de l’humanité à travers un voyage qui retrace le parcours de nos ancêtres. Son point de départ ? Le berceau de l’humanité, l’Afrique. Son objectif ? Découvrir le monde.

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Un itinéraire long de plus de 30 000 kms

 

À l’heure où ce circuit aurait pu être parcouru à grands coups de billets d’avions et de locations de véhicules tous terrains, en bien moins de temps que Jules Verne ne l’aurait espéré, le journaliste Paul Salopek a souhaité prendre une toute autre direction et adopter un rythme de croisière plus agréable en voyageant à pied, tout simplement.

Mais alors, la traduction dans tout ça ? Patience, elle arrive. Étape après étape, le journaliste fait part depuis son atelier mobile de ses impressions, de ses rencontres. C’est à cet instant précis que la communauté de traducteurs lui emboîte le pas pour traduire ses billets, ses chapitres, dans 17 langues. Et c’est également à cette étape que vous pouvez rejoindre la caravane, confortablement installé derrière votre ordinateur, vagabondant par procuration sur la route de la soie ou au beau milieu des montagnes du Petit Caucase en Géorgie.

Pour cela, rien de plus simple, vous n’avez qu’à balader votre souris sur cette page. Vous pourrez alors vous éloigner un instant des traductions parfois trop terre à terre et vous délecter d’un peu de liberté. Attention, l’exercice n’est pas non plus de prendre la place du journaliste mais bien de relater ses propos, la traduction est abordée sérieusement avec le flux de travail habituel : traduction, révision et échange avec le réviseur, prise en compte des remarques et modification de la traduction, etc. La tâche est effectuée via un outil en ligne, dans lequel le texte est segmenté. L’échange avec le réviseur se fait également grâce à cet outil. Il existe par ailleurs un groupe dédié à la communauté sur Facebook dans lequel les traducteurs peuvent demander conseil.

Vous voilà maintenant informés et prêts à partir à l’aventure, je terminerai cette première partie par un détail qui revêt une importance toute particulière : les traductions sont signées, un fait assez rare de nos jours.

 

Translators Without Borders, la mission/traduction humanitaire

Dans un tout autre domaine, l’organisation à but non lucratif Translators without borders (TWB) propose de venir en aide aux agences d’aide humanitaire et de développement en mettant à (non-)profit ses talents de traducteur. Les textes à traduire orbitent autour de l’éducation, de la santé, du droit, l’objectif étant de permettre l’accès à ces connaissances par toutes les personnes concernées de près, comme de loin. Par ailleurs, TWB tente d’attirer l’attention sur les besoins en traduction et en interprétation des régions en situation de crise, car bien souvent la communication est très difficile entre les organisations humanitaires et les populations touchées.

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L’impact de Translators Without Borders dans le monde

 

L’organisme offre ses services pour 190 paires de langues et fait la part belle aux langues peu représentées. L’une de ses missions est d’ailleurs de dispenser des formations en traduction aux populations locales afin qu’elles puissent venir en aide aux missions humanitaires et développer une activité économique.

En ce qui concerne la traduction, elle s’effectue sur une plateforme nommée Kató. Une fois l’inscription effectuée via ce formulaire, le traducteur est informé des nouveaux projets dans sa paire de langue via e-mail ou en effectuant une recherche sur la plateforme. Là encore, le flux de travail comporte toutes les étapes habituelles, il ne s’agit évidemment pas de traduction amateure, les sujets abordés sont sérieux et une mauvaise transmission de l’information pourrait avoir des conséquences considérables. Le site s’adresse en priorité aux traducteurs professionnels qui souhaitent offrir un peu de leur temps libre, il n’exclut en aucun cas la participation des volontaires aux compétences linguistiques appropriées et les encourage à apporter leur pierre à l’édifice.

Voilà donc deux solutions qui sauront combler les heures creuses de votre emploi du temps et qui ne manqueront pas de vous apporter une satisfaction certaine tout en vous faisant oublier les aléas du métier de traducteur. Il existe bien d’autres organisations qui proposent ce type d’activité dans des domaines plus ou moins spécialisés et pour des causes très variées, par exemple Uridu dont les missions sont axées sur les femmes rurales. Il ne vous reste donc plus qu’à choisir votre domaine de prédilection pour faire rimer traduction avec « bonne action » !

 

Sources :

https://translatorswithoutborders.org/about-us/

https://www.nationalgeographic.org/projects/out-of-eden-walk/#section-0

 

Formation du traducteur créatif : la transfrustration

Par Morgane Tonarelli, étudiante M2 TSM

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 AVERTISSEMENT : ce billet est une réflexion personnelle sur la formation du traducteur créatif ; tous les points de vue abordés ici ne sont que les miens et n’engagent que moi.

 

Bien le bonjour cher lecteur de notre blog ! Oui, c’est bien moi, « la fille qui est en master traduction technique mais qui veut devenir traductrice créative » ; je suis de retour ! Si vous êtes un adepte de ce blog, alors vous vous souvenez surement du portrait de Sandrine Faure, transcréatrice EN>FR, que j’avais publié cet été. Un billet ma foi plutôt sympathique, *wink wink*, qui avait pour objectif de mettre en avant une discipline souvent passée sous silence dans le monde de la traduction. Avant d’introduire le thème de ce nouveau billet et pour vous aider à mieux l’appréhender, je tenais à partager ce billet de blog : une définition de la traduction créative très complète et accessible. Vous l’aurez donc compris, la transcréation c’est mon dada, ma cup of tea, mon truc à moi, alors c’est reparti pour un tour mais cette fois-ci je vais vous parler d’un sujet qui fâche, enfin, qui ME fâche : la formation ou plutôt le manque de formation en traduction créative.

L’idée de ce sujet m’est venue alors que j’effectuais une petite mise au point sur mon parcours universitaire. Je l’admets, il est un peu atypique : un Bac S en poche, deux PACES et deux échecs (l’atomistique très peu pour moi), une licence LEA et puis finalement… la révélation de ma vie : un stage en agence de transcréation à Londres. Ça a fait tilt, un vrai coup de foudre, l’amour au premier regard projet. C’était décidé ; j’en ferais mon métier. Mais (il y a toujours un mais dans les histoires), il faut le reconnaître, en France, une simple licence LEA ne vous permet pas vraiment d’accéder au poste de vos rêves et encore moins de sortir du lot dans un secteur très compétitif et en plein boom technologique comme celui de la traduction. Non, la clé, celle qui vous permettra d’atteindre vos objectifs professionnels, est bien connue de tous les étudiants français quelle que soit leur spécialité : le master. Mais (encore un mais), avant de pouvoir décrocher le Saint Graal, l’objet de toutes les convoitises, il est bien évidemment nécessaire de choisir celui qui correspondra au mieux à vos attentes et à votre projet ; une tâche loin d’être aisée.

Choisir un master c’est un peu comme se retrouver devant l’étalage d’une boulangerie : une vingtaine de viennoiseries toutes plus alléchantes les unes que les autres ; le choix ne manque pas. En revanche, moi, je me suis retrouvée face à ce qui ressemblait plutôt à une montagne de pains aux raisins (je préfère les croissants aux amandes). Loin de moi l’idée que ces masters n’étaient pas à la hauteur, mais, le problème, c’est qu’aucun ne me proposait réellement de traduction créative. J’ai donc décidé de jeter mon dévolu sur celui qui m’apparaissait comme le plus complet non pas pour la traduction créative, mais pour la gestion de projet. À défaut de pouvoir faire de la traduction créative, je pourrais au moins gérer des projets de transcréation.

Alors, vous vous dites surement « Mais, s’il n’existe pas de formation en transcréation c’est peut-être parce que c’est inutile ? ». Si tel est le cas, rassurez-vous, je ne vous en veux pas. Néanmoins, je reste convaincue qu’un futur traducteur créatif doit être formé à certains domaines comme :

  • le marketing: les futurs étudiants en master de traduction ne sont pas forcément tous titulaires d’une licence LEA, une filière qui vous forme aux bases du marketing. Or, ces bases sont nécessaires à tout traducteur créatif qui se respecte. Comment savoir ce qui convaincra votre cible d’acheter le produit en question si vous n’avez jamais entendu parler d’études de marché et si vous ne vous intéressez pas un minimum aux dernières tendances en matière de marketing ? Connaître votre cible et anticiper ses habitudes d’achats c’est la clé d’une transcréation réussie.
  • La conception-rédaction (ou copywriting) : vous n’êtes pas sans savoir que le choix des mots est primordial dans les domaines de la publicité et du marketing ; que chaque idée, chaque expression, est minutieusement choisie pour créer chez vous des émotions qui déclencheront un geste d’achat. Il en est de même pour l’aspect visuel des supports qui seront traduits et, même si le design n’est pas votre spécialité, vous devrez quand même prendre en compte cet aspect dans vos choix de traduction. Connaître ces techniques publicitaires vous permettra donc de faire mouche auprès de votre cible. N’oubliez pas qu’en tant que transcréateur, vous n’êtes pas seulement un expert linguistique ; vous êtes aussi un « expert culturel » qui sait ce qui fonctionne en matière de publicité chez le public cible.
  • L’écriture créative : les enseignements de creative writing sont encore assez rarement proposés dans les universités françaises. Or, je pense que de tels cours en master permettraient aux étudiants d’affiner leur plume et de développer leur touche personnelle. En traduction créative le texte source nécessite parfois une réécriture (toujours avec l’accord du client bien entendu) afin que la traduction ait plus d’impact sur le public cible et réponde au mieux à ses attentes. Par conséquent, il est indispensable pour le traducteur créatif de développer sa créativité à l’écrit et d’apprendre à se détacher du texte source sans pour autant en oublier le sens et l’objectif final.

 

Depuis que je me suis rendu compte de cette pénurie de formation créative j’ai développé un sentiment de frustration assez pesant qui m’a parfois poussée à remettre en question mon choix de projet professionnel. Heureusement, je ne suis pas quelqu’un qui baisse les bras facilement. J’ai donc trouvé des petites techniques pour me former moi-même à ce qui me passionne et voir les bons côtés de mon master TSM. Je sais que le Père Noël est déjà passé mais il n’est jamais trop tard pour un dernier petit cadeau. Voici donc, rien que pour vous, mes petits trucs et astuces pour développer votre transcreation game.

 

  1. Le stage

C’est bien connu, il n’y a rien de mieux que de se former sur le tas auprès d’experts. En France, les agences spécialisées en transcréation restent assez difficiles à trouver ; rares sont celles qui proposent uniquement ce service. En revanche, vous trouverez certainement votre bonheur de l’autre côté de la Manche ; ce n’est pas pour rien que Londres est connue sous le nom de Media City… La demande en traduction publicitaire et marketing depuis l’anglais vers le français ne faiblit pas et vous aurez probablement de grandes chances d’ajouter quelques contacts très intéressants à votre réseau. C’est lors de mon stage de fin de licence, puis de mon stage de Master 1 dans la même agence que j’ai appris ce qu’était un brief créatif, un tone of voice ou encore le copywriting ; des notions très rarement, voire jamais abordées au cours de mes études.

  1. La veille publicitaire

Se former soi-même requiert un minimum de curiosité. Renseignez-vous sur les dernières campagnes publicitaires, les dernières tendances en matière de marketing et de publicité ou encore sur la manière dont les baselines ou les supports marketing sont traduits et essayez de garder un regard critique : demandez-vous comment vous auriez traduit tel ou tel message si vous aviez été assigné à un projet de ce type. Rien que pour vous, voici quelques sites que je consulte régulièrement pour trouver mon inspiration :

 

N’oubliez pas non plus de consulter les blogs d’agences de transcréation ; ils sont mis à jour régulièrement et vous y trouverez tout le vocabulaire technique dont vous aurez besoin dans votre futur métier.

  1. L’auto-entreprenariat

 Ma dernière solution et non la moindre : créer son auto-entreprise. Bien évidemment, ce n’est pas une décision à prendre à la légère car, si vous êtes toujours en études comme moi, alors c’est un pas de plus vers la vie d’adulte et toutes les responsabilités qui l’accompagnent. Vous devrez alors jongler entre cours et projets et trouver le bon équilibre. Cependant, c’est une excellente manière d’affiner sa plume, de se former en gestion de projet et aussi de développer ses soft skills. Bien entendu, avant de se lancer dans une telle aventure, il est nécessaire de s’assurer que la demande est bien là et qu’une fois votre business créé vous aurez du travail. J’insiste une fois de plus sur l’importance d’effectuer un bon stage dans une agence spécialisée et de développer son réseau (le réseautage c’est essentiel). N’oubliez jamais que les professionnels que vous serez amené à rencontrer au cours de ces expériences seront des clients potentiels ou alors des contacts qui vous mettront en relation avec les bonnes personnes. Mettez donc votre timidité de côté, sortez de votre zone de confort et partagez votre passion pour la traduction créative !

J’ai ainsi pu mettre en pratique ce qui m’a été enseigné au cours de mes deux stages et de ma première année de master ; j’ai aussi appris à gérer mon temps, à faire face aux imprévus, à savoir dire non et à toujours essayer de rendre des projets aboutis et soignés. J’ai également eu la chance de recevoir des feedbacks constructifs de professionnels du secteur. Les retours de vos professeurs au cours de vos études sont bien évidemment constructifs, mais se font toujours dans un contexte universitaire où il n’existe pas d’enjeu financier pour votre entreprise ou celle de votre client. Par conséquent, les commentaires laissés par vos clients prennent une toute autre valeur puisqu’ils sont révélateurs de vos compétences dans des conditions professionnelles bien réelles.

Se lancer en tant qu’auto-entrepreneur est une tâche facile ; en quelques clics votre dossier est créé et vous recevez votre numéro de SIRET deux semaines plus tard. Alors, si une opportunité de travail s’offre à vous, saisissez là et lancez-vous ! Si, au contraire, l’idée de devoir faire de l’administratif vous donne la chair de poule ou que vous n’avez pas encore de client, rien ne presse ; vous pouvez toujours appliquer les deux astuces mentionnées précédemment.

 

Pour ne pas conclure ce billet sur une note négative, je tenais tout de même à insister sur un point. J’ai sous-entendu au début de ce billet que le choix de mon master s’était un peu fait par dépit puisqu’il n’existait aucune formation en totale adéquation avec mon projet professionnel. Certes, c’est une triste réalité et une source de grande frustration, mais je dois quand même reconnaître que cette formation plus technique est un plus sur mon CV. En effet, la traduction est un secteur en pleine évolution où la technologie prend de plus en plus de place. Il est donc indispensable pour n’importe quel traducteur, qu’il soit créatif ou technique, de se tenir au courant des dernières avancées en matière d’outils de TAO, de méthodes de gestion etc., ce que ce master TSM est à même de m’apporter. Par ailleurs, la transcréation est un secteur qui reste encore méconnu, même si de plus en plus d’agences tendent à proposer ce genre de service à leurs clients. Une formation plus technique me permet donc d’accepter des projets différents quand la demande en marketing ou en publicitaire est moindre. C’est une double casquette qui a ses avantages et qui parfois peut vraiment faire la différence lors d’un entretien. Alors, si comme moi la transcréation vous fait vibrer mais que le manque de formation vous frustre, dites vous que vous n’êtes pas seul, qu’il est toujours possible de se former soi-même et qu’après tout, toute expérience est bonne à prendre, vous en retirez toujours quelque chose de constructif. Sur ce je vous laisse ; je dois terminer une traduction sur la réglementation des échafaudages suspendus… keep calm and translate !

 

La mauvaise utilisation des anglicismes dans la langue française

Par Steffie Danquigny, étudiante M2 TSM

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Nous voilà en 2019, et cela fait bien longtemps que les anglicismes font partie intégrante de la langue française. À vrai dire, il arrive qu’on ne les remarque même plus et qu’ils aient complètement remplacé leurs équivalents français : les termes week-end, best-seller et vintage en sont le parfait exemple. Ces anglicismes viennent parfois combler un manque dans la langue de Molière, comme par exemple le verbe/nom spoiler : bah oui, « tu m’as spoilé ! », c’est quand même beaucoup plus court que « tu m’as raconté la fin du dernier épisode de Game of Thrones alors que je ne l’avais pas encore vu et ça m’a gâché la surprise ! ». Ils permettent parfois de raccourcir un terme qui existe déjà en français (le burn-out est ainsi préféré au « syndrome d’épuisement professionnel ») ; ou alors ils sont utilisés sans raison apparente, parce que c’est à la mode (pourquoi dire « en live », et pas « en direct » ?).

Ces anglicismes sont présents notamment dans le milieu professionnel (on parle de corporate, de deadline, de feedback, etc.) et se répandent de plus en plus vite grâce aux réseaux sociaux. L’Académie française et même les simples puristes de notre belle langue française se sont d’ailleurs lancés dans une guerre contre les anglicismes, et persistent à créer et utiliser des équivalents français que presque personne n’utilise, tels que « l’aguichage » pour remplacer le teasing et « l’insonorisation » pour désigner le play-back.

Cependant, j’ai décidé de me concentrer aujourd’hui sur les anglicismes qui sont utilisés à tort dans la langue française, sans que personne (ou presque) ne le remarque. Voici donc une liste non-exhaustive de faux anglicismes classés par thème.

Mode et apparence

La plupart des anglicismes mal utilisés qui me sont venus à l’esprit en écrivant cet article se réfèrent aux vêtements, aux chaussures et à tout ce qui se rapporte à l’apparence. En voici quelques exemples :

  • un relooking

Justement, quand on parle de l’apparence d’une personne en anglais, on peut utiliser le terme look. En français, on a emprunté ce mot pour désigner l’apparence au niveau vestimentaire. Jusqu’ici, tout va bien. Sauf que le « look » s’est ensuite transformé en « relooking », et prend même la forme d’un verbe (« relooker »). Bien que pour les Français, cette transformation paraisse justifiée (on ajoute « -ING » pour créer un nom, et le suffixe « -RE » pour le fait de recommencer une action), ce terme n’a absolument aucun sens en anglais ! On parle dans ce cas de makeover, bien loin du « relooking ».

  • un brushing

Voici autre mot anglais qui a été transformé en nom par l’ajout d’un « -ING », mais qui a perdu son sens original : le « brushing ». Utilisé dans le langage de tous les jours en France, il s’agit pourtant d’une grosse erreur de traduction, to brush signifiant « brosser », et serait également une véritable énigme pour un anglophone !

  • un pressing, un dressing

Encore des termes provenant de noms anglais auxquels on a décidé de rajouter la forme « -ING ». Cette fois, le processus est un peu plus logique que pour le brushing. Le dressing serait donc le lieu où l’on entrepose les robes (dresses), et plus généralement, tous les vêtements. Le pressing quant à lui désignait à la base l’action de repasser en pressant (« pressage » n’étant pas très utilisé), et par métonymie, il désigne aujourd’hui le lieu dans lequel cette action est exécutée. Une nouvelle fois, bien que les Français trouvent cette dérivation des mots logique, les Anglais ne parlant pas français ne comprendront pas ces termes tant ils sont éloignés de leurs équivalents anglais.

  • un smoking

En France, comme dans de nombreux pays européens, nous utilisons le terme « smoking » pour désigner le costume de cocktail. Il s’agit en fait du diminutif du terme britannique smoking jacket : l’ancêtre du smoking, qui était autrefois utilisé dans les fumoirs pour se protéger des odeurs de fumée et des brûlures de cendres. Cependant, il s’agit pour les Américains d’un tuxedo, le costume tel que nous le connaissons ayant été porté pour la première fois aux États-Unis au Tuxedo Park Country Club. Il s’agit donc cette fois d’un diminutif du terme d’origine, et non pas d’une invention française ; cependant il aurait été plus judicieux de garder « jacket » plutôt que   « smoking ». De plus, le terme smoking jacket n’est plus utilisé au Royaume-Uni, et a été remplacé par dinner jacket.

  • un sweat

Cette fois, pas de traduction sans queue ni tête. Juste un problème (si l’on met de côté la suppression du « shirt » en français), le sweat-shirt vient du verbe to sweat (oui, on parle bien d’un pull qui vous fait transpirer…) et il ne se prononce donc pas « swit » mais bien « swɛt ». Faites donc attention à votre prononciation si vous faites du shopping en Angleterre, vous risqueriez de vous retrouver avec beaucoup de sucreries, mais rien pour vous couvrir !

 

Le sport

Le sport est le deuxième domaine dans lequel j’ai retrouvé le plus d’anglicismes. Certains termes font d’ailleurs partie de ces deux premiers thèmes à la fois.

  • un jogging

Coincé entre la thématique de la mode et celle du sport, je vous présente le jogging. Ce terme vient du verbe to jog qui signifie « courir à petites foulées ». Or en France, on l’utilise parfois pour désigner une tenue de sport. De l’anglais jogging suit, les Français ont décidé de réutiliser ce terme et de le raccourcir. Comme avec le smoking, c’est « jogging » qui aurait dû être supprimé et non pas « suit ». De plus, le jogging français peut désigner plus ou moins n’importe quel type de survêtement, il n’est pas dédié uniquement à la course à pied.

  • des baskets

Probablement le faux anglicisme le plus connu, les baskets auraient également pu se trouver dans la catégorie précédente. Venant de l’anglais basket-ball shoes, le terme a été raccourci en « basket ». On se retrouve face au même problème que pour le smoking et le jogging : le français a décidé de raccourcir cette expression en gardant uniquement le premier terme, et en supprimant ainsi le terme le plus important. De plus, comme c’est le cas pour le faux anglicisme « jogging », les « baskets » désignent en français n’importe quel type de chaussures de sport, alors que dans les pays anglophones, les basket-ball shoes sont spécifiques au basket-ball. Le même raccourci existe pour les tennis, bien que ce terme soit beaucoup moins utilisé en français.

  • un footing

Il ne s’agit cette fois pas d’un raccourci, mais plutôt d’une drôle d’invention de la part des français ! De l’anglais foot (pied), on a ajouté le suffixe « -ING » pour signifier « course à pied ». Ce faux anglicisme a été très utilisé pendant plusieurs années, mais tombe désormais en désuétude, notamment au profit du running. Bien que certaines personnes fassent la distinction entre le footing (course à pied très lente et pratiquée occasionnellement), le jogging (course à pied pour les sportifs du dimanche) et le running (course à pied pour les grands sportifs), il ne faut pas oublier que le footing est un faux anglicisme, et qu’il se rapprocherait plutôt du jogging. Cependant, ces trois termes sont généralement utilisés à tort comme des synonymes, et sont plus ou moins utilisés en fonction du terme « à la mode » du moment.

  • un tennisman / une tenniswoman

Un des anglicismes les plus connus, et désormais de moins en moins utilisés par les professionnels du secteur, le terme tennisman ainsi que sa variante féminine restent malgré tout très utilisés par les journalistes et le reste de la population. Bien que cette expression ait un équivalent français logique,  il est vrai le faux anglicisme est plus court, et reste compréhensible pour les anglophones. Dans le même thème, on peut aussi penser à la fonction de pom-pom girl, qui vient de l’objet brandi par les cheerleaders et auquel on a ajouté « girl ». Cependant, ce terme élimine les hommes et les garçons de ce sport, alors qu’en réalité, il s’agit d’une activité sportive mixte, et n’est pas tout à fait compréhensible pour les anglophones.

  • un baby-foot

Le terme français baby-foot vient tout simplement du mot « football » auquel nous avons ajouté le préfixe « baby » car il s’agit d’un terrain de foot miniature. Le terme « baby » est d’ailleurs prononcé « à la française ». Cependant, il est vrai que ce choix n’est pas des plus logiques (puisqu’on parle de tennis de table, pourquoi ne pas parler de foot de table ?) et n’a aucun sens pour les anglophones (un pied de bébé ?!). Le terme britannique est d’ailleurs beaucoup plus logique : table football. En anglais américain, on parle cependant de foosball (dérivation de l’allemand pour « football »).

 

Les inclassables

Les termes ci-dessous ne font partie d’aucune des catégories précédentes. Cependant, ils font partie du langage quotidien et n’ont pas de réels équivalents français.

  • un play-back

Voici un des plus grands mystères des faux anglicismes : le play-back. Ce terme est utilisé en France et dans de nombreux pays européens pour désigner « la technique de synchronisation labiale qui consiste à faire semblant de chanter (ou de jouer d’un instrument) avec l’aide d’un enregistrement remplaçant le son qui devrait normalement être produit pour cette activité simulée » (Wiktionary). Cependant, le terme play-back est en fait un faux-ami qui, selon le MacMillan Dictionary, désigne en anglais le fait d’écouter ou regarder quelque chose qui a été préalablement enregistré. On parle en fait de lip-syncing en anglais pour signifier qu’un chanteur simule sa performance  en remuant les lèvres.

  • un talkie-walkie

Le dernier faux-anglicisme de ma liste n’est pas une invention française, mais plutôt une drôle de déformation. En effet, ce mot composé a été inversé, puisqu’il s’agit à la base d’un walkie-talkie ! Il est difficile de savoir exactement d’où vient cette déformation, mais il s’agit pour une fois d’un terme compréhensible pour les anglophones. Si vous demandez à votre collègue britannique de vous passer le « talkie-walkie », il sera d’abord surpris, mais trouvera ensuite cette particularité française soooo cute (et oui, je suis tombée dans le piège).

 

Des dizaines d’autres anglicismes auraient pu faire partie de cet article, comme le parking, le zapping, ou même le planning (qui est d’ailleurs un des rares anglicismes à être mal utilisés dans le monde professionnel). Pour finir, il convient de préciser que de nombreux faux « francismes » sont également répandus dans la langue anglaise. Si vous avez déjà un envoyé un curriculum vitae dans un pays anglophone, alors vous avez probablement remarqué que le terme « resume » (résumé) est un synonyme de CV. De même, si vous réservez une chambre d’hôtel en Angleterre, vous allez sûrement vous retrouver dans une chambre « en-suite » (avec salle-de-bain privative attenante). Si vous souhaitez en savoir davantage sur les mots français mal utilisés dans la langue anglaise, n’hésitez pas à lire la suite d’articles 15 Misused French Terms in the English Language.

 

Sources :