La traduction automatique : menace ou opportunité ? Retour sur la journée d’études #TQ2018 du 2 février 2018

Par Simon Watier, étudiant M1 TSM

 

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À l’occasion de la sixième édition de la journée d’études dédiée à la traduction, l’Université de Lille  et le laboratoire « Savoirs, Textes, Langage » (STL) du CNRS ont organisé le vendredi 2 février une série de conférences qui ont pour objectif de définir le lien entre la biotraduction et la traduction automatique. Afin de dresser un portrait exhaustif de cette thématique complexe mais néanmoins essentielle neuf intervenants ont apporté leurs réponses, fruit de plusieurs années de recherches et de réflexions : Emmanuel Planas, Rudy Tirry, Véronique Huyghebaert, Sandrine Peraldi, Stéphanie Labroue, Fleur Schut, Daniel Prou, Aljoscha Burchardt et Antonio Balvet.

Pour comprendre l’impact de la traduction automatique il convient de retracer l’évolution des outils de TAO (Traduction Assistée par Ordinateur) pour mieux appréhender leur incidence dans le secteur de la traduction. En effet, les premiers outils de traduction automatique remontent avant les années 40, notamment avec le linguiste italien Federico Pucci, véritable précurseur de la traduction automatique moderne. En revanche celle-ci  était davantage considérée comme un outil de décryptage et non comme un véritable acteur de la traduction. La traduction automatique neuronale (TAN) imite le fonctionnement du cerveau humain et créer des voies neuronales pour traduire une phrase dans sa totalité. Elle succède ainsi à la traduction statistique (TAS) qui utilisait également un corpus, découpé en unités de traduction auxquelles on attribuait un score de probabilité.

 

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Le triangle de Vauquois est le modèle de base de la traduction automatique.

 

La traduction automatique neuronale connait une véritable « hype » relayée, entre autre, par la presse. En effet la TAN ne se cantonne plus uniquement à la sphère professionnelle, elle fait désormais partie intégrante du quotidien (Google Translate, Facebook, Amazon, DeepL, les exemples sont légion). Pour mieux illustrer le propos, une opposition entre  la TAN et la TAS semble nécessaire afin d’exposer les avantages et les inconvénients de chacun. Le verdict n’en est que plus complexe car si la TAN assure une traduction plus fluide notamment au niveau de la syntaxe, la TAS est plus performante sur la terminologie, un point pourtant essentiel dans le travail du traducteur. Il ne faut pas omettre pour autant la post-édition qui est constituée de 3 niveaux : Full MTPE (Machine Translation Post-Editing) qui ne se distingue pas de la biotraduction, Light MTPE qui se concentre avant tout sur le sens et non sur l’approche stylistique et Focused MTPE qui examine des éléments spécifiques comme les nombres, les noms. Au final l’approche humaine demeure la clef de voûte de la traduction car si la technologie ne cesse de se perfectionner, celle-ci est incapable de retranscrire la créativité et la subtilité de l’Homme.

Heureusement les traducteurs ne sont pas en reste question ressources. Jonckers, une société de traduction créée il y a une vingtaine d’années et présente dans 10 pays a développé des outils afin de fluidifier la gestion de la post-édition, source de nombreux défis à relever. En effet différents maux liés au volume demandé peuvent affecter l’ensemble du processus (retards, client insatisfait, burn-out des traducteurs). Pour y remédier, l’entreprise a créé le Loclab, un centre de post-édition en interne qui a permis de favoriser l’échange et la proximité entre les traducteurs et les formateurs. L’aspect commercial est évidemment de mise puisque les ventes d’un produit peuvent directement dépendre d’une bonne traduction. Ainsi, un système de contrôle de qualité est instauré, 5 % du contenu est extrait puis vérifié, afin de transmettre le score obtenu au post-éditeur. La post-édition est basée sur un moteur de traduction automatique qui permet à la fois un gain de flexibilité et de productivité. Le plus important réside dans la compréhension et l’adaptation aux besoins du client.

 

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Désormais la traduction automatique est perçue de manière positive, elle ne représente plus une menace pour le traducteur mais bien une aide précieuse. Son implantation dans la formation des traducteurs constitue une preuve irréfutable. Paradoxalement peu d’articles ont été consacrés à ce sujet alors que plusieurs auteurs se sont penchés sur la question d’un point de vue épistémologique. 85 % des formations privilégient les outils les plus utilisés sur le marché, ce choix est directement lié aux pratiques des traducteurs.

Cependant plusieurs études consacrées à l’intégration des outils de TAO ont montré que la plupart des formations privilégiaient l’apprentissage de l’outil sur l’acquisition de véritables compétences en conditions de travail réelles. Il convient de prendre en considération deux aspects : la dimension professionnalisante qui désigne la compréhension des difficultés inhérentes au déploiement d’un nouvel outil dans le travail et la dimension cognitive, liée à la gestion des émotions des traducteurs face aux nouvelles technologies qui peuvent les déstabiliser. De même, l’automatisation d’une partie du processus peut perturber des stratégies de traduction (éloignement du texte source, multiplication des efforts cognitifs). Ainsi les émotions jouent une place prépondérante dans la perception mais aussi dans la performance des outils.

 

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Divers outils comme Euramis (base de données des traductions effectuées dans les institutions européennes), MT@EC (moteurs statistiques avec 79 paires de langues directes), et eTranslation (moteurs neuronaux avec 6 paires de langues) sont quant à eux davantage destinés aux traducteurs de la Commission européenne. La TA peut être utilisée de deux manières : par segment entier ou par fragments successifs. De même la traduction automatique est plus efficace avec certaines langues que les moteurs statistiques, notamment l’estonien.

Systran, qui n’est autre que le leader mondial des technologies de la traduction, a développé un moteur PNMT (Pure Neural Machine Translation) basé sur des réseaux de neurones artificiels et du deep learning. Trois principaux composants constituent la chair de ce système PNMT à savoir le word embedding (prolongement de mots) qui se focalise sur l’apprentissage d’une représentation de mots, les réseaux de neurones récurrents dans lesquels l’information peut se propager dans les deux sens, et l’attention model (modèle d’attention) qui désigne la capacité du moteur à collecter des informations sur des mots spécifiques. Ce moteur pourra s’appliquer dans un futur proche aux correcteurs informatiques et aux chatbot (agents conversationnels). Toutefois cela soulève de nouveaux défis à relever : comment analyser et corriger une erreur ? Comment configurer un moteur pour une tâche très spécifique ? L’IA sera-t-elle capable de rivaliser avec l’être humain en termes de pertinence ?

 

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Ainsi s’achève la journée d’études qui a permis de dépoussiérer les notions de bases de la traduction automatique pour mieux cibler les tenants et la aboutissants auxquels devront faire face les traducteurs pour intégrer le marché du travail. Si la technologie ne cesse de se perfectionner, elle pose également ses limites quant à sa capacité à s’adapter. Celle-ci fait toujours l’objet de certaines critiques qui voient en elle une menace pour le biotraducteur. Cependant l’expérience et la recherche combinées des professionnels ont permis de démontrer son apport vital au sein de ce secteur. La traduction automatique neuronale constitue une nouvelle avancée qui imite les réseaux et les connections synaptiques humaines pour mieux cibler le contexte et la terminologie des mots. Cela ouvre tout un nouveau champ de possibilités qui amènera peut-être une imitation quasi-parfaite de la réflexion humaine.

 

NB : la plupart des présentations de la journée du 2 février sont disponibles en ligne sur le site de la conférence : https://tq2018.sciencesconf.org/ 

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Retour sur le TSM Skills Lab 2018

Par Alessandro Circo, étudiant M1 TSM

 

La semaine du Skills Lab vient de s’achever il y a quelques jours, les livraisons sont effectuées et l’heure est venue de prendre un peu de recul, non seulement sur cette semaine mais aussi sur le dispositif Skills Lab dans sa globalité.

Skills Lab, le point de départ

Le Skills Lab est un dispositif imaginé dans le cadre d’une collaboration entre plusieurs universités rassemblées au sein du réseau INSTB (International Network of Simulated Translation Bureaus), même s’il existe sous d’autres formes dans d’autres universités. Son objectif est de proposer aux étudiants du domaine de la traduction une expérience unique : celle d’une agence virtuelle de traduction composée uniquement des étudiants de la formation. Dans notre cas, le Master TSM.

Skills Lab, façon TSM

1 - Logo

Cette année est celle de la première participation de l’Université de Lille. Depuis le mois de septembre les étudiants du Master TSM sont prévenus, le Skills Lab fera partie des Unités d’Enseignement sur lesquels ils seront évalués pour l’obtention du Master.

Pour gagner sa place au sein de cette agence virtuelle, il n’est pas question de tirage au sort ou de répartition effectuée par les responsables du Master. Chaque étudiant devra répondre aux offres d’emploi mises en ligne en envoyant CV et lettre de motivation, tout comme il l’aurait fait pour décrocher un emploi dans une véritable agence. L’analogie ne s’arrête pas là, ils devront aussi participer à des entretiens d’embauche face à un responsable pédagogique et un professionnel du monde de la traduction. Ces entretiens passés, chaque participant obtient son affectation et les équipes prennent forme. Les regards se portent maintenant vers le lancement de la semaine du Skills Lab, le lundi 5 février 2018.

TSM Skills Lab, c’est parti !

2 - Clients

Nous voilà au début de cette semaine de simulation. Les gestionnaires de projet sont les premiers à faire leur entrée et reçoivent dès 9h ce lundi les documents, les instructions et les exigences de la part des quatre clients dont les textes couvrent des domaines variés que nous avons déjà eu l’occasion de vous présenter. Après avoir découvert les textes, mesuré les volumes et découpé les documents, la priorité est donnée à la mise en place du planning et à la gestion des ressources humaines.

3 - Planning

La traduction devra donc commencer dès le lendemain, mais avant cette étape il est nécessaire de parcourir les textes pour traquer les difficultés lexicales et terminologiques qu’ils présentent dans le but d’améliorer la productivité des traducteurs. Ce travail est celui des préparateurs de fichiers. Pour les aider dans cette exploration, ils disposent de logiciels d’extraction terminologique et de la vaste étendue de ressources disponibles sur le web… ou à la bibliothèque. Après plusieurs heures passées à sonder les documents ils élaborent des glossaires et compilent des corpus qui passeront entre les mains des gestionnaires de projet pour terminer leur course sur les écrans des traducteurs.

4 - Capture d'écran

Mardi, 9h, briefing des traducteurs et distribution des documents à traduire puis des ressources associées via la plateforme Slack. Après une rapide résolution des problèmes de format ou de nom de fichiers l’équipe de traducteurs se lance. Elle dispose d’une journée et demie, malgré quelques remarques concernant la richesse des ressources préparées la veille, le travail avance vite et la majorité des traductions sont livrées avant la fin d’après-midi.

Le lendemain matin, alors que quelques traducteurs valident les derniers segments à traduire, les premiers réviseurs s’installent dans les salles réservées au Skills Lab. Au cours de la journée, ils réalisent que la révision risque de prendre plus de temps que prévu car les corrections à effectuer sont trop nombreuses et impliquent parfois de traduire à nouveau le segment. Peut-être que les ressources auraient dû être plus fournies, peut-être que les recherches pendant la traduction auraient dû être plus conséquentes, ou peut-être encore que la précipitation ou le manque d’expérience dans des domaines complexes sont à prendre en compte… Bref, l’objectif ici n’est pas de savoir à qui imputer la faute, mais plutôt de trouver comment surmonter ce genre de problème qui est loin d’être une première dans le monde de la traduction. Rappelons que le Skills Lab est censé préparer les étudiants comme aucun cours ne pourra jamais le faire. Quoi de mieux, donc, qu’un petit contretemps pour tester leurs capacités d’adaptation ? Comme par exemple l’envoi par un des clients d’un document supplémentaire à inclure dans le projet de traduction… Un défi relevé dans les règles de l’art !

5 - Jeudi

Finalement, les efforts fournis par les réviseurs et quelques heures supplémentaires ont permis de rattraper le temps perdu. Les traducteurs ont pu revenir comme prévu le jeudi pour corriger leurs traductions en tenant compte des commentaires laissés pendant la révision. Lors de cette avant-dernière journée et depuis le début de la semaine, les gestionnaires de projet ont dû assurer en permanence la communication avec les clients afin de répondre au plus vite et le plus précisément possible aux questions soulevées par les différents textes à traduire : typographie, mise en page, utilisation de l’écriture inclusive … La liste est loin d’être exhaustive, les gestionnaires de projet gardent un œil sur chaque problème et sont souvent à l’origine de sa solution. Ils ont d’ailleurs décidé, en réaction aux problèmes évoqués plus haut, de rajouter une étape de QA technique afin d’assurer une qualité qui ne trahira pas les exigences de formation du Master TSM.

TSM Skills Lab, le bilan

Très rapidement la fin de cette semaine est arrivée, au moment où je termine ce billet une partie des traductions a déjà été livrée et l’étape de QA suit son cours. Les préparateurs de fichiers sont revenus pour rassembler les mémoires de traduction par client et les mettre à jour. Les gestionnaires de projet ont ajouté à leur liste des tâches la DTP.

Au cours de cette semaine, les étudiants du Master TSM ont eu la chance de participer à la première édition lilloise de ce dispositif. Pour certains d’entre eux c’était un premier contact avec le fonctionnement d’une agence et pour d’autres c’était un moyen de se perfectionner, de questionner et de prendre ses marques avant la fin toute proche de plusieurs années d’études et le début d’une carrière professionnelle dans le monde de la traduction. Je conclurai de manière opportuniste avec cette phrase qui vient d’être prononcée par un de nos gestionnaires de projet, « le Skills Lab est une expérience ».

6 - Fin

 

Rendez-vous l’année prochaine, pour une nouvelle édition qui s’étendra à l’ensemble des langues B proposées dans le master.

 

Comment bien remplir son dossier de candidature pour le Master TSM : quelques conseils

Par Rudy Loock, responsable du Master TSM

Startup Stock Photos

Le dossier de candidature pour accéder au Master TSM n’est pas un dossier long ou complexe à remplir, mais il importe de bien le remplir, en fournissant toutes les informations pertinentes et en présentant ces informations de la façon la plus efficace possible. La période de candidature est par définition une période d’incertitude et donc de stress pour les étudiant.e.s, et il importe d’éviter les faux-pas en prenant le plus grand soin lors de la préparation de votre candidature. Vous trouverez ci-dessous quelques conseils afin de vous aider à remplir le dossier et à préparer les pièces justificatives à joindre le mieux possible. Il ne s’agit là que de conseils et non d’instructions à suivre à la lettre.

 

  • Saisie en ligne de votre candidature : le dossier est à remplir en ligne à partir du portail mis en place par l’Université de Lille-Sciences Humaines et Sociales (Lille 3). Prenez votre temps, et n’oubliez aucune information susceptible de valoriser votre dossier. En particulier :
    • Saisissez bien chaque langue étrangère que vous maîtrisez : l’anglais ainsi que la langue B choisie pour intégrer le master TSM, mais aussi toute autre langue que vous maîtrisez, que celle-ci fasse partie des langues proposées par le Master ou non, qu’elle soit européenne ou non. Votre intérêt pour les langues est un atout important. Pensez également à indiquer ces langues sur votre CV, avec le niveau correspondant.
    • Expérience professionnelle/Stages : soyez précis dans les informations que vous saisissez (nom de l’entreprise, dates, durée).
    • Séjours à l’étranger : ne mentionnez que les séjours longs (une semaine de vacances à Londres ou à Berlin n’est pas un séjour linguistique).candidature
  • Pièces à joindre au dossier :
    • Lettre de motivation : elle doit être rédigée dans un français impeccable. Pensez donc à vérifier soigneusement l’orthographe, la grammaire, et le style, sans oublier la ponctuation ; n’hésitez pas à vous faire relire. Evitez également les phrases toutes faites et les clichés (en particulier ceux que l’on trouve dans les soi-disant « modèles » sur internet…), tout en étant concis (1 page et demie doit suffire). Expliquez votre parcours et les raisons pour lesquelles vous souhaitez intégrer le Master TSM. Au préalable, pensez à (re)lire la plaquette d’informations du Master TSM afin de pouvoir faire référence au contenu de la formation de façon pertinente ; ainsi inutile de faire état de votre souhait de devenir interprète ou traducteur littéraire dans la mesure où le Master TSM ne forme pas à ces métiers. Montrez que vous savez pourquoi vous postulez pour cette formation.
      S’il est déjà connu, exposez votre projet professionnel. Intégrez également toute autre information qui apporterait un éclairage important sur le contenu de votre dossier (interruption de vos études, absence de notes pour une partie de votre parcours, impossibilité de participer au test de vérification des acquis ou à l’entretien…). Evitez les lettres générales jointes à toutes vos candidatures en master : elles sont souvent impersonnelles et ne reflètent aucunement votre motivation pour un programme de master en particulier.
      Si vous décidez de rédiger votre lettre de motivation sur ordinateur, veillez à ce que la mise en page soit impeccable et que les normes typographiques soient respectées. Si vous la rédigez de façon manuscrite, veillez à ce que votre écriture soit lisible et que la présentation générale soit soignée, aérée, avec des marges suffisantes.
    • Curriculum Vitae : il doit être en français, détaillé tout en étant synthétique, et contenir toutes les informations susceptibles d’être pertinentes pour votre dossier, à savoir votre formation scolaire et universitaire, votre expérience professionnelle le cas échéant, les langues que vous maîtrisez, vos compétences en informatique, les séjours longs effectués à l’étranger… Comme pour la lettre de motivation, la qualité de français doit être optimale : relisez vous et faites vous relire.
      N’hésitez pas à intégrer des informations non directement liées au monde universitaire, mais qui valoriseront votre candidature : activités sportives ou artistiques, expériences de bénévolat… D’une manière générale, pensez à inclure toutes les informations susceptibles de valoriser votre candidature, comme les mentions obtenues, les bourses au mérite dont vous avez bénéficié, la participation à des projets spécifiques, etc. Tout en étant concis.e, n’omettez donc aucune information susceptible de vous faire sortir du lot.
      N’hésitez pas à indiquer les liens vers vos comptes sur les réseaux sociaux (préalablement « nettoyés » !) susceptibles de valoriser votre candidature (pages LinkedIn, Viadeo ; comptes Twitter ou autres…). De même, si vous tenez/contribuez régulièrement à un blog, n’hésitez pas à le mentionner.
      S’agissant de la présentation générale du CV, évitez les couleurs, images, polices originales, etc. qui donneraient au document un aspect non professionnel. Privilégiez la simplicité et la sobriété, tout en étant le plus complet possible.
    • Relevés de notes : ils doivent être détaillés. Des relevés ne fournissant uniquement vos moyennes au semestre ou à l’année ne suffisent pas ; chaque Unité d’Enseignement (UE), mais aussi chaque élément constitutif d’UE doit apparaître, notamment les enseignements de langues et de traduction (vous pouvez d’ailleurs surligner ces éléments afin d’améliorer leur visibilité). L’absence de notes détaillées entraînera le rejet de la candidature. Si vous avez passé un semestre ou plus à l’étranger, vous devez de la même manière fournir la liste précise des enseignements que vous avez suivis et validés ; si leurs intitulés sont en langue étrangère, pensez à en fournir la traduction en français si vous le pouvez.
      Si vous êtes issu.e d’une formation qui n’est pas une formation LEA avec néanmoins deux langues étrangères de travail (comme une formation LLCER par exemple tout en ayant suivi des enseignements concernant une seconde langue), veillez à bien faire apparaître les enseignements relatifs à la seconde langue que vous souhaiteriez étudier au sein du Master TSM.
      Les relevés attendus sont ceux du S1 au S6. Si vous êtes en S6 au moment du dépôt du dossier et que votre relevé de notes du S6 n’est pas encore en votre possession, les relevés du S1 au S5 suffiront.
    • Certifications en langues : si vous êtes issu.e d’une formation qui n’est pas une formation en LEA et si votre parcours de licence ne contient pas d’enseignements validés et évalués pour les deux langues demandées ou l’une des deux, alors il vous faut pouvoir justifier votre niveau à l’aide de documents autres que les relevés de notes. Pour cela, il vous faut joindre à votre dossier toute certification extérieure que vous auriez passée : par exemple, le TOEIC pour l’anglais, un CLES, un test eLAO auprès du Centre de Ressources en Langues de votre université d’origine (voir ici pour Lille 3), etc. L’absence de justificatifs de niveau pour les deux langues demandées (anglais+langue B) entraînera systématiquement le rejet de la candidature. NB : un séjour long à l’étranger n’est pas un justificatif de niveau. Egalement, si vous n’êtes pas diplômé.e d’une formation en langue, n’oubliez pas que vous devrez en parallèle passer par une procédure de validation d’acquis.
    • Certifications en informatique : n’hésitez pas à joindre à votre dossier tout justificatif relatif à vos compétences en informatique (B2i, C2i, ou autres) si vous avez cela en votre possession. Ces compétences sont en effet attendues au sein du Master TSM. Si vous maîtrisez des logiciels ou des outils en ligne en lien avec la traduction et/ou la gestion de projets, soyez précis.e en mentionnant les noms et les versions de ces outils informatiques (ex : SDL Studio 2015, Microsoft Office 2016, Adobe CS6…).

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  • Autres remarques :
    • Anticipez la saisie et l’envoi de votre dossier, n’attendez pas la dernière minute. Après le 15 mai, vous ne pourrez plus saisir votre candidature en ligne.
    • Lorsque vous imprimez le dossier à envoyer, veillez à ce que la qualité de l’impression soit correcte et n’empêche pas la lecture de celui-ci. N’oubliez pas non plus de le signer.
    • Choisissez une adresse électronique sérieuse : évitez les grenouilledu59@xxxx.fr ou superhero@xxx.com que l’on trouve si souvent. Placez vous d’ores et déjà dans une optique professionnelle et privilégiez les adresses du type prénom.nom@xxxx.fr. De même, pour la photo à joindre au dossier, évitez les photos prises en soirée, en voyage… et privilégiez une photo sobre, en couleurs ou en noir et blanc.
    • Organisez vos pièces jointes au dossier en regroupant les documents de même type. Par exemple, vous pouvez agrafer les différentes feuilles d’un relevé de notes, numéroter les pages de votre dossier… Tout ceci en facilitera la lecture et permettra au jury de trouver facilement les informations recherchées.
    • Ce n’est pas l’épaisseur du dossier qui compte ; évitez donc de le « remplir » en y insérant tous les documents en votre possession sans que leur présence soit justifiée (ainsi, il n’est pas utile de joindre une copie du diplôme du brevet des collèges ou du permis de conduire).
    • Une grande rigueur étant attendue en Master TSM, veillez à soigner la présentation générale de votre dossier, en évitant les ratures, les documents chiffonnés, cornés ou tachés.

 

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bon courage pour la compilation de votre dossier ! A bientôt ! ;o)

 

Traduire Wordbee pour Wordbee avec Wordbee, retour sur un projet de traduction inédit

Par Gareth Wilson, intervenant professionnel au sein du Master TSM

 

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Le contexte

Depuis 2015, dans le cadre du module « Nouveaux outils » en M2 du Master Traduction spécialisée multilingue : gestion de projets et technologies (M2 TSM), j’assure, en tant qu’intervenant extérieur, un cours portant sur l’outil de gestion de projets de traduction et de TAO, Wordbee.

Wordbee permet de gérer tous les aspects d’un projet de traduction, de la demande de devis initiale jusqu’à la facturation, en passant par les différentes phases de la production (traduction, révision, relecture, assurance qualité), le tout via une plateforme en ligne.

J’ai découvert Wordbee il y a 4 ans, lors d’une mission de conseil pour une agence de traduction. Celle-ci envisageait de migrer l’ensemble de ses processus administratifs et opérationnels relatifs à la traduction vers une solution « cloud », et voulait confirmer le choix de Wordbee. La mission qui m’a été confiée consistait à évaluer l’outil dans des conditions de production réelles, après une phase de paramétrage et d’essais.

La découverte de Wordbee a été un véritable tournant dans ma vie professionnelle de traducteur indépendant. J’ai été tellement impressionné par sa conception, ses fonctionnalités, sa flexibilité, sa facilité relative de prise en main, et la réactivité du support technique que j’ai rapidement décidé de l’adopter pour ma propre utilisation.

En 2014, avec toute la foi et passion du nouveau converti, j’ai proposé au responsable du M2 TSM d’intégrer Wordbee dans le programme de cours offerts en deuxième année. L’année suivante, c’était chose faite. Depuis lors, l’UFR des LEA bénéficie de l’offre « Universités » de la société Wordbee, qui permet aux étudiants en M2 TSM de disposer de l’outil pendant une année pour une fraction du prix d’abonnement normal.

L’objectif du cours est d’initier les étudiants à Wordbee, et plus généralement à la gestion de projets en traduction. C’est un cours pratique au cours duquel, dans un premier temps, nous simulons, de façon modulaire, différentes phases d’un projet de traduction (par exemple, la création de clients et de « fournisseurs », la gestion de ressources linguistiques, la création de projets et les tâches associées, la traduction et la révision, la livraison, la facturation, etc.). Dans un deuxième temps, les étudiants sont invités à enchaîner ces modules, à rassembler ces « briques de connaissance », lors de simulations de projets avec des clients et des fournisseurs « fictifs » qu’ils auraient préalablement créés.

 

La naissance du projet, un heureux concours de circonstances

Lors de la mission de conseil mentionné plus haut, j’ai eu l’occasion de rencontrer et de sympathiser avec le co-fondateur et PDG et de la société Wordbee, M. José Vega. Nous sommes restés en contact depuis.

À la mi-octobre 2016, j’avais pratiquement terminé mon cours sur Wordbee. Nous avions passé en revue l’ensemble des composants que mon quota d’heures me permettait d’aborder, mais les étudiants avaient été suffisamment formés à l’outil pour être opérationnels dans un environnement professionnel.

À la même époque, la société Wordbee m’a contacté. Il était question de traduire le site de la société en français, et ils voulaient que je leur envoie un devis pour cette prestation. C’était un projet de 16 000 mots, qui devait être géré, bien évidemment, sur une plateforme Wordbee. La livraison était attendue avant la fin de l’année.

Arrêtons-nous un instant, si vous voulez bien, et faisons le résumé de la situation dans laquelle je me trouvais. D’un côté, en tant qu’intervenant chargé de cours en M2TSM, j’avais un groupe d’étudiants traducteurs, de langue maternelle française, formés à l’utilisation de Wordbee. De l’autre côté, en tant que prestataire de services de traduction, j’avais un client — Wordbee — qui avait comme projet de faire traduire son site en français, via une plateforme Wordbee.

C’est à ce moment-là qu’une idée a germé dans mon esprit : pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups en proposant à Wordbee de faire faire la traduction par les étudiants en M2 TSM ? Pourquoi ne pas faire traduire le site Wordbee pour Wordbee avec des étudiants formés à Wordbee ? À mes yeux, c’était une solution gagnant-gagnant pour tout le monde.

Restait alors à vendre l’idée aux différents parties prenantes (les étudiants, Rudy Loock, le responsable du Master, et Wordbee), tout en conciliant les souhaits et exigences de chacun. Et j’avoue, ce ne fut pas très difficile. Chacun y voyait immédiatement les bénéfices qu’il pouvait en tirer. Pour le responsable du Master, c’était une belle occasion de promouvoir le programme TSM. Pour les étudiants, c’était l’occasion de mettre en pratique leurs connaissances en gestion de projet et de traduction lors d’un « vrai » projet, pour un « vrai » client. Avec en plus la possibilité de facturer la prestation pour un montant qui permettrait de couvrir une partie non-négligeable des frais pour leur voyage à Dublin prévu en février 2017. Enfin, pour Wordbee, les avantages étaient évidents, et pas seulement financiers : de « vrais » traducteurs, de langue maternelle française, formés à Wordbee, et en plus, très motivés.

 

Le lancement du projet

Pour le lancement officiel du projet, M. José Vega lui-même avait accepté de rencontrer (virtuellement) les étudiants lors d’une session Skype. Ce fut un échange à la fois riche en informations et motivant pour les étudiants.

La réunion portait essentiellement sur un nouvel outil développé par Wordbee — la Beebox — qu’ils comptaient utiliser pour gérer les échanges de fichiers entre notre plateforme Wordbee et leur « CMS » (Content Management System, système de gestion de contenu en français).

Après la réunion, M. Vega m’a confié que l’exercice lui avait beaucoup plu, et qu’il serait prêt à renouveler l’expérience.

 

Le démarrage et le déroulement du projet

Les étudiants ont tout pris en charge eux-mêmes, de la préparation du planning, l’attribution des rôles et la répartition du travail, à la rédaction des guides de style et des consignes pour les différentes catégories d’intervenants (traducteur, réviseur, assurance qualité).

L’équipe-projet était composée des 19 étudiants de la promotion, auxquels étaient attribués les rôles suivants :

  • Gestion de projet : 2 étudiantes
  • Traduction : 10 étudiant.e.s
  • Révision : 5 étudiant.e.s
  • QA linguistique : 1 étudiante
  • Back-up : 1 étudiant

 

J’ai moi-même assuré un rôle de supervision.

Le projet a réellement commencé le 29 novembre, avec l’envoi de planning au client. Les fichiers source ont été envoyés par le biais de la Beebox la première semaine de décembre. La phase de traduction a commencé le lendemain de la réception des fichiers.

Une des particularités de ce projet était le choix d’utiliser l’outil Slack pour tous les échanges entre les membres de l’équipe-projet. Slack est un outil de travail collaboratif par messagerie qui permet de centraliser toutes les communications nécessaires au travail en équipe. Pour plus d’information concernant cet outil, je vous renvoie à l’article rédigé par une des membres de l’équipe-projet, ici. Dans le cadre de ce projet, nous avons ouvert un compte Slack et créé un espace commun (ou « channel » dans le jargon Slack) pour les échanges destinés à toute l’équipe. Tous les membres de l’équipe pouvaient poster des messages dans ce « channel », et tous les messages étaient visibles par tous.

Slack permet aussi l’échange de messages « privés » entre utilisateurs ou groupes d’utilisateurs. Cette fonctionnalité s’est avérée très utile pour des échanges entre le superviseur et les gestionnaires de projet.

Au cours de projet, qui a duré une dizaine de jours, nous avons échangé plus de 1 200 messages, à tout moment du jour et de la nuit… et parfois même très tard la nuit ! C’est dire la motivation des étudiants !

Pour plus d’informations sur les temps forts du projet, je vous renvoie à cette page Facebook (en anglais).

 

La fin du projet et l’acceptation des travaux

Nous avons livré les traductions le 22 décembre 2016, soit plus d’une semaine avant la date butoir imposée.

Voici le message Slack que j’ai envoyé à l’équipe à la fin des travaux :

Merci et chapeau bas à vous tous !

Et croire qu’il y a des gens qui disent que les jeunes ne veulent pas bosser !?!  En tout cas, vous m’avez tous démontré le contraire tout au long de ce projet. Je sais que beaucoup d’entre vous avez travaillé jour et nuit (et parfois très tard !) pour assurer votre rôle, quel qu’il en fût. Et si vous avez pu livrer le projet dans les temps, c’est grâce aux efforts de chacun.e de vous. Bravo !

Je ne regrette pas du tout ma décision de confier ce projet à votre promotion M2 TSM, qui selon le bruit qui court, est probablement la meilleure depuis l’existence de ce Master. C’était une démarche inédite, à la fois pour moi, pour vous, et surtout pour la société Wordbee, envers qui je souhaite témoigner toute ma reconnaissance d’avoir accepté de « jouer le jeu ».

Je ne peux pas terminer sans un petit mot spécial pour celles d’entre vous avec qui j’ai échangé le plus de messages, c’est-à-dire, vos chères PM, Mélissa et Célia. Elles ont mené le projet d’une main de maître ! Bravo, les filles !

Et puis, en bon « acte managérial » — c’est un private joke — je pense que nous devons fêter cette réussite. Peut-être les PMs pourraient-elle organiser un petit « get-together » pour une séance photo et quelques verres et amuse-gueules ? C’est l’Asso qui paie !

Bonne continuation à vous tous !

Et à bientôt, j’espère.

Les traductions ont été validées, sans retours, le 16 janvier 2017, avec les félicitations du client.

Extrait d’un mail récent de M. José Vega, PDG de Wordbee :

J’ai été très épaté de voir la rigueur du travail et le respect des délais ! C’est surprenant le nombre de mails échangés entre vous via Slack, mais aussi via l’éditeur de Wordbee. Rien à dire : c’est un travail de professionnels !

 

 

Ce projet est inédit dans la mesure où il a permis la concrétisation d’une idée qui est soulevée régulièrement au sein du Master TSM depuis plusieurs années, à savoir, celle de mettre en place un « bureau de traduction virtuel » géré par les étudiants en M2. Cette expérience montre que c’est possible.

En conclusion, je tiens à remercier Rudy Loock pour son soutien tout au long de l’aventure Wordbee. Mes remerciements aussi à M. José Vega d’avoir « joué le jeu » en confiant ce projet aux étudiants en M2 TSM. Mais surtout, je souhaite dire ma gratitude aux étudiants. Ils m’ont permis de vivre une expérience passionnante à leur côté. Je leur souhaite tous une bonne continuation pour la suite de leur carrière.

 

 

Note : Malgré les 32 occurrences du mot « Wordbee » dans ce billet, l’auteur n’a aucun conflit d’intérêt avec la société du même nom.

Retour sur l’atelier de traduction et d’adaptation de CV pour les étudiants réfugiés

Par Clémentine Carriot, étudiante M2

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Sur la base du volontariat, les étudiant.e.s en 2ème année du master TSM, dont je fais partie, ont participé à une journée d’accueil pour des étudiants réfugiés et demandeurs d’asile récemment admis à l’université de Lille. Le but était de mettre nos compétences en traduction au service de ces étudiants.

 

C’est notre professeur M. Rudy Loock qui est à l’initiative de cette journée à laquelle nous sommes très fiers d’avoir pu participer. En effet, cet atelier fait suite au projet de l’Auberge des Migrants, grâce à qui les étudiants ont pu quitter Calais et suivre des cours à l’Université de Lille.

Ainsi, le mercredi 14 décembre 2016 dès 9h30, nous nous sommes répartis entre étudiants réfugiés et étudiants du Master TSM dans deux salles du campus de Roubaix pour des ateliers de traduction de CV.

Dans un premier temps, nous nous sommes rapidement présentés un à un, puis nous avons constitué des binômes de travail. Grâce à la « classe mobile » (des ordinateurs portables prêtés par l’université), chaque duo avait à sa disposition un ordinateur pour effectuer des recherches et rédiger le CV.

L’étudiant avec qui j’ai travaillé s’appelle Zafar et il a mon âge, 22 ans. Il est originaire du Pakistan, qu’il a dû quitter sous la menace des talibans. Après avoir fait brièvement connaissance, nous avons commencé à travailler sur son CV en commençant par noter les formalités (nom, prénom, adresse, etc.), puis nous lui avons créé une adresse e-mail, élément indispensable du CV, sur Gmail. Ensuite, nous avons établi une liste des établissements où il a étudié et des diplômes qu’il a obtenus, en anglais dans un premier temps. L’une des difficultés principales de cet atelier a été de trouver des équivalences françaises aux diplômes étrangers. Pour cela il a fallu comparer l’âge auquel l’examen était passé, ou encore la durée d’études nécessaires à l’obtention du diplôme. En général, on a choisi d’écrire le nom du diplôme en anglais ou dans la langue d’origine, puis de préciser entre parenthèses l’équivalence française. Pour compléter le CV, nous avons répertorié les langues pratiquées, qui sont une réelle valeur ajoutée. En effet, plusieurs étudiants parlaient différentes langues ou dialectes en plus de leur langue d’origine, ce qui peut être un atout dans certains domaines, tel que le commerce. Par exemple, l’étudiant avec qui je travaillais avait pour langue d’origine l’ourdou (langue officielle du Pakistan), mais savait aussi parler le pachto (langue officielle de l’Afghanistan) ainsi que l’hindi.

Pour terminer le CV, nous avons ajouté les compétences informatiques de Zafar ainsi que ses centres d’intérêt. Nous n’avons pas pu ajouter de partie « Expérience professionnelle » car il n’en n’avait pas encore, mais les étudiants réfugiés ayant déjà exercé une activité professionnelle l’ont bien sûr précisé dans leur curriculum vitae.

 

Aux alentours de 12h, nous avons tous bénéficié d’un repas offert par l’université, que nous avons mangé au restaurant universitaire du campus de Roubaix et autour duquel nous avons pu échanger tous ensemble.

Ensuite, nous avons repris l’atelier où nous avons finalisé la mise en page du CV. Puisqu’il nous restait du temps, j’ai pu expliquer à mon binôme les différentes conventions à utiliser dans les lettres de motivation françaises, et nous avons rédigé une ébauche de lettre, afin qu’il puisse l’utiliser comme modèle dans le futur (surtout au niveau du format, des formules de politesse, etc.).

Nous avons ensuite tous les deux décidé d’échanger sur nos origines, notre parcours : il m’a montré sur une carte d’où il venait exactement, où vivait sa famille actuellement, m’a expliqué pourquoi il était parti et le chemin qu’il avait parcouru pour arriver jusqu’en France (dont une majorité a été faite à pieds, pendant six mois).

Après ce moment de partage, l’ensemble du groupe s’est dirigé vers le musée de La Piscine, à Roubaix, qui nous a ouvert ses portes gratuitement pour l’occasion. Nous avons pu déambuler librement dans les couloirs du musée, où j’étais toujours accompagnée de mon binôme étudiant qui a beaucoup apprécié la visite. En effet, certaines œuvres lui ont rappelé d’une manière ou d’une autre le Pakistan, ce qui lui a fait plaisir.

Une fois la visite du musée terminée, nous avons clos cette journée par des au revoir, mais en échangeant tout de même nos adresses e-mail pour partager nos photographies de la journée et obtenir des nouvelles.

Je suis très heureuse et fière d’avoir pu participer à cette journée, de m’être rendue utile, d’autant plus que Zafar m’a expliqué qu’il considérait ce jour comme une belle opportunité et comme une chance, car il n’a pas l’habitude de parler français aussi longtemps avec des jeunes de son âge.

Je suis d’autant plus fière d’avoir été présente à cet atelier au vu de ce qu’il m’arrive de lire et d’entendre au quotidien : des foyers de travailleurs immigrés incendiés, des coups de feu contre des foyers d’accueil de réfugiés, des commentaires honteux et des appels à la haine sur les réseaux sociaux, etc. Après avoir passé la journée avec un étudiant réfugié et avoir écouté son histoire, le sentiment d’incompréhension face à ce type d’acte est encore plus grand.

Pour conclure cet article, je souhaite tout le meilleur aux étudiants que nous avons rencontré ce jour, et je remercie M. Loock de nous avoir permis à tous de participer à cette journée très enrichissante que nous n’oublierons pas.

 

En bonus : article de La Voix du Nord du vendredi 16 décembre sur cette journée (cliquer sur la photo) :

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Retour sur la conférence de la SFT du samedi 10 décembre

Par Ombeline Pavy, étudiante M2

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Cette année, les étudiant.e.s de deuxième année de Master TSM ont eu l’opportunité d’assister à une formation très courue de la SFT (Société Française des Traducteurs) qui a eu lieu pour la deuxième année consécutive à Villeneuve d’Ascq, sur le domaine du Pont de Bois. Outre les étudiants, de nombreux professionnels (qu’ils soient traducteurs indépendants ou traducteurs salariés) et futurs professionnels du secteur de la traduction avaient répondu à l’appel.

Le nom de cette formation est le suivant : réussir son installation et se constituer une clientèle.

Pour aborder les différents thèmes de la journée de formation, deux intervenantes ont fait le déplacement. Nathalie Renevier, traductrice indépendante spécialisée dans la traduction médicale, scientifique et juridique, basée dans la région de Grenoble, et Chris Durban, également traductrice indépendante,  spécialisée dans la traduction financière, basée en région parisienne. Depuis plusieurs années maintenant, c’est ce duo très spécial qui se charge de cette formation très enrichissante pour les professionnels du secteur.

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Nathalie Renevier a débuté la formation. Tout au long de la matinée, cette dernière nous a fait part des différents statuts existants (notamment celui d’autoentrepreneur, et celui de profession libérale). Elle a mentionné les spécificités de ces différents statuts, mais aussi leurs points forts et leurs points faibles. Ainsi, nous avons obtenu des informations précises sur les charges sociales, les déclarations, les obligations légales et les comptes bancaires pour ne citer que quelques uns des points abordés. Ensuite, la traductrice indépendante s’est attaquée aux différents régimes fiscaux existants (et plus particulièrement au régime micro-social et au régime réel). Étant donné que le choix du statut est primordial pour un traducteur indépendant, ces informations et conseils nous ont été très bénéfiques.

En début d’après-midi, Nathalie Renevier a continué la formation pour donner des détails sur la gestion du quotidien d’un traducteur indépendant. Elle a principalement mis l’accent sur les devis, les factures et les bons de commande en faisant part des différents éléments devant obligatoirement figurer sur ces fichiers. Pour terminer son intervention, la traductrice indépendante nous a prouvé l’importance de la lecture attentive des contrats. Pour ce faire, nous avons effectué différents cas pratiques.

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Puis, c’est Chris Durban qui a poursuivi la formation. Cette dernière à tout d’abord mis l’accent sur l’importance de la spécialisation (spécialisation par domaine, et même par sous-domaine). En effet, la traductrice indépendante spécialisée dans la finance nous a rappelé qu’il valait mieux être réellement spécialisé dans quelques domaines plutôt que de se spécialiser légèrement dans de nombreux domaines. Pour se spécialiser, la traductrice nous a recommandé de trouver des associations professionnelles elles-mêmes spécialisées dans le domaine en question. Chris Durban a ensuite donné aux personnes présentes de nombreux conseils permettant de se positionner sur le marché de la meilleure des manières.

Pour terminer la journée, Chris Durban nous a donné quelques astuces qui pourraient  permettre à un traducteur indépendant de se constituer une clientèle. Elle nous a mentionné différentes tâches qu’elle même fait depuis des années dans le but de trouver de nouveaux clients. Nous avons donc retenu qu’il était important de s’intéresser, de bouger, d’aller au contact de clients potentiels, de se rendre dans des salons, de participer à des réunions de professionnels, d’assister à des conférences…). En fait, un traducteur indépendant se doit de toujours avoir une carte de visite sous la main, au cas où un échange anodin pourrait se transformer en relation de travail.  Elle n’a pas manqué de nous rappeler qu’il est important de connaître les acteurs du marché, et de comprendre le domaine dans lequel on choisit de se spécialiser.

 

Tout au long de la journée de formation, Chris Durban et Nathalie Renevier ont insisté sur le fait qu’un traducteur indépendant ne doit pas seulement aller à la rencontre de clients potentiels, il se doit également d’aller à la rencontre d’autres traducteurs indépendants.

Les échanges entre les deux intervenantes et les personnes présentes ont été nombreux lors de cette formation très vivante. Toutes les personnes présentes pouvaient poser des questions à tout moment, ce qui a rendu la discussion dynamique.

Les étudiant.e.s du Master TSM souhaitent remercier une fois encore les deux intervenantes pour leurs explications et conseils précieux, ainsi que pour leur bonne humeur.

Visite de la Direction Générale de la Traduction (DGT)

Par Cassandre Sikorski, étudiante M2

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Le vendredi 9 décembre, les étudiants du master TSM se sont rendus à Bruxelles afin de visiter la direction générale de la traduction. Cette journée a été ponctuée d’interventions de professionnels de la DG Traduction sur des sujets variés, tous liés à l’activité du service interne de traduction de la Commission européenne.

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La place de la traduction dans une Europe multilingue

Cette journée a débuté par une intervention de Catherine Vieilledent-Monfort, chargée du développement professionnel et organisationnel à la DG Traduction, sur le principe du multilinguisme européen et le statut de la traduction au sein des institutions européennes.

Au cours de cette intervention le statut particulier de la traduction au sein des institutions a notamment été abordé, puisque la traduction y est considérée comme une technique de rédaction. En effet, la traduction des textes institutionnels est entièrement intégrée au processus législatif et intervient donc très rapidement. De plus, les textes traduits ont pour les institutions et les États de l’Union européenne la même valeur que les textes originellement produits par l’institution en question.

La direction générale de la traduction

Cette première intervention a été suivie d’une présentation de la DG Traduction. Nous avons ainsi pu en apprendre davantage sur le fonctionnement de ce service divisé en six directions : une direction ressources et une direction relations clients, auxquelles s’ajoutent quatre directions en charge des traductions. Parmi ces directions travaillait un total de 2 500 personnes dont 1 700 traducteurs en 2012. Chaque année, près de deux millions de pages sont ainsi traduites au sein du service de traduction de la Commission européenne, dont environ 40 % de documents législatifs.

La gestion de la terminologie

Nous avons ensuite reçu une introduction à la gestion de la terminologie au sein de la DG Traduction au cours de l’intervention de Chryssoula Doudoulakaki, terminologue du département de langue grecque de la DG Traduction.

Les terminologues de la DG Traduction se comptent en général au nombre de un à trois par département, nombre déterminé en fonction de celui des traducteurs travaillant au sein du département. Ces terminologues assurent la gestion de la base de données terminologique IATE et fournissent un appui terminologique aux traducteurs de leur département.

En plus de cela, des réseaux terminologiques ont également été formés afin d’appuyer les terminologues de la DG Traduction dans leurs missions. Ces réseaux rassemblent des experts dans les domaines travaillés par les traducteurs de la DG. Ces experts, souvent membres d’universités, de centres de recherche, ou encore d’autres institutions européennes, s’inscrivent au réseau du département de leur langue maternelle pour ensuite recevoir des demandes par e-mail émanant des terminologues à la recherche d’un renseignement sur un terme.

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Le recrutement et les stages

Silvia Varela, coordinatrice des stages à la DG Traduction a ensuite abordé la question du recrutement. Ceux qui souhaiteraient ainsi intégrer le service de traduction de la Commission européenne devront passer le concours de recrutement organisé chaque année par l’institution en fonction de ses besoins dans les différentes combinaisons linguistiques, un concours qui évalue la maîtrise de la langue source et des deux langues cibles des candidats, mais également leurs compétences orales et en traduction.

Cette intervention a également été l’occasion d’en apprendre davantage sur les stages auprès de la DG Traduction, pour lesquels l’admission se fait sur dossier.

La sous-traitance auprès d’agences et de traducteurs indépendants

La question de la sous-traitance auprès d’agences et de traducteurs indépendants a finalement été soulevée. La DG Traduction sous-traite en effet 25 à 28 % de ses besoins en traduction. À titre d’exemple, en 2015, ce sont 1,9 million de pages qui ont été traduites par le service de traduction, dont 73 % en interne et le reste par plus de 400 sous-traitants.

Le recrutement des sous-traitants se fait par le biais d’un appel d’offres annuel pour les langues principales et de contrats d’achats de faible valeur pour celles dont le volume est moindre ou dans le cas des combinaisons plus rares. Les contractants sélectionnés sont ensuite classés en fonction de la qualité de chacune des traductions livrées.

 

Notre visite à la direction générale de la traduction a également été ponctuée d’interventions sur la qualité du texte source ou encore sur la traduction Web, autant de réflexions qui ont fait de cette journée une expérience très enrichissante. Merci donc à la DG Traduction de nous avoir accueillis dans ses locaux ainsi qu’aux intervenants pour leurs présentations.