#JMT2018 : Retour sur la Journée mondiale de la traduction à l’Université de Lille

Par Rudy Loock, responsable de la formation TSM

 

Depuis 1953, à l’initiative de la Fédération internationale des traducteurs (FIT), nous célébrons chaque 30 septembre la Journée mondiale de la traduction (JMT), journée reconnue officiellement par l’ONU depuis l’an dernier. Pourquoi le 30 septembre ? Nous célébrons ce jour-là saint Jérôme, saint patron des traducteurs et des bibliothécaires.

À cette occasion, de nombreux événements visant à promouvoir les métiers de la traduction sont organisés un peu partout dans le monde. En France, la Société Française des Traducteurs (SFT) et un certain nombre de formations universitaires en traduction (voir par exemple les formations membres de l’Association française des formations universitaires aux métiers de la traduction), parfois en collaboration, ont proposé cette année toute une série de manifestations entre fin septembre et mi-octobre (voir ici le calendrier des manifestations SFT).

À l’Université de Lille, c’est le vendredi 28 septembre qu’a été célébrée la JMT2018 sur le site de Villeneuve d’Ascq, en collaboration avec la SFT et en présence des étudiants en traduction de l’université (parcours MéLexTra et TSM), de membres de la SFT, ainsi que de traducteurs et traductrices de la région.

Le matin, la SFT a animé une table ronde très intéressante sur une question cruciale pour les étudiants s’apprêtant à s’installer comme travailleurs indépendants : Comment travailler avec les agences de traduction ? Avec Dominique Durand-Fleischer en modératrice, Charles Eddy, Jackie McCorquodale, Sophie Dzhygir et Christèle Blin ont proposé une réflexion sur les enjeux et parfois les difficultés d’une telle collaboration : comment être recruté, entretenir de bonnes relations professionnelles, bien comprendre le fonctionnement des agences, négocier les tarifs… soit tout un ensemble de questions très importantes lorsque l’on sait que 50% des traducteurs/traductrices travaillent régulièrement avec des agences (source : enquête SFT 2015 sur les pratiques professionnelles en traduction). La table ronde a ensuite laissé place à un déjeuner, où traducteurs/traductrices et étudiants ont pu échanger en toute convivialité.

 

L’après-midi a été consacré à la traduction culinaire. Dans le cadre d’une « Carte blanche », deux traductrices spécialisées dans ce domaine, Rachel Doux et Marion Richaud, ont expliqué leur façon de travailler et les enjeux d’une telle spécialisation, qui les poussent parfois à passer en cuisine afin de tester les recettes qu’elles traduisent ! Les deux traductrices ont ensuite été rejointes par Kilien Stengel, auteur gastronomique et chercheur en sciences de l’information et de la communication, pour des exposés plus formels sur les questionnements autour de ce type de traduction spécialisée. Comment en effet gérer l’instabilité sémantique de termes apparemment aussi simples que « sucré » ou « salé », dont le sens change en fonction des époques, mais aussi des cultures ? Comment gérer l’absence d’équivalences entre la langue source et la langue cible ? Faut-il traduire par exemple « Mac & Cheese » par « gratin de pâtes » ? La traduction culinaire amène par ailleurs à prendre en compte des phénomènes parfois très subtils : tout jambon espagnol n’est pas ibérique, « pâte d’amande » peut se traduire différemment en fonction du taux de sucre, certains morceaux de viande n’ont aucun équivalent comme le « porterhouse steak » en français.

En la matière, l’objectif est donc selon les intervenants le pragmatisme : il convient de traduire en imaginant les lecteurs en train de préparer les plats en question, ce qui nécessite parfois de recourir à la visualisation des ingrédients ou des ustensiles sur internet afin de traduire au plus près tout en effectuant des adaptations qui permettront aux lecteurs en langue cible d’effectivement réaliser les recettes. La traduction peut alors aller jusqu’à une transformation complète de la recette de départ, illustrations comprises, voire jusqu’à la suppression complète d’une recette donnée lorsque celle-ci ne peut être réalisée !

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La JMT2018 à l’Université de Lille fut donc placée sous le signe de la professionnalisation et de la sensibilisation à des questions très importantes comme la spécialisation, les différences interculturelles, ou encore le travail en collaboration avec les agences de traduction. À l’année prochaine pour la JMT2019 !

 

 

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L’innovation sur les bancs de la fac !

Par Céline Gherbi, étudiante M1 TSM

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Si vous pensez ne pouvoir suivre que des cours théoriques sur les bancs de la fac, vous vous trompez. La révolution digitale a apporté son lot de changements dans notre quotidien pourtant en matière d’enseignement, nous avons encore tendance à nous tourner vers d’anciens modèles d’apprentissage. Il est vrai que l’innovation inquiète parfois, car elle comporte une prise de risque et les changements qu’elle implique demandent un effort d’adaptation et souvent beaucoup de travail. Pourtant, cette année les étudiants du Master TSM, dont je fais partie, ont découvert une façon originale de s’exercer à leur futur métier. En effet, les enseignants se sont engagés dans une nouvelle forme d’apprentissage pour permettre à leurs étudiants de se confronter au monde du travail et de mettre en pratique leurs récents acquis en matière de traduction, d’outils informatiques et de gestion de projet au sein d’un cadre pédagogique sécurisant. L’idée, à la fois simple et complexe, qu’ils ont menée à bien, est celle de créer une agence virtuelle de traduction entièrement gérée par les étudiants et nommée Skills Lab.

 

Afin de mieux comprendre les tenants et aboutissants d’un tel projet, M. Loock, responsable du parcours de master, a accepté de répondre à mes questions.

 

Pourquoi avoir intégré le Skills Lab au programme du Master TSM ? Quelles étaient vos attentes ?

L’objectif global était de placer les étudiants dans une situation de simulation vis-à-vis de projets de traductions réels à réceptionner et à livrer, le tout en quasi autonomie. Ceci relevait de la politique globale de la formation, qui met l’accent sur la professionnalisation en préparant les étudiants le plus possible à la vie professionnelle qui les attend.

Mais il y avait d’autres objectifs, comme la volonté de décloisonner les enseignements et de sortir du cadre des cours traditionnels. Les étudiants de master, notamment en M1, ont encore une vision des études qui est celle du secondaire et parfois de la licence en France : les enseignements sont considérés de façon individuelle, avec des évaluations distinctes, qu’il convient de valider. Avec le Skills Lab, il s’agit de mobiliser les compétences acquises lors de différents enseignements (gestion de projets, terminologie, traduction, TAO, outils de corpus, etc.) au service d’un ensemble de tâches, à savoir la gestion d’une série de projets de traduction réels. Un autre objectif était d’amener les étudiants de M1 et de M2 à travailler ensemble, ce qui jusqu’alors ne se faisait pas. Enfin, en plaçant les étudiants en autonomie, l’objectif était aussi de les amener à prendre du recul vis-à-vis de leur travail et de leurs compétences : par définition lorsque l’on est placé en autonomie, on commet des erreurs, mais c’est justement en commettant ces erreurs et en les corrigeant que l’on apprend, et surtout que l’on prend confiance en soi.

Avez-vous hésité avec d’autres formes d’apprentissage ?

Si l’on souhaite que les étudiants soient rapidement en lien direct avec le monde professionnel, il existe bien entendu les stages, qui ont été mis en place dès la création du master en 2004, mais il existe d’autres possibilités, comme par exemple le master en alternance, qui implique que chaque étudiant doive en début d’année universitaire trouver une agence/entreprise susceptible de les accueillir pour l’année. En traduction, ceci peut être difficile pour les étudiants, surtout s’il s’agit de trouver une agence/entreprise de la région, et cette possibilité n’est donc pas envisageable. En plus des stages, le cours « Projet de Traduction », où les étudiants travaillent sous la supervision de traducteurs professionnels, permet également ce lien avec le monde professionnel, mais le Skills Lab permet d’aller plus loin. Une autre possibilité, compatible avec le Skills Lab d’ailleurs, est la création d’une Junior Entreprise, mais la charge administrative pour la gestion d’une telle structure est lourde, et sa mise en place longue ; le passage de relais entre les étudiants, qui ne sont présents qu’entre mi-septembre et mars sur le campus, pourrait d’ailleurs être problématique.  A l’inverse, la mise en place d’un Skills Lab peut se faire d’une année sur l’autre, en réaménageant la structure des enseignements. C’est le choix qui a été fait pour compléter la mise en situation lors des stages obligatoires et dans le cadre des cours « Projet de Traduction ».

Avez-vous rencontré des obstacles lors de la mise en place ou l’aboutissement de ce projet ? Si oui, quelles ont été les solutions ?

Quel que soit le projet, il y a toujours des obstacles. Il a d’abord fallu convaincre les professionnels en charge des cours « Projet de Traduction » qu’une réorganisation permettant la mise en place d’un Skills Lab était nécessaire. Ceci redéfinit nécessairement le rôle des formateurs, qui doivent trouver une nouvelle place afin d’accompagner et d’évaluer les étudiants.

Il a également fallu trouver les « clients », ce qui a suscité des inquiétudes au départ, mais en fait cela ne fut pas si difficile malgré un calendrier compliqué pour eux (envoi des documents à traduire en novembre, pour une livraison en mai-juin, après évaluation). De même, l’organisation logistique n’a pas véritablement posé de problèmes : le calendrier universitaire a été réorganisé afin de libérer une semaine de tous les enseignements TSM. L’UFR LEA, qui soutient toujours les projets proposés, a facilité l’organisation matérielle : réservation de salles à la semaine, mise à disposition d’un badge, etc.

Enfin, l’éternelle question des moyens. Il s’agissait de mettre en place un nouveau dispositif à coût constant, même si pour la première année, nous avons bénéficié d’une petite enveloppe budgétaire puisque le dispositif a été reconnu projet pédagogique innovant par l’université. Il a donc fallu réorganiser les heures consacrées au cours « Projet de traduction » afin de maintenir le projet individuel tout en instaurant le projet collaboratif au sein du Skills Lab. Il a également fallu s’assurer de la présence volontaire des professionnels pour les simulations d’entretien qui ont eu lieu en décembre et ont été visiblement très appréciés des étudiants.

Êtes-vous satisfait de cette première édition ?

Oui, tout à fait. Les étudiants ont rempli leur contrat et se sont montrés globalement très enthousiastes. La lecture des rapports rédigés après le Skills Lab montre qu’ils en retirent beaucoup de choses positives, même si certaines difficultés sont apparues. Les projets de traduction ont été livrés et apportent satisfaction aux clients, ce qui est une très bonne chose. Les enseignants ayant supervisé le projet trouvent également que le dispositif a permis aux étudiants de gagner en autonomie et de prendre conscience de leurs compétences professionnelles. Les étudiants de M2 en particulier ont pu mesurer le chemin parcouru depuis le M1 et se sont montrés particulièrement habiles dans leur gestion des choses : les conseils qu’ils ont pu donner aux M1 pour la révision des textes étaient généralement très bien vus.

Bien entendu, il y a eu quelques difficultés : s’agissant d’une première édition, le dispositif était expérimental. Notamment, les étudiants de M1, qui pour la plupart n’avaient jamais effectué de stage en agence/entreprise, ont eu un peu de mal à trouver leur place au sein du dispositif. Il conviendra de mieux les guider l’an prochain, mais ils bénéficieront déjà de l’expérience des M2 qui en M1 auront connu le Skills Lab contrairement aux étudiants de cette année et seront donc plus à même de les guider et de créer les conditions propices à une collaboration rapprochée. Également, le rôle des préparateurs de ressources n’avait pas été suffisamment bien pensé (ils n’étaient notamment pas suffisamment nombreux), ce qui a posé des difficultés pour la traduction, et par ricochet, pour la révision. Le dispositif sera donc adapté.

Dans le cadre du Skills Lab et de l’INSTB dont le Master TSM fait partie, une étude scientifique de l’influence de tels dispositifs sur la façon dont les étudiants perçoivent leurs compétences est en cours. Les premiers résultats, qui ont été présentés au mois de juin à un colloque sur la didactique de la traduction à Barcelone (didtrad2018), montrent en effet une évolution (présentation disponible ici). Les 268 étudiants inscrits dans les formations européennes membres de l’INSTB ont répondu au même questionnaire avant et après le travail collaboratif au sein d’un Skills Lab ou d’un bureau virtuel de traduction, et les résultats, concernant pour le moment 4 universités dont l’Université de Lille, montrent que les étudiants estiment avoir davantage de compétences à l’issue d’un tel travail collaboratif, qu’il s’agisse de compétences techniques, liées à la gestion du temps, ou encore au travail en équipe (les fameuses soft skills). Ces résultats encourageants feront l’objet d’une publication scientifique.

Avez-vous décidé d’apporter des modifications à la seconde édition ?

Oui, puisque toute première édition est nécessairement expérimentale. La lecture des rapports rédigés à l’issue du Skills Lab a permis de comprendre certaines des difficultés rencontrées par les M1 notamment, mais aussi certains problèmes d’organisation relatifs à la préparation des ressources. Pour l’édition 2019, où les autres langues de travail seront intégrées, il y aura davantage de gestionnaires de projets et de préparateurs de ressources, et les étudiants de M1 ne seront plus limités à la traduction. Beaucoup d’étudiants pourront assurer deux rôles distincts, par exemple traduction/préparation de ressources ou encore révision/préparation de ressources. Un debriefing après le Skills Lab sera également programmé dès le vendredi soir, dernier jour du dispositif, car les étudiants de cette année auraient aimé que ce soit le cas. La facturation des projets pourrait également faire l’objet d’une attention accrue, même si celle-ci est fictive, les projets ne faisant pas l’objet d’une vraie rémunération.

En revanche, bien que cela soit une demande des étudiants, nous ne pouvons malheureusement pas étendre le Skills Lab et proposer une durée de deux semaines : les étudiants de M2 partent en stage très tôt et ont beaucoup de projets à remettre avant leur départ. Le Skills Lab 2019 sera en revanche légèrement décalé afin que les étudiants de M2 n’aient pas comme cette année à gérer de front tous ces projets et le Skills Lab, qui sera placé la toute dernière semaine avant leur départ, l’ensemble des autres projets ayant été rendus en amont.

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure ?

Des « clients » se sont déjà manifestés pour la prochaine édition, ce qui est bon signe !

 

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Ci-dessus les premiers clients de notre agence.

 

En tant qu’étudiante, j’ai pour ma part beaucoup apprécié le Skills Lab pour ce qu’il m’a apporté en matière de compétences, mais au-delà de ça, j’ai beaucoup aimé participer à ce projet parce qu’il ne s’agissait plus d’étudier avec pour seule finalité l’obtention d’une note, cette fois, mon travail allait être utile à d’autres.

Je vous invite donc à cliquer ici pour lire le billet de blog d’Alessandro Circo qui vous emmènera au cœur de notre petite entreprise et ici afin d’en apprendre davantage sur notre formation et venir nous rejoindre.

 

Retour sur la visite de la Direction générale de la traduction

Par Margaux Bochent, étudiante M1

 

Jeudi 8 mars 2018 avait lieu la visite annuelle de la Direction générale de la traduction (DGT) à Bruxelles. Cette journée s’articulait autour d’une série d’interventions au cours desquelles les étudiants de M1 du Master TSM, et les étudiants de M2 du Master MéLexTra, ont pu découvrir le service traduction de la Commission européenne : quel est son but, comment fonctionne-t-il, comment travaillent les traducteurs ou encore comment intégrer la DGT ? La visite a également été ponctuée de temps d’échange avec les traducteurs, moment précieux pour les étudiants qui ont pu poser toutes les questions qu’ils souhaitaient.

 

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La DGT en quelques mots

La journée a commencé par la présentation d’Emmanuel JACQUIN, chef d’unité au département de langue française, qui nous a donné quelques informations clés. La DG Traduction est chargée de traduire des documents pour la Commission européenne dans et vers les 24 langues officielles de l’Union européenne. Elle ne compte pas moins de 4 200 traducteurs, en interne et en externe, qui produisent 2 millions de pages par an. Les textes traduits sont variés : principalement des textes législatifs, mais également des communiqués, des rapports ou des documents adressés à la Commission.

Par la suite, Benjamin HEYDEN, traducteur-terminologue, a pris la parole pour nous présenter les outils d’aide à la traduction utilisés par les traducteurs de la Commission européenne. Les documents sources sont majoritairement rédigés en anglais (84 %) et doivent donc être traduits dans toutes les langues de l’UE. Dans le cadre de ces projets multilingues, un forum est créé automatiquement afin de permettre aux traducteurs d’échanger et de travailler en équipe. Cet outil représente un gain de temps considérable : une même question n’est jamais posée plusieurs fois et chaque information parvient rapidement aux traducteurs travaillant sur un même projet. Mémoires de traduction et bases de données sont également indispensables aux traducteurs, qui utilisent notamment SDL Studio et des bases terminologiques internes comme Euramis et IATE.

Les traducteurs indépendants

Parmi les 4 200 traducteurs de la DGT, certains sont des traducteurs freelances. Plus de 30 % des documents sont traités par le service de traduction en externe : soit environ 624 000 pages en 2017. Andrea TOZZI, traducteur indépendant, nous explique que la DG Traduction fonctionne avec un système de liste et de notation : le traducteur en haut de la liste est celui auquel on a recours en premier, s’il n’est pas disponible, on contacte le deuxième, et ainsi de suite. Lorsqu’une tâche de traduction est confiée à un traducteur freelance, celui-ci reçoit par la suite une note sur 10. Seules les notes supérieures à 8/10 permettent aux traducteurs de rester en haut de la liste. Il est donc dans l’intérêt de chacun de produire une traduction irréprochable afin d’avoir le plus d’opportunités de travail possible.

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Échanges avec les traducteurs

Après une intervention d’Ekaterina NAOS et de Bruno STAT, qui ont donné de nombreux conseils concernant le recrutement et les stages, la parole a été donnée aux étudiants qui ont pu poser des questions aux professionnels présents. Au cours de cette session questions-réponses, nous en avons appris davantage sur le quotidien des traducteurs, sur la fierté qu’ils ressentent à travailler pour une grande institution européenne ou encore sur la façon dont ils gèrent les logiciels de traduction automatique. Cet échange s’est poursuivi de façon plus informelle au cours du déjeuner.

 

La traduction web : quelques astuces

L’intervention suivante portait sur la traduction web. Pour produire une bonne traduction, il est indispensable de savoir pour qui l’on traduit et dans quel but. Ainsi, la traduction de pages internet nécessite des techniques bien particulières. Karine CHAVE est intervenue pour nous en parler et nous donner de précieux conseils. Elle a abordé le concept du « F-pattern » : sur internet, le lecteur aurait tendance à « scanner » la page, de haut en bas du côté gauche, et rapidement de gauche à droite. Le traducteur web doit donc, en plus de privilégier des phrases courtes et simples, s’assurer que les informations les plus importantes figurent sur la gauche de l’écran. La traductrice déconseille également l’utilisation de jargon et de terminologie technique : il est nécessaire de choisir le vocabulaire que le lecteur utilise lorsqu’il fait ses recherches.

 

Terminologie et qualité linguistique

La journée s’est achevée avec les interventions de Sandrine SENANEUCH, terminologue, et de Kate HEALY, qui a abordé le sujet de la qualité linguistique. Les terminologues de la DGT ont un rôle d’aide d’urgence : les traducteurs font appel à eux lorsqu’ils ne parviennent pas à trouver d’équivalents pour un terme. Le terminologue se consacre alors aux recherches et, si aucune traduction n’existe, se charge de trouver le terme le plus approprié possible. Les terminologues s’occupent également de l’entretien de la base terminologique IATE qui regroupe les bases terminologiques de toutes les institutions européennes : un gros travail de tri est donc nécessaire.

Kate HEALY a ensuite pris la parole et nous a expliqué que les textes traduits ne faisaient pas systématiquement l’objet d’une révision. Quand une révision est cependant nécessaire, c’est un traducteur qui s’en charge : à la DG Traduction, traducteurs et réviseurs sont confondus. Le rôle du service linguistique porterait plutôt sur l’amélioration du texte source dans le but de faciliter la tâche du traducteur.

 

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Merci à la Direction générale de la traduction de nous avoir reçus, et merci aux professionnels pour leurs interventions. Le Master TSM se déplace annuellement à Bruxelles pour cette visite, n’hésitez donc pas à lire également l’article de Cassandre Sikorski.

 

La traduction automatique : menace ou opportunité ? Retour sur la journée d’études #TQ2018 du 2 février 2018

Par Simon Watier, étudiant M1 TSM

 

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À l’occasion de la sixième édition de la journée d’études dédiée à la traduction, l’Université de Lille  et le laboratoire « Savoirs, Textes, Langage » (STL) du CNRS ont organisé le vendredi 2 février une série de conférences qui ont pour objectif de définir le lien entre la biotraduction et la traduction automatique. Afin de dresser un portrait exhaustif de cette thématique complexe mais néanmoins essentielle neuf intervenants ont apporté leurs réponses, fruit de plusieurs années de recherches et de réflexions : Emmanuel Planas, Rudy Tirry, Véronique Huyghebaert, Sandrine Peraldi, Stéphanie Labroue, Fleur Schut, Daniel Prou, Aljoscha Burchardt et Antonio Balvet.

Pour comprendre l’impact de la traduction automatique il convient de retracer l’évolution des outils de TAO (Traduction Assistée par Ordinateur) pour mieux appréhender leur incidence dans le secteur de la traduction. En effet, les premiers outils de traduction automatique remontent avant les années 40, notamment avec le linguiste italien Federico Pucci, véritable précurseur de la traduction automatique moderne. En revanche celle-ci  était davantage considérée comme un outil de décryptage et non comme un véritable acteur de la traduction. La traduction automatique neuronale (TAN) imite le fonctionnement du cerveau humain et créer des voies neuronales pour traduire une phrase dans sa totalité. Elle succède ainsi à la traduction statistique (TAS) qui utilisait également un corpus, découpé en unités de traduction auxquelles on attribuait un score de probabilité.

 

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Le triangle de Vauquois est le modèle de base de la traduction automatique.

 

La traduction automatique neuronale connait une véritable « hype » relayée, entre autre, par la presse. En effet la TAN ne se cantonne plus uniquement à la sphère professionnelle, elle fait désormais partie intégrante du quotidien (Google Translate, Facebook, Amazon, DeepL, les exemples sont légion). Pour mieux illustrer le propos, une opposition entre  la TAN et la TAS semble nécessaire afin d’exposer les avantages et les inconvénients de chacun. Le verdict n’en est que plus complexe car si la TAN assure une traduction plus fluide notamment au niveau de la syntaxe, la TAS est plus performante sur la terminologie, un point pourtant essentiel dans le travail du traducteur. Il ne faut pas omettre pour autant la post-édition qui est constituée de 3 niveaux : Full MTPE (Machine Translation Post-Editing) qui ne se distingue pas de la biotraduction, Light MTPE qui se concentre avant tout sur le sens et non sur l’approche stylistique et Focused MTPE qui examine des éléments spécifiques comme les nombres, les noms. Au final l’approche humaine demeure la clef de voûte de la traduction car si la technologie ne cesse de se perfectionner, celle-ci est incapable de retranscrire la créativité et la subtilité de l’Homme.

Heureusement les traducteurs ne sont pas en reste question ressources. Jonckers, une société de traduction créée il y a une vingtaine d’années et présente dans 10 pays a développé des outils afin de fluidifier la gestion de la post-édition, source de nombreux défis à relever. En effet différents maux liés au volume demandé peuvent affecter l’ensemble du processus (retards, client insatisfait, burn-out des traducteurs). Pour y remédier, l’entreprise a créé le Loclab, un centre de post-édition en interne qui a permis de favoriser l’échange et la proximité entre les traducteurs et les formateurs. L’aspect commercial est évidemment de mise puisque les ventes d’un produit peuvent directement dépendre d’une bonne traduction. Ainsi, un système de contrôle de qualité est instauré, 5 % du contenu est extrait puis vérifié, afin de transmettre le score obtenu au post-éditeur. La post-édition est basée sur un moteur de traduction automatique qui permet à la fois un gain de flexibilité et de productivité. Le plus important réside dans la compréhension et l’adaptation aux besoins du client.

 

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Désormais la traduction automatique est perçue de manière positive, elle ne représente plus une menace pour le traducteur mais bien une aide précieuse. Son implantation dans la formation des traducteurs constitue une preuve irréfutable. Paradoxalement peu d’articles ont été consacrés à ce sujet alors que plusieurs auteurs se sont penchés sur la question d’un point de vue épistémologique. 85 % des formations privilégient les outils les plus utilisés sur le marché, ce choix est directement lié aux pratiques des traducteurs.

Cependant plusieurs études consacrées à l’intégration des outils de TAO ont montré que la plupart des formations privilégiaient l’apprentissage de l’outil sur l’acquisition de véritables compétences en conditions de travail réelles. Il convient de prendre en considération deux aspects : la dimension professionnalisante qui désigne la compréhension des difficultés inhérentes au déploiement d’un nouvel outil dans le travail et la dimension cognitive, liée à la gestion des émotions des traducteurs face aux nouvelles technologies qui peuvent les déstabiliser. De même, l’automatisation d’une partie du processus peut perturber des stratégies de traduction (éloignement du texte source, multiplication des efforts cognitifs). Ainsi les émotions jouent une place prépondérante dans la perception mais aussi dans la performance des outils.

 

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Divers outils comme Euramis (base de données des traductions effectuées dans les institutions européennes), MT@EC (moteurs statistiques avec 79 paires de langues directes), et eTranslation (moteurs neuronaux avec 6 paires de langues) sont quant à eux davantage destinés aux traducteurs de la Commission européenne. La TA peut être utilisée de deux manières : par segment entier ou par fragments successifs. De même la traduction automatique est plus efficace avec certaines langues que les moteurs statistiques, notamment l’estonien.

Systran, qui n’est autre que le leader mondial des technologies de la traduction, a développé un moteur PNMT (Pure Neural Machine Translation) basé sur des réseaux de neurones artificiels et du deep learning. Trois principaux composants constituent la chair de ce système PNMT à savoir le word embedding (prolongement de mots) qui se focalise sur l’apprentissage d’une représentation de mots, les réseaux de neurones récurrents dans lesquels l’information peut se propager dans les deux sens, et l’attention model (modèle d’attention) qui désigne la capacité du moteur à collecter des informations sur des mots spécifiques. Ce moteur pourra s’appliquer dans un futur proche aux correcteurs informatiques et aux chatbot (agents conversationnels). Toutefois cela soulève de nouveaux défis à relever : comment analyser et corriger une erreur ? Comment configurer un moteur pour une tâche très spécifique ? L’IA sera-t-elle capable de rivaliser avec l’être humain en termes de pertinence ?

 

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Ainsi s’achève la journée d’études qui a permis de dépoussiérer les notions de bases de la traduction automatique pour mieux cibler les tenants et la aboutissants auxquels devront faire face les traducteurs pour intégrer le marché du travail. Si la technologie ne cesse de se perfectionner, elle pose également ses limites quant à sa capacité à s’adapter. Celle-ci fait toujours l’objet de certaines critiques qui voient en elle une menace pour le biotraducteur. Cependant l’expérience et la recherche combinées des professionnels ont permis de démontrer son apport vital au sein de ce secteur. La traduction automatique neuronale constitue une nouvelle avancée qui imite les réseaux et les connections synaptiques humaines pour mieux cibler le contexte et la terminologie des mots. Cela ouvre tout un nouveau champ de possibilités qui amènera peut-être une imitation quasi-parfaite de la réflexion humaine.

 

NB : la plupart des présentations de la journée du 2 février sont disponibles en ligne sur le site de la conférence : https://tq2018.sciencesconf.org/ 

Retour sur le TSM Skills Lab 2018

Par Alessandro Circo, étudiant M1 TSM

 

La semaine du Skills Lab vient de s’achever il y a quelques jours, les livraisons sont effectuées et l’heure est venue de prendre un peu de recul, non seulement sur cette semaine mais aussi sur le dispositif Skills Lab dans sa globalité.

Skills Lab, le point de départ

Le Skills Lab est un dispositif imaginé dans le cadre d’une collaboration entre plusieurs universités rassemblées au sein du réseau INSTB (International Network of Simulated Translation Bureaus), même s’il existe sous d’autres formes dans d’autres universités. Son objectif est de proposer aux étudiants du domaine de la traduction une expérience unique : celle d’une agence virtuelle de traduction composée uniquement des étudiants de la formation. Dans notre cas, le Master TSM.

Skills Lab, façon TSM

1 - Logo

Cette année est celle de la première participation de l’Université de Lille. Depuis le mois de septembre les étudiants du Master TSM sont prévenus, le Skills Lab fera partie des Unités d’Enseignement sur lesquels ils seront évalués pour l’obtention du Master.

Pour gagner sa place au sein de cette agence virtuelle, il n’est pas question de tirage au sort ou de répartition effectuée par les responsables du Master. Chaque étudiant devra répondre aux offres d’emploi mises en ligne en envoyant CV et lettre de motivation, tout comme il l’aurait fait pour décrocher un emploi dans une véritable agence. L’analogie ne s’arrête pas là, ils devront aussi participer à des entretiens d’embauche face à un responsable pédagogique et un professionnel du monde de la traduction. Ces entretiens passés, chaque participant obtient son affectation et les équipes prennent forme. Les regards se portent maintenant vers le lancement de la semaine du Skills Lab, le lundi 5 février 2018.

TSM Skills Lab, c’est parti !

2 - Clients

Nous voilà au début de cette semaine de simulation. Les gestionnaires de projet sont les premiers à faire leur entrée et reçoivent dès 9h ce lundi les documents, les instructions et les exigences de la part des quatre clients dont les textes couvrent des domaines variés que nous avons déjà eu l’occasion de vous présenter. Après avoir découvert les textes, mesuré les volumes et découpé les documents, la priorité est donnée à la mise en place du planning et à la gestion des ressources humaines.

3 - Planning

La traduction devra donc commencer dès le lendemain, mais avant cette étape il est nécessaire de parcourir les textes pour traquer les difficultés lexicales et terminologiques qu’ils présentent dans le but d’améliorer la productivité des traducteurs. Ce travail est celui des préparateurs de fichiers. Pour les aider dans cette exploration, ils disposent de logiciels d’extraction terminologique et de la vaste étendue de ressources disponibles sur le web… ou à la bibliothèque. Après plusieurs heures passées à sonder les documents ils élaborent des glossaires et compilent des corpus qui passeront entre les mains des gestionnaires de projet pour terminer leur course sur les écrans des traducteurs.

4 - Capture d'écran

Mardi, 9h, briefing des traducteurs et distribution des documents à traduire puis des ressources associées via la plateforme Slack. Après une rapide résolution des problèmes de format ou de nom de fichiers l’équipe de traducteurs se lance. Elle dispose d’une journée et demie, malgré quelques remarques concernant la richesse des ressources préparées la veille, le travail avance vite et la majorité des traductions sont livrées avant la fin d’après-midi.

Le lendemain matin, alors que quelques traducteurs valident les derniers segments à traduire, les premiers réviseurs s’installent dans les salles réservées au Skills Lab. Au cours de la journée, ils réalisent que la révision risque de prendre plus de temps que prévu car les corrections à effectuer sont trop nombreuses et impliquent parfois de traduire à nouveau le segment. Peut-être que les ressources auraient dû être plus fournies, peut-être que les recherches pendant la traduction auraient dû être plus conséquentes, ou peut-être encore que la précipitation ou le manque d’expérience dans des domaines complexes sont à prendre en compte… Bref, l’objectif ici n’est pas de savoir à qui imputer la faute, mais plutôt de trouver comment surmonter ce genre de problème qui est loin d’être une première dans le monde de la traduction. Rappelons que le Skills Lab est censé préparer les étudiants comme aucun cours ne pourra jamais le faire. Quoi de mieux, donc, qu’un petit contretemps pour tester leurs capacités d’adaptation ? Comme par exemple l’envoi par un des clients d’un document supplémentaire à inclure dans le projet de traduction… Un défi relevé dans les règles de l’art !

5 - Jeudi

Finalement, les efforts fournis par les réviseurs et quelques heures supplémentaires ont permis de rattraper le temps perdu. Les traducteurs ont pu revenir comme prévu le jeudi pour corriger leurs traductions en tenant compte des commentaires laissés pendant la révision. Lors de cette avant-dernière journée et depuis le début de la semaine, les gestionnaires de projet ont dû assurer en permanence la communication avec les clients afin de répondre au plus vite et le plus précisément possible aux questions soulevées par les différents textes à traduire : typographie, mise en page, utilisation de l’écriture inclusive … La liste est loin d’être exhaustive, les gestionnaires de projet gardent un œil sur chaque problème et sont souvent à l’origine de sa solution. Ils ont d’ailleurs décidé, en réaction aux problèmes évoqués plus haut, de rajouter une étape de QA technique afin d’assurer une qualité qui ne trahira pas les exigences de formation du Master TSM.

TSM Skills Lab, le bilan

Très rapidement la fin de cette semaine est arrivée, au moment où je termine ce billet une partie des traductions a déjà été livrée et l’étape de QA suit son cours. Les préparateurs de fichiers sont revenus pour rassembler les mémoires de traduction par client et les mettre à jour. Les gestionnaires de projet ont ajouté à leur liste des tâches la DTP.

Au cours de cette semaine, les étudiants du Master TSM ont eu la chance de participer à la première édition lilloise de ce dispositif. Pour certains d’entre eux c’était un premier contact avec le fonctionnement d’une agence et pour d’autres c’était un moyen de se perfectionner, de questionner et de prendre ses marques avant la fin toute proche de plusieurs années d’études et le début d’une carrière professionnelle dans le monde de la traduction. Je conclurai de manière opportuniste avec cette phrase qui vient d’être prononcée par un de nos gestionnaires de projet, « le Skills Lab est une expérience ».

6 - Fin

 

Rendez-vous l’année prochaine, pour une nouvelle édition qui s’étendra à l’ensemble des langues B proposées dans le master.

 

Comment bien remplir son dossier de candidature pour le Master TSM : quelques conseils

[Mise à jour le 26 avril 2018]

Par Rudy Loock, responsable du Master TSM

Startup Stock Photos

 

Le dossier de candidature pour accéder au Master TSM n’est pas un dossier long ou complexe à remplir, mais il importe de bien le remplir, en fournissant toutes les informations pertinentes et en présentant ces informations de la façon la plus efficace possible. La période de candidature est par définition une période d’incertitude et donc de stress pour les étudiant.e.s, et il importe d’éviter les faux-pas en prenant le plus grand soin lors de la préparation de votre candidature. Vous trouverez ci-dessous quelques conseils afin de vous aider à remplir le dossier et à préparer les pièces justificatives à joindre le mieux possible. Il ne s’agit là que de conseils et non d’instructions à suivre à la lettre.

 

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  • Saisie en ligne de votre candidature : le dossier est à remplir en ligne à partir d’un portail mis en place par l’Université de Lille sur son site internet (Rubrique « Candidater, s’inscrire ») [Attention : disponible une fois la campagne ouverte uniquement ; cette année la saisie du dossier en ligne se fait entre le 30 avril et le 25 mai 2018]. Prenez votre temps, et n’oubliez aucune information susceptible de valoriser votre dossier. En particulier :
    • Indiquez bien chaque langue étrangère que vous maîtrisez : l’anglais ainsi que la langue B choisie pour intégrer le master TSM, mais aussi toute autre langue que vous maîtrisez, que celle-ci fasse partie des langues proposées par le Master ou non, qu’elle soit européenne ou non. Votre intérêt pour les langues est un atout important. Pensez également à indiquer ces langues avec le niveau correspondant, dans le cadre européen si possible.
    • Expérience professionnelle/Stages : soyez précis dans les informations que vous saisissez (nom de l’entreprise, dates, durée).
    • Séjours à l’étranger : ne mentionnez que les séjours longs (une semaine de vacances à Londres ou à Berlin n’est pas un séjour linguistique).

 

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  • Pièces à joindre au dossier :
    • Lettre de motivation : elle doit être rédigée dans un français impeccable. Pensez donc à vérifier soigneusement l’orthographe, la grammaire, et le style, sans oublier la ponctuation ; n’hésitez pas à vous faire relire. Évitez également les phrases toutes faites et les clichés (en particulier ceux que l’on trouve dans les soi-disant « modèles » sur internet…), tout en étant concis (1 page et demie doit suffire). Expliquez votre parcours et les raisons pour lesquelles vous souhaitez intégrer le Master TSM. Au préalable, pensez à (re)lire la plaquette d’informations du Master TSM, à consulter notre site internet, afin de pouvoir faire référence au contenu de la formation de façon pertinente ; ainsi inutile de faire état de votre souhait de devenir interprète ou traducteur littéraire dans la mesure où le Master TSM ne forme pas à ces métiers. Montrez que vous savez pourquoi vous postulez pour cette formation.
      S’il est déjà connu, exposez votre projet professionnel. Intégrez également toute autre information qui apporterait un éclairage important sur le contenu de votre dossier (interruption de vos études, absence de notes pour une partie de votre parcours, impossibilité de participer au test de vérification des acquis ou à l’entretien…). Évitez les lettres générales jointes à toutes vos candidatures en master : elles sont souvent impersonnelles et ne reflètent aucunement votre motivation pour un programme de master en particulier.
      Si vous décidez de rédiger votre lettre de motivation sur ordinateur, veillez à ce que la mise en page soit impeccable et que les normes typographiques soient respectées. Si vous la rédigez de façon manuscrite, veillez à ce que votre écriture soit lisible et que la présentation générale soit soignée, aérée, avec des marges suffisantes.
    • Curriculum Vitae : il doit être en français, détaillé tout en étant synthétique, et contenir toutes les informations susceptibles d’être pertinentes pour votre dossier, à savoir votre formation scolaire et universitaire, votre expérience professionnelle le cas échéant, les langues que vous maîtrisez, vos compétences en informatique, les séjours longs effectués à l’étranger… Comme pour la lettre de motivation, la qualité de français doit être optimale : relisez vous et faites vous relire.
      N’hésitez pas à intégrer des informations non directement liées au monde universitaire, mais qui valoriseront votre candidature : activités sportives ou artistiques, expériences de bénévolat… D’une manière générale, pensez à inclure toutes les informations susceptibles de valoriser votre candidature, comme les mentions obtenues, les bourses au mérite dont vous avez bénéficié, la participation à des projets spécifiques, etc. Tout en étant concis.e, n’omettez donc aucune information susceptible de vous faire sortir du lot.
      N’hésitez pas à indiquer les liens vers vos comptes sur les réseaux sociaux (préalablement « nettoyés » !) susceptibles de valoriser votre candidature (pages LinkedIn, Viadeo ; comptes Twitter ou autres…). De même, si vous tenez/contribuez régulièrement à un blog, n’hésitez pas à le mentionner.
      S’agissant de la présentation générale du CV, évitez les couleurs, images, polices originales, etc. qui donneraient au document un aspect non professionnel. Privilégiez la simplicité et la sobriété, tout en étant le plus complet possible.
    • Relevés de notes : ils doivent être détaillés. Des relevés ne fournissant uniquement vos moyennes au semestre ou à l’année ne suffisent pas ; chaque Unité d’Enseignement (UE), mais aussi chaque élément constitutif d’UE doit apparaître, notamment les enseignements de langues et de traduction (vous pouvez d’ailleurs surligner ces éléments afin d’améliorer leur visibilité). L’absence de notes détaillées entraînera le rejet de la candidature. Si vous avez passé un semestre ou plus à l’étranger, vous devez de la même manière fournir la liste précise des enseignements que vous avez suivis et validés ; si leurs intitulés sont en langue étrangère, pensez à en fournir la traduction en français si vous le pouvez.
      Si vous êtes issu.e d’une formation qui n’est pas une formation LEA avec néanmoins deux langues étrangères de travail (comme une formation LLCER par exemple tout en ayant suivi des enseignements concernant une seconde langue), veillez à bien faire apparaître les enseignements relatifs à la seconde langue que vous souhaiteriez étudier au sein du Master TSM.
      Les relevés attendus sont ceux du S1 au S6. Si vous êtes en S6 au moment du dépôt du dossier et que votre relevé de notes du S6 n’est pas encore en votre possession, les relevés du S1 au S5 suffiront.
    • Certifications en langues : si vous êtes issu.e d’une formation qui n’est pas une formation en LEA et si votre parcours de licence ne contient pas d’enseignements validés et évalués pour les deux langues demandées ou l’une des deux, alors il vous faut pouvoir justifier votre niveau à l’aide de documents autres que les relevés de notes. Pour cela, il vous faut joindre à votre dossier toute certification extérieure que vous auriez passée : par exemple, le TOEIC pour l’anglais, un CLES, un test eLAO auprès du Centre de Ressources en Langues de votre université d’origine, etc. L’absence de justificatifs de niveau pour les deux langues demandées (anglais+langue B) entraînera systématiquement le rejet de la candidature. NB : un séjour long à l’étranger n’est pas un justificatif de niveau.
    • Certifications en informatique : n’hésitez pas à joindre à votre dossier tout justificatif relatif à vos compétences en informatique (B2i, C2i, ou autres) si vous avez cela en votre possession (non obligatoire). Ces compétences sont en effet attendues au sein du Master TSM. Si vous maîtrisez des logiciels ou des outils en ligne en lien avec la traduction et/ou la gestion de projets, soyez précis.e en mentionnant les noms et les versions de ces outils informatiques (ex : SDL Studio 2015, Microsoft Office 2016, Adobe CS6…).
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  • Autres remarques :
    • Anticipez la saisie et l’envoi de votre dossier, n’attendez pas la dernière minute. Pour la campagne 2018, après le 25 mai, vous ne pourrez plus saisir votre candidature en ligne. Envoyez le dossier complet au secrétariat avant la date limite.
    • Lorsque vous imprimez le dossier à envoyer, veillez à ce que la qualité de l’impression soit correcte et n’empêche pas la lecture de celui-ci. N’oubliez pas non plus de le signer.
    • Choisissez une adresse électronique sérieuse : évitez les grenouilledu59@xxxx.fr ou superhero@xxx.com que l’on trouve si souvent. Placez vous d’ores et déjà dans une optique professionnelle et privilégiez les adresses du type prénom.nom@xxxx.fr. De même, pour la photo à joindre au dossier, évitez les photos prises en soirée, en voyage… et privilégiez une photo sobre, en couleurs ou en noir et blanc.
    • Organisez vos pièces jointes au dossier en regroupant les documents de même type. Par exemple, vous pouvez agrafer les différentes feuilles d’un relevé de notes, numéroter les pages de votre dossier… Tout ceci en facilitera la lecture et permettra au jury de trouver facilement les informations recherchées.
    • Ce n’est pas l’épaisseur du dossier qui compte ; évitez donc de le « remplir » en y insérant tous les documents en votre possession sans que leur présence soit justifiée (ainsi, il n’est pas utile de joindre une copie du diplôme du brevet des collèges ou du permis de conduire).
    • Une grande rigueur étant attendue en Master TSM, veillez à soigner la présentation générale de votre dossier, en évitant les ratures, les documents chiffonnés, cornés ou tachés.

 

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter bon courage pour la compilation de votre dossier ! A bientôt ! ;o)