Maîtriser la traduction automatique

Par Margaux Morin, étudiante M1 TSM

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On l’a tous déjà croisée quelque part, cette traduction ratée, fruit de la traduction automatique. Il s’agit malheureusement des traductions que l’on retient le mieux. Dans sa « Critique des logiciels de traduction automatique », le site @-DICTAM Traductions nous fournit même des exemples qui peuvent prêter à rire (d’autres exemples étant disponibles sur le lien) :

  • Dans un aéroport de Copenhague : nous prenons vos sacs et les envoyons dans toutes les directions.
  • Dans le lobby d’un hôtel de Bucarest : L’ascenseur sera en réparation le prochain jour. Pendant ce temps, nous regrettons que vous soyez insupportables.
  • Chez un nettoyeur de Bangkok : Laissez tomber vos pantalons ici pour de meilleurs résultats.

Voilà pourquoi il faut des traducteurs humains pour éviter ce genre de situation qui font perdre aux entreprises toute crédibilité. La traduction effectuée par un traducteur professionnel est pour certains optionnelle et contraignante par rapport à un moteur de traduction automatique, qui aurait l’avantage de leur faire gagner du temps et de l’argent. Or, ce n’est pas toujours vrai ! On a d’ailleurs eu l’occasion de voir dans le billet d’Audrey les conséquences dramatiques qu’une mauvaise traduction peut engendrer.

 

Mais d’abord, la traduction automatique, qu’est-ce que c’est ?

Comme nous l’indique le site de SDL Trados, la traduction automatique est une traduction effectuée par ordinateur, sans intervention humaine.

À cela s’ajoute le fait qu’il existe 2 types de traducteurs automatiques : soit le moteur utilise les règles de grammaire et de conjugaison par le biais de dictionnaires, soit il utilise un système de probabilité notamment pour déterminer les expressions les plus utilisées pour toutes les paires de langues, cette fois-ci par le biais de corpus et de bases de données gigantesques. Sans parler de la traduction basée sur des algorithmes neuronaux qui mériterait à elle seule son billet !

Or, en règle générale, lorsque l’on pense « traduction automatique », on pense Google traduction voire même Babylon ou Reverso. Ils sont pourtant loin d’être les meilleurs outils en la matière, puisqu’ils sont incapables de s’adapter à la traduction selon les domaines et/ou d’évoluer en fonction de ces derniers et ne différencient donc pas les subtilités liées à la technicité du texte source. On s’aperçoit rapidement que le résultat provient de la traduction automatique, ce qui n’est pas bon pour la réputation de l’entreprise. De plus, contrairement à d’autres moteurs de traduction automatique, ils ne s’améliorent pas au fur et à mesure de leur utilisation. Pourtant, il existe une multitude de moteurs de traduction automatique bien plus efficaces ! Laissez-moi vous en présenter quelques-uns :

SYSTRAN

SYSTRAN est un traducteur automatique plutôt intéressant puisqu’il s’agit du leader mondial en matière de traduction automatique. Il met d’ailleurs à disposition des versions pour particuliers et pour professionnels. À noter que ce traducteur automatique est compatible avec plusieurs types de fichiers dont le format PDF. La version Professional permet même d’ajuster des paramètres quant au processus de traduction, en permettant par exemple de choisir de traduire « you » par « tu » ou par « vous » ou bien de traduire vers l’anglais britannique ou l’anglais américain. Une version en ligne gratuite est également disponible avec traduction dans 15 langues.

VERTO

VERTO est un traducteur automatique développé par Lingua Custodia, spécialisé dans le domaine bancaire et financier. Il est capable de s’adapter en fonction de la terminologie, des traductions précédemment effectuées qu’on lui confie et des différents clients. Il s’agit donc d’un moteur de traduction personnalisable.

PROMT Translator

PROMT Translator est également un traducteur automatique disponible gratuitement en ligne mais en plus de traduire dans 14 langues, on peut définir le domaine de la traduction afin de l’orienter sur la bonne voie. On retrouve par exemple les domaines « cuisine », « sciences humaines » et même « chansons » pour les traductions de paroles de chanson ou de genres musicaux. On peut même insérer nos propres thématiques ou laisser le moteur de traduction automatique détecter lui-même le domaine de traduction du texte source. Il fonctionne via des algorithmes intelligents et son contenu est constamment actualisé. D’autres versions (payantes) pour utilisateurs à domicile ou entreprises ou encore pour développeurs existent également, et pas uniquement sous Windows !

 

D’ordinaire, ces moteurs de traduction automatique ne sont pas connus du grand public. La meilleure solution pour le traducteur reste donc d’apprendre à utiliser et donc à maîtriser ces outils. Il ne faut certainement pas les fuir, mais évoluer avec eux, ce qui implique également de se tenir informé en matière de traducteurs automatiques, étant donné qu’ils représentent sans aucun doute l’avenir du monde de la traduction. Il est par conséquent indispensable de se familiariser avec la post-édition (activité qui consiste à repasser derrière un texte prétraduit automatiquement pour le rendre humainement intelligible, voir le site Traduire revues.org) ainsi que les différents types de post-édition (tels que recensés sur le site Traduire revues.org).

La meilleure option pour le traducteur 2.0 sera de travailler main dans la main avec la machine. Cela implique donc de se former dès maintenant à l’utilisation de traducteurs automatiques spécialisés ainsi qu’à la post-édition. Cette dernière lui offrira un meilleur rendement et par conséquent une meilleure productivité qui lui permettra de traduire plus en termes de quantité (sans pour autant avoir un impact négatif sur la qualité) en moins de temps (et le temps, c’est de l’argent !). À l’heure actuelle, certaines agences de traduction commencent d’ores et déjà à former leurs traducteurs dans ce domaine et ce dans le but de rester compétitives dans l’ère du temps.

Néanmoins il ne faut pas oublier que la post-édition reste limitée dans certains domaines comme la transcréation (la traduction des titres de films notamment, qui fonctionne au cas par cas comme nous l’explique Youssef dans son billet Le juste titre). La traduction automatique n’est donc pas prête de nous remplacer !

 

Sources :

« Critique des logiciels de traduction automatique »  sur le site officiel de @-DICTAM Traductions : http://www.a-dictam.com/fr/critiques-des-traductions.htm#plus (page consultée le 27 mai 2017).

Pour tout savoir sur la post-édition :

Traduire revues [En ligne] https://traduire.revues.org/460 (page consultée le 20 juin 2017).

Article de sens-public.org [En ligne] « Le fantasme de la traduction automatique : esquisse d’un imaginaire frelaté »  http://www.sens-public.org/article1152.html (page consultée le 1er juillet 2017).

Article sur PROMT sur leur site officiel : http://www.promt.fr/media/news/58833/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Pour tout savoir sur SYSTRAN : http://www.mysoft.fr/produit/systran_traduction_automatique.htm (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de Lingua Custodia : http://www.linguacustodia.finance/fr/accueil/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SYSTRAN : http://www.systran.fr/lp/traduction-en-ligne/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SDL Trados Studio avec la définition de traduction automatique : http://www.sdltrados.com/fr/solutions/machine-translation/ (page consultée le 1er juillet 2017).

PROMT Translator : http://www.online-translator.com/ (page consultée le 30 juin 2017).

 

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Quizlet, ou l’outil parfait pour un étudiant en traduction

Par Marine Moreel, étudiante M1 TSM

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Toute personne qui essaie d’apprendre une langue étrangère sait à quel point la connaissance du vocabulaire est cruciale. Elle l’est encore plus pour un étudiant en traduction qui sait qu’un mot ne peut pas être traduit par n’importe quel autre.

Alors, si je vous demandais quel outil serait parfait pour vous aider à apprendre vos listes de vocabulaire, vous me répondriez sûrement  « celui qui les apprendra à ma place ». Eh bien, figurez-vous que j’ai l’outil qu’il vous faut. Cet outil, c’est Quizlet.

 

Qu’est-ce que Quizlet ?

Quizlet est un site Internet créé par Andrew Sutherland en octobre 2005 et mis en ligne en janvier 2007. Il permet d’apprendre son vocabulaire de façon ludique, innovante et extrêmement efficace.

J’ai découvert ce site en 2013 alors que j’étais étudiante en 1re année de Traduction et d’Interprétation. J’avais des listes interminables de vocabulaire à apprendre et j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à vérifier mes connaissances. Vous pourriez me dire que j’aurais pu tout simplement demander à un proche ou à un ami de m’interroger. C’est vrai, mais il vous faut alors une personne ayant beaucoup de temps à vous consacrer. En plus, si vous avez choisi le russe, comme c’est mon cas, ou une autre langue qui n’utilise pas l’alphabet latin, les choses deviennent tout de suite plus compliquées.

J’ai donc effectué quelques recherches sur Internet et je suis tombée sur ce site, un outil magique qui ne me quitte plus depuis des années et qui m’a sauvé la mise à de nombreuses reprises.

Comment ça fonctionne ?

  1. Vous vous inscrivez avec une adresse e-mail, Facebook ou Google. Toutes les fonctionnalités présentées ci-dessous sont accessibles grâce à un compte gratuit.
  2. Vous vous connectez et arrivez sur cette page. Il s’agit de la page d’accueil dont je vais vous expliquer les fonctionnalités.

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Commençons par la colonne de gauche, de haut en bas :

  • Activité récente : Vous y trouverez les dernières listes que vous avez créées ou étudiées.
  • Vos listes : Comme indiqué, vous y trouverez toutes vos listes de vocabulaire.
  • Paramètres : Pas besoin d’explications.
  • Vos classes :

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Voici une des fonctionnalités intéressantes de Quizlet. Cette partie est normalement « réservée » aux enseignants. Elle leur permet de mettre en ligne et de partager des listes de vocabulaire avec leurs élèves. Vous aurez tous deviné que je ne suis pas enseignante, mais, durant ma licence, j’ai dû apprendre par cœur deux livres de vocabulaire en anglais. J’ai donc créé des listes et les ai placées dans une « classe » que j’ai ouverte pour en faire profiter mes ami(e)s. C’est ça aussi Quizlet, une entraide.

  • Vos dossiers :

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Vous pouvez classer vos listes dans des dossiers. Comme vous pouvez le voir, je les ai organisées par matière, par langue ou par année. Un dossier peut contenir plusieurs listes et vous pouvez donc étudier plusieurs listes en même temps, ce qui est pratique lorsque vous souhaitez revoir tout votre vocabulaire en une fois.

Continuons avec le bandeau bleu du haut :

  • Recherche :

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Cette fonction permet de rechercher, dans toutes les listes et classes « ouvertes » du site, une liste ou une classe qui pourrait vous intéresser. En tapant, par exemple, English idioms in use, vous trouverez toutes les listes vous permettant d’apprendre les idioms et vous retrouverez ma classe en 2e place. Vous pouvez également rechercher des utilisateurs.

  • Créer :

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C’est sûrement la fonction la plus importante de Quizlet. Elle vous permet, bien sûr, de créer une liste.

La fenêtre de création se divise en deux colonnes, une pour chaque langue. Vous tapez le mot source et sa traduction ou vous pouvez aussi les enregistrer grâce à l’icône du micro à droite. C’est une fonction très intéressante pour faire travailler sa mémoire auditive. Il est également possible d’ajouter une image si cela vous intéresse.

Vous pouvez également importer des listes. Cette fonction est très pratique si vous avez des listes sur ordinateur et que vous ne voulez pas retaper chaque mot et sa traduction dans les colonnes.

Vous pouvez gérer la confidentialité de vos listes en permettant ou non à tous les utilisateurs du site de les voir, de les utiliser et de les modifier.

Pourquoi ce site est-il si efficace ?

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Une fois votre liste créée, vous pouvez l’apprendre grâce aux fonctions Etudier ou Jouer. J’ai l’habitude d’utiliser l’option Apprendre, la plus efficace selon moi.

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Après avoir sélectionné cette fonction, une fenêtre s’ouvre et vous demande alors la traduction du mot qui apparaît (1). Si vous écrivez la bonne traduction, le mot apparaît dans la catégorie « Correct » (2), mais si vous vous trompez, il apparaîtra dans celle « Incorrecte » (3). Si vous faites une faute de frappe lors de l’écriture d’un mot et que vous confirmez celui-ci sans vous en rendre compte, vous pouvez appuyer sur l’option Corriger : j’avais raison et votre mot apparaîtra comme » correct ». Les mots se suivent jusqu’à ce que vous ayez eu une tentative pour chaque mot. La série 1 s’achève alors et une fenêtre s’ouvre dans laquelle vous pouvez voir votre score, ainsi qu’un récapitulatif de vos fautes (4). Puis, vous pouvez lancer la série 2. Quizlet vous redemande la traduction des mots de la catégorie « Incorrect » et le même processus recommence.

Il y a autant de séries que nécessaire pour que tous les mots soient appris. Une fois l’apprentissage terminé, les mots sont classés dans les catégories « Souvent manqués », « Parfois manqués », « Rarement manqués » et « Aucune erreur» en fonction du nombre de séries qu’il vous a fallu pour les apprendre. Vous pouvez étudier chaque catégorie individuellement. Comme il y a toujours quelques mots qui, pour une raison ou pour une autre, sont plus compliqués à retenir, c’est très pratique. Grâce à Quizlet, vous allez connaitre tout votre vocabulaire sur le bout des doigts.

J’ai beaucoup utilisé Quizlet cette année, en Master 1 TSM, pour me préparer à tous mes examens de traduction et d’interprétation, que ce soit mes examens en anglais ou en russe. La traduction spécialisée étant pointilleuse, je ne pouvais pas me permettre de confondre un mot avec un autre ou d’utiliser un « synonyme ».

Quizlet Plus ! : La version premium de Quizlet

Elle permet un « apprentissage à long terme ». Cette fonction vous fait étudier chaque jour des petites séries de mots (environ 10 termes par série). Vous devez « marquer » les mots que vous savez et ceux que vous ne savez pas encore. Le jour suivant, vous réviserez ceux que vous avez manqués et apprendrez quelques nouveaux termes.

Cette méthode de mémorisation est très bien pour un apprentissage à long terme, c’est-à-dire quand vous avez le temps d’apprendre votre vocabulaire. Par contre, je ne trouve pas que cette méthode soit idéale pour préparer un examen, à moins de s’y prendre des semaines, voire des mois à l’avance, ce qui n’est pas possible à l’université. En effet, apprendre une liste de 200 termes me prendrait des semaines avec l’apprentissage à long terme alors que cela me prend entre trois et quatre jours avec la fonctionnalité gratuite Apprendre. C’est donc à vous de voir en fonction de vos besoins et de vos désirs si vous voulez investir dans une version premium (pour info : 19,99 €/an). Pour ma part, après avoir essayé pendant plusieurs mois, je trouve que la version gratuite est largement suffisante.

En conclusion, j’ai décidé d’écrire ce billet, car Quizlet n’est pas encore un outil très connu dans le milieu universitaire français et je trouve cela vraiment dommage. C’est un outil indispensable dans l’apprentissage d’une langue et du vocabulaire. Que vous soyez étudiant en langues, en traduction ou en interprétation, traducteur ou interprète ou enseignant en milieu linguistique, cet outil est fait pour vous. Essayez-le, vous ne serez pas déçus.

 

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Un grand merci à Quizlet pour m’avoir autorisée à publier sur ce blog des captures d’écran de leur site.

J’ai lu pour vous : Marketing Cookbook for Translators

Par Tom Grimaud, étudiant M1 TSM

 

J’ai lu pour vous Marketing Cookbook for Translators: Foolproof Recipes for a Thriving Freelance Career, de Tess Whitty.

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Durant les mois de mai et juin 2016, j’ai eu l’opportunité de faire un stage en traduction avec Maéva Orsi, traductrice depuis 2010 et diplômée du Master TSM de l’Université de Lille 3. Si j’ai beaucoup appris à ses côtés, j’ai également eu la chance de recevoir un beau cadeau de sa part, le livre Marketing Cookbook for Translators: Foolproof Recipes for a Thriving Freelance Career.

Une fois le master en poche, nombreux sont les étudiants à vouloir sauter le pas et se lancer en tant que traducteur freelance. C’est la raison pour laquelle il m’a paru important d’axer mon billet sur cet ouvrage, au vu de l’aide qu’il peut apporter si l’on choisit de devenir indépendant. Le but n’est bien évidemment pas de vous en faire un résumé chapitre par chapitre, d’abord parce que cela serait beaucoup trop long et que mes propos ne vaudront jamais ceux de l’auteure (no spoil please!). L’objectif étant plutôt de savoir pourquoi j’en conseille la lecture et de répondre à la question suivante : en quoi ce livre est-il intéressant pour les traducteurs indépendants ?

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Au fur et à mesure de ma lecture j’en suis venu à la conclusion suivante : cet ouvrage est un outil indispensable pour chaque personne qui souhaite exercer le métier de traducteur freelance. Ce livre est une véritable pépite, avec tout ce qu’il y a à savoir pour devenir un traducteur indépendant totalement optimal. Tout au long de l’ouvrage, il donne des techniques intéressantes et délivre une réflexion très approfondie. L’avantage étant qu’il guide pas à pas du tout début (comme si l’on débutait l’apprentissage d’une langue) jusqu’à la fin, dans les moindres détails (à l’instar de cette langue totalement maîtrisée). D’autre part, il ne s’agit pas d’un livre fastidieux, devenant de plus en plus compliqué au fil de la lecture, au point de vouloir lâcher prise… pas du tout ! Tess Whitty sait très bien comment s’adresser à ses lecteurs, car elle fut dans la même situation qu’eux au départ. En effet, elle n’était pas destinée à faire carrière dans la traduction, ayant suivi des études de marketing. Ainsi, elle est parvenue à mettre ses compétences de marketing en tant qu’experte à profit, à son travail de traductrice indépendante. Traductrice, écrivain et maman comme elle aime le préciser sur son compte Twitter impressionnant, cette Suédoise possède plus d’une corde à son arc et est devenue au fil du temps une grande figure du monde de la traduction, à l’instar de Corinne McKay. Quoi de mieux donc que de suivre les conseils d’une personne qui sait parfaitement ce par quoi vous êtes en train de passer ?

 

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“My hope is that you are able to benefit from this knowledge and apply these simple marketing recipes to your own life and business.”

 

Afin de ne pas rendre cette lecture monotone, elle se sert d’une seule et même métaphore présente tout au long de son œuvre : la « cuisine ». Du garde-manger à l’entrée, en passant par l’accompagnement, pour finir au dessert. Tout ceci dans le but de faire le parallèle entre les outils essentiels pour mener une carrière florissante, en passant par un panorama des différents réseaux sociaux, pour finir sur comment construire son réseau et parvenir à une situation stable. C’est une très bonne méthode, car une œuvre bien structurée permettra toujours de garder l’attention du lecteur et de toujours vouloir poursuivre la lecture.

À propos de la lecture en soit, il ne s’agit pas d’un ouvrage très compliqué. Il contient les termes techniques relatifs au domaine du marketing qui, une fois assimilés, rendent la lecture aisée. De plus, si l’on peut souvent avoir l’impression que Tess se répète, ce n’est pas le cas. En effet, elle prend son temps lorsqu’il s’agit d’expliquer, en rentrant toujours plus dans les détails, nous délivrant le plus d’informations possible sur un même thème. Par exemple, faire un CV : ce qu’il faut y mettre, ce qu’il y a à éviter, les étapes, les conseils, la partie « pour aller plus loin » (en l’occurrence ici, il s’agit de savoir comment protéger son CV une fois ce dernier constitué) et enfin, la webographie afin de se renseigner davantage si besoin est. En effet, à chaque fin de partie, Tess mettra toujours à disposition les ressources et liens qu’elle a utilisée afin de rédiger son contenu : un bon moyen de toujours vouloir en savoir plus. C’est bien la preuve d’une œuvre maîtrisée de bout en bout, et que rien n’est laissé de côté.

 

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En résumé, la tâche ne s’annonce pas facile. Le processus est très long à se mettre en place si l’on veut voler de ses propres ailes et nombreux sont les obstacles à franchir si l’on veut réussir à devenir un traducteur freelance totalement optimal. Nombreux peuvent être les doutes et les craintes lorsque l’on se lance dans un tel projet : combien de temps met-on à avoir ses premiers clients ? À partir de quand notre situation devient-elle stable ? Suis-je capable de me lancer dans une telle aventure ? Toutes ces questions paraissent normales, puisqu’il faut être capable de se débrouiller en parfait autonomie : les résultats dépendront uniquement de votre investissement, car vous êtes le chef de votre propre restaurant. Mais comme le dit si bien Tess : si l’envie et la passion sont bel et bien présentes, alors rien ne pourra entraver votre objectif. Car si le livre met en garde et nous avertit de ne pas faire l’impasse sur telle ou telle partie, il rassure tout même beaucoup et donne toutes les cartes en main pour que son lecteur mène une carrière florissante.

“Good luck with cooking up the career and lifestyle you want as a freelance translator!”

 

 

Je tiens à remercier Maéva Orsi pour toute sa confiance et pour l’envoi de cet ouvrage.

Référence :
Marketing Cookbook for Translators: Foolproof Recipes for a Thriving Freelance Career, Tess Whitty, CreateSpace Independent Publishing Platform, 27 novembre 2014, 280 pages.

EAZYLANG, la traduction professionnelle 3.0

Par Pénélope Girod, étudiante M1 TSM

Tête d'article

Eazylang, je suis tombée dessus il y a quelques mois lorsque je cherchais une structure susceptible de m’accueillir pour un stage. Eazylang n’est pas une agence de traduction et c’est ce qui a immédiatement retenu mon attention. C’est une plate-forme qui permet de mettre en relation des traducteurs professionnels directement avec des entreprises ou des personnes qui ont besoin de faire traduire leurs documents techniques.

 

Eazylang est une jeune start-up française implantée à Lyon. Mais Eazylang c’est tout d’abord un constat fait par ses fondateurs, Eric Lavost et Nicolas Fachon, celui de l’absence de place de marché en ligne permettant de mettre en relation des clients avec des traducteurs professionnels  de manière simple et rapide. A partir de là, une idée germe en 2002 et se concrétise enfin en 2012. Le lancement du projet Eazylang a été accompagné par l’incubateur Pulsalys puis par l’EM Lyon, dès 2015.

 

C’est un anti-annuaire, l’antithèse des hordes de réseaux sociaux professionnels qui peuplent Internet : il met directement en relation le client et le traducteur. Pour ce faire les deux parties doivent d’abord s’inscrire sur le site. Le traducteur doit entrer ses informations professionnelles, l’inscription est ensuite analysée par l’équipe d’Eazylang qui choisit d’accepter ou non la candidature du traducteur en se basant sur plusieurs critères parmi lesquels le fait d’être titulaire d’un diplôme de traducteur, l’utilisation d’outils de TAO, les traductions effectuées précédemment, et bien sûr le couple de langues. Ces informations permettent d’identifier les professionnels expérimentés et de filtrer les traducteurs amateurs qui voient leur inscription refusée. L’analyse des contenus déjà traduits permet d’orienter les projets vers des traducteurs qui maîtrisent déjà la terminologie requise. C’est ce qui fait l’originalité d’Eazylang. Une fois que le traducteur a reçu la confirmation de son inscription il peut importer ses mémoires de traduction (au format .tmx) ainsi que ses bases de données terminologiques (format .tbx) qui permettent d’établir un profil objectif.

 

Comment les clients et les traducteurs sont-ils mis en relation ?

Lorsqu’un client a besoin de faire traduire un document, il l’importe sur Eazylang et un algorithme analyse son contenu terminologique et le compare à celui des mémoires de traduction enregistrées dans les profils des traducteurs afin de former une liste de traducteurs à proposer au client (ceux qui ont déjà traité du sujet donné seront proposés en priorité). Ce système permet de trouver le traducteur avec le couple de langues recherché qui sera le plus efficace dans sa spécialité et qui correspond le mieux au contexte du document. Le client peut donc comparer les offres et les tarifs et choisir ce qui lui convient le mieux de manière plus effective. Le traducteur est quant à lui exempté de longues prospections et établit un lien direct avec sa clientèle. Chaque traducteur est noté par ses clients une fois le travail finalisé. Plus un traducteur a une note élevée et plus il a importé de mémoires de traduction, plus il remontera dans les listes.

 

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Il est également important de préciser que l’inscription sur Eazylang est absolument et totalement gratuite. Le traducteur ne paye pas de commission ou de charge en plus. La seule commission de la plate-forme est à la charge du client. Le traducteur est complètement libre de fixer les tarifs de son choix. Le paiement est totalement sécurisé, les fonds sont versés sur un compte séquestre chez un prestataire de service de paiement et y sont conservés jusqu’à la livraison du document traduit. Une fois que le travail est accepté par le client, la somme est transférée au traducteur.

 

Qu’en est-il de la sécurité et de la confidentialité des données ?

Les mémoires de traduction sont protégées juridiquement, seul leur auteur a accès à leur contenu. Pour Eazylang, c’est le moyen d’identification du profil des traducteurs au travers de leurs compétences réelles et c’est l’un des éléments pivot du système d’algorithme sur lequel se base tout leur concept. Tout est enregistré sur un cloud privatif dont la structure est solide et des sauvegardes de secours sont effectuées. L’utilisation de certificats SSL permet de crypter les données contenues dans les documents transférés sur la plate-forme ce qui assure la confidentialité des documents.

Tout se fait dans le même environnement sur Eazylang ce qui facilite grandement la correspondance entre le client et le traducteur. Une messagerie est intégrée à la plate-forme et conserve l’historique de la traduction. La traçabilité est de ce fait garantie. De plus une version « corporate » existe pour les entreprises qui veulent intégrer Eazylang dans leur propre environnement informatique, à l’aide d’API.

Une version spéciale pour les agences de traduction est également en cours de test. Elle permettrait entre autres d’intégrer les clients historiques au réseau et assurerait un gain substantiel de compétitivité. Le chef de projet verrait ainsi sa charge de travail allégée en réduisant la part de charges administratives.

 

En partant d’un simple constat et en voulant répondre à une problématique client, Eazylang a apporté, par un effet de vases communicants, de multiples réponses à tous les niveaux de la traduction. Aujourd’hui Eazylang est utilisé dans plus de 90 pays et propose actuellement plus de 270 couples de langues. Ce nombre est amené à augmenter en fonction de la demande des clients, Eazylang souhaitant faire correspondre l’offre de traduction avec les besoins réels des clients. C’est aussi un moyen très pratique d’assurer le nomadisme des traducteurs.

Alors, prêts à tester Eazylang ?

 

Je remercie l’équipe d’Eazylang d’avoir répondu à mes questions et de m’autoriser à utiliser des images de leur site.

J’ai testé pour vous : Lilt

Par Elisa Marcel, étudiante M1 TSM

1 - Logo

Lilt est un outil de traduction assistée par ordinateur (TAO) en ligne qui associe traduction automatique et biotraduction. Il a été développé par John DeNero et Spence Green entre 2011 et 2015. Lilt est un système interactif de traduction combiné avec de la traduction automatique (MT), qui tente de rendre accessible à tout un chacun une traduction rapide et de haute qualité (source).

J’ai entendu parler de cet outil pendant un cours de version, ce qui a piqué ma curiosité. C’est pour cette raison que j’ai décidé de le tester pour vous.

Je vais commencer par vous expliquer comment cet outil fonctionne. Je parlerai ensuite des limites liées à sa gratuité et des éventuels problèmes de confidentialité pour enfin conclure ce billet en vous donnant mon opinion.

Inscription/Connexion

2 - Connexion

Pour accéder à Lilt, il est nécessaire de créer un compte. On peut soit utiliser son compte Google soit en créer un nouveau. On accède ensuite à son espace personnel.

Création d’un projet

3 - Création projets

L’interface ergonomique de Lilt, pour l’instant seulement disponible en anglais, permet de savoir en un coup d’œil à quel état d’avancement se trouve le/les projet(s) en cours. Pour en créer un nouveau, rien de plus simple, il suffit de faire un glisser/déposer ou de cliquer sur « new project ». Il est malheureusement impossible d’importer un projet SDLPROJ par exemple. Ensuite, il faut sélectionner une paire de langues et créer ou importer une mémoire de traduction (TM) et/ou une base de données (TB). Point positif, plusieurs formats sont compatibles dans le cas de ces deux dernières ressources : TMX, SDLTM, TBS, CSV, TSV et XLSX.

4 - TM

Traduction

5 - Traduction

Comme pour la plupart des outils de TAO, les segments dont la traduction est disponible dans la TM sont automatiquement remplis. On peut cependant noter que les balises des mémoires SDLTM ne sont pas reconnues comme telles (1).

Lilt possède une MT intégrée. La qualité des traductions proposées est satisfaisante, bien qu’il paraisse probable que celle-ci soit moindre avec des textes plus techniques (2).

Lors de la traduction d’un segment, plusieurs fonctions sont disponibles, comme laisser un commentaire, diviser le segment en deux, copier la source ou la proposition de la MT dans la cible ou confirmer le segment. Il n’est en revanche pas possible de fusionner deux segments (3).

Au niveau du document dans son ensemble, plusieurs autres fonctionnalités sont intéressantes : un dictionnaire général, une fonction de recherche et de remplacement de termes et un traducteur automatique semblable à Google Traduction (4).

Enfin, pour terminer la présentation, on note la présence de plusieurs vues : traduction, vérification des tags et assurance qualité (5).

Exportation du fichier traduit

6 - Exportation

 

Une fois le fichier traduit et révisé, il est possible de l’exporter au format source (ici DOCX) ou aux formats TXT et XLIFF.

Les limites du compte gratuit

Lilt est une application accessible gratuitement depuis n’importe quel navigateur. Sa gratuité amène certaines limitations, dont la plus importante : il n’est possible de traduire que 15 000 mots par mois sans abonnement. Pour accéder à plus de fonctionnalités, il est nécessaire de souscrire à un abonnement mensuel :

7 - Abonnements

Confidentialité

En utilisant Lilt, la question de la confidentialité se pose. En effet, l’utilisation de la traduction automatique suppose le stockage des segments source et cible. Lilt assure sur son site Internet que les données importées sont sécurisées et que leur accès est exclusif à votre compte. Elles ne sont jamais partagées avec d’autres utilisateurs. Il est expliqué que les données sont cryptées selon le protocole SSL lors du transfert entre l’ordinateur et les serveurs et selon l’algorithme de chiffrement AES-256 lorsqu’elles sont chiffrées dans la base de données (source).

Conclusion

Lilt est donc un outil de TAO notable, liant biotraduction et traduction automatique pour une meilleure productivité. Sa compatibilité avec les formats de fichier TMX et SDL permet par exemple son utilisation en urgence (le/la traducteur/trice est en déplacement et reçoit un projet urgent à rendre avant son retour, or il n’a pas pris avec lui son ordinateur avec SDL Trados Studio dessus). On peut également l’utiliser lorsqu’on n’a pas encore la possibilité de se procurer une licence payante de logiciel de TAO.

Personnellement, je recommanderai Lilt pour son ergonomie et ses fonctionnalités complètes. Souscrire à un abonnement pourrait s’avérer intéressant pour un(e) traducteur/trice indépendant(e) qui débute son activité professionnelle.

 

Captures d’écran : je tiens à remercier Lilt de m’avoir autorisée à utiliser des captures d’écran de son interface.

J’ai testé pour vous… Slack

Par Emma Le Barazer, étudiante M2

 

1_logo

Slack (pour « Searchable Log of All Conversation and Knowledge ») est une plateforme de collaboration en ligne pour groupes de travail qui se décline également en application mobile. J’ai découvert cet outil lors d’un projet de traduction commun à la promotion de M2 Traduction Spécialisée Multilingue, pour lequel nous l’avons utilisé. J’ai été séduite par ses fonctionnalités, son ergonomie et… ses petites touches d’humour et de bonne humeur !

S’il ne s’agit pas à la base d’un outil dédié pour les projets de traduction, ses applications sont très diversifiées et il convient donc très bien à ce type d’utilisation.

 

Pourquoi utiliser Slack ?

Slack est un outil de messagerie instantanée organisé en canaux, lancé en 2013 et qui se vante de rendre tout son contenu « searchable » (= consultable via une recherche). Une fonctionnalité bien pratique pour collaborer sur un projet : si vous avez déjà été noyé sous une multitude d’e-mails et que vous avez perdu un temps précieux à rechercher le document ou l’information dont vous aviez besoin, Slack devrait vous simplifier la vie.

Le but de Slack est en effet de fluidifier la communication en entreprises ou entre collaborateur.ice.s en remplaçant les e-mails internes par un système de chat dont l’organisation est entièrement personnalisable. La messagerie instantanée est à mon sens plus intéressante, car je n’ai plus des dizaines d’e-mails à trier comme c’est le cas avec certaines messageries électroniques, il me suffit de consulter le canal dédié pour un projet ou une discussion. J’ai aussi moins l’impression d’être submergée que face à de nombreux e-mails non-lus, même si je peine parfois à remonter le fil de la discussion.

Cet outil existe en version gratuite et propose des forfaits si vous souhaitez bénéficier de certains services (visio-conférence, augmentation de l’espace de stockage, etc), mais sa version gratuite est déjà très complète.

À l’heure actuelle, Slack ne propose qu’une interface en anglais, mais l’intégration d’autres langues est prévue, dont le français.

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Aperçu d’une discussion sur Slack

 

Comment ça marche ?

Commencez par vous créer un compte, puis créez une équipe sur Slack : attribuez-lui un nom, l’adresse de votre messagerie sera alors nomdeléquipe.slack.com. Invitez ensuite vos collaborateur.ice.s par e-mail, qui pourront créer leur nom d’utilisateur.ice et leur mot de passe pour se connecter.

 

Canaux et notifications :

La discussion est organisée en canaux (un système inspiré d’IRC), qui sont par défaut #general et #random. Libre à vous de les modifier, de les archiver, d’en créer de nouveaux, de déterminer qui y a accès, etc. En tant que chef de projet, vous pouvez par exemple créer un canal par projet et inviter dans chaque canal les collaborateur.ice.s concerné.e.s.

Vous pouvez activer ou désactiver les notifications selon vos besoins, pour tous les canaux ou certains seulement, ou encore, si vous utilisez de nombreux canaux, mettre en favoris ceux que vous utilisez le plus souvent afin qu’ils apparaissent en premier dans votre liste de canaux.

Slack vous renvoie en principe au dernier message non lu du canal que vous consultez, mais j’ai rencontré quelques problèmes de fonctionnement lorsque de très nombreux messages m’attendaient et il m’a parfois fallu remonter le fil de la discussion manuellement.

En plus des canaux, il est possible d’utiliser la messagerie directe pour communiquer avec un.e utilisateur.ice en particulier, voire… avec soi-même ! Ne riez pas, c’est un « pense-bête » très pratique !

 

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Utiliser la messagerie directe pour ses notes personnelles

 

Fonctionnalités des messages :

La messagerie en elle-même est assez classique, mais propose cependant des fonctions d’édition de texte pour davantage de clarté (mise en gras, citations, etc). Vous pouvez partager des fichiers, mais gardez en tête que l’espace de stockage est limité à 5 Go avec la version gratuite de Slack.

Il est possible d’épingler les éléments (messages, documents…) importants et c’est à mon avis une des fonctionnalités les plus intéressantes de Slack : dans le cadre d’un projet de traduction, on peut par exemple épingler les consignes de traduction et ses mises à jour au cours du projet afin que chacun.e puisse les retrouver en un clic.

Vous avez également la possibilité de réagir aux messages postés à l’aide d’emojis, un système similaire à celui de Facebook, mais bien plus complet. Si cette fonctionnalité est amusante, elle permet surtout d’éviter de surcharger la discussion en messages superflus. Vous pouvez approuver une idée ou réagir à une bonne nouvelle en un emoji plutôt qu’avec un nouveau message.

Autre fonctionnalité utile : programmer un rappel à partir d’un message existant ou non, à envoyer à son équipe ou à soi-même après l’intervalle choisi.

 

Je suis loin d’avoir testé toutes les possibilités offertes par Slack, comme l’intégration d’autres applications ou le bot personnalisable, et je n’ai pas utilisé l’application mobile. Je peux cependant affirmer qu’il s’agit d’un outil ergonomique et intuitif, qui trouve son utilité dans le cadre de projets de traduction. Et je ne suis pas la seule à le trouver très agréable pour un usage privé !

 

Les images sont issues de https://slack.com/.

J’ai testé pour vous : MateCat

Par Margaux Pirog, étudiante M2 TSM

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MateCat est un outil de traduction assistée par ordinateur (TAO) en ligne, développé par la « Fondation Bruno Kessler » de Trento (Fondazione Bruno Kessler), Translated srl, l’Université du Maine et l’Université d’Édimbourg.

J’ai découvert cet outil en début d’année grâce à Twitter, ce qui me permet de faire une parenthèse sur les réseaux sociaux et vos abonnements : ne les négligez surtout pas, ce sont des sources formidables pour découvrir de nouveaux outils !

Je vais commencer par vous présenter quelques-unes des caractéristiques de MateCat, puis je m’intéresserai aux différentes étapes de création, de réalisation, mais aussi de gestion d’un projet de traduction sur cet outil avant d’apporter mes conclusions.

 

Caractéristiques

MateCat est un outil entièrement gratuit, qui fonctionne sur Chrome et Safari : vous pouvez donc l’utiliser sur votre ordinateur comme sur votre tablette (l’utilisation sur smartphone n’est pas encore optimisée). Il n’est pas nécessaire d’avoir un compte pour s’en servir, mais votre utilisation sera limitée car vous n’aurez pas accès à toutes les fonctionnalités. Pour cela, il vous suffit d’avoir une adresse Gmail et de vous connecter via Google+. Vous pouvez à présent créer, traduire (ou faire traduire) et gérer vos projets.

J’ai trouvé cet outil particulièrement innovant en ce qui concerne le nombre de combinaisons linguistiques disponibles et le nombre de formats de fichiers pris en charge. Environ une centaine de langues est disponible, et comme vous pouvez le voir sur la capture d’écran ci-dessous, vous n’avez plus vraiment besoin de vous soucier du format de vos fichiers à traduire puisque l’outil prend en charge 68 formats de fichiers différents ainsi que les documents que l’on peut créer sur Google Drive.

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Si vous aussi, vous êtes étonné par la prise en charge des fichiers *.pdf et des images, sachez que l’outil se base sur une reconnaissance des caractères, qui donne des résultats plus ou moins bons selon la qualité de votre source. Les traductions exportées seront générées au format *.docx et vous pourrez ensuite exporter un fichier *.pdf si votre fichier source en était un (la mise en page est relativement bien respectée). Pour les images, la traduction générée se trouvera dans une structure plus ou moins similaire à votre image source, et le texte sera accessible : vous pourrez copier-coller cette traduction si vous devez retoucher des images.

Une autre caractéristique intéressante à mon sens est la possibilité d’inclure un ou plusieurs moteur(s) de traduction automatique (TA). À l’heure où certains traducteurs se sentent menacés par cette dernière, je trouve que cette fonctionnalité est une preuve qu’elle est en réalité un outil d’aide à la traduction, et non notre ennemie.

 

Créer un projet

Comme dans tous les outils de TAO, vous devez entrer certaines informations obligatoires pour créer votre projet (le nom et la ou les paire(s) de langues). Il est également possible d’ajouter un domaine, et de choisir certaines options :

  • L’ajout de ressources (glossaire(s) et/ou mémoire(s) de traduction), que vous pouvez rendre privées par l’ajout d’une « clé » (key), qui est une sorte de mot de passe pour accéder à ces ressources et que vous aurez besoin de transmettre au(x) traducteur(s). Une mémoire de traduction publique est définie par défaut : il s’agit d’une mémoire collaborative alimentée par les utilisateurs de MateCat.
  • L’utilisation de la traduction automatique et les différents moteurs que vous souhaitez utiliser. Une remarque à ce sujet : le moteur de TA par défaut est Google Traduction ; si vous êtes soumis à des accords de confidentialité, pensez à décocher cette fonctionnalité puisque tout ce que vous traduirez sera exploitable par le géant Google.
  • Le type de segmentation : general ou patent (adapté aux documents de type brevet).
  • L’utilisation de Lexiqa, un outil d’assurance qualité linguistique.
  • La possibilité de dicter votre traduction.
  • La fonctionnalité guess tag position (je reviendrai plus tard sur ces deux dernières options).

Une fois le projet créé, vous pouvez procéder à l’analyse, qui apparaîtra comme sur la capture ci-dessous :

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Lors de l’étape d’analyse, il est également possible de partager les projets entre plusieurs traducteurs (jusqu’à 50) ; ces derniers, lorsqu’ils traduisent, voient l’intégralité du/des fichier(s) mais ne peuvent éditer que les parties qui leur auront été attribuées. De plus, ils voient la traduction des autres traducteurs en temps réel et ont la possibilité de laisser des commentaires dans la marge droite, commentaires auxquels tous les participants, (traducteurs et gestionnaire de projets), peuvent répondre instantanément, ce qui constitue un véritable atout pour assurer une bonne cohérence sur tout le projet.

Lorsque vous lancez la traduction, plusieurs options s’offrent à vous :

  • Envoyer le lien au(x) traducteur(s) affecté(s) au projet
  • Traduire le document vous-même (Open)
  • Passer commande à un traducteur externe (Order)

Une fois la traduction lancée, le gestionnaire de projets pourra voir l’avancée du projet en temps réel en cliquant sur Manage dans la barre de menu en bas de l’écran grâce à un code couleur (bleu pour la traduction, vert pour la révision) ; en cliquant sur l’icône Activity log (celle tout à droite au-dessus de la description du projet), il pourra également voir toutes les actions réalisées par tous les acteurs du projet.

 

Traduire un projet

Lors de la traduction,  vous pouvez, comme dans les autres logiciels de TAO, voir les correspondances avec les ressources que vous avez ajoutées et insérer des termes dans un glossaire. Il est également possible de télécharger un aperçu à n’importe quel moment pour s’assurer de la bonne mise en page du fichier cible, mais aussi de télécharger un fichier bilingue *.xliff si vous voulez continuer votre traduction hors ligne.

J’aimerais maintenant revenir sur deux fonctionnalités que je trouve  très intéressantes pour traduire un projet :

  • Dicter sa traduction: vous pouvez choisir de dicter votre traduction, à condition d’avoir un micro sur votre ordinateur ou votre tablette. Je trouve cette fonctionnalité très utile, car cela permet de faire un premier jet spontané de la traduction, que l’on pourra revoir par la suite. De plus, on parle généralement plus vite que l’on ne tape sur un clavier ; toutefois, les traductions dictées sur MateCat nécessitent une post-édition, car la ponctuation et la casse ne sont pas respectées (et il peut naturellement y avoir quelques ratés avec le micro).
  • Guess tag position: tous les traducteurs seront d’accord pour dire que les tags sont très pénibles lorsque l’on traduit dans un logiciel de TAO (ils peuvent être nombreux, fractionnent les segments et il est indispensable de les réintégrer au bon endroit dans la cible). Sur MateCat, la fonctionnalité guess tag position vous permet de masquer les tags dans la langue source afin de voir l’intégralité de votre segment et de le traduire. Une fois votre segment traduit, cliquez sur le bouton Guess tags et un algorithme replacera les tags masqués en se basant sur leur position dans la source. Si le placement n’est pas correct, vous pouvez le modifier. N’est-ce pas merveilleux ?

 

Étapes post-traduction

Une fois votre traduction terminée, et si vous avez coché l’option d’assurance qualité linguistique, vous pouvez corriger les différents problèmes mis en évidence par un code couleur et accéder à un rapport d’assurance qualité en cliquant sur Full QA report, qui se présente de la manière suivante :

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Une fois les erreurs corrigées, et si vous avez utilisé la traduction automatique, le gestionnaire de projet peut cliquer sur Editing log et voir le pourcentage de post-édition réalisé par le traducteur, le temps consacré à cette tâche, ainsi que les modifications concrètes apportées (cela permet notamment de voir si le traducteur a accepté toutes les propositions de la TA ou pas ; attention, cela n’est pas forcément gage de mauvaise qualité !).

MateCat vous permet également de réviser les fichiers traduits : vous pouvez apporter les corrections que vous estimez nécessaires, mais également indiquer le type et la gravité des erreurs. Ces catégories à cocher calculeront le « score » obtenu par le traducteur quant à la qualité de sa traduction.

Conclusions

Cet outil étant relativement récent, il comporte quelques points à améliorer :

  • L’interface n’est disponible qu’en anglais ;
  • Il n’est pas possible de fusionner ou de séparer des segments ;
  • Certains formats de fichiers sont moins bien pris en charge que les autres (*.mif par exemple) ;
  • Certaines fonctionnalités, (TA, assurance qualité linguistique et guess tag position), ne sont pas disponibles dans toutes les langues.

Cependant, MateCat est en développement continu, et je pense qu’il faudra surveiller son évolution de très près. Je trouve que cet outil représente une bonne alternative pour les traducteurs qui n’ont pas les moyens d’investir dans des logiciels de TAO coûteux, qui ne présenteraient peut-être pas autant d’avantages et de fonctionnalités que MateCat (notamment par rapport au nombre de formats de fichiers pris en charge et à la fonction guess tag position). Pour ma part, je l’ai adopté !

logo-finMateCat est présent sur les réseaux sociaux : Facebook / Twitter / Youtube.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet outil et son utilisation, vous pouvez vous inscrire au prochain webinar qui a lieu le 1er décembre à 17h30.

 

Note : Toutes les captures d’écran et les logos ont été utilisés avec l’accord préalable d’Alessandro Cattelan, Product Manager, que je tiens à remercier.