La méthode Pareto en agence de traduction

Par BrandonDauvé, étudiant en M2 TSM.

Qu’est-ce que le principe de Pareto ?

Le concept doit son nom au sociologue et économiste italien de la fin du XIXe/début du XXe siècle, Vilfredo Pareto qui a analysé les données fiscales de plusieurs pays européens (France, Angleterre,Prusse, Russie…) et, suite à cette analyse, il a remarqué un phénomène similaire : en général, 80 % des richesses étaient détenues par 20 %de la population.


Vilfredo Pareto

Au fil du temps, ce concept a été réutilisé dans plusieurs domaines, notamment dans le management, pour signifier que 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes.

Cette idée est devenue universelle car elle peut s’appliquer à n’importe quelle situation. Par exemple, 20 % des clients d’une entreprise représentent 80 % du chiffre d’affaires. Ouencore, 20 % des produits d’un supermarché vont représenter 80 % des ventes, etc.

Le principe de Pareto dans le monde professionnel

Outre la relation 20/80, il faut surtout retenir à travers ce principe, qu’une petite cause peut représenter la majorité des conséquences/effets.

En suivant ce concept, des entreprises peuvent axer leur réflexion sur leurs activités et sur leurs tâches afin de déceler celle qui est susceptible de provoquer le plus gros résultat ou atteindre au mieux l’objectif de l’entreprise ou d’un projet.

Afin d’y arriver, il faut faire un état des lieux de l’entreprise, prendre du recul en se posant ces questions :

Que faisons-nous, quelles sont nos activités ?
Quel est le produit que nous recevons avant la transformation et quelles sont les consignes ?
Quel est l’objectif de cette transformation ?
Quelles sont les tâches à effectuer afin de transformer le produit reçu en un produit fini qui va satisfaire au mieux notre client ?
Quelle tâche correspond le plus à l’objectif fixé par le client ?

Ces questions permettent de dresser un bilan de l’entreprise qui peut changer le fonctionnement en interne ou même déboucher sur une nouvelle stratégie adaptée pour un client/marché bien spécifique au même titre qu’une analyse SWOT par exemple (analyse des forces/faiblesses et des risques/opportunités avant d’envisager le lancement d’un projet).

En effet, on peut découvrir qu’une tâche qui était jusqu’alors peu prise au sérieux, peut avoir un rôle bien plus important dans le but de satisfaire l’objectif final.

Le principe de Pareto dans une agence de traduction

On peut appliquer ce principe à la gestion de projets dans une agence de traduction.

Le produit reçu correspond à une demande detraduction effectuée par un client.
Le produit reçu contient 1 ou plusieurs fichiers sources ainsi que desinstructions.
Prenons un exemple : une traduction d’un document marketing d’un lieu touristique de l’anglais vers l’allemand, de 1 500 mots en 2 jours ouvrés, avec la consigne de ne pas traduire certains passages surlignés et de traduire des passages non-éditables sur des images sur un fichier Word à part.

Quel est l’objectif de ce projet ?
Il faut bien sûr satisfaire le client qui a fixé une deadline de 2 jours ouvrés (le délai), établi des consignes (faire le travail demandé) et qui attend un travail de qualité (choix du bon traducteur : généralement le traducteur a l’habitude de traduire pour ce client) en sachant que ce projet s’adressera à un public germanophone qui souhaite visiter une région bien précise (adopter le bon style avec les bonnes tournures). Ces 4 objectifs forment ce que l’on appelle la satisfaction client.

Les tâches à effectuer pour le PM sont les suivantes :

  • Ouvrir le fichier source etmasquer les passages qu’il ne faut pas traduire
  • Recopier les phrases présentessur les images non-éditables sur un autre fichier Word.
  • Créer le projet sur l’outil deTMS (Translation Management System)
  • Effectuer l’analyse
  • Confirmer la commande
  • Proposer le job à un traducteur(délai de 1 h avant la réponse) et créer les postes
  • Vérifier que le traducteur alivré en respectant la deadline imposée par le client
  • Relire le texte en gardant lesconsignes (marketing/tourisme/public germanophone) en tête
  • Démasquer les passages à ne pastraduire afin de rendre le fichier dans l’état escompté par le client
  • Procéder à la livraison des2 documents cibles (le fichier source traduit ainsi que le fichier Wordqui contient le texte des images non-éditables)
  • Être disponible pour tout retour positif ou négatif du client
  • Trouver des solutions en cas demécontentement de la part du client (Identifier la source du problème etnégocier avec le client)

Quelles tâches sont les plus susceptibles de satisfaire le client par rapport à ce projet ?

Pour ce projet, la satisfaction client c’est : le délai, le respect des consignes, la qualité et l’adaptation au public cible. Mais il faut trouver LA composante de la satisfaction client la plus importante.


– Le délai peut toujours être négociable avec ce client et ce n’est pas un projet urgent.
– Le respect des consignes est important, mais si les passages ont quand mêmeété traduits, le client pourra toujours récupérer le passage source.
– La qualité est importante, mais si le texte n’est pas adapté au public cible,cela n’a pas de sens.
– Ici, l’objectif principal est le public cible.

Il faut donc trouver la tâche de gestion de projets qui permettra d’atteindre au mieux le public cible.

Parmi cet ensemble de tâche, il faut seconcentrer sur une seule.
Pour ce projet, on peut estimer que la tâche primordiale afin d’atteindre le public cible est : l’attribution de la traduction au traducteur allemand adapté pour ce genre de demande (le choix du traducteur).

Avant de lancer ce projet, le PM doit donc cerner l’objectif principal de cette demande dans le but de satisfaire au mieux le client, et trouver la tâche qui sera primordiale afin d’atteindre l’objectif.

Pour reprendre la formule de Pareto, 20 % des tâches (l’assignation de la traduction au bon traducteur) va représenter 80 % de la satisfaction client (une traduction adaptée au public cible).

Pour citer un autre exemple : lorsque ce même client fait une demande urgente, le critère optimal de satisfaction sera le délai. La tâche principale sera la livraison rapide du projet,quitte à ce que la qualité soit un peu moins bonne que dans un projet non urgent.

Le principe de Pareto permet donc de prendre du recul sur un projet afin de bien définir l’objectif principal et,suite à cela, de trouver la tâche qui aura le plus de chance de satisfaire l’objectif principal, dans la théorie de la relation 20/80.

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Comment améliorer son niveau en langue maternelle ?

Par Anaïs Bourbiaux, étudiante M2 TSM

Tous les étudiants en traduction ont déjà entendu au moins une fois au cours de leurs études la fameuse phrase « un bon traducteur se doit de maîtriser parfaitement ses langues de travail ». Bien sûr, comment traduire correctement un texte si on ne comprend pas la langue dans laquelle il a été rédigé ? Néanmoins, il arrive très souvent que l’on ne comprenne uniquement par « ses langues de travail » les langues étrangères à partir desquelles le traducteur traduit, excluant ainsi le travail à effectuer sur la langue maternelle.

J’ai pu remarquer au cours de mes études que, bien que la fluidité et la qualité de la langue cible (dans la plupart des cas, la langue maternelle du traducteur) soient très souvent les « fenêtres » à travers lesquelles le traducteur est jugé, nous avons tendance à nous focaliser davantage sur nos éventuelles failles en langue étrangère plutôt que sur nos lacunes en langue maternelle. J’ai donc répertorié ci-dessous quelques conseils qui m’ont été donnés tout au long de mes études, en espérant que ceux-ci puissent aider tout autant des traducteurs professionnels désireux d’améliorer leur expression, que des étudiants se destinant aux métiers du secteur de la traduction 😊

Se (re)plonger dans les classiques

Lorsque je préparais les tests d’admission en Master de traduction, l’une de mes enseignantes de licence m’a donné un conseil qui m’a paru surprenant, étant donné que je ne me destinais pas à des études de traduction littéraire, mais qui s’est avéré très utile : lire des classiques de la littérature française.

En effet, elle ne m’a pas donné ce conseil pour que je puisse me distraire avec les aventures de Candide de Voltaire, mais plutôt pour me sensibiliser aux différences de prose et de rythme, aux différentes possibilités de constructions syntaxiques qu’offre la langue française, dans le but de m’aider à enrichir mes compétences rédactionnelles. C’est ainsi que j’ai ressorti mes livres de mes années lycée et que je me suis replongée dans la littérature classique, en m’attardant sur les différentes tournures de phrase utilisées par Victor Hugo, Molière et Marivaux et sur l’enchaînement des mots.

Si j’étais quelque peu sceptique, j’ai rapidement pu constater des évolutions dans ma façon de rédiger. J’étais en effet plus audacieuse et créative dans mes choix linguistiques et je prenais réellement plaisir à écrire et à jouer avec les possibilités offertes par la langue française. Cet exercice m’a aidée à améliorer la qualité de mes productions, mes capacités de rédaction en langue française et à enrichir, de ce fait, mon expression écrite.

Lire, lire et lire

On nous le répète depuis l’école primaire : la lecture a d’énormes bénéfices sur le cerveau humain. Qu’il s’agisse d’accroître son vocabulaire, d’améliorer sa mémoire ou de se cultiver, nombreux sont les avantages qu’offre la lecture. Mais, outre ces bénéfices déjà très connus et ceux abordés dans le point précédent, quel peut être l’intérêt de la lecture pour le traducteur professionnel ? Selon moi, la réponse à cette question est très simple : une lecture régulière et variée améliore considérablement la créativité et la capacité d’adaptation du traducteur, qualités très importantes dans le secteur.

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Effectivement, la lecture régulière de différents types d’écrits ou de thèmes différents nous permet de nous familiariser avec de nouveaux concepts, de nouvelles expressions, de nouvelles idées qui apparaissent presque quotidiennement. Elle nous invite à découvrir des réalités que nous ne connaissons pas forcément et améliore ainsi notre niveau de compréhension, tout en nous permettant de nous familiariser avec de nouveaux termes ou domaines. Le traducteur peut ainsi développer ses connaissances, sa capacité d’adaptation et enrichir son vocabulaire et sa connaissance des nouveaux phénomènes linguistiques.

Écrire, écrire et écrire

Je ne vous apprends rien en vous disant qu’il est très rare qu’une personne s’exprime exactement de la même façon à l’oral et à l’écrit. En effet, la parole implique de la spontanéité et de la rapidité de la part du locuteur, qui peut recourir à des périphrases, des mimiques, des intonations différentes pour faire passer son message et contourner les difficultés d’ordre linguistique. L’écrit, toutefois, implique une réflexion plus approfondie sur l’organisation syntaxique, le vocabulaire, le registre, la logique… Par conséquent, il est parfaitement normal que l’écriture requière davantage d’efforts intellectuels. L’écriture nous permet donc de réfléchir aux diverses possibilités linguistiques qui s’offrent à nous et aux raisons qui nous incitent à choisir telle ou telle option.

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Pour vous aider à améliorer votre expression et votre capacité d’adaptation, je vous conseillerais donc de faire l’effort d’écrire régulièrement, en rédigeant des emails, des cours, des comptes-rendus… Le résumé d’articles de presse, par exemple, me semble être un exercice très efficace. Lorsque je préparais les épreuves d’entrée en Master de traduction, je me suis entraînée à rédiger des résumés d’articles de presse, en relevant dans un premier temps les informations les plus importantes du texte, en établissant une hiérarchie parmi ces informations puis en les reformulant plusieurs fois. Je jouais ainsi avec la syntaxe ou avec le vocabulaire en cherchant des synonymes des termes utilisés dans l’article, par exemple. Je faisais ensuite relire le résumé de l’article par des proches, des camarades ou des professeurs. Cet exercice m’a permis de tester plusieurs formulations possibles d’une même phrase de départ et de réfléchir à l’option qui convenait le mieux. J’ai pu, ainsi, développer mon expression et ma créativité rédactionnelle.

De même, relire les écrits de tierces personnes est un bon exercice. Dans le secteur de la traduction, la révision fait partie d’une des étapes clés d’un projet. Cette étape exige énormément de concentration de la part du réviseur, qui doit analyser des choix linguistiques qui ne sont pas les siens. Pour cette raison, je trouve qu’il s’agit d’un excellent exercice pour améliorer ses capacités d’expression : en effet, cela nous permet de nous interroger sur les différents procédés pouvant être employés et de remettre en question nos propres choix. Il m’est souvent arrivé, par exemple, de faire relire mes traductions par des collègues de Master, et le même scénario se répétait à chaque fois : nous faisons tous des choix différents, nous préférons une tournure à une autre, un terme à un autre etc. Je trouve que pouvoir discuter de nos choix de traduction avec des collègues est très enrichissant, puisque cela nous permet de porter un regard plus critique sur nos propres productions et d’améliorer ainsi nos compétences à l’écrit.

Lutter contre les interférences

Il n’est pas rare que, sans le vouloir, nous incluions parfois quelques barbarismes ou calques dus à des interférences avec la langue source dans nos traductions. Parfois, il peut même s’agir d’une technique volontaire de traduction ! Mais quand ce n’est pas le cas, le traducteur doit souvent fournir un effort plus ou moins important pour prendre de la distance par rapport à la langue source et produire ainsi un texte qui semblerait avoir été rédigé dans la langue cible.

Si vous avez déjà effectué des séjours longs à l’étranger et que vous n’avez pas eu souvent l’occasion de parler votre langue maternelle, vous avez peut-être constaté que vous commenciez à douter de telle ou telle construction syntaxique, de l’orthographe de tel ou tel mot qui auparavant ne vous posaient aucun problème, et la qualité de vos productions écrites en a peut-être fait les frais !

En effet, lorsque nous parlons ou entendons une langue étrangère tous les jours, nous nous concentrons sur notre compréhension ou sur notre expression dans ladite langue, afin de pouvoir communiquer avec les natifs. Néanmoins, ces efforts sont tels qu’il arrive parfois qu’en reparlant notre langue maternelle, que nous parlons de façon intuitive et spontanée, nous créions des mots « hybrides », sans en avoir toujours conscience, ou que nous produisions une phrase syntaxiquement incorrecte. Cela tient du fait que parler une langue étrangère nous demande davantage d’efforts et de concentration, et de ce fait, nous avons parfois tendance à « oublier » certains aspects linguistiques de notre langue maternelle, sur laquelle nous nous interrogeons et nous concentrons rarement avec une telle vigilance.

Comment faire, donc, pour contourner cette difficulté ? Selon moi, il est important de faire le même effort de vigilance lorsque nous parlons notre langue maternelle que lorsque nous parlons une langue étrangère, car le fait que parlions notre langue maternelle de façon spontanée et intuitive fait que nous ne nous attardons pas naturellement sur certains aspects linguistiques. La curiosité et la rigueur de l’expression sont donc des qualités qu’un traducteur doit avoir s’il veut maîtriser parfaitement sa langue maternelle. Il doit ainsi faire l’effort de dissocier ses langues de travail et de prendre suffisamment de recul par rapport au texte source lorsqu’il traduit pour éviter toute interférence entre les différentes langues.

Last but not least: attention à la grammaire et l’orthographe !

Chaque langue a ses propres règles grammaticales et orthographiques. Si votre langue maternelle est le français, vous savez que les règles de grammaire et d’orthographe sont loin d’être faciles à maîtriser parfaitement. Néanmoins, il est fondamental pour un traducteur d’en maîtriser le maximum possible, et d’avoir toujours à sa portée un moyen de vérifier les règles grammaticales et orthographiques.

Même si nous estimons intuitivement que nous maîtrisons notre langue maternelle, il est fort probable que certaines règles nous échappent encore et il est nécessaire d’avoir la curiosité et la rigueur de s’interroger dès le moindre doute. Il arrive par exemple que certaines tournures fréquemment utilisées dans la vie quotidienne soient grammaticalement incorrectes (« après que » + subjonctif par exemple), mais que nous n’en ayons pas toujours conscience.

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N’hésitez donc pas à vérifier une règle grammaticale dès le moindre doute, à consulter un dictionnaire, à tester votre niveau sur des sites tels que https://www.projet-voltaire.fr/ et à veiller à vérifier le moindre accord qui vous poserait problème ! Peu à peu, en faisant cet effort de vigilance, vous améliorerez votre niveau et vos productions écrites n’en seront que meilleures.

J’espère avoir pu aider de nombreux (futurs) étudiants ou professionnels de la traduction grâce à ces conseils ! 😊

 

Le traducteur vu par le monde extérieur

Par Margaux Bochent, étudiante M2 TSM

 

Pour être totalement transparente avec vous, cet article m’a été inspiré par mes proches, mes amis, ma famille et même par les nombreuses personnes avec qui j’ai eu l’occasion de parler de mes études, mais pour qui le monde de la traduction est un grand mystère.

Je me suis rendu compte que mon entourage n’a qu’une vague idée de ce que je fais au quotidien et du milieu dans lequel je me destine à travailler. Et que ce soit lors de repas de famille, de soirées entre amis ou encore lors de mes (très) nombreux covoiturages, je me retrouve régulièrement confrontée aux mêmes types de questions, qui font sourire lorsqu’on connait un minimum le milieu de la traduction, mais qui, en réalité, sont révélatrices des nombreuses idées reçues sur ce métier. En interrogeant les étudiants de M1 et M2 du Master TSM, je me suis aperçue qu’ils avaient également de nombreux exemples à me citer… Voici le top 4 des clichés les plus répandus sur les traducteurs.

 

Le traducteur-dictionnaire

Faut-il parler « plein » de langues pour être traducteur ? Le traducteur doit-il être « bilingue » ? Suis-je un mauvais traducteur si je ne traduis « que » vers ma langue maternelle ?

Si vous avez répondu autre chose que « NON ! » aux questions précédentes, alors continuez votre lecture, vous allez apprendre des choses …

Il y a cette idée préconçue que le traducteur traduit depuis une multitude de langues vers une multitude de langues, qu’aucun outil ne lui est nécessaire puisque son savoir linguistique est immense, ou qu’il suffit de maîtriser deux langues pour devenir traducteur. Je vais casser le mythe : le traducteur ne traduit que vers sa langue maternelle, puisque c’est la seule langue qu’il maîtrise parfaitement et dont il connait non seulement la grammaire, l’orthographe et la syntaxe, mais également les nuances, les subtilités et la culture. Il peut avoir une, deux, trois (et même plus !) langues de travail, mais il n’a pas besoin d’être « bilingue ». Il doit être capable de comprendre son texte, évidemment. Il doit aussi avoir du vocabulaire, bien connaitre la grammaire et avoir conscience de la culture du pays. Mais en fait, il doit surtout savoir faire des recherches, optimiser l’utilisation des outils d’aide à la traduction et se poser les bonnes questions … Tout comme il ne suffit pas de savoir écrire pour être écrivain, il ne suffit pas de parler deux langues pour être traducteur.

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« Y a un diplôme pour être traducteur ??? Il ne suffit pas d’être bilingue ??? »

Réponse proposée : « Si si, il suffit d’être bilingue, mais j’avais besoin d’un diplôme pour décorer mon bureau »

« Ah bon tu ne traduis QUE vers le français ? Mais c’est facile alors … »

Réponse proposée : « Oui c’est super facile, surtout quand je traduis le guide d’utilisation d’une ponceuse orbitale excentrique, comme c’est du vocabulaire du quotidien. Tout le monde peut le faire en fait. »

« Mais comment ça, tu ne sais pas ce que ça veut dire ? T’es traducteur oui ou non ? »

Réponse proposée : « En fait c’est parce que le mot que tu demandes commence par un S, et moi là je suis en train d’apprendre le dictionnaire par cœur, mais je n’en suis qu’à la lettre N, c’est pour ça !!! »

aabbc140800031Ce n’est pas parce que vous savez dire « Merci » dans plusieurs langues
que vous êtes traducteur

 

Pas besoin de traducteurs si on a Google Translate

On est d’accord, Google Translate, c’est pratique. La traduction automatique nous a tous déjà dépannés, lors d’un voyage à l’étranger ou pour un devoir lors de nos années collège. Et selon la raison pour laquelle vous êtes amenés à traduire un texte ou une phrase, Google Translate peut effectivement être suffisant.

Vous êtes en voyage et la carte du restaurant n’existe que dans la langue locale ? Demandez à Google.

Vous aimez la dernière chanson de cet artiste américain, mais vous ne comprenez pas les paroles ? Demandez à Google.

Vous cherchez un tutoriel pour réinitialiser votre mot de passe de messagerie, mais les pages n’existent qu’en anglais ? Demandez à Google.

En revanche, si ce même restaurant où vous vous trouviez décide de faire traduire sa carte, pensez-vous que la meilleure solution est de faire appel à Google ?

Et pour cette chanson que vous aimez tant, si Google vous a aidé à comprendre le sens, est-ce qu’il a su respecter le nombre de syllabes pour qu’elle puisse être chantée sur le même rythme en français ? A-t-il su respecter les rimes ? J’en doute.

La traduction automatique est un service gratuit, instantané et très utile de manière ponctuelle. Si elle a grandement progressé ces dernières années, elle n’est toujours pas capable de fonctionner comme un cerveau humain. Elle propose une traduction mot à mot, sans considérer le reste du texte dans son ensemble et dans le cas où elle arrive à prendre compte le contexte, elle ne saisit pas les nuances comme un traducteur est capable de le faire. Si des agences ont parfois recourt à la traduction automatique, rares sont celles qui livrent directement au client sans demander à un linguiste de retravailler la traduction.

Face à Google Translate, le traducteur reste donc le seul à pouvoir fournir des traductions de qualité et adaptées au public auquel elles sont destinées.

Traducteur : 1 – Google Translate : 0

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« À quoi ça sert de payer un traducteur si on a Google Translate ? »

Réponse proposée : « Google Translate propose des traductions de trop bonne qualité, du coup ça semble louche … donc il vaut mieux payer quelqu’un qui sera un peu moins bon, pour ne pas éveiller les soupçons »

« T’es traducteur ? Mais maintenant avec Google on est tous traducteurs ! Ton métier il va disparaitre ! »

Réponse proposée : « On est tous traducteurs ? Mais c’est super ça, j’adore avoir de nouveaux collègues ! »

 

pexels-photo-921361Là, on est d’accord, il vaut mieux demander à Google avant de commander du « squid » dans un restaurant

 

Un traducteur, ça traduit quoi ?

J’ai remarqué que, la plupart du temps, on associe le métier de traducteur à trois activités principales : la traduction de modes d’emploi (évidemment), la traduction de sous-titres et … l’interprétariat ! Eh bien non ! S’il existe un mot pour désigner les traducteurs et un mot pour désigner les interprètes, ce n’est pas simplement parce que la langue française est riche, mais bel et bien parce que ce sont deux métiers différents. Il est très rare qu’un traducteur soit aussi interprète. En règle générale, le traducteur n’est pas amené à traduire oralement, que ce soit lors d’une conférence ou sur un plateau télévisé. Et si c’est le cas, c’est qu’il est interprète et non pas traducteur !

Pour ce qui est des modes d’emploi, je trouve ça assez amusant de me dire que l’on associe souvent les termes « traduction » et « modes d’emploi », comme s’il n’y avait que ce type de documents qui nécessitait d’être traduit. En réfléchissant un peu, j’en déduis que c’est parce que les modes d’emploi contiennent souvent toutes les langues dans lesquelles ils ont été traduits, et non pas seulement la langue du pays où le produit est vendu. En revanche, dans la majorité des domaines, le contenu traduit n’apparait que dans la langue cible, alors personne n’imagine que l’original pourrait être écrit dans une autre langue. Mais du coup, un traducteur, ça traduit quoi ? Sensiblement tout. Des sites web, des pubs, des articles de presse, des textes législatifs, des notices, des tutoriels en ligne, des rapports…la liste est infiniment longue.

 

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« On pourra t’entendre à la télé quand ils interrogent une célébrité ? »

Réponse proposée : « Oui ce sera moi, je vais m’occuper de traduire les interviews de toutes les célébrités dans toutes les émissions sur toutes les chaines. »

«  Ah tu traduis des modes d’emploi de micro-ondes et d’aspirateurs, ce genre de choses ? »

Réponse proposée : « Bien sûr et c’est passionnant ! D’ailleurs je me souviens bien du mode d’emploi de ton lave-linge donc si tu as une question n’hésite pas ! »

« C’est toi qui fais les sous-titres des séries ? Parce que c’est vraiment pas terrible … »

Réponse proposée : « Ah tu veux dire les séries que tu regardes en streaming le lendemain de leur sortie aux États-Unis, où les sous-titres comportent des fautes d’orthographe qui font saigner les yeux et où les « é » apparaissent sous forme de carré ? Alors là non par contre ce n’est pas moi. »

 

translator2Être traducteur : attentes VS réalité

 

Une traduction, ça coûte combien ?

« Quel est le prix d’une traduction ? » C’est une question que l’on m’a souvent posée et ça m’amuse parce qu’il ne viendrait pas à l’idée de qui que ce soit de demander à un concessionnaire : « Combien ça coute une voiture ? », ou à un écrivain : « Combien ça coute un livre ? ». La réponse : « ça dépend ».

Alors le prix d’une traduction, ça dépend de quoi ? Ça dépend de la langue, du nombre de mots, du délai et de la difficulté du texte. Mais d’autres critères sont également à prendre en compte (sinon ce serait trop facile) : est-ce que le document nécessite une préparation avant traduction ? Y aura-t-il une mise en page à faire après traduction ? Est-ce un texte technique, qui nécessite de nombreuses recherches terminologiques ? Est-ce un texte marketing, qui va demander de la créativité ? Le client peut-il fournir des glossaires et des mémoires de traduction ? La liste est à nouveau infiniment longue. Le plus souvent, ce que je réponds pour éviter de rentrer dans les détails, c’est qu’une traduction se paye au mot. Encore une fois, ce prix au mot dépend de la langue source et de la langue cible, du niveau de technicité du texte, de l’expérience du traducteur, etc. Un gestionnaire de projets sera donc souvent chargé d’évaluer tous les coûts en fonction du budget du client afin de lui proposer un devis adapté à ses besoins.

 

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« Ah t’es payé pour traduire ? »

Réponse proposée : « Non non, je suis bénévole à temps plein. Et je fais même des heures sup’ »

« Ça coute combien une page ? »

Réponse proposée : « Une page ? Ben… j’imagine que ça dépend de la qualité du papier, si c’est format A4 ou A5… Ah pardon ce n’était pas ça ta question ? ».

 

Le métier de traducteur requiert un éventail de compétences et de qualités, mais malheureusement il est souvent sous-estimé par l’opinion générale : si l’on pense généralement qu’un traducteur doit parler plein de langues pour être compétent, on considère également à tort la traduction automatique comme un concurrent alors qu’elle n’est qu’un outil. Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire le billet de Margaux Morin, ancienne étudiante du Master.

Les idées reçues sont donc nombreuses et la meilleure solution reste encore de continuer à faire connaitre notre métier, de répondre aux questions (avec mes réponses proposées…ou avec un peu plus de sérieux, à vous de voir !) et de s’armer de patience face aux plus bornés qui s’entêtent à répéter que d’ici 10 ans il n’y aura plus de traducteurs humains.

Si vous ne faites pas partie du milieu de la traduction, j’espère vous avoir apporté quelques petites précisions sur ce métier. Vous savez désormais quelles sont les questions à ne pas poser à un traducteur… vous êtes prévenus !

Si, au contraire, les métiers de la traduction n’ont aucun secret pour vous, j’espère que vous vous êtes reconnus dans l’une de ces situations. D’ailleurs, je suis curieuse de savoir : quelles sont les questions récurrentes qui vous énervent (ou vous amusent) le plus ?

 

Christine and the Queens : à la croisée des chemins, entre traduction et création

Par Camille Bacha, étudiante M2 TSM

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Crédits photo : pochette de l’album Chris de Christine and the Queens. Because Music.

Christine and the Queens, sujet peu conventionnel, me direz-vous, pour parler de traduction. Je vous l’accorde, si un jour on m’avait dit que sa musique me servirait d’inspiration pour écrire un article sur la traduction, croyez-moi, je n’aurais jamais parié 5 dols là-dessus ! N’empêche qu’elle m’a donné pas mal de grain à moudre.

Christine and the Queens : quand traduction et création ne font qu’un

Il y a quelques jours, de beau matin et encore à moitié endormie, j’ai mis par pur hasard, en musique de fond, le dernier album de Christine and the Queens, Chris. L’album tournait maintenant depuis plusieurs dizaines de minutes lorsque soudain une chanson m’extirpa du brouillard matinal. « Tiens, cette chanson me dit quelque chose… » J’avais cette étrange impression de l’avoir déjà entendue quelque part, sauf que quelque chose était différent… La musique ? Non… La voix ? Non plus… Les paroles ? Oui… Oui c’est bien ça : la voix, le rythme, les accords étaient les mêmes, mais les paroles avaient changé !

Il s’agissait de « The Walker », version anglaise de « La marcheuse », troisième titre de l’album. J’avais donc reconnu ET découvert son alter-ego anglais.

En fait, Christine, qu’il faut désormais appeler Chris, a choisi de mettre ses chansons en français et leur équivalent en anglais au sein d’un même album. Voici, ci-dessous, un extrait de cette chanson et de son équivalent anglais. D’ailleurs, j’insiste sur le terme d’équivalence et non pas de traduction, car pour moi ces deux chansons sont deux œuvres à part entière comme vous pourrez le voir :

« La marcheuse »

« The Walker »
 

J’vais marcher très longtemps
Et je m’en vais trouver les poings qui redessinent
J’vais chercher éhontément
Les coups portés sur moi, la violence facile

J’vais marcher tout le temps
Et je m’en vais forcer les regards agressifs
J’vais toujours au-devant
Il me tarde de trouver la violence facile,

 

 

I am out for a walk
And I will not be back ’til they’re staining my skin
This is how I chose to talk
With some violent hits, violent blossoms akin

Every night I do walk
And if they’re looking down I’m offering my chin
This is how I chose to talk
With some violent hits, violent blossoms akin

Le premier vers est plutôt proche puisqu’on garde l’idée de marche avec le verbe « walk ». À partir du second vers, cela devient plus intéressant :

« Je m’en vais forcer les regards agressifs » : agressif réapparait dans la version anglaise avec « looking down » qui reprend l’idée de mépris, d’hostilité ; « offering my chin » reprend l’idée exprimée par l’adverbe « éhontément » qui souligne l’attitude désinvolte du narrateur, et aussi l’idée de confrontation présente dans tout le refrain. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’image est quelque peu différente mais qu’elle reste aussi efficace et facile à visualiser que le français.

« This is how I chose to talk » : encore une fois, par la structure péremptoire « This is how » (c’est ainsi) et le verbe « chose » (choisir), une attitude volontairement très frontale voire brutale, et un sentiment de témérité et de liberté ressortent de ce vers. Sentiments que l’on retrouve d’ailleurs dans la version française : « J’vais chercher », « il me tarde de trouver », « je m’en vais forcer », « j’vais toujours au devant ».

« With some violent hits, violent blossoms akin » s’éloigne un peu plus de la structure de la version française. On retrouve clairement l’idée de violence, de brutalité et de frontalité avec « violent » répété deux fois et « violent hits » (coups violents).

En outre, l’artiste reproduit également les rimes présentes dans l’original avec : « walk/talk », « skin/akin », « chin/akin » ; autre élément qui permet de conserver le rythme et l’harmonie de l’original.

Vous remarquez d’ailleurs que si l’on prend les mots un par un, il est difficile de trouver une véritable symétrie entre l’anglais et le français, et pourtant les sentiments et les images qui se dégagent des deux textes sont les mêmes. On voit donc la prouesse d’écriture de l’artiste francophone à la fois en anglais et en français.

Dans cet exemple, traduction et création se confondent. Néanmoins, je pense que cet exercice de traduction/création est excellent car l’artiste a réussi à exprimer les mêmes sentiments en jouant avec les codes et les contraintes de chaque langue. Finalement, Christine and the Queens s’écarte de son texte original en français pour d’autant plus lui être fidèle, en donnant forme à son équivalent et véritable alter-ego anglais.

Adapter par fidélité

Cette fois-ci, pour s’éloigner de la pop culture et atterrir sur le terrain un peu plus sérieux et assuré de la « grande » littérature, je prendrais l’exemple de Shakespeare.

Depuis toujours, de par l’ampleur et la qualité de son œuvre ainsi que l’universalité des thèmes abordés dans ses œuvres comme l’amour et le pouvoir, Shakespeare a suscité l’intérêt de traducteurs, metteurs en scène et autres réalisateurs.

Vous avez toujours rêvé d’un Shakespeare québécois ? Ils l’ont fait, et notamment Michel Garneau, dramaturge québécois. Il a notamment « tradapté » Macbeth, La Tempête ou encore Coriolan. Le but : se réapproprier la langue de Shakespeare en y alliant la phonétique, les structures et le vocabulaire québécois. Il y a là un moyen de rendre la pièce plus actuelle, de parler des jeux de pouvoir dans le royaume de Macbeth pour encore mieux parler du Québec au XXè siècle.

Au cinéma, les adaptations de Shakespeare ne se comptent plus. Du splendide Romeo + Juliet de Baz Luhrman, au plus ou moins convaincant She’s the man d’Andy Fickman, en passant par le tendre 10 things I hate about you (et la liste est encore longue) ; chaque film a choisi de prendre ses distances avec l’aspect, à première vue, poussiéreux d’œuvres écrites il y a plusieurs siècles et qui pourrait faire fuir le public.

Avec Baz Luhrman, c’en est fini des familles rivales qui s’écharpent en collants. Ici, Dicaprio, alias Roméo, arbore la chemise hawaïenne et traîne sa mélancolie sur la plage de Venice Beach. Les armes à feu ont remplacé les épées, et les réceptions se transforment en soirées drag-queen. On pourrait croire que cette adaptation se moque de l’œuvre de Shakespeare et n’en fait qu’à sa tête. Au contraire ! C’est justement là le génie de Baz Luhrman : parler au public en utilisant ses codes. On s’identifie d’autant plus à l’histoire de Roméo et Juliette parce que leur réalité semble plus proche de la nôtre. En trahissant, en surface, l’œuvre originale, Baz Luhrman sert toute la densité et l’universalité de l’œuvre shakespearienne.

Bien entendu l’équilibre est toujours instable et difficile à définir entre trahir une œuvre pour mieux la servir, et tout simplement la dénaturer, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle.

Traduction et création : une frontière artificielle

Comme j’ai essayé de le démontrer tout au long de cet article, une traduction ne sera jamais la parfaite et pâle copie du texte original. Et c’est justement cette « imperfection » qui en fait un produit à part entière, capable d’égaler l’original. Au final, tout acte de traduction est aussi un acte de création à part entière.

D’ailleurs, j’ose penser que Marina Fribourg-Blanc, traductrice à la DGT de la Commission européenne, ne me contredirait pas à ce sujet. Dans le cadre du programme Visiting Translator Scheme, partenariat entre la Commission et notre université, Mme Fribourg-Blanc nous a fait l’honneur de nous rejoindre pendant deux semaines pour partager son expérience et en apprendre davantage sur notre formation.

Lors de ses interventions, un point a particulièrement résonné en moi. Bien qu’elle soit spécialisée dans les questions liées à la pêche en Union européenne, domaine donc très technique, Marina Fribourg-Blanc a insisté sur l’importance pour elle de « s’approprier émotionnellement » le texte source, et d’en donner son interprétation en tant que traductrice. J’en venais à m’imaginer qu’un texte sur une directive concernant la pêche en Écosse avait peut-être lui aussi une « âme »…

Elle m’a en tout cas convaincue d’une chose : tout acte de traduction est, d’une façon ou d’une autre, un acte de création. À partir d’une matière première, le traducteur doit pouvoir donner forme, certes selon des besoins et des critères spécifiques, à une nouvelle matière, à un nouveau produit.

Par conséquent, peu importe le domaine de traduction, je pense qu’une fois son travail achevé, chaque traducteur devrait pouvoir le dire haut et fort, comme un certain Frank Sinatra, en s’inspirant de la célèbre chanson de Claude François : « I did it my way ! ».

Et comme je ne peux pas résister au plaisir de partager ce chef-d’œuvre qu’on ne se lassera jamais d’entendre, je clos cet article par la voix suave de ce cher Mr. Sinatra :

 

La traduction vocale : une révolution ?

Par Clara Sarritzu, étudiante M2 TSM

 

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La traduction vocale : comment ça fonctionne ?

C’est un rêve qui devient presque réalité : avoir une conversation avec une personne parlant une autre langue que la nôtre, ou tout simplement comprendre et se faire comprendre grâce à un traducteur vocal quasi instantané. Le secteur de la traduction automatique a connu un essor incroyable au cours des dernières années avec des traducteurs automatiques de plus en plus performants. De DeepL à Microsoft en passant par Google, tous se sont lancés dans l’aventure. Les machines sont désormais capables de traduire un texte sans qu’un traducteur humain doive intervenir. Il suffit d’entrer un texte dans le champ approprié et la machine nous propose alors une traduction dans la langue souhaitée.

Aujourd’hui, toutes ces entreprises se lancent un nouveau défi : mettre au point un traducteur vocal quasi instantané. Le pari est audacieux, car la traduction automatique présente toujours certaines limites, alors comment fonctionne un traducteur vocal ? Le principe est simple et fonctionne en 3 étapes :

1) Reconnaissance vocale

2) Traduction

3) Discours rendu en synthèse vocale

 

Tout d’abord, l’utilisateur prononce une phrase dans sa langue maternelle. Le traducteur vocal enregistre alors cette phrase puis la traduit dans la langue demandée. Enfin, il la retranscrit oralement en synthèse vocale. Le processus semble donc très simple, mais qu’en est-il de la qualité ? Est-ce vraiment utile et performant ? Penchons-nous sur la question…

 

De nombreux avantages…

La traduction vocale, pour être quasi instantanée, présente un certain nombre d’avantages. Pour commencer, on obtient une traduction très rapidement, pour ne pas dire presque « instantanément ». En effet, il suffit d’attendre à peine plus d’une seconde pour obtenir la traduction de la phrase prononcée. Évidemment, cela dépend toujours de la qualité de la connexion Internet. Le principal avantage de la traduction vocale réside cependant dans le fait qu’elle permet de réduire la barrière linguistique et de faciliter la communication entre les individus qui ne parlent pas la même langue. Nous avons probablement tous connu une situation dans laquelle un traducteur vocal nous aurait bien aidés : pour demander notre chemin, pour réserver une chambre d’hôtel ou pour commander au restaurant. Lorsque l’on voyage à l’étranger, il est beaucoup plus pratique d’utiliser un traducteur vocal plutôt qu’un dictionnaire de poche. En effet, même si un dictionnaire papier ou en ligne peut nous fournir la traduction d’un mot, il ne nous permet pas toujours de prononcer ce mot correctement. Le traducteur vocal nous est alors d’une aide précieuse pour comprendre notre interlocuteur, mais également pour nous faire comprendre ! Enfin, autre avantage non négligeable : la plupart des traducteurs vocaux sont gratuits et disponibles en ligne.

 

… mais également bien des inconvénients

Cependant, de nombreux inconvénients vont de pair avec ces avantages. Tout d’abord, la traduction vocale présente les mêmes inconvénients que la traduction automatique, puisqu’elle est également basée sur l’intelligence artificielle. En effet, les traducteurs vocaux présentent une difficulté à détecter les nuances et à traduire les expressions idiomatiques ou les jeux de mots. J’ai testé le traducteur vocal de Google pour traduire l’expression « avoir la puce à l’oreille ». Sans surprise, le traducteur m’a proposé une traduction littérale : « have the chip in your ear ». De la même manière, il ne prend pas toujours en compte le contexte, ce qui produit parfois des phrases qui n’ont aucun sens et soulève alors le problème de la qualité de la traduction. Le type de texte a également un impact sur la qualité de la traduction. S’il s’agit d’un texte juridique ou économique avec des termes spécifiques, la traduction sera de moins bonne qualité. En revanche s’il s’agit simplement de traduire des phrases courtes et simples, la traduction sera de meilleure qualité.

Outre le problème de la qualité de la traduction, la traduction vocale pose également le problème du nombre de combinaisons linguistiques proposées, qui reste limité. Les langues les plus courantes telles que le français, l’espagnol, l’allemand ou l’italien sont bien sûr disponibles, mais les langues plus rares telles que l’hébreu ou le lithuanien ne le sont pas. Enfin, il existe également un problème propre à la traduction vocale : la reconnaissance vocale. En effet, pour que le traducteur vocal puisse fournir une traduction, il faut qu’il puisse entendre distinctement la phrase qu’on lui demande de traduire. Deux conditions sont alors indispensables : une bonne prononciation et un environnement sans aucune nuisance sonore. Si le traducteur vocal détecte un bruit de fond, il rencontre alors des difficultés à fournir une traduction correcte et informe souvent l’utilisateur qu’il ne peut pas proposer de traduction en raison de la mauvaise qualité de l’enregistrement. De même, il est indispensable que l’utilisateur ait une bonne élocution. Le fait que l’utilisateur ait un accent peut par exemple constituer un obstacle au bon fonctionnement du traducteur vocal.

 

Que penser de tout ça ?

La traduction vocale est donc certes sur la bonne voie, mais elle n’est pas visiblement pas encore tout à fait au point. Son côté pratique est indéniablement d’un grand secours lorsque l’on voyage à l’étranger et que nous souhaitons communiquer avec des personnes parlant une autre langue. La rapidité de la traduction est un véritable atout pour les voyageurs qui n’ont qu’à télécharger une application sur leur smartphone, qui est gratuite la plupart du temps. Il s’agit donc d’un formidable outil pour briser la barrière de la langue et être en mesure de communiquer partout dans le monde. Néanmoins, l’utilisation de la traduction vocale à des fins professionnelles n’est pour l’heure pas recommandée. En effet, elle présente les mêmes faiblesses que la traduction automatique, à savoir une difficulté à capter les nuances et à prendre en compte le contexte, ce qui influe directement sur la qualité de la traduction. De plus, les problèmes liés à la reconnaissance vocale sont un autre frein à l’utilisation de cet outil dans un cadre professionnel.

 

Je conclurai donc cet article en disant que la traduction vocale est en effet une révolution, mais qu’il faut savoir l’utiliser de façon appropriée, c’est-à-dire dans un contexte « récréatif » et non pas professionnel. Du moins, pour l’instant…

 

Liens utiles :

Comment bien se vendre pour trouver un stage dans le milieu de la traduction

Par Chloé Cantet, étudiante M2 TSM

 

En cette période de recherche de stages, nous souhaitons tous nous démarquer et nous vendre au mieux pour trouver un stage formateur et motivant.

En tant qu’étudiant.e, l’expérience professionnelle nous fait souvent défaut au moment de postuler à nos stages de master, en particulier pour celui de master 1. Cependant d’autres atouts peuvent être mis en avant afin d’attirer l’attention du recruteur.

Label EMT

Bien que cela puisse paraître évident, le fait même d’être en master est un plus, surtout si votre formation, comme le master TSM, porte le label EMT (European Master in Translation) octroyé par la DGT (Direction Générale de la Traduction). Ce label est un gage de qualité. En effet, le référentiel de compétences EMT, qui doit être respecté par les formations membres du réseau «  définit les compétences de base que les traducteurs doivent posséder pour travailler sur le marché actuel » (site de la Commission européenne).

Ce label est également un atout considérable si souhaitez réaliser un stage à la DGT ou dans une organisation de l’Union européenne en général.

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Parce que le master est une expérience

Pensez à valoriser les compétences et connaissances acquises au cours de la première année (voire du premier semestre !) de master. Parce que l’utilisation de la Traduction Assistée par Ordinateur (TAO), la compilation de corpus et la gestion de projets sont essentielles aux yeux des agences et des professionnels du monde de la traduction, ce serait dommage de les omettre dans son CV. De plus, en tant qu’étudiant.e.s en cours de formation, nous sommes les mieux formés et les plus à jour en matière de nouvelles technologies, de logiciels et de nouveaux outils : un atout majeur sur un marché qui est en constante évolution et développement !

Pour ce qui est des outils de TAO, la certification de SDL pour traducteurs (niveau débutant pour les M1 et niveau intermédiaire pour les M2) est évidemment un plus qui permet d’attester de votre niveau de maîtrise de SDL Studio, actuellement leader sur le marché. Le fait de préciser la version avec laquelle vous travaillez, en l’occurrence 2019 cette année pour les étudiants du master TSM, montre au recruteur que vous êtes à l’aise avec les nouvelles fonctionnalités et que vous n’aurez pas de problème à travailler avec les versions antérieures.

De plus, le Skills Lab étant un atelier à part entière, il permet d’augmenter l’expérience sur votre CV. Votre poste dans cette agence de traduction virtuelle est bien réel et vous demande de mettre en pratique ce qui a été appris pendant les cours, et au-delà.

Attention aux fottes !

En traduction plus que dans n’importe quel autre secteur, la rédaction, la typographie, la grammaire et l’orthographe sont primordiales. Elles révèlent votre style et l’attention que vous portez à votre candidature. C’est pourquoi il est important de soigner la rédaction de son cv et de sa lettre de motivation. La moindre erreur pourrait vous « disqualifier » et faire douter de vos compétences. Pensez à les faire relire par un camarade, un proche… : on voit toujours mieux les erreurs des autres.

Étranger

Langues de travail et séjours à l’étranger

Les langues étudiées et parlées sont également un moyen de sortir du lot. Le fait d’avoir des connaissances dans une langue rare (russe, danois, serbe…) peut intéresser certaines agences et plus particulièrement les institutions européennes.

De plus, les expériences à l’étranger, que ce soit dans le cadre de stages, d’échanges universitaires, de formations, etc., sont une plus-value à ne pas négliger puisqu’elles permettent de développer des compétences linguistiques et culturelles et montrent une certaine ouverture d’esprit et curiosité. C’es séjours permettent généralement d’apprendre à gérer un budget, à gagner en autonomie, à mieux s’organiser… Tant de compétences à mettre en avant afin de se démarquer et retenir l’attention de qui lira votre CV.

Présence sur les réseaux sociaux

À l’ère du numérique, les employeurs recrutent régulièrement sur les réseaux sociaux. Il faut donc se créer des profils et les soigner (tant professionnels que personnels) pour mettre en avant ses atouts et ses compétences tout en évitant de rendre publics des informations trop personnelles ou compromettantes. Le milieu de la traduction est un petit milieu où tout le monde se connaît, il faut donc veiller à construire et entretenir sa réputation. Les profils LinkedIn et Viadeo par exemple doivent être professionnels et donner confiance. Ils font office de CV et permettent au futur employeur de connaître notre parcours et nos compétences. Il est important qu’ils soient complets et qu’ils contiennent tous les mêmes informations.

Afin d’être facilement reconnaissable d’un réseau à l’autre, il est conseillé d’utiliser le même nom, la même adresse mail et la même photo pour chaque profil. Il est judicieux de suivre les sociétés de traduction sur les réseaux sociaux puisque c’est là qu’elles publient (souvent en avant-première) leurs nouvelles offres de stage et d’emploi.

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Skills Lab – test ultime avant l’arrivée sur le marché

Les entreprises ne font jamais de retour sur notre cv, notre lettre de motivation ou encore notre présentation lors de l’entretien d’embauche. Notre candidature est acceptée ou refusée, sans que l’on sache ce qui a motivé le choix du recruteur. Cependant, grâce au Skills Lab les étudiants du master TSM ont la possibilité d’avoir l’avis de professeurs et de professionnels du monde de la traduction sur leur façon de postuler à une offre d’emploi en traduction. En effet, comme l’explique Alessandro Circo dans son article, les étudiants sont amenés à répondre à des annonces pour différents postes au sein du Skills Lab (traducteur, réviseur, préparateur de ressources ou gestionnaire de projet) et à passer des entretiens. Les commentaires constructifs réalisés par les professeurs et les professionnels sont essentiels puisqu’ils permettent d’améliorer considérablement son cv et sa façon de se présenter lors d’un entretien d’embauche. De plus, cela permet de se mettre dans la peau d’un professionnel du monde de la traduction (souvent pour la première fois) avant d’arriver réellement sur le marché.

 

J’espère que ces conseils auront été utiles et vous aideront à obtenir un (bon) stage de master dans le milieu de la traduction.

Les machines peuvent-elles inventer des mots ?

Par Nicolas Baille, étudiant M2 TSM

Avez-vous déjà vu I, Robot, ce film avec des robots plus vrais que nature ? À chaque fois que je vois un film de science-fiction de ce type, je me demande toujours si, avec des machines douées de parole, la langue continuerait à évoluer, ou si elle se figerait dans le temps. Créer de nouveaux mots, c’est ce qui rend une langue vivante, et les traducteurs sont en première ligne lorsqu’il s’agit de trouver des mots qui décrivent de nouveaux concepts. Bien souvent, les traducteurs proposent de nouvelles solutions pour adapter ces mots, souvent liés au domaine technologique ou à des évolutions culturelles. Ils s’arrachent les cheveux à trouver des équivalences, à mettre des gloses, etc. Ce serait tellement plus simple de créer de nouveaux mots à partir de rien… non ?

C’est ce qu’a tenté de faire David Louapre, un vulgarisateur scientifique qui, sur sa chaîne Youtube, a décrit de quelle manière il avait élaboré un programme capable de créer des mots qui sonnent bien français, tels que angerie, rumâmes ou friendeux.

Mais comment fonctionne cet algorithme, et peut-on vraiment s’en servir pour créer des mots qui tiennent la route ?

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Un code simple, mais efficace

Ce programme se base en fait sur une architecture simple en deux étapes. Dans un premier temps, on lui demande d’analyser une liste de mots (ou des textes entiers) et de déterminer la probabilité qu’une lettre soit suivie d’une autre. Par exemple, il est très fortement probable qu’en français, la lettre q soit suivie d’un u. Il est en revanche beaucoup moins probable qu’elle soit suivie d’un y ou d’un autre q. De son côté, David Louapre avait utilisé des livres numérisés dans le cadre du projet Gutenberg, une bibliothèque électronique de livres tombés dans le domaine public. Une fois cette matrice de probabilités extraite, on utilise la deuxième partie du programme, qui génère des mots aléatoires en suivant ces règles. Vous pouvez retrouver la liste de mots qu’il a générés sur son blog.

Cependant, en observant cette liste, j’ai remarqué quelques anomalies : les verbes et les substantifs sont mélangés, les pluriels sont surreprésentés, et pour ce qui est des verbes, ils sont conjugués de manière aléatoire. De plus, un déterminant ne se construit pas de la même manière qu’un verbe ou qu’un adjectif. Afin d’obtenir une sortie plus « propre », j’ai donc repris son code pour l’adapter en fonction de mes propres critères.

J’ai d’abord nourri l’algorithme avec un corpus anglais : depuis Sketch Engine, j’ai extrait les 1 000 noms les plus utilisés du British National Corpus.

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Une partie du corpus anglais utilisé.

Le programme a donc sorti 300 mots aléatoires dont certains sonnent bien anglais, et ressemblent à s’y méprendre à des noms que l’on pourrait effectivement croiser dans un texte, tels que famedoor, mansport, wifect ou quater. Bien sûr, la majorité des mots sortis par l’algorithme laissent à désirer, mais il faut savoir que le corpus que j’ai utilisé est relativement réduit : il ne contient en tout et pour tout que mille mots, là où David Louapre avait utilisé des livres entiers. Dans les mots de quelques caractères, on retrouve également des noms de marques, tels que nood ou dity, on peut donc imaginer que cet algorithme pourrait servir à des marketeurs en manque d’inspiration.

Curieux de pousser l’expérience plus loin, j’ai extrait les 1 000 noms les plus fréquents dans un corpus français de Sketch Engine, à savoir le French Web 2012. Vu que mon programme fonctionne mal avec les caractères spéciaux, j’ai exclu tous les mots qui en contenaient, ce qui m’a laissé avec un corpus très restreint, mais grâce auquel j’ai tout de même pu générer des mots qui sonnent français, comme doisolue, positeur, impas ou apisagne.

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Pour utiliser l’algorithme, quelques bases en programmation sont requises.

Mais si la création de mots aléatoires était plutôt amusante, quelque chose clochait dans la démarche elle-même…

Ai-je vraiment créé des mots ?

Si l’on en croit la définition du CNRTL, un mot est un « [s]on ou groupe de sons articulés ou figurés graphiquement, constituant une unité porteuse de signification à laquelle est liée, dans une langue donnée, une représentation d’un être, d’un objet, d’un concept, etc. »

Les mots ne se limitent pas à des chaînes de caractères aléatoires : ils ont une histoire, mais surtout un sens. Aussi français qu’ils puissent paraître, apisagne et positeur n’ont aucun concept qui leur est rattaché naturellement, et il ne suffit pas de le décider pour qu’un mot adopte une signification. Les mots qui sont récemment entrés dans la langue française ont logiquement fait le chemin inverse : face à de nouveaux concepts, les locuteurs (et, souvent, les traducteurs) ont trouvé des mots qui leur correspondent. C’était le cas pour hipster ou Ubérisation : il ne s’agit pas de chaînes de caractères aléatoires, mais d’ensembles qui viennent de quelque part, qui ont une histoire et une bonne raison d’être formés de cette façon et pas d’une autre.

Au-delà de cette démarche à rebours, où l’on essaie de créer les mots avant de leur attribuer un sens, on peut également remettre en question l’algorithme en lui-même.

Ce programme a un défaut intrinsèque, à savoir son système de récurrence. Il part d’une lettre n, et définit la probabilité de la lettre n+1 en fonction des données qu’il a extraites du corpus. J’ai été surpris de trouver, dans ma liste de mots générés, beaucoup d’exemples avec l’enchaînement de lettres qur : l’algorithme a déterminé, logiquement, que ce qui devait suivre un q est un u. Or, un r a de fortes chances de suivre un u en français (pour, four, cour), et il a donc sorti l’enchaînement qur, bien que qu soit généralement suivi d’une voyelle (que, qui, quoi). Ce code qui ne fonctionne que d’une lettre à l’autre est donc limité : il ne raisonne qu’en termes de caractères, pas en phonèmes ou en morphèmes.

Cette machine est-elle vraiment utile ?

En fait… pas vraiment. Cette machine ne crée pas des mots, mais des coquilles vides de sens, qui n’auraient pas leur place dans un texte en français.

Pour autant, cela ne rend pas le système inutile : étant basé sur un système de corpus, on peut obtenir des résultats radicalement différents si l’on change les textes utilisés. David Louapre, à l’origine de cette « machine à créer des mots », l’avait également adaptée pour le suédois et l’allemand. Dans mon cas, je me suis amusé à utiliser une liste de noms japonais féminins pour voir ce que cela pouvait donner. Le japonais étant un système syllabique très régulier, les 300 noms générés existent en fait pratiquement tous en japonais, mais quelques-uns semblent inédits, comme Shinae ou Runko. Idéalement, on peut donc concevoir toutes sortes de mots, dans toutes les langues… Y compris fictives. Dans de tels cas, un traducteur littéraire, un traducteur de jeux vidéo ou encore un spécialiste du marketing pourraient très bien y trouver leur compte…

Liens utiles :

  • La vidéo de David Louapre sur le sujet
  • Si vous voulez utiliser l’algorithme vous-même, vous pouvez le retrouver en open source sur le blog de son créateur. Attention, quelques connaissances en Python sont nécessaires pour s’en servir.
  • Pour aller plus loin sur la création de mots en anglais, regardez le court TedX d’Erin McKean (7 minutes, en anglais).