Traduire vers une langue étrangère ? It depends

Par Elena Valevska, étudiante M2 TSM

 

En 2017, Lucie Lhuillier, ancienne étudiante TSM, s’était déjà penchée sur le sujet de la traduction dite non native dans son billet. Ses conclusions claires, conformes aux normes de l’industrie : traduire vers une langue étrangère, c’est un grand faux pas, et elle explique bien pourquoi.

Aujourd’hui, je veux me faire l’avocat du diable, et essayer de mettre cet axiome à l’épreuve.

Nous, les étudiants en traduction, on nous apprend dès le début à quel point il est important de traduire vers sa langue maternelle. Ne pas le faire, c’est dire au revoir à la qualité, bye-bye ! Après tout, traduire, c’est trahir, dixit quelqu’un, peu importe son nom mais son message importe. Ainsi, si on veut réduire, contenir cette trahison, cette désertion de sens, on n’a pas le choix : il faut faire appel à des native speakers. Sinon, quality has left the chat.

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Cette notion de « natif » m’a toujours intriguée, sans doute en raison de mon cas particulier. Ayant grandi dans une famille où on parle trois langues à la maison, je les ai apprises plus ou moins à la fois : le néerlandais (ou le flamand, si vous insistez vraiment) avec papa, le bulgare avec maman, et leur langue en commun, c’était l’anglais. Aujourd’hui c’est aussi ma langue à moi, sans doute la langue que je maîtrise le mieux, grâce à mon enfance, à l’internet (#90kidsunite), mais aussi aux nombreuses heures passées à la bibliothèque, dévorant des livres comme un gamin un peu obèse se plonge sur le gâteau le jour de son anniversaire. J’avoue que le fait d’avoir un British à mon côté pendant les six dernières années y a contribué également. (Blimey ! Il a heureusement fait défection vers la Belgique avant le fiasco du vous-savez-quoi, mais ça reste un vrai rosbif). Dans ce délicieux mélange linguistique, quelle est ma langue maternelle ? Est-ce, comme le mot l’indique, la langue de ma mère ; ou bien la langue de ma formation et culture ; ou encore la langue que j’utilise le plus souvent dans ma vie quotidienne ? Est-ce les trois ? Et si je passais les 15 années suivantes en France, lissant toutes les erreurs que je fais aujourd’hui, pourrais-je un jour atteindre un niveau dit natif ? Voilà la question.

Maintenant que j’ai partagé ma backstory un peu, vous comprenez peut-être mieux d’où vient mon intéresse pour un phénomène plutôt polarisant. J’y ai dédié une part de mon rapport de stage, et je souhaite partager avec vous quelques de mes trouvailles (fini les plaisanteries, place aux choses sérieuses).

La traduction non native dans l’industrie de la langue

En 1965, Chomsky avança le modèle du locuteur-auditeur idéal [1], celui qui maîtrise sa langue à la perfection, ainsi que la notion de l’intuition du locuteur natif (native speaker intuition), estimant qu’il s’agissait d’une aptitude innée. En effet, les linguistes ont longtemps jugé que le native speaker était l’autorité absolue en matière de langue, sentiment à première vue largement partagé par les principaux acteurs du marché de la traduction. Dans une enquête menée sur le sujet par l’Association internationale des traducteurs et interprètes professionnels (IAPTI), les opinions sur l’admissibilité de la traduction vers la langue B ont unanimes ; en voici quelques extraits.

  • […] the hallmark of a professional translator is excellent writing skills, and achieving a ‘native’ level of excellence is almost impossible for non-natives. I have been correcting translation certification examinations in Canada for close to 15 years, and have encountered only one instance in which a person’s level of ability, in writing, was almost ‘native’. One.
  • Of my nearly 15 years as a translator, editor and project manager, I have seen the work of some roughly 500 translators. I can attest only three (3) (ONLY 3!) of that lot were capable enough to translate into a non-native language competently.
  • I have done this once or twice, into Spanish, following considerable pressure from the client and after telling them clearly why I didn’t think this was a good idea. Each time, I had a Spanish native speaker proofread the target text before delivery. This is not a service I advertise, or even want to provide. I will only do it as a last resort and as a favour for a good client.
  • I consider it unprofessional to translate into one’s non-native language, unless it’s a true emergency for someone. The resulting prose NEVER reads native – and believe me, I’ve edited and proofread an awful lot of writing by pretty good non-native speakers and writers.

 

Il n’y a aucun doute à ce sujet, si l’on veut prôner la qualité, il faut faire appel aux natifs.

Ce que je trouve curieux, c’est le fait que de nombreuses associations de traducteurs soulignent également l’importance de la traduction vers la langue maternelle (L1), mais cela sans exclure totalement la possibilité de la traduction vers sa deuxième langue (L2). Voyons ce qu’elles disent :

  • Le traducteur […] s’engage à travailler dans les règles de l’art, à savoir : traduire uniquement vers sa langue maternelle ou une langue cultivée, maniée avec précision et aisance ;

(Code de déontologie de la SFT)

  • [Les traducteurs doivent] maîtriser à la perfection leur langue maternelle et une ou plusieurs langues étrangères, avoir une bonne culture générale et des connaissances approfondies d’un ou plusieurs domaines de spécialisation ;

(ALTI, Association luxembourgeoise des traducteurs et interprètes)

La Chambre belge des traducteurs et interprètes (CBTIP) est encore plus ambiguë dans sa formulation, indiquant simplement que les traducteurs « s’interdisent […] d’accepter, d’exécuter ou de faire exécuter un travail, dont ils ne peuvent garantir la qualité […] d’exécuter personnellement un travail dans une combinaison linguistique autre que celle(s) pour laquelle (lesquelles) ils ont été agréés par la CBTIP ».

Ce qui, à mon avis, n’exclurait pas le traducteur near-native, qui ne maîtrise pas la langue « à la perfection » mais se laisse réviser par un linguiste natif.

Un autre exemple : Enissa Amani

En 2018, Netflix a diffusé une émission de comédie spéciale de l’humoriste allemande Enissa Amani, intitulée Ehrenwort. Mme Amani est originaire de Francfort et parle avec un accent hessois. Pendant l’émission, elle utilise beaucoup un mot argotique, Alter [al-teuh], signifiant « mec, frérot », qui, prononcé à l’accent hessois laisse tomber le ‘t’, donnant ‘Aller*’ [al-euh]. Ainsi, elle dit « Aller*, ich weiß selber nicht » (« mec, je ne sais même pas », en réponse de ce qu’est Netflix), ce qui a été traduit par « Allah, I don’t even know » dans les sous-titres anglais, une inférence vraisemblablement due aux origines iraniennes de l’humoriste. Un traducteur allemand n’aurait peut-être pas commis cette erreur, conscient du fait que Aller* se prononce [alɐ], et Allah [ala:]. De tels exemples « lost in translation » étant si récurrents dans le sous-titrage, la mauvaise compréhension de la langue source dans d’autres domaines reste également probable (d’ailleurs, selon Eugene Nida, c’est la raison principale des erreurs de traduction). Si les précautions nécessaires sont prises pour assurer une qualité irréprochable, le traducteur non-natif, mais presque natif, pourrait apporter une vraie valeur ajoutée. Food for thought ?

 

[1] Chomsky, Noam. 1965. Aspects of the Theory of Syntax. Massachusetts: MIT Press.

La déontologie du traducteur : quelques règles de bonne conduite

Par Anja Ries, étudiante M2

 

Contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne ou le Canada, il n’existe pas en France de cadre législatif pour régir le métier de traducteur. Ni le titre, ni l’exercice professionnel ne sont protégés par la loi, ce qui signifie que n’importe qui peut s’improviser traducteur du jour au lendemain à partir du moment où il ou elle juge ses compétences linguistiques suffisantes. Cela tient au fait que la traduction est encore trop souvent perçue comme une tâche pas si difficile, à la portée de quiconque maîtrise plus ou moins bien une langue étrangère. Or nous savons que la traduction fait appel à des compétences multiples, qui vont d’une bonne culture générale au maniement d’outils informatiques spécifiques en passant, naturellement, par d’excellentes connaissances des langues source et cible. Bien que la plupart des formations en traduction soient de haut niveau et sanctionnées par un diplôme bac + 5, la technicité acquise et la polyvalence dont doit faire preuve tout traducteur souffrent encore d’un manque de reconnaissance, aussi bien par le législateur que par le grand public. Aucun Ordre, aucun Conseil ne définit les contours de la profession et n’intervient en cas de problème d’éthique ou de qualité.

 

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L’absence de cadre réglementaire peut avoir des conséquences fâcheuses, non seulement pour le client final, qui n’obtient pas forcément le travail de qualité auquel il s’était attendu, mais aussi pour le traducteur lui-même puisque des pratiques déloyales menacent le travail sérieux et peuvent entacher la réputation de la profession toute entière. Le marché de la traduction est très concurrentiel et fragmenté, caractérisé par une pression permanente sur les prix et des conditions de travail parfois difficiles (délais serrés, évolution rapide des innovations technologiques qui nécessitent une adaptation des connaissances, solitude du traducteur, etc.). Si la mondialisation de l’économie, par son effet d’ouverture sur de nouveaux marchés, a stimulé le besoin de communiquer en d’autres langues et ainsi offert au secteur de la traduction une forte croissance, elle intensifie aussi la concurrence et augmente le risque de dumping linguistique. En ces temps modernes marqués par des changements accélérés, où il faut produire toujours plus vite et à moindre coût, on peut être tenté d’accepter des conditions d’exercice qui potentiellement nuisent à la qualité du travail rendu.

C’est pourquoi il est important que tout traducteur professionnel, qu’il soit au début de sa carrière ou aguerri par des années d’expérience, se conforme à quelques règles de base, pour protéger son travail et ceux qui font appel à lui, préserver l’image de la profession et, last but not least, se protéger lui-même. Un certain nombre d’associations professionnelles et d’organisations internationales ont édité des codes de pratique professionnelle qui définissent des valeurs et des repères communs, même s’ils ne constituent pas des dispositions réglementaires.

Dans ce billet, je propose un bref récapitulatif de ces textes et de leurs critères principaux.

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Commençons par la Société française des traducteurs (SFT) qui, en 2009, a sorti le Code de déontologie générale des adhérents de la SFT. Celui-ci définit les principes, devoirs et usages de la profession et fournit ainsi un cadre de références à tous les traducteurs, quel que soit leur statut, indépendant ou salarié. Le respect de ces principes est une obligation pour tous les traducteurs adhérents de la SFT.

 

Le code retient trois principes généraux :

  • Probité et intégrité, qui garantissent le respect du donneur d’ouvrage et de la mission du traducteur ainsi que la réputation de la profession
  • Fidélité, qui renvoie à la restitution correcte du texte source
  • Respect du secret professionnel

 

À ces principes généraux s’ajoute le respect par le traducteur de la législation de l’État dans lequel il exerce sa profession, notamment en matière de régime social et fiscal. Cet article du code vise à alerter sur la nécessité de déclarer son activité, afin de pouvoir exercer en toute légalité et ainsi contrer les pratiques de travail dissimulé, ou au noir, source de concurrence déloyale. L’argumentation de la SFT ainsi qu’un rappel des sanctions encourues en cas de non-respect de cette obligation sont consultables ici. Le traducteur se doit également de respecter le donneur d’ouvrage en s’interdisant de faire sous-traiter tout ou partie du travail qui lui a été confié. Il ne doit pas se prévaloir de diplômes qu’il ne possède pas. Le traducteur doit refuser toute mission qu’il ne se sent pas capable de réaliser, ainsi que tout délai qu’il juge incompatible avec un travail de qualité.

Enfin, la SFT rappelle la nécessité d’entretenir des relations loyales et confraternelles avec les autres collègues traducteurs. Ceci implique le droit à une juste rémunération de ses prestations rendues, mais aussi le devoir de ne pas accepter de rabais ou de rétributions qui se feraient au détriment d’autrui.

 

Le code de déontologie de la SFT s’appuie sur la Recommandation de Nairobi, adoptée par l’UNESCO en 1976. La traduction, qu’elle soit littéraire, scientifique ou technique, y est reconnue comme activité qui favorise la communication et les échanges d’idées entre les peuples. L’UNESCO attribue à la traduction un rôle extrêmement important dans la coopération entre les nations et les échanges internationaux. Le traducteur est reconnu dans son aptitude à créer des liens au service de la culture et du développement. À ce titre, il est indispensable que lui-même et son travail soient protégés.

Parmi les dispositions adoptées, on peut citer notamment :

  • La recommandation faite aux États membres d’accorder aux traducteurs un droit d’auteur tel qu’il est défini par les conventions internationales. Le traducteur a le droit de voir son nom figurer dans tous les exemplaires publiés de la traduction.
  • La proposition que toute transaction entre un traducteur et un utilisateur se base sur un contrat écrit qui prévoit une rémunération équitable du travail fourni
  • Le renforcement du rôle des organisations et associations professionnelles de traducteurs, dans le but de défendre les intérêts moraux et matériels des traducteurs, par la mise en place de normes régissant la profession et de procédures destinées à faciliter le règlement d’éventuels différends liés à la qualité des traductions
  • L’élaboration et le développement de programmes spéciaux de formation de traducteurs. La traduction doit être reconnue comme une formation spécialisée, distincte de l’enseignement exclusivement linguistique.
  • La garantie que les traducteurs bénéficient d’un régime social et fiscal adapté à leur situation

 

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La recommandation de l’UNESCO marque une avancée importante dans l’histoire de la profession de traducteur. Elle est citée comme référence non seulement par la SFT, mais également par la Fédération internationale des traducteurs (FIT) qui s’en est inspirée pour réviser sa Charte du traducteur lors de son congrès à Oslo en 1994. Créée sous les auspices de l’UNESCO en 1953, la FIT est un groupement international d’associations de traducteurs, d’interprètes et de terminologues. Elle compte actuellement plus de cent associations professionnelles répertoriées, représentant plus de 80 000 traducteurs dans 55 pays. Elle est reconnue par l’UNESCO comme organisation non-gouvernementale de catégorie A, ce qui lui assure d’être consultée sur toute question ayant trait à la traduction discutée par les autorités de l’UNESCO.

La Charte du traducteur de la FIT précise les droits et les devoirs du traducteur. De par la variété des conditions dans lesquelles elle est exercée, la traduction mérite d’être considérée comme une discipline spécifique et autonome. Afin d’assurer cette reconnaissance à la profession, le traducteur s’engage à suivre certaines lignes de conduite qui devraient non seulement le guider dans l’exercice de sa mission, mais également aider à améliorer les conditions économiques et sociales dans lesquelles il travaille. La charte pose ainsi les bases d’un véritable code moral des traducteurs.

 

On retrouve parmi ces lignes de conduite des propositions déjà citées précédemment dans le code de déontologie des adhérents de la SFT et la recommandation de l’UNESCO : un haut niveau de compétences linguistiques et une bonne culture générale, qui sont à entretenir par des actions de formation continue, la loyauté vis-à-vis des collègues, une estimation juste de ses capacités à réaliser la mission qui lui est confiée, le respect du secret professionnel, la fidélité de la traduction au document source.

Précisons que la FIT insiste sur la nécessaire marge de créativité qui doit être laissée à tout traducteur, puisqu’elle distingue entre une traduction littérale et une traduction fidèle, adaptée au public de la langue cible. Dans tous les cas, le traducteur reste maître de sa traduction et doit, à ce titre, bénéficier des mêmes droits et niveaux de protection qui sont accordés à l’auteur de l’œuvre originale.

 

À côté de ces trois codes de pratique professionnelle, qui s’adressent aux traducteurs de tous horizons et incluent souvent les interprètes, il existe des codes spécifiques pour la traduction littéraire ainsi que pour les traducteurs juridiques. Pour les premiers, on peut citer le code établi par l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) et, au niveau européen, celui du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL), consultable ici. En ce qui concerne les traducteurs et interprètes près des tribunaux, ils suivent les règles de l’Association européenne des traducteurs et interprètes juridiques (EULITA).

 

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À travers ces quelques exemples, j’ai voulu montrer que le caractère flou qui entoure notre profession n’est pas une fatalité. Si le métier de traducteur est encore loin d’être aussi codifié que la déontologie médicale, des efforts sont faits depuis longtemps pour l’inscrire dans un cadre de références solide, basé sur des valeurs partagées et la volonté commune de produire un travail de qualité, gage de sérieux et de rigueur scientifique. Bien qu’ils n’aient pas de validité sur le plan juridique, ces différents codes de bonnes pratiques donnent des repères et des orientations aux traducteurs, les aident à évoluer dans l’exercice de leur métier, leur fournissent un sentiment de protection en cas de doute et contribuent ainsi à améliorer non seulement la qualité des prestations rendues, mais également l’image d’une profession encore trop souvent malmenée.

 

 

Sites consultés :

http://www.fit-ift.org/?lang=fr
https://www.sft.fr/
http://www.atlf.org/
https://ottiaq.org/
http://www.tradulex.com/articles/JEF4.pdf
https://www.ceatl.eu/fr/

 

 

Faut-il traduire uniquement vers sa langue maternelle ?

Par Lucie Lhuillier, étudiante M1 TSM

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Les langues de travail représentent un élément essentiel pour le traducteur. La SFT recommande aux personnes ayant besoin d’une traduction de s’adresser à des traducteurs qui traduisent vers leur langue maternelle. En outre, d’après son code déontologique, les traducteurs adhérents s’engagent à traduire vers leur langue maternelle. Pourquoi ? Et est-ce toujours le cas ?

 

Pourquoi traduire vers sa langue maternelle ?

La plupart des personnes pense que traduire consiste uniquement à transposer un texte écrit d’une langue à une autre. Or, il s’agit d’un processus beaucoup plus complexe. En effet, connaître une langue et la parler n’est pas suffisant pour traduire correctement. La déontologie en matière de traduction veut que le traducteur traduise vers une seule langue, en l’occurrence, sa langue maternelle. La Société française des traducteurs en fait d’ailleurs part elle-même : « Un traducteur qui déroge à cette règle de base a toutes les chances de négliger d’autres critères essentiels à la qualité de la traduction. Si vous voulez donner une image internationale, l’approximation est interdite. Sachez que dans de nombreuses cultures, les gens n’apprécient guère que l’on déforme leur langue. Faites appel à un traducteur dont la langue maternelle correspond à la langue d’arrivée désirée. Il en maîtrise les subtilités culturelles et linguistiques et ne faillira pas aux règles typographiques. L’accumulation de coquilles devient vite un repoussoir pour un lecteur étranger ! »

A moins d’être bilingue et d’avoir grandi avec deux langues, nous ne connaissons vraiment qu’une seule langue : notre langue maternelle. C’est la langue avec laquelle nous avons grandi et évolué au cours de notre vie, c’est donc celle que nous connaissons le mieux. Un traducteur dont la langue cible est la langue maternelle fournira, en règle générale, une traduction plus naturelle et plus fluide qu’un non-natif. Un natif aura la possibilité de puiser dans la richesse de sa langue afin de rendre au mieux le message véhiculé dans le texte de départ. Maitriser parfaitement la langue cible et en connaitre toutes les nuances et les subtilités est essentiel pour produire une traduction exacte. Une traduction effectuée par un traducteur qui a pour langue maternelle la langue cible, est supposée ne comporter aucune faute autant sur le plan linguistique que sur le plan grammatical. Un traducteur natif est capable de manier parfaitement sa langue maternelle, il en connait la grammaire, la syntaxe, l’orthographe, le style, la culture mais également la typographie qui diffère selon les langues. Il possède, en outre, un vocabulaire plus vaste. Par ailleurs, il doit être en mesure de rédiger de manière correcte dans la langue cible, la maîtrise rédactionnelle étant un critère très important. Tous ces éléments permettent d’assurer la qualité de la traduction, à condition bien évidemment, d’être compétent dans la ou les langues sources que nous traduisons.

 

Maîtriser sa langue maternelle mais pas que…

Toutefois, il est évident que la seule maîtrise de sa langue maternelle ne suffit pas. D’autres facteurs entrent en compte lors d’une traduction, notamment la compréhension du texte source. En effet, il est également nécessaire de connaître la langue source afin de comprendre correctement le texte source. Qu’il traduise ou non vers une autre langue que la sienne, le traducteur se doit d’être compétent dans toutes ses langues de travail. Car, même si un traducteur maîtrise parfaitement sa langue maternelle mais que son niveau de compétences en langues étrangères est peu élevé, il ne sera pas en mesure de produire une traduction de qualité. Sans les connaissances linguistiques et culturelles requises en langue source, le message de départ ne pourra en aucun cas être transmis correctement dans la langue cible. De plus, le traducteur risque de mal interpréter le texte source et de commettre de nombreuses erreurs dans sa traduction, ce qui pourrait engendrer d’importants problèmes. C’est pourquoi, il est essentiel de connaitre la ou les langues sources à partir desquelles nous travaillons et de ne pas négliger ce critère.

 

Et dans la réalité ?

Cependant, ce n’est pas toujours le cas dans la réalité. Il arrive qu’un traducteur soit amené à traduire vers plusieurs langues pour diverses raisons (souvent pour des raisons économiques ou tout simplement parce qu’il l’a choisi). Car, en effet, le choix de traduire uniquement vers sa langue maternelle ou vers sa ou ses autres langues de travail appartient finalement au traducteur. C’est à lui de déterminer sa façon de travailler selon sa vision du métier, ses compétences, ses points forts et ses points faibles ainsi que son expérience professionnelle et personnelle. S’il choisit de traduire vers plusieurs langues et non vers sa langue maternelle uniquement, il doit être apte à restituer fidèlement le message du texte source dans la langue cible tout en fournissant un travail de qualité à ses clients.

 

 

Sources :

https://karenrueckert.wordpress.com/2016/09/20/translating-in-one-direction-or-both-your-choice-to-make/

https://karenrueckert.wordpress.com/2013/10/17/should-i-only-translate-into-my-native-language/

http://pcollustraductions.com/pourquoi-le-traducteur-traduit-il-vers-sa-langue-maternelle/

http://www.traduction-pro.eu/blog/2012/06/10/pourquoi-traduire-vers-sa-langue-maternelle/