Optimiser le travail du traducteur : le poste de travail au cœur du compromis efficacité/confort

Par Clément Brulé, étudiant M2 TSM

Au sortir du master TSM, nombreux sont les futurs traducteurs dont l’équipement informatique (hardware) n’est pas assez puissant pour faire tourner Trados, 23 onglets Chrome, les documents de référence et les autres éléments indispensables au bon déroulement du travail de traduction. Seul, armé de son pad tactile et n’hésitant pas à faire usage d’un Alt +Tab déjà fatigué sur son petit ordinateur portable, le jeune diplômé s’apprête à affronter le monde dans de mauvaises conditions. La traduction, comme tout métier, doit idéalement se faire dans les règles de l’art.

L’ergonomie, déjà plusieurs fois abordée sur le blog du master TSM, est justement la discipline qui étudie cet aspect. Une discipline que l’International Egonomic Association définit comme suit : « L’ergonomie (ou Human Factors) est la discipline scientifique qui vise la compréhension fondamentale des interactions entre les humains et les autres composantes d’un système et la profession qui applique principes théoriques, données et méthodes en vue d’optimiser le bien-être des personnes et la performance globale des systèmes. » (Lancry, 2009, p. 20). Dans notre cas, l’ergonomie consiste donc en l’observation des interactions entre le traducteur et sa machine (hardware), ses logiciels « outils » (software) et les autres acteurs du monde de la traduction (clients, donneurs d’ordre, pairs) pour identifier des comportements et apporter des solutions aux éventuels problèmes.

Le traducteur se place donc dans un tout, à la fois sociétal, cognitif et spatial. Ce tout spatial est l’environnement de travail physique du traducteur : le lieu même où il exerce l’action de traduction. Cet espace est modifié, voire créé dans la mesure du possible par le traducteur, mais ce dernier est en retour restreint par son environnement et par les habitudes de travail que ce lieu lui permet d’adopter. Un sujet large dont il nous faut réduire l’échelle. Portons notre attention sur le poste de travail « matériel » du traducteur (hors logiciels donc).

Entrons dans le détail et étudions le poste de travail. Nous pourrions le définir ici comme l’équipement nécessaire à l’accomplissement de la tâche commandée par le client. Celui-ci doit concilier idéalement les deux piliers de l’ergonomie : productivité et bien-être. Un élément dit ergonomique doit donc allier praticité, efficacité et simplicité d’usage (toute relative) afin de maximiser sa valeur sur une « échelle ergonomique » hypothétique, où chaque élément prendrait une valeur positive ou négative en fonction de son impact sur la vitesse de travail et sur le confort du professionnel. En bref, le poste de travail idéal optimise la rentabilité, maximise la qualité du produit, diminue au minimum les efforts et concentre tout en un point central : l’ordinateur.

Les meubles

Arrêtez de travailler sur la table du salon avec pour seul siège le tabouret en paille de la cuisine. Les meubles sont des éléments centraux, mais trop souvent négligés. Véritables « fondations » du poste de travail, ils sont les éléments les plus imposants, mais les moins visibles. Ils influent directement sur la posture du traducteur et choisir le matériel adapté (comprendre à la bonne taille) est la clé pour éviter certaines douleurs et parfois même certains troubles musculosquelettiques (TMS).

La chaise

Choisissez une chaise :

1) avec des roulettes (adaptées au sol) pour ne pas avoir à la porter ;
2) réglable en hauteur de sorte à avoir les genoux pliés à 90°;
3) avec des accoudoirs réglables eux aussi pour obtenir un angle bras/avant-bras d’un peu plus de 90° et permettre de détendre les épaules (à noter qu’un bureau réglable peut aussi faire office d’accoudoir) ;
4) avec un appui lombaire réglable afin que la courbure du dossier épouse celle de vos lombaires ;
5) (optionnel) pour les personnes de petite taille, équipez-vous d’un repose-pied afin d’ajuster votre position sans pour autant modifier de manière drastique l’aménagement de votre bureau.

Astuce : Pourquoi ne pas alterner l’utilisation d’une chaise avec celle d’une Swiss ball ? Tout en respectant les mêmes règles que précédemment, la Swiss ball vous fera travailler les muscles qui entourent la colonne vertébrale.

La table

Évitez le bureau de la petite sœur et choisissez-en un assez large comme indiqué dans le Code du travail qui conseille « une profondeur de 80 cm et une largeur minimum de 120 cm ». Enfin, pour respecter les bonnes pratiques indiquées ci-dessus et comme la position statique est l’un des grands ennemis du travailleur sédentaire, pensez au bureau réglable en hauteur ! Une fois muni de tous ces éléments, alternez chaise, position debout et Swiss ball.

Travailler en marchant ?

Pour les perfectionnistes, pour ceux qui ne veulent pas sortir car il fait trop chaud ou trop froid et pour les intéressés bien sûr, quid d’un tapis de marche ? C’est évidemment l’un des derniers achats à envisager, mais les traducteurs peu sportifs pourraient tirer grand bénéfice d’un tel investissement.

La machine

Peut-être le point le plus important et qui préoccupe aussi le plus les futurs traducteurs. Contrairement à Stradew Valley qui pourrait sans aucun doute tourner sur un grille-pain, Trados, Abby FineReader ou même 3 onglets Chrome sont un peu plus exigeants niveau ressources.

Pour ne pas tourner autour du pot, les besoins matériels dépendent majoritairement des besoins du traducteur. Pour des traductions sur Word, mettre plus de 400€ dans un ordinateur portable serait tout bonnement ridicule. Plutôt que d’étudier une à une les configurations minimales requises par les logiciels que j’utilise, j’ai préféré lancer un sondage à destination des traducteurs professionnels. Ce sondage, mené début mars 2021 auprès de 44 traducteurs nous donne les informations suivantes :

  • la puissance des composants présents dans les machines de travail des personnes interrogées ;
    • le degré de satisfaction apporté par les performances globales de leur système hardware ;
    • le prix de la machine.
  • Processeur :
    Cerveau de l’ordinateur qui traite et exécute les instructions de l’utilisateur. Gère et coordonne les différents programmes. Puissance moyenne de base (hors mode Boost) : 2,66 GHz
  • RAM/Mémoire vive :
    Plus la RAM est importante, plus les programmes se lancent rapidement et plus la machine pourra exécuter de programmes simultanément.
    RAM moyenne : 10,2 Go (à noter que les valeurs de la RAM sont aujourd’hui toujours des puissances de 2)
  • Stockage :
    La plupart des personnes sondées possèdent des SSD (plus rapide que les disques durs). Certaines combinent les deux systèmes en sauvegardant leurs applications sur un SSD afin de les lancer plus rapidement et stockent le reste sur un ou plusieurs disques durs grande capacité (bien moins onéreux).

Quelques résultats supplémentaires :

  • la moitié des répondants travaillent avec 2 écrans, l’autre avec un seul ;
  • 76 % se déclarent satisfaits de leur machine (les 24 % restants se plaignent d’un ordinateur vieillissant) ;
  • le prix moyen de la machine s’élève à 946,05 €.


Il est intéressant de noter que 47,7 % des personnes interrogées travaillent sur ordinateur portable, 29,6 % sur fixe et 22,7 % sur les deux. Une tendance nomade qui n’est pas sans incidence sur le prix, mais aussi sur les composants des ordinateurs. Miniaturisés, les composants sont plus chers à puissance égale ou moins performants à prix égaux. Les composants des ordinateurs portables souffrent souvent de limitations plus importantes, par exemple liées à la gestion de la surchauffe.

Avec cette machine moyenne, les traducteurs sondés ont déclaré utiliser des logiciels de TAO (Trados, MemoQ), de traitement de texte (la suite Office en général), des ressources terminologiques en ligne (donc utilisation de navigateurs web), des outils de correction orthographique (type Antidote), des outils de communication (Slack ou Discord), mais aussi des lecteurs PDF (Adobe Acrobat) et des logiciels de reconnaissance vocale (Dragon Naturally Speaking). Rien de très dépaysant donc pour les étudiants du master TSM.

Une question reste cependant en suspens : toutes les personnes interrogées s’y connaissent-elles vraiment en matériel informatique ? Ont-elles choisi les composants les plus adaptés à leur travail ou sont-elles allées chercher un ordinateur déjà construit à la Fnac en précisant au vendeur que leurs logiciels de travail étaient « exigeants » ? La puissance et donc le coût de la machine sont-ils justifiés ou au contraire optimisables ?

Cet article ne vous apportera volontairement aucune réponse, mais plus des pistes de réflexion et des indices. Toutefois, avant d’acheter votre machine, regardez la configuration minimale nécessaire de vos logiciels les plus gourmands et avisez en fonction. Demandez conseil à un spécialiste, à un ami, consultez des forums et effectuez des recherches. Adaptez votre machine aussi bien à votre budget qu’à vos besoins pro et perso (logiciels de PAO, montages photo, jeux, etc.). Enfin, profitez des bonnes occasions : soldes en tous genres et sorties de nouveaux produits (donc rabais sur les anciens stocks) sont vos amis !

Rappel : si vous décidez de faire votre propre Translation Machine 3000, n’oubliez pas de prendre une alimentation et une carte-mère adaptées aux composants ! Et surtout rappelez-vous de ne jamais négliger le refroidissement de votre système. La chaleur générée par les composants peut affecter les performances. Une fois une certaine température atteinte (qui dénote une insuffisance du système de refroidissement), le système déclenche un mécanisme qui va réduire les performances pour éviter une détérioration des composants. Alors fini le vacarme des avions à réaction, entrez dans le monde d’après.

Les périphériques

Véritables extensions de l’ordinateur, les périphériques sont eux aussi « optimisables » d’un point de vue ergonomique. Tout comme la table et la chaise, ils ont un impact notable sur la santé du traducteur !

Les écrans

Une interface généralement de la machine vers l’homme, mais aujourd’hui de plus en plus de l’homme vers la machine (écrans tactiles par exemple), la bonne utilisation des écrans ne coule pas de source. Voici quelques conseils pour optimiser leur usage et maîtriser certains effets néfastes.

  • Le moniteur doit, en plus d’être idéalement positionné (haut de l’écran à la hauteur des yeux, placé à une distance moyenne de 50-70 cm des yeux), être inclinable (une inclinaison de 10° est recommandée pour éviter de se pencher). Pour maintenir le confort visuel malgré la distance, pensez à ajuster la taille des polices d’écriture ainsi que des interfaces (souvent grâce à un simple Ctrl + molette). À noter que la netteté influe aussi sur la distance à laquelle placer l’appareil : moins la résolution de votre moniteur est importante, moins le contraste entre les caractères est important et plus il est nécessaire d’éloigner l’écran.
    • Vous en avez assez de ces Alt + Tab incessant. Fatigué de vous perdre entre vos 15 fenêtres ouvertes simultanément ? Munissez-vous d’un deuxième moniteur de bonne taille ! Travailler sur au moins deux écrans permet à la fois d’améliorer productivité et clarté. Posséder une carte graphique dédiée est néanmoins la condition sine qua non pour pouvoir enfin accéder à cette nouvelle étape de l’évolution. Que ce soit via un port HDMI, VGA, etc. une fois un nouvel écran branché à votre ordinateur, vous ne pourrez plus vous en passer.
    • Enfin se pose la question de la lumière.

Pour la lumière « naturelle » tout d’abord, placez votre écran à 90° des sources de lumière pour éviter reflets et contre-jours.

Viennent ensuite les lumières « bleues », les grandes méchantes de notre société moderne. Il existe plusieurs méthodes pour minimiser leurs effets (en dehors de faire des pauses). Des solutions « physiques » : soit apposer un filtre anti-lumière bleue sur vos écrans, soit opter pour des lunettes anti-lumières bleues que vous pouvez trouver chez de nombreux opticiens ou sur certains sites spécialisés (Gunnar par exemple). Bien qu’ici hors-sujet, les solutions logicielles représentent une option facile d’installation et souvent gratuite comme F.lux qui adapte la « chaleur » de votre écran en fonction du moment de la journée.

Bien travailler avec les écrans c’est donc : en avoir au moins deux, de bonne taille, avec une résolution suffisante et bien les placer.

Le clavier

Tendinites, syndrome du canal carpien, et autres TMS liés aux articulations proviennent en partie de l’utilisation du clavier et de la souris. Sur nos claviers classiques, les poignets mais aussi les doigts subissent des contraintes qui peuvent être évitées !

  • Dans le but de réduire les tensions au niveau des poignets il est bon de choisir un clavier avec un faible degré d’inclinaison (ou de prendre un support pour les poignets). L’angle avant-bras/main est aussi un problème sur les claviers ordinaires. Les poignets doivent conserver un angle naturel (axe dans le prolongement de l’avant-bras). Il est donc bon d’opter pour un clavier courbé et même mieux : « splitté » (clavier qui se présente en deux parties).
  • Quid de la disposition des touches ? Celle-ci a initialement été conçue de sorte à ralentir le processus dactylographique pour éviter que les tiges des machines à écrire ne se coincent entre elles. Ingénieux, non ? Oui, sauf que la « keymap » des claviers (disposition des touches) n’a au final que très (trop) peu changé, et ce malgré les avancées technologiques… Comme mentionné précédemment sur ce blog, il existe d’autres dispositions de clavier (bépo, dvorak, etc.) bien plus optimisées en ce qui concerne la vitesse de frappe et l’équilibre mains/doigts et qui simplifient la frappe en général. Il est même possible de créer sa keymap personnalisée !
  • Un détail qui mérite d’être mentionné : le poids nécessaire pour activer les touches du clavier. Un aspect d’apparence innocent, mais il faut savoir que les doigts d’un traducteur déplaceraient un poids phénoménal proche d’une tonne par jour ! (Pineau, 2011) Alors si vous êtes en quête du clavier ultime, faites aussi attention aux switchs de votre clavier.

La souris

Dernier membre de ce triumvirat, la souris doit à la fois respecter l’inclinaison naturelle du poignet, mais aussi limiter les déplacements de la main. Réfléchissez à l’acquisition d’une souris inclinée dite ergonomique, à la sensibilité réglable et munie de boutons configurables associés aux fonctions Retour et Retour avant par exemple afin de diminuer les mouvements nécessaires (c’est bien LA fonction dont je ne pourrais plus me passer). En l’absence d’une souris ergonomique, un simple tapis de souris ergonomique permettant une surélévation des poignets aidera à diminuer la charge de travail qui pèse sur vos articulations.

Mentions honorables

J’aimerais enfin mentionner deux périphériques bien utiles auxquels je ne peux consacrer plus de temps, mais qui rentrent parfaitement dans cet objectif d’adaptation de l’environnement au traducteur : les systèmes de sauvegarde de données (serveurs, NAS, disques durs externes, cloud, etc.) et le micro comme substitut au combo clavier-souris.

Tout le reste

En guise d’aparté et en dehors d’une simple amélioration de la productivité, il est tout aussi primordial de rendre son environnement de travail le plus agréable possible. Un aspect que j’ai retrouvé dans les réponses de mon sondage à la question « Quels sont, selon vous, les éléments matériels qui facilitent grandement la vie professionnelle du traducteur, mais que beaucoup auraient tendance à négliger ? » Les réponses vont d’un environnement calme à un bon système audio en passant par un joli set de tasses et l’importance de prendre régulièrement des pauses dans la journée. L’aspect ergonomique s’étend donc hors du poste de travail avec des éléments à l’impact tantôt supérieur (contrôle du bruit et de la température) tantôt moindre (une tasse avec la devise de votre entreprise).

Nous l’avons vu, faire attention au choix de son matériel permet de prendre soin de sa santé physique et mentale en diminuant les charges physiques et cognitives. Un investissement conséquent et dont le retour sur investissement semble assez faible de prime abord. Ces achats vont pourtant durer plusieurs années et empêcheront peut-être l’apparition de troubles ou d’épisodes d’arrêt de travail pénalisants (surtout chez les traducteurs freelance). Alors, prenez soin de vous, prenez votre temps avant de faire l’acquisition de fournitures et d’équipements parfois coûteux et inadaptés à vos besoins. Faites-vous plaisir, c’est pour le travail !

En écoutant aussi bien vos besoins professionnels (machine assez puissante par exemple), mais aussi vous besoins physiques et cognitifs personnels, investir dans un poste de travail le plus ergonomique possible influencera de manière positive productivité et confort. Confort qui entraîne bien-être au travail et évite un débordement trop important des tensions professionnelles dans la vie privée. Un problème pour nombre de traducteurs indépendants dont lieu de vie et bureau se confondent et dont l’équilibre pro/perso peut rapidement devenir instable.

Un grand merci aux professionnels interrogés d’avoir pris le temps de répondre à mon enquête. Une collecte des données sûrement biaisée, mais qui a permis d’apporter un angle plus descriptif et pratique à cet article.

Bibliographie

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Brien, Sharon, et Maureen Ehrensberger-Dow. « Ergonomics of the Translation Workplace: Potential for Cognitive Friction ». Translation Studies 4 (1 octobre 2015): 98‑118. https://doi.org/10.1075/ts.4.05ehr.

Carcassès, Marie. « La reconnaissance vocale, future meilleure amie du traducteur ? » MasterTSM@Lille (blog), 12 mai 2021. https://mastertsmlille.wordpress.com/2021/05/12/la-reconnaissance-vocale-future-meilleure-amie-du-traducteur/.

Dainoff, Marvin J., éd. Ergonomics and Health Aspects of Work with Computers: International Conference, EHAWC 2011, Held as Part of HCI International 2011, Orlando, FL, USA, July 2011. Proceedings. Berlin, Heidelberg, Allemagne: Springer Berlin Heidelberg, 2007. (disponible depuis Lilocat)

Elevated Systems. $250 Home Office PC – Complete Build Guide 2020, 2020. https://www.youtube.com/watch?v=QhXwZbGByM8.

Gabreau, Jimmy. « L’ergonomie au bureau ». MasterTSM@Lille (blog), 27 janvier 2019. https://mastertsmlille.wordpress.com/2019/01/27/lergonomie-au-bureau/.

Gunnar. « Ergonomie du poste de travail ». Gunnar Optiks France (blog), 13 juillet 2016. https://gunnars.fr/ergonomie-gunnar/.

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Lavault-Olléon, Élisabeth. « L’ergonomie, nouveau paradigme pour la traductologie ». ILCEA. Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, no 14 (30 juin 2011). https://doi.org/10.4000/ilcea.1078.

Lee, Kevin, Zak Storey November 27, et 2020. « PC Components Explained: How to Create the Best Computer Components List ». TechRadar. Consulté le 23 février 2021. https://www.techradar.com/how-to/pc-components.

Massey, Gary, et Maureen Ehrensberger-Dow. « Technical and Instrumental Competence in the Translator’s Workplace: Using Process Research to Identify Educational and Ergonomic Needs ». ILCEA. Revue de l’Institut Des Langues et Cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, no 14 (30 juin 2011). https://doi.org/10.4000/ilcea.1060.

Pacinella, Quentin. « J’ai testé pour vous : la disposition BÉPO ». MasterTSM@Lille (blog), 16 octobre 2016. https://mastertsmlille.wordpress.com/2016/10/16/jai-teste-pour-vous-la-disposition-bepo/.

Pacte. « Building a Translation Competence Model ». In Benjamins Translation Library, édité par Fabio Alves, 45:43‑66. Amsterdam: John Benjamins Publishing Company, 2003. https://doi.org/10.1075/btl.45.06pac.

Pineau, Martine. « La main et le clavier : histoire d’un malentendu ». ILCEA. Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, no 14 (30 juin 2011). https://doi.org/10.4000/ilcea.1067.

Roquelaure, Yves, Annette Leclerc, Fabien Coutarel, René Brunet, Sandrine Caroly, et François Daniellou. 8. Comprendre et intervenir : enquêtes épidémiologiques et approches ergonomiques à propos des troubles musculosquelettiques des membres supérieurs. Risques du travail, la santé négociée. La Découverte, 2012. https://www-cairn-info.ressources-electroniques.univ-lille.fr/risques-du-travail-la-sante-negociee–9782707173089-page-173.htm.

Serra, Marie. « Ergonomie et bien-être du traducteur : petit guide des bonnes pratiques ». MasterTSM@Lille (blog), 11 décembre 2016. https://mastertsmlille.wordpress.com/2016/12/11/le-saviez-vous-ergonomie-et-bien-etre-du-traducteur-petit-guide-des-bonnes-pratiques/.

Toudic, Daniel, et Guillaume de Brébisson. « Poste du travail du traducteur et responsabilité : une question de perspective ». ILCEA. Revue de l’Institut des langues et cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie, no 14 (30 juin 2011). https://doi.org/10.4000/ilcea.1043.

La reconnaissance vocale, future meilleure amie du traducteur ?

Par Marie Carcassès, étudiante M1 TSM

Vous n’étiez peut-être pas sans savoir qu’il y a quelques années, certains hôpitaux ont commencé à expérimenter l’usage de logiciels de reconnaissance vocale dans certains de leurs services. À l’occasion de la Paris Healthcare Week de 2018, les CHU d’Orléans et de Rennes, ont pu partager les résultats du déploiement de la reconnaissance vocale au sein de leurs établissements. Pour le CHU d’Orléans, on parle de 75 % de moins de délais de production de comptes-rendus médicaux. Pas négligeable, n’est-ce pas ?

Où est-ce que je veux en venir ? Eh bien, c’est en tombant sur ces résultats percutants que je me suis posé la question de l’intégration de la reconnaissance vocale dans la pratique de la traduction professionnelle. En effet, si en tant que traducteurs, nous sommes encore bien loin de réaliser des interventions chirurgicales, certains d’entre nous sont tout de même amenés à opérer avec la terminologie de différents secteurs techniques, médical compris. Pour certains, cela peut sembler issu de la science-fiction ou encore bien lointain. Pourtant, cette petite révolution technologique est déjà bien présente dans notre vie de tous les jours et dans une moindre mesure dans le secteur de la traduction professionnelle. En effet, l’intérêt porté à l’intégration de la reconnaissance vocale (RV) ne date pas d’hier. Certains traducteurs en font même un usage professionnel régulier.

La méthodologie de la traduction dictée assistée par reconnaissance vocale est-elle vraiment nouvelle ? Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Qui est le leader du marché ? De tels logiciels, sont-ils abordables ? La reconnaissance vocale pourrait-elle aussi bénéficier à l’interprétation ? J’ai mené une petite enquête pour vous.

Un retour aux sources ?

Je ne vous enseigne rien quand je vous dis que la traduction n’a pas toujours été comme nous la connaissons aujourd’hui. Autrement dit, elle n’a pas toujours été pratiquée devant un ordinateur et un clavier. Avant la révolution technologique qu’a été l’arrivée des ordinateurs, certains traducteurs se servaient de machines à écrire et pouvaient procéder selon deux méthodes : la traduction directe ou la traduction au dictaphone. Dans le premier cas, le traducteur effectue la majeure partie de sa recherche terminologique et documentaire avant de commencer le transfert linguistique. Puis, il produit et retravaille ses traductions directement à l’écrit. Enfin, s’il a besoin d’un peu plus de temps pour réfléchir, il peut facilement laisser des blancs sur une machine à écrire sans pour autant retarder toute la traduction.

Dans le second cas, le traducteur, après avoir soigneusement préparé son texte source et effectué ses recherches terminologiques et documentaires, enregistre une première traduction au dictaphone sans blancs. Puis, il transmet l’enregistrement à un copiste chargé de la retranscrire à l’écrit. Cela vous rappelle quelque chose ? C’est normal, dans la technique de la traduction dictée assistée par un système de RV, votre fidèle copiste n’est autre que votre logiciel de transcription. En soi, cette technique de traduction est très similaire à la traduction au dictaphone à la seule différence près que le copiste n’est autre que le logiciel de transcription vocale. La méthodologie existe donc déjà bel et bien.

Des avantages certes, mais pas que…

L’une des principales raisons pour laquelle les systèmes de reconnaissance vocale ont été intégrés dans le domaine de la traduction professionnelle concernait justement les gains de temps et de productivité qu’elle permet. Concrètement, un être humain parlant à une vitesse normale prononce en moyenne environ 180 mots par minute et il en écrit un peu plus de 45. Il parle 4 fois plus vite qu’il n’écrit. Ce temps, qui n’est alors plus nécessaire à la traduction, peut donc être consacré à la qualité du transfert linguistique en soi. Par ailleurs, comme tout se passe à l’oral, l’usage de la RV permet aussi de gagner en qualité de vie. Par exemple, comme vous n’utilisez plus votre clavier à longueur de journée, vous réduisez drastiquement vos chances d’être atteint du syndrome du canal carpien. Si votre dos vous fait souvent souffrir, vous poussez tout aussi bien traduire debout, assis ou encore en effectuant quelques pas si vous êtes équipés d’un casque Bluetooth ou avec un fil suffisamment long. De plus, parler sa traduction permet de prendre du recul par rapport à ce que l’on vient de produire. Cela peut permettre de répondre à quelques questions qui se posent légitimement. Ma phrase, sonne-t-elle français ? Est-elle trop longue ? Un locuteur natif, la formulerait-il de cette manière naturellement ? Enfin, un avantage considérable réside dans le fait que la RV peut permettre de rendre plus accessible le secteur de la traduction à des personnes physiquement incapables d’utiliser un clavier.

Si jusqu’ici ces avantages semblent convaincants, il ne faut pas éluder le fait que les systèmes de RV actuels présentent aussi leurs inconvénients. D’une part, la cohabitation entre nos logiciels de TAO et les logiciels de RV n’est pas toujours la plus optimisée. Ainsi, certains traducteurs dictent une première fois leurs traductions à l’oral mais finissent par avoir recours à leurs claviers pour les modifier. Ce qui peut se montrer assez contre-productif, car certains logiciels intelligents ne pourront pas apprendre de leurs erreurs et seront donc amenés à les répéter. D’autre part, comme le souligne Julian Zapata Rojas dans l’une de ses thèses, l’usage de tels logiciels n’est pas inné et peut être frustrant. Ils peuvent demander la mobilisation de compétences qui ne sont pas forcément évidentes à acquérir de manière autonome. De plus, il existe peu de formations universitaires à ces outils, ce qui influence aussi très certainement la démocratisation de leur usage.

Petit zoom sur le leader du marché développé par Nuance, Dragon NaturallySpeaking

Un peu plus tôt, je vous parlais d’un gain de temps de près de 75 % pour le CHU d’Orléans, ça vous revient ? Figurez-vous qu’ils faisaient l’utilisation du logiciel de reconnaissance vocale leader du marché, Dragon NaturallySpeaking (communément appelé Dragon) et plus précisément sa version spécialisée dans le domaine médical. Dragon est vendu comme un logiciel doté de deep learning, capable d’apprendre de ses erreurs comme le ferait un cerveau humain. Une fois que vous en avez fait l’acquisition, vous devez lire un court texte pour que le logiciel s’habitue à votre voix. Une fois cette étape passée, vous pouvez commencer à traduire et Dragon commencer à apprendre. Plus vous traduisez, plus Dragon apprendra et plus il sera performant.

Aussi profitable semble-t-il, il n’en reste pas moins un investissement considérable (comptez 699 euros pour la version professionnelle). Bien évidemment, Dragon NaturallySpeaking n’est pas l’unique logiciel de reconnaissance vocale sur le marché. D’autres existent à des prix inférieurs.

Et l’interprétation dans cette histoire ?

Jusqu’ici, l’interprétation a rarement autant bénéficié des avancées technologiques que le domaine de la traduction. On pourrait même douter de l’utilité de l’utilisation de technologies de reconnaissance vocale dans l’interprétation. C’est vrai, là où la traduction demande d’obtenir un résultat écrit, l’interprétation exige un rendu oral presque instantané. Pas très utile donc. Néanmoins, les technologies de reconnaissance vocale peuvent se révéler pratiques pour la création de corpus de contenus oraux. De véritables mines d’or sur l’usage de la langue orale (sensiblement différent à celui de celle écrite) à la fois pour les chercheurs et les interprètes souhaitant apprendre et produire des traductions fidèles au sens et à l’usage.

Conclusion

Si je devais conclure en donnant mon avis, je dirais que les progrès permis par la reconnaissance vocale aujourd’hui ne doivent pas être ignorés, bien au contraire. Ce qui manque surtout au marché, ce sont des logiciels de RV destinés à l’usage dans le secteur de la traduction professionnelle. De manière générale, des progrès technologiques restent encore à faire, certes, mais cette technologie est très prometteuse. J’ajouterais aussi que je rejoins Julian Zapata Rojas lorsqu’il affirme que la formation à cette technologie dans les cursus universitaires pourrait être bénéfique et permettre d’élargir son nombre d’utilisateurs. Indirectement, cela pourrait pousser les entreprises à développer des outils encore plus performants et adaptés.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Bibliographie :

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InTr.co. « Et La Dictée Fut, InTr.Co ». Consulté le 23 mars 2021. https://intr.co/julianzblog/et-la-dictee-fut/.

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Toudic, Daniel, Fabienne Moreau, et Katell Hernandez Morin. « Impact de deux approches technologiques sur un panel d’apprentis traducteurs : aide ou obstacle sur le chemin du sens ?. » Text. http://irevues.inist.fr/tralogy. Tralogy, 9 mars 2016. http://lodel.irevues.inist.fr/tralogy/index.php?id=247&format=print.

Zapata Rojas, Julian. « Traduction dictée interactive : intégrer la reconnaissance vocale à l’enseignement et à la pratique de la traduction professionnelle ». Thesis, Université d’Ottawa / University of Ottawa, 2012. https://doi.org/10.20381/ruor-5972.

L’ergonomie au bureau

Par Jimmy Gabreau, étudiant M2 TSM

ergonomie

 

Ce lundi 21 janvier 2019 a été l’occasion pour nous, étudiants du Master TSM, d’assister à une conférence ayant pour thème central l’ergonomie. Cet évènement, animé par deux intervenants professionnels, Elisabeth Lavault-Olléon et Quentin Pacinella, avait pour but de sensibiliser les futurs traducteurs ou gestionnaires de projets que nous sommes à la question de l’ergonomie en traduction, et plus largement au bureau, car les traducteurs ne sont pas les seuls concernés par cette problématique. C’est un sujet qui peut prêter à sourire, mais passer sa journée assis devant un écran d’ordinateur peut réellement engendrer divers problèmes de santé. Dans cet article, je ferai donc l’écho de ce qui a été évoqué lors de cette conférence, en particulier le type de matériel à adopter et les conseils à suivre au quotidien pour se prémunir au maximum de ces risques.

 

Quel matériel se procurer ?

Le plus évident lorsque l’on parle ergonomie est de penser au clavier. C’est en effet bien connu, la disposition AZERTY, omniprésente sur nos claviers en France, est loin d’être idéale et bien souvent laborieuse. Je n’entrerai pas dans les détails ici, car c’est un sujet qui a déjà été traité à plusieurs reprises sur ce blog, je vous invite donc à consulter les articles qui en ont parlé mieux que je ne pourrais le faire, notamment l’article de Quentin Pacinella « j’ai testé pour vous : la disposition BÉPO ».

Autre élément important : la souris. Il va sans dire que le pavé tactile d’un ordinateur portable est aussi peu pratique que fatigant à utiliser, mais les souris classiques, filaires ou sans-fil, n’en sont pas moins traumatisantes pour nos poignets. En effet, utiliser ce genre de souris vous oblige à tourner légèrement votre poignet, à orienter la paume vers le bas. Or, cette torsion, aussi légère soit-elle, couplée aux mouvements de notre bras, peut finir par provoquer des troubles musculosquelettiques, des tendinites ou des complications au niveau du canal carpien. Ce sont des problèmes désormais bien connus, c’est pourquoi les souris ergonomiques sont de plus en plus prisées. Contrairement aux souris classiques et à leur disposition horizontale, les souris ergonomiques ont pour but de supprimer la torsion du poignet en adoptant une disposition verticale, plus proche de la position naturelle de nos poignets. C’est dans l’intérêt de toute personne travaillant sur ordinateur de tester ce genre de souris dont le seul « défaut » réside dans le léger temps d’adaptation à cette nouvelle architecture, un moindre mal donc.

Les écrans d’ordinateur font également partie des éléments pouvant porter préjudice à notre santé. Passer la journée devant son écran peut donc entraîner une fatigue visuelle plus ou moins prononcée qui se manifeste par des picotements dans les yeux, une sécheresse oculaire, des maux de tête ou encore une myopie temporaire. Il existe plusieurs moyens d’éviter cela : placez votre écran à une distance d’au moins 50 centimètres de vos yeux, adaptez la luminosité de votre écran à la lumière ambiante, faites des pauses de façon régulière et fixez un point éloigné pendant quelques secondes afin de réhabituer vos yeux à voir de loin.

Depuis quelques années, on entend souvent parler des effets néfastes de la lumière bleue émise par l’ensemble de nos écrans qui serait la principale responsable de la fatigue visuelle. Même si leur réelle utilité reste encore à démontrer, force est de constater que l’utilisation d’un filtre anti-lumière bleue, notamment dans un environnement peu éclairé, augmente le confort visuel et réduit l’éblouissement des écrans. Il existe donc des écrans conçus spécialement pour lutter contre cela, mais, si votre écran n’est pas doté d’une telle protection, sachez que des filtres anti-lumière bleue gratuits sont très facilement trouvables sur internet et que même Windows 10 en possède un. Une autre solution possible est d’opter pour des lunettes dont les verres permettent de réduire légèrement l’éblouissement des écrans. Je possède moi-même ce type de verres et, même s’ils n’ont pas exactement l’efficacité d’un filtre anti-lumière bleue, ils rendent le travail sur ordinateur bien plus agréable sans pour autant détériorer la qualité de vision en dehors des écrans.

La qualité du fauteuil sur lequel vous passez la majorité de votre journée est une composante primordiale lorsque l’on parle d’ergonomie. En effet, un fauteuil mal adapté à votre anatomie peut engendrer de lourds troubles musculosquelettiques. Il est important de bénéficier d’un support lombaire solide pour éviter d’avoir une posture arc-boutée tout au long de la journée, ce qui finirait par provoquer de vives douleurs. De plus, il vous faudra opter pour un fauteuil avec une assise réglable en hauteur afin d’avoir les pieds qui touchent le sol et une position correcte des jambes. Disposer d’accoudoirs réglables est fortement recommandé puisqu’ils aideront à adopter une posture correcte et à réduire la torsion des poignets évoquée auparavant. Trouver un fauteuil de qualité à un prix raisonnable n’est pas aisé, mais cela reste un investissement que j’estime essentiel afin d’éviter toute complication liée à une mauvaise posture, mais aussi pour gagner en productivité.

 

Quelques conseils :

Comme vous aurez pu le constater, travailler assis peut être bien plus épuisant qu’il n’y parait de prime abord. C’est pourquoi il convient d’adopter des petits réflexes au quotidien afin d’améliorer son confort au travail et d’atténuer la fatigue que peut entraîner la station assise. Il est donc conseillé de faire des pauses régulières, toutes les heures dans l’idéal, afin de marcher, de vous étirer, de vous reposer les yeux, etc. Ce conseil est d’autant plus important si vous avez des soucis de circulation sanguine, qui pourraient être aggravés par un manque de mouvement dans votre journée.

Enfin, de nombreux accessoires de bureau existent pour augmenter un peu plus votre confort au travail. Vous pouvez opter pour un tapis de souris ergonomique doté d’une partie remplie de gel afin de soutenir votre poignet et d’éviter sa torsion. Le même genre d’accessoire est disponible pour les claviers. Investir dans un repose-pieds est également une bonne solution dans le but d’adopter une posture convenable. Si vous travaillez sur ordinateur portable, je ne peux que vous recommander d’utiliser un support afin de le surélever à hauteur de vos yeux, mais aussi de vous procurer un clavier et une souris (ergonomique) externes pour faciliter la navigation et la saisie.

 

J’espère que ces quelques informations et conseils vous seront utiles et qu’ils vous aideront à adopter des accessoires et des habitudes de travail plus ergonomiques sur le long terme, votre corps vous en sera reconnaissant.

Ergonomie et productivité : comment optimiser son clavier ?

Par Nicolas Baille, étudiant M1 TSM

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Nous faisons partie d’une génération de traducteurs dont l’outil de travail principal est l’ordinateur, et, par extension, le clavier. Mais entre l’absence de caractères fréquemment utilisés en français et les troubles musculosquelettiques qu’il peut engendrer, il semble difficile de défendre le clavier Azerty actuel. Comment optimiser son clavier, et quelles sont les alternatives à la disposition classique ?

La disposition Azerty française, obsolète ?

Ayant toujours utilisé la variante française du clavier Azerty, je m’intéresserai ici à cette disposition en particulier (les claviers belges, notamment, sont légèrement différents). Et il y a déjà beaucoup à dire : les critiques les plus virulents vont jusqu’à avancer que le clavier actuel ne permet pas d’écrire un français correct, et dans l’absolu, c’est le cas : ni espace insécable, ni « œ » ou encore de « É ». Si vous disposez d’un pavé numérique, il faudra utiliser les codes ASCII de ces caractères pour les utiliser, ou bien vous en remettre au correcteur orthographique, qui ne s’active pas toujours : Microsoft Word, par exemple, ne considère pas « Etat » comme une faute d’orthographe, et laisse passer l’erreur.

Paradoxalement, certains caractères fréquemment utilisés sont plus difficiles d’accès que des caractères rares : il est plus simple de faire un point-virgule qu’un point simple, alors que ce dernier est bien plus utilisé en français.

Certaines alternatives ont été proposées, comme la disposition Bépo, dont Quentin Pacinella vous parlait il y a un peu plus d’un an sur ce blog. Basée sur une étude statistique du français, elle permet de réduire jusqu’à 50 % le mouvement des doigts. Or, si ce système est parfait pour écrire dans un français impeccable, il reste difficile à prendre en main (car très éloigné du clavier « classique ») et il est très difficile d’écrire d’autres langues avec. Que vous souhaitiez rédiger un mail en anglais ou en espagnol pour un client, ou encore coder une page en HTML, vous vous rendrez rapidement compte que le Bépo facilite l’écriture du français au détriment des autres langues.

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Créer une disposition personnalisée

Si vous ne souhaitez pas changer complètement de clavier, mais simplement avoir accès plus facilement aux caractères spéciaux, sachez que vous pouvez utiliser Microsoft Keyboard Layout Creator pour vous créer une disposition personnalisée. Attention toutefois, le logiciel n’a pas été mis à jour depuis 2007. S’il fonctionne pour le moment sur Windows 10, rien ne garantit qu’il fonctionnera encore dans quelques années, et il a d’ores et déjà tendance à fonctionner de façon aléatoire.

Une fois le logiciel installé et ouvert, vous pouvez soit créer une disposition personnalisée à partir de rien, soit partir d’une disposition existante (c’est ce que nous allons faire ici). Commencez par aller dans File > Load Existing Keyboard, puis sélectionnez le clavier que vous utilisez d’habitude (Azerty français, belge ou autre).

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Vous pouvez ensuite, en utilisant le panneau latéral, modifier le comportement de chaque touche, y compris en combinaison avec Shift ou Alt Gr. Personnellement, je me suis contenté pour le moment de rajouter des caractères spéciaux dont j’ai besoin en espagnol. Ainsi, lorsque j’appuie sur Alt Gr, je peux écrire les lettres accentuées qui n’existent pas sur le clavier français d’origine. J’ai également rajouté les guillemets français et l’espace insécable sur la touche espace.

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Vous pouvez ainsi personnaliser votre clavier à volonté et rajouter les caractères que vous utilisez quotidiennement, comme le « É ». Une fois votre disposition prête, je vous conseille de l’enregistrer pour y revenir plus tard en cas de besoin (File > Save Source File As…). Ensuite, vous pouvez apporter les modifications techniques dans Project > Properties… (pour modifier le nom de votre clavier personnalisé), puis terminer en allant dans Project > Build DLL and Setup Package. Cette commande va créer, dans le dossier de votre choix (par défaut, Documents), un sous-dossier contenant le fichier exécutable « setup.exe ». Lancez-le afin d’installer votre nouvelle disposition. Cela fait, vous n’aurez plus qu’à utiliser le raccourci Touche Windows + espace pour passer de votre clavier Azerty classique à votre clavier personnalisé.

Microsoft Keyboard Layout Creator n’étant pas simple à prendre en main, je vous recommande de faire des tests et de chercher des tutoriels avant de vous lancer dans la création de votre clavier personnalisé.

 

L’ergonomie repensée du clavier orthogonal

Au-delà de la disposition des touches, le clavier actuel a également un défaut intrinsèque pour ce qui est de l’ergonomie : la construction en rangées décalées. À l’origine, ce design était dû à une contrainte technique des machines à écrire, et même si cette celle-ci n’a plus lieu d’être de nos jours, les claviers actuels ont conservé ces rangées décalées qui ont pour effet de forcer les utilisateurs à faire plus de mouvements, engendrant ainsi des troubles musculosquelettiques.

Pour faire face à ce problème, des passionnés d’électronique et des ingénieurs se sont associés pour créer un clavier radicalement différent : le clavier orthogonal.

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Avec ses rangées droites et sa disposition particulière, il est entièrement configurable et peut aussi bien être utilisé en Azerty qu’en Bépo, ou encore avec une disposition personnalisée. Les touches de raccourci et de fonction ont été repensées, ce qui en fait un clavier difficile à prendre en main, mais finalement bien plus intuitif après quelques semaines d’utilisation.

 

Le clavier « splitté », le meilleur compromis ?

Jusqu’à présent, nous avons surtout parlé des alternatives qui permettent de réduire le mouvement des doigts. Or, la plupart des personnes atteintes de troubles musculosquelettiques ont en fait des douleurs dans les poignets : c’est le syndrome du canal carpien. Les claviers « splittés » sont des claviers divisés en deux parties, ce qui permet de les poser en diagonale sur le bureau afin de réduire la tension au niveau des poignets.

Le clavier le plus récent et le plus révolutionnaire de ce type est le Dygma Raise, qui vient de terminer avec succès sa campagne Kickstarter (les premiers modèles devraient être disponibles à la vente courant été 2018). À l’origine créé pour les joueurs de jeux vidéo, sa conception lui permet néanmoins d’être utilisé par n’importe qui. Bien qu’il conserve la disposition Azerty, toutes les touches sont configurables à 100 %, aucun problème donc pour l’utiliser en disposition Bépo, par exemple.

Tout pratique qu’il soit, néanmoins, il lui manque quelques touches que, personnellement, j’utilise au quotidien, à savoir les touches fléchées ou les touches de fonction (F1 à F12).

Et le grand gagnant est…

Que l’on soit traducteur, rédacteur ou tout autre professionnel, il n’est pas simple de choisir l’outil qui est le mieux adapté à nos besoins. Doit-on simplement modifier la disposition de nos touches pour rajouter les caractères spéciaux, ou doit-on faire un changement plus radical en optant pour un clavier Bépo ou orthogonal ? Quoi qu’il en soit, la question de l’ergonomie est intimement liée à la productivité et à la santé des professionnels de notre génération.

Enfin, gardez à l’esprit que les douleurs liées à votre activité professionnelle peuvent venir du clavier, mais également de la hauteur du bureau, du choix de la chaise, et d’une dizaine d’autres facteurs. Pour avoir une vue d’ensemble de la problématique, je vous invite à lire (si ce n’est pas déjà fait) l’article de Marie Serra sur l’ergonomie et le bien-être du traducteur.

 

Liens utiles :

Ergonomie et bien-être du traducteur : petit guide des bonnes pratiques

Par Marie Serra, étudiante M2 TSM

Sujet en vogue depuis plusieurs années, nous sommes de plus en plus sensibilisés à la problématique de l’ergonomie, qu’elle ait trait au milieu de la traduction ou à tout autre corps de métier. La prise en compte de cette dimension induit de nombreuses améliorations : au niveau des outils tout d’abord, mais également de l’environnement et des méthodes de travail dans leur ensemble. Il reste toutefois encore bien du chemin à parcourir.

Du fait de toutes les nouvelles technologies essentielles au processus de traduction, l’ergonomie est souvent appréhendée sous le spectre des outils informatiques, à savoir leur facilité d’utilisation et leur accessibilité. Si, d’après Daniel Toudic et Guillaume de Brébisson dans un article paru en 2011, un poste de travail parfaitement ergonomique est « un outil qui permet au traducteur (salarié comme indépendant) de disposer dans l’instant de toutes les réponses d’ordre cognitif, documentaire, terminologique ou linguistique », il est essentiel de ne pas mettre de côté la dimension physique.

Écrire est traditionnellement perçu comme une activité intellectuelle et est, par conséquent, envisagé exclusivement sous cet angle. En France, il existe dans nos représentations socio-culturelles une opposition frappante entre profession intellectuelle et profession manuelle. Pourtant, l’exercice d’écriture qu’implique la traduction (et les métiers de l’écriture de manière générale) constitue bel et bien une activité physique à part entière qui mobilise l’ensemble du corps et engendre des dommages corporels divers. Parmi ces dommages corporels figurent notamment les troubles musculo-squelettiques (TMS), soit des lésions dues à la répétition de mouvements contraints et de postures adoptées lors de tâches professionnelles. Ces troubles musculo-squelettiques touchent les muscles, tendons et nerfs et se manifestent par des picotements, des fourmillements, des douleurs sourdes continues, voire vives au moment de l’effort, ainsi que des engourdissements. Les TMS les plus récurrents dans la profession, liés à l’utilisation du clavier notamment, sont le syndrome du canal carpien au niveau du poignet et l’épicondylite pour le coude. Les épaules ne sont pas en reste et peuvent également être touchées, de même que les vertèbres cervicales (du fait du positionnement de l’écran).

Notre attention avait été attirée sur ce sujet lors d’une conférence dédiée à l’ergonomie et à ses bonnes pratiques dans le cadre de la première année de Master. Nous y avions entre autres appris les bonnes postures à adopter face à notre poste de travail (cf. image ci-dessous), l’alternative du clavier BÉPO (plus adapté à la langue française que l’omniprésent clavier AZERTY) au sujet duquel un article a déjà été rédigé sur le blog par mon collègue Quentin, ainsi que l’importance des pauses régulières. Idéalement, celles-ci doivent intervenir toutes les deux heures, ce qui, j’en conçois, n’est pas toujours réalisable en période de « rush ». Elles permettent de s’aérer l’esprit afin de gagner en productivité à la reprise, en faisant des séries d’étirements par exemple ou même, pour les plus motivé.e.s d’entre nous, en allant courir.

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Cependant, ce n’est qu’au cours de mon stage dans une agence de traduction aux Pays-Bas que j’ai pris conscience de l’importance de l’ergonomie et de ses impacts sur le quotidien d’un.e traducteur/trice. Le bien-être physique était au cœur de la politique de l’entreprise et je trouvai là de nombreuses formes de mise en pratique concrète. Cela se traduisait tout d’abord par l’aménagement de notre environnement de travail à travers des bureaux et fauteuils réglables à l’envi, des supports de surélévation pour les pieds et les écrans d’ordinateurs, des steps, des rideaux modulables en tout sens et des balles anti-stress. Les bureaux adaptables nous permettaient ainsi de ne pas travailler constamment dans la même position mais d’osciller entre les postures debout/assis, une solution largement préconisée par de nombreux kinésithérapeutes et ergonomes. Très prisés par les salarié.e.s qui se prêtaient allègrement au « jeu », si l’on peut dire, nous passions tous une bonne partie de la journée à travailler debout. De son côté, l’écran situé au niveau des yeux contribuait à une meilleure posture des cervicales, soit deux manières de lutter contre les fameux troubles musculo-squelettiques dont sont bien souvent sujets les traducteurs (d’épais livres ou dictionnaires peuvent également faire office de solution de fortune lorsque l’on ne dispose pas du matériel nécessaire).

Afin « d’apprivoiser » le matériel mis à notre disposition et d’adopter les bons réflexes, chaque premier lundi du mois était ponctué par la venue d’un kinésithérapeute. En plus de nous indiquer individuellement les postures à adopter face à notre poste de travail, une demi-heure de relaxation et de massages était dédiée à chaque salarié.e, selon ses besoins et ses antécédents. Dans un tout autre registre, la flexibilité et l’absence de cloisons dans les rapports à la hiérarchie étaient deux éléments indissociables du bien-être au travail. Cette flexibilité s’est traduite par des horaires et lieux de travail aménagés : selon les jours, chaque salarié.e (qu’il/elle soit traducteur/trice ou chef de projet) pouvait choisir de travailler depuis son domicile ou au sein des autres bureaux de l’entreprise, mais également de commencer plus tard en fonction de ses obligations personnelles.

Sans prétendre au fonctionnement universel de ces méthodes, elles eurent le mérite de porter leurs fruits sur moi. Elles constituent la preuve selon laquelle les outils et le travail peuvent et doivent s’adapter au/à la traducteur/trice, et non l’inverse ! Couplées à 12 km de vélo par jour au pays de la bicyclette, j’ai pu ressentir une nette différence en termes de fatigue physique et, sujette aux problèmes de dos et de cervicales, ma productivité et mon corps m’en ont remerciée.

Sources :

  • Toudic Daniel, De Brébisson Guillaume. 2011. Poste du travail du traducteur et responsabilité : une question de perspective. Disponible à l’adresse : https://ilcea.revues.org/1043

J’ai testé pour vous : la disposition BÉPO

Par Quentin Pacinella, étudiant M2 TSM

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Disposition BÉPO simple (disponible sur www.bepo.fr)

Le clavier AZERTY est omniprésent sur le marché et il est difficile, voire impossible, de trouver un fabricant qui propose une disposition alternative pour ses claviers. Pourtant, la disposition AZERTY est loin d’être idéale pour écrire en français. Les lettres accentuées ne sont disponibles qu’en minuscule, les signes de ponctuation utiles sont difficilement accessibles (par exemple, il faut utiliser « Maj + ; » pour insérer un point), sans compter que les doigts se tordent dans tous les sens pour atteindre les différentes touches et écrire une phrase. Résultat : une utilisation accrue de la touche retour (si comme moi, la dactylographie n’a jamais été votre fort) et des douleurs plus ou moins aiguës dans les doigts, les poignets voire dans l’ensemble des membres supérieurs.

Cela peut paraître extrême, mais le travail sur ordinateur peut engendrer des troubles de santé tels que le syndrome du canal carpien et d’autres troubles musculosquelettiques. Martine Pineau, professeure de dactylographie, va même jusqu’à comparer l’écriture au clavier à un sport1. Elle explique, en effet, que la disposition des lettres et des touches (en rang décalés) entraîne des distorsions des doigts. J’en ai d’ailleurs fait l’expérience au cours de mon stage pendant lequel je passais huit heures par jour à un bureau, finalement assez peu ergonomique, en utilisant un clavier configuré en AZERTY. J’ai alors ressenti beaucoup de tensions dans les doigts et les membres supérieurs (plus ou moins jusqu’aux épaules). C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’essayer la disposition BÉPO que j’ai découverte grâce à la conférence donnée à l’Université de Lille le 13 novembre 2015 par Elisabeth Lavault-Olléon et Emmanuel Planas sur la question de l’ergonomie.

La première chose à faire pour passer au BÉPO est de se rendre sur le site www.bepo.fr (ce site regorge d’informations sur le sujet) afin de télécharger le pilote logiciel gratuit et libre. Par défaut, les machines ne disposent pas de cette disposition dans les paramètres du clavier, c’est pourquoi il faut d’abord installer le pilote pour pouvoir s’en servir. Une fois le pilote installé, il suffit de se rendre dans les configurations du clavier pour activer la disposition en question2. Il est également possible de télécharger le pilote sous forme d’application non-installée, très pratique lorsqu’on ne dispose pas des droits d’administrateur sur la machine. Il suffit alors de télécharger et de décompresser le dossier zippé pour ensuite lancer l’application. Vous pouvez donc emmener votre BÉPO partout sur une clé USB par exemple et l’utiliser sur un PC qui n’est pas le vôtre, c’est grâce à cette possibilité que je suis en mesure d’utiliser le BÉPO à l’université.

Ensuite, il vous suffit de changer les touches de votre clavier physique. Si vous êtes bricoleur, vous pouvez fabriquer des autocollants vous-mêmes en respectant la disposition des touches, sinon, ces autocollants se trouvent facilement en ligne pour quelques euros. Vous voilà maintenant parés pour l’apprentissage. Le BÉPO bouleverse les habitudes et s’avère donc assez difficile à apprivoiser. Néanmoins, le site mentionné ci-dessus propose quelques solutions pour apprendre la disposition plus facilement. Il ne s’agit pas d’apprendre l’ordre des touches par cœur mais de partir d’une position de base et d’attribuer une touche à chaque doigt. J’ai moi-même utilisé le site Bépodactyl pour faire mes débuts. Cet outil a l’avantage d’être un site internet et ne nécessite donc aucun logiciel à installer. Il propose des exercices évolutifs permettant de bien positionner ses doigts et d’apprendre de façon intuitive. On commence par taper avec les index sur deux touches puis on ajoute les autres doigts et les autres touches au fur et à mesure. Ce site constitue donc, à mon sens, un excellent point de départ. Toutefois, la pratique reste encore le meilleur professeur, et il faut sauter le pas du tout BÉPO pour s’y habituer. En fin de compte, on s’y fait vite, la rédaction de mon rapport de stage de M1 s’est avérée très laborieuse au début, puis plus les pages défilaient, plus la frappe devenait fluide et facile.

Vidéo comparant la saisie en AZERTY et en BÉPO par tiot103

Aujourd’hui, je n’envisage pas de repasser à l’AZERTY dans la mesure où j’ai ressenti une réelle amélioration au niveau du confort de frappe mais également de ma productivité. Puisque la disposition BÉPO a été conçue sur une étude statistique du français, tous les caractères utiles sont accessibles facilement, les enchaînements se font de manière fluide. Cette disposition m’a permis de taper mes textes à l’aveugle, à dix doigts et de réduire significativement l’utilisation de la touche retour. Du point de vue du confort, les tensions se sont réduites au niveau des doigts et des poignets, mais il ne faut pas oublier que le clavier ne constitue pas le seul équipement à adapter sur le plan ergonomique. Ainsi, la disposition BÉPO n’est pas une solution miracle contre les troubles de santé liés au travail sur ordinateur et il conviendra d’adapter toute l’installation informatique (bureau, fauteuil, poste informatique etc.) pour se prémunir de toute pathologie.

Notes :

1 – Voir l’article La main et le clavier : histoire d’un malentendu publié en 2011 dans la revue ILCEA sur le thème « traduction et ergonomie », http://ilcea.revues.org/1067

2 – Windows : Panneau de configuration > Horloge, langue et région > Langue > Options linguistiques > Méthode d’entrée > ajouter une méthode d’entrée

Mac OSX : Préférences système > Clavier > Méthode de saisie > +

3 – Lien vers la vidéo : http://dai.ly/x80kdk