J’ai testé pour vous : Faire son stage dans une agence de traduction suédoise

Par Justine Abdelkader, étudiante M2 TSM

L’année 2020, bien que chaotique, m’a tout de même permis de faire un stage d’un mois chez Språk&Co, une agence de traduction suédoise basée à Göteborg, sur la côte ouest de la Suède. À défaut d’avoir pu faire un rapport de stage sur cette très bonne expérience, je partage avec vous ce que j’y ai vécu et ce qui, je pense, ne serait arrivé qu’en Suède.

Manipuler une langue étrangère au travail

Malgré ma préparation sur le clavier Qwerty de mon téléphone, travailler avec un clavier suédois n’est pas de tout repos. Je n’arrête pas d’inverser le Q et le A en écrivant en suédois, et quand je passe au français, les accents me donnent du fil à retordre (mais où est donc passée cette cédille ?!). L’avantage, c’est que les caractères suédois, eux, sont très faciles d’accès. Plus besoin donc de recourir à toutes sortes de stratagèmes pour sortir un å (prononcez comme un o !).

Le ton des emails échangés est bien plus décontracté qu’en France. Pour dire bonjour, on dit Hej!, on s’appelle par son prénom et on tutoie même les inconnus. C’est la langue et la culture suédoises qui le veulent, et une agence de traduction ne déroge pas à la règle.

Être au cœur de la Scandinavie

En ce qui concerne la langue de communication, la situation est assez spéciale et je suis vite émerveillée par la façon dont toutes les langues scandinaves se mélangent. (Petit rappel : la Scandinavie désigne seulement trois pays, la Suède, la Norvège et le Danemark. À ceux-là s’ajoutent la Finlande et l’Islande quand on parle de « pays nordiques ».) Suédois, norvégien et danois se ressemblent beaucoup, notamment à l’écrit. Conséquence : communiquer devient très intéressant. Chacun utilise sa langue pour écrire des mails, voire parfois pour téléphoner, et pourtant, tout le monde se comprend. Je me suis ainsi retrouvée à lire des mails de traducteurs norvégiens ou danois… une expérience mémorable ! Je comprenais tout, même si parfois une deuxième lecture et une petite gymnastique de l’esprit étaient nécessaires, et pourtant je n’ai jamais étudié ces langues de toute ma vie.

L’agence est beaucoup sollicitée pour traduire en anglais, en allemand et dans les langues scandinaves. Mais ces dernières sont traitées un peu différemment. En effet, quand il s’agit d’obtenir une traduction norvégienne ou danoise pour un produit ou une liste d’ingrédients par exemple, on procède souvent à ce qu’ils appellent un « shampooinage ». Vous imaginez mon étonnement quand je commence mon stage et qu’on me parle de shampooing… En réalité, ce terme évoque la façon dont les trois langues sont mélangées pour donner une traduction quasi-unique valable dans les trois pays, mais élaborée à partir d’une des trois langues. C’est ainsi que vous verrez parfois, sur des emballages multilingues, l’inscription « SV/NO/DK », puis le texte où certains mots sont suivis d’un slash et d’une autre proposition. Par exemple : « Allergiinformation se forpakning. Må/får ikke/ej sælges/säljas stykvis/styckvis. » (en français, « Informations allergies : voir paquet. Ne pas vendre séparément. ») Les mots doublés voire triplés sont en fait des mots que les traducteurs norvégiens, danois et/ou suédois ont jugés trop difficiles à comprendre tels quels pour leurs compatriotes, ou pas assez naturels. Ils ont donc donné le mot adapté dans leur langue. Cela permet de gagner de la place sur les étiquettes en ne modifiant que certains mots. Ainsi, trois pays différents comprennent ce qui est inscrit. Il existe différents degrés de shampooinage, selon le souhait du client, l’espace disponible, la qualité attendue, etc. Bien évidemment, cette technique n’est pas utilisée systématiquement pour tous les textes, mais j’y ai beaucoup été confrontée pendant mon stage et j’ai trouvé ça fascinant de connaître les coulisses de ces inscriptions que l’on trouve sur certaines étiquettes et emballages de produits.

S’adapter à la vie professionnelle locale

L’agence se trouve dans un espace partagé où plusieurs entreprises différentes louent un bureau. En arrivant le matin, juchée sur mon vélo (quelle meilleure façon de s’intégrer dans un pays connu pour ses valeurs écologiques ?), je sais donc que je vais croiser des personnes qui exercent une activité tout à fait différente de la mienne. Ce fonctionnement est très intéressant, et la pause de midi donne l’occasion d’aborder des sujets qui n’ont rien à voir avec la traduction. Sans compter que plusieurs personnes amènent leur chien au travail, ce qui rend la pause d’autant plus divertissante… Quoiqu’il en soit, les espaces de coworking peuvent représenter la solution idéale pour celles et ceux qui voudraient s’installer à leur compte sans se passer de la présence d’autres êtres humains.

Dans mon cas, j’ai tout de même une collègue avec qui je peux échanger à ma guise. Avec une bienveillance infinie, elle a la patience de répondre à mes nombreuses questions tout au long du mois. Elle a entre autres l’occasion de me parler de son parcours universitaire, et de la façon dont les masters de traduction en Suède fonctionnent. D’après elle, ils ne préparent pas suffisamment les étudiants à la vie réelle d’un traducteur indépendant, ou même d’un gestionnaire de projets en agence. Les cours de traduction pure sont construits autour d’une discussion des propositions de traduction de chaque étudiant, ce qu’elle trouve enrichissant, mais aucun véritable cours technique avec manipulation d’outils n’est offert. Elle n’a eu accès qu’à une brève introduction à SDL Trados Studio par exemple. Elle a surtout appris sur le tas, en commençant à travailler comme stagiaire dans une agence, puis en étant employée là-bas, avant de se lancer en tant qu’indépendante et de finalement atterrir à Språk&Co. Le stage qu’elle a fait était d’ailleurs une démarche personnelle car sa formation n’en contenait pas.

La dernière semaine, pour finir le stage en beauté, la patronne de l’agence nous rend visite et nous apporte de quoi faire un petit fika. Véritable institution sociale là-bas, cette pause-café nous a permis de débriefer en toute tranquillité sur le mois qui s’était écoulé, et de voir ensemble quels aspects du milieu j’avais découverts ou démystifiés. Un stage à l’étranger qui m’aura donc beaucoup apporté, et c’est ainsi que je quitte l’agence le dernier jour, sans oublier mon vélo, heureuse d’avoir tant appris depuis le premier Hej jusqu’au dernier café.

Le traducteur médical, une spécialisation passée sous scalpel

Par Manon Gladieux, étudiante M1 TSM

medical

Aujourd’hui, les recherches et études cliniques se font multicentriques, les pandémies s’étendent internationalement (Coronavirus, si tu nous regardes…). Et c’est sans compter, bien évidemment, que les laboratoires pharmaceutiques sont pour la majeure partie des groupes internationaux, leurs sièges sociaux se trouvant dans un pays autre que leurs sites de production et de recherche pharmaceutique. Tous les acteurs du secteur de la santé se trouvent impliqués dans les progrès et avancées de ce dernier, et ce, à travers le monde. Avec une telle conjoncture mondiale, les besoins en traduction médicale, scientifique et pharmaceutique ont globalement explosé. Mais quels sont les tenants et les aboutissants en traduction médicale ? Autopsie de cette spécialisation du traducteur.

Que traduit le traducteur médical ?

Contrairement à ce que certains peuvent penser, il ne se contente pas simplement de traduire des ordonnances et des certificats médicaux à longueur de journée, un Vidal dans une main, une encyclopédie médicale dans l’autre. Non, bien sûr que non, ses missions de traduction sont bien plus variées. Le traducteur médical pourra être amené à traduire :

  • des études cliniques ;
  • des notices de médicaments ;
  • des comptes-rendus et communiqués de presse pour des organisations/organismes internationaux ;
  • des modes d’emploi de matériel médical ;
  • des protocoles de traitement patient ;
  • des questionnaires médicaux à délivrer aux patients ;
  • des communications pour des séminaires et colloques ;
  • des chapitres de livres ;
  • des rapports annuels ;
  • et bien d’autres types de documents en lien avec la médecine et la santé…

Quels prérequis pour le traducteur médical ?

D’aucuns vous ont certainement dit et redit que la traduction médicale, étant donné sa spécificité terminologique et phraséologique, ne pouvait être menée à bien que par des médecins et des membres du corps soignant. Si je ne nierai pas que cela constitue un avantage non négligeable pour la maîtrise de ces deux derniers points, mais aussi pour la connaissance préliminaire du thème du texte à traduire en lui-même, je peux toutefois vous assurer que ce n’est en aucun cas une condition sine qua non.

Sont en revanche requis pour un traducteur médical un jugement critique, une rigueur scientifique et une appétence pour les connaissances liées à ce domaine.

Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon traducteur médical ?

Pour être bon en traduction médicale, une spécialité particulièrement technique, il vous faudra disposer d’un certain nombre de qualités. Vous devrez tout particulièrement respecter le style des textes écrits en langue originale sur le sujet, c’est-à-dire adopter la phraséologie de ce type de textes et employer les termes adaptés afin de masquer vos traces et vous fondre au mieux dans ces derniers. Comme bon nombre de mes professeurs encadrants pourraient le dire, « un traducteur, c’est comme tueur en série ; s’il laisse des traces, c’est que c’est un mauvais traducteur ! » Et un travail rigoureux est bien entendu de mise, de même qu’un esprit critique, cela va de soi !

Quelles ressources peut utiliser un traducteur médical ?

Vous attendiez leur retour avec impatience, les revoilà ! Le Vidal et l’encyclopédie médicale peuvent bien évidemment s’avérer d’une grande aide pour le traducteur médical qui pourra profiter de leur relative simplicité pour comprendre le sujet du document. Mais il y en a tant d’autres qui peuvent également être salutaires pour ce dernier. Vous vous demandez sûrement lesquelles. Sortez vos carnets et ouvrez bien grand vos oreilles. En voici quelques-unes :

  • le site officiel multilingue de l’OMS, Organisation mondiale de la santé, disponible en plusieurs langues, et tout autre site multilingue d’une organisation internationale de santé publique ;
  • il est également intéressant pour un traducteur médical d’effectuer une veille documentaire active en collectant des documents différents sur les différentes pathologies, qu’il s’agisse de journaux, de magazines spécialisés (Prescrire, Le Courrier du médecin, etc.), de rapports et articles de recherche, et de tout autre document pouvant vous permettre de mieux appréhender une thématique ;
  • et, et cela peut s’avérer particulièrement utile, profitez du savoir des experts du domaine dans vos connaissances pour aborder les points les plus techniques ;
  • mais également bon nombre d’autres ressources scientifiques.

N’oubliez surtout pas que tout est bon pour écrire comme un expert de la médecine.

Mais sachez toutefois qu’il ne suffit pas de disposer de ressources thématiques pour bien traduire la médecine. Pour ce qui est des ressources linguistiques, le traducteur médical pourra bien entendu trouver salutaires les ressources classiques telles que :

  • les corpus ;
  • les glossaires personnels et partagés ;
  • les dictionnaires de synonymes ;
  • les outils de correction grammaticale (Antidote, Cordial, etc.) ;
  • les ouvrages de référence en grammaire tels que le Grevisse ;
  • mais également toutes les autres…

Et quels outils ?

La traduction médicale étant une spécialisation très technique, les outils de TAO, de gestion terminologique et d’assurance qualité revêtent une importance toute particulière. Ils seront d’un grand secours et vous aideront à harmoniser votre traduction et donc à conserver une cohérence d’un bout à l’autre du document. En revanche, dans l’état actuel des choses, la traduction automatique (TA pour les intimes) risque de très vite éprouver ses limites. Surtout pour des textes de spécialité écrits par des experts pour des experts. Il est donc fortement conseillé, pour ce genre de documents, d’utiliser la TA avec parcimonie.

Quelle formation pour le traducteur médical ?

Un certain nombre de masters de traduction technique proposent une formation de base à la traduction médicale. Le master de Traduction Spécialisée Multilingue (Master TSM) de l’Université de Lille est l’un de ceux-ci. Master membre de l’AFFUMT (Association française des formations universitaires aux métiers de la traduction) et du réseau EMT (European Masters in Translation, label qualité accordé aux masters de traduction qui répondent aux critères par la Commission européenne), ce master offre une formation complète et basée sur l’expérience. Toutefois, il est évident qu’une formation de master de deux années ne peut suffire à vous préparer aux moindres nuances et subtilités de la spécialisation de traducteur médical. Vous pourrez alors, pour compléter votre formation, suivre les formations proposées régulièrement par la SFT en matière de traduction médicale sur la page reprenant le programme de leurs formations (n’hésitez pas à aller y jeter un œil régulièrement !), celles de la CI3M (Centre de formation professionnelle et continue)… vous pouvez également, afin de développer vos compétences et connaissances médicales et scientifiques, vous inscrire à des MOOC, des formations en ligne ouvertes à tous.

Quelles expériences peut-on vivre ?

Vous vous dites sans doute, c’est très bien tout ça, mais nous on veut du croustillant, du vivant. Je vous comprends parfaitement, moi aussi le plan-plan m’ennuie.

Ça vous dirait un petit retour sur expérience pour une traduction médicale exigeante effectuée au sein de l’édition 2019 du Skills Lab (un dispositif de simulation d’entreprise de traduction au sein du master TSM de l’Université de Lille dont la dernière édition en date a été résumée avec brio et beaucoup d’humour par mon camarade Baptiste Dargelly, étudiant en M2 et bientôt traducteur diplômé. Je vous invite par ailleurs fortement à aller lire son billet.) ? Je m’en doutais. Alors voilà pour vous, en exclusivité, un retour sur expérience de mes premiers pas dans la jungle de la traduction médicale et de la satisfaction que j’en ai tirée :

« Comment pourrais-je faire autrement que de vous dire que oui, les difficultés sont nombreuses et fréquentes dans la traduction médicale (après tout, la médecine est une science dure et exacte), mais qu’il n’y a rien de plus satisfaisant que d’avoir réussi à dompter la bête (aka le texte source), à la disséquer, l’étudier pour en rendre les moindres subtilités, en dégager les moindres nuances. Pour illustrer, je dirais que traduire le médical, c’est un peu comme faire la cuisine. Vous avez votre recette, vos ingrédients et vous faites tout pour que le résultat final soit conforme au plat final. Bien sûr, tous les ingrédients (ou textes sources) ne sont pas les mêmes et il faut parfois adapter la recette. Et tous les cuisiniers (ici les traducteurs) ne sont pas non plus identiques. Par conséquent, il faut savoir s’adapter, étape après étape, et résister au stress que cela peut engendrer, notamment lorsque vous vous attelez à traduire un document sur une maladie orpheline pour laquelle les ressources disponibles en français sont rares, ce qui ici était bien entendu le cas. Toutefois, goûter à l’euphorie du travail bien fait, une fois votre traduction terminée avec panache en vaut largement la peine. »

Bon, je crois qu’il est grand temps pour moi de vous laisser et de conclure mon billet, j’ai un nombre conséquent de traductions sur le feu. Le(s) devoir(s) n’attend (ent) pas, que voulez-vous. J’espère avoir su répondre à toutes vos questions sur la traduction médicale et vous avoir donné l’envie de tenter l’aventure, et ce, sans trop vous ennuyer. Je reste bien sûr à l’écoute de toutes vos questions, suggestions et de tous vos commentaires sur ce billet à travers les commentaires et ne manquerai pas de vous répondre. Je meurs également d’envie de savoir si vous avez, vous aussi, quelques informations à donner sur la traduction médicale qui n’auraient, par souci de concision, pas été mentionnées dans mon billet. Si c’est le cas, faites-le savoir en commentaire. Tous vos retours sont bienvenus. Au revoir et à très bientôt pour de nouvelles aventures ensemble et un nouveau billet de blog TSM rédigé par mes soins.

Maintenant…

… À vos marques, prêts, traduisez !

L’anglais comme langue pivot

Par Angelina Fresnaye, étudiante M2 TSM

 

pivot language

En traduction, une langue pivot est une langue, artificielle ou naturelle, utilisée pour faire l’intermédiaire entre deux langues. Ainsi, pour traduire d’une langue A vers une langue B, on aura une première traduction de A vers la langue pivot, puis une seconde traduction de la langue pivot vers la langue B[1]. Comme il n’est pas toujours évident de trouver des traducteurs/trices pour toutes les combinaisons de langues possibles, cette technique peut permettre de pallier ce problème. La plupart du temps, de par son statut actuel, l’anglais est le choix de langue pivot le plus courant.

Au cours de mon stage, j’ai principalement travaillé avec ce procédé. L’agence, située en Flandre-Occidentale (Belgique), reçoit en grande partie des demandes de traduction du néerlandais vers d’autres langues, dont l’anglais et le français. C’est pourquoi l’on faisait d’abord traduire le document du néerlandais vers l’anglais, puis je me chargeais de traduire vers le français à partir de la traduction en anglais. Au fil des tâches qui m’ont été confiées, j’ai pu remarquer quelques problèmes récurrents avec ce passage par une langue pivot.

Dans quels cas passer par une langue pivot et quels sont les avantages ?

La traduction automatique statistique, basée sur des corpus bilingues, doit parfois faire appel à l’anglais comme langue pivot pour fournir ses résultats. En effet, puisque le nombre de ressources disponibles n’est pas égal d’une langue à l’autre (il se peut même qu’il n’existe pas de corpus parallèle pour certaines combinaisons), passer par une langue pivot permet de faire le lien entre deux langues qui ne possèdent pas encore, ou très peu, de corpus.

Par ailleurs, des organisations internationales telles que l’Union européenne ont également recours au système de langue pivot. En raison du grand nombre de langues à gérer, les combinaisons linguistiques se font excessivement nombreuses (552 pour l’Union européenne par exemple). Traduire à partir de toutes les langues sources vers toutes les langues cibles serait alors trop compliqué, car il faudrait faire appel à des traducteurs/trices pour chaque combinaison, ce qui n’est pas toujours possible. C’est pourquoi, depuis 2004, le Parlement européen a recours à ce système et choisit d’utiliser comme langue pivot l’anglais, le français ou encore l’allemand.

bilingual dictionaries

 

Dans le cas de traductions entre langues trop éloignées d’un point de vue linguistique (des langues qui ne feraient pas partie de la même famille, entre autres), l’utilisation d’une langue pivot peut s’avérer d’autant plus avantageuse : par exemple, une étude a démontré que pour une traduction de l’arabe vers le chinois, l’utilisation de l’anglais comme langue pivot donnait en réalité un meilleur résultat qu’une traduction dite « directe ». En effet, s’agissant de deux langues aux systèmes radicalement différents, l’anglais correspondrait à un « juste milieu » entre les deux, rendant le travail de traduction moins ardu.

Enfin, les ressources disponibles ne sont pas égales selon la combinaison de langues. Comme l’expliquait Oriane dans son billet de blog il y a quelques mois, les traducteurs/trices de langues moins communes doivent trouver des stratégies afin de résoudre leurs problèmes terminologiques, et cela peut passer par le choix d’une langue pivot, en général l’anglais. Par ailleurs, cette approche peut être utilisée pour constituer ou nourrir des mémoires de traduction ou des bases terminologiques pour ces langues qui manquent de ressources, voire n’en possèdent pas encore. De plus, pour certaines combinaisons linguistiques rares, il peut être particulièrement difficile de trouver des traducteurs/trices.

 

Quels sont les risques ?

Passer par une langue pivot a ses avantages, mais c’est également un procédé risqué. En effet, on estime souvent que la traduction est un « troisième code », à savoir une variété de langue différente de la langue standard. De ce fait, la langue traduite possède des caractéristiques qui lui sont propres et qui la distinguent de la langue originale.

Risques de pertes

Les références culturelles et expressions idiomatiques posent particulièrement problème aux traducteurs/trices, et ont donc plus de risques d’être omises lors du passage par la langue pivot. Par conséquent, s’il n’y a pas de relecture à partir du texte original, ces dernières seront perdues au moment de la traduction vers la langue cible.

ambiguities

 

Risques d’erreurs ou d’ambiguïtés

Le principal inconvénient du passage par une langue pivot relève de son potentiel impact sur la qualité de la traduction finale. En effet, le risque de faire des erreurs de traduction est d’autant plus élevé car une erreur ou une ambiguïté peut être retranscrite d’une combinaison de langues à l’autre par le biais de la langue pivot. Sans accès au texte original, le/la traducteur/trice risque alors de copier des erreurs ou des mauvaises interprétations qui auraient pu se glisser lors de la première phase de traduction. De même, en cas d’incohérence, il convient de se demander si l’erreur provient du texte source ou de la traduction pivot afin de savoir à qui s’adresser pour tenter de résoudre le problème : le client ou le/la traducteur/trice de la langue A vers la langue pivot.

Comment éviter ces problèmes ?

Dans la plupart des cas, les désavantages liés à l’utilisation d’une langue pivot pourraient en partie être évités grâce à l’accès au texte source, que le/la traducteur/trice comprenne la langue en question ou non. En effet, de manière générale, il reste possible de retrouver, entre autres, les noms propres ; et ce même si la langue source nous est totalement inconnue (pourvu que l’alphabet utilisé nous soit familier). Et si le/la traducteur/trice possède de vagues notions, il/elle peut parfois parvenir à discerner de potentielles erreurs. Enfin, l’idéal serait de faire appel à un·e réviseur/se qui comprend la langue source afin de vérifier qu’aucun glissement de sens n’a eu lieu lors du passage par la langue pivot.

 

Bibliographie

« Les traducteurs du Parlement européen » Parlement européen, http://www.europarl.europa.eu/about-parliament/files/organisation-and-rules/multilingualism/fr-ep_translators.pdf.

“Pivot Language.” Wikipedia, Wikimedia Foundation, 23 Jan. 2019, www.en.wikipedia.org/wiki/Pivot_language.

Briand, Oriane. « Ressources linguistiques : comment faire lorsqu’elles n’existent pas. » MasterTSM@Lille, 8 Apr. 2019, www.mastertsmlille.wordpress.com/2019/04/08/ressources-linguistiques-comment-faire-lorsquelles-nexistent-pas/.

Gammelgaard Woldersgaard, Casper. In search of the third code – A corpus-based study of the Motion category in natural and translated texts in Danish and Spanish. Aarhus University. Web. http://pure.au.dk/portal/files/85464275/Thesis_Proposal_Final_Casper_Woldersga.

Langfocus. “Why Did English Become the International Language?” Online video clip. Youtube. Youtube, 1 Oct. 2017. Web, https://www.youtube.com/watch?v=iqDFPU9YeQM.

Samiotou, Anna,. “Is the Pivot Language Approach Ever a Good Option? – Part I.” TAUS, 25 Aug. 2015, https://blog.taus.net/is-the-pivot-language-approach-ever-a-good-option-part-i.

Samiotou, Anna. “Is the Pivot Language Approach Ever a Good Option? – Part II.” TAUS, 2 Sept. 2015, https://blog.taus.net/is-the-pivot-language-approach-ever-a-good-option-part-ii.

Vermeulen, Anna. The impact of pivot translation on the quality of subtitling. Faculty of Translation Studies, Ghent (Belgium). Web.  https://biblio.ugent.be/publication/4211129/file/6843891.pdf;The.

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Pivot_language

Rendez-vous en terre inconnue : une semaine en immersion en agence de traduction néerlandaise

Par Baptiste Dargelly, étudiant M1 TSM

BDargelly

Euro-com International B.V. est une agence de traduction néerlandaise, basée à Renkum, une commune de la province de Gueldre. Même si la société emploie une quarantaine de personnes sur trois bureaux différents (dont un au Caire), le bureau de Renkum est limité, tant par sa surface que par le nombre d’employés qui y travaillent au quotidien. C’est en son sein, en tant que traducteur et pour une durée de quatre mois, que j’effectue mon stage de première année de master TSM. Voici donc tout ce que vous avez toujours rêvé de découvrir sur le quotidien d’une agence de traduction !

Lundi : out of the way, it’s a busy day

Ici, le lundi, c’est jour de réunion. Tout le monde est présent au bureau, soit une dizaine de personnes, pour la plupart chefs de projet (Grace, Bart-Jan, Santiago, Anna…) mais aussi responsables administratifs (Lotte et Hanz), marketing (Yvonne), le directeur général (Eelco), son adjoint (Remco) et le stagiaire. La journée commence calmement, chacun arrive et s’installe à son poste de travail, les doux ronronnements de la machine à café se font entendre dans les couloirs. L’échelle réduite des locaux permet une très bonne entente entre collègues, qui travaillent souvent à quatre par pièce, et qui par conséquent échangent beaucoup durant la journée.

À dix heures, la réunion commence, animée par Misha, sales manager et happiness provider (en français : il s’occupe des contrats et fait beaucoup de blagues). Un large tableau blanc est accroché dans l’espace central, sur lequel chacun peut inscrire des remarques, questions, félicitations, pensées et autres nouvelles. Aujourd’hui, Misha nous présente deux nouveaux clients potentiels, ainsi que la possibilité d’une future collaboration avec une agence de traduction française. Les actualités de l’agence du Caire sont aussi exposées. Ces réunions durent rarement plus d’une demi-heure, et chacun retourne ensuite à son poste.

Aujourd’hui, je travaille sur la révision d’un projet de traduction pour un éditeur de jeux vidéo bien connu. Environ 10 000 mots ont été traduits par Bridget, traductrice, puis révisés par Stéphanie. Grace, la chef de projet, m’a confié la relecture de la révision : c’est inhabituel, mais c’est essentiellement parce que la suite du projet devrait arriver sous peu, et je pourrais me voir confier sa traduction. Un travail de préparation en quelque sorte. Il s’agit d’un projet SDL Studio, outil pour lequel nous avons été formés par notre professeure Nathalie Moulard en TSM, et avec lequel je suis par conséquent particulièrement à l’aise. La journée se termine à 17 h, mais la plupart des chefs de projet vont rester plus tard que ça.

Mardi : a song of ice and fire

La plupart d’entre nous, au bureau, suivent la célèbre série Game of Thrones, et nous avons décidé d’organiser un tournoi. Chacun pronostique qui, parmi les personnages principaux, va vivre ou mourir à la fin de la saison. Le gagnant se verra offrir un repas dans un restaurant proche de l’agence, j’utilise tous mes talents d’analyste pour remplir mon bulletin (la série est terminée à l’heure où je boucle ces lignes, j’ai gagné). C’est aussi ça, l’un des avantages de travailler dans une agence plutôt que depuis chez soi : les interactions sociales sont omniprésentes, ce qui n’est pas nécessairement le cas quand on travaille de chez soi. Bien sûr, cela va au-delà des discussions sur les séries : je bénéficie depuis le début du stage de l’aide précieuse de Grace notamment, qui ne rechigne jamais à répondre à mes questions (nombreuses au départ, de plus en plus rares maintenant) et à essayer de résoudre les problèmes que je rencontre. C’est l’un des autres avantages de travailler en agence, les personnes expérimentées qui m’entourent m’aident, et c’est réciproque : on m’appelle systématiquement quand il y a une incertitude ou un problème en rapport avec le français, et je suis ravi d’aider.

D’ailleurs, en parlant de « problème », le client du projet mentionné précédemment veut une nouvelle révision, en appliquant de nouvelles directives. Mais celles-ci sont floues, et le fichier à modifier que nous récupérons n’est plus compatible avec SDL. Pendant que Remco essaye d’en savoir plus, j’attaque la nouvelle révision, qui se révèle être assez fastidieuse, particulièrement de par le nouveau format du document, qui doit être modifié à l’aide de… Notepad. Je parviens à la moitié du document à midi, et juste avant de prendre une courte pause déjeuner (les Néerlandais n’accordent presque aucune importance à celle-ci : on travaille, on mange quand on a le temps, on débarrasse son assiette et on se remet au boulot), je reçois un e-mail de Remco. Il y a un problème avec le format du document, il faut recommencer la révision depuis le début. Calme et sérénité… La révision sera finalement bouclée juste avant la fin de la journée.

Mercredi-jeudi : I’m a legal alien

Être traducteur (stagiaire, en plus) chez Euro-Com dans les bureaux de Renkum, c’est un peu être un Englishman in New York (mais qui parlerait moins bien anglais, dans mon cas). Habituellement, aucun traducteur n’est présent dans les locaux, tous travaillent à distance. Cependant, aujourd’hui Brenda nous rend visite : elle est traductrice depuis plus de 20 ans, et travaille pour Euro-Com depuis près de 10 ans. Native des Pays-Bas, elle traduit de l’anglais vers le néerlandais. C’est l’occasion pour moi de récolter un maximum de conseils quant à mon futur métier, et Brenda semble ravie de pouvoir en discuter. Nous parlons notamment des tâches de révision de traduction automatique que nous devons souvent effectuer. Elle me confie que ce sont des projets de plus en plus courants, surtout avec les avancées récentes en matière de traduction automatique. Elle a dû, durant sa carrière, s’adapter aux changements technologiques : elle sourit en repensant à l’époque où elle traduisait avec l’aide d’un dictionnaire, sans aucun outil informatique. Elle s’est formée par elle-même à l’utilisation des CAT Tools (les outils de TAO, pour Traduction assistée par ordinateur). Aujourd’hui, elle aurait bien du mal à s’en passer.

En fin de matinée, je reçois un e-mail de la part de Wael, l’un des chefs de projet des bureaux du Caire. La nouvelle salve de fichiers à traduire pour l’éditeur de jeux vidéo est arrivée, et on m’en attribue la traduction. C’est une petite victoire, car il a été quelque peu difficile, au début, d’obtenir des projets. Il semble qu’après environ 1 mois de stage, je commence à bien être intégré dans la boîte : j’ai du travail au quotidien, alors qu’il y a eu quelques journées entières durant lesquelles j’étais désœuvré au début. La confiance s’installe !

Mais, en tant que traducteur, et français qui plus est, il faut bien râler un peu. Le projet est composé de plus de 30 000 nouveaux mots, et la deadline est prévue pour mercredi prochain. Même avec du café en perfusion, ça me paraît compliqué… Mais je ne veux pas que le projet m’échappe, je parlemente donc via e-mail avec Wael. Voilà autre chose que Grace m’a appris à faire : il faut négocier, ne pas hésiter à soulever les problèmes, avec l’art et la manière. Il revient vers moi peu de temps après avec une bonne nouvelle, la tâche a été partagée entre moi et Stéphanie, une autre traductrice anglais-français. Je m’attelle donc à la tâche avec enthousiasme, j’aurai du travail au moins pour les 5 prochains jours. La terminologie m’est maintenant familière, la traduction sera bouclée à temps. Le reste de la journée et le lendemain sont consacrés à cette tâche.

Un court projet pour une société leader du marché de l’audiovisuel m’est attribué dans la journée du jeudi, sur un outil que je ne connaissais pas encore : il s’agit de XTM, un logiciel de TAO. Le projet était si succinct que j’ai passé plus de temps à assimiler le fonctionnement du logiciel qu’à traduire.

Vendredi : Friday I’m in love

Un parfum de weekend flotte dans l’air. Le regain de motivation amène la plupart d’entre nous à travailler debout. En effet, ici chaque bureau est adaptable, c’est-à-dire que l’on peut y travailler debout ou assis, et Remco m’avait vanté les mérites du travail debout dès mes premiers jours à Euro-Com (j’étais cependant déjà au courant de ses bienfaits, puisque nous avons assisté plus tôt dans l’année à une conférence sur l’ergonomie, résumée ici par Jimmy Gabreau). Alors que je reprends la traduction du projet en cours, Marcia me demande un coup de main en urgence pour une révision d’un projet allemand-français. Mon allemand est aussi bien développé que mon néerlandais (je sais presque dire bonjour), mais Marcia m’explique qu’il s’agit essentiellement d’harmoniser la traduction française et de la modifier selon la base terminologique associée. Un jeu d’enfant, n’est-ce pas ? La progression est assez fastidieuse, mais les erreurs sont peu fréquentes. Certains mots posent problème en allemand, je sollicite alors mon équipe d’experts linguistiques germanistes, mes camarades de classe Julian et Jordan (vous pouvez retrouver le billet de Jordan portant sur le marché de la traduction en Allemagne ici), qui résolvent mes problèmes en un tour de main.

Il s’agit d’un client récent et très exigeant, on vérifie donc plusieurs fois que tout est en ordre. Des e-mails me parviennent une demi-heure plus tard, il faut apporter de nouveaux changements. Au moins 5 personnes travaillent en même temps sur ce même projet. Il sera finalement bouclé et envoyé en fin d’après-midi, après être repassé plusieurs fois entre mes mains. Malgré le nombre de participants, Marcia a réussi à maintenir le cap, à assurer la liaison entre le client et les traducteurs et à répartir les tâches tout au long de la journée sans jamais perdre le fil… Et tout ça en gardant le sourire. Le travail de chef de projet me semble parfois terriblement compliqué. La semaine s’achève avec un sentiment de travail accompli.

C’est la fin de cette semaine en immersion dans une agence de traduction néerlandaise, mais pas la fin de mon stage, qui a été jusqu’ici très riche d’enseignements. Je remercie chaleureusement toute l’équipe d’Euro-Com pour leur pédagogie et leur confiance, et je vous remercie de m’avoir lu ! Prettige dag verder !

TSM Skills Lab 2019 – Teamwork Makes The Dreamwork

Par Morgane Tonarelli, étudiante M2 TSM

logo-tsm-skills-lab-print

On part au ski la semaine du 11 février, tu viens ?
Non, désolé, j’peux pas j’ai Skills Lab.

 

Ah le Skills Lab… LA Fashion Week de la traduction pour les étudiants du Master TSM de l’Université de Lille ; un exercice grandeur nature qui marque l’apogée de la formation universitaire des M2 et prépare les M1 à leur premier stage.

Le Skills Lab : kézako ?

« Skills Lab », un nom anglais plutôt sympa pour décrire un dispositif existant dans un certain nombre de formations en traduction et lancé en 2018 au sein du Master TSM, qui a alors rejoint l’International Network of Simulated Translation Bureaus (INSTB), réseau dont les universités membres s’engagent à intégrer à leurs programmes un module de placement des étudiants en simulation d’agence soumis à une validation de crédits ECTS.

À l’Université de Lille, une semaine à la fin du deuxième semestre est spécialement organisée pour permettre aux étudiants d’être aux manettes de leur propre agence de traduction virtuelle, et ce dans la plus grande autonomie. Une expérience unique et enrichissante pour des étudiants qui n’ont jamais mis les pieds dans une agence et pour d’autres qui s’apprêtent à tourner la page universitaire et entrer sur le marché du travail.

Je ne vais pas m’épancher sur cette définition du Skills Lab puisque Alessandro Circo, mon camarade de promo et chargé de communication de la première édition, avait publié l’année dernière un billet très complet sur le sujet à retrouver juste ici.

Trêve de bla-bla, suivez plutôt le guide, je vous emmène à la découverte de l’édition 2019 du TSM Skills Lab !

écran_TSM

 

Les nouveautés de cette deuxième édition

Une nouvelle ouverture de poste pour les étudiants de M1

Comme l’avait expliqué Alessandro dans son billet, tout Skills Lab qui se respecte commence par une étape de réponse aux offres d’emploi. Comme dans une vraie agence, les étudiants du Master TSM sont invités, deux mois avant le début du Skills Lab, à candidater à différents rôles en fonction de leur profil.

offre

Offre_Traducteur

L’année dernière, le manque de ressources en préparation dû à l’impossibilité des M1 à postuler aux postes de préparateurs avait eu quelques conséquences négatives sur le reste du process. C’est pour cette raison que pour cette édition 2019 du Skills Lab, les étudiants de première année ont pu candidater à ces nouveaux postes. Grâce à cette plus grande équipe de préparateurs, les traducteurs ont eu accès à des glossaires et corpus de taille plus importante que l’année dernière même si pour certains, leur contenu restait assez « lacunaire ».

Le but d’une expérience comme le Skills Lab est bien évidemment d’apprendre de ses erreurs et de s’améliorer d’année en année. Il faut donc prendre en compte ces remarques et les utiliser pour perfectionner cette étape du processus de traduction.

Des projets plus variés et plus complexes

Les projets traités lors de la première édition étaient principalement des projets de traduction sans tâches techniques complexes et dans une seule combinaison de langues (EN>FR) ; c’est donc sans surprise que les enseignants chargés de l’organisation du Skills Lab ont décidé cette année de mettre la barre un peu plus haut.

Nous avons donc eu le droit à des projets multilingues dans les cinq langues enseignées en Master TSM (anglais, espagnol, italien, allemand et suédois) et avec des étapes techniques complexes telles que la proposition de mise en page, la localisation d’illustrations ou encore des recherches d’équivalents dans le domaine du droit ; des difficultés auxquelles les équipes ont dû et ont su s’adapter.

L’accompagnement des « juniors » au cœur de la stratégie managériale

Une bonne gestion de projet c’est avant tout une bonne gestion des ressources et ça, les gestionnaires de projet de cette deuxième édition du Skills Lab, riches de leur premier stage, l’ont bien compris et ont décidé d’en faire le cœur de leur stratégie managériale.

Dès le mois de septembre et jusqu’au Skills Lab, les étudiants de M2 se sont appliqués à cultiver un réel esprit d’équipe avec les M1, à leur donner l’impression de faire partie d’un groupe dans lequel la distinction M1/M2 n’existe pas. Quelques semaines avant l’ouverture de l’agence, les gestionnaires de projets ont mis en ligne un document dans lequel les M1 pouvaient renseigner leurs langues de travail, mais aussi leurs préférences en matière de domaines de traduction. Ainsi, les PM pourraient faire en sorte d’attribuer les projets aux traducteurs en fonction de leurs préférences, dans la mesure du possible bien évidemment.

Préférences_ressources

 

En plus de la prise en compte des centres d’intérêt de chacun, l’équipe de gestion a mis un point d’honneur à accompagner et à rassurer les étudiants parfois inquiets à l’idée de ne pas faire les choses correctement ou de ne pas livrer dans les temps. Les fiches d’auto-évaluation demandées après la semaine de Skills Lab devraient nous dire si oui ou non cette stratégie s’est révélée concluante.

A hell of a week

Dimanche 10 février – Tu t’occupes du motto, je m’occupe du gâteau.

Une agence de traduction c’est d’abord une entreprise à part entière qui se doit d’avoir une identité de marque bien à elle. Aucun souci de ce côté-là, la promotion 2019 du Master TSM ne manque pas de créatifs. La veille de l’ouverture de l’agence, les messages fusaient sur le group chat Facebook Team PM Skills Lab. La mission du jour : trouver un bon slogan qui motiverait les troupes en cas de petite baisse de tension. Du gâteau pour Camille Bacha, gestionnaire de projet et meme addict, qui en deux trois clics nous a sorti une référence de la série américaine The Office : TEAMWORK MAKES THE DREAMWORK. Une évidence, un coup de génie, le Skills Lab 2019 était né. S’en est évidemment suivi un long débat sur l’utilité ou non d’une office plant, du calendrier des Dieux du Stade de Margaux Bochent (PM et Happiness Manager) ou encore du poster de Ryan Gosling de Camille. Personne ne semblait se mettre d’accord alors j’ai décidé de sortir la phrase magique : « Demain, j’apporte un gâteau ». Cela faisait à peine une demi-heure que l’on se comportait « comme des PM » que je savais déjà que cette équipe irait loin (et que le seul atout masculin du groupe aurait du pain sur la planche).

Teamwork_Dreamwork

Lundi 11 février — Motivés comme jamais

8 h 30 — les gestionnaires prennent tranquillement leurs marques dans leur nouveau bureau. On se sent déjà un peu comme à la maison, il y a du café, des bonbons et mon gâteau (un peu trop cuit). Le gestionnaire de projet en chef, Nicolas Baille, annonce le premier d’une longue (très longue) liste de « briefs ». L’équipe commence déjà à réfléchir au rôle de chacun et au process à mettre en place, car oui, l’énorme point fort du Skills Lab c’est que les étudiants sont en parfaite autonomie et restent libres de gérer leur agence comme bon leur semble. Seule déception jusqu’ici, j’ai oublié l’office plant et pas la moindre trace des Dieux du stade ni de Ryan Gosling…

répartition_projets

9 h — après une demi-heure à torturer la touche F5 de son clavier multicolore, Nicolas reçoit enfin le tout premier mail de notre client ; le Skills Lab 2019 ouvre officiellement ses portes !

Ni une ni deux, nous lançons le deuxième brief de la journée. Il est maintenant question d’assigner à chaque PM un ou plusieurs projets en fonction de leur taille et des étapes qu’ils impliquent, car cette année contrairement à l’année dernière le client a des besoins en localisation d’illustrations. Pour ce qui est de la gestion des fichiers et de l’organisation de l’arborescence, nous profitons des talents informatiques de Nicolas, en un tour de main il met en place un cloud qui permettra à toutes les équipes d’accéder facilement à tous les fichiers et de les livrer en un clin d’œil. Well done boss!

Nous décidons ensuite de nous attarder sur l’analyse minutieuse de chacun des fichiers sources envoyés par le client afin de lister les étapes nécessaires à la réalisation des projets et faire une première ébauche du devis. Étant donné que nous partons de zéro, nous sommes libres de fixer les tarifs qui nous semblent être les plus corrects pour permettre à notre client de rentrer dans ses frais, mais aussi à nous agence, de marger. Nous décidons donc de nous en remettre à la Bible des étudiants en traduction : Comment gérer vos projets de traduction, un must-have écrit par notre Project Management Expert et professeure Nancy Matis. L’incertitude règne, le devis est-il trop élevé ou au contraire trop bas ? Allons-nous réussir à rouler en berline allemande ou allons-nous finir par nous nourrir exclusivement de nouilles ? Pour nous rassurer, nous mettons à profit ce qui nous a été enseigné au cours de notre formation SFT : un bon devis, c’est un devis qui pousse à la négociation. Finalement, nous avons réussi à nous mettre d’accord et à proposer un prix à notre client.

Livre_Matis

Après avoir réglé l’administratif et le financier, il faut maintenant faire le planning et assigner les tâches, une mission facilitée par un sourcing fait en amont de l’ouverture de l’agence. Nous avons une idée des préférences de chacun, ne reste plus qu’à attribuer un projet à chaque préparateur de ressources, traducteur et réviseur.

planning_PM

En fin de matinée, les bases étaient posées et le cap défini, ne restait plus qu’à faire entrer dans l’arène notre première équipe, les préparateurs, qui nous ont rejoints dans l’après-midi. Création de glossaires, extractions terminologiques, recherches en tout genre, et compilations de corpus, ils n’ont pas chômé pour préparer au mieux la phase de traduction et faciliter un maximum la tâche des traducteurs.

Préparateurs_salle

C’est finalement aux alentours de 18 h 30 que nous avons décidé de fermer les portes de notre agence après une journée riche en émotions, en travail et en grignotage.

PM_J1

Mardi 12 février – À vos marques. Prêts. Traduisez !

La machine est déjà bien lancée ; les préparateurs ont fourni un travail conséquent et les PM se tiennent désormais prêts à accueillir l’équipe des traducteurs composée exclusivement d’étudiants de première année. Les débuts de la phase de traduction sont un peu compliqués surement à cause du stress qui envahit certains traducteurs soucieux de ne pas être à la hauteur et de vouloir trop bien faire, mais heureusement les gestionnaires sont là pour les rassurer et les accompagner au mieux. Après tout, nous étions à leur place l’année dernière…

Traducteurs_salle

En début d’après-midi, certains ont déjà terminé leur traduction tandis que sur le visage des autres on voit la panique s’installer. « J’ai peur de ne pas livrer à temps. », « Studio a planté, j’ai peur d’avoir tout perdu. », peut-on entendre dans les rangs. Il est temps de faire intervenir des réviseurs étudiants de M2 pour superviser les traducteurs les plus déboussolés et leur redonner confiance en eux. Mission accomplie, à la fin de la journée, une majorité des premiers jets sont livrés et pour ceux qui n’ont pas encore tout à fait terminé, il reste du temps demain matin pour apporter les touches finales.

Mercredi 13 février — Traducteurs vs Réviseurs : il y a de l’eau dans le gaz

Les traducteurs ont pu profiter de la matinée pour relire et perfectionner leurs chefs-d’œuvre, il est temps pour eux de profiter d’un déjeuner en ville et de laisser la place aux réviseurs, étudiants de M2, prêts à appliquer ce qu’ils ont appris au cours de leur module de révision. Pour certains, tout roule comme sur des roulettes, la terminologie et le guide de style ont été respectés, Antidote ne relève pas de fautes à en faire saigner les yeux et la plume est plutôt bonne. En revanche, pour d’autres, aïe aïe aïe caramba, les traductions manquent un peu (pour ne pas dire beaucoup) de relecture et de sérieux… La traduction machine c’est comme les antibiotiques… ce n’est pas automatique. Surement une erreur de débutant me direz-vous ; je vous l’accorde.

Réviseurs

Les PM décident donc de remettre les pendules à l’heure et de rappeler calmement, mais fermement les enjeux du Skills Lab : de vrais projets pour de vrais clients donc on se remet en selle et l’on donne tout ce que l’on a !

La journée se termine finalement sur la livraison des traductions révisées dont la validation finale reviendra aux traducteurs et sur une séance Photoshop pour la préparation par les PM des illustrations qui seront localisées par la suite. Jusque-là, tout s’est plutôt bien déroulé, est-ce que cela va durer ou est-ce que la journée suivante va nous réserver quelques surprises ? Nous rentrons chez nous avec le sentiment du travail bien fait et le ventre plein des crêpes préparées avec amour par notre chef pâtissière TSM préférée.

Margaux_crêpes

Jeudi 14 février – De l’amour des mots à la haine de l’informatique

Ah la Saint-Valentin… fête des amoureux du cœur, mais aussi de ceux des mots. Les sourires sont sur tous les visages et il flotte un parfum de rose et de chocolat dans les couloirs de l’UFR LEA ; la journée s’annonce donc sous les meilleurs auspices. Mais en amour, rien n’est jamais joué et ce qui devait arriver arriva : une histoire de fusionnement de fichiers qui tourne mal et le rythme paisible maintenu jusqu’ici s’interrompt. La panique gagne légèrement l’équipe des PM, puis c’est au tour de la colère, et enfin de l’apaisement. Telles de vraies Mary Poppins, ils finissent par trouver rapidement une solution certes loin d’être parfaite, mais qui permettra d’éviter la catastrophe.

Tableau_PM

Tout rentre finalement dans l’ordre et en milieu d’après-midi, miracle, toutes les modifications ont été insérées par les traducteurs et les traductions ont été livrées. Commence alors l’étape d’assurance qualité (QA) afin de s’assurer une dernière fois que les traductions répondent aux exigences de qualité du client. La fatigue commence à gagner les PM qui enchainent de longues journées depuis le début et qui commencent à accuser le coup surtout que les QA leur réservent quelques surprises d’ordre typographique ou orthographique de quoi donner des sueurs froides à Nicolas, dit l’œil de lynx, dont le pauvre clavier boule à facettes commence à perdre de son éclat.

PM_renaissance

La journée se termine au son de Mac Demarco et avec un problème de mise à jour de mémoire de traduction…

Vendredi 15 février — Clap de fin

L’édition 2019 ouvre ses portes pour sa dernière journée. La dernière ligne droite tant attendue est déjà arrivée et la fatigue avec elle. La journée d’hier fut intense et la nuit aussi (rédaction de billet de blog quand tu me tiens…) ; des cernes de la taille du Pacifique ajoutent une jolie touche de couleur bleutée au regard de nos gestionnaires de projet. Mais pas le temps de niaiser, il y a toute une série de QA et une livraison finale dans l’après-midi qui nous attendent. Steffie, en bonne gestionnaire, a prévu son litre d’arabica tandis que le reste de l’équipe se rue vers le foyer étudiant pour un shot de caféine indispensable pour commencer cette journée bien chargée.

PM-Warriors

En ce début de journée, tout va pour le mieux jusqu’au moment où, Camille, en charge du QA suédois se rende compte que, non, passer ses weekends chez IKEA ne lui sera d’aucune utilité… (so cliché). Heureusement, l’entraide règne entre les PM, et des réviseurs venus en soutien finissent par lui donner un coup de main.

Camille_écrans

15 h 30, il est temps de livrer les projets au client. Un petit sentiment de stress mêlé à de l’excitation s’empare des gestionnaires de projets. Dernières modifications, dernière lecture et relecture encore et encore ; tout le monde à l’impression de ne pas en avoir fait assez et de pouvoir faire beaucoup mieux. Tels des lions en cage, l’équipe fait les cent pas avant d’enfin se décider à envoyer l’email qui mettra un point final à cette expérience. L’email est envoyé et le tube de Queen, We Are The Champions, résonne dans le bureau, ne manquait plus que les confettis…

Une fois la livraison confirmée par le client, étudiants et enseignants ont eu l’opportunité de se rassembler pour un débriefing « à chaud » afin d’échanger sur l’expérience mémorable qu’ils viennent de vivre. Après quelques applaudissements est enfin venue l’heure de dire au revoir au Skills Lab et de se diriger vers le centre-ville lillois pour des rafraîchissements bien mérités !

Debrief_fin

Avant de vous laisser vaquer à vos occupations, je tenais tout d’abord à remercier les enseignants d’avoir mis en place une expérience aussi enrichissante et de nous avoir laissé la liberté de gérer cette agence à notre manière. Je n’oublie pas non plus toutes les équipes : un grand bravo aux étudiants de M1 pour leur implication et leurs efforts et à nos chers camarades de M2 pour leur travail et surtout pour leur disponibilité et la bienveillance dont ils ont fait preuve auprès des juniors. Enfin, je tenais personnellement à remercier mes coéquipiers gestionnaires pour cette semaine mémorable et riche en émotions. Cœur sur vous et bon courage à ceux qui reprendront le flambeau, l’année prochaine, pour la troisième édition du Skills Lab !

PM_fin

TEAMWORK MADE THE DREAMWORK!

 

Comment bien se vendre pour trouver un stage dans le milieu de la traduction

Par Chloé Cantet, étudiante M2 TSM

 

En cette période de recherche de stages, nous souhaitons tous nous démarquer et nous vendre au mieux pour trouver un stage formateur et motivant.

En tant qu’étudiant.e, l’expérience professionnelle nous fait souvent défaut au moment de postuler à nos stages de master, en particulier pour celui de master 1. Cependant d’autres atouts peuvent être mis en avant afin d’attirer l’attention du recruteur.

Label EMT

Bien que cela puisse paraître évident, le fait même d’être en master est un plus, surtout si votre formation, comme le master TSM, porte le label EMT (European Master in Translation) octroyé par la DGT (Direction Générale de la Traduction). Ce label est un gage de qualité. En effet, le référentiel de compétences EMT, qui doit être respecté par les formations membres du réseau «  définit les compétences de base que les traducteurs doivent posséder pour travailler sur le marché actuel » (site de la Commission européenne).

Ce label est également un atout considérable si souhaitez réaliser un stage à la DGT ou dans une organisation de l’Union européenne en général.

Logo-master-TSM_UdL

Parce que le master est une expérience

Pensez à valoriser les compétences et connaissances acquises au cours de la première année (voire du premier semestre !) de master. Parce que l’utilisation de la Traduction Assistée par Ordinateur (TAO), la compilation de corpus et la gestion de projets sont essentielles aux yeux des agences et des professionnels du monde de la traduction, ce serait dommage de les omettre dans son CV. De plus, en tant qu’étudiant.e.s en cours de formation, nous sommes les mieux formés et les plus à jour en matière de nouvelles technologies, de logiciels et de nouveaux outils : un atout majeur sur un marché qui est en constante évolution et développement !

Pour ce qui est des outils de TAO, la certification de SDL pour traducteurs (niveau débutant pour les M1 et niveau intermédiaire pour les M2) est évidemment un plus qui permet d’attester de votre niveau de maîtrise de SDL Studio, actuellement leader sur le marché. Le fait de préciser la version avec laquelle vous travaillez, en l’occurrence 2019 cette année pour les étudiants du master TSM, montre au recruteur que vous êtes à l’aise avec les nouvelles fonctionnalités et que vous n’aurez pas de problème à travailler avec les versions antérieures.

De plus, le Skills Lab étant un atelier à part entière, il permet d’augmenter l’expérience sur votre CV. Votre poste dans cette agence de traduction virtuelle est bien réel et vous demande de mettre en pratique ce qui a été appris pendant les cours, et au-delà.

Attention aux fottes !

En traduction plus que dans n’importe quel autre secteur, la rédaction, la typographie, la grammaire et l’orthographe sont primordiales. Elles révèlent votre style et l’attention que vous portez à votre candidature. C’est pourquoi il est important de soigner la rédaction de son cv et de sa lettre de motivation. La moindre erreur pourrait vous « disqualifier » et faire douter de vos compétences. Pensez à les faire relire par un camarade, un proche… : on voit toujours mieux les erreurs des autres.

Étranger

Langues de travail et séjours à l’étranger

Les langues étudiées et parlées sont également un moyen de sortir du lot. Le fait d’avoir des connaissances dans une langue rare (russe, danois, serbe…) peut intéresser certaines agences et plus particulièrement les institutions européennes.

De plus, les expériences à l’étranger, que ce soit dans le cadre de stages, d’échanges universitaires, de formations, etc., sont une plus-value à ne pas négliger puisqu’elles permettent de développer des compétences linguistiques et culturelles et montrent une certaine ouverture d’esprit et curiosité. C’es séjours permettent généralement d’apprendre à gérer un budget, à gagner en autonomie, à mieux s’organiser… Tant de compétences à mettre en avant afin de se démarquer et retenir l’attention de qui lira votre CV.

Présence sur les réseaux sociaux

À l’ère du numérique, les employeurs recrutent régulièrement sur les réseaux sociaux. Il faut donc se créer des profils et les soigner (tant professionnels que personnels) pour mettre en avant ses atouts et ses compétences tout en évitant de rendre publics des informations trop personnelles ou compromettantes. Le milieu de la traduction est un petit milieu où tout le monde se connaît, il faut donc veiller à construire et entretenir sa réputation. Les profils LinkedIn et Viadeo par exemple doivent être professionnels et donner confiance. Ils font office de CV et permettent au futur employeur de connaître notre parcours et nos compétences. Il est important qu’ils soient complets et qu’ils contiennent tous les mêmes informations.

Afin d’être facilement reconnaissable d’un réseau à l’autre, il est conseillé d’utiliser le même nom, la même adresse mail et la même photo pour chaque profil. Il est judicieux de suivre les sociétés de traduction sur les réseaux sociaux puisque c’est là qu’elles publient (souvent en avant-première) leurs nouvelles offres de stage et d’emploi.

logo-tsm-skills-lab

Skills Lab – test ultime avant l’arrivée sur le marché

Les entreprises ne font jamais de retour sur notre cv, notre lettre de motivation ou encore notre présentation lors de l’entretien d’embauche. Notre candidature est acceptée ou refusée, sans que l’on sache ce qui a motivé le choix du recruteur. Cependant, grâce au Skills Lab les étudiants du master TSM ont la possibilité d’avoir l’avis de professeurs et de professionnels du monde de la traduction sur leur façon de postuler à une offre d’emploi en traduction. En effet, comme l’explique Alessandro Circo dans son article, les étudiants sont amenés à répondre à des annonces pour différents postes au sein du Skills Lab (traducteur, réviseur, préparateur de ressources ou gestionnaire de projet) et à passer des entretiens. Les commentaires constructifs réalisés par les professeurs et les professionnels sont essentiels puisqu’ils permettent d’améliorer considérablement son cv et sa façon de se présenter lors d’un entretien d’embauche. De plus, cela permet de se mettre dans la peau d’un professionnel du monde de la traduction (souvent pour la première fois) avant d’arriver réellement sur le marché.

 

J’espère que ces conseils auront été utiles et vous aideront à obtenir un (bon) stage de master dans le milieu de la traduction.