On a testé pour vous : un projet de traduction bénévole

Par Marisa Dos Santos et Margaux Mackowiak, étudiantes M2 TSM

Cette année universitaire, le master TSM de l’Université de Lille a été marqué par un événement majeur : une nouvelle maquette réformant certains des enseignements. Parmi ces changements figure le projet de traduction bénévole, unité d’enseignement qui se déroule à distance et qui constitue l’intégralité du bloc 5 du premier semestre de la seconde année de master. L’objectif : affiner le projet professionnel de l’étudiant. Mais en quoi consiste ce nouveau projet ? Comment s’est-il déroulé ? Quelles ont été les impressions des étudiants ? Pour y répondre, nous serons deux à rédiger ce billet : Margaux Mackowiak et Marisa Dos Santos, afin de vous faire part de deux points de vue différents, qui, vous le verrez, se rejoignent toutefois la plupart du temps.

En quoi consiste le projet de traduction bénévole ?

C’est au cours de la pré-rentrée, le 16 septembre dernier, que Henry Hernández Bayter, enseignant chargé de nous superviser, a procédé à la présentation de ce projet inédit. Cette UE, qui demande 12 heures de travail dirigé et le double en autogestion, vise notamment à développer une certaine autonomie et organisation ainsi que des qualités entrepreneuriales chez l’étudiant. Elle contribue également à lui faire prendre conscience du rôle et de l’importance du traducteur au sein de la société et, en l’occurrence, auprès d’organismes à but non lucratif.

À maîtriser impérativement pour un bon déroulement du dispositif : des outils de TAO tels que SDL Trados Studio ou memoQ, les deux langues de travail choisies, et des connaissances de base en informatique et en gestion de projets. Quant à la notation, elle est attribuée en fonction de la manière dont l’étudiant gère le projet et du retour client via une fiche d’appréciation à remplir par l’organisme bénéficiaire.

Dès cette journée de pré-rentrée, nous avons donc été amenés à effectuer des recherches et à contacter les institutions humanitaires de notre choix, telles que des associations ou des ONG, en leur proposant nos services de traduction, de gestion de projets ou d’interprétariat pour un projet de bénévolat comprenant entre 3 000 et 5 000 mots au total et à livrer au maximum pour la mi-décembre.

Nous nous sommes toutes deux tournées vers des organismes défenseurs des droits des animaux, cause qui nous tient tout particulièrement à cœur. L’anglais et l’espagnol étant nos langues étrangères de travail, nous avons démarché des institutions localisées dans des pays francophones, anglophones et hispanophones afin d’offrir nos services en traduction. Après avoir fait une liste de « clients » potentiels, nous les avons contactés en les informant de nos intentions, par e-mail, via les formulaires de contact disponibles sur leur site Web ou même par le biais de leurs réseaux sociaux.

La recherche d’organismes a-t-elle porté ses fruits ?

Margaux : Pour ma part, cette tâche n’a pas été des plus simples : j’ai contacté pas moins d’une soixantaine d’ONG ou d’associations à but non lucratif que je connaissais ou vers lesquelles mes recherches m’ont menée pour trouver preneur. J’ai obtenu un grand nombre de refus, car elles n’avaient tout simplement pas de travail à me donner, ou car certains des critères du projet n’étaient pas respectés. Toutefois, ma persévérance m’a permis de recevoir une proposition de collaboration adaptée aux consignes de la part de SEED Madagascar, pour Sustainable Environment, Education & Development in Madagascar (environnement, éducation et développement durables à Madagascar), une organisation caritative britannique opérant dans le sud-est de l’île.

Marisa : Tout comme Margaux, j’ai contacté plusieurs associations de défense des animaux. Après avoir essuyé de nombreux refus, je me suis penchée sur une liste trouvée sur Wikipédia qui détaillait les différentes associations de défense des animaux. Je me suis rendue sur le site de chacune d’entre elles afin de les contacter. J’avais rédigé un e-mail type en français, en anglais et en espagnol, que je personnalisais en fonction de l’association que je contactais. Le 21 septembre, j’ai reçu une réponse positive de l’organisme de charité américain Animal Welfaire Insitute (AWI), qui m’a proposé un projet qui remplissait parfaitement les exigences de l’UE. Il s’agissait de la traduction d’une convention internationale visant à réglementer la chasse à la baleine. Elle traitait de la Commission baleinière internationale, avec laquelle AWI travaille étroitement afin de garantir le respect des conventions qui visent à préserver au mieux le bien-être des mammifères marins.

Après avoir accepté ce projet qui me convenait tout à fait, j’ai finalement reçu d’autres réponses positives. J’ai alors proposé les différents projets à mes camarades de classe, qui ont pu à leur tour contacter les associations concernées. C’est aussi ça, la recherche de partenaires : l’entraide.

Comment s’est déroulé le projet de traduction ?

Animal Welfare Institute – Marisa

Pendant toute la durée du projet, j’ai pu échanger avec la directrice des programmes de l’environnement marin de l’association ainsi qu’avec l’auteure de la convention. Il est important de noter que M. Hernández Bayter doit figurer en copie de tous les mails échangés avec l’association pour laquelle vous travaillez, afin qu’il puisse suivre votre évolution et vous évaluer en conséquence. Bien sûr, si vous échangez des informations confidentielles, il est autorisé de ne pas placer le professeur en copie.

J’ai été très bien accueillie et je me suis sentie très à l’aise avec ces deux intervenantes.

La première chose à faire après avoir reçu la proposition de traduction est de faire remplir la fiche d’information fournie par le master TSM à l’association. Cette fiche permettra au professeur en charge de l’UE et de valider, ou non, votre projet de traduction.

Après avoir posé quelques questions à l’auteure de la convention, j’ai pu me lancer dans la traduction. Le mois d’octobre a été particulièrement chargé pour les étudiants du master TSM. J’avoue avoir pris peur, car j’avançais beaucoup plus lentement que je ne l’imaginais sur ma traduction. J’avais décidé de travailler sur SDL Trados Studio afin de me créer une mémoire de traduction et éventuellement un glossaire pour augmenter ma productivité. Le document était très complexe et comptabilisait tout juste au-dessus de 5 000 mots. Il s’agissait d’un document à la fois scientifique et juridique. En ce qui concerne le côté scientifique, c’est une thématique que j’apprécie tout particulièrement. Les noms d’espèces n’étaient pas difficiles à trouver et les différents termes techniques liés à la pêche étaient assez bien documentés sur internet.

Néanmoins, la dimension juridique du document, elle, m’a donné beaucoup plus de fil à retordre. C’est un domaine que je n’apprécie pas particulièrement et avec lequel je ne me sens pas forcément très à l’aise. Il m’a fallu beaucoup de recherches, notamment sur le site de l’Organisation des Nations Unies qui rassemble déjà quelques traductions en rapport avec la chasse à la baleine. Les tournures de phrases ne m’étaient pas familières, les noms des rapports cités n’étaient pas toujours évidents à traduire et certains points développés dans le document m’étaient plutôt abstraits. Toutefois, j’ai pris cette expérience comme un véritable défi à accomplir sur un domaine peu familier. C’est un projet qui m’a demandé de nombreuses heures de recherches, et si j’avais un conseil à vous donner pour votre étape de traduction, c’est de consacrer assez de temps dans son programme pour effectuer des recherches, car elles pourraient prendre plus de temps que prévu.

Nous avions convenu d’une date de rendu fin novembre, mais j’ai tout de même envoyé un e-mail à mes deux contacts au sein de l’association afin de les tenir au courant de mon avancée début novembre. La Directrice m’a rassurée en m’assurant que le timing était parfait ! J’ai finalement rendu mon document traduit, relu, QAté et mis en page comme désiré le 19 novembre.

SEED Madagascar – Margaux

Le 22 septembre, j’ai reçu un retour du directeur général Mark Jacobs m’indiquant le transfert de mon mail à l’équipe du projet, laquelle reviendrait vers moi en cas de tâche adaptée à ma requête. Trois jours plus tard, Lisa Bass, Directrice des programmes et des opérations, m’a contactée à son tour en me proposant de traduire le Rapport annuel de recherche sur la conservation de l’année 2020. Celui-ci remplissant les exigences de la matière, c’est avec joie que j’ai accepté ce projet de 4 050 mots. Une semaine plus tard, après avoir apporté des touches finales au rapport, l’équipe m’a transmis le document à traduire, qui résume les activités du Programme de recherche de SEED sur la conservation au cours de l’année en examinant la biodiversité des forêts littorales de Sainte-Luce.

J’ai alors été en mesure de compléter et d’envoyer le formulaire de renseignement sur l’établissement à M. Hernández Bayter, qu’il a approuvé et signé.

Entre-temps, j’avais reçu un second retour positif d’une association dont le projet proposé remplissait également les critères de l’UE, que j’ai pu partager auprès de mes camarades et qui a servi à l’un d’entre eux.

Avant de commencer à traduire, j’ai fait part de mes questions à Lisa Bass, puis nous nous sommes mises d’accord sur une date de remise pour fin novembre. J’ai ensuite procédé à la création du projet dans SDL Trados Studio et j’ai effectué une analyse du fichier pour découvrir le nombre réel de mots à traiter.

Malgré la quantité importante de devoirs et du nombre d’heures de cours, j’ai réussi à m’organiser et à traduire au fur et à mesure du mois d’octobre. Je prenais beaucoup de plaisir à travailler sur ce projet à la fois rédactionnel et scientifique qui a grandement enrichi mes connaissances. En outre, la mémoire de traduction que j’avais créée avec le projet m’était très utile. Toutefois, s’agissant d’espèces animales et végétales spécifiques à la région, je trouvais peu de documentation en français, et la traduction, notamment de leurs noms, m’a posé quelques difficultés. J’ai pu toutefois m’inspirer des anciens rapports présents sur le site de l’organisation.

En résumé, il est important de s’organiser tout au long du semestre et de ne pas attendre le mois de décembre pour commencer ce travail, car, peu importe l’organisme choisi, il demandera plusieurs heures de recherches et une grande implication. De plus, en cette période de fin d’année synonyme d’examens et de livraison de devoirs, la charge de travail est très importante. Je vous conseille donc de concentrer vos efforts de recherche d’association ou d’ONG en septembre et de commencer la tâche le plus rapidement possible.

Notre évaluation a-t-elle été positive ?

SEED Madagascar – Margaux

Malgré la période de fin novembre convenue pour la livraison, j’ai remis mon travail traduit, relu, passé en revue grâce à l’assurance qualité et mis en page sur Word le 9 novembre. J’ai précisé qu’il ne fallait pas hésiter à me faire savoir si je devais apporter une quelconque modification à ma traduction. Par ailleurs, j’en ai profité pour transmettre la fiche d’appréciation à l’organisme, traduite du français vers l’anglais par mes soins. En raison de la complexité de la terminologie, la Directrice des programmes et des opérations a transféré ma traduction à l’équipe présente sur site, à même de juger sa qualité.

Après quelques semaines d’attente, l’équipe a trouvé un créneau pour relire mon travail. Le 14 décembre, j’ai ainsi obtenu des nouvelles de l’association, un retour de Lisa Bass ainsi que la fiche évaluée. L’ensemble des cases étaient marquées comme très satisfaisantes, à l’exception de la pertinence de la terminologie utilisée, considérée comme satisfaisante. La dernière étape consistait à remettre cette fiche évaluée au professeur afin de procéder à la notation finale.

Animal Welfare Institute – Marisa

À l’instar de ma camarade, après avoir remis ma traduction, j’ai envoyé la fiche d’appréciation à l’association. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un e-mail de l’auteure de la convention qui m’a félicitée pour mon travail et qui m’a remis la fiche d’évaluation où toutes les cases « très satisfaisant » avaient été cochées.

Quelles sont nos impressions sur ce projet de traduction bénévole ?

Margaux : J’ai pris un réel plaisir à traduire pour SEED Madagascar. Le sujet de ma traduction était très intéressant et j’ai véritablement enrichi mes connaissances sur cet État et sa biodiversité. La communication, aussi bien auprès de l’organisme que de mon professeur, s’est révélée bienveillante. Au vu du peu de connaissances que je possédais sur ce thème, je suis fière du travail que j’ai fourni et rendu. Je trouve ce nouveau projet très instructif sur le plan intellectuel comme sur le plan humain, car grâce à celui-ci, j’ai pu œuvrer pour une association qui défend une cause qui me tient à cœur. En outre, en gardant à l’esprit le fait que mon travail allait être publié, j’étais motivée et déterminée à m’impliquer pour rendre un travail de qualité. J’estime qu’il s’agit d’une expérience que chaque étudiant devrait vivre, étant donné qu’elle offre l’occasion de mettre en pratique toutes les connaissances acquises au cours du cursus, donne un avant-goût de notre futur métier et montre le rôle important que nous détenons au sein de la société. Lorsque je serai installée en tant qu’indépendante, j’espère pouvoir réitérer cette expérience dès que j’en aurai l’occasion, et je vous invite vivement à faire de même, que vous soyez étudiant ou non. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les publications de l’organisme jusqu’à ce jour sur cette page, et accéder au rapport que j’ai traduit en cliquant ici.

Marisa : Cette expérience a été très enrichissante. Malgré le caractère juridique de mon document, j’ai vraiment apprécié travailler en collaboration avec AWI. Le projet de traduction bénévole est une première étape qui permet de mettre en application les connaissances théoriques acquises au cours de notre master. Le fait d’appliquer ces compétences pour une association à but non lucratif est d’autant plus gratifiant. C’est la première fois que je sentais que ma contribution allait être réellement utile. Je me suis sentie actrice d’un combat qui me tient à cœur. La mise en place de ce projet de traduction bénévole est, à mes yeux, l’une des meilleures nouveautés de cette maquette. Elle permet en outre d’enrichir notre CV, et personnellement, cette expérience m’a été favorable lors de ma recherche de stage. C’est pourquoi je vous conseillerais de choisir une association qui rejoint vos ambitions professionnelles. Enfin, cette expérience m’a donné envie de mettre à profit mes compétences de traductrice pour des associations, et ce, même lorsque je serai installée en tant que professionnelle. Le document que j’ai eu à traduire pour Animal Welfare Institute sera publié au printemps 2021.

Conclusion

Pour conclure, nous pouvons dire que cette expérience nous a été bénéfique sur plus d’un point. Toute notre promotion a pu collaborer avec une association et M. Hernández Bayter a déclaré avoir été très satisfait de l’ensemble des projets de traduction bénévole. D’après lui, la difficulté principale a été de tenir les délais de remise des fiches de renseignement et d’appréciation. Pensez donc bien à les compléter et à les transmettre à votre professeur à temps !

Nous tenons à remercier M. Hernández Bayter de nous avoir proposé de rédiger ce billet de blog à deux.

Les autres étudiant(e)s de la promotion M2 2020-2021 ont effectué des traductions pour The Donkey Sanctuary, Les Amis de la Terre, Human Appeal, la Ligue pour la protection des oiseaux, Dianova, Black Legal Action Centre, Global Voices, Cochrane, Netzwerk Schweizer Pärke, Humane Society General, PETA France, ou encore Agir pour l’environnement, IPES-food.

Sources :


Animal Welfare Institute. https://awionline.org/

Animal Welfare Institute. « Whaling ». https://awionline.org/content/whaling

Hernánder Bayter, Henry. Ressources du cours de projet de traduction bénévole du Master 2 de Traduction spécialisée multilingue à l’Université de Lille.

IWC | International Whaling Commission. https://iwc.int/home

Liste des groupes de défense des animaux — Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_groupes_de_d%C3%A9fense_des_animaux

« Nations Unies | Paix, dignité et égalité sur une planète saine ». https://www.un.org/fr/

« NGO Reference Model ». https://www.ngoreferencemodel.org/

SEED Madagascar, 2020. « Programme de recherche de SEED Madagascar sur la conservation | RAPPORT ANNUEL 2020 ». https://madagascar.co.uk/application/files/4116/1596/3725/SCRP_annual_report_2020_-_French_pdf.pdf

SEED Madagascar. « Reports & Publications – Conservation Research ». https://madagascar.co.uk/projects/environmental-conservation/conservation-research/reports-publications

SEED Madagascar. « SEED Madagascar – Sustainable Environment, Education & Development ». https://madagascar.co.uk/

SEED Madagascar, 2020. « SEED Madagascar’s Conservation Research          Programme | ANNUAL REPORT 2020». https://madagascar.co.uk/application/files/3316/1172/5316/SCRP_annual_report_2020_-_English.pdf

La traduction : avec ou sans diplôme ?

Par William Brouilly, étudiant M1 TSM

 

traductiondiplome

 

Vous est-il déjà arrivé de regarder votre série préférée avec les sous-titres ? Si oui, vous avez dû remarquer que ceux-ci sont souvent de piètre qualité. Anglicismes, calques, faux-sens, j’en passe et des meilleurs. Mais cela est-il vraiment étonnant lorsqu’on tombe, sur Facebook, sur des « offres d’emploi » de traduction destinées à n’importe qui pouvant construire une phrase simple du type « Brian is in the kitchen » ? Ce genre de pratiques soulève de nombreuses questions, dont une en particulier : est-il réellement utile de suivre une formation de traducteur ?

Étant étudiant en master de traduction, je pencherais plutôt pour le « oui ». En effet, au-delà du simple transfert linguistique, la traduction est un service qui consiste à transmettre un message, une idée, et cela constitue une tâche plus compliquée qu’il n’y paraît. Il faut d’abord comprendre toutes les subtilités du texte source et déterminer comment les rétablir dans la langue cible, chose qu’un locuteur avec un niveau moyen n’arrivera pas forcément à faire.

Un autre billet de blog, publié quant à lui sur le blog de l’université de Rennes 2, adopte une approche par point de vue. Autrement dit, du point de vue du client, un diplôme en traduction n’est pas absolument nécessaire tant que vous pouvez justifier de bonnes compétences en langues et que vous avez bonne réputation. Cependant, du point de vue d’un professionnel de la traduction, une formation en traduction apporte des méthodes de travail ainsi qu’une certaine rigueur, et permet également de travailler son style.

Il n’est donc pas impossible de devenir traducteur sans diplôme. Le métier de traducteur étant une profession non réglementée, n’importe qui peut se déclarer traducteur. Bon nombre de traducteurs ont commencé en travaillant dans des domaines complètement différents, tels que la médecine ou le droit par exemple, et, grâce à de bonnes capacités en langues et une parfaite connaissance de la terminologie du domaine en question, se sont par la suite lancés comme traducteurs.

Comme mentionné auparavant, la réputation est clé. Prenons comme exemple le cas de Cloé, traductrice indépendante ayant fait l’objet d’un article dans L’Obs. N’ayant aucun diplôme hormis le bac, cette dernière s’est lancée en tant qu’indépendante avec pour seuls arguments ses compétences en langues et sa volonté, et comme elle l’indique, ce sont les retours des clients qui lui permettent de se créer une bonne réputation et de décrocher des contrats.

Au sein de ma promo, un de mes camarades de classe a déjà travaillé en tant que traducteur sans avoir suivi de formation en traduction. En effet, après avoir décroché sa licence en langues étrangères appliquées, il a travaillé comme traducteur pour le groupe Auchan, où il traduisait des documents allant de la newsletter à des documents projet de 100 pages, en passant par des présentations PowerPoint. Le groupe ne possédant pas de service traduction, il effectuait les traductions seul tout en travaillant en étroite collaboration avec le service communication.

Il admet qu’au début, la tâche n’était pas aisée, notamment à cause de la terminologie. « L’obstacle principal que j’ai rencontré a été celui de la terminologie. Je me posais beaucoup de questions sur ce qui devait être traduit ou non, où obtenir l’information. »

Selon lui, une formation en traduction présente de nombreux avantages. « Je pense qu’il faut une formation universitaire pour adopter les bons réflexes en termes de rigueur, de terminologie, de localisation. Cela nous prépare à l’excellence, tout en ayant le droit de se tromper dans un environnement sûr et sans enjeux majeurs. » Il précise également qu’une formation permet aussi d’éviter de passer à côté de certains contrats et de se former une mauvaise réputation « parce que la terminologie n’était pas précise ou que l’orthographe était insuffisante, par exemple ».

Pour conclure, un diplôme n’est pas obligatoire pour exercer en tant que traducteur, et de très bonnes capacités en langues peuvent suffire. Toutefois, suivre une formation en traduction permet d’acquérir de solides méthodes de travail et de viser un niveau de qualité proche de la perfection, des éléments essentiels pour se forger une bonne réputation auprès des clients.

 

Bibliographie :

Ellis S. « Diplôme de traduction : indispensable ou superflu ? ». In : Veille CFTTR [En ligne]. 2016. Disponible sur : < https://www.sites.univ-rennes2.fr/lea/cfttr/veille/2016/02/29/diplome-de-traduction-indispensable-ou-superflu/ >

Brouze E. « Cloé, traductrice en ligne : “Je suis passée de très pauvre à plutôt riche” ». In : L’Obs [En ligne]. 2016. Disponible sur : < https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-travail-au-corps/20160501.RUE9643/cloe-traductrice-en-ligne-je-suis-passee-de-tres-pauvre-a-plutot-riche.html >

 

TSM Skills Lab 2019 – Teamwork Makes The Dreamwork

Par Morgane Tonarelli, étudiante M2 TSM

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On part au ski la semaine du 11 février, tu viens ?
Non, désolé, j’peux pas j’ai Skills Lab.

 

Ah le Skills Lab… LA Fashion Week de la traduction pour les étudiants du Master TSM de l’Université de Lille ; un exercice grandeur nature qui marque l’apogée de la formation universitaire des M2 et prépare les M1 à leur premier stage.

Le Skills Lab : kézako ?

« Skills Lab », un nom anglais plutôt sympa pour décrire un dispositif existant dans un certain nombre de formations en traduction et lancé en 2018 au sein du Master TSM, qui a alors rejoint l’International Network of Simulated Translation Bureaus (INSTB), réseau dont les universités membres s’engagent à intégrer à leurs programmes un module de placement des étudiants en simulation d’agence soumis à une validation de crédits ECTS.

À l’Université de Lille, une semaine à la fin du deuxième semestre est spécialement organisée pour permettre aux étudiants d’être aux manettes de leur propre agence de traduction virtuelle, et ce dans la plus grande autonomie. Une expérience unique et enrichissante pour des étudiants qui n’ont jamais mis les pieds dans une agence et pour d’autres qui s’apprêtent à tourner la page universitaire et entrer sur le marché du travail.

Je ne vais pas m’épancher sur cette définition du Skills Lab puisque Alessandro Circo, mon camarade de promo et chargé de communication de la première édition, avait publié l’année dernière un billet très complet sur le sujet à retrouver juste ici.

Trêve de bla-bla, suivez plutôt le guide, je vous emmène à la découverte de l’édition 2019 du TSM Skills Lab !

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Les nouveautés de cette deuxième édition

Une nouvelle ouverture de poste pour les étudiants de M1

Comme l’avait expliqué Alessandro dans son billet, tout Skills Lab qui se respecte commence par une étape de réponse aux offres d’emploi. Comme dans une vraie agence, les étudiants du Master TSM sont invités, deux mois avant le début du Skills Lab, à candidater à différents rôles en fonction de leur profil.

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L’année dernière, le manque de ressources en préparation dû à l’impossibilité des M1 à postuler aux postes de préparateurs avait eu quelques conséquences négatives sur le reste du process. C’est pour cette raison que pour cette édition 2019 du Skills Lab, les étudiants de première année ont pu candidater à ces nouveaux postes. Grâce à cette plus grande équipe de préparateurs, les traducteurs ont eu accès à des glossaires et corpus de taille plus importante que l’année dernière même si pour certains, leur contenu restait assez « lacunaire ».

Le but d’une expérience comme le Skills Lab est bien évidemment d’apprendre de ses erreurs et de s’améliorer d’année en année. Il faut donc prendre en compte ces remarques et les utiliser pour perfectionner cette étape du processus de traduction.

Des projets plus variés et plus complexes

Les projets traités lors de la première édition étaient principalement des projets de traduction sans tâches techniques complexes et dans une seule combinaison de langues (EN>FR) ; c’est donc sans surprise que les enseignants chargés de l’organisation du Skills Lab ont décidé cette année de mettre la barre un peu plus haut.

Nous avons donc eu le droit à des projets multilingues dans les cinq langues enseignées en Master TSM (anglais, espagnol, italien, allemand et suédois) et avec des étapes techniques complexes telles que la proposition de mise en page, la localisation d’illustrations ou encore des recherches d’équivalents dans le domaine du droit ; des difficultés auxquelles les équipes ont dû et ont su s’adapter.

L’accompagnement des « juniors » au cœur de la stratégie managériale

Une bonne gestion de projet c’est avant tout une bonne gestion des ressources et ça, les gestionnaires de projet de cette deuxième édition du Skills Lab, riches de leur premier stage, l’ont bien compris et ont décidé d’en faire le cœur de leur stratégie managériale.

Dès le mois de septembre et jusqu’au Skills Lab, les étudiants de M2 se sont appliqués à cultiver un réel esprit d’équipe avec les M1, à leur donner l’impression de faire partie d’un groupe dans lequel la distinction M1/M2 n’existe pas. Quelques semaines avant l’ouverture de l’agence, les gestionnaires de projets ont mis en ligne un document dans lequel les M1 pouvaient renseigner leurs langues de travail, mais aussi leurs préférences en matière de domaines de traduction. Ainsi, les PM pourraient faire en sorte d’attribuer les projets aux traducteurs en fonction de leurs préférences, dans la mesure du possible bien évidemment.

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En plus de la prise en compte des centres d’intérêt de chacun, l’équipe de gestion a mis un point d’honneur à accompagner et à rassurer les étudiants parfois inquiets à l’idée de ne pas faire les choses correctement ou de ne pas livrer dans les temps. Les fiches d’auto-évaluation demandées après la semaine de Skills Lab devraient nous dire si oui ou non cette stratégie s’est révélée concluante.

A hell of a week

Dimanche 10 février – Tu t’occupes du motto, je m’occupe du gâteau.

Une agence de traduction c’est d’abord une entreprise à part entière qui se doit d’avoir une identité de marque bien à elle. Aucun souci de ce côté-là, la promotion 2019 du Master TSM ne manque pas de créatifs. La veille de l’ouverture de l’agence, les messages fusaient sur le group chat Facebook Team PM Skills Lab. La mission du jour : trouver un bon slogan qui motiverait les troupes en cas de petite baisse de tension. Du gâteau pour Camille Bacha, gestionnaire de projet et meme addict, qui en deux trois clics nous a sorti une référence de la série américaine The Office : TEAMWORK MAKES THE DREAMWORK. Une évidence, un coup de génie, le Skills Lab 2019 était né. S’en est évidemment suivi un long débat sur l’utilité ou non d’une office plant, du calendrier des Dieux du Stade de Margaux Bochent (PM et Happiness Manager) ou encore du poster de Ryan Gosling de Camille. Personne ne semblait se mettre d’accord alors j’ai décidé de sortir la phrase magique : « Demain, j’apporte un gâteau ». Cela faisait à peine une demi-heure que l’on se comportait « comme des PM » que je savais déjà que cette équipe irait loin (et que le seul atout masculin du groupe aurait du pain sur la planche).

Teamwork_Dreamwork

Lundi 11 février — Motivés comme jamais

8 h 30 — les gestionnaires prennent tranquillement leurs marques dans leur nouveau bureau. On se sent déjà un peu comme à la maison, il y a du café, des bonbons et mon gâteau (un peu trop cuit). Le gestionnaire de projet en chef, Nicolas Baille, annonce le premier d’une longue (très longue) liste de « briefs ». L’équipe commence déjà à réfléchir au rôle de chacun et au process à mettre en place, car oui, l’énorme point fort du Skills Lab c’est que les étudiants sont en parfaite autonomie et restent libres de gérer leur agence comme bon leur semble. Seule déception jusqu’ici, j’ai oublié l’office plant et pas la moindre trace des Dieux du stade ni de Ryan Gosling…

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9 h — après une demi-heure à torturer la touche F5 de son clavier multicolore, Nicolas reçoit enfin le tout premier mail de notre client ; le Skills Lab 2019 ouvre officiellement ses portes !

Ni une ni deux, nous lançons le deuxième brief de la journée. Il est maintenant question d’assigner à chaque PM un ou plusieurs projets en fonction de leur taille et des étapes qu’ils impliquent, car cette année contrairement à l’année dernière le client a des besoins en localisation d’illustrations. Pour ce qui est de la gestion des fichiers et de l’organisation de l’arborescence, nous profitons des talents informatiques de Nicolas, en un tour de main il met en place un cloud qui permettra à toutes les équipes d’accéder facilement à tous les fichiers et de les livrer en un clin d’œil. Well done boss!

Nous décidons ensuite de nous attarder sur l’analyse minutieuse de chacun des fichiers sources envoyés par le client afin de lister les étapes nécessaires à la réalisation des projets et faire une première ébauche du devis. Étant donné que nous partons de zéro, nous sommes libres de fixer les tarifs qui nous semblent être les plus corrects pour permettre à notre client de rentrer dans ses frais, mais aussi à nous agence, de marger. Nous décidons donc de nous en remettre à la Bible des étudiants en traduction : Comment gérer vos projets de traduction, un must-have écrit par notre Project Management Expert et professeure Nancy Matis. L’incertitude règne, le devis est-il trop élevé ou au contraire trop bas ? Allons-nous réussir à rouler en berline allemande ou allons-nous finir par nous nourrir exclusivement de nouilles ? Pour nous rassurer, nous mettons à profit ce qui nous a été enseigné au cours de notre formation SFT : un bon devis, c’est un devis qui pousse à la négociation. Finalement, nous avons réussi à nous mettre d’accord et à proposer un prix à notre client.

Livre_Matis

Après avoir réglé l’administratif et le financier, il faut maintenant faire le planning et assigner les tâches, une mission facilitée par un sourcing fait en amont de l’ouverture de l’agence. Nous avons une idée des préférences de chacun, ne reste plus qu’à attribuer un projet à chaque préparateur de ressources, traducteur et réviseur.

planning_PM

En fin de matinée, les bases étaient posées et le cap défini, ne restait plus qu’à faire entrer dans l’arène notre première équipe, les préparateurs, qui nous ont rejoints dans l’après-midi. Création de glossaires, extractions terminologiques, recherches en tout genre, et compilations de corpus, ils n’ont pas chômé pour préparer au mieux la phase de traduction et faciliter un maximum la tâche des traducteurs.

Préparateurs_salle

C’est finalement aux alentours de 18 h 30 que nous avons décidé de fermer les portes de notre agence après une journée riche en émotions, en travail et en grignotage.

PM_J1

Mardi 12 février – À vos marques. Prêts. Traduisez !

La machine est déjà bien lancée ; les préparateurs ont fourni un travail conséquent et les PM se tiennent désormais prêts à accueillir l’équipe des traducteurs composée exclusivement d’étudiants de première année. Les débuts de la phase de traduction sont un peu compliqués surement à cause du stress qui envahit certains traducteurs soucieux de ne pas être à la hauteur et de vouloir trop bien faire, mais heureusement les gestionnaires sont là pour les rassurer et les accompagner au mieux. Après tout, nous étions à leur place l’année dernière…

Traducteurs_salle

En début d’après-midi, certains ont déjà terminé leur traduction tandis que sur le visage des autres on voit la panique s’installer. « J’ai peur de ne pas livrer à temps. », « Studio a planté, j’ai peur d’avoir tout perdu. », peut-on entendre dans les rangs. Il est temps de faire intervenir des réviseurs étudiants de M2 pour superviser les traducteurs les plus déboussolés et leur redonner confiance en eux. Mission accomplie, à la fin de la journée, une majorité des premiers jets sont livrés et pour ceux qui n’ont pas encore tout à fait terminé, il reste du temps demain matin pour apporter les touches finales.

Mercredi 13 février — Traducteurs vs Réviseurs : il y a de l’eau dans le gaz

Les traducteurs ont pu profiter de la matinée pour relire et perfectionner leurs chefs-d’œuvre, il est temps pour eux de profiter d’un déjeuner en ville et de laisser la place aux réviseurs, étudiants de M2, prêts à appliquer ce qu’ils ont appris au cours de leur module de révision. Pour certains, tout roule comme sur des roulettes, la terminologie et le guide de style ont été respectés, Antidote ne relève pas de fautes à en faire saigner les yeux et la plume est plutôt bonne. En revanche, pour d’autres, aïe aïe aïe caramba, les traductions manquent un peu (pour ne pas dire beaucoup) de relecture et de sérieux… La traduction machine c’est comme les antibiotiques… ce n’est pas automatique. Surement une erreur de débutant me direz-vous ; je vous l’accorde.

Réviseurs

Les PM décident donc de remettre les pendules à l’heure et de rappeler calmement, mais fermement les enjeux du Skills Lab : de vrais projets pour de vrais clients donc on se remet en selle et l’on donne tout ce que l’on a !

La journée se termine finalement sur la livraison des traductions révisées dont la validation finale reviendra aux traducteurs et sur une séance Photoshop pour la préparation par les PM des illustrations qui seront localisées par la suite. Jusque-là, tout s’est plutôt bien déroulé, est-ce que cela va durer ou est-ce que la journée suivante va nous réserver quelques surprises ? Nous rentrons chez nous avec le sentiment du travail bien fait et le ventre plein des crêpes préparées avec amour par notre chef pâtissière TSM préférée.

Margaux_crêpes

Jeudi 14 février – De l’amour des mots à la haine de l’informatique

Ah la Saint-Valentin… fête des amoureux du cœur, mais aussi de ceux des mots. Les sourires sont sur tous les visages et il flotte un parfum de rose et de chocolat dans les couloirs de l’UFR LEA ; la journée s’annonce donc sous les meilleurs auspices. Mais en amour, rien n’est jamais joué et ce qui devait arriver arriva : une histoire de fusionnement de fichiers qui tourne mal et le rythme paisible maintenu jusqu’ici s’interrompt. La panique gagne légèrement l’équipe des PM, puis c’est au tour de la colère, et enfin de l’apaisement. Telles de vraies Mary Poppins, ils finissent par trouver rapidement une solution certes loin d’être parfaite, mais qui permettra d’éviter la catastrophe.

Tableau_PM

Tout rentre finalement dans l’ordre et en milieu d’après-midi, miracle, toutes les modifications ont été insérées par les traducteurs et les traductions ont été livrées. Commence alors l’étape d’assurance qualité (QA) afin de s’assurer une dernière fois que les traductions répondent aux exigences de qualité du client. La fatigue commence à gagner les PM qui enchainent de longues journées depuis le début et qui commencent à accuser le coup surtout que les QA leur réservent quelques surprises d’ordre typographique ou orthographique de quoi donner des sueurs froides à Nicolas, dit l’œil de lynx, dont le pauvre clavier boule à facettes commence à perdre de son éclat.

PM_renaissance

La journée se termine au son de Mac Demarco et avec un problème de mise à jour de mémoire de traduction…

Vendredi 15 février — Clap de fin

L’édition 2019 ouvre ses portes pour sa dernière journée. La dernière ligne droite tant attendue est déjà arrivée et la fatigue avec elle. La journée d’hier fut intense et la nuit aussi (rédaction de billet de blog quand tu me tiens…) ; des cernes de la taille du Pacifique ajoutent une jolie touche de couleur bleutée au regard de nos gestionnaires de projet. Mais pas le temps de niaiser, il y a toute une série de QA et une livraison finale dans l’après-midi qui nous attendent. Steffie, en bonne gestionnaire, a prévu son litre d’arabica tandis que le reste de l’équipe se rue vers le foyer étudiant pour un shot de caféine indispensable pour commencer cette journée bien chargée.

PM-Warriors

En ce début de journée, tout va pour le mieux jusqu’au moment où, Camille, en charge du QA suédois se rende compte que, non, passer ses weekends chez IKEA ne lui sera d’aucune utilité… (so cliché). Heureusement, l’entraide règne entre les PM, et des réviseurs venus en soutien finissent par lui donner un coup de main.

Camille_écrans

15 h 30, il est temps de livrer les projets au client. Un petit sentiment de stress mêlé à de l’excitation s’empare des gestionnaires de projets. Dernières modifications, dernière lecture et relecture encore et encore ; tout le monde à l’impression de ne pas en avoir fait assez et de pouvoir faire beaucoup mieux. Tels des lions en cage, l’équipe fait les cent pas avant d’enfin se décider à envoyer l’email qui mettra un point final à cette expérience. L’email est envoyé et le tube de Queen, We Are The Champions, résonne dans le bureau, ne manquait plus que les confettis…

Une fois la livraison confirmée par le client, étudiants et enseignants ont eu l’opportunité de se rassembler pour un débriefing « à chaud » afin d’échanger sur l’expérience mémorable qu’ils viennent de vivre. Après quelques applaudissements est enfin venue l’heure de dire au revoir au Skills Lab et de se diriger vers le centre-ville lillois pour des rafraîchissements bien mérités !

Debrief_fin

Avant de vous laisser vaquer à vos occupations, je tenais tout d’abord à remercier les enseignants d’avoir mis en place une expérience aussi enrichissante et de nous avoir laissé la liberté de gérer cette agence à notre manière. Je n’oublie pas non plus toutes les équipes : un grand bravo aux étudiants de M1 pour leur implication et leurs efforts et à nos chers camarades de M2 pour leur travail et surtout pour leur disponibilité et la bienveillance dont ils ont fait preuve auprès des juniors. Enfin, je tenais personnellement à remercier mes coéquipiers gestionnaires pour cette semaine mémorable et riche en émotions. Cœur sur vous et bon courage à ceux qui reprendront le flambeau, l’année prochaine, pour la troisième édition du Skills Lab !

PM_fin

TEAMWORK MADE THE DREAMWORK!

 

L’innovation sur les bancs de la fac !

Par Céline Gherbi, étudiante M1 TSM

logo-tsm-skills-lab-web-rvb

 

Si vous pensez ne pouvoir suivre que des cours théoriques sur les bancs de la fac, vous vous trompez. La révolution digitale a apporté son lot de changements dans notre quotidien pourtant en matière d’enseignement, nous avons encore tendance à nous tourner vers d’anciens modèles d’apprentissage. Il est vrai que l’innovation inquiète parfois, car elle comporte une prise de risque et les changements qu’elle implique demandent un effort d’adaptation et souvent beaucoup de travail. Pourtant, cette année les étudiants du Master TSM, dont je fais partie, ont découvert une façon originale de s’exercer à leur futur métier. En effet, les enseignants se sont engagés dans une nouvelle forme d’apprentissage pour permettre à leurs étudiants de se confronter au monde du travail et de mettre en pratique leurs récents acquis en matière de traduction, d’outils informatiques et de gestion de projet au sein d’un cadre pédagogique sécurisant. L’idée, à la fois simple et complexe, qu’ils ont menée à bien, est celle de créer une agence virtuelle de traduction entièrement gérée par les étudiants et nommée Skills Lab.

 

Afin de mieux comprendre les tenants et aboutissants d’un tel projet, M. Loock, responsable du parcours de master, a accepté de répondre à mes questions.

 

Pourquoi avoir intégré le Skills Lab au programme du Master TSM ? Quelles étaient vos attentes ?

L’objectif global était de placer les étudiants dans une situation de simulation vis-à-vis de projets de traductions réels à réceptionner et à livrer, le tout en quasi autonomie. Ceci relevait de la politique globale de la formation, qui met l’accent sur la professionnalisation en préparant les étudiants le plus possible à la vie professionnelle qui les attend.

Mais il y avait d’autres objectifs, comme la volonté de décloisonner les enseignements et de sortir du cadre des cours traditionnels. Les étudiants de master, notamment en M1, ont encore une vision des études qui est celle du secondaire et parfois de la licence en France : les enseignements sont considérés de façon individuelle, avec des évaluations distinctes, qu’il convient de valider. Avec le Skills Lab, il s’agit de mobiliser les compétences acquises lors de différents enseignements (gestion de projets, terminologie, traduction, TAO, outils de corpus, etc.) au service d’un ensemble de tâches, à savoir la gestion d’une série de projets de traduction réels. Un autre objectif était d’amener les étudiants de M1 et de M2 à travailler ensemble, ce qui jusqu’alors ne se faisait pas. Enfin, en plaçant les étudiants en autonomie, l’objectif était aussi de les amener à prendre du recul vis-à-vis de leur travail et de leurs compétences : par définition lorsque l’on est placé en autonomie, on commet des erreurs, mais c’est justement en commettant ces erreurs et en les corrigeant que l’on apprend, et surtout que l’on prend confiance en soi.

Avez-vous hésité avec d’autres formes d’apprentissage ?

Si l’on souhaite que les étudiants soient rapidement en lien direct avec le monde professionnel, il existe bien entendu les stages, qui ont été mis en place dès la création du master en 2004, mais il existe d’autres possibilités, comme par exemple le master en alternance, qui implique que chaque étudiant doive en début d’année universitaire trouver une agence/entreprise susceptible de les accueillir pour l’année. En traduction, ceci peut être difficile pour les étudiants, surtout s’il s’agit de trouver une agence/entreprise de la région, et cette possibilité n’est donc pas envisageable. En plus des stages, le cours « Projet de Traduction », où les étudiants travaillent sous la supervision de traducteurs professionnels, permet également ce lien avec le monde professionnel, mais le Skills Lab permet d’aller plus loin. Une autre possibilité, compatible avec le Skills Lab d’ailleurs, est la création d’une Junior Entreprise, mais la charge administrative pour la gestion d’une telle structure est lourde, et sa mise en place longue ; le passage de relais entre les étudiants, qui ne sont présents qu’entre mi-septembre et mars sur le campus, pourrait d’ailleurs être problématique.  A l’inverse, la mise en place d’un Skills Lab peut se faire d’une année sur l’autre, en réaménageant la structure des enseignements. C’est le choix qui a été fait pour compléter la mise en situation lors des stages obligatoires et dans le cadre des cours « Projet de Traduction ».

Avez-vous rencontré des obstacles lors de la mise en place ou l’aboutissement de ce projet ? Si oui, quelles ont été les solutions ?

Quel que soit le projet, il y a toujours des obstacles. Il a d’abord fallu convaincre les professionnels en charge des cours « Projet de Traduction » qu’une réorganisation permettant la mise en place d’un Skills Lab était nécessaire. Ceci redéfinit nécessairement le rôle des formateurs, qui doivent trouver une nouvelle place afin d’accompagner et d’évaluer les étudiants.

Il a également fallu trouver les « clients », ce qui a suscité des inquiétudes au départ, mais en fait cela ne fut pas si difficile malgré un calendrier compliqué pour eux (envoi des documents à traduire en novembre, pour une livraison en mai-juin, après évaluation). De même, l’organisation logistique n’a pas véritablement posé de problèmes : le calendrier universitaire a été réorganisé afin de libérer une semaine de tous les enseignements TSM. L’UFR LEA, qui soutient toujours les projets proposés, a facilité l’organisation matérielle : réservation de salles à la semaine, mise à disposition d’un badge, etc.

Enfin, l’éternelle question des moyens. Il s’agissait de mettre en place un nouveau dispositif à coût constant, même si pour la première année, nous avons bénéficié d’une petite enveloppe budgétaire puisque le dispositif a été reconnu projet pédagogique innovant par l’université. Il a donc fallu réorganiser les heures consacrées au cours « Projet de traduction » afin de maintenir le projet individuel tout en instaurant le projet collaboratif au sein du Skills Lab. Il a également fallu s’assurer de la présence volontaire des professionnels pour les simulations d’entretien qui ont eu lieu en décembre et ont été visiblement très appréciés des étudiants.

Êtes-vous satisfait de cette première édition ?

Oui, tout à fait. Les étudiants ont rempli leur contrat et se sont montrés globalement très enthousiastes. La lecture des rapports rédigés après le Skills Lab montre qu’ils en retirent beaucoup de choses positives, même si certaines difficultés sont apparues. Les projets de traduction ont été livrés et apportent satisfaction aux clients, ce qui est une très bonne chose. Les enseignants ayant supervisé le projet trouvent également que le dispositif a permis aux étudiants de gagner en autonomie et de prendre conscience de leurs compétences professionnelles. Les étudiants de M2 en particulier ont pu mesurer le chemin parcouru depuis le M1 et se sont montrés particulièrement habiles dans leur gestion des choses : les conseils qu’ils ont pu donner aux M1 pour la révision des textes étaient généralement très bien vus.

Bien entendu, il y a eu quelques difficultés : s’agissant d’une première édition, le dispositif était expérimental. Notamment, les étudiants de M1, qui pour la plupart n’avaient jamais effectué de stage en agence/entreprise, ont eu un peu de mal à trouver leur place au sein du dispositif. Il conviendra de mieux les guider l’an prochain, mais ils bénéficieront déjà de l’expérience des M2 qui en M1 auront connu le Skills Lab contrairement aux étudiants de cette année et seront donc plus à même de les guider et de créer les conditions propices à une collaboration rapprochée. Également, le rôle des préparateurs de ressources n’avait pas été suffisamment bien pensé (ils n’étaient notamment pas suffisamment nombreux), ce qui a posé des difficultés pour la traduction, et par ricochet, pour la révision. Le dispositif sera donc adapté.

Dans le cadre du Skills Lab et de l’INSTB dont le Master TSM fait partie, une étude scientifique de l’influence de tels dispositifs sur la façon dont les étudiants perçoivent leurs compétences est en cours. Les premiers résultats, qui ont été présentés au mois de juin à un colloque sur la didactique de la traduction à Barcelone (didtrad2018), montrent en effet une évolution (présentation disponible ici). Les 268 étudiants inscrits dans les formations européennes membres de l’INSTB ont répondu au même questionnaire avant et après le travail collaboratif au sein d’un Skills Lab ou d’un bureau virtuel de traduction, et les résultats, concernant pour le moment 4 universités dont l’Université de Lille, montrent que les étudiants estiment avoir davantage de compétences à l’issue d’un tel travail collaboratif, qu’il s’agisse de compétences techniques, liées à la gestion du temps, ou encore au travail en équipe (les fameuses soft skills). Ces résultats encourageants feront l’objet d’une publication scientifique.

Avez-vous décidé d’apporter des modifications à la seconde édition ?

Oui, puisque toute première édition est nécessairement expérimentale. La lecture des rapports rédigés à l’issue du Skills Lab a permis de comprendre certaines des difficultés rencontrées par les M1 notamment, mais aussi certains problèmes d’organisation relatifs à la préparation des ressources. Pour l’édition 2019, où les autres langues de travail seront intégrées, il y aura davantage de gestionnaires de projets et de préparateurs de ressources, et les étudiants de M1 ne seront plus limités à la traduction. Beaucoup d’étudiants pourront assurer deux rôles distincts, par exemple traduction/préparation de ressources ou encore révision/préparation de ressources. Un debriefing après le Skills Lab sera également programmé dès le vendredi soir, dernier jour du dispositif, car les étudiants de cette année auraient aimé que ce soit le cas. La facturation des projets pourrait également faire l’objet d’une attention accrue, même si celle-ci est fictive, les projets ne faisant pas l’objet d’une vraie rémunération.

En revanche, bien que cela soit une demande des étudiants, nous ne pouvons malheureusement pas étendre le Skills Lab et proposer une durée de deux semaines : les étudiants de M2 partent en stage très tôt et ont beaucoup de projets à remettre avant leur départ. Le Skills Lab 2019 sera en revanche légèrement décalé afin que les étudiants de M2 n’aient pas comme cette année à gérer de front tous ces projets et le Skills Lab, qui sera placé la toute dernière semaine avant leur départ, l’ensemble des autres projets ayant été rendus en amont.

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure ?

Des « clients » se sont déjà manifestés pour la prochaine édition, ce qui est bon signe !

 

clients

Ci-dessus les premiers clients de notre agence.

 

En tant qu’étudiante, j’ai pour ma part beaucoup apprécié le Skills Lab pour ce qu’il m’a apporté en matière de compétences, mais au-delà de ça, j’ai beaucoup aimé participer à ce projet parce qu’il ne s’agissait plus d’étudier avec pour seule finalité l’obtention d’une note, cette fois, mon travail allait être utile à d’autres.

Je vous invite donc à cliquer ici pour lire le billet de blog d’Alessandro Circo qui vous emmènera au cœur de notre petite entreprise et ici afin d’en apprendre davantage sur notre formation et venir nous rejoindre.

 

Retour sur le TSM Skills Lab 2018

Par Alessandro Circo, étudiant M1 TSM

 

La semaine du Skills Lab vient de s’achever il y a quelques jours, les livraisons sont effectuées et l’heure est venue de prendre un peu de recul, non seulement sur cette semaine mais aussi sur le dispositif Skills Lab dans sa globalité.

Skills Lab, le point de départ

Le Skills Lab est un dispositif imaginé dans le cadre d’une collaboration entre plusieurs universités rassemblées au sein du réseau INSTB (International Network of Simulated Translation Bureaus), même s’il existe sous d’autres formes dans d’autres universités. Son objectif est de proposer aux étudiants du domaine de la traduction une expérience unique : celle d’une agence virtuelle de traduction composée uniquement des étudiants de la formation. Dans notre cas, le Master TSM.

Skills Lab, façon TSM

1 - Logo

Cette année est celle de la première participation de l’Université de Lille. Depuis le mois de septembre les étudiants du Master TSM sont prévenus, le Skills Lab fera partie des Unités d’Enseignement sur lesquels ils seront évalués pour l’obtention du Master.

Pour gagner sa place au sein de cette agence virtuelle, il n’est pas question de tirage au sort ou de répartition effectuée par les responsables du Master. Chaque étudiant devra répondre aux offres d’emploi mises en ligne en envoyant CV et lettre de motivation, tout comme il l’aurait fait pour décrocher un emploi dans une véritable agence. L’analogie ne s’arrête pas là, ils devront aussi participer à des entretiens d’embauche face à un responsable pédagogique et un professionnel du monde de la traduction. Ces entretiens passés, chaque participant obtient son affectation et les équipes prennent forme. Les regards se portent maintenant vers le lancement de la semaine du Skills Lab, le lundi 5 février 2018.

TSM Skills Lab, c’est parti !

2 - Clients

Nous voilà au début de cette semaine de simulation. Les gestionnaires de projet sont les premiers à faire leur entrée et reçoivent dès 9h ce lundi les documents, les instructions et les exigences de la part des quatre clients dont les textes couvrent des domaines variés que nous avons déjà eu l’occasion de vous présenter. Après avoir découvert les textes, mesuré les volumes et découpé les documents, la priorité est donnée à la mise en place du planning et à la gestion des ressources humaines.

3 - Planning

La traduction devra donc commencer dès le lendemain, mais avant cette étape il est nécessaire de parcourir les textes pour traquer les difficultés lexicales et terminologiques qu’ils présentent dans le but d’améliorer la productivité des traducteurs. Ce travail est celui des préparateurs de fichiers. Pour les aider dans cette exploration, ils disposent de logiciels d’extraction terminologique et de la vaste étendue de ressources disponibles sur le web… ou à la bibliothèque. Après plusieurs heures passées à sonder les documents ils élaborent des glossaires et compilent des corpus qui passeront entre les mains des gestionnaires de projet pour terminer leur course sur les écrans des traducteurs.

4 - Capture d'écran

Mardi, 9h, briefing des traducteurs et distribution des documents à traduire puis des ressources associées via la plateforme Slack. Après une rapide résolution des problèmes de format ou de nom de fichiers l’équipe de traducteurs se lance. Elle dispose d’une journée et demie, malgré quelques remarques concernant la richesse des ressources préparées la veille, le travail avance vite et la majorité des traductions sont livrées avant la fin d’après-midi.

Le lendemain matin, alors que quelques traducteurs valident les derniers segments à traduire, les premiers réviseurs s’installent dans les salles réservées au Skills Lab. Au cours de la journée, ils réalisent que la révision risque de prendre plus de temps que prévu car les corrections à effectuer sont trop nombreuses et impliquent parfois de traduire à nouveau le segment. Peut-être que les ressources auraient dû être plus fournies, peut-être que les recherches pendant la traduction auraient dû être plus conséquentes, ou peut-être encore que la précipitation ou le manque d’expérience dans des domaines complexes sont à prendre en compte… Bref, l’objectif ici n’est pas de savoir à qui imputer la faute, mais plutôt de trouver comment surmonter ce genre de problème qui est loin d’être une première dans le monde de la traduction. Rappelons que le Skills Lab est censé préparer les étudiants comme aucun cours ne pourra jamais le faire. Quoi de mieux, donc, qu’un petit contretemps pour tester leurs capacités d’adaptation ? Comme par exemple l’envoi par un des clients d’un document supplémentaire à inclure dans le projet de traduction… Un défi relevé dans les règles de l’art !

5 - Jeudi

Finalement, les efforts fournis par les réviseurs et quelques heures supplémentaires ont permis de rattraper le temps perdu. Les traducteurs ont pu revenir comme prévu le jeudi pour corriger leurs traductions en tenant compte des commentaires laissés pendant la révision. Lors de cette avant-dernière journée et depuis le début de la semaine, les gestionnaires de projet ont dû assurer en permanence la communication avec les clients afin de répondre au plus vite et le plus précisément possible aux questions soulevées par les différents textes à traduire : typographie, mise en page, utilisation de l’écriture inclusive … La liste est loin d’être exhaustive, les gestionnaires de projet gardent un œil sur chaque problème et sont souvent à l’origine de sa solution. Ils ont d’ailleurs décidé, en réaction aux problèmes évoqués plus haut, de rajouter une étape de QA technique afin d’assurer une qualité qui ne trahira pas les exigences de formation du Master TSM.

TSM Skills Lab, le bilan

Très rapidement la fin de cette semaine est arrivée, au moment où je termine ce billet une partie des traductions a déjà été livrée et l’étape de QA suit son cours. Les préparateurs de fichiers sont revenus pour rassembler les mémoires de traduction par client et les mettre à jour. Les gestionnaires de projet ont ajouté à leur liste des tâches la DTP.

Au cours de cette semaine, les étudiants du Master TSM ont eu la chance de participer à la première édition lilloise de ce dispositif. Pour certains d’entre eux c’était un premier contact avec le fonctionnement d’une agence et pour d’autres c’était un moyen de se perfectionner, de questionner et de prendre ses marques avant la fin toute proche de plusieurs années d’études et le début d’une carrière professionnelle dans le monde de la traduction. Je conclurai de manière opportuniste avec cette phrase qui vient d’être prononcée par un de nos gestionnaires de projet, « le Skills Lab est une expérience ».

6 - Fin

 

Rendez-vous l’année prochaine, pour une nouvelle édition qui s’étendra à l’ensemble des langues B proposées dans le master.

 

Comment gagner en expérience lorsque l’on est étudiant(e) en traduction ?

Par Elise Guilbert, étudiante M1 TSM

illustration article blog - elise guilbert

L’expérience est un atout primordial pour tous les métiers. Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises demandent un certain nombre d’années d’expérience aux candidats qui souhaiteraient travailler pour elles. Les étudiant(e)s en traduction ne sont pas en reste, surtout dans un secteur aussi concurrentiel où expérience rime avec qualité.

Cependant, tout n’est pas perdu d’avance : il est possible d’acquérir de l’expérience de diverses façons avant d’arriver sur le marché du travail de diverses façons.

 

Les stages

Une étape désormais incontournable pour tous les étudiant(e)s de nos jours. Le stage en agence ou dans un service de traduction est une chance à ne surtout pas laisser passer.

La plupart des masters en traduction incluent un stage mais la durée et le nombre de ces derniers varient selon l’université.

Avec le Master Traduction Spécialisée de l’Université de Lille 3, les étudiant(e)s en traduction doivent effectuer deux stages obligatoires pour valider leurs années : un stage d’une durée de 2 mois minimum en M1, et un autre d’une durée de 6 mois en M2.

Bien évidemment, le choix de l’entreprise n’est pas à prendre à la légère puisque le niveau d’expérience acquis à l’issue de ce stage dépend de ce que l‘étudiant(e) apprendra et découvrira pendant celui-ci (pas question de gagner de l’expérience en tant que photocopieur professionnel donc).

Au cours du stage, il est important de poser autant de questions que nécessaire. Cela est primordial pour connaître les attentes du marché et/ou celle du client (traduction littérale ou plus libre par exemple), afin de savoir comment un traducteur expérimenté procède lorsqu’il traduit, quels changements grammaticaux sont à effectuer d’une langue à l’autre pour que le texte cible soit plus naturel ou encore pour utiliser au mieux les outils de traduction assistée par ordinateur.

 

Le bénévolat

Une autre possibilité pour gagner de l’expérience lorsque l’on est un étudiant(e) en traduction, c’est le bénévolat.

Rien de plus facile, il suffit tout simplement de proposer ses services gratuitement, le plus souvent auprès d’organisations à but non lucratif. Il existe de nombreuses associations qui ont besoin de traductions réalisées bénévolement, alors n’hésitez pas ! Si vous ne savez pas où commencer à chercher, voici une petite liste d’organisations à la recherche de traducteurs/traductrices bénévoles : https://www.nakedtranslations.com/fr/2007/traduction-et-bnvolat/

Certaines agences de traduction peuvent aussi avoir recours au bénévolat : c’est notamment le cas de l’entreprise dans laquelle j’ai effectué mon stage de M1. Chez Anja Jones Translation, un programme de traduction bénévole (ou presque) existe : le traducteur/la traductrice est un(e) étudiant(e) et l’entreprise qui demande ce service ne sera facturé que pour la relecture, effectuée par un traducteur/une traductrice professionnel(le).

Toutefois, faites attention à ne pas vous faire exploiter avec des traductions à réaliser sous des délais très courts. Veillez aussi à ne pas traduire trop vite sous prétexte qu’il s’agit de bénévolat…

 

Le sous-titrage

Comme mentionné dans cet article écrit par Alexandre Moreau il y a quelques semaines sur le blog, Netflix, la célèbre entreprise qui permet de voir séries et films en streaming possède sa propre plateforme afin de recruter ses traducteurs/traductrices. Vous devrez cependant passer un test d’une durée d’une heure et trente minutes sur la plateforme Hermes avant d’avoir la possibilité de traduire. Inconvénient : tout le monde peut devenir traducteur/traductrice pour Netflix, sans parler des prix considérés comme étant trop bas pour des professionnels.

Si vous ne souhaitez pas forcément être rémunéré pour faire des sous-titres, il existe d’autres plateformes pour lesquelles vous pouvez effectuer ce travail. Le site internet TED par exemple, dont l’objectif est de diffuser des idées et savoirs sur divers sujets, vous propose de traduire des sous-titres pour les vidéos de conférences présentes sur son site. Ces dernières sont par ailleurs parfaitement adaptées pour des étudiant(e)s en traduction technique car les conférences peuvent porter, entre autres, sur des sujets médicaux, environnementaux, économiques, etc.

 

Wikipédia

Une façon plutôt intéressante d’acquérir de l’expérience. Tout le monde le sait, il est possible pour n’importe qui de créer une page Wikipédia. C’est bien de rédiger un article sur un monument, une ville ou un musicien mais pourquoi pas le traduire, pour que le plus grand nombre puisse le lire ?

Alors certes, tout le monde peut également traduire des articles Wikipédia, mais si vous êtes étudiant(e) en traduction, beaucoup de professionnels vous diront que l’expérience s’acquiert en traduisant : plus vous en faites, mieux c’est. C’est pour cela que traduire des articles Wikipédia est une bonne idée (en plus, vous apprendrez énormément sur divers sujets).

 

Devenir freelance

Vous pouvez aussi proposer vos services en tant que freelance sur différentes plateformes dédiées aux traducteurs/traductrices comme ProZ ou bien encore directement auprès d’agences (chez Anja Jones Translation, il y a aussi un Graduate Junior Translator Scheme : l’étudiant(e) ou le/la jeune diplômé(e) est alors payé(e) et bénéficie d’un retour sur ces traductions pour lui permettre de progresser plus rapidement). En choisissant cette option, vous n’avez plus droit à l’erreur, car vous vous présentez comme un professionnel. C’est donc plutôt recommandé vers la fin du Master pour commencer à remplir son carnet d’adresses.

 

Voilà donc quelques idées pour acquérir de l’expérience si vous êtes un étudiant(e) en traduction. Tout dépend de ce que vous recherchez mais plusieurs options s’offrent à vous. Le plus important est de traduire régulièrement et sérieusement et l’expérience viendra naturellement !

 

 

Sources :

https://www.nakedtranslations.com/fr/2007/traduction-et-bnvolat/

http://www.lesmotsnomades.com/traduire-benevolement-quelques-regles-dor/

http://www.anjajonestranslation.co.uk/translation-services/graduate-translator-support-scheme/

https://www.ted.com/participate/translate

https://tests.hermes.nflx.io/