DeepL Pro, à prendre ou à laisser ?

Par Archibald Marchal, étudiant M2 TSM

Ah notre bel ami DeepL, on le présente plus, l’outil de traduction automatique de Linguee est déjà bien connu. Créé en août 2017 par la filiale Linguee, il tient son nom de « deep learning » signifiant que la machine apprend avec le temps et les informations qu’elle reçoit, à l’image du cerveau humain. Fortiche non ?

DeepL est un outil qui divise les débats. Les pessimistes vous diront que la traduction automatique (TA) n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux et qu’elle n’a aucun intérêt pour la traduction professionnelle, alors que les optimistes eux, vous diront qu’il s’agit là d’un instrument magique bientôt capable de remplacer l’humain. Essayons de nous placer du côté réaliste de ce débat. Les développeurs de DeepL eux-mêmes, ne considèrent pas leur outil comme la fin du traducteur, puisqu’on verra par la suite qu’ils collaborent avec les outils de TAO.

Selon moi, au vu des progrès de la TA depuis ces dernières années, il serait idiot de ne pas profiter de ce bel outil à notre disposition, et gratuit ! Bien évidemment, je suis d’accord pour dire que la TA ne remplacera jamais le traducteur professionnel, mais elle permet d’obtenir des résultats majoritairement cohérents en moins d’une seconde. Le gain de temps pour un traducteur est donc considérable. Sans oublier que la post-édition devient de plus en plus courante et qu’en tant que traducteur, il vaut mieux être compétent dans cette tâche et donc commencer dès maintenant à se former à la TA.

Comme vous le savez peut-être, DeepL se base sur un corpus, et ce corpus, c’est internet. Autant dire un mastodonte, regorgeant de bonnes et de moins bonnes sources. C’est pourquoi DeepL sera plus efficace pour des textes peu ou pas spécialisés. Forcément, plus on se spécialise, moins il y a de source, donc moins DeepL est performant.

Maintenant qu’on a toutes les informations en main, intéressons-nous à la version Pro de notre outil préféré. Combien coûte-t-elle ? Qu’apporte-t-elle de plus ? A qui s’adresse-t-elle ? Regardons tout cela en détail.

Tout d’abord il faut savoir que DeepL propose plusieurs forfaits :

Ce tableau proposé par le site de DeepL indique les différences entre chaque forfait. Premièrement on peut voir qu’il existe deux méthodes d’abonnement : mensuelle ou annuelle. La souscription à l’année permet alors de bénéficier de réduction non négligeable (33 %). Deuxièmement on remarque trois versions Pro différentes.

Les points communs

L’intérêt premier de la version Pro de DeepL est évidemment la protection des données. Vos clients vous ont fait signer un accord de confidentialité ? Alors oubliez n’importe quel outil de TA gratuit. DeepL Pro vous propose de la traduction automatique 100 % sécurisée, et ce, pour n’importe quel forfait.

Ensuite, sur DeepL version gratuite, vous avez un nombre de caractères limité, à savoir 5 000. Cela peut s’avérer très peu dans bon nombre de projets. Même si vous segmentez votre texte, attention aux incohérences, DeepL peut très bien vous proposer des traductions différentes pour le même terme lors de différentes recherches. Si vous mettez tout votre texte d’une traite, ce que permet la version pro, fini les incohérences !

Dernier point commun entre les forfaits : l’option formel/informel. En effet, grâce à DeepL Pro, vous pourrez choisir le ton de votre traduction.

Les différences

Vu les forfaits proposés et les divergences de prix, on s’attend évidemment à des fonctionnalités différentes.

D’abord, on constate que DeepL Pro permet la traduction de fichiers intégraux, ce qui signifie qu’à la manière d’un outil de TAO, il va rendre le fichier dans son format original, avec la mise en page originale. Néanmoins, selon le forfait, vous n’aurez pas droit aux mêmes volumes. En effet, pour la version « Starter » seulement 5 fichiers par mois, 20 pour la version « Advanced » et on monte jusqu’à 100 pour la version « Ultimate ».

La seconde différence réside dans la création de glossaires. Le forfait « Starter » ne propose la création que d’un seul glossaire, avec entrées illimitées certes, tandis que les deux autres forfaits permettent la création de « plusieurs » glossaires. Ces glossaires sont interactifs et peuvent s’avérer vite indispensables dans certains projets.

Dernière différence, et non des moindres, la possibilité d’installer un plugin sur votre logiciel de TAO. Cette option n’est disponible que pour les versions « Advanced » et « Ultimate ». Ce plugin permettra la traduction automatique dans vos segments que vous pourrez par la suite modifier à votre guise bien évidemment. Bien qu’il existe déjà des plugins dans certains logiciels tel que SDL Trados Studio, DeepL reste la référence en terme de TA et sera donc probablement plus efficace.

Les points négatifs

Malgré toutes ses belles fonctions, DeepL Pro contient son lot de points négatifs.

Par exemple, DeepL Pro n’est pas accessible pour le monde entier. En effet DeepL est une entreprise européenne et ne propose l’accès à sa version Pro que dans les pays membres de l’UE et depuis peu, à la Suisse, au Liechtenstein, aux USA et au Canada.

Ensuite, si des fichiers entiers sont traduisibles, seuls les fichiers au format .docx, .pptx et .txt le sont. On peut également ajouter les formats .htm et .html mais pour cela il faut encore payer un abonnement supplémentaire (le forfait DeepL API) à 4,99€ par mois.

De plus, si la TA nous permet de gagner un temps fou, la qualité n’est pas systématiquement au rendez-vous, et le travail de post-édition n’est pas si simple qu’il n’y parait, et peut conduire à de moins bonnes traductions finales qu’à l’accoutumée.

Le prix peut également être rédhibitoire, un abonnement professionnel pourrait s’avérer être un mauvais investissement. Il faut être sûr d’amortir son coût, attention donc à être sûr de pouvoir fréquemment utiliser la traduction automatique pour vos projets.

Bilan

Avec ses versions Pro, DeepL propose un package adapté aux besoins des utilisateurs, avec des prix et fonctions variées. Aujourd’hui, en tant que futur traducteur, je sais déjà que DeepL Pro sera un de mes premiers investissements. Reste à savoir, quelle version choisir ? Personnellement j’opterais pour le forfait « Advanced ». Je m’explique. Selon moi, le forfait « Starter » ne dispose pas de suffisamment d’arguments pour être viable sur le long terme. Sa non-intégration aux outils de TAO le rend pour moi inintéressant. Ensuite le forfait « Ultimate », qui est environ deux fois plus cher que le forfait « Advanced » ne se démarque pas suffisamment de ce dernier. Son seul avantage réside dans le nombre de fichiers entiers traduisibles, je pense qu’il s’adresse plutôt à ceux n’ayant pas d’outil de TAO ou voire même aux entreprises directement… Et comme il est difficile de survivre aujourd’hui en tant que traducteur sans utiliser d’outil de TAO, on oublie ce forfait.

Alors en 2020, avec des tarifs sans cesse revus à la baisse, l’émergence de la post-édition et les soucis de confidentialité qu’il peut y avoir, DeepL Pro apparait comme l’allié numéro 1 du traducteur professionnel, lui permettant un gain de temps considérable, et donc un gain d’argent.

Sources :

https://www.deepl.com/fr/blog/20180305.html

https://www.deepl.com/fr/pro/

J’ai testé pour vous… Memsource

Par Léa Gonzalvez, étudiante M2

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler de Memsource, un outil que nous avons eu la chance de découvrir dans le cadre du cours « Nouveaux outils » du Master 2 TSM. Pour commencer je vais rapidement vous présenter cet outil, puis je partagerai avec vous un petit guide spécial débutants pour créer des projets et enfin je vous donnerai mon avis.

Présentation de l’outil et de ses fonctionnalités

Fondée en 2010, Memsource est une plateforme de traduction en ligne (cloud) dont le siège est situé à Prague mais qui possède des bureaux un peu partout dans le monde.

Memsource est à la fois un outil de gestion de projets et un outil de TAO destiné aux traducteurs. Il comporte trois composantes différentes mais complémentaires : Memsource Cloud, qui permet de créer et gérer ses projets, Memsource Web Editor, environnement de travail en ligne destiné aux traducteurs et Memsource Editor, environnement de travail hors-ligne également destiné aux traducteurs.

  • Memsource Cloud

Memsource Cloud, c’est la plateforme en ligne à partir de laquelle il est possible de créer ses projets et de suivre leur avancée. C’est également à partir de Memsource Cloud, que l’on peut accéder au Web Editor.

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Du côté fonctionnalités, on retrouve les mêmes que sur les autres outils de TAO actuels, à savoir : la possibilité de créer, d’importer et de gérer des mémoires de traduction (TM) et des bases terminologiques (TB), ainsi que la possibilité d’utiliser la traduction machine.

  • Memsource Web Editor

Il s’agit de l’environnement de travail en ligne destiné aux traducteurs et accessible directement depuis Memsource Cloud.

Il n’y a rien à installer sur votre ordinateur, une connexion internet suffit. Lorsque vous êtes connecté à Memsource Cloud, il suffit de cliquer sur le nom du fichier à traduire et l’éditeur web s’ouvre directement dans un nouvel onglet : vous pouvez commencer à traduire et les modifications s’enregistrent automatiquement.

L’interface de l’éditeur est très similaire à celle des autres outils de TAO actuels. Du coup, j’ai trouvé que c’était assez facile à prendre en main lorsqu’on est déjà familier avec ce genre d’outils.

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Je ne parlerai pas de Memsource Editor dans ce post car je ne l’ai pas testé.

Guide pour débutants : créer un projet dans Memsource Cloud

  • Créer un Projet

Voici la page d’accueil de Memsource Cloud.

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Tous les menus pour créer et gérer votre projet et ses composantes se trouvent dans la partie gauche (panneau noir) de l’écran, ce qui est plutôt pratique.

Pour commencer cliquez sur Projects (Projets).

Une nouvelle page s’affiche à partir de laquelle vous avez une vue d’ensemble sur vos différents projets et leur progression.

Cliquez simplement sur le bouton New (Nouveau) ou sur le petit + à côté de Projects (Projets) dans le menu de gauche.

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Une page de création de projet s’affiche. C’est là que vous devez renseigner les différentes informations concernant votre projet (nom, client, date de livraison, langues, etc.).

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Plus bas sur la page vous pouvez également modifier toute une série de paramètres : utilisation de la traduction machine, assurance qualité, etc.

C’est là qu’il ne faut pas aller trop vite ! C’est dans Workflow (Flux de travail) qu’il faut préciser les différentes étapes du projet : Traduction, relecture, etc. Mais pas de panique, en cas d’oubli vous pouvez toujours éditer le projet par la suite.

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Un paramètre que je trouve plutôt intéressant en termes de gestion de projets : Project Status Automation (Automatisation du statut de projet). Il permet d’automatiser le changement de statut de votre projet. Par exemple, vous pouvez demander que le statut du projet passe automatiquement à Completed (Terminé), une fois tous les Jobs (Tâches) terminés.

Le fait de pouvoir automatiser certaines tâches permet je pense d’éviter les oublis et d’assurer une vision claire sur l’avancée du projet.

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Une fois toutes les informations complétées et les réglages personnalisés, cliquez simplement sur Create (Créer).

Une fois créé, une page dédiée au nouveau projet s’affiche : il s’agit du Dashboard (Tableau de bord) de votre projet. À partir de cette page vous pouvez :

Pour ajouter des fichiers vous devez créer un Job (Tâche) en cliquant sur New (Nouveau).

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Sur la page suivante, vous pouvez ajouter des fichiers, choisir la personne à qui vous souhaitez confier la tâche, indiquer la date de livraison, etc.

Une option que je trouve particulièrement intéressante : Notify Linguist (Informer le linguiste). Cette option permet de simplifier la gestion de projet puisqu’un mail est envoyé automatiquement au linguiste pour lui proposer la tâche, et celui-ci peut cliquer directement sur le lien pour accepter (ou refuser) la tâche et se mettre au travail.

Vous pouvez également personnaliser les paramètres d’importation des fichiers au niveau des types de formats ou de la segmentation.

Quand vous avez terminé, cliquez sur Create (Créer).

  • Analyser le fichier

De retour sur le Dashboard (Tableau de bord) de votre projet, sélectionnez les fichiers à analyser et cochant la case à gauche de leur nom et cliquez sur Analyze (Analyser).

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Une petite fenêtre vous permettant de modifier les paramètres de votre analyse s’affiche alors :

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Pour consulter l’analyse créée il suffit de cliquer sur son nom dans la section Analyses du tableau de bord du projet.

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  • Créer un devis

Il suffit de cliquer sur New (Nouveau) dans la section Quotes (Devis).

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Dans la nouvelle fenêtre qui s’affiche vous pouvez nommer votre devis, choisir l’analyse à utiliser ainsi que la liste de prix à appliquer, etc.

Cliquez ensuite sur Next (Suivant).

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Sur la fenêtre suivante, vous pouvez définir la devise, l’unité à prendre en compte, etc. Cliquez ensuite sur Next (Suivant).

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Vous pouvez désormais visualiser votre devis et l’enregistrer en cliquant sur Save (Sauvegarder).

  • Créer ou importer une TM

Si vous désirer réutiliser une TM déjà créée sur Memsource Il suffit d’aller dans la section Translation Memories (Mémoires de traduction) de votre Tableau de bord et de cliquer sur Select (Sélectionner).

Si vous souhaitez utiliser la TM fournie par un client, il faut d’abord créer une nouvelle TM puis importer celle du client dans la TM nouvellement créée. Pour cela, il suffit de cliquer sur Create New (Créer).

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Encore une fois c’est assez simple, il suffit de compléter les différents champs d’informations de notre TM : nom, langue source, langue(s) cible(s), client (s’il s’agit d’une TM dédiée), domaine, etc.

Cliquez ensuite sur Create (Créer).

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Une fois créée, cliquez sur son nom pour la modifier.

Sur la page qui s’affiche, vous pouvez choisir d’importer une autre TM (celle fournie par le client par exemple), d’exporter cette TM ou même de procéder à un alignement de fichiers.

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  • Créer ou importer une TB

Si vous désirer réutiliser une TB déjà créée sur Memsource, cliquez sur Select (Sélectionner).

Si vous souhaitez utiliser la TB fournie par un client, il faut d’abord créer une nouvelle TB puis importer celle du client dans la TB nouvellement créée.

Pour créer une nouvelle TB, il suffit d’aller dans la section Term Bases (Glossaires) de votre Tableau de bord et de cliquer sur Create New (Créer).

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Encore une fois c’est assez simple, il suffit de compléter les différents champs d’informations : nom, langues, client (s’il s’agit d’une TM dédiée), domaine, etc.

Ensuite, cliquez sur Create (Créer).

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Une fois créée, cliquez sur son nom pour la modifier.

Sur la page qui s’affiche, vous pouvez éditer votre TB. Vous pouvez entrer manuellement des termes ou importer une autre TB (celle fournie par le client par exemple).

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Mon avis sur Memsource

Je précise qu’il s’agit de mon avis strictement personnel et que comme je dispose d’un accès à cette plateforme par le biais d’une offre réservée aux universités, je ne peux pas débattre des tarifs, qui ne rentrent donc pas en compte dans mon évaluation de l’outil.

Les + 

  • Intuitif et facile à utiliser: surtout quand on connaît déjà d’autres outils de TAO. Je trouve qu’on trouve assez facilement ce qu’on cherche (options, menus, etc.).
  • Ergonomique : je trouve l’interface simple et belle, sans pollution visuelle. On trouve rapidement ce que l’on cherche et tout va super vite.
  • Léger : ce qui est loin d’être le cas de tous les outils de TAO ! Le fait qu’on ne soit pas obligé d’installer quoi que ce soit sur son ordinateur est à mes yeux un vrai plus, surtout pour les étudiants qui ne disposent pas d’une machine de guerre niveau ordinateur. Il suffit d’une connexion internet et on peut gérer ses projets partout et sur n’importe quelle machine.
  • Pratique: Le fait de pouvoir automatiser certaines tâches permet je pense d’éviter les oublis et de faciliter la gestion de projet. Mais surtout le gros point positif de Memsource c’est de réunir toutes les parties prenantes d’un projet (clients, agences, traducteurs) autour d’une plateforme unique qui centralise les tâches de gestion de projet et le travail sur le contenu (traduction, révision, etc.).

Les

  • Pas de version française du site, de la documentation et de l’interface de l’outil.
  • Le système d’alignement : contrairement à d’autres outils de TAO, Memsource ne propose pas d’éditeur d’alignements. Une fois les fichiers soumis pour alignement, on se retrouve avec un fichier Excel à trois colonnes (segments source et cibles + nom du fichier cible) et on doit se débrouiller avec ça.

C’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cet article vous aura été utile. N’hésitez pas à faire part de votre avis dans les commentaires.

Et si vous êtes curieux et toujours à la recherche de nouveaux outils à tester, je vous invite à rester dans la catégorie « J’ai testé pour vous » de ce blog pour découvrir d’autres articles intéressants sur le sujet.

J’en profite pour remercier Gareth Wilson, l’enseignant chargé du cours « Nouveaux outils ». Je remercie également Memsource et plus particulièrement Filip Šanca, de m’avoir autorisée à utiliser des captures d’écran faites sur Memsource.

LIENS UTILES

Vidéo de présentation du Web Editor conçue par Memsource

Vidéo de présentation de Memsource Cloud conçue par Memsource

BIBLIOGRAPHIE

https://www.memsource.com/about-us/

https://help.memsource.com/customer/en/portal/articles/2174937-getting-started-for-project-managers

https://wiki.memsource.com/wiki/Main_Page

Koomeo, le nouveau système de gestion de traduction collaboratif

Par Lucie Lambert, étudiante M2 TSM

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Lancée à l’été 2017, la plate-forme Koomeo est un outil en ligne qui permet de concevoir, de gérer et de mener à bien toutes les étapes de projets de traduction multilingues. Depuis un même espace, les différents intervenants d’un projet collaborent en utilisant les outils de TAO mis à leur disposition.

La création de Koomeo répond à un besoin particulier, à savoir la traduction d’un site Web et d’une interface d’un éditeur de programmes de téléphonie. Après des échanges avec des traducteurs, la plate-forme est née : les développeurs ont ainsi créé un outil capable de répondre à leurs besoins en collaborant avec des traducteurs externes, tout en gérant la qualité du contenu très technique de façon interne.

L’accès à la plate-forme requiert un identifiant et un mot de passe. Pour plus de sécurité, les données importées et crées sont hébergées dans un data center en France : toutes les actions effectuées sont tracées et les projets sont sauvegardés.

Compte tenu de sa récence, l’outil n’a pas encore atteint tous les objectifs de ses développeurs : des fonctionnalités sont ajoutées fréquemment et les bugs sont traités dès leur signalement.

 

Pour qui ?

La plate-forme s’adresse à plusieurs types de personnes :

  • Les professionnels de la traduction pour contrôler l’avancement de leurs projets
  • Les chefs d’entreprises pour développer leurs activités à l’international
  • Les développeurs pour traduire leurs logiciels et interfaces
  • Les étudiants et les professeurs pour réaliser des exercices pratiques. Déjà trois universités françaises ont intégré Koomeo dans le cadre des cours de traduction.

 

Comment cela fonctionne-t-il ?

La collaboration est sans doute le principal atout de cet outil : les collaborateurs peuvent accéder depuis un même espace à tous leurs projets, qu’ils soient gestionnaires, traducteurs ou réviseurs, et surtout, peu importe où ils se trouvent, seule une connexion Internet suffit ! Les développeurs ont voulu créer un espace de travail agréable, grâce à ses couleurs, et propice à l’échange.

 

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Accueil du Workshop, avec la possibilité de changer de rôle grâce au menu déroulant.

 

Chaque membre de Koomeo a accès à son propre « Workshop », où il pourra prendre le rôle qu’il souhaite à travers les différents modes qui lui sont proposés. Le profil devra alors être agrémenté, entre autres, des langues de travail afin de faire connaître ses compétences linguistiques. Les différents modes ont pour but de faciliter la collaboration et chacun d’entre eux a des tâches et des droits spécifiques.

Depuis l’accueil, les membres ont accès à différents éléments tels qu’un calendrier, une messagerie ou encore un pense-bête. Tout est fait pour accéder à toutes les fonctionnalités en un seul clic.

 

1. Mode « Chef de projet »

Le mode « Chef de projet » donne le droit de créer et de gérer des projets multilingues.

Après avoir donné un nom, indiqué des langues de travail et une date de livraison, il faut rattacher au projet un document à traduire. Celui-ci peut être un fichier Word (.doc) ou un fichier sous-titre (.srt). La prise en charge des fichiers Excel, PowerPoint, PDF et Adobe Illustrator sera bientôt disponible. Grâce à un plug-in spécifique, Koomeo permet l’intégration des projets Visual Studio afin de contrôler plus facilement la gestion des langues des interfaces de logiciel.

Une fois ces informations indiquées, il est possible d’importer ou de créer une mémoire de traduction (au format .tmx) et des lexiques (au format .xls). Des données supplémentaires peuvent être ajoutées comme des commentaires ou des « tags », c’est-à-dire des mots-clés qui permettront de retrouver plus rapidement un projet.

Le document est alors segmenté et prêt à être utilisé. Le chef de projet doit ensuite assigner le projet aux collaborateurs compétents faisant partie de son cercle. Grâce aux langues définies dans le profil de chaque collaborateur, le chef de projet peut visualiser les compétences linguistiques de chacun.

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Le chef de projet assigne le travail à ses collaborateurs avec un simple glisser/déplacer.

 

Les collaborateurs qui ont été choisis pour effectuer le travail verront le projet apparaître directement dans leur Workshop.

Le chef de projet peut vérifier l’avancement des projets grâce à des conteneurs de progression qui lui indiquent, au moyen de couleurs et de pourcentages, les étapes en cours ou terminées.

 

 2. Mode « Traducteur »

Comme son nom l’indique, le mode « Traducteur » permet d’effectuer la traduction.

L’utilisateur a le choix entre plusieurs options d’affichage des segments, selon ses préférences. Une fois le segment source sélectionné, le segment cible s’affiche : il reste à taper la traduction et à appliquer le formatage voulu à partir de la zone de texte.

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Il est également possible d’ajouter des commentaires pour communiquer avec les autres intervenants du projet. Une fois la traduction du segment terminée, il faut l’enregistrer et passer au segment suivant.

Si une mémoire de traduction a été ajoutée, les correspondances sont automatiquement copiées dans les segments de la langue cible. De plus, il est possible de configurer le pourcentage de correspondance pour une propagation personnalisée. Depuis peu, la plate-forme alerte le traducteur lorsque celui-ci n’a pas utilisé la terminologie adaptée sur la base du lexique rattaché au projet.

Lors de la traduction, sont notamment accessibles un correcteur orthographique (disponible en 13 langues) et un outil de traduction automatique.

Une fois la traduction terminée, le traducteur peut relire sa traduction sans la segmentation grâce à un mode « lecture ».

 

3. Relecture

Avec le mode « Relecture », si le relecteur veut modifier la traduction initiale, il doit proposer une nouvelle version ; le suivi de modification sera disponible très prochainement, ce qui donnera la possibilité de repérer très facilement les modifications. Il a également accès aux mêmes outils que le traducteur. Il incombera ensuite au chef de projet de valider ou non les segments.

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Une fois la révision effectuée, le chef de projet peut valider le projet, puis l’exporter à son format source.

 

Conclusion

Compte tenu de sa récente création, il faut garder à l’esprit que l’outil est toujours en développement. Le but principal est, pour le moment, de le mettre au point.

Certains trouveront cet outil trop simpliste, mais c’est justement ce qui m’a plu. En tant qu’étudiante du Master TSM, dans lequel nous manipulons des outils à vocation similaire bien plus complexes, j’ai apprécié trouver un espace de travail plus épuré, sans fonctionnalités superflues qui viennent freiner le processus de travail et l’ergonomie de l’outil.

Je pense que la plate-forme peut être utile aux traducteurs indépendants qui n’ont jamais eu l’occasion de manipuler ce type d’outil et qui ne souhaitent pas se perdre dans des fonctionnalités dont ils n’auront jamais l’utilité. La plate-forme est synonyme de simplicité et de rapidité. De plus, Koomeo facilite la prise en main grâce à des vidéos dans lesquelles certaines étapes sont expliquées.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet outil, sachez que la création d’un Workshop est gratuite pour tout le corps enseignant, ainsi que pour les étudiants.

 

Je tiens à remercier l’équipe de Koomeo pour leur collaboration, en particulier M. Roca pour la présentation de son outil.

Toutes les captures d’écran sont la propriété de Koomeo, utilisées avec accord.

Méfiez-vous de Google Translate

Article original en anglais Warning about Google Translate rédigé par Nikki Graham et publié sur le blog de l’auteur My Words for a Change.

Traduction en français réalisée par Emma Le Barazer, étudiante en M2, Master TSM à l’Université Lille3

 

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Je me retrouve souvent à réviser des textes rédigés en anglais par des locuteurs non natifs (le plus souvent par des Espagnols, car j’arrive à déchiffrer ce qu’ils essayaient de dire). La plupart du temps, j’apprécie cette activité car les sujets sont intéressants, la qualité de la langue n’est en général pas trop mauvaise, et cette tâche ne m’oblige pas trop à taper au clavier (et mes bras se reposent un peu, alors que je souffre depuis peu de troubles musculo-squelettiques).

Cette semaine, j’ai reçu deux projets de ce type, on ne peut plus différents. Le premier texte, plus long, était assez simple, mais le second comportait de longs passages dont je n’arrivais tout simplement pas à démêler le sens. Je me suis échinée à le réviser, puis je l’ai renvoyé à l’agence avec des commentaires pour demander des éclaircissements sur certains points, et de nombreuses phrases surlignées, car elles étaient non seulement incorrectes d’un point de vue grammatical, mais aussi quasi incompréhensibles.

« Des phrases grammaticalement incorrectes et quasi incompréhensibles »

Je dois être trop naïve, car l’agence a tout de suite soupçonné que quelque chose clochait. J’imaginais que le rédacteur avait simplement surestimé ses compétences en langue étrangère. Comme certaines parties du texte ne contenaient pas d’erreurs de grammaire et étaient plutôt bien rédigées, j’avais même pensé que le texte avait été rédigé par deux auteurs, pour un résultat très hétérogène. Le chef de projet, en revanche, a contacté le client final et découvert qu’il existait une version en espagnol, qu’il a ensuite passé dans Google Translate pour obtenir un résultat identique au texte qui m’avait été envoyé.

De toute évidence, le client avait espéré faire des économies en faisant faire une traduction au prix d’une révision. Malheureusement pour lui, ce procédé a eu l’effet inverse, puisque le client a dû payer pour le temps que j’ai passé en révision (même s’il m’a été impossible de livrer un produit fini et prêt à être publié étant donné la qualité déplorable du texte original), et pour une traduction.

« Le sens était parfois totalement déformé »

Cela étant dit, ce qui m’a le plus surpris dans cette histoire, ce n’est pas que le client ait essayé de s’en sortir par un tour de passe-passe (de nos jours, c’est très prévisible). Comme je l’ai mentionné, certaines parties du texte traduit avec Google Translate ne contenaient pas ou peu d’erreurs, ce qui me semblait indiquer que l’outil n’est finalement pas si mauvais, malgré ses défauts les plus criants. Mais après analyse des textes sources et cibles, il s’est avéré que ces phrases, bien que correctes, n’avaient pas tout à fait le même sens qu’en espagnol, voire que le sens avait été totalement déformé.

« Restez prudents avec les outils gratuits tels que Google Translate »

La leçon à retenir, surtout si vous êtes client, c’est de rester prudent avec les outils gratuits tels que Google Translate. Ils sont (parfois) très utiles pour se faire une idée générale d’un texte que vous ne comprenez pas, et j’y ai moi-même recouru pour des langues que je ne maîtrise pas. Mais on ne peut pas les utiliser pour des traductions professionnelles. Si vous souhaitez rendre votre texte dans une autre langue, vous n’aurez pas d’autre choix que d’engager un traducteur pour vous livrer une bonne traduction. Et oui, ça vous coûtera plus cher qu’une simple révision, bien plus cher, même. Mais, à condition de faire appel à un traducteur qui sait ce qu’il fait, le résultat en vaudra la chandelle.

 

Ce billet a initialement été publié sur un blog de Nikki Graham le 14/11/2013.

 

 

Maîtriser la traduction automatique

Par Margaux Morin, étudiante M1 TSM

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On l’a tous déjà croisée quelque part, cette traduction ratée, fruit de la traduction automatique. Il s’agit malheureusement des traductions que l’on retient le mieux. Dans sa « Critique des logiciels de traduction automatique », le site @-DICTAM Traductions nous fournit même des exemples qui peuvent prêter à rire (d’autres exemples étant disponibles sur le lien) :

  • Dans un aéroport de Copenhague : nous prenons vos sacs et les envoyons dans toutes les directions.
  • Dans le lobby d’un hôtel de Bucarest : L’ascenseur sera en réparation le prochain jour. Pendant ce temps, nous regrettons que vous soyez insupportables.
  • Chez un nettoyeur de Bangkok : Laissez tomber vos pantalons ici pour de meilleurs résultats.

Voilà pourquoi il faut des traducteurs humains pour éviter ce genre de situation qui font perdre aux entreprises toute crédibilité. La traduction effectuée par un traducteur professionnel est pour certains optionnelle et contraignante par rapport à un moteur de traduction automatique, qui aurait l’avantage de leur faire gagner du temps et de l’argent. Or, ce n’est pas toujours vrai ! On a d’ailleurs eu l’occasion de voir dans le billet d’Audrey les conséquences dramatiques qu’une mauvaise traduction peut engendrer.

 

Mais d’abord, la traduction automatique, qu’est-ce que c’est ?

Comme nous l’indique le site de SDL Trados, la traduction automatique est une traduction effectuée par ordinateur, sans intervention humaine.

À cela s’ajoute le fait qu’il existe 2 types de traducteurs automatiques : soit le moteur utilise les règles de grammaire et de conjugaison par le biais de dictionnaires, soit il utilise un système de probabilité notamment pour déterminer les expressions les plus utilisées pour toutes les paires de langues, cette fois-ci par le biais de corpus et de bases de données gigantesques. Sans parler de la traduction basée sur des algorithmes neuronaux qui mériterait à elle seule son billet !

Or, en règle générale, lorsque l’on pense « traduction automatique », on pense Google traduction voire même Babylon ou Reverso. Ils sont pourtant loin d’être les meilleurs outils en la matière, puisqu’ils sont incapables de s’adapter à la traduction selon les domaines et/ou d’évoluer en fonction de ces derniers et ne différencient donc pas les subtilités liées à la technicité du texte source. On s’aperçoit rapidement que le résultat provient de la traduction automatique, ce qui n’est pas bon pour la réputation de l’entreprise. De plus, contrairement à d’autres moteurs de traduction automatique, ils ne s’améliorent pas au fur et à mesure de leur utilisation. Pourtant, il existe une multitude de moteurs de traduction automatique bien plus efficaces ! Laissez-moi vous en présenter quelques-uns :

SYSTRAN

SYSTRAN est un traducteur automatique plutôt intéressant puisqu’il s’agit du leader mondial en matière de traduction automatique. Il met d’ailleurs à disposition des versions pour particuliers et pour professionnels. À noter que ce traducteur automatique est compatible avec plusieurs types de fichiers dont le format PDF. La version Professional permet même d’ajuster des paramètres quant au processus de traduction, en permettant par exemple de choisir de traduire « you » par « tu » ou par « vous » ou bien de traduire vers l’anglais britannique ou l’anglais américain. Une version en ligne gratuite est également disponible avec traduction dans 15 langues.

VERTO

VERTO est un traducteur automatique développé par Lingua Custodia, spécialisé dans le domaine bancaire et financier. Il est capable de s’adapter en fonction de la terminologie, des traductions précédemment effectuées qu’on lui confie et des différents clients. Il s’agit donc d’un moteur de traduction personnalisable.

PROMT Translator

PROMT Translator est également un traducteur automatique disponible gratuitement en ligne mais en plus de traduire dans 14 langues, on peut définir le domaine de la traduction afin de l’orienter sur la bonne voie. On retrouve par exemple les domaines « cuisine », « sciences humaines » et même « chansons » pour les traductions de paroles de chanson ou de genres musicaux. On peut même insérer nos propres thématiques ou laisser le moteur de traduction automatique détecter lui-même le domaine de traduction du texte source. Il fonctionne via des algorithmes intelligents et son contenu est constamment actualisé. D’autres versions (payantes) pour utilisateurs à domicile ou entreprises ou encore pour développeurs existent également, et pas uniquement sous Windows !

 

D’ordinaire, ces moteurs de traduction automatique ne sont pas connus du grand public. La meilleure solution pour le traducteur reste donc d’apprendre à utiliser et donc à maîtriser ces outils. Il ne faut certainement pas les fuir, mais évoluer avec eux, ce qui implique également de se tenir informé en matière de traducteurs automatiques, étant donné qu’ils représentent sans aucun doute l’avenir du monde de la traduction. Il est par conséquent indispensable de se familiariser avec la post-édition (activité qui consiste à repasser derrière un texte prétraduit automatiquement pour le rendre humainement intelligible, voir le site Traduire revues.org) ainsi que les différents types de post-édition (tels que recensés sur le site Traduire revues.org).

La meilleure option pour le traducteur 2.0 sera de travailler main dans la main avec la machine. Cela implique donc de se former dès maintenant à l’utilisation de traducteurs automatiques spécialisés ainsi qu’à la post-édition. Cette dernière lui offrira un meilleur rendement et par conséquent une meilleure productivité qui lui permettra de traduire plus en termes de quantité (sans pour autant avoir un impact négatif sur la qualité) en moins de temps (et le temps, c’est de l’argent !). À l’heure actuelle, certaines agences de traduction commencent d’ores et déjà à former leurs traducteurs dans ce domaine et ce dans le but de rester compétitives dans l’ère du temps.

Néanmoins il ne faut pas oublier que la post-édition reste limitée dans certains domaines comme la transcréation (la traduction des titres de films notamment, qui fonctionne au cas par cas comme nous l’explique Youssef dans son billet Le juste titre). La traduction automatique n’est donc pas prête de nous remplacer !

 

Sources :

« Critique des logiciels de traduction automatique »  sur le site officiel de @-DICTAM Traductions : http://www.a-dictam.com/fr/critiques-des-traductions.htm#plus (page consultée le 27 mai 2017).

Pour tout savoir sur la post-édition :

Traduire revues [En ligne] https://traduire.revues.org/460 (page consultée le 20 juin 2017).

Article de sens-public.org [En ligne] « Le fantasme de la traduction automatique : esquisse d’un imaginaire frelaté »  http://www.sens-public.org/article1152.html (page consultée le 1er juillet 2017).

Article sur PROMT sur leur site officiel : http://www.promt.fr/media/news/58833/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Pour tout savoir sur SYSTRAN : http://www.mysoft.fr/produit/systran_traduction_automatique.htm (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de Lingua Custodia : http://www.linguacustodia.finance/fr/accueil/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SYSTRAN : http://www.systran.fr/lp/traduction-en-ligne/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SDL Trados Studio avec la définition de traduction automatique : http://www.sdltrados.com/fr/solutions/machine-translation/ (page consultée le 1er juillet 2017).

PROMT Translator : http://www.online-translator.com/ (page consultée le 30 juin 2017).

 

Recherches terminologiques : des idées de sites à consulter

Par Elisabeth Jacob, étudiante M1

La recherche terminologique constitue une part importante du travail d’un traducteur. De fait, que ce soit pour les étudiants ou les professionnels, consulter des ressources linguistiques en ligne est aujourd’hui indispensable. Or, l’on retrouve sur internet un nombre incalculable de dictionnaires, de glossaires, de bases de données terminologiques ou encore de concordanciers bilingues en tous genres. Difficile de s’y retrouver ! C’est pourquoi, je vous propose un tour d’horizon des ressources linguistiques en ligne qui pourront faciliter vos recherches et vous faire gagner du temps.

Commençons tout d’abord par un petit rappel :

Un dictionnaire est un recueil de mots classés par ordre alphabétique et accompagnés d’une traduction (dans le cas des dictionnaires bilingues) ou d’une définition (dans celui des unilingues) [cf. sources].

Un glossaire regroupe des termes appartenant à un même domaine. Pour les besoins de la traduction, les glossaires peuvent contenir des termes en langue source, leur traduction dans la langue cible, ainsi que d’autres données telles que la définition, le contexte, etc. [cf. sources]

Une base de données terminologiques est une base de données multilingue où l’on enregistre les traductions de différents termes approuvées par les traducteurs, dans un souci de cohérence.

Enfin, un concordancier bilingue est un outil d’aide à la traduction qui, grâce à un corpus regroupant de nombreux textes bilingues, permet de rechercher des termes en contexte et de trouver leur traduction.

dictionnary

 

BASES DE DONNÉES TERMINOLOGIQUES

Les bases terminologiques sont par définition très fiables, puisque leur contenu a été approuvé par une autorité compétente. En voici les plus importantes :

  • IATE (Interactive Terminology for Europe)

Vous connaissez très probablement déjà la base de données terminologique multilingue de l’Union européenne, disponible au grand public depuis mars 2007. Elle a l’avantage non négligeable de proposer toutes les combinaisons linguistiques de l’UE, et ce dans un très grand nombre de domaines. Il est possible de sélectionner plusieurs langues cibles à la fois, ce qui est très pratique quand on doit élaborer un glossaire multilingue. Il faut cependant prendre en compte l’indice de fiabilité pour chaque terme.

En ligne depuis septembre 2000, cette banque de données terminologiques a été créée par l’Office québécois de la langue française.  Elle regroupe près de 3 millions de termes appartenant à de nombreux domaines. Dans chaque fiche, l’on retrouve le terme en français, son domaine, sa définition, sa traduction en anglais (et parfois aussi en latin) ainsi que le nom de l’auteur et la date de création de la fiche. Il possible de cocher un domaine au préalable afin d’affiner sa recherche. Il faut cependant garder en mémoire qu’il s’agit d’un site canadien, et qu’il peut y avoir des différences entre le français canadien et le français de France.

TERMIUM Plus® est la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement canadien. C’est l’une des plus grandes du monde, une véritable mine d’or pour les traducteurs. Elle a l’avantage de donner accès à des termes en anglais et en français, mais aussi en espagnol et en portugais. De plus, l’on y retrouve aussi des acronymes, qui sont souvent difficiles à traduire.

Il s’agit de la base de données terminologiques de l’Organisation des Nations Unies. On peut y effectuer des recherches dans l’une des six langues officielles de l’ONU, à savoir l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe, et ce dans des domaines très variés, comme par exemple l’environnement et l’énergie.

 

QUELQUES DICTIONNAIRES UTILES

Comme son nom l’indique, Techdico est un dictionnaire technique destiné aux professionnels de l’industrie. Lancé en 1997, le site propose plus de 3 600 000 traductions en anglais comme en français, dans des domaines très variés comme la chimie, l’ingénierie, l’aéronautique ou encore l’informatique. Ce qui est pratique, c’est que ce dictionnaire bilingue repère directement la langue de l’entrée. Il n’est donc pas nécessaire de modifier systématiquement la configuration des langues, comme c’est le cas pour la plupart des autres dictionnaires en ligne. Pour chaque terme, Techdico propose une ou plusieurs traductions, ainsi qu’une traduction en contexte (présentée comme un concordancier bilingue).

  • TLFi (Trésor de la langue française informatisé)

Le TLFi est la version en ligne du Trésor de la langue française, un dictionnaire papier en 16 volumes des XIXe et XXe siècles, paru entre 1971 et 1994. Il regroupe plus de 100 000 mots, 270 000 définitions, et de nombreux exemples… Développé par le laboratoire ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française), il a l’avantage de proposer des définitions très complètes (étymologie, histoire, exemples…). Son utilisation demande cependant un peu de pratique.

Ce dictionnaire de l’ingénierie est un regroupement de plusieurs dictionnaires techniques de langue anglaise. Il propose des définitions simples qui peuvent s’avérer très utiles à l’heure de traduire un texte technique dont on maîtrise mal le sujet.

Ce site anglophone est très intéressant si vous souhaitez vous informer sur le domaine des technologies de l’information. Je l’ai découvert par hasard alors que je cherchais une définition en informatique. Il est tenu par des journalistes et on y trouve plus de 10 000 définitions classées par thèmes.

Ce dictionnaire médical en français, mis à jour en 2016, compte près de 60 000 entrées. Pour chaque terme, l’on trouve la classe grammaticale, la définition, des éventuels commentaires, mais surtout, la traduction en anglais !

 

GLOSSAIRES

Il existe une multitude de glossaires en ligne, mais le plus notable est certainement Glossary Links. Il s’agit d’une base de données qui comprend pas moins de 5 000 glossaires constamment enrichis ! Ces glossaires sont régulièrement vérifiés et mis à jour par TermCoord, l’Unité Coordination de la terminologie du Parlement Européen. Pour trouver un glossaire, il suffit de sélectionner un domaine, d’entrer les mots-clés et de choisir les langues qui vous intéressent.

En somme, si cette liste est très loin d’être exhaustive, j’espère qu’elle vous aura donné des idées de sites à consulter lors de vos prochaines recherches terminologiques.

 

 

SOURCES :

http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/dictionnaire

https://www.technitrad.com/fr/qu-est-ce-qu-un-glossaire/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9sor_de_la_langue_fran%C3%A7aise_informatis%C3%A9

http://www.linguaspirit-blog.com/article-33510391.html

http://www.granddictionnaire.com/index.aspx

https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/les-meilleurs-dictionnaires-de-langues-en-ligne/17297

http://www.formation-de-traducteurs.net/lue-donne-acces-a-plus-de-2500-glossaires/

Qu’est-ce qu’un chef de projet 3.0 ?

Par Camille Blanc, diplômée TSM aujourd’hui chef de projets et responsable marketing chez TextMaster

 

« Être organisé, rigoureux et savoir respecter des délais stricts », telles sont les qualités de base demandées à un chef de projet. Il faut savoir mener à bien plusieurs projets de front tout en garantissant au client le respect de ses délais et de la qualité des traductions rendues.

Rien de bien nouveau.

Sauf qu’aujourd’hui, sur le marché de la traduction, les technologies évoluent sans cesse et le chef de projet doit constamment s’adapter et se mettre à jour.

J’avais envie de partager avec vous mon expérience chez TextMaster pour illustrer les qualités demandées à un chef de projet 3.0.

 

Qu’est-ce que TextMaster ?

TextMaster est une plateforme de traduction, qui associe une interface de commande et de gestion des traductions, des solutions d’aide à la traduction (CAT) et un réseau de traducteurs experts.

C’est, pour le client, le bénéfice de commander et gérer simplement ses projets en ligne, tout en faisant appel aux meilleures technologies du marché. Il lui suffit d’ajouter son ficher source, de renseigner quelques informations, et TextMaster s’occupe du reste.

Côté traducteur, nous développons notre propre interface de travail, Catify de son petit nom, qui permet aux traducteurs de travailler sur les projets directement en ligne avec toutes les fonctionnalités dont ils ont besoin (glossaire, mémoire de traduction entre autres). De plus, ils bénéficient eux aussi d’une interface de gestion de projets pour s’organiser, gérer leurs factures et leurs paiements (réalisés dès qu’une mission est terminée).

 

Être geek (un peu) !

TextMaster prend donc le parti de gérer toute la partie technique pour laisser le traducteur se concentrer uniquement sur sa traduction. Je trouve ça très positif pour les freelances, car dans mes précédentes expériences professionnelles mes craintes quotidiennes venaient essentiellement de problèmes de conversion, de génération de fichier cible… Nous développons donc nos propres outils de traduction, et, en tant que chef de projet, c’est donc à moi de mettre les mains dans le cambouis quand c’est nécessaire, avec l’aide précieuse des développeurs. Mon rôle est de guider le client vers la solution adéquate selon ses formats de fichiers. Je suis devenue incollable en CSV, XML et autres codes improbables, qui aurait su !

Travailler pour une plateforme, c’est donc devenir un peu geek. La technologie liée à la traduction ne cesse d’évoluer, on en entend de plus en plus parler dans les médias à travers le « machine learning » notamment. En tant que chef de projet pour une plateforme, c’est presque un devoir d’être au courant de ces nouveautés, de les comprendre et d’y réfléchir pour les mettre en place et en définir les avantages et les limites.

Par exemple, les systèmes d’intégration de traductions font partie des nouveautés auxquelles j’ai dû vite m’adapter. Ce procédé permet de lancer des traductions directement depuis le site du client, sans export de données et donc sans manipulation de fichiers codés. Une fois la traduction terminée, elle est aussi réintégrée automatiquement sur leur site. En tant que chef de projet j’ai pu remarquer que les traducteurs manquaient régulièrement de contexte sur ce type de projet puisqu’une grande partie du lancement est automatisée. J’ai donc échangé avec l’équipe de développeurs pour en modifier légèrement l’interface et orienter au maximum le client vers la rédaction d’un briefing détaillé avant le lancement. Ça a été mis en place et les traducteurs ont rencontré moins de problèmes de briefing sur ces projets.

Communiquer et former

Toutes ces technologies doivent aussi être expliquées aux clients, qui sont parfois inquiets de savoir que les traducteurs n’utilisent pas seulement un dictionnaire pour traduire… Mon rôle de chef de projet est donc de leur en dire plus sur ces outils. La TAO et la traduction automatique, grandes stars des technologies de la traduction, peuvent certes représenter un réel avantage en permettant de gagner en productivité et en harmonisation mais ne peuvent pas être appliquées à tous types de projets. J’ai régulièrement dû expliquer le principe à des clients qui généralement sont curieux et compréhensifs.

Si la plateforme est un outil pour le chef de projet, elle l’est avant tout pour les traducteurs. Leurs commentaires sont donc essentiels dans le développement de notre interface : certains traducteurs sont d’ailleurs devenus des « bêta-testeurs », ils essaient chaque nouvelle fonctionnalité avant sa sortie. En tant que chef de projet, on doit recevoir et analyser ces remarques afin de les transmettre au mieux et selon leur priorité aux développeurs de Catify. J’ai l’impression de participer activement au développement d’un outil de traduction.

Rester ouvert aux évolutions

Après mes études, j’ai eu la chance d’être chef de projet dans une grande agence traditionnelle, puis dans une petite entreprise et enfin comme freelance. J’ai donc pu observer un panel d’organisations différentes et à vrai dire, je n’étais pas convaincue.

J’ai eu l’impression de passer de « maillon de la chaîne » qui reçoit et livre des fichiers sans vraiment intervenir, à un couteau suisse humain (chef de projet qui révise, met en page, traduit et gère les bugs), ce n’était pas assez ou trop pour moi.

Chez TextMaster j’ai été séduite par cette technologie en mouvement. C’est très motivant et m’a permis de développer mes compétences en communication et pédagogie. J’ai d’ailleurs saisi l’opportunité de devenir « Talent Marketing Manager », un poste qui me correspond aujourd’hui davantage puisque mon rôle est de mieux communiquer sur ces technologies et mieux informer les traducteurs.

En résumé, je pense qu’il faut briser l’image du chef de projet « rigoureux et organisé » qui n’est plus vraiment d’actualité. Evidemment, ces qualités restent utiles, mais aujourd’hui ce qui semble vraiment compter c’est d’être curieux sur les dernières technologies, de savoir les expliquer et surtout d’avoir l’esprit d’initiative, pour pouvoir proposer aux clients et aux traducteurs les meilleures solutions selon le type de projet.

Quizlet, ou l’outil parfait pour un étudiant en traduction

Par Marine Moreel, étudiante M1 TSM

Quizlet1

Toute personne qui essaie d’apprendre une langue étrangère sait à quel point la connaissance du vocabulaire est cruciale. Elle l’est encore plus pour un étudiant en traduction qui sait qu’un mot ne peut pas être traduit par n’importe quel autre.

Alors, si je vous demandais quel outil serait parfait pour vous aider à apprendre vos listes de vocabulaire, vous me répondriez sûrement  « celui qui les apprendra à ma place ». Eh bien, figurez-vous que j’ai l’outil qu’il vous faut. Cet outil, c’est Quizlet.

 

Qu’est-ce que Quizlet ?

Quizlet est un site Internet créé par Andrew Sutherland en octobre 2005 et mis en ligne en janvier 2007. Il permet d’apprendre son vocabulaire de façon ludique, innovante et extrêmement efficace.

J’ai découvert ce site en 2013 alors que j’étais étudiante en 1re année de Traduction et d’Interprétation. J’avais des listes interminables de vocabulaire à apprendre et j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à vérifier mes connaissances. Vous pourriez me dire que j’aurais pu tout simplement demander à un proche ou à un ami de m’interroger. C’est vrai, mais il vous faut alors une personne ayant beaucoup de temps à vous consacrer. En plus, si vous avez choisi le russe, comme c’est mon cas, ou une autre langue qui n’utilise pas l’alphabet latin, les choses deviennent tout de suite plus compliquées.

J’ai donc effectué quelques recherches sur Internet et je suis tombée sur ce site, un outil magique qui ne me quitte plus depuis des années et qui m’a sauvé la mise à de nombreuses reprises.

Comment ça fonctionne ?

  1. Vous vous inscrivez avec une adresse e-mail, Facebook ou Google. Toutes les fonctionnalités présentées ci-dessous sont accessibles grâce à un compte gratuit.
  2. Vous vous connectez et arrivez sur cette page. Il s’agit de la page d’accueil dont je vais vous expliquer les fonctionnalités.

Quizlet2

Commençons par la colonne de gauche, de haut en bas :

  • Activité récente : Vous y trouverez les dernières listes que vous avez créées ou étudiées.
  • Vos listes : Comme indiqué, vous y trouverez toutes vos listes de vocabulaire.
  • Paramètres : Pas besoin d’explications.
  • Vos classes :

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Voici une des fonctionnalités intéressantes de Quizlet. Cette partie est normalement « réservée » aux enseignants. Elle leur permet de mettre en ligne et de partager des listes de vocabulaire avec leurs élèves. Vous aurez tous deviné que je ne suis pas enseignante, mais, durant ma licence, j’ai dû apprendre par cœur deux livres de vocabulaire en anglais. J’ai donc créé des listes et les ai placées dans une « classe » que j’ai ouverte pour en faire profiter mes ami(e)s. C’est ça aussi Quizlet, une entraide.

  • Vos dossiers :

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Vous pouvez classer vos listes dans des dossiers. Comme vous pouvez le voir, je les ai organisées par matière, par langue ou par année. Un dossier peut contenir plusieurs listes et vous pouvez donc étudier plusieurs listes en même temps, ce qui est pratique lorsque vous souhaitez revoir tout votre vocabulaire en une fois.

Continuons avec le bandeau bleu du haut :

  • Recherche :

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Cette fonction permet de rechercher, dans toutes les listes et classes « ouvertes » du site, une liste ou une classe qui pourrait vous intéresser. En tapant, par exemple, English idioms in use, vous trouverez toutes les listes vous permettant d’apprendre les idioms et vous retrouverez ma classe en 2e place. Vous pouvez également rechercher des utilisateurs.

  • Créer :

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C’est sûrement la fonction la plus importante de Quizlet. Elle vous permet, bien sûr, de créer une liste.

La fenêtre de création se divise en deux colonnes, une pour chaque langue. Vous tapez le mot source et sa traduction ou vous pouvez aussi les enregistrer grâce à l’icône du micro à droite. C’est une fonction très intéressante pour faire travailler sa mémoire auditive. Il est également possible d’ajouter une image si cela vous intéresse.

Vous pouvez également importer des listes. Cette fonction est très pratique si vous avez des listes sur ordinateur et que vous ne voulez pas retaper chaque mot et sa traduction dans les colonnes.

Vous pouvez gérer la confidentialité de vos listes en permettant ou non à tous les utilisateurs du site de les voir, de les utiliser et de les modifier.

Pourquoi ce site est-il si efficace ?

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Une fois votre liste créée, vous pouvez l’apprendre grâce aux fonctions Etudier ou Jouer. J’ai l’habitude d’utiliser l’option Apprendre, la plus efficace selon moi.

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Après avoir sélectionné cette fonction, une fenêtre s’ouvre et vous demande alors la traduction du mot qui apparaît (1). Si vous écrivez la bonne traduction, le mot apparaît dans la catégorie « Correct » (2), mais si vous vous trompez, il apparaîtra dans celle « Incorrecte » (3). Si vous faites une faute de frappe lors de l’écriture d’un mot et que vous confirmez celui-ci sans vous en rendre compte, vous pouvez appuyer sur l’option Corriger : j’avais raison et votre mot apparaîtra comme » correct ». Les mots se suivent jusqu’à ce que vous ayez eu une tentative pour chaque mot. La série 1 s’achève alors et une fenêtre s’ouvre dans laquelle vous pouvez voir votre score, ainsi qu’un récapitulatif de vos fautes (4). Puis, vous pouvez lancer la série 2. Quizlet vous redemande la traduction des mots de la catégorie « Incorrect » et le même processus recommence.

Il y a autant de séries que nécessaire pour que tous les mots soient appris. Une fois l’apprentissage terminé, les mots sont classés dans les catégories « Souvent manqués », « Parfois manqués », « Rarement manqués » et « Aucune erreur» en fonction du nombre de séries qu’il vous a fallu pour les apprendre. Vous pouvez étudier chaque catégorie individuellement. Comme il y a toujours quelques mots qui, pour une raison ou pour une autre, sont plus compliqués à retenir, c’est très pratique. Grâce à Quizlet, vous allez connaitre tout votre vocabulaire sur le bout des doigts.

J’ai beaucoup utilisé Quizlet cette année, en Master 1 TSM, pour me préparer à tous mes examens de traduction et d’interprétation, que ce soit mes examens en anglais ou en russe. La traduction spécialisée étant pointilleuse, je ne pouvais pas me permettre de confondre un mot avec un autre ou d’utiliser un « synonyme ».

Quizlet Plus ! : La version premium de Quizlet

Elle permet un « apprentissage à long terme ». Cette fonction vous fait étudier chaque jour des petites séries de mots (environ 10 termes par série). Vous devez « marquer » les mots que vous savez et ceux que vous ne savez pas encore. Le jour suivant, vous réviserez ceux que vous avez manqués et apprendrez quelques nouveaux termes.

Cette méthode de mémorisation est très bien pour un apprentissage à long terme, c’est-à-dire quand vous avez le temps d’apprendre votre vocabulaire. Par contre, je ne trouve pas que cette méthode soit idéale pour préparer un examen, à moins de s’y prendre des semaines, voire des mois à l’avance, ce qui n’est pas possible à l’université. En effet, apprendre une liste de 200 termes me prendrait des semaines avec l’apprentissage à long terme alors que cela me prend entre trois et quatre jours avec la fonctionnalité gratuite Apprendre. C’est donc à vous de voir en fonction de vos besoins et de vos désirs si vous voulez investir dans une version premium (pour info : 19,99 €/an). Pour ma part, après avoir essayé pendant plusieurs mois, je trouve que la version gratuite est largement suffisante.

En conclusion, j’ai décidé d’écrire ce billet, car Quizlet n’est pas encore un outil très connu dans le milieu universitaire français et je trouve cela vraiment dommage. C’est un outil indispensable dans l’apprentissage d’une langue et du vocabulaire. Que vous soyez étudiant en langues, en traduction ou en interprétation, traducteur ou interprète ou enseignant en milieu linguistique, cet outil est fait pour vous. Essayez-le, vous ne serez pas déçus.

 

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Un grand merci à Quizlet pour m’avoir autorisée à publier sur ce blog des captures d’écran de leur site.

EAZYLANG, la traduction professionnelle 3.0

Par Pénélope Girod, étudiante M1 TSM

Tête d'article

Eazylang, je suis tombée dessus il y a quelques mois lorsque je cherchais une structure susceptible de m’accueillir pour un stage. Eazylang n’est pas une agence de traduction et c’est ce qui a immédiatement retenu mon attention. C’est une plate-forme qui permet de mettre en relation des traducteurs professionnels directement avec des entreprises ou des personnes qui ont besoin de faire traduire leurs documents techniques.

 

Eazylang est une jeune start-up française implantée à Lyon. Mais Eazylang c’est tout d’abord un constat fait par ses fondateurs, Eric Lavost et Nicolas Fachon, celui de l’absence de place de marché en ligne permettant de mettre en relation des clients avec des traducteurs professionnels  de manière simple et rapide. A partir de là, une idée germe en 2002 et se concrétise enfin en 2012. Le lancement du projet Eazylang a été accompagné par l’incubateur Pulsalys puis par l’EM Lyon, dès 2015.

 

C’est un anti-annuaire, l’antithèse des hordes de réseaux sociaux professionnels qui peuplent Internet : il met directement en relation le client et le traducteur. Pour ce faire les deux parties doivent d’abord s’inscrire sur le site. Le traducteur doit entrer ses informations professionnelles, l’inscription est ensuite analysée par l’équipe d’Eazylang qui choisit d’accepter ou non la candidature du traducteur en se basant sur plusieurs critères parmi lesquels le fait d’être titulaire d’un diplôme de traducteur, l’utilisation d’outils de TAO, les traductions effectuées précédemment, et bien sûr le couple de langues. Ces informations permettent d’identifier les professionnels expérimentés et de filtrer les traducteurs amateurs qui voient leur inscription refusée. L’analyse des contenus déjà traduits permet d’orienter les projets vers des traducteurs qui maîtrisent déjà la terminologie requise. C’est ce qui fait l’originalité d’Eazylang. Une fois que le traducteur a reçu la confirmation de son inscription il peut importer ses mémoires de traduction (au format .tmx) ainsi que ses bases de données terminologiques (format .tbx) qui permettent d’établir un profil objectif.

 

Comment les clients et les traducteurs sont-ils mis en relation ?

Lorsqu’un client a besoin de faire traduire un document, il l’importe sur Eazylang et un algorithme analyse son contenu terminologique et le compare à celui des mémoires de traduction enregistrées dans les profils des traducteurs afin de former une liste de traducteurs à proposer au client (ceux qui ont déjà traité du sujet donné seront proposés en priorité). Ce système permet de trouver le traducteur avec le couple de langues recherché qui sera le plus efficace dans sa spécialité et qui correspond le mieux au contexte du document. Le client peut donc comparer les offres et les tarifs et choisir ce qui lui convient le mieux de manière plus effective. Le traducteur est quant à lui exempté de longues prospections et établit un lien direct avec sa clientèle. Chaque traducteur est noté par ses clients une fois le travail finalisé. Plus un traducteur a une note élevée et plus il a importé de mémoires de traduction, plus il remontera dans les listes.

 

Image 2

 

Il est également important de préciser que l’inscription sur Eazylang est absolument et totalement gratuite. Le traducteur ne paye pas de commission ou de charge en plus. La seule commission de la plate-forme est à la charge du client. Le traducteur est complètement libre de fixer les tarifs de son choix. Le paiement est totalement sécurisé, les fonds sont versés sur un compte séquestre chez un prestataire de service de paiement et y sont conservés jusqu’à la livraison du document traduit. Une fois que le travail est accepté par le client, la somme est transférée au traducteur.

 

Qu’en est-il de la sécurité et de la confidentialité des données ?

Les mémoires de traduction sont protégées juridiquement, seul leur auteur a accès à leur contenu. Pour Eazylang, c’est le moyen d’identification du profil des traducteurs au travers de leurs compétences réelles et c’est l’un des éléments pivot du système d’algorithme sur lequel se base tout leur concept. Tout est enregistré sur un cloud privatif dont la structure est solide et des sauvegardes de secours sont effectuées. L’utilisation de certificats SSL permet de crypter les données contenues dans les documents transférés sur la plate-forme ce qui assure la confidentialité des documents.

Tout se fait dans le même environnement sur Eazylang ce qui facilite grandement la correspondance entre le client et le traducteur. Une messagerie est intégrée à la plate-forme et conserve l’historique de la traduction. La traçabilité est de ce fait garantie. De plus une version « corporate » existe pour les entreprises qui veulent intégrer Eazylang dans leur propre environnement informatique, à l’aide d’API.

Une version spéciale pour les agences de traduction est également en cours de test. Elle permettrait entre autres d’intégrer les clients historiques au réseau et assurerait un gain substantiel de compétitivité. Le chef de projet verrait ainsi sa charge de travail allégée en réduisant la part de charges administratives.

 

En partant d’un simple constat et en voulant répondre à une problématique client, Eazylang a apporté, par un effet de vases communicants, de multiples réponses à tous les niveaux de la traduction. Aujourd’hui Eazylang est utilisé dans plus de 90 pays et propose actuellement plus de 270 couples de langues. Ce nombre est amené à augmenter en fonction de la demande des clients, Eazylang souhaitant faire correspondre l’offre de traduction avec les besoins réels des clients. C’est aussi un moyen très pratique d’assurer le nomadisme des traducteurs.

Alors, prêts à tester Eazylang ?

 

Je remercie l’équipe d’Eazylang d’avoir répondu à mes questions et de m’autoriser à utiliser des images de leur site.

J’ai testé pour vous : Lilt

Par Elisa Marcel, étudiante M1 TSM

1 - Logo

Lilt est un outil de traduction assistée par ordinateur (TAO) en ligne qui associe traduction automatique et biotraduction. Il a été développé par John DeNero et Spence Green entre 2011 et 2015. Lilt est un système interactif de traduction combiné avec de la traduction automatique (MT), qui tente de rendre accessible à tout un chacun une traduction rapide et de haute qualité (source).

J’ai entendu parler de cet outil pendant un cours de version, ce qui a piqué ma curiosité. C’est pour cette raison que j’ai décidé de le tester pour vous.

Je vais commencer par vous expliquer comment cet outil fonctionne. Je parlerai ensuite des limites liées à sa gratuité et des éventuels problèmes de confidentialité pour enfin conclure ce billet en vous donnant mon opinion.

Inscription/Connexion

2 - Connexion

Pour accéder à Lilt, il est nécessaire de créer un compte. On peut soit utiliser son compte Google soit en créer un nouveau. On accède ensuite à son espace personnel.

Création d’un projet

3 - Création projets

L’interface ergonomique de Lilt, pour l’instant seulement disponible en anglais, permet de savoir en un coup d’œil à quel état d’avancement se trouve le/les projet(s) en cours. Pour en créer un nouveau, rien de plus simple, il suffit de faire un glisser/déposer ou de cliquer sur « new project ». Il est malheureusement impossible d’importer un projet SDLPROJ par exemple. Ensuite, il faut sélectionner une paire de langues et créer ou importer une mémoire de traduction (TM) et/ou une base de données (TB). Point positif, plusieurs formats sont compatibles dans le cas de ces deux dernières ressources : TMX, SDLTM, TBS, CSV, TSV et XLSX.

4 - TM

Traduction

5 - Traduction

Comme pour la plupart des outils de TAO, les segments dont la traduction est disponible dans la TM sont automatiquement remplis. On peut cependant noter que les balises des mémoires SDLTM ne sont pas reconnues comme telles (1).

Lilt possède une MT intégrée. La qualité des traductions proposées est satisfaisante, bien qu’il paraisse probable que celle-ci soit moindre avec des textes plus techniques (2).

Lors de la traduction d’un segment, plusieurs fonctions sont disponibles, comme laisser un commentaire, diviser le segment en deux, copier la source ou la proposition de la MT dans la cible ou confirmer le segment. Il n’est en revanche pas possible de fusionner deux segments (3).

Au niveau du document dans son ensemble, plusieurs autres fonctionnalités sont intéressantes : un dictionnaire général, une fonction de recherche et de remplacement de termes et un traducteur automatique semblable à Google Traduction (4).

Enfin, pour terminer la présentation, on note la présence de plusieurs vues : traduction, vérification des tags et assurance qualité (5).

Exportation du fichier traduit

6 - Exportation

 

Une fois le fichier traduit et révisé, il est possible de l’exporter au format source (ici DOCX) ou aux formats TXT et XLIFF.

Les limites du compte gratuit

Lilt est une application accessible gratuitement depuis n’importe quel navigateur. Sa gratuité amène certaines limitations, dont la plus importante : il n’est possible de traduire que 15 000 mots par mois sans abonnement. Pour accéder à plus de fonctionnalités, il est nécessaire de souscrire à un abonnement mensuel :

7 - Abonnements

Confidentialité

En utilisant Lilt, la question de la confidentialité se pose. En effet, l’utilisation de la traduction automatique suppose le stockage des segments source et cible. Lilt assure sur son site Internet que les données importées sont sécurisées et que leur accès est exclusif à votre compte. Elles ne sont jamais partagées avec d’autres utilisateurs. Il est expliqué que les données sont cryptées selon le protocole SSL lors du transfert entre l’ordinateur et les serveurs et selon l’algorithme de chiffrement AES-256 lorsqu’elles sont chiffrées dans la base de données (source).

Conclusion

Lilt est donc un outil de TAO notable, liant biotraduction et traduction automatique pour une meilleure productivité. Sa compatibilité avec les formats de fichier TMX et SDL permet par exemple son utilisation en urgence (le/la traducteur/trice est en déplacement et reçoit un projet urgent à rendre avant son retour, or il n’a pas pris avec lui son ordinateur avec SDL Trados Studio dessus). On peut également l’utiliser lorsqu’on n’a pas encore la possibilité de se procurer une licence payante de logiciel de TAO.

Personnellement, je recommanderai Lilt pour son ergonomie et ses fonctionnalités complètes. Souscrire à un abonnement pourrait s’avérer intéressant pour un(e) traducteur/trice indépendant(e) qui débute son activité professionnelle.

 

Captures d’écran : je tiens à remercier Lilt de m’avoir autorisée à utiliser des captures d’écran de son interface.