Ergonomie et productivité : comment optimiser son clavier ?

Par Nicolas Baille, étudiant M1 TSM

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Nous faisons partie d’une génération de traducteurs dont l’outil de travail principal est l’ordinateur, et, par extension, le clavier. Mais entre l’absence de caractères fréquemment utilisés en français et les troubles musculosquelettiques qu’il peut engendrer, il semble difficile de défendre le clavier Azerty actuel. Comment optimiser son clavier, et quelles sont les alternatives à la disposition classique ?

La disposition Azerty française, obsolète ?

Ayant toujours utilisé la variante française du clavier Azerty, je m’intéresserai ici à cette disposition en particulier (les claviers belges, notamment, sont légèrement différents). Et il y a déjà beaucoup à dire : les critiques les plus virulents vont jusqu’à avancer que le clavier actuel ne permet pas d’écrire un français correct, et dans l’absolu, c’est le cas : ni espace insécable, ni « œ » ou encore de « É ». Si vous disposez d’un pavé numérique, il faudra utiliser les codes ASCII de ces caractères pour les utiliser, ou bien vous en remettre au correcteur orthographique, qui ne s’active pas toujours : Microsoft Word, par exemple, ne considère pas « Etat » comme une faute d’orthographe, et laisse passer l’erreur.

Paradoxalement, certains caractères fréquemment utilisés sont plus difficiles d’accès que des caractères rares : il est plus simple de faire un point-virgule qu’un point simple, alors que ce dernier est bien plus utilisé en français.

Certaines alternatives ont été proposées, comme la disposition Bépo, dont Quentin Pacinella vous parlait il y a un peu plus d’un an sur ce blog. Basée sur une étude statistique du français, elle permet de réduire jusqu’à 50 % le mouvement des doigts. Or, si ce système est parfait pour écrire dans un français impeccable, il reste difficile à prendre en main (car très éloigné du clavier « classique ») et il est très difficile d’écrire d’autres langues avec. Que vous souhaitiez rédiger un mail en anglais ou en espagnol pour un client, ou encore coder une page en HTML, vous vous rendrez rapidement compte que le Bépo facilite l’écriture du français au détriment des autres langues.

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Créer une disposition personnalisée

Si vous ne souhaitez pas changer complètement de clavier, mais simplement avoir accès plus facilement aux caractères spéciaux, sachez que vous pouvez utiliser Microsoft Keyboard Layout Creator pour vous créer une disposition personnalisée. Attention toutefois, le logiciel n’a pas été mis à jour depuis 2007. S’il fonctionne pour le moment sur Windows 10, rien ne garantit qu’il fonctionnera encore dans quelques années, et il a d’ores et déjà tendance à fonctionner de façon aléatoire.

Une fois le logiciel installé et ouvert, vous pouvez soit créer une disposition personnalisée à partir de rien, soit partir d’une disposition existante (c’est ce que nous allons faire ici). Commencez par aller dans File > Load Existing Keyboard, puis sélectionnez le clavier que vous utilisez d’habitude (Azerty français, belge ou autre).

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Vous pouvez ensuite, en utilisant le panneau latéral, modifier le comportement de chaque touche, y compris en combinaison avec Shift ou Alt Gr. Personnellement, je me suis contenté pour le moment de rajouter des caractères spéciaux dont j’ai besoin en espagnol. Ainsi, lorsque j’appuie sur Alt Gr, je peux écrire les lettres accentuées qui n’existent pas sur le clavier français d’origine. J’ai également rajouté les guillemets français et l’espace insécable sur la touche espace.

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Vous pouvez ainsi personnaliser votre clavier à volonté et rajouter les caractères que vous utilisez quotidiennement, comme le « É ». Une fois votre disposition prête, je vous conseille de l’enregistrer pour y revenir plus tard en cas de besoin (File > Save Source File As…). Ensuite, vous pouvez apporter les modifications techniques dans Project > Properties… (pour modifier le nom de votre clavier personnalisé), puis terminer en allant dans Project > Build DLL and Setup Package. Cette commande va créer, dans le dossier de votre choix (par défaut, Documents), un sous-dossier contenant le fichier exécutable « setup.exe ». Lancez-le afin d’installer votre nouvelle disposition. Cela fait, vous n’aurez plus qu’à utiliser le raccourci Touche Windows + espace pour passer de votre clavier Azerty classique à votre clavier personnalisé.

Microsoft Keyboard Layout Creator n’étant pas simple à prendre en main, je vous recommande de faire des tests et de chercher des tutoriels avant de vous lancer dans la création de votre clavier personnalisé.

 

L’ergonomie repensée du clavier orthogonal

Au-delà de la disposition des touches, le clavier actuel a également un défaut intrinsèque pour ce qui est de l’ergonomie : la construction en rangées décalées. À l’origine, ce design était dû à une contrainte technique des machines à écrire, et même si cette celle-ci n’a plus lieu d’être de nos jours, les claviers actuels ont conservé ces rangées décalées qui ont pour effet de forcer les utilisateurs à faire plus de mouvements, engendrant ainsi des troubles musculosquelettiques.

Pour faire face à ce problème, des passionnés d’électronique et des ingénieurs se sont associés pour créer un clavier radicalement différent : le clavier orthogonal.

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Avec ses rangées droites et sa disposition particulière, il est entièrement configurable et peut aussi bien être utilisé en Azerty qu’en Bépo, ou encore avec une disposition personnalisée. Les touches de raccourci et de fonction ont été repensées, ce qui en fait un clavier difficile à prendre en main, mais finalement bien plus intuitif après quelques semaines d’utilisation.

 

Le clavier « splitté », le meilleur compromis ?

Jusqu’à présent, nous avons surtout parlé des alternatives qui permettent de réduire le mouvement des doigts. Or, la plupart des personnes atteintes de troubles musculosquelettiques ont en fait des douleurs dans les poignets : c’est le syndrome du canal carpien. Les claviers « splittés » sont des claviers divisés en deux parties, ce qui permet de les poser en diagonale sur le bureau afin de réduire la tension au niveau des poignets.

Le clavier le plus récent et le plus révolutionnaire de ce type est le Dygma Raise, qui vient de terminer avec succès sa campagne Kickstarter (les premiers modèles devraient être disponibles à la vente courant été 2018). À l’origine créé pour les joueurs de jeux vidéo, sa conception lui permet néanmoins d’être utilisé par n’importe qui. Bien qu’il conserve la disposition Azerty, toutes les touches sont configurables à 100 %, aucun problème donc pour l’utiliser en disposition Bépo, par exemple.

Tout pratique qu’il soit, néanmoins, il lui manque quelques touches que, personnellement, j’utilise au quotidien, à savoir les touches fléchées ou les touches de fonction (F1 à F12).

Et le grand gagnant est…

Que l’on soit traducteur, rédacteur ou tout autre professionnel, il n’est pas simple de choisir l’outil qui est le mieux adapté à nos besoins. Doit-on simplement modifier la disposition de nos touches pour rajouter les caractères spéciaux, ou doit-on faire un changement plus radical en optant pour un clavier Bépo ou orthogonal ? Quoi qu’il en soit, la question de l’ergonomie est intimement liée à la productivité et à la santé des professionnels de notre génération.

Enfin, gardez à l’esprit que les douleurs liées à votre activité professionnelle peuvent venir du clavier, mais également de la hauteur du bureau, du choix de la chaise, et d’une dizaine d’autres facteurs. Pour avoir une vue d’ensemble de la problématique, je vous invite à lire (si ce n’est pas déjà fait) l’article de Marie Serra sur l’ergonomie et le bien-être du traducteur.

 

Liens utiles :

Mise à jour des mémoires de traduction et des glossaires : pour quoi faire ?

Par Lucie Lhuillier, étudiante M2 TSM

 

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Lorsqu’ils traduisent, les traducteurs ont recours à diverses ressources. Parmi elles, on retrouve notamment les mémoires de traduction et les glossaires qui sont couramment utilisés. Cependant, il est fondamental de veiller à ce qu’ils soient mis à jour régulièrement. Pour quelles raisons ?

 

Qu’est-ce qu’une mémoire de traduction ?

Une mémoire de traduction est une base de données linguistique utilisée lors d’une traduction grâce aux outils de TAO (Traduction assistée par ordinateur). Elle est composée de segments en langue source et de leur traduction en langue cible.

Utiliser une mémoire de traduction permet au traducteur de travailler plus vite et d’être plus efficace. Grâce à celle-ci, il ne traduit jamais deux fois la même chose. La mémoire de traduction est alimentée par le traducteur, les segments traduits et validés sont enregistrés au fur et à mesure de la traduction. Si le logiciel détecte un segment qui a déjà été traduit auparavant, il va automatiquement suggérer la traduction enregistrée dans la mémoire. Il s’agira, selon le degré d’analogie, de correspondances parfaites ou de correspondances partielles. Les nouvelles unités de traduction pourront être utilisées à leur tour lors des projets suivants.

Attention, la mémoire de traduction ne traduit pas à la place du traducteur mais l’assiste dans son travail. C’est au traducteur de déterminer s’il garde la traduction proposée telle quelle ou s’il doit l’adapter. La mémoire va également lui permettre de garder une certaine cohérence et homogénéité au fil de la traduction. Par ailleurs, celle-ci n’est pas capable de repérer les éventuelles erreurs de traduction ou fautes de grammaires, ni de vérifier l’orthographe.

En outre, il ne faut pas confondre mémoire de traduction et traduction automatique (voir ce billet) qui sont deux choses bien distinctes. La traduction automatique ne nécessite aucune intervention humaine contrairement à la mémoire de traduction qui, elle, est créée et alimentée par le traducteur.

Qu’est-ce qu’un glossaire ?

Un glossaire est une base de données contenant une terminologie spécifique en langue source et en langue cible qu’il est possible d’intégrer à un outil de TAO. Il peut être bilingue mais aussi multilingue et ne contient pas de segments mais des termes précis, contrairement aux mémoires de traduction. Ces bases de données permettent de garder une certaine cohérence terminologique et rédactionnelle au sein d’un même projet mais également entre les différents projets d’un client. En effet, ces projets sont parfois espacés dans le temps ou confiés à d’autres traducteurs. Les glossaires garantissent alors l’utilisation de la même terminologie à chaque traduction, à condition bien sûr, que les termes ne soient pas devenus obsolètes. Ils peuvent regrouper des termes qui correspondent à un domaine précis, à un projet ou bien à un client en particulier. Parfois, en plus des termes, on peut également y intégrer d’autres données telles que les définitions et leurs sources, les catégories grammaticales, le contexte, les illustrations ou encore les dates d’insertion (qui peuvent inciter un traducteur à revoir l’usage d’un terme si la date lui paraît éloignée dans le temps).

Un glossaire sert de référence au traducteur dans le choix de la bonne terminologie.  Son utilisation est d’autant plus nécessaire lorsque plusieurs traducteurs travaillent sur un même projet. La mise en commun des ressources, glossaires mais aussi mémoires de traduction, permet de garantir l’homogénéité de la traduction réalisée par une équipe et donc d’offrir une traduction de qualité.

Pourquoi les mettre à jour ?

Les mémoires de traduction et les glossaires sont des ressources essentielles pour le traducteur. En effet, ils possèdent de nombreux avantages qui leur permettent de fournir des traductions de qualité.

Cependant, pour garantir l’efficacité de ces ressources, il est fondamental de les mettre à jour régulièrement non seulement pour les alimenter en ajoutant les nouvelles traductions à chaque projet mais aussi pour supprimer la terminologie obsolète. En effet, rien n’est figé. Par conséquent, la terminologie, tout comme les langues, évolue et change au fil du temps. C’est pourquoi, éliminer cette terminologie devenue obsolète et la remplacer par celle qui correspond à la période actuelle est une étape à ne pas négliger. Si les ressources qu’utilise un traducteur sont désuètes et ne sont donc plus d’actualité, la qualité de la traduction risque d’être mauvaise et donc de ne pas répondre aux exigences du client. La mise à jour des ressources permet d’assurer une qualité constante.

 

 

Sources :

https://www.inter-contact.de/fr/blog/151-memoire-de-traduction-comment-le-traducteur-travaille-t-il-avec-et-comment-en-profitez-vous

http://www.sdltrados.com/fr/solutions/translation-memory/

https://www.technitrad.com/fr/qu-est-ce-qu-un-glossaire/

http://www.itc-france-traduction.com/le-b-a-ba-des-memoires-de-traduction/

https://www.redactionpro.fr/le-glossaire%E2%80%89/

https://www.eazylang.com/blog/index.php/2017/11/20/role-glossaires-traduction-professionnelle/

 

Quizlet, ou l’outil parfait pour un étudiant en traduction

Par Marine Moreel, étudiante M1 TSM

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Toute personne qui essaie d’apprendre une langue étrangère sait à quel point la connaissance du vocabulaire est cruciale. Elle l’est encore plus pour un étudiant en traduction qui sait qu’un mot ne peut pas être traduit par n’importe quel autre.

Alors, si je vous demandais quel outil serait parfait pour vous aider à apprendre vos listes de vocabulaire, vous me répondriez sûrement  « celui qui les apprendra à ma place ». Eh bien, figurez-vous que j’ai l’outil qu’il vous faut. Cet outil, c’est Quizlet.

 

Qu’est-ce que Quizlet ?

Quizlet est un site Internet créé par Andrew Sutherland en octobre 2005 et mis en ligne en janvier 2007. Il permet d’apprendre son vocabulaire de façon ludique, innovante et extrêmement efficace.

J’ai découvert ce site en 2013 alors que j’étais étudiante en 1re année de Traduction et d’Interprétation. J’avais des listes interminables de vocabulaire à apprendre et j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à vérifier mes connaissances. Vous pourriez me dire que j’aurais pu tout simplement demander à un proche ou à un ami de m’interroger. C’est vrai, mais il vous faut alors une personne ayant beaucoup de temps à vous consacrer. En plus, si vous avez choisi le russe, comme c’est mon cas, ou une autre langue qui n’utilise pas l’alphabet latin, les choses deviennent tout de suite plus compliquées.

J’ai donc effectué quelques recherches sur Internet et je suis tombée sur ce site, un outil magique qui ne me quitte plus depuis des années et qui m’a sauvé la mise à de nombreuses reprises.

Comment ça fonctionne ?

  1. Vous vous inscrivez avec une adresse e-mail, Facebook ou Google. Toutes les fonctionnalités présentées ci-dessous sont accessibles grâce à un compte gratuit.
  2. Vous vous connectez et arrivez sur cette page. Il s’agit de la page d’accueil dont je vais vous expliquer les fonctionnalités.

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Commençons par la colonne de gauche, de haut en bas :

  • Activité récente : Vous y trouverez les dernières listes que vous avez créées ou étudiées.
  • Vos listes : Comme indiqué, vous y trouverez toutes vos listes de vocabulaire.
  • Paramètres : Pas besoin d’explications.
  • Vos classes :

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Voici une des fonctionnalités intéressantes de Quizlet. Cette partie est normalement « réservée » aux enseignants. Elle leur permet de mettre en ligne et de partager des listes de vocabulaire avec leurs élèves. Vous aurez tous deviné que je ne suis pas enseignante, mais, durant ma licence, j’ai dû apprendre par cœur deux livres de vocabulaire en anglais. J’ai donc créé des listes et les ai placées dans une « classe » que j’ai ouverte pour en faire profiter mes ami(e)s. C’est ça aussi Quizlet, une entraide.

  • Vos dossiers :

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Vous pouvez classer vos listes dans des dossiers. Comme vous pouvez le voir, je les ai organisées par matière, par langue ou par année. Un dossier peut contenir plusieurs listes et vous pouvez donc étudier plusieurs listes en même temps, ce qui est pratique lorsque vous souhaitez revoir tout votre vocabulaire en une fois.

Continuons avec le bandeau bleu du haut :

  • Recherche :

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Cette fonction permet de rechercher, dans toutes les listes et classes « ouvertes » du site, une liste ou une classe qui pourrait vous intéresser. En tapant, par exemple, English idioms in use, vous trouverez toutes les listes vous permettant d’apprendre les idioms et vous retrouverez ma classe en 2e place. Vous pouvez également rechercher des utilisateurs.

  • Créer :

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C’est sûrement la fonction la plus importante de Quizlet. Elle vous permet, bien sûr, de créer une liste.

La fenêtre de création se divise en deux colonnes, une pour chaque langue. Vous tapez le mot source et sa traduction ou vous pouvez aussi les enregistrer grâce à l’icône du micro à droite. C’est une fonction très intéressante pour faire travailler sa mémoire auditive. Il est également possible d’ajouter une image si cela vous intéresse.

Vous pouvez également importer des listes. Cette fonction est très pratique si vous avez des listes sur ordinateur et que vous ne voulez pas retaper chaque mot et sa traduction dans les colonnes.

Vous pouvez gérer la confidentialité de vos listes en permettant ou non à tous les utilisateurs du site de les voir, de les utiliser et de les modifier.

Pourquoi ce site est-il si efficace ?

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Une fois votre liste créée, vous pouvez l’apprendre grâce aux fonctions Etudier ou Jouer. J’ai l’habitude d’utiliser l’option Apprendre, la plus efficace selon moi.

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Après avoir sélectionné cette fonction, une fenêtre s’ouvre et vous demande alors la traduction du mot qui apparaît (1). Si vous écrivez la bonne traduction, le mot apparaît dans la catégorie « Correct » (2), mais si vous vous trompez, il apparaîtra dans celle « Incorrecte » (3). Si vous faites une faute de frappe lors de l’écriture d’un mot et que vous confirmez celui-ci sans vous en rendre compte, vous pouvez appuyer sur l’option Corriger : j’avais raison et votre mot apparaîtra comme » correct ». Les mots se suivent jusqu’à ce que vous ayez eu une tentative pour chaque mot. La série 1 s’achève alors et une fenêtre s’ouvre dans laquelle vous pouvez voir votre score, ainsi qu’un récapitulatif de vos fautes (4). Puis, vous pouvez lancer la série 2. Quizlet vous redemande la traduction des mots de la catégorie « Incorrect » et le même processus recommence.

Il y a autant de séries que nécessaire pour que tous les mots soient appris. Une fois l’apprentissage terminé, les mots sont classés dans les catégories « Souvent manqués », « Parfois manqués », « Rarement manqués » et « Aucune erreur» en fonction du nombre de séries qu’il vous a fallu pour les apprendre. Vous pouvez étudier chaque catégorie individuellement. Comme il y a toujours quelques mots qui, pour une raison ou pour une autre, sont plus compliqués à retenir, c’est très pratique. Grâce à Quizlet, vous allez connaitre tout votre vocabulaire sur le bout des doigts.

J’ai beaucoup utilisé Quizlet cette année, en Master 1 TSM, pour me préparer à tous mes examens de traduction et d’interprétation, que ce soit mes examens en anglais ou en russe. La traduction spécialisée étant pointilleuse, je ne pouvais pas me permettre de confondre un mot avec un autre ou d’utiliser un « synonyme ».

Quizlet Plus ! : La version premium de Quizlet

Elle permet un « apprentissage à long terme ». Cette fonction vous fait étudier chaque jour des petites séries de mots (environ 10 termes par série). Vous devez « marquer » les mots que vous savez et ceux que vous ne savez pas encore. Le jour suivant, vous réviserez ceux que vous avez manqués et apprendrez quelques nouveaux termes.

Cette méthode de mémorisation est très bien pour un apprentissage à long terme, c’est-à-dire quand vous avez le temps d’apprendre votre vocabulaire. Par contre, je ne trouve pas que cette méthode soit idéale pour préparer un examen, à moins de s’y prendre des semaines, voire des mois à l’avance, ce qui n’est pas possible à l’université. En effet, apprendre une liste de 200 termes me prendrait des semaines avec l’apprentissage à long terme alors que cela me prend entre trois et quatre jours avec la fonctionnalité gratuite Apprendre. C’est donc à vous de voir en fonction de vos besoins et de vos désirs si vous voulez investir dans une version premium (pour info : 19,99 €/an). Pour ma part, après avoir essayé pendant plusieurs mois, je trouve que la version gratuite est largement suffisante.

En conclusion, j’ai décidé d’écrire ce billet, car Quizlet n’est pas encore un outil très connu dans le milieu universitaire français et je trouve cela vraiment dommage. C’est un outil indispensable dans l’apprentissage d’une langue et du vocabulaire. Que vous soyez étudiant en langues, en traduction ou en interprétation, traducteur ou interprète ou enseignant en milieu linguistique, cet outil est fait pour vous. Essayez-le, vous ne serez pas déçus.

 

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Un grand merci à Quizlet pour m’avoir autorisée à publier sur ce blog des captures d’écran de leur site.

Traductrice ET gestionnaire de projets : entre opposition et complémentarité

Par Marie Hidot, ancienne étudiante TSM

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Le marché de la traduction est en effervescence perpétuelle. Il s’agit là d’un fait dont je mesure chaque jour un peu plus la pertinence depuis ma première année de master, et ce, encore après presque 2 ans de travail en tant que freelance. Constamment en mouvement, il ne cesse de se transformer obligeant ses différents acteurs à faire de même et à s’adapter en permanence tels de véritables caméléons. Ainsi, il n’est pas rare de devoir acquérir rapidement et parfois dans l’urgence de nouvelles compétences pour satisfaire une demande particulière ou décrocher de nouveaux clients/comptes. Face à ce dynamisme permanent et ayant été formée de manière à avoir un regard qui soit le plus large possible, c’est tout naturellement que j’ai fait le choix d’orienter mon activité à la fois vers la traduction pure, mais également vers la gestion de projets, deux dimensions si différentes et complémentaires à la fois. Endosser tour à tour chacune de ces casquettes n’est pas toujours chose facile, et cela peut très rapidement vous sortir de votre zone de confort. Pourtant, une fois maîtrisé, cet exercice de jonglerie peut être une véritable opportunité d’élargir ses connaissances de façon quotidienne en se glissant tantôt dans la peau d’un chef de projet, tantôt dans celle d’un traducteur.

Dans mon cas, cette configuration a présenté et présente toujours les avantages suivants :

La polyvalence. Soyons clairs, à moins d’être ultra spécialisé dans un domaine, nous sommes tous amenés à faire preuve d’ouverture d’esprit et à accepter de varier les plaisirs. Toutefois, il s’agit ici d’aller plus loin que de passer simplement d’une tâche linguistique (voire technique) à une autre ou de gérer des comptes dont les processus, etc. diffèrent en tous points. Aussi intéressante soit-elle, cette approche présente malgré tout certains risques et implique entre autres de faire appel à sa pleine conscience à chaque instant, le passage d’un rôle à l’autre n’étant bien évidemment pas réglé comme du papier à musique. L’une des difficultés majeures consiste d’ailleurs à réussir à compartimenter les différentes tâches et à gérer les priorités en fonction des requêtes et urgences qui peuvent survenir tout au long de la journée. Si les traductions, révisions et autres tâches linguistiques sont plus ou moins prévisibles et peuvent être modulées en fonction des délais, ce n’est évidemment pas le cas de la gestion de projet, qui présente toujours son lot de surprises et péripéties en tout genre. D’autre part, on soulignera ici plus qu’ailleurs, le caractère indispensable d’une « To Do list » bien organisée.

Une connaissance approfondie des comptes grâce à l’intervention à la fois en tant que ressource et gestionnaire de projets. À condition de mettre en place les moyens nécessaires pour rendre la communication la plus fluide possible, le fait d’être en première ligne des échanges avec les clients permet de connaître parfaitement leurs attentes et d’avoir pleinement conscience des enjeux liés à tel ou tel compte ; données qui ne sont pas forcément accessibles aux collaborateurs linguistiques purs. À l’inverse, avoir la possibilité de se frotter véritablement au contenu à traduire, plutôt que d’en faire une analyse standard constitue un atout certain à l’heure d’apporter des réponses, de présenter des arguments pertinents aux clients qui contribueront au bon déroulement d’un projet ou de résoudre certains problèmes rencontrés par les autres collaborateurs impliqués sur ce même compte, etc. Les échanges ressources / PM / Linguistic Lead n’en sont alors qu’améliorés, chaque acteur étant à même de mieux cerner le travail de chacun, ce qui a bien évidemment un impact positif sur la qualité finale du travail livré.

Notons toutefois que la limitation du nombre d’intervenants peut, de manière tout à fait paradoxale, être à la fois synonyme de gage de qualité, de par l’amélioration de la cohérence, la connaissance approfondie du client sur plusieurs niveaux, mais également d’une prise de risque supplémentaire. En effet, tout comme il doit connaître les points forts et faiblesses de ses collaborateurs, le PM-traducteur doit être capable de poser des limites claires quant à ses compétences et à ce qu’il est ou non en mesure d’assumer.

La maitrise d’une large palette d’outils. Tout comme je l’avais déjà souligné dans mon rapport de stage à l’époque où j’étais encore étudiante, le marché de la traduction s’articule sur plusieurs niveaux, tous dépendants les uns des autres. Et si ce sont bel et bien les grosses agences internationales qui donnent le tempo, c’est véritablement aux plus petits, PME et freelances, de maintenir la cadence et de s’adapter en conséquence. La variété des interlocuteurs, les améliorations techniques et la concurrence nous obligent à nous former continuellement à de nouveaux outils, passant inlassablement d’un logiciel ou d’une application à une autre avec les avantages et désavantages qui en résultent. Ces allers-retours constants sont autant d’occasions de déterminer les points forts et les points faibles de chaque outil, en fonction de l’utilité qui leur est associée et du rôle endossé au moment d’y avoir recours. Au-delà de la connaissance approfondie des diverses fonctionnalités offertes, et donc de la fluidification de son propre travail, être confronté à ces outils en tant que linguiste et gestionnaire de projets peut devenir une source d’inspiration non négligeable au moment d’établir des processus complets qui nécessiteront de choisir tel outil plutôt qu’un autre, d’allier plusieurs programmes pour une optimisation totale ou de proposer aux clients des solutions qui se démarquent réellement.

Bien que risqué et impliquant une grande flexibilité dans l’organisation de son travail et de la gestion du temps, le choix de la polyvalence (lorsque cela est possible) reste néanmoins une méthode de choix si l’on souhaite continuer à se former dans des domaines complémentaires qui fonctionnent à l’image de vases communicants et permettent donc de gagner en autonomie dans ce marché en constante évolution.

Cette diversité m’amène d’ailleurs à la conclusion qu’il doit très probablement exister autant de manières de travailler que de linguistes, gestionnaires de projets, techniciens de la traduction, etc., chacun étant confronté à une réalité, des attentes, des clients et un quotidien différents. Et s’il est certain que nous sommes tous interconnectés, il est tout aussi évident que nos connaissances, aussi poussées soient-elles, ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Il va de soi que la dynamique et la complexité de ce domaine rendent difficile, pour ne pas dire impossible, la mise en place d’une représentation claire des pratiques de chacun, à moins bien sûr de créer un échantillon suffisamment représentatif de ces acteurs, d’aller à leur rencontre et d’apprendre de leur expérience…

J’ai testé pour vous : Lilt

Par Elisa Marcel, étudiante M1 TSM

1 - Logo

Lilt est un outil de traduction assistée par ordinateur (TAO) en ligne qui associe traduction automatique et biotraduction. Il a été développé par John DeNero et Spence Green entre 2011 et 2015. Lilt est un système interactif de traduction combiné avec de la traduction automatique (MT), qui tente de rendre accessible à tout un chacun une traduction rapide et de haute qualité (source).

J’ai entendu parler de cet outil pendant un cours de version, ce qui a piqué ma curiosité. C’est pour cette raison que j’ai décidé de le tester pour vous.

Je vais commencer par vous expliquer comment cet outil fonctionne. Je parlerai ensuite des limites liées à sa gratuité et des éventuels problèmes de confidentialité pour enfin conclure ce billet en vous donnant mon opinion.

Inscription/Connexion

2 - Connexion

Pour accéder à Lilt, il est nécessaire de créer un compte. On peut soit utiliser son compte Google soit en créer un nouveau. On accède ensuite à son espace personnel.

Création d’un projet

3 - Création projets

L’interface ergonomique de Lilt, pour l’instant seulement disponible en anglais, permet de savoir en un coup d’œil à quel état d’avancement se trouve le/les projet(s) en cours. Pour en créer un nouveau, rien de plus simple, il suffit de faire un glisser/déposer ou de cliquer sur « new project ». Il est malheureusement impossible d’importer un projet SDLPROJ par exemple. Ensuite, il faut sélectionner une paire de langues et créer ou importer une mémoire de traduction (TM) et/ou une base de données (TB). Point positif, plusieurs formats sont compatibles dans le cas de ces deux dernières ressources : TMX, SDLTM, TBS, CSV, TSV et XLSX.

4 - TM

Traduction

5 - Traduction

Comme pour la plupart des outils de TAO, les segments dont la traduction est disponible dans la TM sont automatiquement remplis. On peut cependant noter que les balises des mémoires SDLTM ne sont pas reconnues comme telles (1).

Lilt possède une MT intégrée. La qualité des traductions proposées est satisfaisante, bien qu’il paraisse probable que celle-ci soit moindre avec des textes plus techniques (2).

Lors de la traduction d’un segment, plusieurs fonctions sont disponibles, comme laisser un commentaire, diviser le segment en deux, copier la source ou la proposition de la MT dans la cible ou confirmer le segment. Il n’est en revanche pas possible de fusionner deux segments (3).

Au niveau du document dans son ensemble, plusieurs autres fonctionnalités sont intéressantes : un dictionnaire général, une fonction de recherche et de remplacement de termes et un traducteur automatique semblable à Google Traduction (4).

Enfin, pour terminer la présentation, on note la présence de plusieurs vues : traduction, vérification des tags et assurance qualité (5).

Exportation du fichier traduit

6 - Exportation

 

Une fois le fichier traduit et révisé, il est possible de l’exporter au format source (ici DOCX) ou aux formats TXT et XLIFF.

Les limites du compte gratuit

Lilt est une application accessible gratuitement depuis n’importe quel navigateur. Sa gratuité amène certaines limitations, dont la plus importante : il n’est possible de traduire que 15 000 mots par mois sans abonnement. Pour accéder à plus de fonctionnalités, il est nécessaire de souscrire à un abonnement mensuel :

7 - Abonnements

Confidentialité

En utilisant Lilt, la question de la confidentialité se pose. En effet, l’utilisation de la traduction automatique suppose le stockage des segments source et cible. Lilt assure sur son site Internet que les données importées sont sécurisées et que leur accès est exclusif à votre compte. Elles ne sont jamais partagées avec d’autres utilisateurs. Il est expliqué que les données sont cryptées selon le protocole SSL lors du transfert entre l’ordinateur et les serveurs et selon l’algorithme de chiffrement AES-256 lorsqu’elles sont chiffrées dans la base de données (source).

Conclusion

Lilt est donc un outil de TAO notable, liant biotraduction et traduction automatique pour une meilleure productivité. Sa compatibilité avec les formats de fichier TMX et SDL permet par exemple son utilisation en urgence (le/la traducteur/trice est en déplacement et reçoit un projet urgent à rendre avant son retour, or il n’a pas pris avec lui son ordinateur avec SDL Trados Studio dessus). On peut également l’utiliser lorsqu’on n’a pas encore la possibilité de se procurer une licence payante de logiciel de TAO.

Personnellement, je recommanderai Lilt pour son ergonomie et ses fonctionnalités complètes. Souscrire à un abonnement pourrait s’avérer intéressant pour un(e) traducteur/trice indépendant(e) qui débute son activité professionnelle.

 

Captures d’écran : je tiens à remercier Lilt de m’avoir autorisée à utiliser des captures d’écran de son interface.

J’ai testé pour vous… Slack

Par Emma Le Barazer, étudiante M2

 

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Slack (pour « Searchable Log of All Conversation and Knowledge ») est une plateforme de collaboration en ligne pour groupes de travail qui se décline également en application mobile. J’ai découvert cet outil lors d’un projet de traduction commun à la promotion de M2 Traduction Spécialisée Multilingue, pour lequel nous l’avons utilisé. J’ai été séduite par ses fonctionnalités, son ergonomie et… ses petites touches d’humour et de bonne humeur !

S’il ne s’agit pas à la base d’un outil dédié pour les projets de traduction, ses applications sont très diversifiées et il convient donc très bien à ce type d’utilisation.

 

Pourquoi utiliser Slack ?

Slack est un outil de messagerie instantanée organisé en canaux, lancé en 2013 et qui se vante de rendre tout son contenu « searchable » (= consultable via une recherche). Une fonctionnalité bien pratique pour collaborer sur un projet : si vous avez déjà été noyé sous une multitude d’e-mails et que vous avez perdu un temps précieux à rechercher le document ou l’information dont vous aviez besoin, Slack devrait vous simplifier la vie.

Le but de Slack est en effet de fluidifier la communication en entreprises ou entre collaborateur.ice.s en remplaçant les e-mails internes par un système de chat dont l’organisation est entièrement personnalisable. La messagerie instantanée est à mon sens plus intéressante, car je n’ai plus des dizaines d’e-mails à trier comme c’est le cas avec certaines messageries électroniques, il me suffit de consulter le canal dédié pour un projet ou une discussion. J’ai aussi moins l’impression d’être submergée que face à de nombreux e-mails non-lus, même si je peine parfois à remonter le fil de la discussion.

Cet outil existe en version gratuite et propose des forfaits si vous souhaitez bénéficier de certains services (visio-conférence, augmentation de l’espace de stockage, etc), mais sa version gratuite est déjà très complète.

À l’heure actuelle, Slack ne propose qu’une interface en anglais, mais l’intégration d’autres langues est prévue, dont le français.

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Aperçu d’une discussion sur Slack

 

Comment ça marche ?

Commencez par vous créer un compte, puis créez une équipe sur Slack : attribuez-lui un nom, l’adresse de votre messagerie sera alors nomdeléquipe.slack.com. Invitez ensuite vos collaborateur.ice.s par e-mail, qui pourront créer leur nom d’utilisateur.ice et leur mot de passe pour se connecter.

 

Canaux et notifications :

La discussion est organisée en canaux (un système inspiré d’IRC), qui sont par défaut #general et #random. Libre à vous de les modifier, de les archiver, d’en créer de nouveaux, de déterminer qui y a accès, etc. En tant que chef de projet, vous pouvez par exemple créer un canal par projet et inviter dans chaque canal les collaborateur.ice.s concerné.e.s.

Vous pouvez activer ou désactiver les notifications selon vos besoins, pour tous les canaux ou certains seulement, ou encore, si vous utilisez de nombreux canaux, mettre en favoris ceux que vous utilisez le plus souvent afin qu’ils apparaissent en premier dans votre liste de canaux.

Slack vous renvoie en principe au dernier message non lu du canal que vous consultez, mais j’ai rencontré quelques problèmes de fonctionnement lorsque de très nombreux messages m’attendaient et il m’a parfois fallu remonter le fil de la discussion manuellement.

En plus des canaux, il est possible d’utiliser la messagerie directe pour communiquer avec un.e utilisateur.ice en particulier, voire… avec soi-même ! Ne riez pas, c’est un « pense-bête » très pratique !

 

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Utiliser la messagerie directe pour ses notes personnelles

 

Fonctionnalités des messages :

La messagerie en elle-même est assez classique, mais propose cependant des fonctions d’édition de texte pour davantage de clarté (mise en gras, citations, etc). Vous pouvez partager des fichiers, mais gardez en tête que l’espace de stockage est limité à 5 Go avec la version gratuite de Slack.

Il est possible d’épingler les éléments (messages, documents…) importants et c’est à mon avis une des fonctionnalités les plus intéressantes de Slack : dans le cadre d’un projet de traduction, on peut par exemple épingler les consignes de traduction et ses mises à jour au cours du projet afin que chacun.e puisse les retrouver en un clic.

Vous avez également la possibilité de réagir aux messages postés à l’aide d’emojis, un système similaire à celui de Facebook, mais bien plus complet. Si cette fonctionnalité est amusante, elle permet surtout d’éviter de surcharger la discussion en messages superflus. Vous pouvez approuver une idée ou réagir à une bonne nouvelle en un emoji plutôt qu’avec un nouveau message.

Autre fonctionnalité utile : programmer un rappel à partir d’un message existant ou non, à envoyer à son équipe ou à soi-même après l’intervalle choisi.

 

Je suis loin d’avoir testé toutes les possibilités offertes par Slack, comme l’intégration d’autres applications ou le bot personnalisable, et je n’ai pas utilisé l’application mobile. Je peux cependant affirmer qu’il s’agit d’un outil ergonomique et intuitif, qui trouve son utilité dans le cadre de projets de traduction. Et je ne suis pas la seule à le trouver très agréable pour un usage privé !

 

Les images sont issues de https://slack.com/.

Ergonomie et bien-être du traducteur : petit guide des bonnes pratiques

Par Marie Serra, étudiante M2 TSM

Sujet en vogue depuis plusieurs années, nous sommes de plus en plus sensibilisés à la problématique de l’ergonomie, qu’elle ait trait au milieu de la traduction ou à tout autre corps de métier. La prise en compte de cette dimension induit de nombreuses améliorations : au niveau des outils tout d’abord, mais également de l’environnement et des méthodes de travail dans leur ensemble. Il reste toutefois encore bien du chemin à parcourir.

Du fait de toutes les nouvelles technologies essentielles au processus de traduction, l’ergonomie est souvent appréhendée sous le spectre des outils informatiques, à savoir leur facilité d’utilisation et leur accessibilité. Si, d’après Daniel Toudic et Guillaume de Brébisson dans un article paru en 2011, un poste de travail parfaitement ergonomique est « un outil qui permet au traducteur (salarié comme indépendant) de disposer dans l’instant de toutes les réponses d’ordre cognitif, documentaire, terminologique ou linguistique », il est essentiel de ne pas mettre de côté la dimension physique.

Écrire est traditionnellement perçu comme une activité intellectuelle et est, par conséquent, envisagé exclusivement sous cet angle. En France, il existe dans nos représentations socio-culturelles une opposition frappante entre profession intellectuelle et profession manuelle. Pourtant, l’exercice d’écriture qu’implique la traduction (et les métiers de l’écriture de manière générale) constitue bel et bien une activité physique à part entière qui mobilise l’ensemble du corps et engendre des dommages corporels divers. Parmi ces dommages corporels figurent notamment les troubles musculo-squelettiques (TMS), soit des lésions dues à la répétition de mouvements contraints et de postures adoptées lors de tâches professionnelles. Ces troubles musculo-squelettiques touchent les muscles, tendons et nerfs et se manifestent par des picotements, des fourmillements, des douleurs sourdes continues, voire vives au moment de l’effort, ainsi que des engourdissements. Les TMS les plus récurrents dans la profession, liés à l’utilisation du clavier notamment, sont le syndrome du canal carpien au niveau du poignet et l’épicondylite pour le coude. Les épaules ne sont pas en reste et peuvent également être touchées, de même que les vertèbres cervicales (du fait du positionnement de l’écran).

Notre attention avait été attirée sur ce sujet lors d’une conférence dédiée à l’ergonomie et à ses bonnes pratiques dans le cadre de la première année de Master. Nous y avions entre autres appris les bonnes postures à adopter face à notre poste de travail (cf. image ci-dessous), l’alternative du clavier BÉPO (plus adapté à la langue française que l’omniprésent clavier AZERTY) au sujet duquel un article a déjà été rédigé sur le blog par mon collègue Quentin, ainsi que l’importance des pauses régulières. Idéalement, celles-ci doivent intervenir toutes les deux heures, ce qui, j’en conçois, n’est pas toujours réalisable en période de « rush ». Elles permettent de s’aérer l’esprit afin de gagner en productivité à la reprise, en faisant des séries d’étirements par exemple ou même, pour les plus motivé.e.s d’entre nous, en allant courir.

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Cependant, ce n’est qu’au cours de mon stage dans une agence de traduction aux Pays-Bas que j’ai pris conscience de l’importance de l’ergonomie et de ses impacts sur le quotidien d’un.e traducteur/trice. Le bien-être physique était au cœur de la politique de l’entreprise et je trouvai là de nombreuses formes de mise en pratique concrète. Cela se traduisait tout d’abord par l’aménagement de notre environnement de travail à travers des bureaux et fauteuils réglables à l’envi, des supports de surélévation pour les pieds et les écrans d’ordinateurs, des steps, des rideaux modulables en tout sens et des balles anti-stress. Les bureaux adaptables nous permettaient ainsi de ne pas travailler constamment dans la même position mais d’osciller entre les postures debout/assis, une solution largement préconisée par de nombreux kinésithérapeutes et ergonomes. Très prisés par les salarié.e.s qui se prêtaient allègrement au « jeu », si l’on peut dire, nous passions tous une bonne partie de la journée à travailler debout. De son côté, l’écran situé au niveau des yeux contribuait à une meilleure posture des cervicales, soit deux manières de lutter contre les fameux troubles musculo-squelettiques dont sont bien souvent sujets les traducteurs (d’épais livres ou dictionnaires peuvent également faire office de solution de fortune lorsque l’on ne dispose pas du matériel nécessaire).

Afin « d’apprivoiser » le matériel mis à notre disposition et d’adopter les bons réflexes, chaque premier lundi du mois était ponctué par la venue d’un kinésithérapeute. En plus de nous indiquer individuellement les postures à adopter face à notre poste de travail, une demi-heure de relaxation et de massages était dédiée à chaque salarié.e, selon ses besoins et ses antécédents. Dans un tout autre registre, la flexibilité et l’absence de cloisons dans les rapports à la hiérarchie étaient deux éléments indissociables du bien-être au travail. Cette flexibilité s’est traduite par des horaires et lieux de travail aménagés : selon les jours, chaque salarié.e (qu’il/elle soit traducteur/trice ou chef de projet) pouvait choisir de travailler depuis son domicile ou au sein des autres bureaux de l’entreprise, mais également de commencer plus tard en fonction de ses obligations personnelles.

Sans prétendre au fonctionnement universel de ces méthodes, elles eurent le mérite de porter leurs fruits sur moi. Elles constituent la preuve selon laquelle les outils et le travail peuvent et doivent s’adapter au/à la traducteur/trice, et non l’inverse ! Couplées à 12 km de vélo par jour au pays de la bicyclette, j’ai pu ressentir une nette différence en termes de fatigue physique et, sujette aux problèmes de dos et de cervicales, ma productivité et mon corps m’en ont remerciée.

Sources :

  • Toudic Daniel, De Brébisson Guillaume. 2011. Poste du travail du traducteur et responsabilité : une question de perspective. Disponible à l’adresse : https://ilcea.revues.org/1043

J’ai testé pour vous : smartQuery

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Par Nicolas Blazevic, étudiant M2 TSM

Dans le cadre d’un projet de traduction, la qualité joue un rôle essentiel. En effet, c’est surtout elle qui permettra de satisfaire les attentes du client et de préserver la réputation de l’agence de traduction. C’est pourquoi il est important d’accorder la plus grande attention aux remarques transmises par les traducteurs, qui sont en contact direct avec les documents et leurs éventuels problèmes.

Cependant, comme j’ai pu le remarquer au cours de mon stage en première année, une gestion basique des problèmes par simple échange de courriels peut vite s’avérer redondante et chronophage. J’ai donc testé pour vous smartQuery, un outil qui optimise la gestion des problèmes rencontrés dans les projets.

Initialement développé par l’entreprise autrichienne Kaleidoscope, smartQuery fait désormais partie des outils SDL. Disponible en anglais et en allemand, son interface fonctionne intégralement en ligne, ce qui la rend accessible à l’ensemble des acteurs d’un projet (traducteurs, gestionnaires de projet, clients…). Mais il est également possible de gagner en ergonomie grâce au module complémentaire gratuit, qui s’intègre parfaitement à SDL Trados Studio 2014 et 2015.

Fonctionnement de smartQuery

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Lorsqu’un traducteur rencontre un problème lié à la terminologie ou à la compréhension du texte source, il peut alors formuler une requête en se connectant au site web de smartQuery ou en cliquant directement sur l’icône du module installé dans SDL Trados Studio. Il lui suffit ensuite de sélectionner le projet et le fichier concernés et d’insérer le terme source qui pose problème. Avant de poursuivre la saisie, le système va interroger la base de données contenant toutes les anciennes requêtes, afin de voir si des problèmes similaires n’ont pas déjà été résolus. Si tel est le cas, une fenêtre pop-up s’affichera à l’écran et proposera au traducteur de les consulter. Ainsi, le traducteur ne sollicitera l’attention des gestionnaires de projet que si aucune solution pertinente n’est présente dans le système. Il suffit pour cela de fermer la fenêtre et de continuer à compléter le formulaire.

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Source de l’image : SDL smartQuery

Une fois ceci fait, la requête s’affiche dans un coin de SDL Trados Studio avec le statut « Assigned to PM » et le gestionnaire de projet reçoit alors une notification automatique par e-mail lui indiquant qu’une nouvelle requête doit être traitée. Depuis la plateforme, il aura accès à toutes les informations nécessaires à la résolution du problème, telles que le nom du projet et du fichier, le terme source et son contexte, la question du traducteur et sa suggestion. À ce moment-là, le gestionnaire peut choisir de répondre à la question lui-même, de la déléguer à l’un de ses collègues ou bien de la transférer au client directement depuis la plateforme.

Lorsque la réponse finale est saisie dans le système, celle-ci est directement transférée au traducteur, qui pourra alors la consulter sur la plateforme ou depuis SDL Trados Studio. Par ailleurs, le statut sera changé en « Finalized by PM » et la requête sera enregistrée sur le système afin de l’alimenter. Finalement, smartQuery est un peu comme une bibliothèque de mémoires de traduction qui, au lieu de contenir des traductions, recense toute une série de problèmes et de solutions.

 

Avantages d’un tel système

Le premier avantage de smartQuery réside dans le gain de temps. Les gestionnaires de projet ne sont sollicités qu’en cas de réel besoin et le fait de ne pas avoir à envoyer de courriels permet de transmettre et de traiter rapidement l’information. Ensuite, en cas d’absence d’un gestionnaire de projet, les requêtes peuvent facilement être consultées par d’autres collaborateurs, ce qui favorise la mise en place de « back-ups ». Autre avantage notable : le partage des solutions. Prenons l’exemple d’un texte source qui contiendrait une erreur dans un segment. Si ce texte est traduit vers plusieurs langues cibles, le gestionnaire de projet peut en un clic décider d’envoyer la phrase correcte à tous les autres traducteurs, qui en seront immédiatement notifiés par courriel et dans SDL Trados Studio. Cette intégration dans le logiciel de TAO est un véritable bonus : en effet, lorsque les traducteurs sont plongés dans leur travail, rares sont ceux qui trouvent le temps de consulter leurs e-mails. Grâce à smartQuery, des informations pertinentes et cruciales concernant leur projet en cours peuvent leur être transmises sans attendre, tout en s’assurant qu’ils les verront. Ainsi, les problèmes de qualité peuvent être évités à la source, avant qu’il ne soit trop tard. Enfin, la sauvegarde des requêtes et de leurs solutions dans le système permet aux gestionnaires de projet de résoudre les problèmes plus rapidement. Imaginons qu’un problème similaire ait déjà été rencontré sur un projet réalisé pour un autre client, le gestionnaire peut tout à fait s’en inspirer et trouver rapidement la marche à suivre en effectuant simplement quelques recherches dans la base de données du système.

 

Envie de tester smartQuery par vous-même ?

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C’est possible… et gratuit ! Notez que seule la plateforme en ligne peut être testée, le module intégré à SDL Trados Studio n’étant téléchargeable que par les personnes qui ont fait l’acquisition de smartQuery. Pour ce faire, rendez-vous sur le site de démonstration mis à disposition par Kaleidoscope, puis saisissez l’un des identifiants[1] ci-contre : « Translator1 » pour accéder à l’interface des traducteurs, « PM1 » pour l’interface réservée aux gestionnaires de projets et « Client1 » pour celle dédiée aux clients. Les mots de passe respectifs pour chaque rôle sont identiques aux identifiants. N’hésitez pas à créer des requêtes factices, celles-ci seront automatiquement supprimées par le système en fin de journée[2]. Ainsi, vous pourrez tester chaque rôle et vous rendre compte par vous-même de l’utilité d’un système de gestion de requêtes. Pour vous aider à apprivoiser l’interface, un guide de test en anglais peut être téléchargé en cliquant sur ce lien. Enfin, si vous préférez les explications pratiques, je vous invite à visionner cette vidéo qui explique les principales fonctionnalités de smartQuery :

[1] Kaleidoscope GesmbH (2005), Testing Guide, p. 27.

[2] Kaleidoscope recommande de ne pas entrer de données confidentielles sur le serveur de test (http://testserver.kaleidoscope.at/).

J’ai testé pour vous : la TPBox

Par Marie Surreau, étudiante M2 TSM

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La TPBox est un système de gestion de projet conçu pour les agences de traduction. Il s’agit d’une plateforme en ligne, il n’y a donc rien à installer sur son ordinateur. L’interface est disponible en plusieurs langues : anglais, français, allemand, espagnol et néerlandais. J’ai eu l’occasion de tester cet outil lors de mon stage au sein d’une agence de traduction. Si au début l’interface m’a paru complexe, il m’a fallu très peu de temps pour savoir l’utiliser. La force de cet outil est de rassembler au même endroit tout ce dont une agence de traduction a besoin. On y trouve notamment les fiches clients et les fiches fournisseurs. Les projets peuvent être gérés de A à Z sur la TPBox : réception de la demande de traduction, création du devis, recherche de fournisseurs, bons de commande, échanges par mail avec les clients et les fournisseurs, partage des fichiers sources et des ressources, retour des fichiers cibles, livraison, facturation, etc. Quel que soit son rôle au sein de l’agence, chacun y trouve les outils adaptés. La page d’accueil de l’agence permet à tous les membres de suivre l’avancée des différents projets et d’accéder rapidement à sa boîte mail.

tpbox

Page d’accueil de l’interface agence

J’ai finalement trouvé cet outil assez ergonomique. Tout est accessible en un clic, ce qui permet de gagner en productivité. Le tableau de bord est personnalisable, chacun peut donc l’organiser selon ses besoins. Les projets peuvent, par exemple, être triés par chef de projet, par client, ou encore par date de livraison.

La TPBox facilite la communication entre les membres de l’équipe, mais aussi avec les clients et avec les fournisseurs. En effet, l’outil s’adresse également aux traducteurs et aux clients. Ils peuvent accéder à la TPBox depuis leur espace personnel. Quand on leur parle de la TPBox, ils se montrent rarement réticents. D’après moi, il est cependant nécessaire de bien leur expliquer son fonctionnement et de leur envoyer un petit mode d’emploi.

Les clients peuvent faire leur demande de devis directement depuis leur espace personnel. Ils envoient leurs fichiers à traduire et remplissent un formulaire (voir la capture* ci-dessous) dans lequel ils doivent spécifier la langue source, les langues cibles et les services souhaités. Une fois le devis accepté, les clients ont la possibilité de suivre la progression de leurs projets.

demandedevis

Les fournisseurs, quant à eux, ont l’accès à leur fiche fournisseur afin de modifier leurs données personnelles (langues, outils dont ils disposent, domaines de spécialisation, tarifs, etc.). Ils reçoivent ensuite les offres directement dans leur espace personnel (voir ci-dessous).

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Une fois l’offre acceptée, ils récupèrent les fichiers sources, ainsi que les ressources disponibles (guides de style, fichiers de référence, mémoire de traduction, etc.). Ils peuvent ensuite accéder à leur bon de commande et au forum d’entraide. La livraison se fait, elle aussi, depuis la TPBox. De plus, les fournisseurs ont accès au système de facturation pour créer leurs factures. Par le biais de leur espace personnel, les traducteurs ont aussi la possibilité d’informer l’agence des dates auxquelles ils ne sont pas disponibles.

J’ai récemment découvert que la TPBox propose un outil de TAO en ligne. Je trouve que c’est une très bonne idée, en particulier pour les traducteurs qui n’utilisent pas encore la TAO. Je n’ai pas eu la possibilité de le tester, donc à voir si l’outil est performant ou non.

Le système de gestion de projet propose de nombreuses fonctionnalités. Certaines d’entre elles peuvent paraître toutes simples, mais elles nous facilitent vraiment le travail ! Tout d’abord, les mails peuvent être attachés au projet correspondant, ce que j’ai trouvé très ingénieux. Plus besoin de chercher dans sa boîte mail ! C’est pratique, rapide et surtout c’est très utile quand un second chef de projet doit gérer le projet en l’absence du chef de projet habituel. Une autre fonctionnalité intéressante est le forum d’entraide. Il permet aux traducteurs travaillant sur un même projet d’échanger entre eux et d’échanger avec le chef de projet. Cela évite notamment au chef de projet de répondre dix fois à la même question !

Par contre, le choix limité des langues de l’interface peut poser problème. Les clients ne parlent pas forcément une des langues proposées. Ils ne sont donc pas tous à même d’utiliser la TPBox. Un éventail plus vaste serait donc appréciable.

Comme vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé travailler avec la TPBox durant mon stage. Selon moi, c’est un outil performant qui permet un gain de temps pour les chefs de projet.

 

 

*Toutes les captures d’écran proviennent du site internet de la TPBox. Merci à eux pour leur accord préalable.