EAZYLANG, la traduction professionnelle 3.0

Par Pénélope Girod, étudiante M1 TSM

Tête d'article

Eazylang, je suis tombée dessus il y a quelques mois lorsque je cherchais une structure susceptible de m’accueillir pour un stage. Eazylang n’est pas une agence de traduction et c’est ce qui a immédiatement retenu mon attention. C’est une plate-forme qui permet de mettre en relation des traducteurs professionnels directement avec des entreprises ou des personnes qui ont besoin de faire traduire leurs documents techniques.

 

Eazylang est une jeune start-up française implantée à Lyon. Mais Eazylang c’est tout d’abord un constat fait par ses fondateurs, Eric Lavost et Nicolas Fachon, celui de l’absence de place de marché en ligne permettant de mettre en relation des clients avec des traducteurs professionnels  de manière simple et rapide. A partir de là, une idée germe en 2002 et se concrétise enfin en 2012. Le lancement du projet Eazylang a été accompagné par l’incubateur Pulsalys puis par l’EM Lyon, dès 2015.

 

C’est un anti-annuaire, l’antithèse des hordes de réseaux sociaux professionnels qui peuplent Internet : il met directement en relation le client et le traducteur. Pour ce faire les deux parties doivent d’abord s’inscrire sur le site. Le traducteur doit entrer ses informations professionnelles, l’inscription est ensuite analysée par l’équipe d’Eazylang qui choisit d’accepter ou non la candidature du traducteur en se basant sur plusieurs critères parmi lesquels le fait d’être titulaire d’un diplôme de traducteur, l’utilisation d’outils de TAO, les traductions effectuées précédemment, et bien sûr le couple de langues. Ces informations permettent d’identifier les professionnels expérimentés et de filtrer les traducteurs amateurs qui voient leur inscription refusée. L’analyse des contenus déjà traduits permet d’orienter les projets vers des traducteurs qui maîtrisent déjà la terminologie requise. C’est ce qui fait l’originalité d’Eazylang. Une fois que le traducteur a reçu la confirmation de son inscription il peut importer ses mémoires de traduction (au format .tmx) ainsi que ses bases de données terminologiques (format .tbx) qui permettent d’établir un profil objectif.

 

Comment les clients et les traducteurs sont-ils mis en relation ?

Lorsqu’un client a besoin de faire traduire un document, il l’importe sur Eazylang et un algorithme analyse son contenu terminologique et le compare à celui des mémoires de traduction enregistrées dans les profils des traducteurs afin de former une liste de traducteurs à proposer au client (ceux qui ont déjà traité du sujet donné seront proposés en priorité). Ce système permet de trouver le traducteur avec le couple de langues recherché qui sera le plus efficace dans sa spécialité et qui correspond le mieux au contexte du document. Le client peut donc comparer les offres et les tarifs et choisir ce qui lui convient le mieux de manière plus effective. Le traducteur est quant à lui exempté de longues prospections et établit un lien direct avec sa clientèle. Chaque traducteur est noté par ses clients une fois le travail finalisé. Plus un traducteur a une note élevée et plus il a importé de mémoires de traduction, plus il remontera dans les listes.

 

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Il est également important de préciser que l’inscription sur Eazylang est absolument et totalement gratuite. Le traducteur ne paye pas de commission ou de charge en plus. La seule commission de la plate-forme est à la charge du client. Le traducteur est complètement libre de fixer les tarifs de son choix. Le paiement est totalement sécurisé, les fonds sont versés sur un compte séquestre chez un prestataire de service de paiement et y sont conservés jusqu’à la livraison du document traduit. Une fois que le travail est accepté par le client, la somme est transférée au traducteur.

 

Qu’en est-il de la sécurité et de la confidentialité des données ?

Les mémoires de traduction sont protégées juridiquement, seul leur auteur a accès à leur contenu. Pour Eazylang, c’est le moyen d’identification du profil des traducteurs au travers de leurs compétences réelles et c’est l’un des éléments pivot du système d’algorithme sur lequel se base tout leur concept. Tout est enregistré sur un cloud privatif dont la structure est solide et des sauvegardes de secours sont effectuées. L’utilisation de certificats SSL permet de crypter les données contenues dans les documents transférés sur la plate-forme ce qui assure la confidentialité des documents.

Tout se fait dans le même environnement sur Eazylang ce qui facilite grandement la correspondance entre le client et le traducteur. Une messagerie est intégrée à la plate-forme et conserve l’historique de la traduction. La traçabilité est de ce fait garantie. De plus une version « corporate » existe pour les entreprises qui veulent intégrer Eazylang dans leur propre environnement informatique, à l’aide d’API.

Une version spéciale pour les agences de traduction est également en cours de test. Elle permettrait entre autres d’intégrer les clients historiques au réseau et assurerait un gain substantiel de compétitivité. Le chef de projet verrait ainsi sa charge de travail allégée en réduisant la part de charges administratives.

 

En partant d’un simple constat et en voulant répondre à une problématique client, Eazylang a apporté, par un effet de vases communicants, de multiples réponses à tous les niveaux de la traduction. Aujourd’hui Eazylang est utilisé dans plus de 90 pays et propose actuellement plus de 270 couples de langues. Ce nombre est amené à augmenter en fonction de la demande des clients, Eazylang souhaitant faire correspondre l’offre de traduction avec les besoins réels des clients. C’est aussi un moyen très pratique d’assurer le nomadisme des traducteurs.

Alors, prêts à tester Eazylang ?

 

Je remercie l’équipe d’Eazylang d’avoir répondu à mes questions et de m’autoriser à utiliser des images de leur site.

J’ai testé pour vous : la TPBox

Par Marie Surreau, étudiante M2 TSM

logo_tpbox

La TPBox est un système de gestion de projet conçu pour les agences de traduction. Il s’agit d’une plateforme en ligne, il n’y a donc rien à installer sur son ordinateur. L’interface est disponible en plusieurs langues : anglais, français, allemand, espagnol et néerlandais. J’ai eu l’occasion de tester cet outil lors de mon stage au sein d’une agence de traduction. Si au début l’interface m’a paru complexe, il m’a fallu très peu de temps pour savoir l’utiliser. La force de cet outil est de rassembler au même endroit tout ce dont une agence de traduction a besoin. On y trouve notamment les fiches clients et les fiches fournisseurs. Les projets peuvent être gérés de A à Z sur la TPBox : réception de la demande de traduction, création du devis, recherche de fournisseurs, bons de commande, échanges par mail avec les clients et les fournisseurs, partage des fichiers sources et des ressources, retour des fichiers cibles, livraison, facturation, etc. Quel que soit son rôle au sein de l’agence, chacun y trouve les outils adaptés. La page d’accueil de l’agence permet à tous les membres de suivre l’avancée des différents projets et d’accéder rapidement à sa boîte mail.

tpbox

Page d’accueil de l’interface agence

J’ai finalement trouvé cet outil assez ergonomique. Tout est accessible en un clic, ce qui permet de gagner en productivité. Le tableau de bord est personnalisable, chacun peut donc l’organiser selon ses besoins. Les projets peuvent, par exemple, être triés par chef de projet, par client, ou encore par date de livraison.

La TPBox facilite la communication entre les membres de l’équipe, mais aussi avec les clients et avec les fournisseurs. En effet, l’outil s’adresse également aux traducteurs et aux clients. Ils peuvent accéder à la TPBox depuis leur espace personnel. Quand on leur parle de la TPBox, ils se montrent rarement réticents. D’après moi, il est cependant nécessaire de bien leur expliquer son fonctionnement et de leur envoyer un petit mode d’emploi.

Les clients peuvent faire leur demande de devis directement depuis leur espace personnel. Ils envoient leurs fichiers à traduire et remplissent un formulaire (voir la capture* ci-dessous) dans lequel ils doivent spécifier la langue source, les langues cibles et les services souhaités. Une fois le devis accepté, les clients ont la possibilité de suivre la progression de leurs projets.

demandedevis

Les fournisseurs, quant à eux, ont l’accès à leur fiche fournisseur afin de modifier leurs données personnelles (langues, outils dont ils disposent, domaines de spécialisation, tarifs, etc.). Ils reçoivent ensuite les offres directement dans leur espace personnel (voir ci-dessous).

offre-traduction

Une fois l’offre acceptée, ils récupèrent les fichiers sources, ainsi que les ressources disponibles (guides de style, fichiers de référence, mémoire de traduction, etc.). Ils peuvent ensuite accéder à leur bon de commande et au forum d’entraide. La livraison se fait, elle aussi, depuis la TPBox. De plus, les fournisseurs ont accès au système de facturation pour créer leurs factures. Par le biais de leur espace personnel, les traducteurs ont aussi la possibilité d’informer l’agence des dates auxquelles ils ne sont pas disponibles.

J’ai récemment découvert que la TPBox propose un outil de TAO en ligne. Je trouve que c’est une très bonne idée, en particulier pour les traducteurs qui n’utilisent pas encore la TAO. Je n’ai pas eu la possibilité de le tester, donc à voir si l’outil est performant ou non.

Le système de gestion de projet propose de nombreuses fonctionnalités. Certaines d’entre elles peuvent paraître toutes simples, mais elles nous facilitent vraiment le travail ! Tout d’abord, les mails peuvent être attachés au projet correspondant, ce que j’ai trouvé très ingénieux. Plus besoin de chercher dans sa boîte mail ! C’est pratique, rapide et surtout c’est très utile quand un second chef de projet doit gérer le projet en l’absence du chef de projet habituel. Une autre fonctionnalité intéressante est le forum d’entraide. Il permet aux traducteurs travaillant sur un même projet d’échanger entre eux et d’échanger avec le chef de projet. Cela évite notamment au chef de projet de répondre dix fois à la même question !

Par contre, le choix limité des langues de l’interface peut poser problème. Les clients ne parlent pas forcément une des langues proposées. Ils ne sont donc pas tous à même d’utiliser la TPBox. Un éventail plus vaste serait donc appréciable.

Comme vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé travailler avec la TPBox durant mon stage. Selon moi, c’est un outil performant qui permet un gain de temps pour les chefs de projet.

 

 

*Toutes les captures d’écran proviennent du site internet de la TPBox. Merci à eux pour leur accord préalable.