Comment choisir vos domaines de spécialité ?

 

Article original en anglais Choosing your translation specializations rédigé par Corinne McKay, traductrice américaine du français vers l’anglais.

Traduction en français réalisée par Alvina Veillon, étudiante en M1, Master TSM à l’Université de Lille

 

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Il y a environ 11 ans, j’ai passé mon premier entretien avec une agence de traduction. La première question de la gestionnaire de projet, « quelles sont vos langues de travail ? », était une question à laquelle je m’attendais. Sa deuxième question, en revanche, m’a vraiment prise au dépourvu : « quels sont vos domaines de spécialisation ? ». Des domaines de spécialisation ? Parler une autre langue n’est-il pas suffisant ? Eh bien, il s’avère qu’avoir simplement des compétences linguistiques ne suffit pas pour réussir une carrière de traducteur. Voici quelques conseils pour identifier des domaines de traduction et savoir dans lesquels se spécialiser.

Premièrement, voici un conseil du traducteur vétéran Jill Sommer (en anglais) : choisissez un domaine dans lequel vous aimez faire des recherches. Vous allez beaucoup vous documenter sur votre domaine de spécialisation ; soyez donc sûr qu’il vous intéresse. Assurez-vous également que la spécialité que vous ciblez vous permettra d’avoir assez de travail pour que votre activité soit viable. Beaucoup débutent en se concentrant sur leurs centres d’intérêt : le tissage, la lutherie, etc. Il y a sans doute du travail dans ces domaines, mais probablement pas assez pour travailler à temps plein, ou pas assez bien rémunéré. Si vous souhaitez travailler avec des clients directs, il y a du travail dans à peu près tous les domaines imaginables. Si vous souhaitez travailler avec des agences, il vous faut vraiment cibler un de leurs principaux secteurs : la finance, le médical, le juridique, le pharmaceutique, l’informatique, les brevets, etc. Il peut aussi vous être utile d’identifier vos « domaines de non-spécialisation », c’est-à-dire les domaines dans lesquels vous ne voulez surtout pas traduire.

J’ai l’impression que dans certains domaines, il y a un nombre croissant de traducteurs qui ont une expérience professionnelle significative dans le secteur de leur spécialité. Aux États-Unis, par exemple, je rencontre de plus en plus d’avocats qui, détestant l’exercice de leur profession ou n’arrivant pas à trouver un emploi épanouissant, se sont tournés vers la traduction, qui s’est présentée comme une alternative. Dans le cas des textes médicaux complexes, il vous faut des connaissances solides en médecine pour produire une bonne traduction. Toutefois, de nombreux traducteurs sont autodidactes dans leurs domaines de spécialisation : ils choisissent un domaine qui leur semble intéressant, commencent avec des textes qui ne sont pas très techniques, puis apprennent au fur et à mesure.

Dans un sens, il est aussi dans votre intérêt de vous diriger là où c’est plus rémunérateur. Je dis à tous mes étudiants en traduction qu’il y a quelque part un juste milieu entre ce que vous voulez traduire et ce pour quoi les clients sont prêts à mettre le prix. Si vous êtes amateur d’art, traduire pour des musées qui prêtent et empruntent des œuvres à l’international peut s’avérer être une niche rémunératrice. Si vous êtes passionné de tissage, vous pouvez peut-être travailler pour des compagnies de textile qui veulent exporter leurs produits. D’un côté, il est judicieux de se focaliser sur un secteur (juridique, pharmaceutique) dans lequel les clients ont besoin de traductions pour leurs affaires. Mais d’un autre côté, il est intéressant de se concentrer sur une industrie (communication d’entreprise, hôtellerie) dans laquelle les clients espèrent qu’une très bonne traduction contribuera au succès de leurs affaires.

Enfin, si vous désirez travailler avec des clients directs, n’ayez pas peur des marchés de niche. Comme vous le dira Karen Tkaczyk, traductrice du français vers l’anglais spécialisée en chimie (en anglais), tout ce dont vous avez besoin est assez de travail pour une seule personne ! J’ai rencontré des traducteurs spécialisés dans l’équitation, la philatélie, la pêche, ou encore le recyclage, et qui s’en sortent très bien. Et si vous voulez approfondir vos connaissances dans votre domaine de spécialisation, une plateforme de MOOC telle que Coursera peut être une bonne piste pour commencer. Vous pouvez en savoir plus sur mon expérience d’un cours d’épidémiologie sur Coursera ici (en anglais).

 

Interview de Maja Bednarek, gestionnaire de projet pour TranslateMedia en Pologne

Par Emmanuelle Dutreuil, étudiante M1 TSM

 

Aujourd’hui, je vous propose une interview de Maja Bednarek, gestionnaire de projet de traduction, basée à Łódź, en Pologne. J’ai rencontré Maja au début du stage que j’effectue actuellement en assurance qualité chez TranslateMedia, une agence de traduction à Londres, qui possède des bureaux aux États-Unis, en Chine et en Pologne.

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– Tout d’abord, peux-tu me parler un peu de tes études ? Qu’as-tu étudié ? Quelles langues parles-tu ?

J’ai effectué une licence de philologie française, avec une UE de philologie anglaise (spécialité enseignement du français comme langue étrangère) à l’Université de Łódź, en Pologne. Je suis sur le point de terminer mon Master en philologie française spécialité traduction.

Je parle couramment anglais et français, j’ai un niveau intermédiaire en turc et j’ai les bases en italien. J’ai aussi appris l’allemand jusqu’au collège. Ces connaissances m’aident beaucoup au quotidien.

 

– Pourquoi as-tu décidé de devenir gestionnaire de projet ?

C’est en quelque sorte une coïncidence. J’ai postulé dans beaucoup d’agences et j’étais à la recherche d’un emploi dans le milieu des langues. Je suis tombée sur l’annonce de TranslateMedia pour un poste de gestionnaire de projet à Zduńska Wola auquel j’ai immédiatement postulé. Je pensais que ce serait le parfait point de départ de ma carrière professionnelle. C’était mon tout premier entretien et j’ai été prise.

 

– Depuis combien de temps travailles-tu chez TranslateMedia ?

Ça fera un an le 8 août. Le temps file à une vitesse…

 

– Qu’est-ce qu’une journée typique pour toi ?

Le point positif de ce travail, c’est que les jours ne se ressemblent pas. Le marché français est très particulier et je ne sais jamais à quoi m’attendre quand j’arrive le matin. Il est possible qu’un jour je ne fasse que des QA et que le lendemain je sois occupée à attribuer des projets très urgents à des traducteurs.

 

– Y a-t-il un projet « typique » ?

Comme je l’ai dit précédemment, il n’y a pas de projet « typique » car j’ai plusieurs clients avec des besoins et spécialités différents. S’il fallait vraiment que je donne une réponse, je dirais FR>EN, 1 000 mots en marketing.

 

– Pour les clients réguliers, utilises-tu toujours les mêmes linguistes ?

Je n’ai que quelques clients réguliers. Pour ceux-ci, nous avons une équipe de linguistes qui travaille sur ce compte. Parfois, il est suffisant de mettre le projet sur « Auto » (les linguistes reçoivent des alertes par email et peuvent s’attribuer la traduction). Cependant, il est primordial que les traducteurs connaissent le client, la terminologie appropriée, qu’ils aient un brief entre les mains et qu’ils aiment travailler avec ce client.

 

– Quels sont les aspects les plus compliqués de ton travail ?

Je dirais les projets complexes, notamment ceux qui ont un délai très court, quand il n’y a pas de linguiste disponible et que le client souhaite recevoir ses traductions le plus rapidement possible. Il est également compliqué de gérer les situations dans lesquelles un client modifie le fichier source alors que le projet a déjà été lancé ou lorsqu’il envoie d’autres phrases à traduire pour ce même document alors que le projet est terminé.

 

– Quel est l’aspect le plus gratifiant de ton travail ?

Je trouve cela très gratifiant quand les traducteurs me disent qu’ils ont aimé travailler avec moi ou quand ma supérieure me dit que j’ai fait du bon travail, surtout lors de projets très complexes. C’est aussi très gratifiant et motivant quand je rends possible un projet qui paraissait impossible au départ.

 

– Comment gères-tu les délais très courts, les plaintes des clients ou les problèmes avec les linguistes ?

C’est très stressant. Heureusement pour moi, j’ai de bonnes qualités relationnelles et je parviens, la plupart du temps, à faire que tout fonctionne comme il faut.

En ce qui concerne les délais très courts, j’ai une excellente équipe de linguistes avec qui j’ai une très bonne relation. En cas d’urgence, je les appelle et leur demande leur aide.

Pour les plaintes des clients, c’est une question sensible. Parfois, il suffit de parler aux traducteurs et leur traduction est retravaillée. Parfois, c’est un peu plus compliqué.

 

– Tout au long de notre Master 1, on nous a enseigné l’importance de la présence sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Viadeo, Facebook, Twitter, etc.). Qu’en penses-tu ? Où trouves-tu tes linguistes ?

Je pense en effet que c’est très important ! Nous avons une base de données importante (de l’ordre de 6 000 linguistes) et la plupart du temps, nous faisons appel à des linguistes qui sont enregistrés chez nous.

Si jamais nous avons besoin d’un nouveau traducteur, personnellement, je regarde sur Proz et LinkedIn. Nous avons une équipe de recrutement qui se charge de recruter des linguistes tous les jours et ils les trouvent en général sur les réseaux sociaux.

 

– Tu es spécialisée dans le marché français, mais tu travailles également avec d’autres langues. J’imagine que pour certaines langues, il est plus compliqué de trouver des linguistes. Comment procèdes-tu dans ce cas ?

Je travaille avec beaucoup de clients parlant français mais pour ceux-ci nous n’effectuons pas seulement des projets EN>FR ou FR>EN. Ils peuvent tout à fait faire appel à nous pour d’autres langues. Comme je l’ai mentionné plus haut, nous avons une très grande base de données pour presque toutes les langues : pour les langues les plus demandées comme l’anglais ou l’espagnol, mais aussi pour les dialectes en Inde comme l’ourdou ou le bengali.

Récemment, j’ai eu un projet en occitan, une langue très peu demandée, parlée notamment dans le sud de la France, à Monaco et dans certaines parties de l’Italie et de l’Espagne. Avec l’équipe de recrutement, nous avons réussi à trouver un excellent traducteur qui est désormais dans notre base de données.

 

– Quels outils de TAO utilisent vos linguistes pour traduire ?

Nous avons notre OnlineEditor, qui est l’outil de TAO de TranslateMedia intégré à notre système. Nous encourageons nos linguistes à travailler sur celui-ci puisqu’il nous aide à gérer le flux de travail et les aspects techniques du projet. Environ 80 % de nos linguistes trouvent que l’OE est facile à utiliser et choisissent de s’en servir. Cependant, si l’un d’entre eux insiste pour travailler avec son propre outil de TAO, nous lui envoyons le fichier source en format .xlf ou .rtf ainsi que la mémoire de traduction et les documents de référence.

 

– Selon toi, quelles sont les qualités les plus importantes pour être un bon gestionnaire de projet ?

Être capable de faire plusieurs choses à la fois ! C’est primordial. Parfois, il arrive que je doive attribuer des projets, faire un devis pour un client, répondre à des questions des linguistes et faire un QA, tout cela à la fois. Je dirais aussi qu’il faut savoir bien gérer son temps. Je pense qu’il est également important d’avoir de bonnes compétences relationnelles pour avoir un bon contact avec les traducteurs. Aussi, je dirais qu’être minutieux est un très gros avantage pour les QA.

 

Je te remercie Maja d’avoir pris le temps et d’avoir eu la gentillesse de répondre à toutes mes questions.

Et si j’étais…

Par Célia Demurger, M2 TSM

 

Nombreux sont les étudiants à se poser la question sur les débouchés après le Master TSM. On entend souvent parler des métiers de la traduction, mais très peu des différents types de statut. Il existe de nombreux métiers dans le secteur de la traduction mais tous ne s’exercent pas de la même manière. Salarié, fonctionnaire, micro-entrepreneur, indépendant, EURL, SARL… Très facile de s’y perdre ! Et cela varie selon l’endroit : en France, à l’étranger, sur Mars (oups, pas encore). Certains statuts n’existent pas dans tous les pays ou ne s’exercent pas dans les mêmes conditions d’un point de vue juridique et fiscal. D’où l’importance de bien se renseigner avant de partir à l’étranger pour y travailler, afin de connaître tous les avantages et inconvénients ainsi que les démarches à suivre.

Le but de ce billet n’est pas de vous faire un cours de droit du travail, mais plutôt de présenter dans les grandes lignes un aspect trop peu évoqué à mon goût et qui pourrait intéresser les professionnels de demain. Je vais présenter dans ce billet les quatre statuts les plus courants sur le marché de la traduction en France : les statuts de salarié, de fonctionnaire, de micro-entrepreneur et d’indépendant en déclaration contrôlée.

 

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  • Salarié :

Vous travaillez dans une entreprise, à temps plein ou temps partiel et sous contrat, à durée déterminée ou indéterminée. Rares sont les places de traducteur salarié en France, car très peu d’entreprises ont (encore) un département de traduction. Quant aux agences de traduction, quelques-unes emploient des traducteurs / réviseurs. En revanche, vous trouverez davantage d’offres d’emploi salarié pour être gestionnaire de projet. Concernant les charges sociales et la fiscalité, pas de tracas. Votre employeur s’occupe de les déduire de votre salaire brut et de transmettre aux impôts le salaire net imposable. Vous êtes ainsi soumis à l’impôt sur le revenu classique.

Les + : sécurité de l’emploi une fois embauché, pas de gestion particulière.
Les – : nombre de places limité selon les métiers souhaités, perspectives d’évolution limitées selon les entreprises, lien de subordination avec l’employeur.

  • Fonctionnaire :

Certaines administrations publiques françaises ont un département de traduction comme le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. On retrouve également les institutions européennes comme la Commission européenne, le Parlement européen, etc., ou encore les organisations internationales telles que l’ONU, l’OTAN, etc. Les places y sont également très chères. Souvent, un long processus très sélectif est mis en place pour recruter de nouveaux traducteurs / interprètes / autres linguistes. Mais les avantages de ces postes sont tels qu’on ne peut qu’être motivé. Par exemple, un poste au sein de ces institutions vous assure un (très) bon salaire et de nombreux avantages pécuniaires non négligeables. En outre, les fonctionnaires de l’UE sont exonérés d’impôts. L’UE effectue toutefois un prélèvement social et fiscal dont le taux est compris entre 8 et 45 % selon le grade.

Les + : salaire très confortable, fiscalité très avantageuse.
Les – : nombre de places très limité, processus de recrutement sur concours parfois très long, pas de spécialisation particulière selon les institutions (avoir une culture assez élargie afin d’être bon dans tous les domaines).

Puis viennent les travailleurs de l’ombre, qui composent en grande partie le marché de la traduction. On retrouve parmi eux les traducteurs en grande majorité (environ 5 000 en France). Ils exercent pour la plupart à leur domicile, en profession libérale non réglementée dans la catégorie BNC (bénéfices non commerciaux), soit sous le régime de la micro-entreprise, soit sous le régime de la déclaration contrôlée.

  • Micro-entrepreneur :

Ce statut (anciennement appelé « autoentrepreneur ») permet de s’installer à son compte et de bénéficier d’une fiscalité, d’une gestion et d’une comptabilité simplifiées. Ce statut est soumis au régime de la micro-entreprise. Un seuil de chiffre d’affaires annuel est limité à 33 100 €. Les activités soumises à ce régime ne sont pas assujetties à la TVA. Chaque mois ou chaque trimestre, le micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires (CA) encaissé pour cette période. À partir de là, des cotisations sociales dont le montant est calculé de façon forfaitaire (22,5 % du CA) sont prélevées. Ce forfait comprend les cotisations relatives à la protection sociale obligatoire. Il faut ajouter à ce taux une contribution à la formation professionnelle qui s’élève à 0,2 % du CA et une taxe pour frais de Chambre de commerce et d’industrie, fixée à 0,044 % du CA. En ce qui concerne la fiscalité, le micro-entrepreneur peut opter pour la déclaration normale des recettes (catégorie bénéfices non commerciaux de l’impôt sur le revenu), à laquelle est appliqué un abattement de 34 % du CA, ou bien pour le versement libératoire (sous conditions de CA). Ce dernier correspond à un taux de 2,2 % du CA ajouté aux charges sociales obligatoires mensuelles ou trimestrielles, ce qui permet de s’acquitter de toutes les charges en un seul et unique versement. Enfin, une fois par an, le micro-entrepreneur doit s’acquitter de la CFE (cotisation foncière des entreprises), excepté l’année de création. La CFE est calculée suivant le siège social de l’entreprise et la valeur locative des lieux utilisés dans le cadre de l’activité professionnelle.

Les moins de 26 ans qui s’installent en tant que micro-entrepreneur peuvent bénéficier d’une aide appelée ACCRE. Elle consiste à appliquer des taux minorés pour le calcul des cotisations sociales durant les trois premières années d’installation (5,8 %, 11,5 %, 17,2 % puis le taux normal). La demande pour bénéficier de l’ACCRE est à déposer à la création ou dans les 45 jours suivant celle-ci.

Le micro-entrepreneur peut choisir son activité, sa spécialité. On retrouve sur le marché de la traduction des gestionnaires de projet, des traducteurs, des DTPistes, des testeurs, des terminologues, des post-éditeurs, des ninjas multitâches…

Les + : fiscalité, gestion et comptabilité relativement simplifiées, pas de charges en cas de CA nul, cotisations sociales réduites grâce à l’ACCRE pour les moins de 26 ans, organisation libre du temps de travail.
Les – : seuil de CA à ne pas dépasser (sortie du régime le cas échéant), CA à déclarer obligatoirement même si nul (pénalité de 49 € en cas d’oubli de déclaration), pas de déduction des frais liés à l’entreprise.

  • Indépendant et déclaration contrôlée :

D’un point de vue fonctionnel, ce statut est semblable au statut de micro-entrepreneur. D’un point de vue comptable et fiscal, ce n’est pas la même histoire. Lorsque vous êtes entrepreneur individuel mais pas sous le régime de la micro-entreprise, vous êtes de plein droit sous le régime de la déclaration contrôlée. Il n’y a alors pas de limite maximum de CA, mais ce régime fiscal s’applique généralement aux entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 33 100 €. Vous êtes par ailleurs assujetti à la TVA, que vous devrez facturer à vos clients et reverser à l’État. Il est dans ce cas possible de déduire la TVA liée à certains frais professionnels. Pour ce qui est de la fiscalité, l’imposition se fait sur la base du bénéfice net. Ce bénéfice net est calculé à partir du CA, après déduction des charges réelles (frais engendrés dans l’intérêt de l’entreprise) et de la TVA. Ceci nous amène au Résultat, duquel sont prélevées les charges sociales (environ 38 % dudit Résultat). S’ajoutent la contribution à la formation professionnelle, la taxe pour frais de Chambre de commerce et d’industrie et la CFE, tout comme pour le régime de la micro-entreprise.

Les + : pas de CA maximum, déduction des charges réelles liées à l’entreprise, TVA déductible pour les frais liés à l’entreprise.

Les – : comptabilité beaucoup plus lourde.

Dans le cadre du Master TSM, nous assistons à des conférences animées par la SFT (cf. article Retour sur la conférence de la SFT du samedi 10 décembre par Ombeline Pavy) et la BGE des Hauts-de-France pour nous informer et nous conseiller sur l’installation en libéral. Toutefois, la réglementation des professions libérales est en constante évolution si bien que certaines informations sont susceptibles d’avoir changé depuis la rédaction de ce billet. Je vous invite également à vous renseigner afin de connaître les détails selon votre situation.

 

Pour plus d’informations sur ce thème :

http://www.lautoentrepreneur.fr/index.htm

https://epso.europa.eu/career-profiles/languages_fr

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises

Etre traducteur·trice indépendant·e ou salarié·e : avantages et inconvénients

Par Tanelle Derambourg, étudiante M2

 

Une fois notre diplôme en poche, les futur·e·s diplômé·e·s que nous sommes auront bientôt un choix à faire concernant notre environnement de travail : travailler en tant que traducteur·ice indépendant·e ou en tant que salarié·e dans une entreprise ou agence de traduction ?

Certain·e·s d’entre nous ont déjà fait leur choix : celleux qui préfèrent avoir un cadre délimité afin d’être productif chercheront un emploi dans une entreprise ou agence de traduction, alors que d’autres ne jurent que par le statut d’indépendant, qui leur permettra de conserver la liberté d’organiser leur journée comme ils le souhaitent.

J’ai choisi d’écrire cet article pour une troisième catégorie de personnes : celleux qui (comme moi je l’avoue) hésitent encore. J’évoquerai dans cet article les principales différences entre ces deux statuts, en essayant de peser le pour et le contre de chacune d’entre elles.

 

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L’attrait principal du statut d’indépendant est bien sûr la possibilité d’organiser ses journées à sa convenance. Là où le travail en entreprise vous imposera des horaires fixes ainsi qu’un certain rythme de travail, travailler à votre compte vous laissera décider du planning de votre journée : libre à vous d’être plus du soir ou du matin. Si vous travaillez à domicile, il vous faudra très vite cerner vos points faibles et vous débarrasser des distractions. Celleux qui sont sujet à la procrastination préfèreront donc peut-être aller travailler (littéralement). Si vous faites partie de cette catégorie de personnes mais que vous tenez au statut d’indépendant·e, le principe du co-working vous intéressera peut-être.

L’installation en tant que traducteur·ice indépendant·e est souvent suivie d’une période plus ou moins difficile et plus ou moins longue pendant laquelle le travail est parfois rare et les revenus espérés ne sont pas aux rendez-vous. Cette période finit toujours par prendre fin, mais un poste de salarié vous garantit dès le début de votre carrière une quantité de travail constante et un salaire fixe, ce qui est de loin une situation plus rassurante.

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S’installer à son compte justement, c’est tout de même de gérer sa propre entreprise et tout le monde, pour une multitude de raisons, ne s’en sent pas forcément capable. Si vous avez déjà pensé à travailler comme traducteur·ice indépendant·e, il y a de nombreuses questions que vous vous êtes certainement déjà posées : Comment démarcher des clients directs ? Comment imposer ses prix ? Comment gérer la communication avec les clients et/ou les agences ? C’est quoi des cotisations ?

L’aspect administratif nous a souvent l’air d’être un obstacle infranchissable. Heureusement, la formation « Réussir son installation et se constituer une clientèle » de la SFT que nous avons eu la chance de suivre en décembre dernier nous a beaucoup éclairé sur tous les différents aspects du métier de traducteur·ice indépendant·e (voir l’article d’Ombeline Pavy à ce sujet).

À noter qu’il est bien sûr possible de passer de l’un à l’autre. Il s’agit après tout d’un choix très personnel et il est parfaitement possible que ce qui vous correspondait très bien en début de carrière ne vous convienne plus après quelque temps, à moins que vous n’ayez tout simplement envie de changement. La meilleure façon de se décider est certainement de bien se connaître et de définir clairement ce à quoi vous accordez le plus d’importance.