Stage en traduction : petite ou grande agence ?

Par Alvina Veillon, étudiante M2 TSM

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Le choix d’une agence pour y faire son futur stage peut s’avérer très difficile, surtout pour un tout premier stage dans le secteur de la traduction, qui est encore inconnu un étudiant.

Faire son stage dans une très petite agence ou dans une multinationale est sensiblement différent. Les deux tailles d’entreprise comportent des avantages et des inconvénients qu’il faut bien garder à l’esprit en postulant. Voici les points positifs de chacune pour vous aider dans votre choix.

 

Avantages d’une petite agence

 

La place du stagiaire au sein de l’entreprise

C’est l’une des différences majeures entre une petite entreprise et une multinationale. Pour un premier stage, une grande agence internationale peut faire peur, tandis qu’une petite agence à taille humaine peut être plus rassurante pour faire ses premières armes dans le monde de la prestation de services linguistiques. Ainsi, il y a moins cette impression de n’être qu’un « maillon de la chaîne », la pièce d’un immense puzzle. Dans le cas d’une agence internationale, des employés de bureaux nationaux différents travaillent dans la même agence, sans jamais se connaître.

Le processus de recrutement plus rapide

Trouver un stage dans une petite structure est souvent plus simple et plus rapide. La principale raison à cela est sa hiérarchie réduite, et donc plus souple qu’une grande agence. Pour cette dernière, il faut d’abord trouver LE bon interlocuteur à qui envoyer votre candidature. Ensuite, votre CV et votre lettre de motivation passeront sans doute entre les mains de plusieurs personnes dans la hiérarchie avant d’aboutir à une éventuelle réponse, ce qui ralentit fortement le processus de recrutement.

La situation géographique des clients

Une petite agence de traduction située dans une petite ville est plus à même d’attirer des clients proches, voire très proches géographiquement. C’est notamment intéressant pour le domaine du tourisme, par exemple. En faisant traduire des brochures touristiques de la ville pour de futurs visiteurs étrangers, l’agence participe, à sa manière, à la promotion du territoire local. Cette notion de proximité, perdue en traduisant pour de gros clients au sein d’une agence multinationale, peut être assez séduisante pour un stagiaire.

Un seul chef de projets dédié à un projet

Dans une petite agence, chaque projet n’est géré que par un seul chef de projets. Il y a donc un interlocuteur unique qui suit le projet de A à Z ; le suivi est ainsi plus personnalisé. Dans une grande agence, à l’inverse, la gestion des nombreux projets simultanés a plus tendance à se faire « à la chaîne », les différentes étapes du projet étant traitées par le chef de projets qui est disponible sur le moment. Dans ce cas de figure, il arrive souvent au traducteur d’interagir avec plusieurs chefs de projets différents (certains chefs de projets n’ayant pas les mêmes horaires de travail, pour des raisons de fuseaux horaires, par exemple).

 

Avantages d’une grande agence

 

Plus d’outils et de ressources

Pour des raisons de coûts, une grande agence est plus susceptible d’avoir plus de ressources : outils de TAO, plateforme de gestion de projets, logiciels de PAO… C’est bien sûr un énorme avantage pour un stagiaire. En testant plusieurs logiciels de TAO, il peut avoir une meilleure idée de ce qui est proposé sur le marché, et de ce qui est le plus utilisé par les agences et les clients. Si le stagiaire souhaite ensuite devenir traducteur indépendant, il pourra mieux choisir l’outil de TAO avec lequel il comptera travailler.

Plus de domaines couverts, et des domaines plus spécialisés

En général, un étudiant en traduction n’est pas sûr à 100 % de ses futurs domaines de spécialité, et c’est justement le stage qui va s’avérer déterminant pour ce choix. Dans une grande agence, le stagiaire pourra découvrir des secteurs beaucoup plus variés ; automobile, mode, luxe, environnement, immobilier, aéronautique… il y a l’embarras du choix !

Travailler sur de (très) gros projets, pour de (très) gros clients

Une grande agence a plus de chances de compter parmi ses clients des leaders de leur secteur, notamment parce que ces clients ont souvent des projets avec des volumes importants et/ou réguliers qu’une petite agence ne pourrait pas absorber.

Pour un traducteur en herbe qui est encore sur les bancs de la fac, travailler pour de tels clients peut faire peur, mais c’est en réalité très formateur. Être traducteur, c’est aussi savoir gérer et respecter les instructions du client, et les « gros » clients sont typiquement ceux qui ont le plus d’exigences (outil de TAO imposé, guides de style de centaines de pages, accords de non-divulgation…).

Volumes suffisants pour occuper un stagiaire à temps plein

Les volumes de traduction plus importants d’une grande agence permettent d’occuper un stagiaire à temps plein, et surtout sur de vrais projets ; les traductions du stagiaire (après relecture, bien entendu !) seront utilisées par les clients. C’est beaucoup plus gratifiant que de traduire des documents d’anciens projets juste pour s’entraîner. Et puis… quelle fierté de retrouver ses traductions sur le site d’une grande marque !

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Voilà quelques pistes pour les futurs stagiaires qui sont un peu perdus. Une dernière petite astuce, pour ceux qui hésitent encore entre petite et grande agence : il est parfois possible de trouver un stage dans le bureau local d’une très grande agence internationale. En effet, les stages ne se réalisent pas toujours au siège de l’entreprise ; travailler dans l’un des autres bureaux de taille plus réduite peut permettre de bénéficier en partie des avantages d’une petite structure (bureau à taille humaine), tout en profitant des avantages d’une multinationale (gros clients, plus d’outils à disposition).

Le stage peut s’avérer très déterminant pour une future carrière dans le domaine de la traduction ; bien le choisir est donc crucial !

Comment bien se vendre pour trouver un stage dans le milieu de la traduction

Par Chloé Cantet, étudiante M2 TSM

 

En cette période de recherche de stages, nous souhaitons tous nous démarquer et nous vendre au mieux pour trouver un stage formateur et motivant.

En tant qu’étudiant.e, l’expérience professionnelle nous fait souvent défaut au moment de postuler à nos stages de master, en particulier pour celui de master 1. Cependant d’autres atouts peuvent être mis en avant afin d’attirer l’attention du recruteur.

Label EMT

Bien que cela puisse paraître évident, le fait même d’être en master est un plus, surtout si votre formation, comme le master TSM, porte le label EMT (European Master in Translation) octroyé par la DGT (Direction Générale de la Traduction). Ce label est un gage de qualité. En effet, le référentiel de compétences EMT, qui doit être respecté par les formations membres du réseau «  définit les compétences de base que les traducteurs doivent posséder pour travailler sur le marché actuel » (site de la Commission européenne).

Ce label est également un atout considérable si souhaitez réaliser un stage à la DGT ou dans une organisation de l’Union européenne en général.

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Parce que le master est une expérience

Pensez à valoriser les compétences et connaissances acquises au cours de la première année (voire du premier semestre !) de master. Parce que l’utilisation de la Traduction Assistée par Ordinateur (TAO), la compilation de corpus et la gestion de projets sont essentielles aux yeux des agences et des professionnels du monde de la traduction, ce serait dommage de les omettre dans son CV. De plus, en tant qu’étudiant.e.s en cours de formation, nous sommes les mieux formés et les plus à jour en matière de nouvelles technologies, de logiciels et de nouveaux outils : un atout majeur sur un marché qui est en constante évolution et développement !

Pour ce qui est des outils de TAO, la certification de SDL pour traducteurs (niveau débutant pour les M1 et niveau intermédiaire pour les M2) est évidemment un plus qui permet d’attester de votre niveau de maîtrise de SDL Studio, actuellement leader sur le marché. Le fait de préciser la version avec laquelle vous travaillez, en l’occurrence 2019 cette année pour les étudiants du master TSM, montre au recruteur que vous êtes à l’aise avec les nouvelles fonctionnalités et que vous n’aurez pas de problème à travailler avec les versions antérieures.

De plus, le Skills Lab étant un atelier à part entière, il permet d’augmenter l’expérience sur votre CV. Votre poste dans cette agence de traduction virtuelle est bien réel et vous demande de mettre en pratique ce qui a été appris pendant les cours, et au-delà.

Attention aux fottes !

En traduction plus que dans n’importe quel autre secteur, la rédaction, la typographie, la grammaire et l’orthographe sont primordiales. Elles révèlent votre style et l’attention que vous portez à votre candidature. C’est pourquoi il est important de soigner la rédaction de son cv et de sa lettre de motivation. La moindre erreur pourrait vous « disqualifier » et faire douter de vos compétences. Pensez à les faire relire par un camarade, un proche… : on voit toujours mieux les erreurs des autres.

Étranger

Langues de travail et séjours à l’étranger

Les langues étudiées et parlées sont également un moyen de sortir du lot. Le fait d’avoir des connaissances dans une langue rare (russe, danois, serbe…) peut intéresser certaines agences et plus particulièrement les institutions européennes.

De plus, les expériences à l’étranger, que ce soit dans le cadre de stages, d’échanges universitaires, de formations, etc., sont une plus-value à ne pas négliger puisqu’elles permettent de développer des compétences linguistiques et culturelles et montrent une certaine ouverture d’esprit et curiosité. C’es séjours permettent généralement d’apprendre à gérer un budget, à gagner en autonomie, à mieux s’organiser… Tant de compétences à mettre en avant afin de se démarquer et retenir l’attention de qui lira votre CV.

Présence sur les réseaux sociaux

À l’ère du numérique, les employeurs recrutent régulièrement sur les réseaux sociaux. Il faut donc se créer des profils et les soigner (tant professionnels que personnels) pour mettre en avant ses atouts et ses compétences tout en évitant de rendre publics des informations trop personnelles ou compromettantes. Le milieu de la traduction est un petit milieu où tout le monde se connaît, il faut donc veiller à construire et entretenir sa réputation. Les profils LinkedIn et Viadeo par exemple doivent être professionnels et donner confiance. Ils font office de CV et permettent au futur employeur de connaître notre parcours et nos compétences. Il est important qu’ils soient complets et qu’ils contiennent tous les mêmes informations.

Afin d’être facilement reconnaissable d’un réseau à l’autre, il est conseillé d’utiliser le même nom, la même adresse mail et la même photo pour chaque profil. Il est judicieux de suivre les sociétés de traduction sur les réseaux sociaux puisque c’est là qu’elles publient (souvent en avant-première) leurs nouvelles offres de stage et d’emploi.

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Skills Lab – test ultime avant l’arrivée sur le marché

Les entreprises ne font jamais de retour sur notre cv, notre lettre de motivation ou encore notre présentation lors de l’entretien d’embauche. Notre candidature est acceptée ou refusée, sans que l’on sache ce qui a motivé le choix du recruteur. Cependant, grâce au Skills Lab les étudiants du master TSM ont la possibilité d’avoir l’avis de professeurs et de professionnels du monde de la traduction sur leur façon de postuler à une offre d’emploi en traduction. En effet, comme l’explique Alessandro Circo dans son article, les étudiants sont amenés à répondre à des annonces pour différents postes au sein du Skills Lab (traducteur, réviseur, préparateur de ressources ou gestionnaire de projet) et à passer des entretiens. Les commentaires constructifs réalisés par les professeurs et les professionnels sont essentiels puisqu’ils permettent d’améliorer considérablement son cv et sa façon de se présenter lors d’un entretien d’embauche. De plus, cela permet de se mettre dans la peau d’un professionnel du monde de la traduction (souvent pour la première fois) avant d’arriver réellement sur le marché.

 

J’espère que ces conseils auront été utiles et vous aideront à obtenir un (bon) stage de master dans le milieu de la traduction.

Le stage en agence, crucial pour l’étudiant en traduction

Par Brahim Ghoul, étudiant M2 TSM

Que vous soyez intéressé par des études de traduction ou que vous les ayez déjà débutées, il est d’une importance capitale pour vous de bien définir quels sont vos objectifs et priorités pour les stages obligatoires entrant dans votre formation (en agence ou auprès d’un traducteur indépendant).

Dans cet article, je me focaliserai sur les agences de traduction. Toutefois, je ne donnerai évidemment aucun nom d’étudiant, d’entreprise ou d’agence, car là n’est pas le but. Il s’agira plutôt de donner des pistes et des conseils de prudence que j’ai pu appliquer l’année dernière. Si les stages en entreprise en France sont très règlementés, il faut le plus souvent redoubler de vigilance en cas de stage à l’étranger.

Je me souviens de la discussion que j’ai pu avoir, il y a quelques mois, avec une étudiante de deuxième année du Master de Traduction Spécialisée Multilingue, à l’époque où j’étais étudiant de première année. Celle-ci m’avait raconté les mésaventures qu’elle avait vécues lors de sa période de stage. Elle avait effectué un stage qui s’était très mal passé, dans une agence de traduction anglaise. L’agence en question s’est révélée être une « usine à stagiaires », puisqu’on y comptait dix stagiaires pour seulement deux salariés. En outre, la convention de stage qui avait été signée était inexacte en ce qui concerne les tâches à effectuer : l’étudiante passait davantage de temps à répondre aux appels des clients qu’à traduire des documents spécialisés, alors que la traduction constituait la tâche principale inscrite sur la convention de stage ! On imagine donc que cette expérience n’a été bénéfique ni pour la stagiaire, qui n’a pas réellement amélioré les compétences visées par le Master, ni pour l’entreprise, qui a vu sa réputation en pâtir.

Quels sont les conseils que je pourrais donner aux futurs stagiaires en agence ? En me basant humblement sur mon vécu en ce qui concerne les stages de première année, trois points me paraissent importants :

  • La nature de votre stage : quelles compétences souhaitez-vous approfondir ? Ayez bien conscience que les tâches de traduction, de gestion de projet ou de localisation, bien que toutes liées au Master TSM, sont bel et bien différentes.
  • L’entreprise d’accueil : quelle est sa réputation, notamment sur les réseaux sociaux et professionnels ? Avez-vous précisément discuté des tâches à réaliser avec le recruteur ? Avec quel équipement informatique allez-vous travailler, cela concernant aussi bien les logiciels que les ordinateurs ? Combien de stagiaires l’entreprise a-t-elle l’habitude de recruter ? Selon la loi française, « Les entreprises de moins de 20 salariés peuvent accueillir 3 stagiaires maximum en même temps ».
  • La rémunération : la loi française oblige les employeurs à verser à leur stagiaire une gratification en cas de stage supérieur à deux mois. En effet, selon la loi, « Le taux horaire de la gratification est égal à 3,60 € par heure de stage». Cependant, en ce qui concerne les stages à l’étranger, la meilleure option consiste à se renseigner en amont, parce que le plus souvent il n’existe pas de règle.

 

Il est crucial pour vous de bien déterminer, à l’avance, ces trois points. Évidemment, il vous sera impossible de vous prémunir d’éventuels cas de force majeure qui pourraient impacter de manière négative votre stage, mais l’idée ici est de minimiser les risques et de permettre à l’agence de traduction comme à vous-même de sortir enrichi de cette aventure professionnelle.

Dans la capture d’écran qui suit, vous trouvez toute une liste d’informations susceptibles d’être pertinentes dans la sélection de votre stage. Le dernier encadré en rouge, dans le corps du courriel, est selon moi le plus important : dans quel sens allez-vous traduire ? Quels logiciels êtes-vous susceptible d’utiliser ? Quelles compétences allez-vous acquérir ? Pensez à éclaircir, avec le recruteur, tous ces détails.

De plus, petit aparté, n’hésitez pas à classer vos courriels en fonction des expéditeurs si vous souhaitez gagner en clarté et en organisation, dans le cadre de vos recherches de stage (voir le côté gauche de la capture d’écran).

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Malgré toutes vos précautions, votre stage reste susceptible de ne pas être à la hauteur de vos espérances, voire pire, de ne pas du tout correspondre à ce qui est exigé d’un stage en traduction spécialisée ou en gestion de projets. Dans ce cas, n’hésitez pas à agir et à rechercher toutes les solutions possibles pour rectifier le tir. Parlez-en à votre responsable de stage en entreprise ainsi qu’à votre tuteur de stage à l’Université.

Enfin, pensez à certains cas de figure peu réjouissants : et si, par exemple, l’agence dans laquelle vous effectuez un stage déposait tout simplement le bilan ? Dans ce cas, vous devrez réaliser un autre stage si vous souhaitez valider votre année. Même s’il est toujours possible d’envoyer des candidatures spontanées, n’hésitez pas, si vous devez absolument accélérer le processus, à faire jouer vos réseaux. Je pense notamment à un solide profil LinkedIn que vous alimenterez au fur et à mesure de votre progression dans le monde professionnel.

Tous ces conseils vous permettront, je l’espère, de rassembler un maximum d’informations sur votre futur stage en agence, et de gagner du temps au cas où une situation délicate se présenterait.