La SFT et le Programme Boussole

Par Clémence Marliangeas, étudiante M2 TSM


Grand nombre de traducteurs et traductrices font le choix de se lancer en tant qu’indépendant.e.s sur le marché de la traduction. Si créer son entreprise semble être la tendance actuelle, cela n’en est pas moins une étape importante, compliquée et angoissante, surtout pour les juniors fraichement diplômés… Si le blog du master TSM regorge de mille et un conseils utiles, je vais tout de même tenter aujourd’hui de vous présenter une nouvelle solution ! 

L’idée de vous lancer en tant que traducteur ou traductrice indépendant.e vous angoisse ? Alors cet article sur la SFT et son nouveau programme de mentorat pourrait peut-être vous intéresser et vous aider à sauter le pas !

La SFT, c’est quoi ?

La Société française des traducteurs (SFT) est un syndicat professionnel visant à défendre les intérêts des traducteurs, traductrices et interprètes, mais aussi à promouvoir les métiers de la traduction sur le territoire national. Créé en 1947, il compte aujourd’hui plus de 1 600 membres :

  • Plus de 1 500 traducteurs et traductrices, couvrant de nombreux domaines de spécialité
  • Plus de 320 interprètes, dont 200 interprètes de conférence
  • Près de 400 terminologues.


La SFT a un rôle triple :

  • Rassembler les acteur.rice.s et futur.e.s acteur.rice.s du métier de la traduction et de l’interprétation.
  • Informer ces derniers, notamment en organisant des formations (dont la liste est consultable sur le site de la SFT, rubrique « Notre catalogue de formations »), en participant à des conférences universitaires ou encore via des publications.
  • Soutenir ses membres dans leurs relations professionnelles, qu’elles soient conflictuelles ou non (conseils, assistance juridique et arbitrage en cas de litige).

Mais pourquoi y adhérer ?

Une question qui se pose, de manière tout à fait légitime, est celle de la raison de rejoindre une telle association professionnelle. Eh bien figurez-vous que les bonnes raisons sont nombreuses !

  1. Gagner en visibilité et crédibilité : en adhérant au Code de déontologie de la SFT, en apparaissant dans l’annuaire des traducteurs, traductrices et interprètes de la SFT et en mentionnant votre appartenance au syndicat sur vos différents supports de communication.
  2. Développer votre réseau : en intégrant une communauté de plus de 1 600 membres, toutes et tous professionnel.le.s et spécialistes de leur secteur.
  3. Bénéficier d’une entraide professionnelle : grâce au programme de mentorat Boussole, ou tout simplement en participant à des réunions régionales entre membres ou à des événements à l’échelle internationale.
  4. Rester informé.e : en suivant les forums de discussion, en bénéficiant des conseils de confrères et consœurs, en recevant la version dématérialisée de la revue Traduire[1] et du bulletin d’information Tradzine.
  5. Contribuer aux prises de décision : en participant et votant aux Assemblées générales, en contribuant au niveau de votre délégation régionale, etc.
  6. Bénéficier de tarifs préférentiels : sur les formations de la SFT et de ses associations sœurs membres de la FIT (Fédération Internationale des Traducteurs), sur des logiciels de TAO, de gestion, de sauvegarde, etc.

Boussole : le programme de mentorat de la SFT

L’université de Lille recevait ce 24 septembre 2021, dans le cadre de la Journée Mondiale de la Traduction, une table ronde de traducteurs et traductrices membres de la Société Française des Traducteurs (SFT). Ce rendez-vous a été l’occasion pour les étudiant.e.s en master de traduction de l’université de Lille de (re)découvrir un programme de mentorat à l’échelle nationale : le Programme Boussole.


Le Programme Boussole est une initiative lancée en 2020 par la Société Française des Traducteurs, et qui a pour but l’accompagnement des jeunes traducteurs et traductrices dans leur nouveau métier.

Avant de mettre en place une telle action au plan national, un programme pilote avait été lancé en Rhône-Alpes en 2015, pilote qui s’est révélé plutôt prometteur puisque la demande de mentorat n’a fait que croître après son implémentation. Par la suite, une commission a été formée à la SFT dans le but de lancer ce même programme mais au niveau national. Ce dernier a alors pu débuter l’année dernière avec 35 binômes. Notons d’ailleurs que cette année, 48 binômes bénéficient du Programme Boussole.

Le programme fonctionne sur 3 niveaux :

  • Niveau de la commission : actuellement formée par 8 personnes et chargée de poser les bases du programme au plan national et aujourd’hui elle gère l’organisation et les instructions des mentors et des mentorés. La Commission est assistée dans ses tâches par les contributeurs et contributrices au niveau régional (au nombre d’un ou deux par délégation, soit 23 au total).
  • Niveau international : une personne responsable, au niveau international, pour les traducteurs, traductrices et interprètes français.es membres de la SFT ne vivant pas en France métropolitaine.
  • Niveau du mentorat : les binômes mentors/mentoré.e.s qui gèrent, à leur niveau et de manière autonome, le fonctionnement de leur relation.


Qui sont les mentors ?

Les mentors sont des traducteurs, traductrices ou interprètes depuis 4 ans ou plus et membres de la SFT depuis au moins 2 ans.


Qui sont les mentoré.e.s ?

Les mentoré.e.s, sont des traducteurs, traductrices ou interprètes débutant.e.s (ayant moins de 3 ans d’expérience ou établi.e.s depuis moins de 3 ans en France), souhaitant s’installer en tant qu’indépendant.e.s.

Comment bénéficier du Programme Boussole ?


Pour faire partie de l’aventure, il est nécessaire de suivre le processus d’inscription qui a lieu chaque année aux mois de janvier/février. 

Mentors et mentoré.e.s remplissent alors un questionnaire (sur les attentes et les compétences de chacun.e), puis les contributeurs et contributrices forment des binômes, de préférence par région afin de faciliter les rencontres dans la vie réelle, bien que cet aspect se soit avéré assez compliqué cette dernière année à cause de la pandémie de Covid-19.

Une fois le binôme formé, mentor et mentoré.e signent une charte qui est un contrat rappelant les droits et les obligations dans le cadre du mentorat.

Ce dernier dure 1 an mais celui-ci est renouvelable, en fonction des besoins du ou de la mentoré.e notamment, et permet d’aborder plusieurs questions, telles que les :

  • Relations client.e.s
  • Contrats
  • Négociations de tarifs
  • Spécialités
  • Questions d’ordre administratif et légal.


Avantages du mentorat :

  • Pour les mentors : pouvoir promouvoir les bonnes pratiques soutenir les « débutant.e.s » pour qu’ils et elles puissent bien développer leur entreprise et ainsi faire perdurer le métier. Puisqu’il s’agit d’une relation d’égal.e à égal.e, dans laquelle n’intervient aucune forme de supériorité ou de subordination, les mentors peuvent aussi recevoir quelques conseils avisés de la part de leur mentoré.e, notamment sur des sujets tels que les réseaux socio-professionnels, la création d’un site internet, etc.
  • Pour le ou la mentoré.e : bénéficier des compétences d’un membre plus expérimenté, rencontrer des collègues, connaître les bonnes pratiques et pouvoir les appliquer, avoir un.e interlocuteur.rice privilégié.e.

Par ailleurs, le mentorat n’est ni rémunéré ni payant, et il n’instaure en aucun cas une relation de subordination entre mentor et mentoré.e. De plus, aucune collaboration professionnelle n’est obligatoire : le ou la mentoré.e ne doit pas attendre du mentor qu’il ou elle lui propose du travail, et inversement. 

Sources :

https://www.sft.fr/fr

https://cblingua.com/es/la-societe-francaise-des-traducteurs/

Échanges avec les traducteurs et traductrices ayant participé à la table ronde organisée par la SFT le 24 septembre 2021 à l’université de Lille


[1] La revue Traduire est disponible gratuitement à l’adresse suivante, alors foncez ! https://journals.openedition.org/traduire/

#JMT2018 : Retour sur la Journée mondiale de la traduction à l’Université de Lille

Par Rudy Loock, responsable de la formation TSM

 

Depuis 1953, à l’initiative de la Fédération internationale des traducteurs (FIT), nous célébrons chaque 30 septembre la Journée mondiale de la traduction (JMT), journée reconnue officiellement par l’ONU depuis l’an dernier. Pourquoi le 30 septembre ? Nous célébrons ce jour-là saint Jérôme, saint patron des traducteurs et des bibliothécaires.

À cette occasion, de nombreux événements visant à promouvoir les métiers de la traduction sont organisés un peu partout dans le monde. En France, la Société Française des Traducteurs (SFT) et un certain nombre de formations universitaires en traduction (voir par exemple les formations membres de l’Association française des formations universitaires aux métiers de la traduction), parfois en collaboration, ont proposé cette année toute une série de manifestations entre fin septembre et mi-octobre (voir ici le calendrier des manifestations SFT).

À l’Université de Lille, c’est le vendredi 28 septembre qu’a été célébrée la JMT2018 sur le site de Villeneuve d’Ascq, en collaboration avec la SFT et en présence des étudiants en traduction de l’université (parcours MéLexTra et TSM), de membres de la SFT, ainsi que de traducteurs et traductrices de la région.

Le matin, la SFT a animé une table ronde très intéressante sur une question cruciale pour les étudiants s’apprêtant à s’installer comme travailleurs indépendants : Comment travailler avec les agences de traduction ? Avec Dominique Durand-Fleischer en modératrice, Charles Eddy, Jackie McCorquodale, Sophie Dzhygir et Christèle Blin ont proposé une réflexion sur les enjeux et parfois les difficultés d’une telle collaboration : comment être recruté, entretenir de bonnes relations professionnelles, bien comprendre le fonctionnement des agences, négocier les tarifs… soit tout un ensemble de questions très importantes lorsque l’on sait que 50% des traducteurs/traductrices travaillent régulièrement avec des agences (source : enquête SFT 2015 sur les pratiques professionnelles en traduction). La table ronde a ensuite laissé place à un déjeuner, où traducteurs/traductrices et étudiants ont pu échanger en toute convivialité.

 

L’après-midi a été consacré à la traduction culinaire. Dans le cadre d’une « Carte blanche », deux traductrices spécialisées dans ce domaine, Rachel Doux et Marion Richaud, ont expliqué leur façon de travailler et les enjeux d’une telle spécialisation, qui les poussent parfois à passer en cuisine afin de tester les recettes qu’elles traduisent ! Les deux traductrices ont ensuite été rejointes par Kilien Stengel, auteur gastronomique et chercheur en sciences de l’information et de la communication, pour des exposés plus formels sur les questionnements autour de ce type de traduction spécialisée. Comment en effet gérer l’instabilité sémantique de termes apparemment aussi simples que « sucré » ou « salé », dont le sens change en fonction des époques, mais aussi des cultures ? Comment gérer l’absence d’équivalences entre la langue source et la langue cible ? Faut-il traduire par exemple « Mac & Cheese » par « gratin de pâtes » ? La traduction culinaire amène par ailleurs à prendre en compte des phénomènes parfois très subtils : tout jambon espagnol n’est pas ibérique, « pâte d’amande » peut se traduire différemment en fonction du taux de sucre, certains morceaux de viande n’ont aucun équivalent comme le « porterhouse steak » en français.

En la matière, l’objectif est donc selon les intervenants le pragmatisme : il convient de traduire en imaginant les lecteurs en train de préparer les plats en question, ce qui nécessite parfois de recourir à la visualisation des ingrédients ou des ustensiles sur internet afin de traduire au plus près tout en effectuant des adaptations qui permettront aux lecteurs en langue cible d’effectivement réaliser les recettes. La traduction peut alors aller jusqu’à une transformation complète de la recette de départ, illustrations comprises, voire jusqu’à la suppression complète d’une recette donnée lorsque celle-ci ne peut être réalisée !

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La JMT2018 à l’Université de Lille fut donc placée sous le signe de la professionnalisation et de la sensibilisation à des questions très importantes comme la spécialisation, les différences interculturelles, ou encore le travail en collaboration avec les agences de traduction. À l’année prochaine pour la JMT2019 !

 

 

Retour sur la conférence de la SFT du samedi 10 décembre

Par Ombeline Pavy, étudiante M2

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Cette année, les étudiant.e.s de deuxième année de Master TSM ont eu l’opportunité d’assister à une formation très courue de la SFT (Société Française des Traducteurs) qui a eu lieu pour la deuxième année consécutive à Villeneuve d’Ascq, sur le domaine du Pont de Bois. Outre les étudiants, de nombreux professionnels (qu’ils soient traducteurs indépendants ou traducteurs salariés) et futurs professionnels du secteur de la traduction avaient répondu à l’appel.

Le nom de cette formation est le suivant : réussir son installation et se constituer une clientèle.

Pour aborder les différents thèmes de la journée de formation, deux intervenantes ont fait le déplacement. Nathalie Renevier, traductrice indépendante spécialisée dans la traduction médicale, scientifique et juridique, basée dans la région de Grenoble, et Chris Durban, également traductrice indépendante,  spécialisée dans la traduction financière, basée en région parisienne. Depuis plusieurs années maintenant, c’est ce duo très spécial qui se charge de cette formation très enrichissante pour les professionnels du secteur.

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Nathalie Renevier a débuté la formation. Tout au long de la matinée, cette dernière nous a fait part des différents statuts existants (notamment celui d’autoentrepreneur, et celui de profession libérale). Elle a mentionné les spécificités de ces différents statuts, mais aussi leurs points forts et leurs points faibles. Ainsi, nous avons obtenu des informations précises sur les charges sociales, les déclarations, les obligations légales et les comptes bancaires pour ne citer que quelques uns des points abordés. Ensuite, la traductrice indépendante s’est attaquée aux différents régimes fiscaux existants (et plus particulièrement au régime micro-social et au régime réel). Étant donné que le choix du statut est primordial pour un traducteur indépendant, ces informations et conseils nous ont été très bénéfiques.

En début d’après-midi, Nathalie Renevier a continué la formation pour donner des détails sur la gestion du quotidien d’un traducteur indépendant. Elle a principalement mis l’accent sur les devis, les factures et les bons de commande en faisant part des différents éléments devant obligatoirement figurer sur ces fichiers. Pour terminer son intervention, la traductrice indépendante nous a prouvé l’importance de la lecture attentive des contrats. Pour ce faire, nous avons effectué différents cas pratiques.

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Puis, c’est Chris Durban qui a poursuivi la formation. Cette dernière à tout d’abord mis l’accent sur l’importance de la spécialisation (spécialisation par domaine, et même par sous-domaine). En effet, la traductrice indépendante spécialisée dans la finance nous a rappelé qu’il valait mieux être réellement spécialisé dans quelques domaines plutôt que de se spécialiser légèrement dans de nombreux domaines. Pour se spécialiser, la traductrice nous a recommandé de trouver des associations professionnelles elles-mêmes spécialisées dans le domaine en question. Chris Durban a ensuite donné aux personnes présentes de nombreux conseils permettant de se positionner sur le marché de la meilleure des manières.

Pour terminer la journée, Chris Durban nous a donné quelques astuces qui pourraient  permettre à un traducteur indépendant de se constituer une clientèle. Elle nous a mentionné différentes tâches qu’elle même fait depuis des années dans le but de trouver de nouveaux clients. Nous avons donc retenu qu’il était important de s’intéresser, de bouger, d’aller au contact de clients potentiels, de se rendre dans des salons, de participer à des réunions de professionnels, d’assister à des conférences…). En fait, un traducteur indépendant se doit de toujours avoir une carte de visite sous la main, au cas où un échange anodin pourrait se transformer en relation de travail.  Elle n’a pas manqué de nous rappeler qu’il est important de connaître les acteurs du marché, et de comprendre le domaine dans lequel on choisit de se spécialiser.

 

Tout au long de la journée de formation, Chris Durban et Nathalie Renevier ont insisté sur le fait qu’un traducteur indépendant ne doit pas seulement aller à la rencontre de clients potentiels, il se doit également d’aller à la rencontre d’autres traducteurs indépendants.

Les échanges entre les deux intervenantes et les personnes présentes ont été nombreux lors de cette formation très vivante. Toutes les personnes présentes pouvaient poser des questions à tout moment, ce qui a rendu la discussion dynamique.

Les étudiant.e.s du Master TSM souhaitent remercier une fois encore les deux intervenantes pour leurs explications et conseils précieux, ainsi que pour leur bonne humeur.