Journal de bord du Skills Lab 2020

Par Baptiste Dargelly, étudiant M2 TSM

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L’édition du Skills Lab 2020 prend fin alors que j’entame la rédaction de ces lignes. Après une semaine intensive, nous éteignons les pc, nous refermons les salles et nous remballons la cafetière avant d’entreprendre les préparatifs pour le stage ou le voyage à Dublin.

 

« Non mais attends, de quoi on parle au juste ? »

Comment ça, vous ignorez ce qu’est le Skills Lab ? Si vous êtes une lectrice ou un lecteur assidu de ce blog, ou si vous suivez les réseaux sociaux du Master TSM, je n’y crois pas. Briefing rapide pour ceux qui ne suivaient pas, là-bas, dans le fond : le Skills Lab est un dispositif, un exercice grandeur nature proposé dans plusieurs formations en traduction, et qui a été mis en place dans le master TSM en 2018. Il s’agit de monter une agence de traduction fictive, mais dont les intervenants ainsi que les projets, eux, sont bien réels. Et attention, il ne s’agit pas de n’importe qui : ce sont les étudiants de M1 et de M2 qui ont pris en charge toutes les tâches relatives au projet durant la semaine du 17 au 21 février. Entre ce dispositif, la formation en elle-même et les deux stages que nous avons à effectuer, l’objectif du Master TSM, qui se veut être une formation professionnalisante et complète, est atteint.

Afin d’entrer plus vite dans le vif du sujet, je vous renvoie aux deux billets portant sur les deux éditions précédentes du Skills Lab, écrits par Morgane Tonarelli l’année dernière et Alessandro Circo en 2018, mes deux prédécesseurs au poste de Responsable de communication, si vous voulez en savoir plus sur la définition du Skills Lab.

 

« Bon, très bien. Donc tout ça s’est déroulé sur une semaine ? »

Eh bien non ! Le Skills Lab, c’est en réalité plus qu’une semaine de travail. L’édition 2020 a peut-être pris fin le 21 février, mais elle a débuté bien avant cela. Nous étions alors en 2019, Mary Higgins Clark ne nous avait pas encore quittés, et nous avions alors tous moins de cheveux blancs (enfin, moi, pas vraiment). C’est un projet qui se déroule en plusieurs phases, afin de traiter plusieurs aspects du monde professionnel. Tout d’abord, des offres d’emplois à notre destination ont été postées sur le site de l’université : l’agence recherche des gestionnaires de projet, des traducteur·trice·s, des préparateur·trice·s de fichiers… 6 postes différents en tout, parfois réservés aux M2 (comme les réviseur·seuse·s ou encore l’IPM), ou au contraire ouverts à tous. Nous avions également la possibilité de soumettre notre candidature pour occuper deux postes différents à mi-temps, par exemple préparatrice et réviseuse, ou encore réviseur et responsable de communication (self-five).

Cette phase de réponse aux offres d’emploi a été suivie par celle, quelques semaines plus tard, des entretiens. Chacun a reçu une convocation pour y participer, et ils se sont tenus le 19 décembre. Les duos de recruteurs étaient composés de certains des enseignants du Master, et vers midi, chacun avait appris à quelle sauce il allait être mangé. Car oui, le Skills Lab nous engloutit, nous consomme et nous consume, nous malmène (à tel point que l’on se demanderait presque s’il n’y aurait pas un double-sens caché derrière le SM de TSM), nous met dans des situations parfois difficiles, nous confronte à des vrais projets pour de vrais clients, afin de nous donner un avant-goût de notre future profession.

Forte de l’expérience de l’année dernière, l’équipe des PM (comprenez les Gestionnaires de projet) a également élaboré, quelques jours avant le début de la semaine clé, un document Excel partagé pour que chacun inscrive ses domaines de prédilection ou, au contraire, ses hantises. Un moyen efficace pour potentiellement améliorer le confort et augmenter la productivité des escouades de traduction et de révision !

 

JOUR 1 : The animals : The house of the rising sun

Lundi 17 février, 8h30. L’équipe des PM millésime 2020 découvre son nouveau QG. Celle de l’année dernière avait soulevé un point lors du débriefing, à propos de la situation de leur bureau, qui se trouvait à proximité des salles attribuées à leurs équipes. De ce fait, l’équipe des PM était souvent sollicitée par celles-ci tout au long du projet, ce qui n’était pas préconisé par les enseignants, et surtout ce qui est généralement inenvisageable dans le monde professionnel. Les étudiants l’ont demandé, les organisateurs l’ont fait : de leur tour d’ivoire, au 5e étage du bâtiment LEA à Roubaix,  les gestionnaires de projet vont devoir faire leurs preuves cette semaine, et superviser de A à Z les projets qui vont leur parvenir.

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À 9 heures précises, une sonnerie de notification retentit dans le QG : LE mail est arrivé. Il contient l’ensemble des documents relatifs au projet : fichiers sources, instructions, ressources, et les attentes du client. La pression monte d’un cran, et tout de suite, Loréna s’active. Elle est l’IPM, l’International Project Manager de l’agence, c’est elle qui va superviser les quatre gestionnaires de projet. Elle lit et relit le mail, fait le tri dans tout ce qu’elle a reçu, identifie les différents éléments du projet pour ensuite commencer la répartition des tâches.

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Quatre langues sont représentées : l’anglais, l’espagnol, l’allemand et le suédois. Pour rappel, dans notre formation, nous avons tous l’anglais en commun, plus une langue B parmi celles que je viens de citer (et l’italien). Elena Valevska, germanophone, hérite de l’allemand. Oriane, qui étudie le suédois, récupère le projet de cette langue. Medge se voit attribuer le projet d’anglais, qu’elle maîtrise à la perfection. Jordan, quant à lui, prend en charge le projet d’espagnol (il est niveau 2 sur Duolingo). Soit dit en passant – parce que j’en entends qui rigolent au fond, toujours les mêmes – cela signifie tout de même qu’il affrontera un projet (qui se révèlera être le deuxième plus conséquent) et toutes ses étapes, dans une langue qu’il ne maîtrise pas ! Mais on fait avec les moyens dont l’on dispose, et ce cas de figure est tout à fait probable dans le monde professionnel. Tous se lancent dans l’analyse des fichiers du projet, pour définir la stratégie à employer et évaluer le nombre d’intervenants dont ils vont avoir besoin pour chaque étape du projet. Une fois les calculs et les prévisions effectués, l’équipe convoque les préparateurs et préparatrices de fichiers pour 13h.

Ils investissent donc la salle qui leur est attribuée en début d’après-midi, et assistent à un briefing de la part des PM. Les domaines des documents sources sont très différents : on a du culinaire en espagnol, de la géopolitique en anglais, du tourisme et du marketing technique en suédois et du tourisme en allemand. Cela signifie que le type de ressources à préparer diffère selon le projet : il pourra s’agir de corpus, de bases terminologiques et de documents de références. Le but est de fournir des ressources qui seront utiles aux traducteur·trice·s, et qui augmenteront leur productivité. Il s’agit également de garantir une certaine harmonisation terminologique !

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Une fois les instructions données, chaque PM consulte son escouade avant de remonter au QG. Les conversations et les échanges ont lieu sur Slack, une plateforme de discussion en ligne totalement personnalisable. Tout le monde doit s’y inscrire, M1 comme M2, ainsi que les professeurs qui interviennent dans le projet, afin de pouvoir observer les interactions entre leurs étudiants. Car ne l’oublions pas, le Skills Lab reste un exercice qui donnera lieu à une notation par la suite, prise en compte dans le Master. L’après-midi s’écoule et l’équipe de la préparation des ressources parvient à livrer en temps et en heure : les traducteurs et traductrices auront tous les outils en main pour attaquer leur traduction demain matin. La première journée de cette semaine intensive s’achève, laissant présager une suite assez sereine…

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JOUR 2 : Guns and Roses – Welcome to the jungle (baby)

Le gros des troupes entre en action : la traduction démarre ce matin. Le briefing des PM est précis et encourageant. Les documents sources ont été découpés en batchs, en portions, et tout le monde reçoit une part du gâteau. Tous ces fichiers, ainsi que les ressources préparées hier, sont mis à leur disposition sur une plateforme de l’environnement numérique de travail de l’université appelée Nextcloud. L’arborescence la plus claire et structurée possible a été élaborée hier par les PM. Chacun sait où récupérer ses fichiers et où les livrer une fois la traduction effectuée.

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Mais ils ne seront pas les seuls nouveaux arrivants de cette journée. Des corps bardés de cicatrices, des doigts musclés à force de pianoter jour et nuit sur leurs claviers, des yeux de lynx qui scrutent la moindre apostrophe droite : pas de doute, les vétérans sont arrivés, les réviseur·se·s ont investi les lieux. Je ne vous ai pas encore parlé des quantités de mots à traduire : l’anglais à lui seul en comporte environ 20 000, et l’espagnol 11 000. À eux deux, ces projets représentent environ 80% de la quantité de travail en traduction. Il faut donc trouver une solution pour réduire le temps occupé sur le planning, car la semaine ne fait que 5 jours et les étapes sont nombreuses. Les PM ont fait le choix d’entamer la révision avant que la traduction ne soit bouclée, et l’équipe de révision prend donc ses quartiers dès le cet après-midi. Pour ce faire, les batchs sont courts (environ 800 mots) et les traducteurs en reçoivent en moyenne deux chacun. Ainsi, une fois le premier terminé, on l’envoie en révision et la traductrice ou le traducteur attaque le suivant. La technique se révèle efficace, et malgré la quantité de travail, on avance.

Cependant, le début de la révision révèle des problèmes terminologiques importants : les titres des rubriques ne sont pas harmonisés, et certains acronymes ou termes-clés sont traduits de manière différente selon le batch. Incompréhensible pour le lecteur, inacceptable pour le client. Guillaume Deneufbourg, traducteur et professeur au sein de la formation, nous suggère l’utilisation de la base terminologique de l’ONU, UNTerm.  Cependant, on ne peut pas faire de miracle : au total, une vingtaine de personnes travaillent sur un même projet, en même temps, il est donc particulièrement difficile d’harmoniser l’ensemble. On cherche donc à proposer des solutions, mais la journée s’achève déjà…

JOUR 3 : Muse – Something human

Les projets d’espagnol, de suédois et d’allemand suivent leur cours sans trop d’encombres. La fin de la révision approche en suédois et en allemand, et la phase de traduction s’achève en espagnol. Ne vous y méprenez pas, il ne s’agit pas d’un long fleuve tranquille, et la quantité de travail ainsi que les efforts demandés sont élevés ! Mais à ce stade, tout le monde a bien compris que le vrai challenge va provenir de l’anglais.

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Tous les moyens sont mis en œuvre pour améliorer la qualité générale en rallongeant le moins possible les délais : une nouvelle base terminologique, sous forme de feuille Excel en ligne cette fois, a été partagée par Xavier Giuliani, traducteur sur ce projet. Les traducteurs et traductrices l’ont complétée au fur et à mesure de la traduction, et elle est composée d’entrées supplémentaires par rapport à la base terminologie élaborée par les préparateurs lundi. C’est un premier pas vers une meilleure harmonisation. Les réviseurs relèvent un nouveau type de terme, et une autre base terminologique est créée. Cela devient un peu difficile de s’y retrouver, mais l’intention est bonne. Il aurait sans doute été plus pratique de regrouper ces deux BT supplémentaires en une seule, voire même de les compiler pour les intégrer directement à SDL. Mais c’est plus facile à dire aujourd’hui avec le recul, que le jour même dans le feu de l’action. On est là pour apprendre !

Mais malgré tout cela, ça ne suffit pas. Les réviseurs ne sont pas assez nombreux. On réaffecte des M2 supplémentaires à la révision de l’anglais. Ce n’est pas ce qui était prévu au départ, certains sont censés avoir joué leur rôle en intégralité, mais quand il faut y aller, il faut y aller. Mais même avec ces nouvelles ressources, on se rend compte qu’on ne pourra pas tenir les délais. Une solution de dernier recours est envisagée : on propose aux M1 volontaires de prendre en charge des batchs de révision, eux qui n’ont pas encore été vraiment formés à cela. Les PM décident de tenter le coup. On explique aux volontaires les enjeux de la révision, ce qu’ils doivent rechercher et corriger, la manière de faire. On élabore des échantillons d’environ 200 mots pour les tester, et tenter d’évaluer si leur révision est correcte ou s’il faut les réaiguiller.

J’étais là, au milieu de ce champ de bataille, entouré par mes camarades fatigués. Ils ont les yeux qui picotent, le dos tendu et les cervicales qui grincent. Certains sont à 5 mg de caféine par litre de sang. Et tout le monde tient bon. On se déplace entre les salles. Les PM vont et viennent pour tenter d’exalter les troupes. On propose des suggestions pour les termes qui posent problème, parce que oui, on en découvre encore. On travaille parfois à deux ou trois sur une même révision. On échange des sourires et des regards complices.

Je vous prie d’excuser mon langage, mais ça, bordel, c’est beau. Ça prend aux tripes. Parce qu’en théorie, le contrat était déjà rempli, surtout pour les M1. Mais ils restent, on reste, et on fait face. La journée s’achève et tout le monde est un peu hagard, mais la progression est très nette.

 

JOUR 4 : Scorpions – Wind of change

Grâce aux efforts combinés équipes de traductions et de révision  du suédois ainsi que de leur PM, Oriane Briand,  l’un des deux projets de suédois a été livré ! En plus d’être une réussite en soi, cela va également permettre de réaffecter des forces dans les parties du projet qui en ont besoin (vous avez dit l’anglais ? Bingo).

Le travail d’hier a porté ses fruits. La révision de l’anglais a bien avancé, grâce à la collaboration étroite entre M1 et M2. Une fois que tout le monde aura livré, la phase de QA pourra commencer : il s’agira d’une des ultimes vérifications avant la PAO. Nathalie Moulard, traductrice et professeure qui dispense des cours de TAO et de révision au sein de notre master, ainsi que Spasa Ratkovic, qui donne des cours d’interprétariat et de traduction aux suédophones sont venues prêter main-forte à leurs étudiants.

L’ambiance est plus détendue qu’hier, j’ai pu en profiter pour interviewer Loréna ! Elle a pu m’accorder un moment pour parler de son rôle, de son équipe et du projet. Si vous avez suivi les réseaux sociaux du Master pendant la semaine du Skills Lab, vous avez déjà pu en avoir un aperçu. La voici dans son intégralité.

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De gauche à droite : Elena Valevska, Medge Allouchery, Loréna Abate, Oriane Briand et Jordan Raoul

 

Loréna Abate, IPM : une main de fer dans un gant de velours

Coucou Loréna ! Alors dis-nous tout, en quoi consiste ta mission ?

Ma mission consiste à superviser de manière générale tous les collaborateurs du Skills lab, et en particulier prendre les décisions et venir en aide à mon équipe de PM à qui j’ai attribué un projet par langue. Il s’agit aussi d’assurer un suivi global de l’avancement de chacune des étapes (traduction, révision, QA, PAO, LSO) tout en étant l’unique intermédiaire avec le client en cas de question d’ordre linguistique ou technique.

Et alors, on est dans les délais ?

J’ai le plaisir de dire que oui, on est dans les temps ! C’était pas gagné au début. La stratégie adoptée, c’était d’essayer de livrer au plus tôt les plus petits projets (allemand et suédois) puisque peu volumineux en termes de nombre de mots, car après analyse des deux projets les plus importants, et notamment de l’anglais, nous nous sommes vite rendu compte qu’il serait très challenging de livrer une qualité optimale en anglais dans les délais qui nous étaient impartis. En effet le projet compte plus de 19000 mots et nécessite un réel travail de mise en page, et le texte source ne permettait pas d’atteindre la productivité de traduction standard (phrases très complexes, terminologie à mettre en commun, traduction automatique peu efficace). À l’heure actuelle, le suédois est livré, et les projets allemand et espagnol seront également, je l’espère, livrés en fin de journée.

Quelle a été la plus grande difficulté jusqu’ici ?

Ce n’est pas vraiment moi qui ai eu les plus grosses difficultés, bien que j’aie le poids de la responsabilité sur mes épaules. Le premier jour, j’étais assez stressée, parce qu’il y avait d’un côté toutes les étapes de mise en place de Slack, de l’arborescence des fichiers, de réponses aux mails, et en même temps l’analyse des projets, l’estimation du nombre de collaborateurs pour chaque tâche (ça c’était galère), la répartition des tâches, la création des plannings, des fichiers de suivi, des devis et du calcul de la marge brute espérée au global, etc. Tout ça en devant valider les décisions des PM. En fait, la plus grosse difficulté, c’était le lancement du projet !

Et après le Skills Lab, Dublin et le stage, tu envisages d’entamer une carrière de gestionnaire de projet ?

Oui, j’aimerais beaucoup ! C’est ce qui me manque un peu dans mon rôle de IPM cette semaine, car je n’ai pas ce sentiment, comment dire, en fait j’aime être au cœur d’un projet en particulier, avoir la responsabilité des tâches linguistiques et être davantage en contact avec les linguistes.

Pour finir, qui est ton PM préféré ? Cela restera entre nous.

Impossible de choisir ! Ils sont tous uniques en leur genre. Medge, qui a géré d’une main de maître un nombre impressionnant de linguistes en restant très organisée, pédagogue et proactive ; Jordan, notre perfectionniste, qui n’a laissé passer aucun questionnement d’ordre linguistique car il voulait assurer une qualité exemplaire ; Elena et sa spontanéité, qui bosse à l’instinct, très à l’écoute et disponible pour ses linguistes ; et Oriane, la réactivité incarnée, qui s’exécute à la seconde où on lui demande quelque chose, et qui est toujours prête à rendre service à l’équipe. En somme, une équipe béton, soudée, drôle, qui m’a soutenue toute la semaine, et sans qui le déroulement du Skills Lab n’aurait jamais été aussi fluide et professionnel.

***

La phase de QA commence en début d’après-midi pour l’anglais. Et là, l’équipe des PM a des sueurs froides : Antidote identifie près de 1 200 erreurs, et les QA checks de Trados presque autant. On se rassure en se disant que la plupart sont des faux positifs, et on entame la phase de révision jusqu’à la fin des heures de bureau…

 

JOUR 5 : Queen – We are the champions

L’aube point à l’horizon. Le réveil est difficile. Mais c’est la dernière ligne droite, il faut serrer les dents et livrer dans les délais.

En bas, le silence règne. Veille de vacances oblige, une bonne partie des étudiants a déjà déserté les lieux. Mais c’est dans les salles qui nous étaient attribuées que l’on ressent le plus ce vide : aujourd’hui, personne n’est convoqué, seuls les PM et une poignée de volontaires continuent de travailler (même si tout le monde reste disponible sur Slack).

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Jordan s’attelle à la finalisation des fichiers d’espagnol, et Elena fait de même pour l’allemand. Des problèmes subsistent dans le glossaire espagnol, et des rectifications sont nécessaires. De son côté, Elena travaille d’arrache-pied sur la mise en page finale de ses fichiers.

Loréna, Medge, Oriane, Raphaël (M2 expert du domaine juridique) et moi travaillons sur le QA de l’anglais. Nous nous sommes divisé le fichier complet en 4 batchs pour avancer le plus rapidement possible. Nous bouclons cette étape vers midi, mais quelques difficultés surviennent au moment de recompiler les batchs ! La tension monte encore d’un cran…

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Après un reboot d’ordinateur, des incantations vaudoues et une phase de déni, les efforts combinés des PM permettent finalement d’obtenir un fichier bilingue final. La phase de PAO peut enfin commencer. Les attentes du client ne sont pas très élevées, mais Medge souhaite tout de même rendre un travail propre. On fait bien les choses en TSM. François Poncelet, professeur de projet de traduction, traducteur et expert de la PAO, lui donne un coup de main crucial.

15h37, c’est au tour de l’allemand d’être expédié. Un de moins.

La tension est à son paroxysme ! Loréna et Jordan compilent l’archive du projet d’allemand, en prenant soin de n’oublier aucun fichier. Il est 15h51, l’espagnol est livré. Plus que le boss final.

Loréna est envahie par le stress, et Jordan et Oriane mettent tout en œuvre pour l’en soulager. Un échange restera dans les annales : « L : Raah mais je suis trop stressée j’en peux plus ! » « O : Nan mais Loréna t’inquiètes il reste 10 minutes, tranquille on est hyper large ».

Et vous savez quoi ? Elle avait raison. À 15h59, une minute avant l’échéance, Loréna relève la tête de son clavier, le dernier projet est livré. Hyper large. On s’applaudit, on se congratule, et surtout, on respire. Toute la pression accumulée au cours de cette semaine s’évapore.

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Croyez-le ou non, cette photo a été prise au moment exact où Loréna a relevé la tête de son clavier.

 

Épilogue

Dans les minutes qui ont suivi la livraison, nous nous sommes tous rassemblés pour participer à une réunion qui a été un lieu d’échanges bénéfique pour tous les intervenants. Les difficultés et les réussites du projet y ont été abordées, des pistes d’améliorations ont été proposées pour l’année prochaine, et nous avons pu ensuite partager un pot avec les professeurs présents.

Il ne s’agit là que d’un témoignage incomplet à propos du dispositif, de mon propre point de vue. J’ai essayé de vous faire partager au maximum cette expérience, tout en essayant de limiter la taille de ce texte. Mission… Partiellement accomplie. Quoi qu’il en soit, beaucoup de moments forts ont eu lieu cette semaine, et je tiens à remercier tous les intervenants du projet, professeurs comme étudiants, pour cette expérience extrêmement enrichissante. Pour les M1, il s’agit de la fin de leur première année, de la dernière étape avant le départ en stage. Pour les M2, dont je fais partie, c’est différent : cette semaine a un goût doux-amer, elle représente sans doute les derniers jours de notre vie à l’université, la fin d’une ère, avant le départ pour Dublin, puis pour le stage et ensuite l’entrée dans la vie professionnelle. Et je pense que l’on peut affirmer que nous concluons notre scolarité sur une bonne note.

Je vous remercie d’avoir lu ce billet, et je vous donne rendez-vous sur le marché d’ici quelques mois !

TSM Skills Lab 2019 – Teamwork Makes The Dreamwork

Par Morgane Tonarelli, étudiante M2 TSM

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On part au ski la semaine du 11 février, tu viens ?
Non, désolé, j’peux pas j’ai Skills Lab.

 

Ah le Skills Lab… LA Fashion Week de la traduction pour les étudiants du Master TSM de l’Université de Lille ; un exercice grandeur nature qui marque l’apogée de la formation universitaire des M2 et prépare les M1 à leur premier stage.

Le Skills Lab : kézako ?

« Skills Lab », un nom anglais plutôt sympa pour décrire un dispositif existant dans un certain nombre de formations en traduction et lancé en 2018 au sein du Master TSM, qui a alors rejoint l’International Network of Simulated Translation Bureaus (INSTB), réseau dont les universités membres s’engagent à intégrer à leurs programmes un module de placement des étudiants en simulation d’agence soumis à une validation de crédits ECTS.

À l’Université de Lille, une semaine à la fin du deuxième semestre est spécialement organisée pour permettre aux étudiants d’être aux manettes de leur propre agence de traduction virtuelle, et ce dans la plus grande autonomie. Une expérience unique et enrichissante pour des étudiants qui n’ont jamais mis les pieds dans une agence et pour d’autres qui s’apprêtent à tourner la page universitaire et entrer sur le marché du travail.

Je ne vais pas m’épancher sur cette définition du Skills Lab puisque Alessandro Circo, mon camarade de promo et chargé de communication de la première édition, avait publié l’année dernière un billet très complet sur le sujet à retrouver juste ici.

Trêve de bla-bla, suivez plutôt le guide, je vous emmène à la découverte de l’édition 2019 du TSM Skills Lab !

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Les nouveautés de cette deuxième édition

Une nouvelle ouverture de poste pour les étudiants de M1

Comme l’avait expliqué Alessandro dans son billet, tout Skills Lab qui se respecte commence par une étape de réponse aux offres d’emploi. Comme dans une vraie agence, les étudiants du Master TSM sont invités, deux mois avant le début du Skills Lab, à candidater à différents rôles en fonction de leur profil.

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L’année dernière, le manque de ressources en préparation dû à l’impossibilité des M1 à postuler aux postes de préparateurs avait eu quelques conséquences négatives sur le reste du process. C’est pour cette raison que pour cette édition 2019 du Skills Lab, les étudiants de première année ont pu candidater à ces nouveaux postes. Grâce à cette plus grande équipe de préparateurs, les traducteurs ont eu accès à des glossaires et corpus de taille plus importante que l’année dernière même si pour certains, leur contenu restait assez « lacunaire ».

Le but d’une expérience comme le Skills Lab est bien évidemment d’apprendre de ses erreurs et de s’améliorer d’année en année. Il faut donc prendre en compte ces remarques et les utiliser pour perfectionner cette étape du processus de traduction.

Des projets plus variés et plus complexes

Les projets traités lors de la première édition étaient principalement des projets de traduction sans tâches techniques complexes et dans une seule combinaison de langues (EN>FR) ; c’est donc sans surprise que les enseignants chargés de l’organisation du Skills Lab ont décidé cette année de mettre la barre un peu plus haut.

Nous avons donc eu le droit à des projets multilingues dans les cinq langues enseignées en Master TSM (anglais, espagnol, italien, allemand et suédois) et avec des étapes techniques complexes telles que la proposition de mise en page, la localisation d’illustrations ou encore des recherches d’équivalents dans le domaine du droit ; des difficultés auxquelles les équipes ont dû et ont su s’adapter.

L’accompagnement des « juniors » au cœur de la stratégie managériale

Une bonne gestion de projet c’est avant tout une bonne gestion des ressources et ça, les gestionnaires de projet de cette deuxième édition du Skills Lab, riches de leur premier stage, l’ont bien compris et ont décidé d’en faire le cœur de leur stratégie managériale.

Dès le mois de septembre et jusqu’au Skills Lab, les étudiants de M2 se sont appliqués à cultiver un réel esprit d’équipe avec les M1, à leur donner l’impression de faire partie d’un groupe dans lequel la distinction M1/M2 n’existe pas. Quelques semaines avant l’ouverture de l’agence, les gestionnaires de projets ont mis en ligne un document dans lequel les M1 pouvaient renseigner leurs langues de travail, mais aussi leurs préférences en matière de domaines de traduction. Ainsi, les PM pourraient faire en sorte d’attribuer les projets aux traducteurs en fonction de leurs préférences, dans la mesure du possible bien évidemment.

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En plus de la prise en compte des centres d’intérêt de chacun, l’équipe de gestion a mis un point d’honneur à accompagner et à rassurer les étudiants parfois inquiets à l’idée de ne pas faire les choses correctement ou de ne pas livrer dans les temps. Les fiches d’auto-évaluation demandées après la semaine de Skills Lab devraient nous dire si oui ou non cette stratégie s’est révélée concluante.

A hell of a week

Dimanche 10 février – Tu t’occupes du motto, je m’occupe du gâteau.

Une agence de traduction c’est d’abord une entreprise à part entière qui se doit d’avoir une identité de marque bien à elle. Aucun souci de ce côté-là, la promotion 2019 du Master TSM ne manque pas de créatifs. La veille de l’ouverture de l’agence, les messages fusaient sur le group chat Facebook Team PM Skills Lab. La mission du jour : trouver un bon slogan qui motiverait les troupes en cas de petite baisse de tension. Du gâteau pour Camille Bacha, gestionnaire de projet et meme addict, qui en deux trois clics nous a sorti une référence de la série américaine The Office : TEAMWORK MAKES THE DREAMWORK. Une évidence, un coup de génie, le Skills Lab 2019 était né. S’en est évidemment suivi un long débat sur l’utilité ou non d’une office plant, du calendrier des Dieux du Stade de Margaux Bochent (PM et Happiness Manager) ou encore du poster de Ryan Gosling de Camille. Personne ne semblait se mettre d’accord alors j’ai décidé de sortir la phrase magique : « Demain, j’apporte un gâteau ». Cela faisait à peine une demi-heure que l’on se comportait « comme des PM » que je savais déjà que cette équipe irait loin (et que le seul atout masculin du groupe aurait du pain sur la planche).

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Lundi 11 février — Motivés comme jamais

8 h 30 — les gestionnaires prennent tranquillement leurs marques dans leur nouveau bureau. On se sent déjà un peu comme à la maison, il y a du café, des bonbons et mon gâteau (un peu trop cuit). Le gestionnaire de projet en chef, Nicolas Baille, annonce le premier d’une longue (très longue) liste de « briefs ». L’équipe commence déjà à réfléchir au rôle de chacun et au process à mettre en place, car oui, l’énorme point fort du Skills Lab c’est que les étudiants sont en parfaite autonomie et restent libres de gérer leur agence comme bon leur semble. Seule déception jusqu’ici, j’ai oublié l’office plant et pas la moindre trace des Dieux du stade ni de Ryan Gosling…

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9 h — après une demi-heure à torturer la touche F5 de son clavier multicolore, Nicolas reçoit enfin le tout premier mail de notre client ; le Skills Lab 2019 ouvre officiellement ses portes !

Ni une ni deux, nous lançons le deuxième brief de la journée. Il est maintenant question d’assigner à chaque PM un ou plusieurs projets en fonction de leur taille et des étapes qu’ils impliquent, car cette année contrairement à l’année dernière le client a des besoins en localisation d’illustrations. Pour ce qui est de la gestion des fichiers et de l’organisation de l’arborescence, nous profitons des talents informatiques de Nicolas, en un tour de main il met en place un cloud qui permettra à toutes les équipes d’accéder facilement à tous les fichiers et de les livrer en un clin d’œil. Well done boss!

Nous décidons ensuite de nous attarder sur l’analyse minutieuse de chacun des fichiers sources envoyés par le client afin de lister les étapes nécessaires à la réalisation des projets et faire une première ébauche du devis. Étant donné que nous partons de zéro, nous sommes libres de fixer les tarifs qui nous semblent être les plus corrects pour permettre à notre client de rentrer dans ses frais, mais aussi à nous agence, de marger. Nous décidons donc de nous en remettre à la Bible des étudiants en traduction : Comment gérer vos projets de traduction, un must-have écrit par notre Project Management Expert et professeure Nancy Matis. L’incertitude règne, le devis est-il trop élevé ou au contraire trop bas ? Allons-nous réussir à rouler en berline allemande ou allons-nous finir par nous nourrir exclusivement de nouilles ? Pour nous rassurer, nous mettons à profit ce qui nous a été enseigné au cours de notre formation SFT : un bon devis, c’est un devis qui pousse à la négociation. Finalement, nous avons réussi à nous mettre d’accord et à proposer un prix à notre client.

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Après avoir réglé l’administratif et le financier, il faut maintenant faire le planning et assigner les tâches, une mission facilitée par un sourcing fait en amont de l’ouverture de l’agence. Nous avons une idée des préférences de chacun, ne reste plus qu’à attribuer un projet à chaque préparateur de ressources, traducteur et réviseur.

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En fin de matinée, les bases étaient posées et le cap défini, ne restait plus qu’à faire entrer dans l’arène notre première équipe, les préparateurs, qui nous ont rejoints dans l’après-midi. Création de glossaires, extractions terminologiques, recherches en tout genre, et compilations de corpus, ils n’ont pas chômé pour préparer au mieux la phase de traduction et faciliter un maximum la tâche des traducteurs.

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C’est finalement aux alentours de 18 h 30 que nous avons décidé de fermer les portes de notre agence après une journée riche en émotions, en travail et en grignotage.

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Mardi 12 février – À vos marques. Prêts. Traduisez !

La machine est déjà bien lancée ; les préparateurs ont fourni un travail conséquent et les PM se tiennent désormais prêts à accueillir l’équipe des traducteurs composée exclusivement d’étudiants de première année. Les débuts de la phase de traduction sont un peu compliqués surement à cause du stress qui envahit certains traducteurs soucieux de ne pas être à la hauteur et de vouloir trop bien faire, mais heureusement les gestionnaires sont là pour les rassurer et les accompagner au mieux. Après tout, nous étions à leur place l’année dernière…

Traducteurs_salle

En début d’après-midi, certains ont déjà terminé leur traduction tandis que sur le visage des autres on voit la panique s’installer. « J’ai peur de ne pas livrer à temps. », « Studio a planté, j’ai peur d’avoir tout perdu. », peut-on entendre dans les rangs. Il est temps de faire intervenir des réviseurs étudiants de M2 pour superviser les traducteurs les plus déboussolés et leur redonner confiance en eux. Mission accomplie, à la fin de la journée, une majorité des premiers jets sont livrés et pour ceux qui n’ont pas encore tout à fait terminé, il reste du temps demain matin pour apporter les touches finales.

Mercredi 13 février — Traducteurs vs Réviseurs : il y a de l’eau dans le gaz

Les traducteurs ont pu profiter de la matinée pour relire et perfectionner leurs chefs-d’œuvre, il est temps pour eux de profiter d’un déjeuner en ville et de laisser la place aux réviseurs, étudiants de M2, prêts à appliquer ce qu’ils ont appris au cours de leur module de révision. Pour certains, tout roule comme sur des roulettes, la terminologie et le guide de style ont été respectés, Antidote ne relève pas de fautes à en faire saigner les yeux et la plume est plutôt bonne. En revanche, pour d’autres, aïe aïe aïe caramba, les traductions manquent un peu (pour ne pas dire beaucoup) de relecture et de sérieux… La traduction machine c’est comme les antibiotiques… ce n’est pas automatique. Surement une erreur de débutant me direz-vous ; je vous l’accorde.

Réviseurs

Les PM décident donc de remettre les pendules à l’heure et de rappeler calmement, mais fermement les enjeux du Skills Lab : de vrais projets pour de vrais clients donc on se remet en selle et l’on donne tout ce que l’on a !

La journée se termine finalement sur la livraison des traductions révisées dont la validation finale reviendra aux traducteurs et sur une séance Photoshop pour la préparation par les PM des illustrations qui seront localisées par la suite. Jusque-là, tout s’est plutôt bien déroulé, est-ce que cela va durer ou est-ce que la journée suivante va nous réserver quelques surprises ? Nous rentrons chez nous avec le sentiment du travail bien fait et le ventre plein des crêpes préparées avec amour par notre chef pâtissière TSM préférée.

Margaux_crêpes

Jeudi 14 février – De l’amour des mots à la haine de l’informatique

Ah la Saint-Valentin… fête des amoureux du cœur, mais aussi de ceux des mots. Les sourires sont sur tous les visages et il flotte un parfum de rose et de chocolat dans les couloirs de l’UFR LEA ; la journée s’annonce donc sous les meilleurs auspices. Mais en amour, rien n’est jamais joué et ce qui devait arriver arriva : une histoire de fusionnement de fichiers qui tourne mal et le rythme paisible maintenu jusqu’ici s’interrompt. La panique gagne légèrement l’équipe des PM, puis c’est au tour de la colère, et enfin de l’apaisement. Telles de vraies Mary Poppins, ils finissent par trouver rapidement une solution certes loin d’être parfaite, mais qui permettra d’éviter la catastrophe.

Tableau_PM

Tout rentre finalement dans l’ordre et en milieu d’après-midi, miracle, toutes les modifications ont été insérées par les traducteurs et les traductions ont été livrées. Commence alors l’étape d’assurance qualité (QA) afin de s’assurer une dernière fois que les traductions répondent aux exigences de qualité du client. La fatigue commence à gagner les PM qui enchainent de longues journées depuis le début et qui commencent à accuser le coup surtout que les QA leur réservent quelques surprises d’ordre typographique ou orthographique de quoi donner des sueurs froides à Nicolas, dit l’œil de lynx, dont le pauvre clavier boule à facettes commence à perdre de son éclat.

PM_renaissance

La journée se termine au son de Mac Demarco et avec un problème de mise à jour de mémoire de traduction…

Vendredi 15 février — Clap de fin

L’édition 2019 ouvre ses portes pour sa dernière journée. La dernière ligne droite tant attendue est déjà arrivée et la fatigue avec elle. La journée d’hier fut intense et la nuit aussi (rédaction de billet de blog quand tu me tiens…) ; des cernes de la taille du Pacifique ajoutent une jolie touche de couleur bleutée au regard de nos gestionnaires de projet. Mais pas le temps de niaiser, il y a toute une série de QA et une livraison finale dans l’après-midi qui nous attendent. Steffie, en bonne gestionnaire, a prévu son litre d’arabica tandis que le reste de l’équipe se rue vers le foyer étudiant pour un shot de caféine indispensable pour commencer cette journée bien chargée.

PM-Warriors

En ce début de journée, tout va pour le mieux jusqu’au moment où, Camille, en charge du QA suédois se rende compte que, non, passer ses weekends chez IKEA ne lui sera d’aucune utilité… (so cliché). Heureusement, l’entraide règne entre les PM, et des réviseurs venus en soutien finissent par lui donner un coup de main.

Camille_écrans

15 h 30, il est temps de livrer les projets au client. Un petit sentiment de stress mêlé à de l’excitation s’empare des gestionnaires de projets. Dernières modifications, dernière lecture et relecture encore et encore ; tout le monde à l’impression de ne pas en avoir fait assez et de pouvoir faire beaucoup mieux. Tels des lions en cage, l’équipe fait les cent pas avant d’enfin se décider à envoyer l’email qui mettra un point final à cette expérience. L’email est envoyé et le tube de Queen, We Are The Champions, résonne dans le bureau, ne manquait plus que les confettis…

Une fois la livraison confirmée par le client, étudiants et enseignants ont eu l’opportunité de se rassembler pour un débriefing « à chaud » afin d’échanger sur l’expérience mémorable qu’ils viennent de vivre. Après quelques applaudissements est enfin venue l’heure de dire au revoir au Skills Lab et de se diriger vers le centre-ville lillois pour des rafraîchissements bien mérités !

Debrief_fin

Avant de vous laisser vaquer à vos occupations, je tenais tout d’abord à remercier les enseignants d’avoir mis en place une expérience aussi enrichissante et de nous avoir laissé la liberté de gérer cette agence à notre manière. Je n’oublie pas non plus toutes les équipes : un grand bravo aux étudiants de M1 pour leur implication et leurs efforts et à nos chers camarades de M2 pour leur travail et surtout pour leur disponibilité et la bienveillance dont ils ont fait preuve auprès des juniors. Enfin, je tenais personnellement à remercier mes coéquipiers gestionnaires pour cette semaine mémorable et riche en émotions. Cœur sur vous et bon courage à ceux qui reprendront le flambeau, l’année prochaine, pour la troisième édition du Skills Lab !

PM_fin

TEAMWORK MADE THE DREAMWORK!

 

L’innovation sur les bancs de la fac !

Par Céline Gherbi, étudiante M1 TSM

logo-tsm-skills-lab-web-rvb

 

Si vous pensez ne pouvoir suivre que des cours théoriques sur les bancs de la fac, vous vous trompez. La révolution digitale a apporté son lot de changements dans notre quotidien pourtant en matière d’enseignement, nous avons encore tendance à nous tourner vers d’anciens modèles d’apprentissage. Il est vrai que l’innovation inquiète parfois, car elle comporte une prise de risque et les changements qu’elle implique demandent un effort d’adaptation et souvent beaucoup de travail. Pourtant, cette année les étudiants du Master TSM, dont je fais partie, ont découvert une façon originale de s’exercer à leur futur métier. En effet, les enseignants se sont engagés dans une nouvelle forme d’apprentissage pour permettre à leurs étudiants de se confronter au monde du travail et de mettre en pratique leurs récents acquis en matière de traduction, d’outils informatiques et de gestion de projet au sein d’un cadre pédagogique sécurisant. L’idée, à la fois simple et complexe, qu’ils ont menée à bien, est celle de créer une agence virtuelle de traduction entièrement gérée par les étudiants et nommée Skills Lab.

 

Afin de mieux comprendre les tenants et aboutissants d’un tel projet, M. Loock, responsable du parcours de master, a accepté de répondre à mes questions.

 

Pourquoi avoir intégré le Skills Lab au programme du Master TSM ? Quelles étaient vos attentes ?

L’objectif global était de placer les étudiants dans une situation de simulation vis-à-vis de projets de traductions réels à réceptionner et à livrer, le tout en quasi autonomie. Ceci relevait de la politique globale de la formation, qui met l’accent sur la professionnalisation en préparant les étudiants le plus possible à la vie professionnelle qui les attend.

Mais il y avait d’autres objectifs, comme la volonté de décloisonner les enseignements et de sortir du cadre des cours traditionnels. Les étudiants de master, notamment en M1, ont encore une vision des études qui est celle du secondaire et parfois de la licence en France : les enseignements sont considérés de façon individuelle, avec des évaluations distinctes, qu’il convient de valider. Avec le Skills Lab, il s’agit de mobiliser les compétences acquises lors de différents enseignements (gestion de projets, terminologie, traduction, TAO, outils de corpus, etc.) au service d’un ensemble de tâches, à savoir la gestion d’une série de projets de traduction réels. Un autre objectif était d’amener les étudiants de M1 et de M2 à travailler ensemble, ce qui jusqu’alors ne se faisait pas. Enfin, en plaçant les étudiants en autonomie, l’objectif était aussi de les amener à prendre du recul vis-à-vis de leur travail et de leurs compétences : par définition lorsque l’on est placé en autonomie, on commet des erreurs, mais c’est justement en commettant ces erreurs et en les corrigeant que l’on apprend, et surtout que l’on prend confiance en soi.

Avez-vous hésité avec d’autres formes d’apprentissage ?

Si l’on souhaite que les étudiants soient rapidement en lien direct avec le monde professionnel, il existe bien entendu les stages, qui ont été mis en place dès la création du master en 2004, mais il existe d’autres possibilités, comme par exemple le master en alternance, qui implique que chaque étudiant doive en début d’année universitaire trouver une agence/entreprise susceptible de les accueillir pour l’année. En traduction, ceci peut être difficile pour les étudiants, surtout s’il s’agit de trouver une agence/entreprise de la région, et cette possibilité n’est donc pas envisageable. En plus des stages, le cours « Projet de Traduction », où les étudiants travaillent sous la supervision de traducteurs professionnels, permet également ce lien avec le monde professionnel, mais le Skills Lab permet d’aller plus loin. Une autre possibilité, compatible avec le Skills Lab d’ailleurs, est la création d’une Junior Entreprise, mais la charge administrative pour la gestion d’une telle structure est lourde, et sa mise en place longue ; le passage de relais entre les étudiants, qui ne sont présents qu’entre mi-septembre et mars sur le campus, pourrait d’ailleurs être problématique.  A l’inverse, la mise en place d’un Skills Lab peut se faire d’une année sur l’autre, en réaménageant la structure des enseignements. C’est le choix qui a été fait pour compléter la mise en situation lors des stages obligatoires et dans le cadre des cours « Projet de Traduction ».

Avez-vous rencontré des obstacles lors de la mise en place ou l’aboutissement de ce projet ? Si oui, quelles ont été les solutions ?

Quel que soit le projet, il y a toujours des obstacles. Il a d’abord fallu convaincre les professionnels en charge des cours « Projet de Traduction » qu’une réorganisation permettant la mise en place d’un Skills Lab était nécessaire. Ceci redéfinit nécessairement le rôle des formateurs, qui doivent trouver une nouvelle place afin d’accompagner et d’évaluer les étudiants.

Il a également fallu trouver les « clients », ce qui a suscité des inquiétudes au départ, mais en fait cela ne fut pas si difficile malgré un calendrier compliqué pour eux (envoi des documents à traduire en novembre, pour une livraison en mai-juin, après évaluation). De même, l’organisation logistique n’a pas véritablement posé de problèmes : le calendrier universitaire a été réorganisé afin de libérer une semaine de tous les enseignements TSM. L’UFR LEA, qui soutient toujours les projets proposés, a facilité l’organisation matérielle : réservation de salles à la semaine, mise à disposition d’un badge, etc.

Enfin, l’éternelle question des moyens. Il s’agissait de mettre en place un nouveau dispositif à coût constant, même si pour la première année, nous avons bénéficié d’une petite enveloppe budgétaire puisque le dispositif a été reconnu projet pédagogique innovant par l’université. Il a donc fallu réorganiser les heures consacrées au cours « Projet de traduction » afin de maintenir le projet individuel tout en instaurant le projet collaboratif au sein du Skills Lab. Il a également fallu s’assurer de la présence volontaire des professionnels pour les simulations d’entretien qui ont eu lieu en décembre et ont été visiblement très appréciés des étudiants.

Êtes-vous satisfait de cette première édition ?

Oui, tout à fait. Les étudiants ont rempli leur contrat et se sont montrés globalement très enthousiastes. La lecture des rapports rédigés après le Skills Lab montre qu’ils en retirent beaucoup de choses positives, même si certaines difficultés sont apparues. Les projets de traduction ont été livrés et apportent satisfaction aux clients, ce qui est une très bonne chose. Les enseignants ayant supervisé le projet trouvent également que le dispositif a permis aux étudiants de gagner en autonomie et de prendre conscience de leurs compétences professionnelles. Les étudiants de M2 en particulier ont pu mesurer le chemin parcouru depuis le M1 et se sont montrés particulièrement habiles dans leur gestion des choses : les conseils qu’ils ont pu donner aux M1 pour la révision des textes étaient généralement très bien vus.

Bien entendu, il y a eu quelques difficultés : s’agissant d’une première édition, le dispositif était expérimental. Notamment, les étudiants de M1, qui pour la plupart n’avaient jamais effectué de stage en agence/entreprise, ont eu un peu de mal à trouver leur place au sein du dispositif. Il conviendra de mieux les guider l’an prochain, mais ils bénéficieront déjà de l’expérience des M2 qui en M1 auront connu le Skills Lab contrairement aux étudiants de cette année et seront donc plus à même de les guider et de créer les conditions propices à une collaboration rapprochée. Également, le rôle des préparateurs de ressources n’avait pas été suffisamment bien pensé (ils n’étaient notamment pas suffisamment nombreux), ce qui a posé des difficultés pour la traduction, et par ricochet, pour la révision. Le dispositif sera donc adapté.

Dans le cadre du Skills Lab et de l’INSTB dont le Master TSM fait partie, une étude scientifique de l’influence de tels dispositifs sur la façon dont les étudiants perçoivent leurs compétences est en cours. Les premiers résultats, qui ont été présentés au mois de juin à un colloque sur la didactique de la traduction à Barcelone (didtrad2018), montrent en effet une évolution (présentation disponible ici). Les 268 étudiants inscrits dans les formations européennes membres de l’INSTB ont répondu au même questionnaire avant et après le travail collaboratif au sein d’un Skills Lab ou d’un bureau virtuel de traduction, et les résultats, concernant pour le moment 4 universités dont l’Université de Lille, montrent que les étudiants estiment avoir davantage de compétences à l’issue d’un tel travail collaboratif, qu’il s’agisse de compétences techniques, liées à la gestion du temps, ou encore au travail en équipe (les fameuses soft skills). Ces résultats encourageants feront l’objet d’une publication scientifique.

Avez-vous décidé d’apporter des modifications à la seconde édition ?

Oui, puisque toute première édition est nécessairement expérimentale. La lecture des rapports rédigés à l’issue du Skills Lab a permis de comprendre certaines des difficultés rencontrées par les M1 notamment, mais aussi certains problèmes d’organisation relatifs à la préparation des ressources. Pour l’édition 2019, où les autres langues de travail seront intégrées, il y aura davantage de gestionnaires de projets et de préparateurs de ressources, et les étudiants de M1 ne seront plus limités à la traduction. Beaucoup d’étudiants pourront assurer deux rôles distincts, par exemple traduction/préparation de ressources ou encore révision/préparation de ressources. Un debriefing après le Skills Lab sera également programmé dès le vendredi soir, dernier jour du dispositif, car les étudiants de cette année auraient aimé que ce soit le cas. La facturation des projets pourrait également faire l’objet d’une attention accrue, même si celle-ci est fictive, les projets ne faisant pas l’objet d’une vraie rémunération.

En revanche, bien que cela soit une demande des étudiants, nous ne pouvons malheureusement pas étendre le Skills Lab et proposer une durée de deux semaines : les étudiants de M2 partent en stage très tôt et ont beaucoup de projets à remettre avant leur départ. Le Skills Lab 2019 sera en revanche légèrement décalé afin que les étudiants de M2 n’aient pas comme cette année à gérer de front tous ces projets et le Skills Lab, qui sera placé la toute dernière semaine avant leur départ, l’ensemble des autres projets ayant été rendus en amont.

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure ?

Des « clients » se sont déjà manifestés pour la prochaine édition, ce qui est bon signe !

 

clients

Ci-dessus les premiers clients de notre agence.

 

En tant qu’étudiante, j’ai pour ma part beaucoup apprécié le Skills Lab pour ce qu’il m’a apporté en matière de compétences, mais au-delà de ça, j’ai beaucoup aimé participer à ce projet parce qu’il ne s’agissait plus d’étudier avec pour seule finalité l’obtention d’une note, cette fois, mon travail allait être utile à d’autres.

Je vous invite donc à cliquer ici pour lire le billet de blog d’Alessandro Circo qui vous emmènera au cœur de notre petite entreprise et ici afin d’en apprendre davantage sur notre formation et venir nous rejoindre.

 

Retour sur le TSM Skills Lab 2018

Par Alessandro Circo, étudiant M1 TSM

 

La semaine du Skills Lab vient de s’achever il y a quelques jours, les livraisons sont effectuées et l’heure est venue de prendre un peu de recul, non seulement sur cette semaine mais aussi sur le dispositif Skills Lab dans sa globalité.

Skills Lab, le point de départ

Le Skills Lab est un dispositif imaginé dans le cadre d’une collaboration entre plusieurs universités rassemblées au sein du réseau INSTB (International Network of Simulated Translation Bureaus), même s’il existe sous d’autres formes dans d’autres universités. Son objectif est de proposer aux étudiants du domaine de la traduction une expérience unique : celle d’une agence virtuelle de traduction composée uniquement des étudiants de la formation. Dans notre cas, le Master TSM.

Skills Lab, façon TSM

1 - Logo

Cette année est celle de la première participation de l’Université de Lille. Depuis le mois de septembre les étudiants du Master TSM sont prévenus, le Skills Lab fera partie des Unités d’Enseignement sur lesquels ils seront évalués pour l’obtention du Master.

Pour gagner sa place au sein de cette agence virtuelle, il n’est pas question de tirage au sort ou de répartition effectuée par les responsables du Master. Chaque étudiant devra répondre aux offres d’emploi mises en ligne en envoyant CV et lettre de motivation, tout comme il l’aurait fait pour décrocher un emploi dans une véritable agence. L’analogie ne s’arrête pas là, ils devront aussi participer à des entretiens d’embauche face à un responsable pédagogique et un professionnel du monde de la traduction. Ces entretiens passés, chaque participant obtient son affectation et les équipes prennent forme. Les regards se portent maintenant vers le lancement de la semaine du Skills Lab, le lundi 5 février 2018.

TSM Skills Lab, c’est parti !

2 - Clients

Nous voilà au début de cette semaine de simulation. Les gestionnaires de projet sont les premiers à faire leur entrée et reçoivent dès 9h ce lundi les documents, les instructions et les exigences de la part des quatre clients dont les textes couvrent des domaines variés que nous avons déjà eu l’occasion de vous présenter. Après avoir découvert les textes, mesuré les volumes et découpé les documents, la priorité est donnée à la mise en place du planning et à la gestion des ressources humaines.

3 - Planning

La traduction devra donc commencer dès le lendemain, mais avant cette étape il est nécessaire de parcourir les textes pour traquer les difficultés lexicales et terminologiques qu’ils présentent dans le but d’améliorer la productivité des traducteurs. Ce travail est celui des préparateurs de fichiers. Pour les aider dans cette exploration, ils disposent de logiciels d’extraction terminologique et de la vaste étendue de ressources disponibles sur le web… ou à la bibliothèque. Après plusieurs heures passées à sonder les documents ils élaborent des glossaires et compilent des corpus qui passeront entre les mains des gestionnaires de projet pour terminer leur course sur les écrans des traducteurs.

4 - Capture d'écran

Mardi, 9h, briefing des traducteurs et distribution des documents à traduire puis des ressources associées via la plateforme Slack. Après une rapide résolution des problèmes de format ou de nom de fichiers l’équipe de traducteurs se lance. Elle dispose d’une journée et demie, malgré quelques remarques concernant la richesse des ressources préparées la veille, le travail avance vite et la majorité des traductions sont livrées avant la fin d’après-midi.

Le lendemain matin, alors que quelques traducteurs valident les derniers segments à traduire, les premiers réviseurs s’installent dans les salles réservées au Skills Lab. Au cours de la journée, ils réalisent que la révision risque de prendre plus de temps que prévu car les corrections à effectuer sont trop nombreuses et impliquent parfois de traduire à nouveau le segment. Peut-être que les ressources auraient dû être plus fournies, peut-être que les recherches pendant la traduction auraient dû être plus conséquentes, ou peut-être encore que la précipitation ou le manque d’expérience dans des domaines complexes sont à prendre en compte… Bref, l’objectif ici n’est pas de savoir à qui imputer la faute, mais plutôt de trouver comment surmonter ce genre de problème qui est loin d’être une première dans le monde de la traduction. Rappelons que le Skills Lab est censé préparer les étudiants comme aucun cours ne pourra jamais le faire. Quoi de mieux, donc, qu’un petit contretemps pour tester leurs capacités d’adaptation ? Comme par exemple l’envoi par un des clients d’un document supplémentaire à inclure dans le projet de traduction… Un défi relevé dans les règles de l’art !

5 - Jeudi

Finalement, les efforts fournis par les réviseurs et quelques heures supplémentaires ont permis de rattraper le temps perdu. Les traducteurs ont pu revenir comme prévu le jeudi pour corriger leurs traductions en tenant compte des commentaires laissés pendant la révision. Lors de cette avant-dernière journée et depuis le début de la semaine, les gestionnaires de projet ont dû assurer en permanence la communication avec les clients afin de répondre au plus vite et le plus précisément possible aux questions soulevées par les différents textes à traduire : typographie, mise en page, utilisation de l’écriture inclusive … La liste est loin d’être exhaustive, les gestionnaires de projet gardent un œil sur chaque problème et sont souvent à l’origine de sa solution. Ils ont d’ailleurs décidé, en réaction aux problèmes évoqués plus haut, de rajouter une étape de QA technique afin d’assurer une qualité qui ne trahira pas les exigences de formation du Master TSM.

TSM Skills Lab, le bilan

Très rapidement la fin de cette semaine est arrivée, au moment où je termine ce billet une partie des traductions a déjà été livrée et l’étape de QA suit son cours. Les préparateurs de fichiers sont revenus pour rassembler les mémoires de traduction par client et les mettre à jour. Les gestionnaires de projet ont ajouté à leur liste des tâches la DTP.

Au cours de cette semaine, les étudiants du Master TSM ont eu la chance de participer à la première édition lilloise de ce dispositif. Pour certains d’entre eux c’était un premier contact avec le fonctionnement d’une agence et pour d’autres c’était un moyen de se perfectionner, de questionner et de prendre ses marques avant la fin toute proche de plusieurs années d’études et le début d’une carrière professionnelle dans le monde de la traduction. Je conclurai de manière opportuniste avec cette phrase qui vient d’être prononcée par un de nos gestionnaires de projet, « le Skills Lab est une expérience ».

6 - Fin

 

Rendez-vous l’année prochaine, pour une nouvelle édition qui s’étendra à l’ensemble des langues B proposées dans le master.