La terminologie technique : comment s’en sortir ?

Par Eduardo Sosa, étudiant M2 TSM

La terminologie est sans nul doute l’un des éléments clés de la traduction technique. Souvent précis et pointu, et d’une réelle richesse, le langage technique peut parfois susciter une sorte de « respect sacré » en raison de diverses difficultés qui lui sont propres. On peut ainsi imaginer les lourdes conséquences qu’un mauvais choix terminologique pourrait entraîner chez le lecteur d’un manuel d’utilisation d’une pelleteuse. Par contre, la terminologie représente entre 5 et 10 % du volume d’un texte technique.

Comment faire face aux obstacles liés à la terminologie des textes spécialisés ? Je tenterai de proposer des astuces pour y parvenir. Mais d’abord, il convient d’analyser ses caractéristiques pour l’aborder plus efficacement.

Caractéristiques du vocabulaire technique

Polysémie

Les cas de polysémie sont fréquents dans le langage technique. En général, la signification des termes peut varier selon deux critères :

La technologie ou le champ d’application : Un terme peut avoir divers équivalents selon son domaine (mécanique, électrotechnique, médical…) et selon la technologie particulière dont le terme fait partie (système de transmission d’un véhicule, circuits pneumatiques, tuyauterie…).

Exemple :

FR EN ?

carter

crankcase
case
casing
housing

Les collocations du terme :

Exemples :

FR EN
Moteur thermique Diesel engine
Moteur électrique Electric motor
ES EN
Pozo de decantación settling basin
Pozo de cateo Test pit/well

Manque d’uniformisation

Contrairement à ce que l’on peut croire, le vocabulaire technique ne fait pas toujours preuve d’univocité, même avec les efforts de normalisation effectués par certaines institutions comme la BSI ou l’AFNOR.

Par exemple, « diesel exhaust fluid » peut avoir comme traduction « fluide d’échappement diesel » et « liquide d’échappement diesel », même si le premier est un terme normalisé. Cette situation est encore plus fréquente dans les cas des matériaux à usage moins répandu pour lesquels on ne constate pas d’efforts d’uniformisation.

De plus, les termes peuvent varier selon le registre et le dialecte :

FR ES Remarque
Chariot élévateur Carretilla elevadora ES d’Espagne
Grúa horquilla ES de Chili
Montacargas ES de Pérou
Toro Registre moins soutenu

Inexactitudes dans le texte source

Synonymes : Il se peut que l’auteur ait utilisé par négligence plusieurs désignations pour un même référent, ce qui peut créer une confusion chez le traducteur.

Exemple : « pupitre de commandes » et « boîtier de commandes » dans une liste d’accessoires d’une machine qui font référence au même objet.

Mauvais choix de termes : Une terminologie incorrecte ou inexacte peut ralentir le travail du traducteur. En effet, il devra d’abord trouver le terme correct en langue source avant de trouver la traduction correcte.

Exemple : « cale de stabilité » au lieu de plaque de calage ou patin de calage (manuel d’utilisation d’une remorque)

Termes « coupés » : L’unité terminologique peut être abrégée soit dans un souci d’économie de langue soit parce que l’auteur peut supposer que le lecteur connaît le concept.

Exemple :

plataforma elevadora móvil de personal
plataforma elevadora de personal
plataforma móvil / elevadora
plataforma

Dans l’exemple ci-dessus, le terme « plataforma elevadora móvil de personal » (plateforme ou nacelle élévatrice de personnel) (normalisé d’ailleurs par la norme UNE EN 280:2014) a été coupé jusqu’à arriver au terme « plataforma ». Le défi pour le traducteur serait de savoir à quel type de « plataforma » ce terme renvoie s’il apparaît complètement isolé dans le document. En effet, en espagnol le mot « plataforma » peut designer aussi bien le panier d’une nacelle élévatrice que la machine elle-même. Et si le texte aborde encore plusieurs champs thématiques ou technologies, « plataforma » devient encore plus flou.

Termes maison

Les entreprises peuvent parfois employer leur propre terminologie, y compris des sigles ou des abréviations. Ces mots peuvent constituer une sorte de néologismes utilisés uniquement au sein d’un cercle restreint.

Maintenant que nous avons balayé certaines caractéristiques du lexique spécialisé, quelles stratégies pourrions-nous mettre en œuvre pour traduire correctement le vocabulaire technique ?

sosa

 

Astuces pour mener à bien une recherche terminologique

Recherche thématique

Le traducteur devrait d’abord faire une recherche documentaire ponctuelle en langue source par rapport aux notions clés du document, identifiées au préalable lors de la première lecture. Cette action lui permettra d’identifier la nature du texte (registre, différences culturelles…), son intention, et de résoudre les problèmes de compréhension.

Exploiter les pistes du texte (diagrammes, bibliographie, glossaires…)

Je me souviens de la traduction d’un long document dont certains termes me posaient des problèmes… pour trouver plus tard un petit glossaire bilingue à la fin du même document expliquant ces termes !

Morale de l’histoire : avoir le bon réflexe de lire rapidement l’intégralité du document, et les documents connexes faisant partie du même projet, afin de retrouver la bibliographie, les glossaires et les diagrammes, s’il y en a. C’est là que l’on doit regarder d’abord, car ces ressources locales peuvent nous renvoyer aux mots-clés et nous aider à avoir une idée claire d’un concept ou d’une technologie.

Une autre stratégie pour arriver au même objectif consiste à traduire d’abord les parties descriptives (par exemple, la section expliquant le fonctionnement d’une machine ou les effets d’une technologie) ou le glossaire du document. Cette démarche nous aidera aussi à identifier le lexique clé (et à ne pas divaguer dans les termes techniques secondaires).

Circonscrire le domaine et la technologie englobant le terme 

Avant de lancer la recherche terminologique, il est important de bien cerner le champ sémantique du terme afin de mieux cibler la recherche, notamment pour réduire le nombre d’alternatives que nous pourrions trouver dans les ressources externes, et pour savoir quel type de ressource consulter (dictionnaire du génie civil, de l’électrotechnique…).

Recherche terminologique ponctuelle

Le premier réflexe chez beaucoup de traducteurs est de consulter les dictionnaires ou les glossaires bilingues comme point de départ. Quelquefois, cette démarche peut être la plus rapide et la plus efficace pour certains types de termes (on pourrait penser aux termes ayant une acception technique rigide, du type copper – cuivre) et si l’on a juste besoin de confirmer un terme dans un champ que l’on connaît. Par contre, nous devons procéder avec précaution, surtout si l’on n’est pas familiarisé avec l’emploi des acceptions proposés par le dictionnaire.

Dans la majorité de cas, il est essentiel de compléter cette démarche par une vérification du terme dans des encyclopédies ou des articles spécialisés monolingues en langue source et en langue d’arrivée (cela permet aussi de connaître le statut du terme ainsi que la fréquence d’usage ou la connotation…). Il est recommandable aussi de relever au préalable tous les termes problématiques afin de ne pas rechercher un terme à la fois. Par ailleurs, ce billet du blog offre de bonnes pistes de sites à consulter.

Dans certains cas, il se peut que nous ne trouvions pas le terme recherché dans une ressource spécialisé, ou que nous le retrouvions « partialement ». Par exemple, si nous recherchons « pre-stripping » (activité minière), mais que l’on trouve uniquement « stripping », nous pourrions faire la recherche avec ce dernier terme dans les domaines ou documents voisins qui peuvent partager des analogies en matière de fonction ou de forme.

Corriger les inexactitudes du texte source 

Comme nous l’avons vu ci-dessus, le texte source pourrait contenir des inexactitudes concernant la terminologie, comme un mauvais choix de termes ou des synonymes inutiles. Il est important d’en prendre conscience afin de trouver la traduction correcte, mais aussi pour ne pas induire en erreur le public cible de notre traduction. En effet, maintenir des synonymes désignant un seul terme pourrait faire penser le lecteur qu’il s’agit de composants différents.

Consulter le client ou le spécialiste 

Si nous ne parvenons pas à comprendre un terme ou un concept, en raison de l’absence de sources documentaires et de contexte, ou d’un possible erreur ou ambiguïté dans le document, il est recommandable de consulter le client, soit par téléphone, soit par courrier sous forme de navette de questions ou en tant que commentaire dans un outil de TAO. Si c’est une navette, elle doit contenir des champs pertinents (nom du fichier, numéro de page, contexte, question, réponse client…) afin de faire gagner du temps au client.

Il faut se rappeler que cet échange devrait aller au-delà d’une simple recherche d’équivalents (du type : « Monsieur le client, comment traduiriez-vous ce mot en français ? ») Cet échange doit être plutôt enrichissant sur le plan de la compréhension technique. Il faut donc étudier au préalable le sujet pour poser des questions pertinentes, démontrer que nous avons une connaissance générale du sujet, et savoir écouter ou lire attentivement sa réponse.

Valider et documenter les équivalents trouvés

Ah, le sentiment que nous éprouvons lorsque nous trouvons l’équivalent correct !  Mais la mémoire est faible. Il convient de documenter les termes sous forme de glossaire ou d’une entrée dans un logiciel TAO. Ces entrées devraient contenir des champs pertinents comme la définition, le champ, le contexte, des images, des notes techniques ou linguistiques pour encore plus de précisions, ou la source. Mais pas n’importe quelle source. La source doit être fiable (un spécialiste, des encyclopédies thématiques, des sites pertinents rédigés en langue source, des documents de normalisation, etc.). Pas d’« Alibaba », par exemple. Petite prévention : mettre le lien toujours « en cache » si jamais le site auquel il renvoie est mis hors ligne.

termino

Exemple d’entrée terminologique

 

Conclusion

La recherche terminologique peut parfois nous faire rappeler le travail d’un détective. Toutefois, n’oublions pas la valeur communicative du vocabulaire technique. Il faut donc ne pas se perdre dans le mot sans oublier pour autant le message du texte. Dans ce billet, j’ai essayé de donner quelques pistes non exhaustives pour mener à bien une recherche terminologique. Mais au fur et à mesure que l’on traduit un certain type de textes, ayant un type de terminologie récurrente, notre bagage augmentera et le travail de recherche sera plus efficace et moins chronophage. Ce qui nous rappelle l’importance pour les traducteurs de se spécialiser.

Sources :

NEWMARK, Peter. Manual de Traducción. Ediciones Cátedra, 2010. ISBN : 978-84-376-1091-7
BÉDARD, Claude. La Traduction technique : principes et pratique. Linguatech, 1986. ISBN : 2-920342-17-7
DURIEUX, Christine. Fondement didactique de la traduction technique. La maison du dictionnaire, 2010. ISBN : 9782856082324

Recherches terminologiques : des idées de sites à consulter

Par Elisabeth Jacob, étudiante M1

La recherche terminologique constitue une part importante du travail d’un traducteur. De fait, que ce soit pour les étudiants ou les professionnels, consulter des ressources linguistiques en ligne est aujourd’hui indispensable. Or, l’on retrouve sur internet un nombre incalculable de dictionnaires, de glossaires, de bases de données terminologiques ou encore de concordanciers bilingues en tous genres. Difficile de s’y retrouver ! C’est pourquoi, je vous propose un tour d’horizon des ressources linguistiques en ligne qui pourront faciliter vos recherches et vous faire gagner du temps.

Commençons tout d’abord par un petit rappel :

Un dictionnaire est un recueil de mots classés par ordre alphabétique et accompagnés d’une traduction (dans le cas des dictionnaires bilingues) ou d’une définition (dans celui des unilingues) [cf. sources].

Un glossaire regroupe des termes appartenant à un même domaine. Pour les besoins de la traduction, les glossaires peuvent contenir des termes en langue source, leur traduction dans la langue cible, ainsi que d’autres données telles que la définition, le contexte, etc. [cf. sources]

Une base de données terminologiques est une base de données multilingue où l’on enregistre les traductions de différents termes approuvées par les traducteurs, dans un souci de cohérence.

Enfin, un concordancier bilingue est un outil d’aide à la traduction qui, grâce à un corpus regroupant de nombreux textes bilingues, permet de rechercher des termes en contexte et de trouver leur traduction.

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BASES DE DONNÉES TERMINOLOGIQUES

Les bases terminologiques sont par définition très fiables, puisque leur contenu a été approuvé par une autorité compétente. En voici les plus importantes :

  • IATE (Interactive Terminology for Europe)

Vous connaissez très probablement déjà la base de données terminologique multilingue de l’Union européenne, disponible au grand public depuis mars 2007. Elle a l’avantage non négligeable de proposer toutes les combinaisons linguistiques de l’UE, et ce dans un très grand nombre de domaines. Il est possible de sélectionner plusieurs langues cibles à la fois, ce qui est très pratique quand on doit élaborer un glossaire multilingue. Il faut cependant prendre en compte l’indice de fiabilité pour chaque terme.

En ligne depuis septembre 2000, cette banque de données terminologiques a été créée par l’Office québécois de la langue française.  Elle regroupe près de 3 millions de termes appartenant à de nombreux domaines. Dans chaque fiche, l’on retrouve le terme en français, son domaine, sa définition, sa traduction en anglais (et parfois aussi en latin) ainsi que le nom de l’auteur et la date de création de la fiche. Il possible de cocher un domaine au préalable afin d’affiner sa recherche. Il faut cependant garder en mémoire qu’il s’agit d’un site canadien, et qu’il peut y avoir des différences entre le français canadien et le français de France.

TERMIUM Plus® est la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement canadien. C’est l’une des plus grandes du monde, une véritable mine d’or pour les traducteurs. Elle a l’avantage de donner accès à des termes en anglais et en français, mais aussi en espagnol et en portugais. De plus, l’on y retrouve aussi des acronymes, qui sont souvent difficiles à traduire.

Il s’agit de la base de données terminologiques de l’Organisation des Nations Unies. On peut y effectuer des recherches dans l’une des six langues officielles de l’ONU, à savoir l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe, et ce dans des domaines très variés, comme par exemple l’environnement et l’énergie.

 

QUELQUES DICTIONNAIRES UTILES

Comme son nom l’indique, Techdico est un dictionnaire technique destiné aux professionnels de l’industrie. Lancé en 1997, le site propose plus de 3 600 000 traductions en anglais comme en français, dans des domaines très variés comme la chimie, l’ingénierie, l’aéronautique ou encore l’informatique. Ce qui est pratique, c’est que ce dictionnaire bilingue repère directement la langue de l’entrée. Il n’est donc pas nécessaire de modifier systématiquement la configuration des langues, comme c’est le cas pour la plupart des autres dictionnaires en ligne. Pour chaque terme, Techdico propose une ou plusieurs traductions, ainsi qu’une traduction en contexte (présentée comme un concordancier bilingue).

  • TLFi (Trésor de la langue française informatisé)

Le TLFi est la version en ligne du Trésor de la langue française, un dictionnaire papier en 16 volumes des XIXe et XXe siècles, paru entre 1971 et 1994. Il regroupe plus de 100 000 mots, 270 000 définitions, et de nombreux exemples… Développé par le laboratoire ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française), il a l’avantage de proposer des définitions très complètes (étymologie, histoire, exemples…). Son utilisation demande cependant un peu de pratique.

Ce dictionnaire de l’ingénierie est un regroupement de plusieurs dictionnaires techniques de langue anglaise. Il propose des définitions simples qui peuvent s’avérer très utiles à l’heure de traduire un texte technique dont on maîtrise mal le sujet.

Ce site anglophone est très intéressant si vous souhaitez vous informer sur le domaine des technologies de l’information. Je l’ai découvert par hasard alors que je cherchais une définition en informatique. Il est tenu par des journalistes et on y trouve plus de 10 000 définitions classées par thèmes.

Ce dictionnaire médical en français, mis à jour en 2016, compte près de 60 000 entrées. Pour chaque terme, l’on trouve la classe grammaticale, la définition, des éventuels commentaires, mais surtout, la traduction en anglais !

 

GLOSSAIRES

Il existe une multitude de glossaires en ligne, mais le plus notable est certainement Glossary Links. Il s’agit d’une base de données qui comprend pas moins de 5 000 glossaires constamment enrichis ! Ces glossaires sont régulièrement vérifiés et mis à jour par TermCoord, l’Unité Coordination de la terminologie du Parlement Européen. Pour trouver un glossaire, il suffit de sélectionner un domaine, d’entrer les mots-clés et de choisir les langues qui vous intéressent.

En somme, si cette liste est très loin d’être exhaustive, j’espère qu’elle vous aura donné des idées de sites à consulter lors de vos prochaines recherches terminologiques.

 

 

SOURCES :

http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/dictionnaire

https://www.technitrad.com/fr/qu-est-ce-qu-un-glossaire/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9sor_de_la_langue_fran%C3%A7aise_informatis%C3%A9

http://www.linguaspirit-blog.com/article-33510391.html

http://www.granddictionnaire.com/index.aspx

https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/les-meilleurs-dictionnaires-de-langues-en-ligne/17297

http://www.formation-de-traducteurs.net/lue-donne-acces-a-plus-de-2500-glossaires/

Quizlet, ou l’outil parfait pour un étudiant en traduction

Par Marine Moreel, étudiante M1 TSM

Quizlet1

Toute personne qui essaie d’apprendre une langue étrangère sait à quel point la connaissance du vocabulaire est cruciale. Elle l’est encore plus pour un étudiant en traduction qui sait qu’un mot ne peut pas être traduit par n’importe quel autre.

Alors, si je vous demandais quel outil serait parfait pour vous aider à apprendre vos listes de vocabulaire, vous me répondriez sûrement  « celui qui les apprendra à ma place ». Eh bien, figurez-vous que j’ai l’outil qu’il vous faut. Cet outil, c’est Quizlet.

 

Qu’est-ce que Quizlet ?

Quizlet est un site Internet créé par Andrew Sutherland en octobre 2005 et mis en ligne en janvier 2007. Il permet d’apprendre son vocabulaire de façon ludique, innovante et extrêmement efficace.

J’ai découvert ce site en 2013 alors que j’étais étudiante en 1re année de Traduction et d’Interprétation. J’avais des listes interminables de vocabulaire à apprendre et j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à vérifier mes connaissances. Vous pourriez me dire que j’aurais pu tout simplement demander à un proche ou à un ami de m’interroger. C’est vrai, mais il vous faut alors une personne ayant beaucoup de temps à vous consacrer. En plus, si vous avez choisi le russe, comme c’est mon cas, ou une autre langue qui n’utilise pas l’alphabet latin, les choses deviennent tout de suite plus compliquées.

J’ai donc effectué quelques recherches sur Internet et je suis tombée sur ce site, un outil magique qui ne me quitte plus depuis des années et qui m’a sauvé la mise à de nombreuses reprises.

Comment ça fonctionne ?

  1. Vous vous inscrivez avec une adresse e-mail, Facebook ou Google. Toutes les fonctionnalités présentées ci-dessous sont accessibles grâce à un compte gratuit.
  2. Vous vous connectez et arrivez sur cette page. Il s’agit de la page d’accueil dont je vais vous expliquer les fonctionnalités.

Quizlet2

Commençons par la colonne de gauche, de haut en bas :

  • Activité récente : Vous y trouverez les dernières listes que vous avez créées ou étudiées.
  • Vos listes : Comme indiqué, vous y trouverez toutes vos listes de vocabulaire.
  • Paramètres : Pas besoin d’explications.
  • Vos classes :

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Voici une des fonctionnalités intéressantes de Quizlet. Cette partie est normalement « réservée » aux enseignants. Elle leur permet de mettre en ligne et de partager des listes de vocabulaire avec leurs élèves. Vous aurez tous deviné que je ne suis pas enseignante, mais, durant ma licence, j’ai dû apprendre par cœur deux livres de vocabulaire en anglais. J’ai donc créé des listes et les ai placées dans une « classe » que j’ai ouverte pour en faire profiter mes ami(e)s. C’est ça aussi Quizlet, une entraide.

  • Vos dossiers :

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Vous pouvez classer vos listes dans des dossiers. Comme vous pouvez le voir, je les ai organisées par matière, par langue ou par année. Un dossier peut contenir plusieurs listes et vous pouvez donc étudier plusieurs listes en même temps, ce qui est pratique lorsque vous souhaitez revoir tout votre vocabulaire en une fois.

Continuons avec le bandeau bleu du haut :

  • Recherche :

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Cette fonction permet de rechercher, dans toutes les listes et classes « ouvertes » du site, une liste ou une classe qui pourrait vous intéresser. En tapant, par exemple, English idioms in use, vous trouverez toutes les listes vous permettant d’apprendre les idioms et vous retrouverez ma classe en 2e place. Vous pouvez également rechercher des utilisateurs.

  • Créer :

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C’est sûrement la fonction la plus importante de Quizlet. Elle vous permet, bien sûr, de créer une liste.

La fenêtre de création se divise en deux colonnes, une pour chaque langue. Vous tapez le mot source et sa traduction ou vous pouvez aussi les enregistrer grâce à l’icône du micro à droite. C’est une fonction très intéressante pour faire travailler sa mémoire auditive. Il est également possible d’ajouter une image si cela vous intéresse.

Vous pouvez également importer des listes. Cette fonction est très pratique si vous avez des listes sur ordinateur et que vous ne voulez pas retaper chaque mot et sa traduction dans les colonnes.

Vous pouvez gérer la confidentialité de vos listes en permettant ou non à tous les utilisateurs du site de les voir, de les utiliser et de les modifier.

Pourquoi ce site est-il si efficace ?

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Une fois votre liste créée, vous pouvez l’apprendre grâce aux fonctions Etudier ou Jouer. J’ai l’habitude d’utiliser l’option Apprendre, la plus efficace selon moi.

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Après avoir sélectionné cette fonction, une fenêtre s’ouvre et vous demande alors la traduction du mot qui apparaît (1). Si vous écrivez la bonne traduction, le mot apparaît dans la catégorie « Correct » (2), mais si vous vous trompez, il apparaîtra dans celle « Incorrecte » (3). Si vous faites une faute de frappe lors de l’écriture d’un mot et que vous confirmez celui-ci sans vous en rendre compte, vous pouvez appuyer sur l’option Corriger : j’avais raison et votre mot apparaîtra comme » correct ». Les mots se suivent jusqu’à ce que vous ayez eu une tentative pour chaque mot. La série 1 s’achève alors et une fenêtre s’ouvre dans laquelle vous pouvez voir votre score, ainsi qu’un récapitulatif de vos fautes (4). Puis, vous pouvez lancer la série 2. Quizlet vous redemande la traduction des mots de la catégorie « Incorrect » et le même processus recommence.

Il y a autant de séries que nécessaire pour que tous les mots soient appris. Une fois l’apprentissage terminé, les mots sont classés dans les catégories « Souvent manqués », « Parfois manqués », « Rarement manqués » et « Aucune erreur» en fonction du nombre de séries qu’il vous a fallu pour les apprendre. Vous pouvez étudier chaque catégorie individuellement. Comme il y a toujours quelques mots qui, pour une raison ou pour une autre, sont plus compliqués à retenir, c’est très pratique. Grâce à Quizlet, vous allez connaitre tout votre vocabulaire sur le bout des doigts.

J’ai beaucoup utilisé Quizlet cette année, en Master 1 TSM, pour me préparer à tous mes examens de traduction et d’interprétation, que ce soit mes examens en anglais ou en russe. La traduction spécialisée étant pointilleuse, je ne pouvais pas me permettre de confondre un mot avec un autre ou d’utiliser un « synonyme ».

Quizlet Plus ! : La version premium de Quizlet

Elle permet un « apprentissage à long terme ». Cette fonction vous fait étudier chaque jour des petites séries de mots (environ 10 termes par série). Vous devez « marquer » les mots que vous savez et ceux que vous ne savez pas encore. Le jour suivant, vous réviserez ceux que vous avez manqués et apprendrez quelques nouveaux termes.

Cette méthode de mémorisation est très bien pour un apprentissage à long terme, c’est-à-dire quand vous avez le temps d’apprendre votre vocabulaire. Par contre, je ne trouve pas que cette méthode soit idéale pour préparer un examen, à moins de s’y prendre des semaines, voire des mois à l’avance, ce qui n’est pas possible à l’université. En effet, apprendre une liste de 200 termes me prendrait des semaines avec l’apprentissage à long terme alors que cela me prend entre trois et quatre jours avec la fonctionnalité gratuite Apprendre. C’est donc à vous de voir en fonction de vos besoins et de vos désirs si vous voulez investir dans une version premium (pour info : 19,99 €/an). Pour ma part, après avoir essayé pendant plusieurs mois, je trouve que la version gratuite est largement suffisante.

En conclusion, j’ai décidé d’écrire ce billet, car Quizlet n’est pas encore un outil très connu dans le milieu universitaire français et je trouve cela vraiment dommage. C’est un outil indispensable dans l’apprentissage d’une langue et du vocabulaire. Que vous soyez étudiant en langues, en traduction ou en interprétation, traducteur ou interprète ou enseignant en milieu linguistique, cet outil est fait pour vous. Essayez-le, vous ne serez pas déçus.

 

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Un grand merci à Quizlet pour m’avoir autorisée à publier sur ce blog des captures d’écran de leur site.

Visite de la Direction Générale de la Traduction (DGT)

Par Cassandre Sikorski, étudiante M2

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Le vendredi 9 décembre, les étudiants du master TSM se sont rendus à Bruxelles afin de visiter la direction générale de la traduction. Cette journée a été ponctuée d’interventions de professionnels de la DG Traduction sur des sujets variés, tous liés à l’activité du service interne de traduction de la Commission européenne.

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La place de la traduction dans une Europe multilingue

Cette journée a débuté par une intervention de Catherine Vieilledent-Monfort, chargée du développement professionnel et organisationnel à la DG Traduction, sur le principe du multilinguisme européen et le statut de la traduction au sein des institutions européennes.

Au cours de cette intervention le statut particulier de la traduction au sein des institutions a notamment été abordé, puisque la traduction y est considérée comme une technique de rédaction. En effet, la traduction des textes institutionnels est entièrement intégrée au processus législatif et intervient donc très rapidement. De plus, les textes traduits ont pour les institutions et les États de l’Union européenne la même valeur que les textes originellement produits par l’institution en question.

La direction générale de la traduction

Cette première intervention a été suivie d’une présentation de la DG Traduction. Nous avons ainsi pu en apprendre davantage sur le fonctionnement de ce service divisé en six directions : une direction ressources et une direction relations clients, auxquelles s’ajoutent quatre directions en charge des traductions. Parmi ces directions travaillait un total de 2 500 personnes dont 1 700 traducteurs en 2012. Chaque année, près de deux millions de pages sont ainsi traduites au sein du service de traduction de la Commission européenne, dont environ 40 % de documents législatifs.

La gestion de la terminologie

Nous avons ensuite reçu une introduction à la gestion de la terminologie au sein de la DG Traduction au cours de l’intervention de Chryssoula Doudoulakaki, terminologue du département de langue grecque de la DG Traduction.

Les terminologues de la DG Traduction se comptent en général au nombre de un à trois par département, nombre déterminé en fonction de celui des traducteurs travaillant au sein du département. Ces terminologues assurent la gestion de la base de données terminologique IATE et fournissent un appui terminologique aux traducteurs de leur département.

En plus de cela, des réseaux terminologiques ont également été formés afin d’appuyer les terminologues de la DG Traduction dans leurs missions. Ces réseaux rassemblent des experts dans les domaines travaillés par les traducteurs de la DG. Ces experts, souvent membres d’universités, de centres de recherche, ou encore d’autres institutions européennes, s’inscrivent au réseau du département de leur langue maternelle pour ensuite recevoir des demandes par e-mail émanant des terminologues à la recherche d’un renseignement sur un terme.

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Le recrutement et les stages

Silvia Varela, coordinatrice des stages à la DG Traduction a ensuite abordé la question du recrutement. Ceux qui souhaiteraient ainsi intégrer le service de traduction de la Commission européenne devront passer le concours de recrutement organisé chaque année par l’institution en fonction de ses besoins dans les différentes combinaisons linguistiques, un concours qui évalue la maîtrise de la langue source et des deux langues cibles des candidats, mais également leurs compétences orales et en traduction.

Cette intervention a également été l’occasion d’en apprendre davantage sur les stages auprès de la DG Traduction, pour lesquels l’admission se fait sur dossier.

La sous-traitance auprès d’agences et de traducteurs indépendants

La question de la sous-traitance auprès d’agences et de traducteurs indépendants a finalement été soulevée. La DG Traduction sous-traite en effet 25 à 28 % de ses besoins en traduction. À titre d’exemple, en 2015, ce sont 1,9 million de pages qui ont été traduites par le service de traduction, dont 73 % en interne et le reste par plus de 400 sous-traitants.

Le recrutement des sous-traitants se fait par le biais d’un appel d’offres annuel pour les langues principales et de contrats d’achats de faible valeur pour celles dont le volume est moindre ou dans le cas des combinaisons plus rares. Les contractants sélectionnés sont ensuite classés en fonction de la qualité de chacune des traductions livrées.

 

Notre visite à la direction générale de la traduction a également été ponctuée d’interventions sur la qualité du texte source ou encore sur la traduction Web, autant de réflexions qui ont fait de cette journée une expérience très enrichissante. Merci donc à la DG Traduction de nous avoir accueillis dans ses locaux ainsi qu’aux intervenants pour leurs présentations.