Méfiez-vous de Google Translate

Article original en anglais Warning about Google Translate rédigé par Nikki Graham et publié sur le blog de l’auteur My Words for a Change.

Traduction en français réalisée par Emma Le Barazer, étudiante en M2, Master TSM à l’Université Lille3

 

img_3081

 

Je me retrouve souvent à réviser des textes rédigés en anglais par des locuteurs non natifs (le plus souvent par des Espagnols, car j’arrive à déchiffrer ce qu’ils essayaient de dire). La plupart du temps, j’apprécie cette activité car les sujets sont intéressants, la qualité de la langue n’est en général pas trop mauvaise, et cette tâche ne m’oblige pas trop à taper au clavier (et mes bras se reposent un peu, alors que je souffre depuis peu de troubles musculo-squelettiques).

Cette semaine, j’ai reçu deux projets de ce type, on ne peut plus différents. Le premier texte, plus long, était assez simple, mais le second comportait de longs passages dont je n’arrivais tout simplement pas à démêler le sens. Je me suis échinée à le réviser, puis je l’ai renvoyé à l’agence avec des commentaires pour demander des éclaircissements sur certains points, et de nombreuses phrases surlignées, car elles étaient non seulement incorrectes d’un point de vue grammatical, mais aussi quasi incompréhensibles.

« Des phrases grammaticalement incorrectes et quasi incompréhensibles »

Je dois être trop naïve, car l’agence a tout de suite soupçonné que quelque chose clochait. J’imaginais que le rédacteur avait simplement surestimé ses compétences en langue étrangère. Comme certaines parties du texte ne contenaient pas d’erreurs de grammaire et étaient plutôt bien rédigées, j’avais même pensé que le texte avait été rédigé par deux auteurs, pour un résultat très hétérogène. Le chef de projet, en revanche, a contacté le client final et découvert qu’il existait une version en espagnol, qu’il a ensuite passé dans Google Translate pour obtenir un résultat identique au texte qui m’avait été envoyé.

De toute évidence, le client avait espéré faire des économies en faisant faire une traduction au prix d’une révision. Malheureusement pour lui, ce procédé a eu l’effet inverse, puisque le client a dû payer pour le temps que j’ai passé en révision (même s’il m’a été impossible de livrer un produit fini et prêt à être publié étant donné la qualité déplorable du texte original), et pour une traduction.

« Le sens était parfois totalement déformé »

Cela étant dit, ce qui m’a le plus surpris dans cette histoire, ce n’est pas que le client ait essayé de s’en sortir par un tour de passe-passe (de nos jours, c’est très prévisible). Comme je l’ai mentionné, certaines parties du texte traduit avec Google Translate ne contenaient pas ou peu d’erreurs, ce qui me semblait indiquer que l’outil n’est finalement pas si mauvais, malgré ses défauts les plus criants. Mais après analyse des textes sources et cibles, il s’est avéré que ces phrases, bien que correctes, n’avaient pas tout à fait le même sens qu’en espagnol, voire que le sens avait été totalement déformé.

« Restez prudents avec les outils gratuits tels que Google Translate »

La leçon à retenir, surtout si vous êtes client, c’est de rester prudent avec les outils gratuits tels que Google Translate. Ils sont (parfois) très utiles pour se faire une idée générale d’un texte que vous ne comprenez pas, et j’y ai moi-même recouru pour des langues que je ne maîtrise pas. Mais on ne peut pas les utiliser pour des traductions professionnelles. Si vous souhaitez rendre votre texte dans une autre langue, vous n’aurez pas d’autre choix que d’engager un traducteur pour vous livrer une bonne traduction. Et oui, ça vous coûtera plus cher qu’une simple révision, bien plus cher, même. Mais, à condition de faire appel à un traducteur qui sait ce qu’il fait, le résultat en vaudra la chandelle.

 

Ce billet a initialement été publié sur un blog de Nikki Graham le 14/11/2013.

 

 

J’ai testé pour vous : Lilt

Par Elisa Marcel, étudiante M1 TSM

1 - Logo

Lilt est un outil de traduction assistée par ordinateur (TAO) en ligne qui associe traduction automatique et biotraduction. Il a été développé par John DeNero et Spence Green entre 2011 et 2015. Lilt est un système interactif de traduction combiné avec de la traduction automatique (MT), qui tente de rendre accessible à tout un chacun une traduction rapide et de haute qualité (source).

J’ai entendu parler de cet outil pendant un cours de version, ce qui a piqué ma curiosité. C’est pour cette raison que j’ai décidé de le tester pour vous.

Je vais commencer par vous expliquer comment cet outil fonctionne. Je parlerai ensuite des limites liées à sa gratuité et des éventuels problèmes de confidentialité pour enfin conclure ce billet en vous donnant mon opinion.

Inscription/Connexion

2 - Connexion

Pour accéder à Lilt, il est nécessaire de créer un compte. On peut soit utiliser son compte Google soit en créer un nouveau. On accède ensuite à son espace personnel.

Création d’un projet

3 - Création projets

L’interface ergonomique de Lilt, pour l’instant seulement disponible en anglais, permet de savoir en un coup d’œil à quel état d’avancement se trouve le/les projet(s) en cours. Pour en créer un nouveau, rien de plus simple, il suffit de faire un glisser/déposer ou de cliquer sur « new project ». Il est malheureusement impossible d’importer un projet SDLPROJ par exemple. Ensuite, il faut sélectionner une paire de langues et créer ou importer une mémoire de traduction (TM) et/ou une base de données (TB). Point positif, plusieurs formats sont compatibles dans le cas de ces deux dernières ressources : TMX, SDLTM, TBS, CSV, TSV et XLSX.

4 - TM

Traduction

5 - Traduction

Comme pour la plupart des outils de TAO, les segments dont la traduction est disponible dans la TM sont automatiquement remplis. On peut cependant noter que les balises des mémoires SDLTM ne sont pas reconnues comme telles (1).

Lilt possède une MT intégrée. La qualité des traductions proposées est satisfaisante, bien qu’il paraisse probable que celle-ci soit moindre avec des textes plus techniques (2).

Lors de la traduction d’un segment, plusieurs fonctions sont disponibles, comme laisser un commentaire, diviser le segment en deux, copier la source ou la proposition de la MT dans la cible ou confirmer le segment. Il n’est en revanche pas possible de fusionner deux segments (3).

Au niveau du document dans son ensemble, plusieurs autres fonctionnalités sont intéressantes : un dictionnaire général, une fonction de recherche et de remplacement de termes et un traducteur automatique semblable à Google Traduction (4).

Enfin, pour terminer la présentation, on note la présence de plusieurs vues : traduction, vérification des tags et assurance qualité (5).

Exportation du fichier traduit

6 - Exportation

 

Une fois le fichier traduit et révisé, il est possible de l’exporter au format source (ici DOCX) ou aux formats TXT et XLIFF.

Les limites du compte gratuit

Lilt est une application accessible gratuitement depuis n’importe quel navigateur. Sa gratuité amène certaines limitations, dont la plus importante : il n’est possible de traduire que 15 000 mots par mois sans abonnement. Pour accéder à plus de fonctionnalités, il est nécessaire de souscrire à un abonnement mensuel :

7 - Abonnements

Confidentialité

En utilisant Lilt, la question de la confidentialité se pose. En effet, l’utilisation de la traduction automatique suppose le stockage des segments source et cible. Lilt assure sur son site Internet que les données importées sont sécurisées et que leur accès est exclusif à votre compte. Elles ne sont jamais partagées avec d’autres utilisateurs. Il est expliqué que les données sont cryptées selon le protocole SSL lors du transfert entre l’ordinateur et les serveurs et selon l’algorithme de chiffrement AES-256 lorsqu’elles sont chiffrées dans la base de données (source).

Conclusion

Lilt est donc un outil de TAO notable, liant biotraduction et traduction automatique pour une meilleure productivité. Sa compatibilité avec les formats de fichier TMX et SDL permet par exemple son utilisation en urgence (le/la traducteur/trice est en déplacement et reçoit un projet urgent à rendre avant son retour, or il n’a pas pris avec lui son ordinateur avec SDL Trados Studio dessus). On peut également l’utiliser lorsqu’on n’a pas encore la possibilité de se procurer une licence payante de logiciel de TAO.

Personnellement, je recommanderai Lilt pour son ergonomie et ses fonctionnalités complètes. Souscrire à un abonnement pourrait s’avérer intéressant pour un(e) traducteur/trice indépendant(e) qui débute son activité professionnelle.

 

Captures d’écran : je tiens à remercier Lilt de m’avoir autorisée à utiliser des captures d’écran de son interface.

L’utilisation de corpus pour évaluer la qualité d’une traduction : étude de cas de World of Warcraft

Par Théo Dujardin, étudiant M2

 

Dans la vie, j’ai deux passions : le langage et les jeux vidéo. Même si les deux n’ont à priori pas grand-chose en commun, l’étude de la façon dont sont traduits des univers fictifs et fantastiques est pour moi quelque chose de fascinant. Dans cet article, j’ai choisi d’appliquer ce que mes collègues et moi-même avons eu l’occasion d’étudier au cours de ces deux ans au sein du master TSM à un jeu vidéo sur lequel j’ai passé beaucoup (qui a dit « trop » ?) de temps : World of Warcraft.

Pour présenter rapidement la chose, il s’agit d’un jeu de rôle massivement multijoueur en ligne qui a pour avantage d’être régulièrement alimenté en nouveau contenu, qui, évidemment, doit être traduit.  En outre, le jeu dispose d’un forum de traduction auquel je participe, où il est possible de signaler des erreurs ou de proposer des suggestions et d’avoir les retours de l’équipe de localisation, ce qui est particulièrement intéressant, je trouve.

J’en viens au sujet de mon article : je me suis amusé à compiler un corpus parallèle contenant des énoncés de quêtes données par des personnages non-joueurs (PNJ) ainsi que leur traduction française. Ce corpus est composé de 15545 mots pour l’anglais et de 19006 mots pour le français.

Petit point méthodologique : j’ai collecté ces données manuellement depuis un site de base de données, ce qui me permet d’être à peu près sûr de la qualité des textes sélectionnés. En outre, je n’ai pas annoté mon corpus, principalement car les textes contiennent énormément de terminologie propre au jeu qui risquerait d’être mal reconnue par des logiciels tels que TagAnt. Pour le traitement des données, j’utiliserai le logiciel favori du master TSM, à savoir AntConc. J’ai sobrement intitulé ce corpus le WoW Corpus.

Note : l’objet de cet article n’est absolument pas de critiquer l’équipe de traduction française du jeu, qui fait un travail du titan depuis des années et pour qui j’ai beaucoup de respect, mais d’analyser des données et de les comparer avec celles d’études existantes.

Tout d’abord,  je me suis intéressé à un phénomène dont nous avons beaucoup parlé en classe, à savoir la traduction des adverbes anglais en –ly, qui est source de « translationese ».

En se basant sur l’étude de Loock et al. (2013), on estime que le français utilise proportionnellement (oups) beaucoup moins d’adverbes en –ment, qui sont l’équivalent direct des adverbes en –ly anglais. Ainsi, j’ai calculé la fréquence normalisée de ces adverbes dans le WoW Corpus, et j’obtiens les résultats suivants :

 

On observe que même la fréquence des adverbes en –ly dans le WoW corpus est inférieure à ce que l’on trouve en anglais original, ce qui n’est pas vraiment étonnant dans un registre moins formel. Pour le français en revanche, la fréquence des adverbes en –ment est proche de ce que l’on trouve en français original (aux alentours de 4000), alors que l’on pourrait s’attendre à en trouver moins.

 

Autre phénomène, j’ai observé l’utilisation des termes « thing » et « chose », qui, si l’on en croit une autre étude chiffrée, ne s’utilisent pas à la même fréquence en anglais et en français, bien qu’ils soient des équivalents directs en traduction.

Et là, c’est le drame : on peut voir une large surreprésentation de « chose » en français, qui est plus utilisé qu’il ne le devrait. C’est d’autant plus étonnant que cela ne peut être dû à une influence de l’anglais, qui utilise très peu « thing ».

 

Dans un même ordre d’idée, j’ai regardé la fréquence de « and » ainsi que de « et » dans le corpus.

Cette fois, on peut constater que les traducteurs utilisent « et » à une fréquence très proche de celle du français original (aux alentours de 16000 pmw).

 

Évidemment, il convient de nuancer l’ensemble de ces résultats, d’une part car mon corpus est de trop petite taille pour pouvoir se livrer à un commentaire sur la traduction du jeu en général, d’autre part car on pourrait arguer que la langue utilisée dans un univers fantastique s’apparente à une langue non-standard et donc qu’elle réponde à des normes différentes.

description

C’est le cas par exemple des trolls, qui parlent un anglais très marqué, comme on peut le voir ci-dessus. Dans le cadre de cet article, j’ai comparé mes résultats à ceux menés sur des textes de littérature de fiction, on pourrait très bien en contester la pertinence et j’en suis conscient. De plus, l’exemple permet également de constater que le corpus contient à la fois le dialogue des PNJ mais aussi du texte <entre crochets> qui fait office de didascalies et qui lui est rédigé en langue standard, ce qui est susceptible de fausser en partie les résultats.

 

Que faut-il conclure de cette expérience ? S’agit-il là de phénomènes universels propres à la traduction, ou est-ce dû à une influence de la langue source ? Chacun en sera seul juge ; mon objectif était de montrer en quoi l’utilisation de corpus peut être utilisée pour évaluer de la qualité d’une traduction (si tant est que l’on considère que ces éléments comme facteurs de qualité), mais également que les corpus sont capables de nous fournir des informations que l’on ne trouve ni dans les dictionnaires, ni dans les grammaires, à condition de les utiliser judicieusement.

 

P.S. : n’hésitez pas à commenter et calculer la fréquence normalisée de ma propre utilisation des adverbes en –ment, qui, après relecture, m’a l’air anormalement élevée.

J’ai testé pour vous… Slack

Par Emma Le Barazer, étudiante M2

 

1_logo

Slack (pour « Searchable Log of All Conversation and Knowledge ») est une plateforme de collaboration en ligne pour groupes de travail qui se décline également en application mobile. J’ai découvert cet outil lors d’un projet de traduction commun à la promotion de M2 Traduction Spécialisée Multilingue, pour lequel nous l’avons utilisé. J’ai été séduite par ses fonctionnalités, son ergonomie et… ses petites touches d’humour et de bonne humeur !

S’il ne s’agit pas à la base d’un outil dédié pour les projets de traduction, ses applications sont très diversifiées et il convient donc très bien à ce type d’utilisation.

 

Pourquoi utiliser Slack ?

Slack est un outil de messagerie instantanée organisé en canaux, lancé en 2013 et qui se vante de rendre tout son contenu « searchable » (= consultable via une recherche). Une fonctionnalité bien pratique pour collaborer sur un projet : si vous avez déjà été noyé sous une multitude d’e-mails et que vous avez perdu un temps précieux à rechercher le document ou l’information dont vous aviez besoin, Slack devrait vous simplifier la vie.

Le but de Slack est en effet de fluidifier la communication en entreprises ou entre collaborateur.ice.s en remplaçant les e-mails internes par un système de chat dont l’organisation est entièrement personnalisable. La messagerie instantanée est à mon sens plus intéressante, car je n’ai plus des dizaines d’e-mails à trier comme c’est le cas avec certaines messageries électroniques, il me suffit de consulter le canal dédié pour un projet ou une discussion. J’ai aussi moins l’impression d’être submergée que face à de nombreux e-mails non-lus, même si je peine parfois à remonter le fil de la discussion.

Cet outil existe en version gratuite et propose des forfaits si vous souhaitez bénéficier de certains services (visio-conférence, augmentation de l’espace de stockage, etc), mais sa version gratuite est déjà très complète.

À l’heure actuelle, Slack ne propose qu’une interface en anglais, mais l’intégration d’autres langues est prévue, dont le français.

1_screen

Aperçu d’une discussion sur Slack

 

Comment ça marche ?

Commencez par vous créer un compte, puis créez une équipe sur Slack : attribuez-lui un nom, l’adresse de votre messagerie sera alors nomdeléquipe.slack.com. Invitez ensuite vos collaborateur.ice.s par e-mail, qui pourront créer leur nom d’utilisateur.ice et leur mot de passe pour se connecter.

 

Canaux et notifications :

La discussion est organisée en canaux (un système inspiré d’IRC), qui sont par défaut #general et #random. Libre à vous de les modifier, de les archiver, d’en créer de nouveaux, de déterminer qui y a accès, etc. En tant que chef de projet, vous pouvez par exemple créer un canal par projet et inviter dans chaque canal les collaborateur.ice.s concerné.e.s.

Vous pouvez activer ou désactiver les notifications selon vos besoins, pour tous les canaux ou certains seulement, ou encore, si vous utilisez de nombreux canaux, mettre en favoris ceux que vous utilisez le plus souvent afin qu’ils apparaissent en premier dans votre liste de canaux.

Slack vous renvoie en principe au dernier message non lu du canal que vous consultez, mais j’ai rencontré quelques problèmes de fonctionnement lorsque de très nombreux messages m’attendaient et il m’a parfois fallu remonter le fil de la discussion manuellement.

En plus des canaux, il est possible d’utiliser la messagerie directe pour communiquer avec un.e utilisateur.ice en particulier, voire… avec soi-même ! Ne riez pas, c’est un « pense-bête » très pratique !

 

3_slack_dm

Utiliser la messagerie directe pour ses notes personnelles

 

Fonctionnalités des messages :

La messagerie en elle-même est assez classique, mais propose cependant des fonctions d’édition de texte pour davantage de clarté (mise en gras, citations, etc). Vous pouvez partager des fichiers, mais gardez en tête que l’espace de stockage est limité à 5 Go avec la version gratuite de Slack.

Il est possible d’épingler les éléments (messages, documents…) importants et c’est à mon avis une des fonctionnalités les plus intéressantes de Slack : dans le cadre d’un projet de traduction, on peut par exemple épingler les consignes de traduction et ses mises à jour au cours du projet afin que chacun.e puisse les retrouver en un clic.

Vous avez également la possibilité de réagir aux messages postés à l’aide d’emojis, un système similaire à celui de Facebook, mais bien plus complet. Si cette fonctionnalité est amusante, elle permet surtout d’éviter de surcharger la discussion en messages superflus. Vous pouvez approuver une idée ou réagir à une bonne nouvelle en un emoji plutôt qu’avec un nouveau message.

Autre fonctionnalité utile : programmer un rappel à partir d’un message existant ou non, à envoyer à son équipe ou à soi-même après l’intervalle choisi.

 

Je suis loin d’avoir testé toutes les possibilités offertes par Slack, comme l’intégration d’autres applications ou le bot personnalisable, et je n’ai pas utilisé l’application mobile. Je peux cependant affirmer qu’il s’agit d’un outil ergonomique et intuitif, qui trouve son utilité dans le cadre de projets de traduction. Et je ne suis pas la seule à le trouver très agréable pour un usage privé !

 

Les images sont issues de https://slack.com/.

J’ai testé pour vous : MateCat

Par Margaux Pirog, étudiante M2 TSM

logo-titre

MateCat est un outil de traduction assistée par ordinateur (TAO) en ligne, développé par la « Fondation Bruno Kessler » de Trento (Fondazione Bruno Kessler), Translated srl, l’Université du Maine et l’Université d’Édimbourg.

J’ai découvert cet outil en début d’année grâce à Twitter, ce qui me permet de faire une parenthèse sur les réseaux sociaux et vos abonnements : ne les négligez surtout pas, ce sont des sources formidables pour découvrir de nouveaux outils !

Je vais commencer par vous présenter quelques-unes des caractéristiques de MateCat, puis je m’intéresserai aux différentes étapes de création, de réalisation, mais aussi de gestion d’un projet de traduction sur cet outil avant d’apporter mes conclusions.

 

Caractéristiques

MateCat est un outil entièrement gratuit, qui fonctionne sur Chrome et Safari : vous pouvez donc l’utiliser sur votre ordinateur comme sur votre tablette (l’utilisation sur smartphone n’est pas encore optimisée). Il n’est pas nécessaire d’avoir un compte pour s’en servir, mais votre utilisation sera limitée car vous n’aurez pas accès à toutes les fonctionnalités. Pour cela, il vous suffit d’avoir une adresse Gmail et de vous connecter via Google+. Vous pouvez à présent créer, traduire (ou faire traduire) et gérer vos projets.

J’ai trouvé cet outil particulièrement innovant en ce qui concerne le nombre de combinaisons linguistiques disponibles et le nombre de formats de fichiers pris en charge. Environ une centaine de langues est disponible, et comme vous pouvez le voir sur la capture d’écran ci-dessous, vous n’avez plus vraiment besoin de vous soucier du format de vos fichiers à traduire puisque l’outil prend en charge 68 formats de fichiers différents ainsi que les documents que l’on peut créer sur Google Drive.

screenshot1-file-format

Si vous aussi, vous êtes étonné par la prise en charge des fichiers *.pdf et des images, sachez que l’outil se base sur une reconnaissance des caractères, qui donne des résultats plus ou moins bons selon la qualité de votre source. Les traductions exportées seront générées au format *.docx et vous pourrez ensuite exporter un fichier *.pdf si votre fichier source en était un (la mise en page est relativement bien respectée). Pour les images, la traduction générée se trouvera dans une structure plus ou moins similaire à votre image source, et le texte sera accessible : vous pourrez copier-coller cette traduction si vous devez retoucher des images.

Une autre caractéristique intéressante à mon sens est la possibilité d’inclure un ou plusieurs moteur(s) de traduction automatique (TA). À l’heure où certains traducteurs se sentent menacés par cette dernière, je trouve que cette fonctionnalité est une preuve qu’elle est en réalité un outil d’aide à la traduction, et non notre ennemie.

 

Créer un projet

Comme dans tous les outils de TAO, vous devez entrer certaines informations obligatoires pour créer votre projet (le nom et la ou les paire(s) de langues). Il est également possible d’ajouter un domaine, et de choisir certaines options :

  • L’ajout de ressources (glossaire(s) et/ou mémoire(s) de traduction), que vous pouvez rendre privées par l’ajout d’une « clé » (key), qui est une sorte de mot de passe pour accéder à ces ressources et que vous aurez besoin de transmettre au(x) traducteur(s). Une mémoire de traduction publique est définie par défaut : il s’agit d’une mémoire collaborative alimentée par les utilisateurs de MateCat.
  • L’utilisation de la traduction automatique et les différents moteurs que vous souhaitez utiliser. Une remarque à ce sujet : le moteur de TA par défaut est Google Traduction ; si vous êtes soumis à des accords de confidentialité, pensez à décocher cette fonctionnalité puisque tout ce que vous traduirez sera exploitable par le géant Google.
  • Le type de segmentation : general ou patent (adapté aux documents de type brevet).
  • L’utilisation de Lexiqa, un outil d’assurance qualité linguistique.
  • La possibilité de dicter votre traduction.
  • La fonctionnalité guess tag position (je reviendrai plus tard sur ces deux dernières options).

Une fois le projet créé, vous pouvez procéder à l’analyse, qui apparaîtra comme sur la capture ci-dessous :

screenshot2-analyse

Lors de l’étape d’analyse, il est également possible de partager les projets entre plusieurs traducteurs (jusqu’à 50) ; ces derniers, lorsqu’ils traduisent, voient l’intégralité du/des fichier(s) mais ne peuvent éditer que les parties qui leur auront été attribuées. De plus, ils voient la traduction des autres traducteurs en temps réel et ont la possibilité de laisser des commentaires dans la marge droite, commentaires auxquels tous les participants, (traducteurs et gestionnaire de projets), peuvent répondre instantanément, ce qui constitue un véritable atout pour assurer une bonne cohérence sur tout le projet.

Lorsque vous lancez la traduction, plusieurs options s’offrent à vous :

  • Envoyer le lien au(x) traducteur(s) affecté(s) au projet
  • Traduire le document vous-même (Open)
  • Passer commande à un traducteur externe (Order)

Une fois la traduction lancée, le gestionnaire de projets pourra voir l’avancée du projet en temps réel en cliquant sur Manage dans la barre de menu en bas de l’écran grâce à un code couleur (bleu pour la traduction, vert pour la révision) ; en cliquant sur l’icône Activity log (celle tout à droite au-dessus de la description du projet), il pourra également voir toutes les actions réalisées par tous les acteurs du projet.

 

Traduire un projet

Lors de la traduction,  vous pouvez, comme dans les autres logiciels de TAO, voir les correspondances avec les ressources que vous avez ajoutées et insérer des termes dans un glossaire. Il est également possible de télécharger un aperçu à n’importe quel moment pour s’assurer de la bonne mise en page du fichier cible, mais aussi de télécharger un fichier bilingue *.xliff si vous voulez continuer votre traduction hors ligne.

J’aimerais maintenant revenir sur deux fonctionnalités que je trouve  très intéressantes pour traduire un projet :

  • Dicter sa traduction: vous pouvez choisir de dicter votre traduction, à condition d’avoir un micro sur votre ordinateur ou votre tablette. Je trouve cette fonctionnalité très utile, car cela permet de faire un premier jet spontané de la traduction, que l’on pourra revoir par la suite. De plus, on parle généralement plus vite que l’on ne tape sur un clavier ; toutefois, les traductions dictées sur MateCat nécessitent une post-édition, car la ponctuation et la casse ne sont pas respectées (et il peut naturellement y avoir quelques ratés avec le micro).
  • Guess tag position: tous les traducteurs seront d’accord pour dire que les tags sont très pénibles lorsque l’on traduit dans un logiciel de TAO (ils peuvent être nombreux, fractionnent les segments et il est indispensable de les réintégrer au bon endroit dans la cible). Sur MateCat, la fonctionnalité guess tag position vous permet de masquer les tags dans la langue source afin de voir l’intégralité de votre segment et de le traduire. Une fois votre segment traduit, cliquez sur le bouton Guess tags et un algorithme replacera les tags masqués en se basant sur leur position dans la source. Si le placement n’est pas correct, vous pouvez le modifier. N’est-ce pas merveilleux ?

 

Étapes post-traduction

Une fois votre traduction terminée, et si vous avez coché l’option d’assurance qualité linguistique, vous pouvez corriger les différents problèmes mis en évidence par un code couleur et accéder à un rapport d’assurance qualité en cliquant sur Full QA report, qui se présente de la manière suivante :

screenshot3-full-qa-report

Une fois les erreurs corrigées, et si vous avez utilisé la traduction automatique, le gestionnaire de projet peut cliquer sur Editing log et voir le pourcentage de post-édition réalisé par le traducteur, le temps consacré à cette tâche, ainsi que les modifications concrètes apportées (cela permet notamment de voir si le traducteur a accepté toutes les propositions de la TA ou pas ; attention, cela n’est pas forcément gage de mauvaise qualité !).

MateCat vous permet également de réviser les fichiers traduits : vous pouvez apporter les corrections que vous estimez nécessaires, mais également indiquer le type et la gravité des erreurs. Ces catégories à cocher calculeront le « score » obtenu par le traducteur quant à la qualité de sa traduction.

Conclusions

Cet outil étant relativement récent, il comporte quelques points à améliorer :

  • L’interface n’est disponible qu’en anglais ;
  • Il n’est pas possible de fusionner ou de séparer des segments ;
  • Certains formats de fichiers sont moins bien pris en charge que les autres (*.mif par exemple) ;
  • Certaines fonctionnalités, (TA, assurance qualité linguistique et guess tag position), ne sont pas disponibles dans toutes les langues.

Cependant, MateCat est en développement continu, et je pense qu’il faudra surveiller son évolution de très près. Je trouve que cet outil représente une bonne alternative pour les traducteurs qui n’ont pas les moyens d’investir dans des logiciels de TAO coûteux, qui ne présenteraient peut-être pas autant d’avantages et de fonctionnalités que MateCat (notamment par rapport au nombre de formats de fichiers pris en charge et à la fonction guess tag position). Pour ma part, je l’ai adopté !

logo-finMateCat est présent sur les réseaux sociaux : Facebook / Twitter / Youtube.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet outil et son utilisation, vous pouvez vous inscrire au prochain webinar qui a lieu le 1er décembre à 17h30.

 

Note : Toutes les captures d’écran et les logos ont été utilisés avec l’accord préalable d’Alessandro Cattelan, Product Manager, que je tiens à remercier.

J’ai testé pour vous : smartQuery

smartquery

Par Nicolas Blazevic, étudiant M2 TSM

Dans le cadre d’un projet de traduction, la qualité joue un rôle essentiel. En effet, c’est surtout elle qui permettra de satisfaire les attentes du client et de préserver la réputation de l’agence de traduction. C’est pourquoi il est important d’accorder la plus grande attention aux remarques transmises par les traducteurs, qui sont en contact direct avec les documents et leurs éventuels problèmes.

Cependant, comme j’ai pu le remarquer au cours de mon stage en première année, une gestion basique des problèmes par simple échange de courriels peut vite s’avérer redondante et chronophage. J’ai donc testé pour vous smartQuery, un outil qui optimise la gestion des problèmes rencontrés dans les projets.

Initialement développé par l’entreprise autrichienne Kaleidoscope, smartQuery fait désormais partie des outils SDL. Disponible en anglais et en allemand, son interface fonctionne intégralement en ligne, ce qui la rend accessible à l’ensemble des acteurs d’un projet (traducteurs, gestionnaires de projet, clients…). Mais il est également possible de gagner en ergonomie grâce au module complémentaire gratuit, qui s’intègre parfaitement à SDL Trados Studio 2014 et 2015.

Fonctionnement de smartQuery

terminologyquery

Lorsqu’un traducteur rencontre un problème lié à la terminologie ou à la compréhension du texte source, il peut alors formuler une requête en se connectant au site web de smartQuery ou en cliquant directement sur l’icône du module installé dans SDL Trados Studio. Il lui suffit ensuite de sélectionner le projet et le fichier concernés et d’insérer le terme source qui pose problème. Avant de poursuivre la saisie, le système va interroger la base de données contenant toutes les anciennes requêtes, afin de voir si des problèmes similaires n’ont pas déjà été résolus. Si tel est le cas, une fenêtre pop-up s’affichera à l’écran et proposera au traducteur de les consulter. Ainsi, le traducteur ne sollicitera l’attention des gestionnaires de projet que si aucune solution pertinente n’est présente dans le système. Il suffit pour cela de fermer la fenêtre et de continuer à compléter le formulaire.

sdl

Source de l’image : SDL smartQuery

Une fois ceci fait, la requête s’affiche dans un coin de SDL Trados Studio avec le statut « Assigned to PM » et le gestionnaire de projet reçoit alors une notification automatique par e-mail lui indiquant qu’une nouvelle requête doit être traitée. Depuis la plateforme, il aura accès à toutes les informations nécessaires à la résolution du problème, telles que le nom du projet et du fichier, le terme source et son contexte, la question du traducteur et sa suggestion. À ce moment-là, le gestionnaire peut choisir de répondre à la question lui-même, de la déléguer à l’un de ses collègues ou bien de la transférer au client directement depuis la plateforme.

Lorsque la réponse finale est saisie dans le système, celle-ci est directement transférée au traducteur, qui pourra alors la consulter sur la plateforme ou depuis SDL Trados Studio. Par ailleurs, le statut sera changé en « Finalized by PM » et la requête sera enregistrée sur le système afin de l’alimenter. Finalement, smartQuery est un peu comme une bibliothèque de mémoires de traduction qui, au lieu de contenir des traductions, recense toute une série de problèmes et de solutions.

 

Avantages d’un tel système

Le premier avantage de smartQuery réside dans le gain de temps. Les gestionnaires de projet ne sont sollicités qu’en cas de réel besoin et le fait de ne pas avoir à envoyer de courriels permet de transmettre et de traiter rapidement l’information. Ensuite, en cas d’absence d’un gestionnaire de projet, les requêtes peuvent facilement être consultées par d’autres collaborateurs, ce qui favorise la mise en place de « back-ups ». Autre avantage notable : le partage des solutions. Prenons l’exemple d’un texte source qui contiendrait une erreur dans un segment. Si ce texte est traduit vers plusieurs langues cibles, le gestionnaire de projet peut en un clic décider d’envoyer la phrase correcte à tous les autres traducteurs, qui en seront immédiatement notifiés par courriel et dans SDL Trados Studio. Cette intégration dans le logiciel de TAO est un véritable bonus : en effet, lorsque les traducteurs sont plongés dans leur travail, rares sont ceux qui trouvent le temps de consulter leurs e-mails. Grâce à smartQuery, des informations pertinentes et cruciales concernant leur projet en cours peuvent leur être transmises sans attendre, tout en s’assurant qu’ils les verront. Ainsi, les problèmes de qualité peuvent être évités à la source, avant qu’il ne soit trop tard. Enfin, la sauvegarde des requêtes et de leurs solutions dans le système permet aux gestionnaires de projet de résoudre les problèmes plus rapidement. Imaginons qu’un problème similaire ait déjà été rencontré sur un projet réalisé pour un autre client, le gestionnaire peut tout à fait s’en inspirer et trouver rapidement la marche à suivre en effectuant simplement quelques recherches dans la base de données du système.

 

Envie de tester smartQuery par vous-même ?

smartquery2

C’est possible… et gratuit ! Notez que seule la plateforme en ligne peut être testée, le module intégré à SDL Trados Studio n’étant téléchargeable que par les personnes qui ont fait l’acquisition de smartQuery. Pour ce faire, rendez-vous sur le site de démonstration mis à disposition par Kaleidoscope, puis saisissez l’un des identifiants[1] ci-contre : « Translator1 » pour accéder à l’interface des traducteurs, « PM1 » pour l’interface réservée aux gestionnaires de projets et « Client1 » pour celle dédiée aux clients. Les mots de passe respectifs pour chaque rôle sont identiques aux identifiants. N’hésitez pas à créer des requêtes factices, celles-ci seront automatiquement supprimées par le système en fin de journée[2]. Ainsi, vous pourrez tester chaque rôle et vous rendre compte par vous-même de l’utilité d’un système de gestion de requêtes. Pour vous aider à apprivoiser l’interface, un guide de test en anglais peut être téléchargé en cliquant sur ce lien. Enfin, si vous préférez les explications pratiques, je vous invite à visionner cette vidéo qui explique les principales fonctionnalités de smartQuery :

[1] Kaleidoscope GesmbH (2005), Testing Guide, p. 27.

[2] Kaleidoscope recommande de ne pas entrer de données confidentielles sur le serveur de test (http://testserver.kaleidoscope.at/).

J’ai testé pour vous : des correcteurs orthographiques

Par Marie Boussignac, ancienne étudiante TSM.

Durant les six derniers mois, j’ai effectué un stage dans une agence de traduction dans laquelle j’ai beaucoup travaillé sur l’assurance qualité des traductions. Parmi l’arsenal d’outils à ma disposition, le contrôle d’orthographe de MS Word est peut-être celui que j’ai utilisé le plus fréquemment, étant donné que chaque traduction dont je maîtrisais la langue devait être contrôlée par cet outil avant livraison.

Au moment d’écrire mon rapport de stage, c’est donc tout naturellement que je me suis penchée sur les différents outils en matière de correction orthographique qui existent. J’avais en effet dans l’idée que quelque chose d’aussi important et d’utilisé que la correction automatique de l’orthographe et de la grammaire méritait d’être étudiée de plus près. J’ai donc réalisé un comparatif de différents outils en les testant sur des traductions spécialisées réelles d’environ 15 000 mots chacune (une en anglais, une en français) que j’avais eu à contrôler pendant mon stage, en comparant à la fois les fautes que les outils détectaient, mais aussi le temps que durait le contrôle, l’ergonomie de l’outil, son prix…

Le paradoxe du contrôle d’orthographe

Une orthographe et une grammaire irréprochables sont une exigence de base dans le milieu de la traduction. La correction de la langue est l’un des premiers critères de jugement du client lorsqu’il évalue la qualité de la traduction, surtout s’il ne connaît pas la langue source. C’est un signe de sérieux de l’entreprise et du traducteur, de son attention aux détails, de son souci de la finition (avec tout ce que cela a d’arbitraire).

Le correcteur automatique est donc un compagnon de travail indispensable du traducteur et du chef de projet. Dans le monde de la traduction professionnelle, chaque ligne de traduction écrite est vérifiée, souvent plusieurs fois, avant d’être livrée au client, à l’aide d’un correcteur orthographique et grammatical.

On pourrait penser qu’avec une place aussi importante, le choix et les réglages de cet outil seraient particulièrement réfléchis. Or, on se rend compte que bien souvent on utilise l’outil par défaut de son traitement de texte ou de son outil de TAO, simplement parce qu’on ne s’est pas posé la question de son efficacité ni des différents choix possibles dans ce domaine. C’est le moment de se pencher sur ce grand invisible de la qualité de la traduction !

La correction automatique de la langue : où en est-on ?

À l’heure actuelle, les outils de contrôle d’orthographe et de grammaire sont capables de détecter pratiquement toutes les fautes d’orthographe dont la forme fautive n’existe pas dans la langue du texte à contrôler. Ils fonctionnent sur la base de dictionnaires, c’est-à-dire de listes de mots enregistrés auxquelles ils comparent le texte à contrôler. L’utilisateur peut la plupart du temps rajouter des mots à ces listes ou en créer de nouvelles, par exemple pour des termes d’un domaine particulier.

Cependant, la capacité à détecter un mot mis pour un autre (un « se » transformé en « ce » par exemple), les problèmes de sens ou les accords restent des situations dans lesquelles un dictionnaire n’a aucune utilité. C’est pourquoi la recherche s’est concentrée sur ce problème ces dernières années, en rendant les correcteurs « sensibles au contexte » selon une méthode statistique. L’idée est d’analyser des corpus très importants afin d’apprendre à reconnaître le contexte habituel d’utilisation des mots grâce à un algorithme dédié. L’outil devient ainsi capable de proposer une correction pour un mot en fonction des mots qui l’entourent. Par exemple, il saura détecter un problème dans l’expression « porc fluvial » ou « grand fille » car il est très rare que ces mots se retrouvent côte à côte. Il s’agit là d’un progrès conséquent même si ce système a ses limites, notamment en cas d’utilisation de colocations peu fréquentes.

En parallèle, de nombreux correcteurs ont développé un système de règles pour contrôler la grammaire, avec plus ou moins de succès : les correcteurs ont souvent de grandes difficultés à analyser la grammaire globale de la phrase et donc peinent à trouver des accords lointains. Il leur arrive souvent de détecter des éléments qu’ils analysent comme fautifs alors qui ne le sont pas (les « faux positifs ») ou au contraire de ne pas détecter des fautes présentes (les « faux négatifs »).

De plus, l’efficacité de ces outils varie selon la langue contrôlée. Pour l’anglais, ils sont assez performants, autant grâce au nombre de formes limité que peuvent prendre les mots dans cette langue qu’au poids économique qu’elle représente. La situation est déjà moins bonne en français, où les différentes formes d’un mot sont légion (conjugaisons par exemple), et encore plus mauvaise dans des langues à déclinaison comme l’allemand, qui de plus possède un système de composition peu compatible avec une vérification à l’aide d’un dictionnaire.

Les différents outils sur le marché

Il existe sur le marché un grand nombre d’outils pour contrôler l’orthographe et la grammaire d’un texte. Parmi eux, de nombreux outils en ligne sont apparus ces dernières années, le plus connu étant certainement celui de Reverso (http://www.reverso.net/orthographe/correcteur-francais/). Ces outils posent les mêmes problèmes de confidentialité que les outils de traduction automatique en ligne tels que Google Translate, sans parler de leur manque d’ergonomie. Je ne m’étendrai donc pas sur ce sujet. À noter que la plupart des logiciels hors ligne gratuits ou payants possèdent aussi ce genre d’application en ligne, dans le but de permettre au client potentiel de tester l’outil avant de le télécharger.

Un certain nombre d’outils hors ligne ont aussi été développés. Parmi les outils payants, on peut citer Cordial et Antidote pour le français, et Ginger et Grammarly pour l’anglais. Ils basent en général leur stratégie commerciale sur le fait que, plus qu’un correcteur d’orthographe et de grammaire, ils sont de véritables outils d’aide à la rédaction, avec dictionnaires intégrés, conseils sur le niveau de langue à employer selon le type de texte… Personnellement, je suis assez sceptique sur l’utilité de ce genre de fonctionnalité pour le traducteur étant donné qu’elles ont été développées en général pour des personnes dont la rédaction technique n’est pas le métier.

Il existe aussi des outils gratuits. Certains sont des logiciels libres tels que Hunspell, d’autres sont des outils intégrés aux traitements de texte comme le correcteur de la suite Office. Voici un tableau récapitulant les outils que j’ai testés pour mon rapport et que je vais présenter dans cet article :

Nom de l’outil Site Web Langues contrôlées Compatibilité / Intégration[1] Prix
Cordial 21 (Pro)
http://www.cordial.fr/
Français + 70 langues Intégration à MS Office 199 € la licence définitive
Antidote 9
http://www.antidote.info/
Français + Anglais Intégration à MS Office, Illustrator, InDesign. pluggin pour intégration à Studio 119 € la première langue + 59 € la seconde (réductions licence multiposte) licence définitive
Ginger (Basic)
http://www.gingersoftware.com/fr
Anglais Intégration à MS Office 73,44 $ par an (réductions achat plusieurs licences)
Grammarly (version premium)
https://www.grammarly.com/premium
Anglais Intégration à MS Word uniquement 139,95 $ par an, 700 $ par an pour 10 licences, 1 000 $ pour 20 licences
Hunspell
https://hunspell.github.io/
De nombreux dictionnaires. InDesign, SDL Trados Studio 2015 Gratuit
Correcteur de MS Office
https://products.office.com/fr-fr/home
92 MS Office, SDL Trados Studio Gratuit

[1] Je me suis concentrée sur les logiciels utilisés dans l’agence où j’ai effectué mon stage. Je ne fais pas de publicité pour SDL, Adobe ou Microsoft !

 

Cordial

Cordial est l’un des deux principaux logiciels payants d’aide à la rédaction en français. Il propose deux produits différents, Cordial Référence et Cordial Pro. Cordial Pro est présenté comme plus efficace dans la détection des fautes que son homologue. Il propose une correction orthographique et grammaticale du français et du portugais, ainsi qu’une correction uniquement orthographique de 70 autres langues.

L’outil s’intègre dans MS Office. Il n’existe pas d’intégration dans SDL Trados Studio 2015 à ma connaissance.

La technologie employée par Cordial, d’après son site Web, pour l’amélioration de son logiciel consiste entre autres à analyser le corpus formé par les textes analysés par l’outil gratuit en ligne de Synapse, l’éditeur de Cordial, cordial-engine, afin de détecter les types d’erreurs les plus fréquentes commises par les utilisateurs.

cordial

L’outil possède une interface assez semblable à celle du correcteur de MS Office, en légèrement plus complexe, le temps d’adaptation est donc très court. Il n’existe pas d’équivalent à l’option « oui pour tous » ou de « non pour tous », l’outil décide en effet seul de propager la correction à d’autres cas dans le texte (ce qui peut présenter un risque). L’outil propose deux vues différentes : une vue « phrase à phrase » qui présente toutes les erreurs d’une phrase à la fois, et une vue erreur par erreur.

Nombre de mots total Nombre d’erreurs réelles détectées Nombre de faux positifs Durée du contrôle
13 100 4 242 23 min

Antidote

Antidote est l’un des principaux outils du marché du correcteur orthographique et grammatical payant pour le français. Il possède aussi un module pour l’anglais depuis la version 9, vendu séparément, dont malheureusement je ne dispose pas et que je n’ai pas pu tester. Il s’intègre dans les outils de la suite Office, mais aussi dans certains logiciels d’Adobe, comme InDesign. Un plugin d’intégration à SDL Trados Studio vient de sortir il y a quelques semaines. Il est disponible à cette adresse : http://appstore.sdl.com/fr/app/antidote-verifier/583/. Un article du blog multifarious écrit par Paul Filkin lui est consacré (https://multifarious.filkin.com/2016/09/08/antidote/).

antidote

L’outil sépare sa détection en plusieurs catégories : Linguistique et Typographie. Parmi les catégories de Linguistique, il fait la distinction entre les « Erreurs » (ce qu’il considère comme des erreurs de grammaire ou d’orthographe), les incohérences (dans la graphie de certains mots en admettant plusieurs, comme événement / évènement), les mots inconnus (avec leur nombre d’occurrences dans le texte), les ruptures (c’est-à-dire les endroits où le logiciel est incapable de faire la liaison grammaticale entre les mots situés avant et après), et enfin les alertes (ce qui peut éventuellement poser problème).

L’interface est un peu plus complexe à utiliser que celle des autres outils présentés ici, mais reste assez claire. Les erreurs sont affichées à droite, et il suffit de cliquer dessus pour qu’elles apparaissent dans le texte. Les erreurs récurrentes sont regroupées (il s’agit du chiffre en face de certaines erreurs, comme « odds »). Il est aussi possible d’utiliser les symboles situés sur le ruban en haut afin de naviguer entre les erreurs, mais la méthode la plus efficace consiste à ne cliquer que sur les erreurs sur lesquelles on souhaite plus de précisions. Les termes dans une autre langue, tout comme les abréviations, se trouvent dans la catégorie « mots inconnus », ce qui permet une réelle lisibilité des éléments détectés et accélère véritablement le processus de vérification.

Le principal point négatif est le fait que l’outil « aspire » le texte à contrôler depuis le logiciel du fichier ouvert, ce qui supprime tout contexte dans l’interface de détection. Il faut donc faire le va-et-vient avec le logiciel qui affiche le fichier à contrôler pour avoir un aperçu du contexte le cas échéant.

Nombre de mots total Nombre d’erreurs réelles détectées Nombre de faux positifs Durée du contrôle
13 100 5 404 18 min

Ginger

Ginger est l’un des principaux produits du marché de l’aide à la rédaction en anglais. Il existe aussi deux versions différentes du logiciel, une version Basic et une version Premium, mais l’outil de correction grammaticale et orthographique est le même. L’outil ne s’intègre que dans MS Word.

ginger

L’interface de l’outil est très simple : un bouton s’affiche au milieu par-dessus le bandeau de MS Word. Il suffit de cliquer dessus pour lancer la correction. Puis l’outil scanne le texte phrase par phrase et propose une correction aux erreurs qu’il détecte. La simplicité de cette interface possède quelques inconvénients : il est impossible de n’accepter qu’une seule modification lorsque plusieurs sont proposées dans la même phrase ; il est aussi impossible de modifier soi-même le texte dans l’interface de l’outil si l’on souhaite modifier le texte autrement que comme proposé par l’outil. Mais le principal point négatif de l’outil reste sa lenteur : l’outil relit réellement le texte phrase par phrase sans « sauter » d’une erreur à l’autre comme les autres outils.

Nombre de mots total Nombre d’erreurs réelles détectées Nombre de faux positifs Durée du contrôle
15 500 7 304 48 min

Grammarly

Tout comme Ginger, Grammarly est un outil d’aide à la rédaction en anglais, et propose aussi deux versions différentes : une version gratuite et une version premium. L’outil de correction orthographique / grammaticale est présenté comme plus performant en version premium. L’outil ne s’intègre lui aussi que dans MS Word.

grammarly

Comme pour Antidote, les erreurs sont classées en plusieurs catégories (contextual spelling, grammar, punctuation, sentence structure et style). L’interface est très claire et très similaire à celle de MS Word. Les erreurs sont présentées à droite le long du texte, il suffit de cliquer dessus pour en apprendre davantage et pour visualiser le mot exact auquel elles se rapportent (qui est souligné dans le texte). Il est facile d’ignorer les erreurs récurrentes, ce qui diminue de beaucoup le temps nécessaire au contrôle.

Nombre de mots total Nombre d’erreurs réelles détectées Nombre de faux positifs Durée du contrôle
15 500 7 488 14 min

Hunspell

Hunspell est un projet de correcteur uniquement orthographique (sans dimension grammaticale) libre, sensible au contexte. Il s’agit de l’outil intégré par défaut dans SDL Trados Studio et c’est aussi l’outil de base des suites LibreOffice et OpenOffice. Dans ces suites, il peut être complété par LanguageTool, qui apporte une correction grammaticale. Il n’est pas vraiment limité en termes de nombre de langues couvertes ; certains dictionnaires (pour la plupart issus de ceux de MySpell, un autre correcteur orthographique libre) sont de meilleure qualité que d’autres, et les corpus analysés pour la sensibilité au contexte sont plus importants dans certaines langues que dans d’autres, où ils peuvent être totalement absents.

verifortho

L’interface est celle par défaut du correcteur d’orthographe de Studio, et ressemble beaucoup aux anciennes versions du correcteur de MS Word. L’outil ne nécessite donc pas de temps d’adaptation particulier. Je n’ai pas testé LanguageTool pour mon rapport (étant donné qu’il n’était question d’utiliser Hunspell que dans Studio), il m’est donc assez compliqué d’émettre un jugement sur les performances de ce couple de logiciels.

Texte Nombre de mots total Nombre d’erreurs réelles détectées Nombre de faux positifs Durée du contrôle
Anglais 15 500 0 605 22 min
Français 13 100 1 402 15 min

Correcteur de MS Office

L’outil intégré à MS Office peut être utilisé dans SDL Trados Studio à partir du moment où MS Office est installé sur le même ordinateur. Par défaut, l’outil possède un module de contrôle orthographique sensible au contexte ainsi qu’un module pour la grammaire et la ponctuation, mais ce dernier n’est disponible que sous Word. Les langues couvertes sont très nombreuses (92), mais le module de grammaire n’existe pas dans toutes les langues, et les dictionnaires peuvent varier en qualité, tout comme la taille des corpus analysés pour la sensibilité au contexte.

Voici l’interface du correcteur dans Word 2013 :

grammaire

Texte Nombre de mots total Nombre d’erreurs réelles détectées Nombre de faux positifs Durée du contrôle
Anglais 15 500 2 470 18 min
Français 13 100 1 618 22 min

Pour conclure

En manipulant les outils pendant les tests pour mon rapport, plusieurs points importants se sont dégagés :

  • les outils payants présentés ici semblent globalement plus efficaces que les outils gratuits. Il est assez complexe d’évaluer le retour sur investissement pour ce genre d’outils, à chacun de se faire une idée de si « ça vaut le coup » ;
  • l’ergonomie de l’interface influe beaucoup sur le temps passé sur le contrôle, peut-être même plus que le nombre de « faux positifs » détectés par l’outil. Une interface dans laquelle on peut naviguer librement comme celle d’Antidote et de Grammarly associée à un système de tri des erreurs détectées en différentes catégories permet d’aller beaucoup plus vite, mais aussi d’être plus précis dans le contrôle (possibilité de revenir en arrière, meilleure visualisation des erreurs) d’autant que la prise en main du logiciel, un peu plus complexe, reste tout de même très accessible ;
  • bien que les fautes de grammaire soient globalement les moins fréquentes chez les traducteurs, ce sont aussi les moins bien détectées par les logiciels de correction orthographique et grammaticale. Il peut être intéressant de maximiser l’utilisation d’un correcteur automatique de la grammaire, notamment grâce au plug-in Studio MSWord Grammar Checker (http://appstore.sdl.com/fr/app/msword-grammar-checker/392/). En effet, par défaut, seule l’orthographe est contrôlée dans Studio ;
  • quel que soit l’outil utilisé, il est important de bien le connaître et de le régler à ses besoins. Par exemple, par défaut, l’emploi d’une tournure passive est systématiquement signalé en anglais par le correcteur de MS Word. Or, dans les textes techniques, le passif est extrêmement répandu et ne pose pas de problèmes particuliers. Désactiver cette détection permet d’éliminer de nombreux « faux positifs » et donc de gagner du temps ;
  • il peut être avantageux de créer ou de télécharger des dictionnaires spécialisés adaptés aux domaines traduits, quel que soit l’outil utilisé. Cela permet non seulement de diminuer le nombre de « faux positifs » mais aussi d’éviter de passer à côté d’une erreur de typographie sur un terme pendant le contrôle. Microsoft édite des dictionnaires de ce type (https://www.microsoft.com/fr-fr/download/details.aspx?id=23729) mais il en existe aussi qui ont été créés par des spécialistes du domaine concerné (http://plasserre.developpez.com/dico.htm pour le domaine médical par exemple).

J’espère que cet article donnera envie à chacun de se pencher sur cet outil de notre quotidien trop souvent sous-estimé.

J’ai testé pour vous : la TPBox

Par Marie Surreau, étudiante M2 TSM

logo_tpbox

La TPBox est un système de gestion de projet conçu pour les agences de traduction. Il s’agit d’une plateforme en ligne, il n’y a donc rien à installer sur son ordinateur. L’interface est disponible en plusieurs langues : anglais, français, allemand, espagnol et néerlandais. J’ai eu l’occasion de tester cet outil lors de mon stage au sein d’une agence de traduction. Si au début l’interface m’a paru complexe, il m’a fallu très peu de temps pour savoir l’utiliser. La force de cet outil est de rassembler au même endroit tout ce dont une agence de traduction a besoin. On y trouve notamment les fiches clients et les fiches fournisseurs. Les projets peuvent être gérés de A à Z sur la TPBox : réception de la demande de traduction, création du devis, recherche de fournisseurs, bons de commande, échanges par mail avec les clients et les fournisseurs, partage des fichiers sources et des ressources, retour des fichiers cibles, livraison, facturation, etc. Quel que soit son rôle au sein de l’agence, chacun y trouve les outils adaptés. La page d’accueil de l’agence permet à tous les membres de suivre l’avancée des différents projets et d’accéder rapidement à sa boîte mail.

tpbox

Page d’accueil de l’interface agence

J’ai finalement trouvé cet outil assez ergonomique. Tout est accessible en un clic, ce qui permet de gagner en productivité. Le tableau de bord est personnalisable, chacun peut donc l’organiser selon ses besoins. Les projets peuvent, par exemple, être triés par chef de projet, par client, ou encore par date de livraison.

La TPBox facilite la communication entre les membres de l’équipe, mais aussi avec les clients et avec les fournisseurs. En effet, l’outil s’adresse également aux traducteurs et aux clients. Ils peuvent accéder à la TPBox depuis leur espace personnel. Quand on leur parle de la TPBox, ils se montrent rarement réticents. D’après moi, il est cependant nécessaire de bien leur expliquer son fonctionnement et de leur envoyer un petit mode d’emploi.

Les clients peuvent faire leur demande de devis directement depuis leur espace personnel. Ils envoient leurs fichiers à traduire et remplissent un formulaire (voir la capture* ci-dessous) dans lequel ils doivent spécifier la langue source, les langues cibles et les services souhaités. Une fois le devis accepté, les clients ont la possibilité de suivre la progression de leurs projets.

demandedevis

Les fournisseurs, quant à eux, ont l’accès à leur fiche fournisseur afin de modifier leurs données personnelles (langues, outils dont ils disposent, domaines de spécialisation, tarifs, etc.). Ils reçoivent ensuite les offres directement dans leur espace personnel (voir ci-dessous).

offre-traduction

Une fois l’offre acceptée, ils récupèrent les fichiers sources, ainsi que les ressources disponibles (guides de style, fichiers de référence, mémoire de traduction, etc.). Ils peuvent ensuite accéder à leur bon de commande et au forum d’entraide. La livraison se fait, elle aussi, depuis la TPBox. De plus, les fournisseurs ont accès au système de facturation pour créer leurs factures. Par le biais de leur espace personnel, les traducteurs ont aussi la possibilité d’informer l’agence des dates auxquelles ils ne sont pas disponibles.

J’ai récemment découvert que la TPBox propose un outil de TAO en ligne. Je trouve que c’est une très bonne idée, en particulier pour les traducteurs qui n’utilisent pas encore la TAO. Je n’ai pas eu la possibilité de le tester, donc à voir si l’outil est performant ou non.

Le système de gestion de projet propose de nombreuses fonctionnalités. Certaines d’entre elles peuvent paraître toutes simples, mais elles nous facilitent vraiment le travail ! Tout d’abord, les mails peuvent être attachés au projet correspondant, ce que j’ai trouvé très ingénieux. Plus besoin de chercher dans sa boîte mail ! C’est pratique, rapide et surtout c’est très utile quand un second chef de projet doit gérer le projet en l’absence du chef de projet habituel. Une autre fonctionnalité intéressante est le forum d’entraide. Il permet aux traducteurs travaillant sur un même projet d’échanger entre eux et d’échanger avec le chef de projet. Cela évite notamment au chef de projet de répondre dix fois à la même question !

Par contre, le choix limité des langues de l’interface peut poser problème. Les clients ne parlent pas forcément une des langues proposées. Ils ne sont donc pas tous à même d’utiliser la TPBox. Un éventail plus vaste serait donc appréciable.

Comme vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé travailler avec la TPBox durant mon stage. Selon moi, c’est un outil performant qui permet un gain de temps pour les chefs de projet.

 

 

*Toutes les captures d’écran proviennent du site internet de la TPBox. Merci à eux pour leur accord préalable.