Le traducteur vu par le monde extérieur

Par Margaux Bochent, étudiante M2 TSM

 

Pour être totalement transparente avec vous, cet article m’a été inspiré par mes proches, mes amis, ma famille et même par les nombreuses personnes avec qui j’ai eu l’occasion de parler de mes études, mais pour qui le monde de la traduction est un grand mystère.

Je me suis rendu compte que mon entourage n’a qu’une vague idée de ce que je fais au quotidien et du milieu dans lequel je me destine à travailler. Et que ce soit lors de repas de famille, de soirées entre amis ou encore lors de mes (très) nombreux covoiturages, je me retrouve régulièrement confrontée aux mêmes types de questions, qui font sourire lorsqu’on connait un minimum le milieu de la traduction, mais qui, en réalité, sont révélatrices des nombreuses idées reçues sur ce métier. En interrogeant les étudiants de M1 et M2 du Master TSM, je me suis aperçue qu’ils avaient également de nombreux exemples à me citer… Voici le top 4 des clichés les plus répandus sur les traducteurs.

 

Le traducteur-dictionnaire

Faut-il parler « plein » de langues pour être traducteur ? Le traducteur doit-il être « bilingue » ? Suis-je un mauvais traducteur si je ne traduis « que » vers ma langue maternelle ?

Si vous avez répondu autre chose que « NON ! » aux questions précédentes, alors continuez votre lecture, vous allez apprendre des choses …

Il y a cette idée préconçue que le traducteur traduit depuis une multitude de langues vers une multitude de langues, qu’aucun outil ne lui est nécessaire puisque son savoir linguistique est immense, ou qu’il suffit de maîtriser deux langues pour devenir traducteur. Je vais casser le mythe : le traducteur ne traduit que vers sa langue maternelle, puisque c’est la seule langue qu’il maîtrise parfaitement et dont il connait non seulement la grammaire, l’orthographe et la syntaxe, mais également les nuances, les subtilités et la culture. Il peut avoir une, deux, trois (et même plus !) langues de travail, mais il n’a pas besoin d’être « bilingue ». Il doit être capable de comprendre son texte, évidemment. Il doit aussi avoir du vocabulaire, bien connaitre la grammaire et avoir conscience de la culture du pays. Mais en fait, il doit surtout savoir faire des recherches, optimiser l’utilisation des outils d’aide à la traduction et se poser les bonnes questions … Tout comme il ne suffit pas de savoir écrire pour être écrivain, il ne suffit pas de parler deux langues pour être traducteur.

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« Y a un diplôme pour être traducteur ??? Il ne suffit pas d’être bilingue ??? »

Réponse proposée : « Si si, il suffit d’être bilingue, mais j’avais besoin d’un diplôme pour décorer mon bureau »

« Ah bon tu ne traduis QUE vers le français ? Mais c’est facile alors … »

Réponse proposée : « Oui c’est super facile, surtout quand je traduis le guide d’utilisation d’une ponceuse orbitale excentrique, comme c’est du vocabulaire du quotidien. Tout le monde peut le faire en fait. »

« Mais comment ça, tu ne sais pas ce que ça veut dire ? T’es traducteur oui ou non ? »

Réponse proposée : « En fait c’est parce que le mot que tu demandes commence par un S, et moi là je suis en train d’apprendre le dictionnaire par cœur, mais je n’en suis qu’à la lettre N, c’est pour ça !!! »

aabbc140800031Ce n’est pas parce que vous savez dire « Merci » dans plusieurs langues
que vous êtes traducteur

 

Pas besoin de traducteurs si on a Google Translate

On est d’accord, Google Translate, c’est pratique. La traduction automatique nous a tous déjà dépannés, lors d’un voyage à l’étranger ou pour un devoir lors de nos années collège. Et selon la raison pour laquelle vous êtes amenés à traduire un texte ou une phrase, Google Translate peut effectivement être suffisant.

Vous êtes en voyage et la carte du restaurant n’existe que dans la langue locale ? Demandez à Google.

Vous aimez la dernière chanson de cet artiste américain, mais vous ne comprenez pas les paroles ? Demandez à Google.

Vous cherchez un tutoriel pour réinitialiser votre mot de passe de messagerie, mais les pages n’existent qu’en anglais ? Demandez à Google.

En revanche, si ce même restaurant où vous vous trouviez décide de faire traduire sa carte, pensez-vous que la meilleure solution est de faire appel à Google ?

Et pour cette chanson que vous aimez tant, si Google vous a aidé à comprendre le sens, est-ce qu’il a su respecter le nombre de syllabes pour qu’elle puisse être chantée sur le même rythme en français ? A-t-il su respecter les rimes ? J’en doute.

La traduction automatique est un service gratuit, instantané et très utile de manière ponctuelle. Si elle a grandement progressé ces dernières années, elle n’est toujours pas capable de fonctionner comme un cerveau humain. Elle propose une traduction mot à mot, sans considérer le reste du texte dans son ensemble et dans le cas où elle arrive à prendre compte le contexte, elle ne saisit pas les nuances comme un traducteur est capable de le faire. Si des agences ont parfois recourt à la traduction automatique, rares sont celles qui livrent directement au client sans demander à un linguiste de retravailler la traduction.

Face à Google Translate, le traducteur reste donc le seul à pouvoir fournir des traductions de qualité et adaptées au public auquel elles sont destinées.

Traducteur : 1 – Google Translate : 0

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« À quoi ça sert de payer un traducteur si on a Google Translate ? »

Réponse proposée : « Google Translate propose des traductions de trop bonne qualité, du coup ça semble louche … donc il vaut mieux payer quelqu’un qui sera un peu moins bon, pour ne pas éveiller les soupçons »

« T’es traducteur ? Mais maintenant avec Google on est tous traducteurs ! Ton métier il va disparaitre ! »

Réponse proposée : « On est tous traducteurs ? Mais c’est super ça, j’adore avoir de nouveaux collègues ! »

 

pexels-photo-921361Là, on est d’accord, il vaut mieux demander à Google avant de commander du « squid » dans un restaurant

 

Un traducteur, ça traduit quoi ?

J’ai remarqué que, la plupart du temps, on associe le métier de traducteur à trois activités principales : la traduction de modes d’emploi (évidemment), la traduction de sous-titres et … l’interprétariat ! Eh bien non ! S’il existe un mot pour désigner les traducteurs et un mot pour désigner les interprètes, ce n’est pas simplement parce que la langue française est riche, mais bel et bien parce que ce sont deux métiers différents. Il est très rare qu’un traducteur soit aussi interprète. En règle générale, le traducteur n’est pas amené à traduire oralement, que ce soit lors d’une conférence ou sur un plateau télévisé. Et si c’est le cas, c’est qu’il est interprète et non pas traducteur !

Pour ce qui est des modes d’emploi, je trouve ça assez amusant de me dire que l’on associe souvent les termes « traduction » et « modes d’emploi », comme s’il n’y avait que ce type de documents qui nécessitait d’être traduit. En réfléchissant un peu, j’en déduis que c’est parce que les modes d’emploi contiennent souvent toutes les langues dans lesquelles ils ont été traduits, et non pas seulement la langue du pays où le produit est vendu. En revanche, dans la majorité des domaines, le contenu traduit n’apparait que dans la langue cible, alors personne n’imagine que l’original pourrait être écrit dans une autre langue. Mais du coup, un traducteur, ça traduit quoi ? Sensiblement tout. Des sites web, des pubs, des articles de presse, des textes législatifs, des notices, des tutoriels en ligne, des rapports…la liste est infiniment longue.

 

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« On pourra t’entendre à la télé quand ils interrogent une célébrité ? »

Réponse proposée : « Oui ce sera moi, je vais m’occuper de traduire les interviews de toutes les célébrités dans toutes les émissions sur toutes les chaines. »

«  Ah tu traduis des modes d’emploi de micro-ondes et d’aspirateurs, ce genre de choses ? »

Réponse proposée : « Bien sûr et c’est passionnant ! D’ailleurs je me souviens bien du mode d’emploi de ton lave-linge donc si tu as une question n’hésite pas ! »

« C’est toi qui fais les sous-titres des séries ? Parce que c’est vraiment pas terrible … »

Réponse proposée : « Ah tu veux dire les séries que tu regardes en streaming le lendemain de leur sortie aux États-Unis, où les sous-titres comportent des fautes d’orthographe qui font saigner les yeux et où les « é » apparaissent sous forme de carré ? Alors là non par contre ce n’est pas moi. »

 

translator2Être traducteur : attentes VS réalité

 

Une traduction, ça coûte combien ?

« Quel est le prix d’une traduction ? » C’est une question que l’on m’a souvent posée et ça m’amuse parce qu’il ne viendrait pas à l’idée de qui que ce soit de demander à un concessionnaire : « Combien ça coute une voiture ? », ou à un écrivain : « Combien ça coute un livre ? ». La réponse : « ça dépend ».

Alors le prix d’une traduction, ça dépend de quoi ? Ça dépend de la langue, du nombre de mots, du délai et de la difficulté du texte. Mais d’autres critères sont également à prendre en compte (sinon ce serait trop facile) : est-ce que le document nécessite une préparation avant traduction ? Y aura-t-il une mise en page à faire après traduction ? Est-ce un texte technique, qui nécessite de nombreuses recherches terminologiques ? Est-ce un texte marketing, qui va demander de la créativité ? Le client peut-il fournir des glossaires et des mémoires de traduction ? La liste est à nouveau infiniment longue. Le plus souvent, ce que je réponds pour éviter de rentrer dans les détails, c’est qu’une traduction se paye au mot. Encore une fois, ce prix au mot dépend de la langue source et de la langue cible, du niveau de technicité du texte, de l’expérience du traducteur, etc. Un gestionnaire de projets sera donc souvent chargé d’évaluer tous les coûts en fonction du budget du client afin de lui proposer un devis adapté à ses besoins.

 

Les meilleures phrases entendues par les étudiants de M1 et M2

« Ah t’es payé pour traduire ? »

Réponse proposée : « Non non, je suis bénévole à temps plein. Et je fais même des heures sup’ »

« Ça coute combien une page ? »

Réponse proposée : « Une page ? Ben… j’imagine que ça dépend de la qualité du papier, si c’est format A4 ou A5… Ah pardon ce n’était pas ça ta question ? ».

 

Le métier de traducteur requiert un éventail de compétences et de qualités, mais malheureusement il est souvent sous-estimé par l’opinion générale : si l’on pense généralement qu’un traducteur doit parler plein de langues pour être compétent, on considère également à tort la traduction automatique comme un concurrent alors qu’elle n’est qu’un outil. Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire le billet de Margaux Morin, ancienne étudiante du Master.

Les idées reçues sont donc nombreuses et la meilleure solution reste encore de continuer à faire connaitre notre métier, de répondre aux questions (avec mes réponses proposées…ou avec un peu plus de sérieux, à vous de voir !) et de s’armer de patience face aux plus bornés qui s’entêtent à répéter que d’ici 10 ans il n’y aura plus de traducteurs humains.

Si vous ne faites pas partie du milieu de la traduction, j’espère vous avoir apporté quelques petites précisions sur ce métier. Vous savez désormais quelles sont les questions à ne pas poser à un traducteur… vous êtes prévenus !

Si, au contraire, les métiers de la traduction n’ont aucun secret pour vous, j’espère que vous vous êtes reconnus dans l’une de ces situations. D’ailleurs, je suis curieuse de savoir : quelles sont les questions récurrentes qui vous énervent (ou vous amusent) le plus ?

 

La traduction, c’est ma passion

Par Célia Jankowski, étudiante M1 TSM

 

Traducteur, un métier déprécié s’il en est un. Travailleur de l’ombre par excellence, il est rarement reconnu à sa juste valeur. Tout traducteur a déjà entendu au moins une fois cette phrase, prononcée d’un ton moqueur, parfois même incrédule, lorsqu’il annonce son office : « Traducteur ?! Mais, c’est pas à ça que ça sert, Google Traduction ?? Hahahaha. ». Eh bien non, messieurs-dames ! Le métier de traducteur existe toujours, il résiste aux assauts répétés de la traduction automatique. Malgré les progrès de cette dernière, ce n’est pas demain la veille que les traducteurs deviendront une espèce en voie de disparition.

Mais nous ne parlerons pas de cela aujourd’hui. Non, aujourd’hui je vais plutôt vous parler de ce que le métier de traducteur apporte à celui qui l’exerce, et pourquoi se tourner vers cette voie, qui, malgré ce que pensent certains, ne se résume pas à copier-coller un texte dans DeepL (même si cet outil peut parfois nous sauver la mise).

 

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Comme pour tout athlète, l’échauffement est primordial pour le traducteur.

 

Vous êtes un traducteur en puissance si vous avez…

1/ L’amour du vocabulaire

Qualité indispensable ! Attention, ce n’est pas parce que vous êtes un lecteur assidu et que vous dévorez trois romans par semaine que vous ferez un bon traducteur, mais il est évident qu’un minimum de vocabulaire, ça aide. Pareil pour la grammaire.

 

2/ La curiosité

Au fil des recherches menées lors de la traduction, le traducteur en apprend davantage sur le sujet de son texte. Bien sûr, cela dépend du sujet en question (les indices boursiers américains ? Ugh.), mais en général, plus vous lirez, plus vous aurez envie d’en savoir plus, toujours plus, et voilà, vous êtes un expert en chirurgie robotique/en aviation/en fromages français ! (Oui, enfin… Presque.) Et cela vous donnera certainement des idées de spécialisation. (La spécialisation, quézako ? Rendez-vous ici pour en savoir plus.)

 

3/ Le souci du détail

L’une des premières choses que j’ai apprises durant mon cursus. Être attentif aux détails, c’est repérer immédiatement la moindre nuance, la moindre petite faute qui fait tache et gâche une excellente traduction. Même si, soyons honnêtes, dès que la fin d’un texte long et éprouvant est en vue, nous n’avons qu’une envie, c’est de finir le plus vite possible et de ne plus jamais en entendre parler (soyons honnêtes, j’ai dit !), il faut vérifier, revérifier, re-revérifier, re-re-re… Bref, vous avez compris.

 

4/ La maîtrise des nouvelles technologies

Révolue l’époque où la traduction se faisait au crayon à papier, à gratter sur une feuille, au milieu d’énormes dictionnaires ! Grâce à Internet, tout se trouve en un clic. Attention, tout veut aussi dire n’importe quoi. Il est important de savoir sélectionner ses sources, savoir où chercher et surtout quoi chercher. De plus, maîtriser Word, c’est bien, mais maîtriser au moins un outil de TAO, c’est un plus non négligeable. Enfin, cela dépend des traducteurs : certain ne peuvent s’en passer, d’autres font très bien sans.

 

Vous possédez toutes ces qualités, et je vous vois déjà devant votre écran, trépignant d’impatience à l’idée de vous lancer dans une traduction de dizaines de milliers de mots ! Bien ! Passons donc à l’étape suivante,

 

Comment être un bon traducteur ?

1/ Avoir confiance en soi et en ses capacités

Ça y est, vous avez décroché votre premier client ! Et là… L’angoisse. « Vais-je y arriver ? Et si le client n’est pas satisfait ? Et si je n’étais pas à la hauteur ? » Du calme ! Ayez confiance en vous. Vous avez suivi des études (que vous avez réussies haut la main, j’en suis sûre) qui vous ont préparé à ce moment, non ? Vos idées sont bonnes, vos remarques pertinentes, vous avez votre place dans le réseau ! Ne vous dévalorisez pas et soyez au top pour chacune de vos traductions. Soyez prêt à défendre vos choix auprès d’un client pas toujours très compréhensif, et plus important encore, soyez ouvert aux suggestions et autres compromis (eh bien oui, parfois, ce qui vous semble évident ne l’est pas forcément pour tout le monde, et vice versa).

 

2/ Savoir suivre son instinct… ou pas

Parfois il vaut mieux rester sur sa première idée. Et puis, après plusieurs relectures… Un autre terme ne correspondrait-il pas mieux ? Mais à force de douter, de remettre ses choix en question, on peut finir par ne plus savoir quoi faire. Ce qui nous amène à notre troisième point…

 

3/ Prendre du recul, toujours plus de recul !

La meilleure chose à faire (si l’on en a le temps, bien sûr), c’est, une fois la traduction achevée, la laisser « reposer » pendant quelques heures, voire une journée, s’aérer l’esprit, passer à autre chose, et ensuite y revenir. Ainsi sont décelées des erreurs passées inaperçues, des incohérences pourtant flagrantes mais qui ont échappé au traducteur : notre « radar » est alors plus efficace.

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Alors, vous sentez-vous l’âme d’un traducteur ? Êtes-vous prêt à vous lancer dans ce métier difficile, stressant, mais ô combien excitant et passionnant ? Eh bien, sautez le pas ! Quant à ceux qui sont déjà traducteurs professionnels et qui sont peut-être un peu blasés, ou ceux qui sont empêtrés dans la traduction d’un texte qui semble interminable… J’espère que je vous aurai rappelé à quel point votre métier est formidable.

 

Et vous, chers traducteurs, qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans le domaine de la traduction ? Racontez-nous !

 

Dans le même thème :

cet article d’Emmanuelle Dutreuil, qui brise les mythes sur le traducteur et la traduction les plus répandus

cet article de Gwenaël Gillis, qui retourne aux sources et nous fait un cours accéléré sur l’histoire de la traduction

Au commencement : le traducteur !

Par Gwenaël Gillis, étudiante M1 TSM

 

Au commencement, il n’y avait rien !

La terre était informe et vide et il n’y avait que des ténèbres. Et (en un très court résumé) la lumière fut ! Si vous mettez tout ça en avance rapide, à un moment, après les arbres, les poissons…, vous devriez tomber sur l’Homme. L’Homme, cette merveilleuse créature dotée d’un mécanisme si complexe et à la fois si simple, qui lui permet de marcher, de parler, de vivre… Et si vous continuez d’avancer encore un peu, vous en voyez pousser encore quelques-uns par-ci par-là. Tout un peuple d’êtres humains qui vivent ensemble, partagent, communiquent…, et tout à coup vient la tour de Babel. À partir de cet épisode, ça devient un peu le chaos. Les hommes ne se comprennent plus, ils sont dispersés un peu partout dans le monde et la communication devient assez compliquée. Lorsque soudain, le miracle se produit: le traducteur est né !

Bon, je vais vous l’avouer, tout n’est pas arrivé en un clin d’œil et j’ai fait une avance vraiment rapide sur toute cette période. C’est pourquoi, je vous invite à vous plonger aujourd’hui même avec moi dans l’histoire de la traduction. Bon voyage !

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Les premiers traducteurs

Qu’on ne se mente pas, l’histoire de Jules César, de Winston Churchill et de Barack Obama est très intéressante mais le traducteur, il est où dans tout ça ? Car, il faut bien l’avouer, on ne connaitrait pas grand-chose à ces personnages historiques si leurs histoires ne nous avaient pas été traduites. C’est donc le moment de remonter très loin dans l’histoire car, oui, la traduction n’est pas vraiment récente.

Si l’on veut être tout à fait exacts, on ne peut pas vraiment parler de premiers traducteurs mais plutôt de premiers interprètes. En effet, même si nous n’avons pas vraiment d’informations sur la façon dont ils ont appris d’autres langues (certains donc nous viennent tout naturellement), nous savons qu’il existait dans l’Antiquité, des personnes capables de créer un lien entre deux peuples dont la langue maternelle était totalement différente. Ces peuples avaient compris l’importance de communiquer les uns avec les autres pour des raisons politiques ou commerciales (pas très nouveau tout ça).

Avec le temps, la position de l’interprète s’est renforcée jusqu’à devenir majeure dans le fonctionnement des civilisations et l’extension des territoires car, à l’époque en effet, vous auriez pu mettre tous vos efforts à vous faire comprendre par des étrangers, mais quand ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas. Au fur et à mesure sont apparus des documents écrits qu’il fallait échanger avec d’autres peuples. C’est à cet instant précis que le rôle du traducteur entre en jeu. On commence à traduire des documents dans différentes langues et cela devient l’ancêtre du métier que nous connaissons aujourd’hui.

Évolution

Toutefois, entre les premières techniques de traduction et celles que nous connaissons aujourd’hui, il y a un fossé. En effet, comme le proverbe le dit si bien, « Rome ne s’est pas faite en un jour », et la façon de traduire actuelle non plus.

Après l’épisode de l’Antiquité, nous arrivons au Vème siècle. Le christianisme s’est répandu mais la Bible n’est disponible qu’en grec ou en hébreux. Et ça c’est un très gros problème lorsqu’on ne parle ni grec ni hébreux. Mais heureusement, le métier de traducteur a poursuivi son petit bonhomme de chemin et c’est là que l’on retrouve ce brave Jérôme de Stridon. C’est à lui que l’on fait appel pour traduire la Bible en latin, langue utilisée par les prêtres à cette époque. Après quelques réticences, sa traduction est acceptée au sein de l’Église.

Bien que Jérôme de Stridon ait fait face à quelques murs, il n’a pas connu les problèmes des traducteurs au Moyen-Âge. En effet, ceux-ci ont eu, si vous me le permettez, un peu « chaud aux fesses ». Sachant que la première traduction n’a pas tout de suite été accueillie à bras ouverts, nous pouvons bien imaginer que toucher de nouveau à des textes religieux n’a pas dû plaire à tout le monde. C’est donc ce qui s’est produit suite à la réforme luthérienne mais aussi à la traduction de la Bible par d’autres partisans de la cause. Martin Luther pensait que le peuple avait le droit de lire la Bible dans sa langue maternelle mais tout le monde n’était pas de cet avis. De nombreux traducteurs du même avis que lui l’ont bien vite remarqué. Entre bûchers et mort par strangulation, en tant que traducteurs, il ne faisait pas bon vivre à cette époque. Comme le dit si bien le traducteur Miguel Sáenz, « Si le traducteur fait son travail comme il le doit, c’est un bienfaiteur de l’humanité; sinon, un authentique ennemi public. ». C’est-ce que beaucoup ont dû penser avant d’être brûlés.

Qui a dit que le métier de traducteur était facile ?

M.Luthers übersetzt Bibel / Rad.v.König - M. Luther Translates Bible/ Etch. König - Martin Luther traduisant la Bible / Gravure de König

La traduction aujourd’hui

Bien qu’à l’époque, la traduction fût principalement utilisée pour de nobles causes, comme nous avons pu le voir précédemment, aujourd’hui, elle a surtout une fonction commerciale. Même si le partage des savoirs et des cultures reste un aspect important de cette discipline, ce n’est plus au centre des préoccupations. Il ne faut pas se voiler la face, nous vivons dans une société qui recherche le profit et la rapidité dans tout ce qu’elle fait. L’industrie du cinéma l’a très bien compris et internet aussi. Il existe une large gamme de logiciels et de dictionnaires en ligne capables de traduire en un claquement de doigts, n’importe quelle phrase, expression et autre, ce qui est, je ne le nie pas, très efficace parfois. Il existe d’ailleurs de nouveaux appareils capables de traduire instantanément et oralement une phrase que l’on vient de prononcer. En voyant cela, on ne peut qu’être admiratifs devant les progrès de la technologie. Mais, fort heureusement pour nous traducteurs et contrairement à ce que certains laissent penser, le métier de traducteur n’est pas fini ! Ces appareils pourront être améliorés autant que possible, il leur manquera toujours quelque chose : un beau et brillant cerveau.

 

Même si notre société a beaucoup évolué, la citation de Miguel Sáenz n’en reste pas moins vraie. Même en mettant tout notre cœur et nos efforts dans la traduction d’un texte, les clients pour qui nous travaillons ne seront pas toujours d’accord avec nous et il est peu probable que nous recevions des félicitations, même si le reste est plus que satisfaisant. Sachez toutefois que nous faisons un beau métier, que nous ne seront pas remplacés de sitôt et que, heureusement pour nous, les bûchers ne sont plus autorisés.

 

Sources :

https://www.decitre.fr/media/pdf/feuilletage/9/7/8/2/8/0/4/1/9782804170745.pdf

http://blog-de-traduction.trustedtranslations.com

https://www.universdelabible.net/les-traductions-de-la-bible/histoire-de-traduction

 

Ergonomie et productivité : comment optimiser son clavier ?

Par Nicolas Baille, étudiant M1 TSM

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Nous faisons partie d’une génération de traducteurs dont l’outil de travail principal est l’ordinateur, et, par extension, le clavier. Mais entre l’absence de caractères fréquemment utilisés en français et les troubles musculosquelettiques qu’il peut engendrer, il semble difficile de défendre le clavier Azerty actuel. Comment optimiser son clavier, et quelles sont les alternatives à la disposition classique ?

La disposition Azerty française, obsolète ?

Ayant toujours utilisé la variante française du clavier Azerty, je m’intéresserai ici à cette disposition en particulier (les claviers belges, notamment, sont légèrement différents). Et il y a déjà beaucoup à dire : les critiques les plus virulents vont jusqu’à avancer que le clavier actuel ne permet pas d’écrire un français correct, et dans l’absolu, c’est le cas : ni espace insécable, ni « œ » ou encore de « É ». Si vous disposez d’un pavé numérique, il faudra utiliser les codes ASCII de ces caractères pour les utiliser, ou bien vous en remettre au correcteur orthographique, qui ne s’active pas toujours : Microsoft Word, par exemple, ne considère pas « Etat » comme une faute d’orthographe, et laisse passer l’erreur.

Paradoxalement, certains caractères fréquemment utilisés sont plus difficiles d’accès que des caractères rares : il est plus simple de faire un point-virgule qu’un point simple, alors que ce dernier est bien plus utilisé en français.

Certaines alternatives ont été proposées, comme la disposition Bépo, dont Quentin Pacinella vous parlait il y a un peu plus d’un an sur ce blog. Basée sur une étude statistique du français, elle permet de réduire jusqu’à 50 % le mouvement des doigts. Or, si ce système est parfait pour écrire dans un français impeccable, il reste difficile à prendre en main (car très éloigné du clavier « classique ») et il est très difficile d’écrire d’autres langues avec. Que vous souhaitiez rédiger un mail en anglais ou en espagnol pour un client, ou encore coder une page en HTML, vous vous rendrez rapidement compte que le Bépo facilite l’écriture du français au détriment des autres langues.

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Créer une disposition personnalisée

Si vous ne souhaitez pas changer complètement de clavier, mais simplement avoir accès plus facilement aux caractères spéciaux, sachez que vous pouvez utiliser Microsoft Keyboard Layout Creator pour vous créer une disposition personnalisée. Attention toutefois, le logiciel n’a pas été mis à jour depuis 2007. S’il fonctionne pour le moment sur Windows 10, rien ne garantit qu’il fonctionnera encore dans quelques années, et il a d’ores et déjà tendance à fonctionner de façon aléatoire.

Une fois le logiciel installé et ouvert, vous pouvez soit créer une disposition personnalisée à partir de rien, soit partir d’une disposition existante (c’est ce que nous allons faire ici). Commencez par aller dans File > Load Existing Keyboard, puis sélectionnez le clavier que vous utilisez d’habitude (Azerty français, belge ou autre).

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Vous pouvez ensuite, en utilisant le panneau latéral, modifier le comportement de chaque touche, y compris en combinaison avec Shift ou Alt Gr. Personnellement, je me suis contenté pour le moment de rajouter des caractères spéciaux dont j’ai besoin en espagnol. Ainsi, lorsque j’appuie sur Alt Gr, je peux écrire les lettres accentuées qui n’existent pas sur le clavier français d’origine. J’ai également rajouté les guillemets français et l’espace insécable sur la touche espace.

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Vous pouvez ainsi personnaliser votre clavier à volonté et rajouter les caractères que vous utilisez quotidiennement, comme le « É ». Une fois votre disposition prête, je vous conseille de l’enregistrer pour y revenir plus tard en cas de besoin (File > Save Source File As…). Ensuite, vous pouvez apporter les modifications techniques dans Project > Properties… (pour modifier le nom de votre clavier personnalisé), puis terminer en allant dans Project > Build DLL and Setup Package. Cette commande va créer, dans le dossier de votre choix (par défaut, Documents), un sous-dossier contenant le fichier exécutable « setup.exe ». Lancez-le afin d’installer votre nouvelle disposition. Cela fait, vous n’aurez plus qu’à utiliser le raccourci Touche Windows + espace pour passer de votre clavier Azerty classique à votre clavier personnalisé.

Microsoft Keyboard Layout Creator n’étant pas simple à prendre en main, je vous recommande de faire des tests et de chercher des tutoriels avant de vous lancer dans la création de votre clavier personnalisé.

 

L’ergonomie repensée du clavier orthogonal

Au-delà de la disposition des touches, le clavier actuel a également un défaut intrinsèque pour ce qui est de l’ergonomie : la construction en rangées décalées. À l’origine, ce design était dû à une contrainte technique des machines à écrire, et même si cette celle-ci n’a plus lieu d’être de nos jours, les claviers actuels ont conservé ces rangées décalées qui ont pour effet de forcer les utilisateurs à faire plus de mouvements, engendrant ainsi des troubles musculosquelettiques.

Pour faire face à ce problème, des passionnés d’électronique et des ingénieurs se sont associés pour créer un clavier radicalement différent : le clavier orthogonal.

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Avec ses rangées droites et sa disposition particulière, il est entièrement configurable et peut aussi bien être utilisé en Azerty qu’en Bépo, ou encore avec une disposition personnalisée. Les touches de raccourci et de fonction ont été repensées, ce qui en fait un clavier difficile à prendre en main, mais finalement bien plus intuitif après quelques semaines d’utilisation.

 

Le clavier « splitté », le meilleur compromis ?

Jusqu’à présent, nous avons surtout parlé des alternatives qui permettent de réduire le mouvement des doigts. Or, la plupart des personnes atteintes de troubles musculosquelettiques ont en fait des douleurs dans les poignets : c’est le syndrome du canal carpien. Les claviers « splittés » sont des claviers divisés en deux parties, ce qui permet de les poser en diagonale sur le bureau afin de réduire la tension au niveau des poignets.

Le clavier le plus récent et le plus révolutionnaire de ce type est le Dygma Raise, qui vient de terminer avec succès sa campagne Kickstarter (les premiers modèles devraient être disponibles à la vente courant été 2018). À l’origine créé pour les joueurs de jeux vidéo, sa conception lui permet néanmoins d’être utilisé par n’importe qui. Bien qu’il conserve la disposition Azerty, toutes les touches sont configurables à 100 %, aucun problème donc pour l’utiliser en disposition Bépo, par exemple.

Tout pratique qu’il soit, néanmoins, il lui manque quelques touches que, personnellement, j’utilise au quotidien, à savoir les touches fléchées ou les touches de fonction (F1 à F12).

Et le grand gagnant est…

Que l’on soit traducteur, rédacteur ou tout autre professionnel, il n’est pas simple de choisir l’outil qui est le mieux adapté à nos besoins. Doit-on simplement modifier la disposition de nos touches pour rajouter les caractères spéciaux, ou doit-on faire un changement plus radical en optant pour un clavier Bépo ou orthogonal ? Quoi qu’il en soit, la question de l’ergonomie est intimement liée à la productivité et à la santé des professionnels de notre génération.

Enfin, gardez à l’esprit que les douleurs liées à votre activité professionnelle peuvent venir du clavier, mais également de la hauteur du bureau, du choix de la chaise, et d’une dizaine d’autres facteurs. Pour avoir une vue d’ensemble de la problématique, je vous invite à lire (si ce n’est pas déjà fait) l’article de Marie Serra sur l’ergonomie et le bien-être du traducteur.

 

Liens utiles :

Le métier de traducteur à l’heure de l’uberisation de l’économie

Par Alexandre Moreau, étudiant M1 TSM

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L’évolution de l’économie conduit à une organisation du monde du travail, qui s’appuie largement sur de nouveaux outils numériques comme support au cadre de travail. Dans ce contexte, si Uber n’est ni la première, ni la seule des entreprises de ce genre, elle est représentative d’une transformation du monde du travail qui s’appuie sur la dématérialisation comme médium entre clients et prestataires. Au point que le néologisme « uberisation » est devenu un onomastisme désignant aujourd’hui toute une organisation du travail où l’intermédiaire est un acteur immatériel et les professionnels des concurrents anonymisés. L’objectif d’une telle organisation est de créer une flexibilité, profitable pour le client, synonyme d’une économie d’échelle considérable en regroupant tous les collaborateurs via une application misant sur l’hyper-concurrence.

Notre secteur n’échappe pas à ce nouveau paradigme économique, en effet, de nouveaux outils et de nouvelles plateformes sont devenues des éléments indissociables de l’activité de traduction. Depuis, l’utilisation de dispositifs automatisant la traduction et la mise en commun de bases de données au profit de la productivité conduit, comme dans de nombreuses professions d’indépendants, à une flexibilité structurelle externalisante du milieu. Autrement dit, tout le travail s’organise autour de la capacité de l’employé.e ou de l’indépendant.e à fournir la rentabilité requise face à tel ou tel « concurrent », au prix d’un formatage systématique de la production.

Par ailleurs, le métier de traducteur est déjà empreint par l’usage des nouvelles technologies, et ouvert à l’indépendance, c’est donc logiquement que des entreprises se sont lancées dans l’uberisation de la profession.

A titre d’exemples représentatifs, penchons-nous sur plusieurs sociétés aux fonctionnements variés qui illustrent le fonctionnement de ce genre d’organisation.

Upwork (ex Elance) est une plateforme de mise en relation entre clients et professionnels de divers secteurs. Elle existe depuis 2000 et, de manière prévisible, a d’abord été utilisée majoritairement dans les milieux déjà familiers avec la dématérialisation, comme la programmation et le développement web, qui représentent toujours la part la plus importante de son activité. Elle s’est ensuite vite étendue à des domaines variés, notamment aux métiers d’indépendants, le nôtre n’y échappant conséquemment pas.

Dessus, des milliers de freelancers de toutes nationalités, en concurrence entre eux, peuvent postuler à un certain nombre d’offres proposées par de nombreux clients, qu’ils soient professionnels ou particuliers. Une fois les deux parties mises en relation, elles signent un contrat, s’entendent sur le délai et les modalités de livraison, et procèdent ensuite au paiement via Paypal.
Il est même possible pour les fournisseurs de payer Upwork pour acquérir un compte « premium », permettant de postuler à un plus grand nombre d’offres simultanément.
Les profils des indépendants ressemblent sur Upwork à des pages de comparateurs de restaurants ou de chambres d’hôtel : pour chaque collaboration, le client peut leur décerner jusqu’à cinq étoiles sur plusieurs critères différents (« coût », « délai de livraison », « qualité » ou « professionnalisme » etc…), qui apparaitront sur le profil, afin d’indiquer sa « compétence » à d’éventuels futur clients.

Stepes est quant à elle une application mobile, très récente, et entièrement dédiée à la traduction. Elle permet aux « traducteurs » de « traduire », directement depuis leur smartphone, ou tout autre appareil connecté, les fichiers déposés par des entreprises. Ils seront payés entre 4 et 12 centimes de dollars maximum le mot. L’application mise ainsi sur l’emploi de toute personne multilingue non forcément qualifiée dans le but de pratiquer des tarifs inférieurs à la moyenne du marché. En outre la startup chinoise n’offre aucune garantie quant à la relecture et à la fiabilité des travaux livrés, participant de ce fait à la fragilisation de la qualité des traductions fournies.

Suivant un schéma analogue, Netflix, le célèbre site de streaming de séries, a également lancé sa propre plateforme de recrutement de traducteurs, dans le but d’uniformiser la traduction de ses sous-titres en se basant sur un test conçu par la firme, et destiné à n’importe quel particulier. HERMES, c’est le nom de cette plateforme, permet à l’entreprise américaine de faire une double économie, en se passant d’intermédiaires et en imposant ses prix et normes à ses traducteurs.

Toutes ces méthodes menant vers un travail toujours plus mondialisé, morcelé et ultra-flexible.

Qui sont les principaux utilisateurs de ces services ?

Pour les clients nécessitant une traduction, c’est bien entendu et en premier lieu le coût moindre qui est le plus intéressant. C’est d’ailleurs l’argument de base de ces intermédiaires. De plus, au vu du grand choix de prestataires, la rapidité du service, si elle est nécessaire, peut être facilement assurée.
Enfin, on remarque beaucoup que parmi les entreprises faisant appel à ces services, leurs besoins de traductions sont souvent destinés à un usage interne et/ou réduit. Par conséquent, elles n’ont pas nécessairement besoin d’un résultat exemplaire et/ou destiné au grand public.

 
Ce sont des évidences, mais c’est pour les traducteurs professionnels que ces mutations sont les plus sensibles.

Celles-ci encouragent des profils jusqu’alors peu conventionnels. En effet, elles permettent à des individus peu ou pas qualifié, des jeunes diplômés, ou à des multilingues à la recherche d’un revenu complémentaire d’exercer la même activité qu’un professionnel de la traduction.

Pour ces derniers, cette étape est tout de même de plus en plus incontournable, leur permettant une flexibilité accrue, de choisir des missions adaptées en terme de spécialisation ou de durée, et de favoriser leur délocalisation, étant donné que le salaire est mondialisé et normalisé, contrairement à la différence de niveau de vie et de pouvoir d’achat entre chaque région du monde.

C’est aussi et surtout, une opportunité de se faire connaître et reconnaître sur le marché.

Remarquons que le réseautage et la reconnaissance des pairs forment une part importante de notre branche. Aussi, les travaux ainsi effectués contribueront à forger une bonne réputation au sein du milieu et de galvaniser ses qualités en se focalisant sur ses qualités.

Cela participe, dans un secteur déjà de plus en plus ultra-concurrentiel, délocalisé, automatisé, et demandant une productivité toujours plus élevée, au détriment parfois de la qualité, à la précarisation du métier, symptomatique de l’uberisation du travail. Cette voie mène à la création d’une concurrence qualifiée/non qualifiée, et à une amplification de l’instabilité professionnelle.

Mais comme nous le savons bien, être multilingue ne suffit pas à être un bon traducteur. Et espérons qu’il en reste ainsi !