Rakuten Viki : le sous-titrage amateur

Par Léa Bailleux, étudiante M1 TSM

Alors que, dans des billets de blog précédents, nous avons pu voir que le sous-titrage était un métier à part entière et que Netflix a soulevé la critique de par ses méthodes de traduction et sous-titrage, nous allons aujourd’hui nous pencher sur le cas du site Rakuten Viki.

Plus simplement appelée Viki, cette plateforme de streaming pourrait faire penser à Netflix : née en 2007 à Singapour, elle héberge principalement des films et séries asiatiques et les rend disponibles dans le monde entier.  

Pour comprendre l’ampleur du phénomène, observons le cas de leurs séries les plus populaires : 김비서가 왜 그럴까, aussi appelée What’s Wrong With Secretary Kim, est sous-titrée dans 52 langues différentes et 힘쎈여자 도봉순, Strong Woman Do Bong Soon, est elle disponible dans 44 langues différentes. D’autres sont disponibles dans une dizaine ou bien une vingtaine de langues : en tout on peut retrouver des traductions dans près de 158 langues. On peut aussi s’apercevoir qu’en dessous des épisodes, un pourcentage se trouve à côté de la langue choisie pour les sous-titres.

Là, nous pouvons commencer à nous interroger : pourquoi certaines séries sont-elles plus traduites que d’autres ? À quoi peut bien correspondre le pourcentage ?

Tout d’abord il faut savoir que les vidéos sur Viki sont publiées en langue originale uniquement. Une fois publiées, des équipes de traducteurs/sous-titreurs sont alors formées pour commencer le travail. Une nouvelle question se pose alors : qui sont ces traducteurs/sous-titreurs ? La réponse est simple : des bénévoles non-professionnels. Le site Rakuten Viki repose sur sa communauté de fans passionnés et multilingues. On peut même trouver le site de la communauté de bénévoles Viki où les plus grands « contributeurs » (comprendre traducteurs/sous-titreurs) du mois sont affichés sur un tableau d’honneur.

Ces contributeurs sont répartis en 3 catégories : les QC Trainees, les Qualified Contributors, et les Gold QC, chacun ayant des avantages spécifiques sur le site. Ils sont répartis ainsi selon leur nombre de contribution : les premiers ont atteint les 1 000 contributions (une contribution étant un sous-titre ou un segment), les deuxièmes ont dépassé les 3 000 contributions, et les derniers ont dépassé les 20 000. Il n’y a donc pas de rémunération directe, seulement un accès spécial à certaines vidéos, ou un abonnement gratuit au site. Abonnement qui coûte normalement 2,99 $ par mois s’il est basique, ou 4,99 $ s’il est standard, sachant que le site est accessible gratuitement avec une qualité de vidéo moins élevée et des publicités. Nous faisons donc bel et bien face à des traducteurs/sous-titreurs bénévoles.

Bien qu’aucune ressource linguistique ne soit mise à disposition des contributeurs, ils ne sont tout de même pas lâchés dans la nature. Le site propose des ressources en ligne et des vidéos pour s’entraîner à segmenter et sous-titrer avant de se lancer. Pour rejoindre une équipe, il faut d’ailleurs compléter la Segmenting Academy, une série de tutoriels pour les volontaires désirant apprendre à segmenter. On peut aussi juger de l’expérience d’un contributeur grâce à son rang.

Parlons maintenant des équipes de traducteurs/sous-titreurs. Pour chaque série et chaque film, il y a une « chaîne » avec plusieurs onglets : un qui répertorie de nombreuses informations sur le synopsis ou les acteurs, un où sont listé les épisodes, un sur l’équipe de sous-titres, et un sur les avis et commentaires. Ces chaînes sont gérées par des Qualified Contributors ou des Gold QC qui, une fois sélectionnés, peuvent recruter leur équipe parmi tous les contributeurs ayant postulé. Ces équipes sont formées de modérateurs, monteurs, ségmenteurs, et sous-titreurs. À chaque parution d’un nouvel épisode, tout le monde se met au travail, et chaque segment validé apparait en temps réel, d’où le pourcentage présent sous chaque vidéo : pour les séries plus anciennes ou bien avec des équipes très réactives, tous les épisodes sont à 100% traduits et sous-titrés dans la langue sélectionnée, mais pour les séries où moins de volontaires sont disponibles, le pourcentage peut augmenter lentement voire stagner quelques jours.

Et la qualité des sous-titres dans tout ça ? Sans grande surprise : ça dépend. Ce ne sont pas des professionnels, et parfois ça se voit. Les sous-titres sont souvent trop longs pour être confortables à lire, ou passent parfois trop rapidement. On se retrouve aussi face à des traducteurs amateurs qui ne savent pas quel va être leur public : une partie des utilisateurs du site est très familière avec les cultures des différentes séries proposées, tandis qu’une autre partie est en découverte totale. Les choix de traduction sont donc difficiles à prendre, et on se retrouve parfois avec des résultats maladroits : on peut tomber sur des expressions idiomatiques traduites littéralement avec leur sens véritable entre parenthèse. Quant à la qualité de la restitution du sens original, il est difficile d’en juger sans maîtriser la langue source.

Viki nous propose un accès légal à des séries étrangères à moindre prix, ce qui semble attirant en premier lieu, mais le manque de professionnalisme dans les sous-titres et la traduction peut rebuter. La question est aussi morale : en soutenant ce genre de site, nous soutenons un système où les traducteurs/sous-titreurs sont bénévoles. Est-ce de l’exploitation ou du gain d’expérience pour ces volontaires ? La cible de ce site serait-elle prête à payer plus cher pour financer une traduction professionnelle de ces séries ? Ce sont des questions à se poser avant de consommer le contenu d’un site comme Viki.

Sources :

https://www.viki.com/

https://techcrunch.com/2010/12/08/viki-raises-4-3-million-from-vc-all-stars-to-translate-the-worlds-video/?icid=tc_marc-andreessen_art&tag=marc-andreessen&guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6Ly9lbi53aWtpcGVkaWEub3JnLw&guce_referrer_sig=AQAAADj3oVwoNt1GXYO4PvcPMV96hpB28CuWtlYEPqEBsiMHaxpr94sfu5tLFJPw9xCq6lyDI2CglM-aelmtnrJ_PBDn4WAoDQth7KrFW2eNCIz_gwUR4HsDAw_4lhFg00kxOu5QgWbyS8QLz3LuQ-meWH5EWvhQFyn-fUx9RimKLqlk

https://www.wsj.com/articles/BL-SEAB-139

https://contribute.viki.com/

https://en.wikipedia.org/wiki/Viki_(streaming_service)#cite_note-WSJ-1

https://unsplash.com/photos/EOQhsfFBhRk

J’ai testé pour vous… être traductrice bénévole pour TED

Par Estelle Peuvion, étudiante M1 TSM

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Il y a quelques mois, je me baladais sur le blog du Master TSM à la recherche d’inspiration pour mon billet. C’est alors qu’un article a attiré mon attention : « Comment gagner en expérience lorsque l’on est étudiant(e) en traduction ? », rédigé en 2017 par Élise Guilbert. En lisant cet article, j’ai découvert que les conférences TED faisaient appel à des bénévoles pour la transcription, la traduction et la relecture des vidéos de leurs conférences. Je me suis alors dit : pourquoi pas essayer ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, rappelons rapidement ce que sont les conférences TED (Technology, Entertainment and Design). Elles ont été créées en 1984 aux États-Unis par Richard Saul Wurman et Harry Marques et appartiennent à la Fondation Sapling, organisme à but non lucratif.

Le principe ? Un orateur ou une oratrice prend la parole sur un sujet, devant un public, pendant une quinzaine de minutes. Les conférences peuvent concerner n’importe quel domaine : la biologie, la politique, l’économie, les réseaux sociaux, la psychologie…

Le slogan du programme ? « Diffuser des idées qui en valent la peine. »

 

La traduction chez TED

Maintenant, parlons de ce qui nous intéresse le plus : la traduction.

TED fait appel à des bénévoles pour la transcription, la traduction et la relecture de son contenu. Il n’est pas nécessaire d’être traducteur professionnel pour effectuer ces tâches. 116 langues sont traitées, même si la demande (ou la disponibilité de traducteurs ?) est évidemment plus importante pour certaines que pour d’autres : par exemple, seulement trois conférences ont été sous-titrées en lao, contre 3016 en français. 34 061 traducteurs sont recensés et un blog leur est dédié, où vous pourrez retrouver des interviews, des portraits, les comptes-rendus des rencontres entre traducteurs…

Les traducteurs se réunissent également en communauté, notamment à travers un groupe Facebook, où il est possible de demander à nos « collègues » de transcrire une vidéo que l’on aimerait traduire, ou de réviser une de nos traductions, ou même tout simplement de partager ou de demander des conseils.

 

En ce qui concerne les prérequis des traducteurs, ils sont simples à retenir.

Le traducteur doit évidemment maîtriser la langue source et la langue cible du document. Le transcripteur quant à lui ne doit maîtriser que la langue source. Si vous ne vous sentez pas assez à l’aise dans une autre langue que votre langue maternelle, vous pouvez toujours vous rendre utile en transcrivant les vidéos ! C’est une tâche qui peut paraître dérisoire, mais elle est essentielle à tout le processus de traduction : sans transcription, pas de traduction.

Les traducteurs et les transcripteurs doivent connaître les règles de base du sous-titrage. Si vous avez suivi l’option de traduction audiovisuelle du Master TSM, vous savez de quoi je parle ! Sinon, pas d’inquiétude : il existe toute une série de tutoriels dédiés à ce sujet, et la plateforme de traduction, que nous découvrirons un peu plus tard, nous facilite grandement la tâche.

Maintenant, j’imagine que vous vous demandez comment procéder pour devenir traducteur pour TED. Ça tombe bien, c’est ce dont j’allais parler.

Comment devenir traducteur pour TED ?

Le processus de candidature est très simple. Avant toute chose, il vous faut vous créer un compte TED. Ensuite, rendez-vous sur Amara, qui est la plateforme de traduction en ligne que nous allons utiliser. Cette vidéo vous sera utile pour comprendre plus en détail le processus de candidature.

Vous devrez préciser les langues que vous maîtrisez, et répondre à quelques questions sur votre niveau dans ces langues, et évidemment, expliquer pourquoi vous souhaitez être TED Translator.

Après avoir envoyé votre candidature, il ne vous reste qu’à attendre : cinq jours en moyenne d’après le site officiel TED, une dizaine d’heures seulement dans mon cas.

Une fois que vous êtes officiellement TED Translator, les choses sérieuses peuvent commencer.

Le processus de traduction

Première chose à savoir : tout se déroule sur la plateforme Amara.

Pour obtenir une tâche de traduction, rendez-vous sur la page All available tasks, et vous pourrez afficher toutes les tâches disponibles en fonction de la langue que vous recherchez. Lorsque vous avez trouvé un sujet qui vous plait, cliquez sur Perform task, puis sur Start now, et vous serez redirigé vers l’outil de traduction.

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Si vous connaissez déjà certains outils de TAO, vous ne serez pas dépaysés : la partie gauche de l’écran contient le texte source, et la partie centrale votre traduction. Sur la droite, vous aurez des indications sur le nombre de caractères par segment et par seconde. Comme vous pouvez le constater, le texte source est divisé en différents segments. Avant de procéder à la fusion ou au découpage de ces segments et de synchroniser les sous-titres avec la vidéo, il vous faut traduire l’intégralité du document.

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En traduisant, vous remarquerez que parfois, un point d’exclamation rouge ainsi qu’un message, rouge également, s’affichent dans le segment et sur la droite : ce sont des messages indiquant que la ligne est trop longue ou que le nombre de caractères par minute est trop élevé. (Une ligne ne doit pas dépasser 42 caractères, et le nombre de caractères par seconde ne doit pas dépasser 21)

Je vous conseille de finir de traduire la transcription avant de vous préoccuper de ces messages. Vous serez plus à même de trouver de bonnes solutions de réduction du texte en ayant l’intégralité de la vidéo en tête.

Pour supprimer un segment, ou en rajouter un, utilisez la petite clé à molette située entre le segment source et le segment cible.

Attention, n’oubliez pas de traduire le titre et la description de la vidéo, tout en haut de la page !

Après l’étape de traduction, c’est au tour de la synchronisation des sous-titres.

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Il vous faut utiliser la barre chronologique qui se trouve entre les segments et la vidéo. Chaque rectangle gris représente un segment. Pour réduire ou augmenter la durée d’apparition d’un segment à l’écran, rien de plus simple : il vous suffit de tirer les barres verte et grise, situées à chaque extrémité du segment. Vous pouvez également déplacer les segments sur la barre elle-même, à l’aide de votre souris. La fine barre verticale rouge indique votre position dans la chronologie de la vidéo.

Une fois que tout ceci est terminé… eh bien, vous pouvez rendre la traduction ! Vous avez un délai de quatre semaines pour chaque vidéo.

Lorsque vous rendrez votre traduction, elle sera relue par un réviseur TED. Pour être réviseur, il faut avoir traduit au moins 90 minutes de contenu. Malheureusement, je n’ai pas encore traduit assez de contenu pour être réviseuse, je ne pourrai donc pas vous parler de cette étape.

Après la révision, votre traduction passera entre les mains d’un coordinateur linguistique (language coordinator) pour la phase d’approbation.

Et enfin, elle sera publiée, et vous serez crédités !

Si vous avez encore des doutes ou qu’un point ne vous semble pas clair, cette page pourra vous aider.

 

Conclusion

Je vais conclure en donnant mon point de vue sur cette expérience.

Tout d’abord, je trouve que la plateforme Amara est vraiment très facile à comprendre et à utiliser. L’interface est claire et précise, et un tutoriel apparaît à chaque ouverture. De plus, les tâches sont simples : traduire et synchroniser. L’étape de synchronisation me faisait un peu peur, mais je n’ai pas eu de mal à la réaliser.

Le plus dur est de respecter la limite de caractères. En tant que future traductrice spécialisée, une de mes plus grandes préoccupations est de conserver le sens du texte, au détail près. Mais dans la traduction audiovisuelle, il faut parfois sacrifier quelques détails pour respecter cette limite de caractères !

Par ailleurs, le fait de m’entraîner à la traduction audiovisuelle (que j’avais déjà étudiée en option du second semestre) me permet d’avoir une vision différente de la traduction, et pourra peut-être même m’aider dans de futurs projets.

Les vidéos traitant de sujets différents et spécialisés, cela permet également d’enrichir son vocabulaire, voire de découvrir de nouveaux intérêts, qui pourraient même devenir des domaines de spécialité.

Je n’ai donc qu’une seule chose à vous dire : si vous voulez vous entraîner à la traduction, tout en apprenant des choses et en découvrant de nouvelles techniques, n’hésitez pas ! Mais attention, n’oubliez pas que c’est un travail bénévole

J’espère que cet article vous a plu et que mes explications étaient claires, à bientôt !

 

Sources :

Guilbert, E. « Comment gagner en expérience lorsque l’on est étudiant(e) en traduction ? ». Juin 2017. Disponible sur : https://mastertsmlille.wordpress.com/2017/06/18/comment-gagner-en-experience-lorsque-lon-est-etudiante-en-traduction/comment-page-1/

Site officiel TED. Disponible sur : https://www.ted.com/

Les captures d’écran proviennent de la plateforme Amara. Disponible sur : https://amara.org/fr/

J’ai testé pour vous : le bénévolat en traduction

Par Alessandro Circo, étudiant M2 TSM

 

Le bénévolat en traduction a déjà été évoqué sur ce blog dans cet article, où il était présenté comme un moyen pour les étudiants d’acquérir de l’expérience. C’est donc sous un autre angle que je m’intéresserai ici à cette activité qui, je pense, présente de nombreux intérêts. Aujourd’hui, il est possible de traduire bénévolement pour différents organismes, aux objectifs variés. Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous en dresser une liste exhaustive, j’ai choisi de porter à votre attention deux d’entre eux : le projet Out of Eden Walk de National Geographic et Translators Without borders. Le premier, vous l’aurez peut-être deviné, relève du voyage et de l’aventure. Le second, vous en avez sûrement entendu parler, est une organisation à but non lucratif dont la mission est d’offrir des services de traduction aux organismes d’aide humanitaire et de développement. Malgré leurs différences, ces deux solutions ont selon moi une ambition commune : abolir la barrière de la langue. En ce sens, elles renouent toutes deux avec l’essence même de la traduction et permettent de diffuser du contenu par-delà les frontières.

Out of Eden Walk, le plaisir de traduire

Le projet Out of Eden Walk s’intéresse aux origines de l’humanité à travers un voyage qui retrace le parcours de nos ancêtres. Son point de départ ? Le berceau de l’humanité, l’Afrique. Son objectif ? Découvrir le monde.

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Un itinéraire long de plus de 30 000 kms

 

À l’heure où ce circuit aurait pu être parcouru à grands coups de billets d’avions et de locations de véhicules tous terrains, en bien moins de temps que Jules Verne ne l’aurait espéré, le journaliste Paul Salopek a souhaité prendre une toute autre direction et adopter un rythme de croisière plus agréable en voyageant à pied, tout simplement.

Mais alors, la traduction dans tout ça ? Patience, elle arrive. Étape après étape, le journaliste fait part depuis son atelier mobile de ses impressions, de ses rencontres. C’est à cet instant précis que la communauté de traducteurs lui emboîte le pas pour traduire ses billets, ses chapitres, dans 17 langues. Et c’est également à cette étape que vous pouvez rejoindre la caravane, confortablement installé derrière votre ordinateur, vagabondant par procuration sur la route de la soie ou au beau milieu des montagnes du Petit Caucase en Géorgie.

Pour cela, rien de plus simple, vous n’avez qu’à balader votre souris sur cette page. Vous pourrez alors vous éloigner un instant des traductions parfois trop terre à terre et vous délecter d’un peu de liberté. Attention, l’exercice n’est pas non plus de prendre la place du journaliste mais bien de relater ses propos, la traduction est abordée sérieusement avec le flux de travail habituel : traduction, révision et échange avec le réviseur, prise en compte des remarques et modification de la traduction, etc. La tâche est effectuée via un outil en ligne, dans lequel le texte est segmenté. L’échange avec le réviseur se fait également grâce à cet outil. Il existe par ailleurs un groupe dédié à la communauté sur Facebook dans lequel les traducteurs peuvent demander conseil.

Vous voilà maintenant informés et prêts à partir à l’aventure, je terminerai cette première partie par un détail qui revêt une importance toute particulière : les traductions sont signées, un fait assez rare de nos jours.

 

Translators Without Borders, la mission/traduction humanitaire

Dans un tout autre domaine, l’organisation à but non lucratif Translators without borders (TWB) propose de venir en aide aux agences d’aide humanitaire et de développement en mettant à (non-)profit ses talents de traducteur. Les textes à traduire orbitent autour de l’éducation, de la santé, du droit, l’objectif étant de permettre l’accès à ces connaissances par toutes les personnes concernées de près, comme de loin. Par ailleurs, TWB tente d’attirer l’attention sur les besoins en traduction et en interprétation des régions en situation de crise, car bien souvent la communication est très difficile entre les organisations humanitaires et les populations touchées.

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L’impact de Translators Without Borders dans le monde

 

L’organisme offre ses services pour 190 paires de langues et fait la part belle aux langues peu représentées. L’une de ses missions est d’ailleurs de dispenser des formations en traduction aux populations locales afin qu’elles puissent venir en aide aux missions humanitaires et développer une activité économique.

En ce qui concerne la traduction, elle s’effectue sur une plateforme nommée Kató. Une fois l’inscription effectuée via ce formulaire, le traducteur est informé des nouveaux projets dans sa paire de langue via e-mail ou en effectuant une recherche sur la plateforme. Là encore, le flux de travail comporte toutes les étapes habituelles, il ne s’agit évidemment pas de traduction amateure, les sujets abordés sont sérieux et une mauvaise transmission de l’information pourrait avoir des conséquences considérables. Le site s’adresse en priorité aux traducteurs professionnels qui souhaitent offrir un peu de leur temps libre, il n’exclut en aucun cas la participation des volontaires aux compétences linguistiques appropriées et les encourage à apporter leur pierre à l’édifice.

Voilà donc deux solutions qui sauront combler les heures creuses de votre emploi du temps et qui ne manqueront pas de vous apporter une satisfaction certaine tout en vous faisant oublier les aléas du métier de traducteur. Il existe bien d’autres organisations qui proposent ce type d’activité dans des domaines plus ou moins spécialisés et pour des causes très variées, par exemple Uridu dont les missions sont axées sur les femmes rurales. Il ne vous reste donc plus qu’à choisir votre domaine de prédilection pour faire rimer traduction avec « bonne action » !

 

Sources :

https://translatorswithoutborders.org/about-us/

https://www.nationalgeographic.org/projects/out-of-eden-walk/#section-0