Traduction marketing et transcréation, remparts contre la traduction machine

Par Pénélope Girod, étudiante M2 TSM

 

L’apparition de la traduction machine neuronale chez Google Translate et SYSTRAN notamment, le lancement de DeepL Translator (moteur de Linguee), ou tout récemment l’arrivée d’Amazon Translate sont autant de nouveautés qui marquent la prise de vitesse de la traduction machine sur le marché des services linguistiques. Il s’agit certainement de la période la plus florissante pour la traduction machine depuis sa création dans les années 1950. Les moteurs sont plus performants, plus professionnels et fournissent des traductions plus justes. Aussi se pose une question tout à fait légitime : qu’en est-il du biotraducteur ?

Comme nous avons pu le voir dans le billet de blog sur la traduction neuronale, ou encore le test comparatif entre Google Translate et DeepL, le traducteur humain a encore de beaux jours devant lui. En effet, un texte obtenu par traduction automatique n’est pas parfait et doit passer par une étape de post-édition qui sera effectuée par un traducteur. De plus, bien que les moteurs soient plus performants, ils ne le sont pas encore assez pour traiter des domaines spécifiques très pointus. Les contenus marketing font partie des textes que la traduction machine n’arrive pas à traduire de façon satisfaisante.

L’essence du marketing est de promouvoir une marque et/ou un produit. Aussi, lorsqu’une entreprise veut se développer à l’international elle se doit de faire traduire ses textes promotionnels, ses publicités, mais aussi de faire localiser son site web. Comme nous l’avons vu dans le billet de blog traitant de ce sujet, la majorité des consommateurs ne feront pas d’achat sur un site qui n’est pas dans leur langue maternelle. Une bonne traduction est donc cruciale pour qu’une entreprise puisse se développer sur le marché mondial. Il faut cependant bien veiller à ce que le contenu soit adapté à chaque marché au niveau national. En effet, au moment de la traduction, les termes choisis dans la langue source peuvent prendre une tout autre connotation dans la langue cible, les images peuvent impliquer des choses différentes et les couleurs être liées à d’autres émotions. Ce message si soigneusement élaboré pourrait être complètement dénaturé, sans aucun intérêt marketing [1]. D’où l’importance de faire appel à un traducteur spécialisé dans le domaine. Et pour qu’une traduction marketing puisse conserver cet effet captivant il est souvent nécessaire de faire appel à la transcréation.

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Qu’est-ce que la transcréation ?

A marché différent, préférences différentes. La transcréation est bien plus qu’une traduction et va au-delà de la localisation : elle permet d’adapter complètement le message de marque d’un produit ou d’une publicité au marché cible [2]. C’est un véritable processus créatif qui va d’abord définir l’intention du contenu original et prendre les différents éléments qui composent le message global d’une campagne pour les transformer afin qu’ils correspondent au public visé [3]. C’est une étape plus longue qu’une traduction mais c’est surtout l’assurance d’avoir un message clair, culturellement adapté, parfaitement cohérent avec l’identité de la marque.

Si la transcréation est surtout utilisée pour la traduction marketing, elle n’en est pas l’apanage. C’est un processus qui est utilisé dès qu’une « simple » traduction n’est pas suffisante et qu’il faut faire preuve de beaucoup de créativité pour pouvoir reformuler, adapter des termes et expressions afin de capter l’attention du public cible. La transcréation est évidemment toute indiquée pour la traduction de néologismes (comment traduiriez-vous « pocket-dial » ou « mouse potato » ?), la traduction de titres de films, mais aussi pour la traduction littéraire, et plus spécialement la littérature fantastique. La traduction de la saga Harry Potter par Jean-François Ménard contient une multitude d’exemples de transcréations, comme le fameux choixpeau (simplement « sorting hat » en anglais) ou encore dans le nom des maisons : Ravenclaw est ainsi devenu Serdaigle.

 

Traduction machine s’abstenir

Pourquoi ? Pour les raisons citées plus haut et plus encore. Les moteurs de traduction machine ne peuvent pas créer d’eux-mêmes, ils doivent se baser sur des données pré-intégrées, qu’il s’agisse de mémoire de traduction ou de règles grammaticales pour délivrer un texte cible. La traduction machine ne prend pas en compte les éléments spécifiques aux textes marketing. Les jeux de mots et métaphores disparaissent, les différences culturelles sont laissées de côté, le ton du texte est altéré. Certes, un moteur de traduction machine peut donner un résultat grammaticalement correct, mais la phraséologie n’est souvent pas adéquate.

La plupart du temps, la traduction machine ne sait pas quoi faire des noms de produits. Elle peut décider de les traduire littéralement ce qui peut donner des résultats étranges, mais elle peut aussi les conserver. Les noms de produit peuvent parfois être de véritables casse-têtes au moment de la traduction. Au premier abord, on pourrait penser qu’il faut conserver coûte que coûte le même nom partout dans le monde mais certains noms ont une connotation différente en fonction du pays et nécessitent d’être modifiés. C’est aussi un point qui concerne les noms de marques, ainsi la marque Mr. Clean® est traduite partout où elle est vendue et devient Monsieur Propre en France, Mastro Lindo en Italie, etc. Les Royaume-Uni fait exception puisque la marque s’y appelle Flash : une autre marque portant déjà le nom de Mr. Clean [4].

Les slogans font aussi partie des textes marketing complexes impossibles à traduire en utilisant la traduction machine. C’est une part de la campagne marketing à laquelle il faut porter une grande attention puisqu’un slogan est fait pour attirer des clients potentiels. Il doit marquer les esprits, mais de la bonne manière. Une mauvaise traduction pourrait entacher l’image de la marque, lui faire perdre des parts de marché et beaucoup d’argent par la même occasion. Trop de précipitation et l’on peut se retrouver dans la même situation que Pepsi il y a quelques années dont le slogan « Come alive with the Pepsi generation » a été traduit en chinois par « Pepsi brings your ancestors back from the grave » [5]. Traduire un slogan est un exercice trop périlleux pour le confier à un outil de traduction machine

Prenons un exemple concret pour illustrer ces propos. Lilt, la plateforme de traduction en ligne (voir ici pour en savoir plus), a mis en ligne une image sur son site Lilt tips, dans un billet posté le 23 août. Elle contient la phrase suivante : « The cloud will not rain away your data! ».

Lilt_Cloud

 

 

Ce slogan en apparence si simple présente plusieurs difficultés : le jeu de mots entre le Cloud, service proposé par Lilt, le véritable nuage et la pluie. Et comment traduire « rain away » ? Même dans un texte complet, avec un contexte, cet obstacle serait difficile à surmonter. Au vu de la complexité de ce slogan j’ai décidé de tester trois moteurs de traduction machine : Bing Translator, DeepL et Google Translate. Voici les résultats :

 

Capture_Bing_Lilt

Bing Translator

 

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DeepL

 

Capture_Google-Lilt

Google Translate

 

Dans les trois cas, la traduction littérale a été privilégiée. Elle ne permet malheureusement pas de transmettre le message d’origine. Ici il serait intéressant de revoir toute la phrase et de complètement repenser les idées mises en avant. Une étudiante en M2 a proposé comme traduction « vos données seront sur un petit nuage » qui utilise une expression idiomatique et conserve un jeu de mots avec nuage. Cette version, certes perfectible, convient toujours mieux que ce qu’a pu proposer la traduction machine. Si vous avez des idées de traduction pour ce slogan, n’hésitez pas à les partager avec nous.

 

Conclusion

Au mois de février 2017, en Corée du Sud, a eu lieu un duel d’un genre nouveau, opposant biotraducteurs et traduction machine [6]. Quatre traducteurs humains ont été confrontés à trois moteurs de traduction machine : Google Translate, SYSTRAN et Papago de Naver (équivalent sud-coréen de Google). Tous devaient traduire quatre textes différents, jamais traduits auparavant : un article de Fox Business en anglais, un extrait de Thank You For Being Late de Thomas Friedman aussi en anglais, une partie d’un éditorial de l’auteur Kim Seo-ryung et un extrait du roman de Kang Kyeong-ae Mères et filles, tous les deux en coréen. Sans surprise, ce sont les biotraducteurs qui l’ont emporté. Même si la traduction machine a fourni des résultats très rapidement, les évaluateurs ont notamment pu constater un problème récurrent dans l’ordre des mots, puisqu’ils étaient placés de façon linéaire sans véritable logique[7].

Si la traduction machine n’est pas la plus indiquée pour les textes marketing et a encore une importante marge de progression, elle n’est pas à délaisser complètement. Un moteur bien entraîné, avec des données de qualité peut fournir de très bonnes traductions qui ne nécessitent que peu de post-édition. Le métier de traducteur n’est pas véritablement menacé par les avancées technologiques de la traduction machine mais il va devoir s’adapter aux évolutions du marché. Car comme dans toute révolution industrielle, un glissement est en train de s’opérer, et pas seulement dans le secteur de la traduction. Il est donc important de prendre le train en marche pour être en cohésion avec les futures exigences du marché.

 

Merci à l’équipe de Lilt de m’avoir permis d’utiliser leur illustration.

 

[1]  Transcreation: More than just marketing translation. Global content suite white paper, © Copyright 2017 AMPLEXOR

[2] http://www.tradutec.com/a-propos-de-tradutec/actualites/278-transcreation-une-strategie-de-traduction-pour-un-marketing-de-marque.html

[3] http://www.sdl.com/fr/solution/language/human-translation/transcreation.html

[4] http://piwee.net/1-nom-marque-different-selon-pays-120115/

[5] https://blog.amplexor.com/globalcontent/en/localizing-slogans-when-language-translation-gets-tricky

[6] http://www.k-international.com/blog/human-translation-vs-machine-translation-contest/

[7] http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2017/02/22/2017022201554.html

Nouveau cap pour le secteur de la traduction : la post-édition

Article original en anglais The Latest Trend in the Translation Industry: PEMT rédigé par Nikki Graham et publié sur le blog de l’auteur My Words for a Change.

Traduction en français réalisée par Clovis Cerri, étudiant en M2, Master TSM à l’Université Lille3

 

pemt2

Avez-vous entendu parler de la dernière tendance sur le marché de la traduction ? Il s’agit de la PEMT, acronyme anglophone signifiant post-editing machine translation. En clair, les clients font appel à un programme pour traduire leur texte, lequel est ensuite envoyé à un traducteur chargé d’y apporter la touche finale. Certains d’entre eux utilisent des services de traduction automatique plus poussés que ceux disponibles en ligne. Néanmoins, l’expérience me prouve que Google Traduction est l’outil le plus populaire, et c’est donc celui auquel les clients ont le plus souvent recours pour obtenir leur traduction au coût d’une révision, soit environ 50 % du prix.

Excellente idée en apparence, n’est-ce pas ? Qui refuserait la perspective alléchante d’économiser quelques centimes sur le prix des biens qu’il achète ? Vous venez pourtant de commettre une première erreur. La traduction n’est pas un bien, c’est un service. Le prix ne porte pas uniquement sur le produit fini. Ce que vous payez, c’est le savoir-faire qui se cache derrière les étapes amenant au produit fini : une traduction efficace et naturelle, qui n’est ni littérale ni criblée de fautes, qui correspond à vos attentes et, comme disent certains, qui sonne bien.

la traduction n’est pas un bien, c’est un service

Penchons-nous tout d’abord sur les étapes caractérisant le processus de traduction, dont la complexité échappe parfois aux personnes qui ne sont pas familiarisées avec l’exercice.

La traduction humaine

  1. L’agence ou le client envoie un texte source à la traductrice.
  2. Elle étudie le texte source en langue originale.
  3. Elle réfléchit.
  4. Elle rédige une traduction.
  5.  Elle relit son travail avec une grande précaution.
  6. Elle le renvoie à l’agence ou à un(e) collègue pour la révision.
  7. Le texte est révisé.
  8. Tous les points litigieux font l’objet de discussions et de modifications.
  9. La traductrice et/ou le réviseur produit une version finale.
  10. La traduction est envoyée au client.

La PEMT (post-édition)

  1. Une machine traduit le texte.
  2. Le texte source obtenu est envoyé à un traducteur pour être édité.
  3. Le traducteur étudie le texte source.
  4. Il étudie le texte cible.
  5. Il réalise que de nombreuses erreurs sont présentes dans la traduction.
  6. Il réfléchit, mais il s’embourbe au milieu des traits de langage erronés, et il repère des termes et des expressions qui ne collent pas du tout au contexte donné.
  7. Il effectue des va-et-vient entre texte source et texte cible pour s’assurer que les modifications qu’il apporte sont cohérentes avec l’original, ce qui peut prendre un certain temps.
  8. À l’aide de sa souris, il doit mettre en évidence les mots et les expressions qu’il faudra supprimer ou couper-coller par la suite. Encore une fois, c’est une tâche chronophage. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’il décide, afin de gagner du temps, de supprimer la « traduction » de certains passages pour repartir de zéro.
  9. Il retourne au point de départ pour une vérification intégrale, les modifications étant si nombreuses qu’il est nécessaire de s’assurer de la bonne cohérence et de la qualité de l’ensemble.
  10. Il remet le texte cible à l’agence ou au client. Puisqu’il s’agit d’une étape d’édition, la traduction ne subira aucune autre vérification, à moins que le client n’en ait expressément fait la demande et qu’il ne soit disposé à payer.

Le scénario présenté ci-dessus s’applique aux cas de post-édition intégrale, ce qui signifie que l’éditeur est chargé d’éliminer toutes les erreurs et de produire un texte s’apparentant à une traduction humaine plutôt qu’à une traduction automatique. En d’autres termes, il doit faire passer une vessie pour une lanterne.

Le service de post-édition se décline également en une variante dite partielle. L’éditeur ne se concentre alors que sur les erreurs pouvant altérer le sens, les nombreuses autres étant délibérément laissées telles quelles pour des raisons de coût. Oui, vous avez bien lu. La rectification des erreurs dans le texte traduit par la machine n’est pas systématique, le client préférant faire des économies de bout de chandelle, et ce en dépit de l’image inévitablement négative que le texte imparfait donnera des produits et services du client. J’espère sincèrement que vous ne faites pas partie des clients de cette espèce. J’espère sincèrement que vous ne contribuez pas au massacre de notre langue en publiant les ignominies que peuvent produire les machines.

le dialogue fait partie intégrante du processus de traduction

Je dois également faire mention de la pré-édition. Cette étape est parfois nécessaire au préalable de la traduction automatique. Elle consiste à nettoyer le texte, à supprimer le jargon propre à l’entreprise, les fautes de frappe et de grammaire et à améliorer le style, pour faciliter la compréhension du texte par la machine et l’aider à produire un résultat plus intelligible. Évidemment, un traducteur humain comprendrait votre message de lui-même et la correction des erreurs ferait partie intégrante du service proposé. Et si un doute quelconque subsistait, il vous contacterait pour se renseigner. Le dialogue est souvent un élément essentiel du processus, qui profite tant au traducteur qu’au client et qui sert de base solide à des partenariats durables et profitables.

les traducteurs sont capables de repérer une traduction machine

pemt1Vous avez très certainement compris que la post-édition est un exercice laborieux et accablant qui demande énormément de temps. À de trop nombreuses reprises, des clients souhaitant réduire leurs frais m’ont dupée et m’ont envoyé des traductions automatiques à réviser. Depuis, j’ai donc établi des conditions de vente claires. Si je m’aperçois qu’un client a fait appel à une machine, ce qui ne risque pas de m’échapper, j’interromps la révision ou l’édition et je ne reprends pas le travail avant d’avoir obtenu un accord pour facturer selon mes tarifs de traduction habituels. Il va sans dire que le temps préalablement perdu sur l’édition sera également facturé. Utilisez Google Traduction et ses semblables à vos risques et périls. La balle est dans votre camp.

Google Translate vs DeepL : le duel

Par Marine Moreel, étudiante M2 TSM

 

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Google et le logo Google sont des marques déposées de Google Inc., utilisées avec l’autorisation de leur propriétaire.

 

Après des mois d’attente, le voici enfin arrivé : DeepL, l’outil qui veut révolutionner le monde de la traduction machine. C’est la société allemande DeepL Gmbh, à qui l’on doit également le célèbre dictionnaire multilingue Linguee, qui est à l’origine de ce nouveau service de traduction.

Un des slogans commerciaux de la société allemande est de dire que DeepL est trois fois plus performant que Google Translate. Voilà de quoi attiser ma curiosité, car soyons honnête, dans le classement des outils de traduction machine disponible gratuitement en ligne, Google Translate détient la première place du podium.

Alors, afin de me faire une opinion à son sujet, j’ai décidé de sélectionner quelques catégories d’erreurs souvent commises par les outils de traduction machine afin de voir ce que vaut réellement DeepL. Quoi de mieux alors que de le comparer avec Google Translate, son principal concurrent !

La comparaison portera sur la qualité linguistique des traductions, sur l’ergonomie des outils et sur leurs fonctionnalités. Pour cela, j’ai choisi des extraits de textes provenant du site du Plaza Hotel de New York et qui ont donc été rédigés en anglais.

 

La qualité linguistique des traductions

Avant de commencer la comparaison linguistique, il est important de rappeler que Google Translate, dont les traductions étaient générées sur la base de modèles statistiques, exploite depuis novembre 2016 les capacités de Google Neural Machine Translation pour 8 langues (pour et depuis l’anglais et le français, l’allemand, l’espagnol, le portugais, le chinois, le japonais, le coréen, et le turc). DeepL se base sur l’intelligence artificielle pour l’intégralité de ses langues.

 

La localisation

Localisation1
localisation2Google et le logo Google sont des marques déposées de Google Inc., utilisées avec l’autorisation de leur propriétaire.

Que ce soit Google Translate ou DeepL, aucun ne localise ni les numéros de téléphone ni les devises. Concernant les heures, Google Translate en localise une sur deux en comparaison avec DeepL qui localise les deux. Enfin, en ce qui concerne les unités de mesure, Google Translate se contente de les traduire littéralement alors que DeepL comprend qu’il s’agit ici de mètres carrés, mais ne convertit pas la mesure (4500 sq. ft. équivaut à environ 418 m2) et laisse le « ft » dans le texte cible.

Google Translate : 0 – DeepL : 0

 

La typographie

typographietypographie2Google et le logo Google sont des marques déposées de Google Inc., utilisées avec l’autorisation de leur propriétaire.

Ni Google Translate ni DeepL ne respecte les règles typographiques de la langue française qui recommandent l’insertion d’une espace insécable avant certains signes de ponctuation tels que les deux-points et qui requiert l’utilisation des guillemets français à la place des guillemets anglais.

Google Translate : 0 – DeepL : 0

 

La cohérence

coherence1coherence2Google et le logo Google sont des marques déposées de Google Inc., utilisées avec l’autorisation de leur propriétaire.

Google Translate a traduit deux fois le terme « the Royal Suite » par « la suite royale », mais l’a laissé tel quel dans la dernière phrase, alors que DeepL l’a traduit à chaque fois. On a donc plus de cohérence du côté de DeepL. Toutefois, on notera que DeepL n’a pas gardé les majuscules présentes dans le texte source.

Google Translate : 0 – DeepL : 1

 

L’utilisation des termes en contexte

contexte1contexte2Google et le logo Google sont des marques déposées de Google Inc., utilisées avec l’autorisation de leur propriétaire.

Le terme « large families » a été traduit par « familles nombreuses » par Google Translate et DeepL. Certes, sans contexte, la traduction est correcte. Toutefois, rappelons que l’on parle d’une suite de 418 mètres carrée au Plaza Hotel, un des hôtels les plus huppés et luxueux de New York. Pour avoir le plaisir de résider dans cette suite, il faut débourser pas moins de 25 600 euros pour une nuit. Or, en français, le terme « famille nombreuse » n’a pas la même connotation qu’en anglais. Utiliser ce terme dans ce contexte n’est donc pas idéal. Le terme « grande famille » aurait sans doute été plus approprié.

Google translate : 0 – DeepL : 0

 

La traduction des mots empruntés à d’autres langues

 emprunts1emprunts2Google et le logo Google sont des marques déposées de Google Inc., utilisées avec l’autorisation de leur propriétaire.

Le terme « dressing », terme emprunté à la langue anglaise, a été traduit par « dressage » par Google Translate. Nul besoin de dire qu’à la lecture d’« espace de dressage », on imagine beaucoup de choses, mais pas un dressing. DeepL, quant à lui, a correctement rendu le sens en utilisant le terme « vestiaire », bien que « dressing » aurait très bien pu être gardé dans le texte cible. Les deux outils semblent avoir du mal avec les termes empruntés aux langues étrangères. On peut aussi noter que DeepL nous livre une bonne traduction de la phrase, alors que celle de Google Translate est moins naturelle.

Google Translate : 0 – DeepL : 1

 

La traduction littérale et le sens

sens1sens2Google et le logo Google sont des marques déposées de Google Inc., utilisées avec l’autorisation de leur propriétaire.

Nous pouvons voir ici que, dès qu’ils doivent traiter des phrases un peu complexes, Google Translate et DeepL ont recours à la traduction littérale qui, bien souvent, nous donne des traductions assez originales.

Par exemple, les deux outils ne réussissent pas à traduire la première phrase de façon naturelle. Pourtant, les deux traductions qui suivent et réalisées par un biotraducteur donnent tout de suite un côté plus naturel en français :

– La boutique d’Éloise est un endroit tellement amusant où l’on ne s’ennuie jamais.

– La boutique d’Éloise est un endroit tellement amusant et rempli de choses à faire.

Autre exemple, Google Translate n’hésite pas à nous « attraper sur le défilé » lors de nos « aventures (mis) » et DeepL parle de « clients qui dérapent » et de « salle de mode ». On se rend bien compte qu’il n’est pas possible d’utiliser ces traductions sans les avoir modifiées et améliorées, car on perd parfois le sens et on voit qu’il s’agit d’une traduction réalisée par une machine dès la première phrase.

Google translate : 0 – DeepL : 0

 

On peut également noter que, dans plusieurs exemples ci-dessus, DeepL n’hésite pas à supprimer de la traduction cible les parties de phrase qu’il ne parvient pas à traduire. Par exemple, « A palatial Royal Suite » devient « Une suite royale » et « for rawther fancy teas » devient « pour des thés ». Le choix d’omettre les parties difficiles à traduire a surement comme but de rendre la traduction plus fluide, mais elle la simplifie, ce qui pose problème. Toutes les parties d’un texte doivent être traduites, quel que soit leur niveau de difficulté, sinon la traduction n’est pas fidèle et elle se transforme en résumé simplifié.

 

L’ergonomie

L’interface de DeepL est très semblable à celle de Google Translate. L’aspect visuel est épuré et agréable : écriture sombre sur fond blanc, pas de publicité, reconnaissance automatique des langues, traduction instantanée ; tout est fait pour faciliter l’utilisation et donner envie de se servir de ces outils. Les textes sont bien découpés, la mise en page du texte source est respectée et les textes sources et cibles sont bien alignés. On peut toutefois noter que Google Translate nous envoie directement sur la page de traduction alors que DeepL nous propose soit de « Traduire » ou de « Rechercher » un terme dans Linguee.

Impossible de les départager sur ce point : Google Translate : 1 – DeepL : 1

 

Les fonctionnalités

Google Translate propose plus de 103 langues de travail ; DeepL n’en propose pour l’instant que 7. Les deux outils fournissent différentes propositions de traduction lorsque l’on clique sur un mot. Cette option est pratique lorsque l’on souhaite modifier la traduction, mais que de nouveaux termes ou de nouvelles tournures de phrases ne nous viennent pas à l’esprit. Google Translate et DeepL nous donnent également des exemples de phrases dans lesquelles le terme est employé.

La grande différence est le Translator Toolkit proposé par Google Translate et qui permet entre autres d’importer des textes de différents formats et de les traduire avec une mémoire de traduction et/ou un glossaire.  Les traductions peuvent également être partagées. On est tout de même bien loin de l’efficacité des outils de TAO payants comme SDL Trados Studio.

Enfin, on peut regretter que l’application mobile DeepL n’existe pas encore, mais elle ne devrait sans doute pas tarder à faire son apparition.

Google Translate : 1 – DeepL : 0

 

Verdict

Google Translate : 2/8 – DeepL : 3/8

 

Il est clair que DeepL présente certains aspects révolutionnaires. Quelques essais suffisent à se rendre compte qu’il produit des traductions plus naturelles que Google Translate. On peut d’ailleurs dire que, dans le classement des outils gratuits en ligne de traduction machine, il surpasse Google Translate.

Toutefois, cet outil nécessite d’être développé davantage et d’être amélioré sur certains points comme la localisation, la typographie ou la fluidité de ses traductions. Néanmoins, même s’il se révèle un outil puissant et utile pour les utilisateurs, professionnels ou non de la traduction, il est encore loin, à mon avis, de pouvoir surpasser un biotraducteur.

 

Méfiez-vous de Google Translate

Article original en anglais Warning about Google Translate rédigé par Nikki Graham et publié sur le blog de l’auteur My Words for a Change.

Traduction en français réalisée par Emma Le Barazer, étudiante en M2, Master TSM à l’Université Lille3

 

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Je me retrouve souvent à réviser des textes rédigés en anglais par des locuteurs non natifs (le plus souvent par des Espagnols, car j’arrive à déchiffrer ce qu’ils essayaient de dire). La plupart du temps, j’apprécie cette activité car les sujets sont intéressants, la qualité de la langue n’est en général pas trop mauvaise, et cette tâche ne m’oblige pas trop à taper au clavier (et mes bras se reposent un peu, alors que je souffre depuis peu de troubles musculo-squelettiques).

Cette semaine, j’ai reçu deux projets de ce type, on ne peut plus différents. Le premier texte, plus long, était assez simple, mais le second comportait de longs passages dont je n’arrivais tout simplement pas à démêler le sens. Je me suis échinée à le réviser, puis je l’ai renvoyé à l’agence avec des commentaires pour demander des éclaircissements sur certains points, et de nombreuses phrases surlignées, car elles étaient non seulement incorrectes d’un point de vue grammatical, mais aussi quasi incompréhensibles.

« Des phrases grammaticalement incorrectes et quasi incompréhensibles »

Je dois être trop naïve, car l’agence a tout de suite soupçonné que quelque chose clochait. J’imaginais que le rédacteur avait simplement surestimé ses compétences en langue étrangère. Comme certaines parties du texte ne contenaient pas d’erreurs de grammaire et étaient plutôt bien rédigées, j’avais même pensé que le texte avait été rédigé par deux auteurs, pour un résultat très hétérogène. Le chef de projet, en revanche, a contacté le client final et découvert qu’il existait une version en espagnol, qu’il a ensuite passé dans Google Translate pour obtenir un résultat identique au texte qui m’avait été envoyé.

De toute évidence, le client avait espéré faire des économies en faisant faire une traduction au prix d’une révision. Malheureusement pour lui, ce procédé a eu l’effet inverse, puisque le client a dû payer pour le temps que j’ai passé en révision (même s’il m’a été impossible de livrer un produit fini et prêt à être publié étant donné la qualité déplorable du texte original), et pour une traduction.

« Le sens était parfois totalement déformé »

Cela étant dit, ce qui m’a le plus surpris dans cette histoire, ce n’est pas que le client ait essayé de s’en sortir par un tour de passe-passe (de nos jours, c’est très prévisible). Comme je l’ai mentionné, certaines parties du texte traduit avec Google Translate ne contenaient pas ou peu d’erreurs, ce qui me semblait indiquer que l’outil n’est finalement pas si mauvais, malgré ses défauts les plus criants. Mais après analyse des textes sources et cibles, il s’est avéré que ces phrases, bien que correctes, n’avaient pas tout à fait le même sens qu’en espagnol, voire que le sens avait été totalement déformé.

« Restez prudents avec les outils gratuits tels que Google Translate »

La leçon à retenir, surtout si vous êtes client, c’est de rester prudent avec les outils gratuits tels que Google Translate. Ils sont (parfois) très utiles pour se faire une idée générale d’un texte que vous ne comprenez pas, et j’y ai moi-même recouru pour des langues que je ne maîtrise pas. Mais on ne peut pas les utiliser pour des traductions professionnelles. Si vous souhaitez rendre votre texte dans une autre langue, vous n’aurez pas d’autre choix que d’engager un traducteur pour vous livrer une bonne traduction. Et oui, ça vous coûtera plus cher qu’une simple révision, bien plus cher, même. Mais, à condition de faire appel à un traducteur qui sait ce qu’il fait, le résultat en vaudra la chandelle.

 

Ce billet a initialement été publié sur un blog de Nikki Graham le 14/11/2013.

 

 

Maîtriser la traduction automatique

Par Margaux Morin, étudiante M1 TSM

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On l’a tous déjà croisée quelque part, cette traduction ratée, fruit de la traduction automatique. Il s’agit malheureusement des traductions que l’on retient le mieux. Dans sa « Critique des logiciels de traduction automatique », le site @-DICTAM Traductions nous fournit même des exemples qui peuvent prêter à rire (d’autres exemples étant disponibles sur le lien) :

  • Dans un aéroport de Copenhague : nous prenons vos sacs et les envoyons dans toutes les directions.
  • Dans le lobby d’un hôtel de Bucarest : L’ascenseur sera en réparation le prochain jour. Pendant ce temps, nous regrettons que vous soyez insupportables.
  • Chez un nettoyeur de Bangkok : Laissez tomber vos pantalons ici pour de meilleurs résultats.

Voilà pourquoi il faut des traducteurs humains pour éviter ce genre de situation qui font perdre aux entreprises toute crédibilité. La traduction effectuée par un traducteur professionnel est pour certains optionnelle et contraignante par rapport à un moteur de traduction automatique, qui aurait l’avantage de leur faire gagner du temps et de l’argent. Or, ce n’est pas toujours vrai ! On a d’ailleurs eu l’occasion de voir dans le billet d’Audrey les conséquences dramatiques qu’une mauvaise traduction peut engendrer.

 

Mais d’abord, la traduction automatique, qu’est-ce que c’est ?

Comme nous l’indique le site de SDL Trados, la traduction automatique est une traduction effectuée par ordinateur, sans intervention humaine.

À cela s’ajoute le fait qu’il existe 2 types de traducteurs automatiques : soit le moteur utilise les règles de grammaire et de conjugaison par le biais de dictionnaires, soit il utilise un système de probabilité notamment pour déterminer les expressions les plus utilisées pour toutes les paires de langues, cette fois-ci par le biais de corpus et de bases de données gigantesques. Sans parler de la traduction basée sur des algorithmes neuronaux qui mériterait à elle seule son billet !

Or, en règle générale, lorsque l’on pense « traduction automatique », on pense Google traduction voire même Babylon ou Reverso. Ils sont pourtant loin d’être les meilleurs outils en la matière, puisqu’ils sont incapables de s’adapter à la traduction selon les domaines et/ou d’évoluer en fonction de ces derniers et ne différencient donc pas les subtilités liées à la technicité du texte source. On s’aperçoit rapidement que le résultat provient de la traduction automatique, ce qui n’est pas bon pour la réputation de l’entreprise. De plus, contrairement à d’autres moteurs de traduction automatique, ils ne s’améliorent pas au fur et à mesure de leur utilisation. Pourtant, il existe une multitude de moteurs de traduction automatique bien plus efficaces ! Laissez-moi vous en présenter quelques-uns :

SYSTRAN

SYSTRAN est un traducteur automatique plutôt intéressant puisqu’il s’agit du leader mondial en matière de traduction automatique. Il met d’ailleurs à disposition des versions pour particuliers et pour professionnels. À noter que ce traducteur automatique est compatible avec plusieurs types de fichiers dont le format PDF. La version Professional permet même d’ajuster des paramètres quant au processus de traduction, en permettant par exemple de choisir de traduire « you » par « tu » ou par « vous » ou bien de traduire vers l’anglais britannique ou l’anglais américain. Une version en ligne gratuite est également disponible avec traduction dans 15 langues.

VERTO

VERTO est un traducteur automatique développé par Lingua Custodia, spécialisé dans le domaine bancaire et financier. Il est capable de s’adapter en fonction de la terminologie, des traductions précédemment effectuées qu’on lui confie et des différents clients. Il s’agit donc d’un moteur de traduction personnalisable.

PROMT Translator

PROMT Translator est également un traducteur automatique disponible gratuitement en ligne mais en plus de traduire dans 14 langues, on peut définir le domaine de la traduction afin de l’orienter sur la bonne voie. On retrouve par exemple les domaines « cuisine », « sciences humaines » et même « chansons » pour les traductions de paroles de chanson ou de genres musicaux. On peut même insérer nos propres thématiques ou laisser le moteur de traduction automatique détecter lui-même le domaine de traduction du texte source. Il fonctionne via des algorithmes intelligents et son contenu est constamment actualisé. D’autres versions (payantes) pour utilisateurs à domicile ou entreprises ou encore pour développeurs existent également, et pas uniquement sous Windows !

 

D’ordinaire, ces moteurs de traduction automatique ne sont pas connus du grand public. La meilleure solution pour le traducteur reste donc d’apprendre à utiliser et donc à maîtriser ces outils. Il ne faut certainement pas les fuir, mais évoluer avec eux, ce qui implique également de se tenir informé en matière de traducteurs automatiques, étant donné qu’ils représentent sans aucun doute l’avenir du monde de la traduction. Il est par conséquent indispensable de se familiariser avec la post-édition (activité qui consiste à repasser derrière un texte prétraduit automatiquement pour le rendre humainement intelligible, voir le site Traduire revues.org) ainsi que les différents types de post-édition (tels que recensés sur le site Traduire revues.org).

La meilleure option pour le traducteur 2.0 sera de travailler main dans la main avec la machine. Cela implique donc de se former dès maintenant à l’utilisation de traducteurs automatiques spécialisés ainsi qu’à la post-édition. Cette dernière lui offrira un meilleur rendement et par conséquent une meilleure productivité qui lui permettra de traduire plus en termes de quantité (sans pour autant avoir un impact négatif sur la qualité) en moins de temps (et le temps, c’est de l’argent !). À l’heure actuelle, certaines agences de traduction commencent d’ores et déjà à former leurs traducteurs dans ce domaine et ce dans le but de rester compétitives dans l’ère du temps.

Néanmoins il ne faut pas oublier que la post-édition reste limitée dans certains domaines comme la transcréation (la traduction des titres de films notamment, qui fonctionne au cas par cas comme nous l’explique Youssef dans son billet Le juste titre). La traduction automatique n’est donc pas prête de nous remplacer !

 

Sources :

« Critique des logiciels de traduction automatique »  sur le site officiel de @-DICTAM Traductions : http://www.a-dictam.com/fr/critiques-des-traductions.htm#plus (page consultée le 27 mai 2017).

Pour tout savoir sur la post-édition :

Traduire revues [En ligne] https://traduire.revues.org/460 (page consultée le 20 juin 2017).

Article de sens-public.org [En ligne] « Le fantasme de la traduction automatique : esquisse d’un imaginaire frelaté »  http://www.sens-public.org/article1152.html (page consultée le 1er juillet 2017).

Article sur PROMT sur leur site officiel : http://www.promt.fr/media/news/58833/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Pour tout savoir sur SYSTRAN : http://www.mysoft.fr/produit/systran_traduction_automatique.htm (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de Lingua Custodia : http://www.linguacustodia.finance/fr/accueil/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SYSTRAN : http://www.systran.fr/lp/traduction-en-ligne/ (page consultée le 1er juillet 2017).

Site officiel de SDL Trados Studio avec la définition de traduction automatique : http://www.sdltrados.com/fr/solutions/machine-translation/ (page consultée le 1er juillet 2017).

PROMT Translator : http://www.online-translator.com/ (page consultée le 30 juin 2017).