La traduction assermentée : mais qu’est-ce donc ?

Par Alexis Oboeuf, étudiant M1 TSM

Certifiée, officielle, spéciale, estampillée, son nom change selon les pays mais ce type de traduction est nécessaire aux quatre coins du monde. Quand le domaine de la traduction est évoqué dans une conversation entre plusieurs personnes n’étant pas de ce milieu, on pense très rarement à la traduction assermentée. Je vais donc vous présenter en quoi elle consiste, vous informer sur la procédure d’assermentation puis vous présenter une traductrice assermentée qui nous parlera de son quotidien dans ce domaine.

L’assermentation c’est quoi ?

Alors qu’est-ce que l’assermentation ? Selon le site internet lalanguefrancaise.com, en droit, l’assermentation est : « [Une] Promesse solennelle que fait une personne avant d’entreprendre les tâches inhérentes à une certaine charge ou fonction, habituellement au sein d’un gouvernement, d’un pouvoir législatif, d’une instance judiciaire, certains fonctionnaires, militaires ou personnels de santé. »

La traduction assermentée est donc effectuée par un traducteur obligatoirement assermenté auprès de la cour d’appel ou de cassation. Il jure donc solennellement qu’il fera la traduction fidèle et conforme d’un document ou d’un discours original sans en modifier le fond ni la forme. Pour qu’une traduction soit reconnue comme étant assermentée il est donc obligatoire que le traducteur appose son cachet et sa signature sur le document traduit mais également le document d’origine.

Comment devenir assermenté ?

Pour être traducteur-interprète assermenté il faut tout d’abord avoir obtenu son diplôme de traducteur (niveau Bac+5 en France) à l’Université ou dans une école. Il faut ensuite être inscrit sur la liste des traducteurs de la Cour de cassation. Pour ce faire, il faut présenter une candidature en déposant un dossier au procureur de la République près le Tribunal de grande instance proche de son lieu de résidence. Une enquête de moralité est ensuite réalisée par la police qui transmettra le dossier à la cour d’appel de votre secteur. Suite à cela, le dossier passe devant un jury d’experts qui décide si le traducteur peut être assermenté ou non. Si le jury émet un avis positif, la cour d’appel confère alors le titre de traducteur assermenté suite à une prestation solennelle de serment.

Le traducteur possède son titre de traducteur assermenté pour une durée de 5 ans renouvelable.

Suite à l’obtention de son titre, le traducteur apparaît sur la liste de la cour d’appel par laquelle il a été assermenté. Après 3 ans sur cette liste, il peut apparaître sur la liste nationale des traducteurs assermentés.

Recevoir les services d’un traducteur ou interprète assermenté lors de certaines situations (arrestation par la police, rendez-vous administratif, passage d’un examen) étant un droit, le site du Service Public permet d’en trouver un en France ou à l’étranger. Et vous pouvez accéder à ce lien Ici.

Pour obtenir un dossier et tenter de devenir traducteur assermenté vous pouvez vous rendre sur le portail de la cour d’appel la plus proche de votre domicile dans l’onglet « Partenaires » puis « Experts judiciaires ».

La traduction assermentée est-elle obligatoire ?

Alors oui et non. Une assermentation ne sera pas utile dans de nombreux cas comme en marketing, en littérature ou dans d’autres domaines. Cependant, les documents officiels émis par une administration, une autorité judiciaire ou une autorité légale nécessiteront une traduction assermentée. Le traducteur assermenté peut avoir des clients particuliers mais assiste souvent la justice dans son travail et est donc considéré comme un expert judiciaire. Au quotidien il peut être amené à travailler pour des magistrats, des services de police, des avocats ou des justiciables afin de traduire des documents qui seront produits en justice.

Voici le type de documents que le traducteur assermenté peut être amené à traduire :

  • Les actes de mariage, de naissance et de décès ;
  • Des certificats médicaux ;
  • Des diplômes et relevés de notes ;
  • Des actes nécessitant une légalisation, un cachet ou une apostille ;
  • Des actes de procuration pour l’exercice d’une activité ;
  • Des rapports comptables, déclarations, documents de charte ;
  • Des documents notariés ;
  • Des décisions judiciaires ;

 Afin de mieux comprendre ce métier nous allons procéder à un entretien avec Cécile Bertranou traductrice-interprète assermentée.

Bonjour Cécile, pourrais-tu te présenter s’il te plaît ?

Cécile : Bonjour, bien sûr, je m’appelle Cécile Bertranou, je suis traductrice-interprète, je travaille à mon compte mais aussi en tant qu’interprète dans une association. Ma combinaison linguistique est français-anglais-espagnol, avec le français comme langue maternelle, et je suis assermentée dans les deux langues étrangères.

Pourrais-tu nous présenter ton parcours scolaire s’il te plaît ?

Cécile : Mon parcours scolaire a commencé avec l’obtention d’un baccalauréat littéraire, suite à cela j’ai décidé d’aller en classe préparatoire étant donné que je n’étais pas encore certaine de ce que je voulais faire et c’était très intéressant car la formation était très généraliste. Donc je suis rentrée en hypokhâgne au lycée Faidherbe de Lille et l’année suivante en khâgne AL, j’y ai fait mes deux années de prépa où je me suis spécialisée en langue et c’est là que j’ai commencé à m’intéresser à la traduction. Suite à cela je suis entrée directement à l’ISIT (anciennement Institut supérieur d’interprétation et traduction). J’y ai fait ma troisième année de licence, où j’ai passé la moitié de l’année sur le campus de Paris et pour la seconde partie de l’année j’ai effectué un Erasmus à Newcastle en Angleterre pour y travailler mon anglais. Par la suite j’ai continué en Master Communication Interculturelle et Traduction à l’ISIT avec comme option interprétation de liaison, Master que j’ai obtenu. Ce qui était bien à l’ISIT c’est qu’ils ont une formation plutôt professionnalisante où l’on doit effectuer plusieurs stages donc mon parcours scolaire a pu forger les fondements de mon parcours professionnel.

Pourrais-tu maintenant nous présenter ton parcours professionnel ?

Cécile : Alors comme je l’ai dit auparavant j’ai pu effectuer plusieurs stages dans le domaine de la traduction durant mes études ce qui a pu poser les bases de mon parcours professionnel. Donc j’ai fait mes stages dans des associations et le dernier je l’ai fait dans une agence de traduction et d’interprétation qui fait majoritairement du juridique. Suite à mon stage j’ai directement obtenu un contrat dans l’entreprise donc j’y ai travaillé pendant 2 ans ce qui m’a permis d’avoir un contact direct avec les instances judiciaires que ce soit la Police aux frontières (PAF), la Police Judiciaire, différents tribunaux de grande instance (TGI) de la région donc j’ai pu faire pas mal de missions d’interprétariat mais aussi de traduction pour eux. Dans l’entreprise, je faisais aussi des missions d’interprétariat pour d’autres entreprises comme IKEA ou Jules, donc là on était plutôt sur du marketing en général et je faisais aussi des traductions destinées à des particuliers ou d’autres entreprises. Mais c’est ce premier contact avec les instances judiciaires qui m’a poussée à faire la demande d’assermentation puis je me suis dit que ce serait mieux pour mon travail.

Donc j’ai déposé une demande auprès de la cour d’appel de Douai et plus précisément du tribunal d’Arras comme je suis domiciliée à Arras et j’ai obtenu l’assermentation en 2020. Depuis je n’ai pas complètement changé de carrière mais je suis un peu revenue à « mes amours premiers » c’est-à-dire l’associatif et notamment l’aide aux personnes étrangères et aux migrants étant donné que je travaille maintenant chez ISM Interprétation en tant qu’interprète en anglais et espagnol. Cependant je continue toujours mon activité de traductrice à côté.

Pourquoi voulais-tu être traductrice et surtout assermentée ?

Cécile : Alors j’ai décidé de faire de la traduction quand j’étais étudiante, j’étais indécise au début concernant mon futur mais je savais que je voulais avoir un métier tournant autour des langues, je savais que je ne voulais pas être prof mais plutôt que cela tourne autour de l’interculturel et l’international. Au fur et à mesure ça s’est dessiné dans ma tête, chaque année scolaire je prenais les options linguistiques et en arrivant en prépa j’ai commencé la traduction quand j’ai commencé la « spé espagnol » et donc mon intérêt pour la traduction a débuté. Par la suite j’ai fait mon dossier pour l’ISIT et bien que l’ISIT ait un tronc commun en Management, Communication et Traduction c’est la traduction qui me plaisait le plus c’est pour cette raison que j’ai décidé d’en faire mon métier. Concernant l’assermentation, j’avais énormément de missions avec les instances juridiques lors de mon premier emploi et c’est ce qui m’a poussé à être assermentée pour que ce soit plus facile pour mon métier.

Quelles différences as-tu observées entre le travail de traductrice que tu faisais en agence et celui de traductrice assermentée que tu fais maintenant ?

Alors je pense que les traducteurs assermentés ont des tâches qui vont au-delà de la traduction, car un traducteur qui ne l’est pas fait sa traduction puis l’envoie ensuite au relecteur. Alors que quand on est assermenté on travaille généralement seul, on doit donc porter la casquette du traducteur mais aussi celle du relecteur. Par la suite on doit assermenter les documents donc les tamponner, mettre un numéro de variateur et la date. Lorsque les documents portent une apostille on doit contacter le maire ou le notaire pour faire certifier la signature donc c’est au-delà de la simple traduction car on a des démarches en plus à faire et c’est vrai que c’est une exigence supplémentaire dans le métier car ça reste un coût en temps. Il faut donc aller au bout de ça et fournir à nos clients, qu’ils soient des particuliers ou une instance juridique, le travail dont ils ont besoin et qu’il soit de qualité, mais aussi valable aux yeux de la loi car les documents nécessitant une traduction assermentée sont souvent utilisés pour être présentés face à une instance juridique ou administrative.

Qu’est ce qui te plait le plus dans ton métier ? Quels sont les côtés négatifs du métier de traducteur assermenté ?

Alors ce qui me plaît le plus aujourd’hui dans mon travail c’est mon activité d’interprète au sein d’ISM Interprétariat. J’aime aussi porter ma casquette de traductrice assermentée même si ce sont deux activités différentes. Depuis que je suis assermentée je suis à mon compte donc pour moi c’est beaucoup plus agréable car je préfère m’imposer mes horaires de travail, les deadlines, et le volume de travail que j’ai à faire. Évidemment je pratique mon activité de traductrice assermentée en dehors de mes heures de permanence chez ISM mais cela me permet de rationner mon travail le restant de la semaine ou le week-end si je n’ai rien de prévu ce qui me permet d’avoir une plus grande amplitude en termes de travail. Cela me permet aussi de décider quel client je vais prendre, quel client je ne vais pas prendre. Et c’est la même chose pour les documents du tribunal : je ne suis pas obligée de tous les accepter car travaillant toute seule et ayant déjà un travail je ne peux pas accepter de trop gros volumes. Et puis de toute façon cela permet aussi de laisser du travail aux autres traducteurs assermentés inscrits sur la liste de la cour d’appel. Donc c’est vrai qu’il y a pas mal d’avantages en termes de liberté lorsque l’on est à son compte. Outre les horaires, être à son compte c’est aussi un avantage concernant la manière de travailler car là, aucune agence ne nous dicte de quelle manière nous devons traduire, nous sommes libres de le faire comme nous le souhaitons.

Un des avantages reste aussi le fait de ne pas avoir besoin de se créer une base clientèle. Je sais que pour certains de mes confrères qui sont sortis de la même promo que moi et qui ont commencé en tant qu’indépendants, ça a été compliqué de se créer une base clientèle solide et de dénicher des clients fidèles. Personnellement, je n’ai pas eu besoin de passer par là car quand j’ai commencé en tant qu’indépendante, mon nom a directement été inscrit dans la liste de la cour d’appel et ce sont donc les instances juridiques et les clients ayant besoin d’un traducteur assermenté qui sont venus directement à moi.

Concernant les inconvénients, on peut déjà parler des cotisations sociales. Lorsque l’on fait des traductions pour le tribunal, car quand on est traducteur assermenté notre mission première n’est pas de prendre des clients privés mais de travailler pour les instances juridiques, il peut y avoir de gros volumes et on est payé très longtemps après, ça peut aller jusqu’à 6 mois après en fonction de l’argent qu’il y a dans l’enveloppe de Chorus ( Chorus est la plateforme utilisée par les traducteurs assermentés qui permet de prouver la réalisation d’une traduction et donc de demander un paiement), donc parfois ça met pas mal de temps à arriver.

Aurais-tu quelques conseils à donner à un futur traducteur qui souhaiterait se lancer en tant qu’indépendant et même devenir assermenté ?

Alors, si j’avais un conseil à donner à quelqu’un qui souhaiterait devenir traducteur assermenté c’est d’obtenir un peu d’expérience avant de se lancer que ce soit dans le milieu de la traduction mais aussi dans le domaine juridique ce qui permettrait de donner plus de chance à votre dossier d’être accepté auprès de la commission. Il faut aussi de la patience, ça prend une bonne dizaine de mois entre le retrait du dossier qui se fait en février et la réponse de la commission qui est donnée entre novembre et décembre. Il faut donc qu’un jeune traducteur ait un plan entre deux. Se confronter à la réalité du terrain serait aussi un bon moyen de connaître ce côté du métier, essayer de trouver une agence de traduction qui offre des services de traduction assermentée et peut-être même travailler avec d’autres traducteurs assermentés afin d’apprendre d’eux et de découvrir le métier plus en profondeur.

Si vous souhaitez vous informer davantage sur le métier de traducteur assermenté vous pouvez vous rendre sur le site de l’Unetica (l’Union Nationale des Experts Traducteurs Interprètes près les Cours d’Appel).

Un grand merci à Cécile pour avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Une partie de ce billet est une retranscription d’entrevues orales.

Bibliographie :

Articles :

Caractéristiques de la traduction assermentée : https://www.tarbes7.fr/caracteristiques-de-la-traduction-assermentee/
Le prix d’une traduction assermentée : https://www.dynamique-mag.com/article/prix-traduction-assermentee.11801

Sites web :

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F12956

https://www.village-justice.com/articles/traduction-certifiee-processus,18880.html

https://www.village-justice.com/articles/traducteur-assermente,14772.html

https://unetica.fr/

https://www.lalanguefrancaise.com/dictionnaire/definition/assermentation

Le recrutement des traducteurs en agence de traduction

Par Marie Castel, étudiante M2 TSM

Le recrutement par les agences de traduction peut s’avérer particulièrement important, notamment pour un traducteur fraîchement diplômé qui ne bénéficie pas d’un panel de clients suffisant pour vivre de sa profession. J’ai décidé de me pencher sur le sujet et de revenir avec vous sur les différentes étapes et exigences à l’heure actuelle du recrutement des traducteurs.

Il convient de préciser que je me suis appuyée sur mon expérience personnelle (au sein de l’agence de traduction Intertranslations à Athènes où j’ai effectué mon stage lors de ma première année de master) pour rédiger cet article. Et comme un retour sur mon unique expérience personnelle ne saurait être généralisé à toutes les agences de traduction, j’ai également mené ma petite enquête en réalisant un sondage* auprès de différentes agences de traduction (françaises ou non) où j’ai récolté une soixantaine de réponses.
Notez que les agences interrogées se répartissent comme suit :

  • 44 % d’agences employant moins de dix personnes ;
  • 24 % d’agences employant dix à trente personnes ;
  • 32 % d’agences employant plus de trente personnes.

Le recrutement d’un traducteur n’est pas toujours une tâche facile. Dans le cadre d’un développement, les agences de traduction vont se mettre en quête de nouveaux profils afin de proposer à leurs clients des contenus de qualité optimale. Seulement, plusieurs questions se posent quant au recrutement des traducteurs. Quelles sont les exigences des agences ? Les agences s’appuient-elles uniquement sur les diplômes du traducteur et/ou son expérience ? Faut-il d’autres compétences ?

Mais commençons notre tour d’horizon des conditions de recrutement en agence par quelques généralités sur le sujet.

Quelques généralités

Dans une grande majorité des cas, il est nécessaire pour un traducteur de posséder certaines compétences et d’avoir bénéficié d’une formation initiale pour s’assurer de meilleures chances de recrutement. Sachez ensuite que pour pouvoir répondre au mieux à tous les divers projets qui pourraient leur être proposés, les agences de traduction doivent disposer d’une base de données complète recensant aussi bien les traducteurs in-house que les freelances. Cette base de données, propre à chaque agence, comprendra pour chaque traducteur ses combinaisons linguistiques, ses expériences, ses éventuels domaines de prédilection ainsi que sa (ses) formation(s).
La base de données doit être suffisamment riche, car il est toujours possible qu’un traducteur ne soit pas disponible pour un projet. Il est également important que cette base soit complète, qu’elle comprenne toutes les informations nécessaires à l’agence pour traiter les projets au mieux. Plus elle sera riche et complète, plus il sera facile à l’agence de traduction de remplacer rapidement un traducteur indisponible par un autre disposant des mêmes compétences. Il peut donc être intéressant pour une agence de maintenir cette base de données à jour et de l’enrichir avec de nouveaux traducteurs. En effet, cela permettra à l’agence de ne pas prendre de retard sur les projets qui lui seront confiés par un client.

Le niveau de diplôme

Pour un traducteur qui souhaite travailler avec une agence française, le niveau de diplôme recommandé reste, en règle générale, le master. 70 % des agences situées en France ayant répondu au sondage le confirment. En ce qui concerne celles ayant leur siège à l’étranger, 69 % des agences interrogées se contentent d’un niveau licence.

Il faut savoir que même si des diplômes de l’enseignement supérieur seront grandement appréciés par les agences, celles-ci tiendront également compte de l’expérience au niveau de la pratique professionnelle des candidats. En effet, pour certaines agences, l’expérience est fondamentale et elles ne travaillent donc qu’avec des traducteurs ayant fait leurs preuves et disposant de plusieurs années d’expérience. Cela va témoigner de la capacité à traiter diverses situations et divers projets, mais aussi de l’enrichissement personnel qui en résulte.

Des agences françaises ont indiqué se fier aux critères de la norme ISO 17100, qui nécessite soit un diplôme, soit une expérience suffisante.
Un participant travaillant dans une agence mexicaine précise que sa méthode de recrutement est conforme à la réglementation légale du Colegio de Traductores, Intérpretes y Peritos del Estado de Tabasco.

Le niveau de langue

En France, les agences exigent la plupart du temps un niveau de langue C1/C2 (selon l’échelle du CECRL) pour les traducteurs concernant la langue source. Avoir une bonne maîtrise et une bonne méthodologie est primordial. Parfois, les tests suffiront à indiquer le niveau de compréhension de la langue source (sujet abordé ci-dessous).

Pour ce qui est des réponses des agences situées hors de l’Hexagone, certaines ont un système d’évaluation interne. Par ailleurs, un répondant de la Nouvelle-Zélande a indiqué qu’il évaluait les compétences en anglais (langue cible) à l’aide des scores de l’IELTS et qu’il préfère que les traducteurs soient titulaires d’un diplôme de traduction ou bien qu’ils soient membres de NZSTI ou de NAATI, si possible.

Les domaines de spécialisation

Concernant les domaines de spécialisation, les avis restent mitigés : environ la moitié des agences ayant répondu au sondage n’en exige pas nécessairement, tandis que l’autre moitié estime que cela reste essentiel pour un traducteur. Cela dépendra des exigences du projet/client pour lequel le traducteur sera recruté.

Ensuite, si vous êtes traducteur, lorsque vous précisez vos domaines de spécialisation, veuillez indiquer uniquement les domaines dans lesquels vous êtes sûr de garantir une traduction parfaite, et ce, quelle que soit la difficulté du document source.

Attention : si un traducteur annonce qu’il a plusieurs domaines de spécialisation, cela risque de paraître suspect au recruteur qui pourrait avoir des doutes quant à la qualité et la véracité de ce qu’affirme le candidat.

Les compétences techniques essentielles

En raison de l’informatisation croissante du métier, les traducteurs qui veulent réussir à s’intégrer devront absolument maîtriser les outils de suite bureautique comme Word, Excel et PowerPoint (60 % des agences le confirment). Effectivement, des connaissances informatiques de base vont être nécessaires et même essentielles. Pour se démarquer, la maîtrise d’autres logiciels (comme InDesign et Photoshop) sera un avantage certain.

Une autre compétence primordiale pour le traducteur et de plus en plus demandée aujourd’hui par les agences est la maîtrise et l’utilisation d’un ou plusieurs logiciels de TAO (77 % des agences le confirment). Elle permet d’optimiser la productivité pour les missions de traduction.

Néanmoins, certaines agences ont précisé que même si une expérience avec les outils de TAO est préférable, le plus important reste avant tout la qualité du travail d’un candidat qui sera constatée grâce aux tests. Ces agences ont donc déclaré être prêtes à s’adapter si le traducteur est très bon. Elles sont convaincues que ces compétences peuvent s’acquérir assez rapidement si le traducteur est motivé et un peu débrouillard.

Les compétences supplémentaires

En revanche, un traducteur ne sera pas obligé de disposer de compétences en gestion de projets. Quasiment toutes les agences sondées ont répondu qu’un traducteur n’en a pas besoin. Toutefois, s’il n’y a pas d’exigence particulière à ce sujet, un traducteur désorganisé dans sa gestion fera perdre du temps à l’entreprise (retard sur les livraisons, erreurs sur la facturation…).

Le traducteur doit avoir entre autres les qualités suivantes :

  • Autonomie ;
  • Capacité à gérer son stress ;
  • Capacité d’organisation et d’adaptation…

Un autre aspect intéressant à mettre en valeur lors d’une candidature sont les soft skills. Si vous êtes traducteur et que vous souhaitez que votre contrat dure au sein d’une agence et que la collaboration se passe bien, ils sont fondamentaux.
Tout d’abord, on y retrouve les compétences sociales et humaines (il est nécessaire d’avoir une certaine capacité à travailler en équipe). L’intelligence émotionnelle en fait aussi partie (elle sera essentielle notamment lors d’un feedback). Des compétences en matière de gestion du temps et une grande réactivité sont indispensables. De plus, vous devrez savoir vous montrer débrouillard et être capable de résoudre seul les problèmes techniques.
Une bonne communication et le sérieux seront un vrai plus (il est important d’indiquer ses disponibilités aux gestionnaires de projets, de les avertir lorsque l’on est absent, etc.).

Selon les projets, l’agence pourra exiger d’autres critères : des connaissances en SEO, des capacités en copywriting, en transcription ou dans la manipulation de fichiers de sous-titres… Si vous disposez de compétences additionnelles (telles que la révision, PAO, localisation, etc.), n’oubliez pas de les mentionner.

En outre, vous pouvez lister certains documents sur lesquels vous avez travaillé, sans rentrer dans les détails pour ne pas enfreindre les clauses de confidentialité.

Enfin, une dernière étape et pas des moindres, sera de veiller à la qualité de son expression écrite qui est le cœur du métier de traducteur. Votre candidature doit être rédigée dans une langue irréprochable avec une grammaire parfaite. Montrez votre rigueur, votre précision et que vous maîtrisez la langue.

La candidature spontanée

Un autre cas de figure peut se présenter, vous êtes traducteur et vous avez repéré l’agence pour laquelle vous voulez à tout prix travailler. Cependant, ladite agence semble ne chercher aucun traducteur. Je n’ai qu’une chose à vous conseiller : osez proposer vos services à cette agence qui vous fait de l’œil ! En effet, 80 % des agences ayant répondu au sondage ont déclaré accepter les candidatures spontanées. Alors lancez-vous en envoyant votre CV optimisé pour le poste que vous souhaitez occuper dans l’agence et en rédigeant une lettre de motivation soignée pour l’accompagner. S’il est vrai que cette dernière n’est plus obligatoire partout, faire l’effort supplémentaire d’en rédiger une ne pourra qu’augmenter vos chances de faire bonne impression auprès de l’agence.

Pour éviter que votre mail soit placé directement dans la corbeille à son arrivée, il est essentiel de soigner l’objet de celui-ci. Il vous faudra être concis, direct et précis. Avant de l’envoyer, mettez-vous à la place du recruteur et demandez-vous si l’objet donne envie de consulter le contenu du mail.

Un bon moyen de se démarquer lorsque vous présentez votre candidature serait de le faire par téléphone, voire en personne. Effectivement, le métier de traducteur repose principalement sur une communication par e-mails, c’est pourquoi très peu de traducteurs prennent la peine d’appeler l’agence de leur choix pour candidater. C’est assez dommage, car dans l’agence où j’ai effectué mon stage, le Vendor Manager m’avouait que « le fait de pouvoir mettre une voix sur un traducteur et d’avoir un contact humain » peut avoir une influence positive sur les suites données à la candidature. De plus, cela prouve une certaine motivation.

Un point clé pour vraiment faire la différence est de se renseigner sur l’entreprise. Il vous faudra alors adapter votre candidature en fonction des spécificités de l’agence en question. La personne chargée du recrutement sera sensible à l’intérêt porté concernant les objectifs ainsi que le mode de fonctionnement de l’agence.

Un autre point important avant de candidater sera de s’informer sur le recruteur. D’une part, ce sera un gain de temps pour vous, et d’autre part, votre profil aura plus de chances d’être étudié. Il ne faut donc pas se précipiter sur le formulaire de contact qui se trouve sur le site Web de l’agence comme d’autres personnes le font. Ayez conscience qu’il existe bien souvent un Vendor Manager dans les grandes agences de traduction, qui se chargera de constituer un réseau de linguistes. Pour ce qui est des petites et moyennes agences, cette mission sera souvent confiée aux chefs de projets.

Le recours à des sites/réseaux professionnels

On nous vante souvent l’utilisation des sites et réseaux sociaux professionnels dans la recherche d’emploi. Les résultats du sondage le confirment : j’ai constaté qu’une grande majorité de ces entreprises les utilise pour rechercher des traducteurs, tandis que 16 % n’ont pas recours à cette méthode.

ProZ est la plate-forme la plus utilisée avec LinkedIn (elles sont utilisées respectivement par 68 % et 60 % des participants au sondage). Cependant, il existe d’autres sites où il est possible de rechercher des traducteurs : 39 % des agences utiliseront TranslatorsCafé, tandis qu’une seule agence sur 62 aura recours à Zoho. Je tiens toutefois à préciser que cette question autorisant un choix multiple, le pourcentage total est donc supérieur à 100 %. D’autres sites comme Translationdirectory, Translatorsbase, les sites associatifs de la SFT, l’ATA, CBTI, mais aussi Theopenmic peuvent également vous être utiles lors de votre intégration sur le marché de la traduction.

Voici quelques méthodes alternatives utilisées par nos collègues étrangers :

  • Se rendre sur les sites Web locaux de demande d’emploi ;
  • Aller sur Smartcat Marketplace ;
  • Parcourir Facebook ;
  • Rechercher des fournisseurs lors de conférences et d’évènements du secteur (dépendant du projet).

La fréquence du recrutement

En ce qui concerne la fréquence du recrutement, nous avons encore d’une part, les agences pour qui cette étape se fait « rarement » (35 %) et d’autre part, celles où cela se fait « souvent » (42 %). Il faut bien entendu tenir compte des vagues de candidatures qu’ils reçoivent. C’est ainsi que pour certaines agences, la fréquence de l’étape de recrutement variera selon la demande, en fonction des besoins de leur équipe.

Voici pour finir quelques-unes des réponses du sondage que j’ai souhaité partager avec vous en raison de leur singularité :

« Nous recrutons toujours pour répondre à un besoin […]. Le recrutement est assez rare pour notre part, car notre équipe de traducteurs est en place depuis de nombreuses années pour plusieurs raisons (parmi lesquelles figurent la confiance, la cohérence, le suivi client et la qualité bien entendu). » ;

« Je suis Vendor Manager et je recrute tous les jours ! » ;

« We don’t have a huge pool of translators. We nurture our vendor relationships and have a 99% retention rate (they are always available to take more projects on a daily basis). There is a logic behind it. For instance, we offer our clients handpicked professionals who can really express their message in a given language. If we have to take something really big, we ask for recommendations internally. ».

Un éventuel entretien/test

En fonction des qualifications des traducteurs, une première sélection sera effectuée. Il se peut alors que l’agence auprès de laquelle vous avez postulé vous contacte pour un éventuel entretien (environ 35 % des participants ont déclaré en mettre un en place). Il sera alors primordial de savoir convaincre en quelques minutes pour mettre toutes les chances de votre côté.

Après une sélection des profils, pour bon nombre d’agences (environ 80 % des agences interrogées), il se peut aussi que vous soyez soumis à un test avant d’avoir une chance d’être intégré à leur équipe. Ce dernier va avoir pour but d’évaluer un certain nombre de critères indispensables chez un traducteur (qualités stylistiques, réactivité, connaissances techniques et linguistiques, mais également sérieux et capacité à respecter les délais imposés). Il permettra donc de vérifier que vous serez capable de vous conformer aux attentes de l’agence et du client, notamment par le contrôle de la qualité du texte fourni (cohérence, fidélité à la source, fluidité…).

Par ailleurs, le recrutement peut parfois se faire sur recommandations ou par réseautage (60 % des agences confient avoir recours à cette méthode).
Notez également que certaines agences profitent des stages de fin de formation pour former les stagiaires afin de les recruter à l’issue de celui-ci.

Le début de la collaboration

Une fois toutes ces étapes passées, les candidats sélectionnés par l’agence seront intégrés à sa base de données et recevront par la suite des missions de traduction. Au début de la collaboration, il est nécessaire pour les agences de s’assurer et de contrôler le travail fourni des traducteurs. Certaines agences leur attribueront ainsi une note de départ. Ce système permet de savoir quels projets pourront leur être assignés grâce à un degré de complexité déterminé lors de la notation (qui évoluera après chaque projet). De plus, ce système permettra un suivi des traducteurs dans le temps.

Pour finir, ce qui comptera vraiment, ce sera le retour du client. Sa satisfaction doit être bien évidemment prise en compte pour évaluer le travail du traducteur. Cela lui permettra ainsi d’améliorer ses performances.

Je tiens à remercier les agences de traduction qui ont pris le temps de répondre à mes questions afin de m’aider dans la rédaction de cet article, mais aussi Intertranslations où j’ai beaucoup appris lors de mon stage.
Je remercie également Nancy Matis qui m’a gentiment aidée dans le partage du sondage.

*Il m’est possible de vous envoyer les résultats de ce sondage anonyme qui est composé d’une soixantaine de réponses (une partie en français, l’autre en anglais). Si tel est votre souhait, vous pouvez me contacter par mail : marie.castel.etu@univ-lille.fr.

Bibliographie

SFM TRADUCTION. Prospecter les agences de traduction : Interview avec Harmonie Blondel Henderson [en ligne]. (01/11/2020). <https://www.youtube.com/watch?v=CgG2OenGe74&feature=youtu.be>

HDMTRADUCTION. Prospecter les agences de traduction : quelques conseils clés [en ligne]. (01/11/2020). <http://www.hdmtraduction.com/prospecter-les-agences-de-traduction-quelques-conseils-cles/>

SOTRATECH. Sélection de traducteurs : comment faire le bon choix ? [en ligne]. (01/11/2020). <https://www.sotratech.com/sotratech/blog/70-selection-de-traducteurs-comment-faire-le-bon-choix.html>

ANYWORD. Recrutement des traducteurs professionnels : les critères d’Anyword [en ligne]. (01/11/2020). <https://www.anyword.fr/selection-des-traducteurs/>

Traduction environnementale : la spécialisation de demain ?

Par Sarah Bonningue, étudiante M2 TSM

Les questions environnementales ne datent pas d’hier. Néanmoins, la prise de conscience n’a jamais été aussi présente qu’aujourd’hui. Depuis plusieurs décennies, des reportages circulent sur le réchauffement climatique, la pollution, les émissions de gaz à effet de serre et autres catastrophes alarmantes. Nous sommes mis en garde depuis longtemps, mais il semblerait que nous venions tout juste de nous réveiller. Dorénavant, nous commençons à percevoir concrètement les effets de ce changement climatique et à chercher des solutions pour les contrecarrer.

L’environnement fait désormais partie des préoccupations majeures des Français. Le marché de l’environnement s’est diversifié au fil des années allant des entreprises qui proposent des produits « verts » aux ONG. En conséquence, il est nécessaire de faire appel à des traducteurs afin d’améliorer la communication, et ainsi, viser un public plus large. Étant intéressée par l’environnement comme future spécialisation, cet article me donne l’opportunité de me pencher sur ce secteur et de peut-être vous inciter à faire de même.

Je souhaite remercier Séverine George et Marie-Laure Faurite, traductrices spécialisées dans l’environnement, d’avoir bien voulu de me parler de leur activité et de ce domaine.

Un secteur en plein essor

Il a fallu du temps avant de prendre conscience des enjeux environnementaux, et ce, attendre les années 1970-1980. De nouveaux termes ont commencé à apparaître, comme « développement durable » qui a été inventé dans les années 1990. Selon moi, l’année marquante pour le climat reste 2019 : il y a eu en effet un changement des mentalités à l’échelle internationale. De nombreux évènements environnementaux se sont produits que ce soit d’ordre climatique ou politique : des feux de forêts en Australie, des records caniculaires, la forte mobilisation des jeunes avec la Marche pour le climat ou encore la vague verte aux élections européennes.

Le marché de l’environnement a évolué à une vitesse fulgurante ces cinquante dernières années, la mondialisation y a également contribué. De nombreux secteurs se sont adaptés afin de proposer davantage de produits ou technologies durables. On compte aussi nombre d’études ou de réglementations relatives à l’environnement.

En conséquence, la demande en traduction dans ce secteur est considérable. Cette spécialisation semble être prometteuse et le travail ne devrait pas manquer. Séverine George et Marie-Laure Faurite ont aussi remarqué que de plus en plus de personnes et d’entreprises s’intéressent à l’environnement : il y a beaucoup de demandes de communication, mais peut-être aussi un effet de mode (greenwashing).

Pourquoi choisir l’environnement comme spécialisation ?

Nous réalisons que ce que nous accomplissons n’est qu’une goutte dans l’océan. Mais si cette goutte n’existait pas dans l’océan, elle manquerait – Mère Teresa

Le choix d’une spécialisation est bien sûr propre à chacun. Pour certaines personnes, voir l’aboutissement ou l’impact de son travail est quelque chose de primordial. Cependant, en tant que traducteur nous n’en avons pas toujours l’opportunité. Si dans la vie de tous les jours vous considérez l’environnement comme une priorité, traduire du contenu pour ce secteur permettrait d’avoir un impact concret. L’objectif même de la traduction n’est-il pas d’améliorer la communication dans le monde entier ? En tant qu’individu, ce serait ainsi une contribution à petite échelle pour la création d’un monde plus vert et durable. Pour Séverine George et Marie-Laure Faurite, cette spécialisation s’est présentée comme une évidence en raison de leur engagement personnel pour la protection de l’environnement (zéro-déchet, consommation éthique…).

Les jeunes sont très sensibles aux questions environnementales, nous l’avons bien remarqué par leur forte présence aux élections européennes de 2019 et aux manifestations « Fridays for Future ». Nombreuses sont les personnes à changer leur façon de consommer, leur alimentation… En conséquence, il est probable qu’une vague de nouveaux traducteurs arrive sur le marché du travail, désireuse de changer les choses.

Au sein du domaine de l’environnement se trouve une multitude de sous-domaines, comme la pollution, le réchauffement climatique, les énergies renouvelables, la protection des océans ou forêts… Il y a donc suffisamment de besoins, il ne s’agit pas d’un secteur de niche.

Quels clients et documents de travail ?

Avec quels types de clients peut-on être amené à travailler ?

  • Agences de traduction
  • Organismes environnementaux
  • Fournisseurs de produits et de services

Exemples de types de documents à traduire

  • Directives du gouvernement
  • Certifications ISO
  • Rapports sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE)
  • Fiches de produits
  • Rapports d’études
  • Présentations de produits
  • Documents marketing
  • Bulletins d’information
  • Documentaires (traduction audiovisuelle)

Importance de la terminologie

Comme pour tout secteur, il faut s’adapter à la terminologie spécifique, mais on peut aussi être amené à faire de la localisation. En effet, certains concepts propres au secteur n’existent pas dans tous les pays. Abigail Dahlberg l’illustre très bien à l’aide d’un exemple dans son article de la revue Traduire : elle mentionne les différents systèmes de collecte des déchets selon les pays. En Allemagne, « une municipalité a envisagé la création d’une poubelle associant la poubelle grise (déchets résiduels) et la jaune (emballages légers) sous la forme d’une poubelle à rayures grises et jaunes (dite Zebratonne en allemand) ». Il est évident qu’une traduction littérale n’est pas pertinente ici, le concept n’étant pas connu en France. Le traducteur peut donc être confronté à de telles difficultés terminologiques. Il doit appliquer les bonnes stratégies pour pouvoir faire passer son message dans la langue cible et être compris par le lecteur.

Devenir un expert du secteur

Le traducteur issu d’une formation linguistique doit en apprendre plus sur ses domaines de spécialité afin d’être considéré comme un professionnel du secteur.

Contrairement à certains traducteurs qui ont étudié dans leur domaine de spécialisation, Séverine George et Marie-Laure Faurite ont toutes les deux fait un Master de traduction. Pour se spécialiser, il a donc fallu acquérir des connaissances en autonomie. Voici une petite liste des choses qu’elles ont faites pour se former, ainsi que des conseils.

  • Lire des revues spécialisées
  • S’abonner à des newsletters pour faire de la veille (et constituer un glossaire terminologique)
  • Formations de la SFT et cours en ligne (ex : MOOC)
  • Être curieux et lire/visionner du contenu dans ses langues de travail : articles, documentaires…
  • Assister à des conférences ou salons professionnels du secteur
  • Garder une trace de toutes les traductions effectuées dans ce domaine pour se constituer un portfolio (utile pour prospecter des agences ou clients directs)
  • Développer son réseau : entrer en contact avec des traducteurs spécialisés dans le domaine et adhérer à des associations de traducteurs.
  • Sur les réseaux professionnels se présenter comme « Traducteur/trice qui se spécialise dans le domaine… » et suivre des pages ou groupes du secteur.

Le petit conseil en plus : pourquoi ne pas faire du bénévolat auprès d’une ONG environnementale ? Cela permet de donner de son temps, se familiariser à la terminologie et se former par la même occasion.

L’essentiel reste de se tenir informé régulièrement du secteur étant donné sa constante évolution : de nouvelles inventions ou réglementations naissent chaque année. Même après sa formation initiale, le traducteur doit constamment continuer son apprentissage.

Être en adéquation avec ses valeurs

Dans cet article de la revue Traduire, Sévérine George et Marie-Laure Faurite, évoquent le concept d’écotraducteur. L’objectif est d’encourager le traducteur environnemental à être en accord avec ses valeurs dans son travail au quotidien en prenant des habitudes écoresponsables. Tout comme le zéro déchet ou sa consommation, le but n’est pas de culpabiliser le traducteur ou de l’obliger à remplir tous les critères de cette liste, mais de proposer des idées afin de réduire progressivement son empreinte carbone.

Bien souvent il est recommandé dans le monde du travail de faire attention à la consommation de papier ou de choisir des modes de transport plus propres. Ici cela ne pose pas trop de problèmes pour le traducteur indépendant qui travaille chez lui et n’a plus forcément besoin de dictionnaires papier ou d’imprimer ses documents. En revanche, on oublie souvent que, bien qu’il soit nécessaire de limiter sa consommation de papier, l’informatique consomme bien plus en dépenses énergétiques. Le tout premier outil du traducteur étant l’ordinateur, celui-ci va devoir réfléchir à des façons de limiter ou compenser les dépenses générées par ses recherches sur Internet. Je vous recommande donc la lecture de cet article si vous souhaitez avoir une vue d’ensemble des habitudes écoresponsables à adopter.

Maintenant, ça y est…on arrive enfin à s’installer comme traducteur environnemental, avoir des connaissances du domaine, trouver des clients, se faire une bonne réputation et à réduire son empreinte carbone.

Un nouveau projet de traduction arrive dans ma boîte mail : dossier pour la promotion des énergies fossiles. Aïe ! C’est pas du tout le genre de contenu que je voulais ! Quelle est la stratégie à adopter ?

Si le projet est à l’extrême opposé des valeurs de Séverine George et Marie-Laure Faurite (qui pose de réels problèmes d’éthique ou de véracité scientifique), elles le refuseront. Bien sûr, cela dépend des circonstances, ce n’est malheureusement pas toujours possible, surtout lorsque l’on débute sa carrière. Un jeune traducteur ne pourra pas forcément se permettre de refuser un projet ou de choisir quel contenu il préfère.

Conclusion

L’environnement, les énergies et le développement durable pourraient donc devenir des spécialisations très prisées dans le monde de la traduction. Même si ce n’est pas encore considéré comme un grand domaine d’activité comme le médical ou le juridique, il ne s’agit pas non plus d’un secteur de niche. Les besoins en traduction devraient être conséquents en raison de l’expansion des nouvelles technologies ou produits plus « propres ». Le secteur est en constante évolution, le traducteur devra pour cela s’adapter aux nouveaux besoins des clients.

Bibliographie

Dahlberg, Abigail. Going Green: Translating Environmental Texts. ATA Chronicle, juin 2008, p 10-13. https://www.ata-chronicle.online/wp-content/uploads/2008-June.pdf.

Dahlberg, Abigail. « Une spécialisation, le domaine de l’environnement ». Traduire. Revue française de la traduction, no 229, 229, Syndicat national des traducteurs professionnels, décembre 2013, p. 16‑25. journals.openedition.org, doi:10.4000/traduire.578.

De Sèze, Cécile. « 2019, l’année de la prise de conscience climatique ». L’Express, 28 décembre 2019. https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/2019-l-annee-de-la-prise-de-conscience-climatique_2112440.html.

George, Séverine, et Marie-Laure Faurite. « L’écotraduction, ou le traducteur en transition. Optimiser son environnement de travail pour réduire son empreinte écologique ». Traduire. Revue française de la traduction, no 242, 242, Syndicat national des traducteurs professionnels, juin 2020, p. 6‑22. journals.openedition.org, doi:10.4000/traduire.1971.

Le Monde. « Nous réalisons que ce que nous accomplissons n’est qu’une goutte […] – Mère Teresa ». dicocitations.lemonde.fr, https://dicocitations.lemonde.fr/citations/citation-45499.php. Trésor-Éco https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/9b47a940-eed2-49a8-a1e6-75bdc936a299/files/b7dcd008-6fc8-4d39-a640-04ad70855736