Et pourquoi pas traduire la mode ?

Par William Brouilly, étudiant M2 TSM

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Il est difficile d’évaluer avec précision la valeur du secteur de la mode et du luxe dans le monde. Cependant, en France et d’après les statistiques établies par le gouvernement, ce dernier représente 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct, soit plus que les secteurs de l’aéronautique et de la construction automobile réunis. Avec de tels chiffres, inutile de dire qu’il y a du travail, y compris pour les traducteurs. Dans ce billet de blog, je vais donc essayer de vous convaincre de traduire pour ce secteur riche en opportunités.

La mode : de nombreuses possibilités

Comme je l’ai déjà mentionné, le secteur de la mode est un marché très important qui se compose de nombreuses branches différentes. Cela signifie qu’il y a alors une large variété de sous-domaines, et donc de documents à traduire. Dans un article publié sur le blog de l’agence britannique Creative Translation, trois femmes nous expliquent qu’elles travaillent dans le domaine de l’édition et de la traduction spécialisée dans la mode, et que leurs métiers sont très variés. En effet, la première est auteure et traductrice pour l’édition chinoise du magazine ELLE, la deuxième est traductrice spécialisée dans les secteurs de la mode, du luxe et des cosmétiques, tandis que la dernière traduit dans le domaine du marketing de mode. Lucy Williams, traductrice pour Translator’s Studio, liste dans un article publié sur le site de l’agence les différents types de documents qu’il est possible de traduire. Bien que certains ne semblent pas toucher directement à l’univers de la mode (rapports annuels, contrats…), d’autres sont bel et bien en lien avec le secteur, comme par exemple les descriptions de produits, les articles de presse, les biographies et interviews ou encore les contenus marketing et publicitaires. Une chose est donc sûre, ce n’est pas le travail qui manque.

Comme l’explique Lucy Williams, la mode est un cycle. En effet, l’industrie de la mode est basée non pas sur quatre mais sur deux saisons : automne-hiver et printemps-été. Pour les femmes, les collections automne-hiver sont présentées en février/mars tandis que les collections printemps-été sont présentées en septembre/octobre. Cependant, les collections Homme et Haute Couture sont présentées à des dates différentes. Autrement dit, le secteur de la mode est une machine bien huilée qui ne cesse jamais de tourner. Et à chaque saison, les besoins de traduction se font ressentir : brochures de défilés, descriptions de produits, supports publicitaires, la liste est longue. Le secteur de la mode n’est donc pas simplement un secteur qui offre de l’emploi, il s’accompagne également d’une certaine stabilité.

La mode : un art ?

La mode au sens large du terme est considérée par tous les professionnels du secteur comme un art à part entière. Nos vêtements reflètent notre personnalité et certaines pièces crées par les grands couturiers sont de véritables chefs-d’œuvre qui sont plus destinés à être exposés dans des musées qu’à être portés. Dans un article publié dans la revue Traduire, la traductrice néerlandaise Percy Balemans nous raconte comment elle a traduit les textes d’une exposition dédiée au créateur Jean-Paul Gaultier. Au-delà du fait que cela lui a permis de découvrir de nombreuses choses sur le couturier, elle nous explique que ce projet a été « l’un des […] plus intéressants et les plus difficiles [qu’elle a] eu à mener à bien », elle qui était habituée à traduire des articles de blog ou des contenus marketing et web. Ce nouveau type de projets impliquait également de nouvelles contraintes, comme l’absence de supports visuels par exemple. En effet, comment traduire la description d’une pièce lorsque l’on ne sait pas à quoi elle ressemble (et que celle-ci se trouve dans un autre pays) ? Heureusement pour elle, Internet regorge de documentation sur Jean-Paul Gaultier, ce qui lui a permis de pallier le manque de supports visuels.

La mode est donc un art, et il convient de retransmettre ce côté artistique dans les textes qui en parlent, qu’il s’agisse de textes originaux ou de traductions. En fonction du type de document, une belle plume est exigée, et tandis que la description d’un produit sur le site internet d’une marque ne laisse pas toujours place aux envolées lyriques, la traduction d’un article de magazine ou d’un billet de blog, par exemple, nécessite une certaine prose. Dans son article, Lucy Williams révèle qu’elle a traduit la biographie d’un homme à la tête d’une entreprise fabriquant des vêtements de sport. Elle a donc dû adopter un ton plus littéraire, ton qui n’est pas toujours courant selon les domaines, voire même proscrit pour certains.

Toujours concernant l’aspect créatif de la traduction de mode, j’aimerais désormais parler d’une tâche parfois méconnue dans le domaine de traduction : la transcréation. Bien que les besoins en transcréations existent dans de nombreux domaines, elle est particulièrement demandée dans le secteur de la mode, notamment pour les contenus marketing et publicitaires. Comme l’a expliqué Pénélope Girod dans ce billet de blog, la créativité et l’imagination sont essentielles car il s’agit ici de vendre un produit, et une traduction littérale ne suffira pas. Il faut également localiser et adapter le message à la culture du marché cible, donnée qu’il est impératif de prendre en considération lors de la traduction de contenu marketing relatif à la mode car celle-ci se définit différemment d’un pays à l’autre.

La mode : un univers à part entière

Comme chaque industrie, le secteur de la mode possède ses propres spécificités. On pense notamment à la terminologie (comme le précise Percy Balemans avec le mot « caban »), une terminologie souvent truffée d’anglicismes. Alors que certains traducteurs les ont en horreur et font tout pour les éviter, il faut admettre qu’il peut s’avérer difficile de traduire une phrase dans laquelle un mot sur deux ne se traduit pas. Que faire donc lorsqu’il est question de traduire la description d’une tenue composée d’un crop top en jersey, un leggings en tweed et des escarpins nude (cascade vestimentaire donnée à titre d’exemple, ne pas reproduire chez soi) ? Eh bien, chers lecteurs, je vous annonce que le franglais sera ici de rigueur, ces termes ayant été conservés en anglais dans le vocabulaire de la mode. Si cela peut vous consoler, sachez que de nombreux mots français, tels que « maison », « atelier » ou encore « bustier », sont utilisés tels quels en anglais dans le jargon de la mode.

Une autre spécificité dont il faut tenir compte est la différence interculturelle. Il faudra donc adapter si besoin est à la culture du marché cible, comme cela a déjà été mentionné, mais pas seulement. Prenons un exemple au hasard : vous êtes un.e Américain.e en visite à Paris et souhaitez acheter un jean. Vous repérez un modèle qui vous plaît et demandez votre taille : 26. Mais pourquoi le vendeur vous regarde-t-il d’un air ébahi ? C’est parce que les tailles ne sont pas les mêmes d’un pays à un autre, et la taille américaine 26 correspond à une taille 34 en France. Ces différences n’existent pas uniquement pour les jeans mais bien pour tous les types de vêtements ainsi que pour les chaussures. Et comme si cela ne suffisait pas, pour certains types de vêtements, la conversion n’est pas la même entre un modèle femme et un modèle homme. Par ailleurs, certaines marques ne souhaitent pas convertir les tailles. Il faut alors demander au client s’il souhaite localiser les tailles en fonction du marché cible ou non.

 

Pour conclure, le secteur de la mode est un secteur riche en opportunités qui touche de nombreux domaines liés de loin comme de près à l’univers qui s’y rattache. J’espère vous avoir convaincu (ou au moins intéressé) et si la mode n’est pas votre tasse de thé mais que vous avez tout de même un penchant pour l’art, je vous invite à lire le billet de blog d’Angel Bouzeret qui sera publié d’ici deux semaines.

 

Bibliographie

L’anglais comme langue pivot

Par Angelina Fresnaye, étudiante M2 TSM

 

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En traduction, une langue pivot est une langue, artificielle ou naturelle, utilisée pour faire l’intermédiaire entre deux langues. Ainsi, pour traduire d’une langue A vers une langue B, on aura une première traduction de A vers la langue pivot, puis une seconde traduction de la langue pivot vers la langue B[1]. Comme il n’est pas toujours évident de trouver des traducteurs/trices pour toutes les combinaisons de langues possibles, cette technique peut permettre de pallier ce problème. La plupart du temps, de par son statut actuel, l’anglais est le choix de langue pivot le plus courant.

Au cours de mon stage, j’ai principalement travaillé avec ce procédé. L’agence, située en Flandre-Occidentale (Belgique), reçoit en grande partie des demandes de traduction du néerlandais vers d’autres langues, dont l’anglais et le français. C’est pourquoi l’on faisait d’abord traduire le document du néerlandais vers l’anglais, puis je me chargeais de traduire vers le français à partir de la traduction en anglais. Au fil des tâches qui m’ont été confiées, j’ai pu remarquer quelques problèmes récurrents avec ce passage par une langue pivot.

Dans quels cas passer par une langue pivot et quels sont les avantages ?

La traduction automatique statistique, basée sur des corpus bilingues, doit parfois faire appel à l’anglais comme langue pivot pour fournir ses résultats. En effet, puisque le nombre de ressources disponibles n’est pas égal d’une langue à l’autre (il se peut même qu’il n’existe pas de corpus parallèle pour certaines combinaisons), passer par une langue pivot permet de faire le lien entre deux langues qui ne possèdent pas encore, ou très peu, de corpus.

Par ailleurs, des organisations internationales telles que l’Union européenne ont également recours au système de langue pivot. En raison du grand nombre de langues à gérer, les combinaisons linguistiques se font excessivement nombreuses (552 pour l’Union européenne par exemple). Traduire à partir de toutes les langues sources vers toutes les langues cibles serait alors trop compliqué, car il faudrait faire appel à des traducteurs/trices pour chaque combinaison, ce qui n’est pas toujours possible. C’est pourquoi, depuis 2004, le Parlement européen a recours à ce système et choisit d’utiliser comme langue pivot l’anglais, le français ou encore l’allemand.

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Dans le cas de traductions entre langues trop éloignées d’un point de vue linguistique (des langues qui ne feraient pas partie de la même famille, entre autres), l’utilisation d’une langue pivot peut s’avérer d’autant plus avantageuse : par exemple, une étude a démontré que pour une traduction de l’arabe vers le chinois, l’utilisation de l’anglais comme langue pivot donnait en réalité un meilleur résultat qu’une traduction dite « directe ». En effet, s’agissant de deux langues aux systèmes radicalement différents, l’anglais correspondrait à un « juste milieu » entre les deux, rendant le travail de traduction moins ardu.

Enfin, les ressources disponibles ne sont pas égales selon la combinaison de langues. Comme l’expliquait Oriane dans son billet de blog il y a quelques mois, les traducteurs/trices de langues moins communes doivent trouver des stratégies afin de résoudre leurs problèmes terminologiques, et cela peut passer par le choix d’une langue pivot, en général l’anglais. Par ailleurs, cette approche peut être utilisée pour constituer ou nourrir des mémoires de traduction ou des bases terminologiques pour ces langues qui manquent de ressources, voire n’en possèdent pas encore. De plus, pour certaines combinaisons linguistiques rares, il peut être particulièrement difficile de trouver des traducteurs/trices.

 

Quels sont les risques ?

Passer par une langue pivot a ses avantages, mais c’est également un procédé risqué. En effet, on estime souvent que la traduction est un « troisième code », à savoir une variété de langue différente de la langue standard. De ce fait, la langue traduite possède des caractéristiques qui lui sont propres et qui la distinguent de la langue originale.

Risques de pertes

Les références culturelles et expressions idiomatiques posent particulièrement problème aux traducteurs/trices, et ont donc plus de risques d’être omises lors du passage par la langue pivot. Par conséquent, s’il n’y a pas de relecture à partir du texte original, ces dernières seront perdues au moment de la traduction vers la langue cible.

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Risques d’erreurs ou d’ambiguïtés

Le principal inconvénient du passage par une langue pivot relève de son potentiel impact sur la qualité de la traduction finale. En effet, le risque de faire des erreurs de traduction est d’autant plus élevé car une erreur ou une ambiguïté peut être retranscrite d’une combinaison de langues à l’autre par le biais de la langue pivot. Sans accès au texte original, le/la traducteur/trice risque alors de copier des erreurs ou des mauvaises interprétations qui auraient pu se glisser lors de la première phase de traduction. De même, en cas d’incohérence, il convient de se demander si l’erreur provient du texte source ou de la traduction pivot afin de savoir à qui s’adresser pour tenter de résoudre le problème : le client ou le/la traducteur/trice de la langue A vers la langue pivot.

Comment éviter ces problèmes ?

Dans la plupart des cas, les désavantages liés à l’utilisation d’une langue pivot pourraient en partie être évités grâce à l’accès au texte source, que le/la traducteur/trice comprenne la langue en question ou non. En effet, de manière générale, il reste possible de retrouver, entre autres, les noms propres ; et ce même si la langue source nous est totalement inconnue (pourvu que l’alphabet utilisé nous soit familier). Et si le/la traducteur/trice possède de vagues notions, il/elle peut parfois parvenir à discerner de potentielles erreurs. Enfin, l’idéal serait de faire appel à un·e réviseur/se qui comprend la langue source afin de vérifier qu’aucun glissement de sens n’a eu lieu lors du passage par la langue pivot.

 

Bibliographie

« Les traducteurs du Parlement européen » Parlement européen, http://www.europarl.europa.eu/about-parliament/files/organisation-and-rules/multilingualism/fr-ep_translators.pdf.

“Pivot Language.” Wikipedia, Wikimedia Foundation, 23 Jan. 2019, www.en.wikipedia.org/wiki/Pivot_language.

Briand, Oriane. « Ressources linguistiques : comment faire lorsqu’elles n’existent pas. » MasterTSM@Lille, 8 Apr. 2019, www.mastertsmlille.wordpress.com/2019/04/08/ressources-linguistiques-comment-faire-lorsquelles-nexistent-pas/.

Gammelgaard Woldersgaard, Casper. In search of the third code – A corpus-based study of the Motion category in natural and translated texts in Danish and Spanish. Aarhus University. Web. http://pure.au.dk/portal/files/85464275/Thesis_Proposal_Final_Casper_Woldersga.

Langfocus. “Why Did English Become the International Language?” Online video clip. Youtube. Youtube, 1 Oct. 2017. Web, https://www.youtube.com/watch?v=iqDFPU9YeQM.

Samiotou, Anna,. “Is the Pivot Language Approach Ever a Good Option? – Part I.” TAUS, 25 Aug. 2015, https://blog.taus.net/is-the-pivot-language-approach-ever-a-good-option-part-i.

Samiotou, Anna. “Is the Pivot Language Approach Ever a Good Option? – Part II.” TAUS, 2 Sept. 2015, https://blog.taus.net/is-the-pivot-language-approach-ever-a-good-option-part-ii.

Vermeulen, Anna. The impact of pivot translation on the quality of subtitling. Faculty of Translation Studies, Ghent (Belgium). Web.  https://biblio.ugent.be/publication/4211129/file/6843891.pdf;The.

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Pivot_language

La censure en traduction : pour qu’enfin traduction ne rime plus avec prohibition !

Par Manon Gladieux, étudiante M1 TSM

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La traduction, outil de communication de masse par excellence, n’a pas à s’inquiéter de son avenir. Le monde de la traduction ne cesse plus de faire de nouveaux adeptes ! Pourquoi me direz-vous ? Sûrement parce que, comme le dit très bien Célia Jankowski, ancienne étudiante du master TSM et désormais jeune traductrice diplômée, la passion est facteur de vocations. Notamment la passion des langues et des mots et donc des langues en tant qu’outils de communication. Hélas, le processus de traduction est bien loin d’être un long fleuve tranquille et de nombreux obstacles peuvent survenir au cours de celui-ci et vous faire perdre de vue cette passion des langues, cet amour des mots qui vous anime. La censure est l’un de ces obstacles. Partons ensemble pour un petit tour d’horizon de quelques cas de censure d’ores et déjà recensés en traduction et des moyens que vous avez de vous en prémunir.

Traduction et censure, deux anciennes Némésis !

Je ne voudrais pas jouer les Cassandres, mais il faut bien reconnaître que le traducteur a, de tout temps, été ciblé par la censure. Dès ses premiers balbutiements, la traduction, de même que ses nombreux acteurs, ont été observés, analysés, jugés, condamnés… On ne compte plus le nombre de traducteurs qui ont vu leurs travaux tronqués de parties significatives, voire tout bonnement interdits à la publication, et ce à cause de la censure. Et c’est encore plus vrai en période de conflit ! Un phénomène particulièrement frustrant s’il en est ! Jetons un œil à quelques anciens cas célèbres de traductions censurées.

La plus ancienne des traductions d’œuvre ayant jamais fait l’objet de censure est, comme vous pouvez vous en douter, la Bible, et notamment au berceau de la religion catholique, l’Italie. En effet, la traduction de cette dernière, lorsque celle-ci n’était plus comprise que par les rares individus ayant un niveau d’éducation suffisant pour connaître le latin, s’est avérée nécessaire mais fut, si je puis me permettre, un réel sacerdoce et nombreux sont les traducteurs qui s’y sont essayés et s’y sont cassé les dents. En effet, le clergé italien souhaitant avoir un contrôle des plus total sur les lectures de ses fidèles, a fait acte de la prohibition. C’est ainsi qu’en 1559, le premier Index, une liste d’ouvrages que les catholiques avaient la formelle interdiction de lire, de vendre, de traduire et même de posséder, a été publié par le pape Paul IV. Les livres que l’on y trouvait consignés étaient jugés nocifs et contraires à la foi et à la morale chrétienne par les membres du clergé. L’Index prohibait notamment la lecture de traductions de la Bible en langue vulgaire (c’est-à-dire toute autre langue que le latin), ce qui incluait la traduction dont Brucioli était l’auteur, soit la première faisant directement état des textes saints originaux. Quiconque transgressait à cet Index se voyait alors immanquablement accablé de la peine suprême, l’excommunication. En 1596, l’Index se durcit encore, ses règles devenant encore plus restrictives. Il n’était alors plus possible, dès lors, d’autoriser la traduction ou l’impression de bibles en langue vulgaire. Ces bibles, si tant est qu’elles existent, devaient d’ailleurs toutes être détruites sans ménagement.

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Et qu’en est-il en période de conflits ?

Un autre exemple de traduction censurée connu concerne l’ouvrage du tristement célèbre Adolf Hitler, Mein Kampf dans sa version originale. Cette dernière a été publiée tôt, dès 1925, alors que Hitler sortait tout juste de prison, condamné pour une tentative de putsch sur la chancellerie allemande. Pourtant, la première traduction en français de Mein Kampf, qui s’intitulait alors Mon Combat, n’a été publiée que bien plus tard, neuf ans plus tard pour être précis. Et encore, pas pour longtemps ! Cette traduction française n’ayant pas reçu l’aval de l’auteur, l’éditeur allemand a poursuivi l’éditeur français, qui s’est vu contraint à retirer cette traduction du marché. En 1938 parut une autre version, celle-là autorisée par Hitler, sous le titre Ma Doctrine. Bien plus courte que l’ouvrage original, la version traduite, expurgée d’une partie de son contenu problématique, réhabilitait le discours de Hitler, allant même jusqu’à insérer des extraits de discours plus récents, au cours desquels le Führer expliquait qu’il ne toucherait pas aux frontières françaises.

Autre anecdote intéressante sur cette traduction : les deux traducteurs de la version ayant reçu l’aval du Führer ont également ajouté des intertitres absents de l’original visant à appuyer et justifier le message antisémite de ce dernier. D’un point de vue stratégique, les manipulations des traducteurs avaient pour but de véhiculer les valeurs et les idées fascistes de Hitler.

Ensuite, comme vous l’avez certainement découvert dans le billet de blog de ma camarade étudiante du master Célia Wisniewski, disponible ici, la liste d’Otto recensait en période d’occupation allemande, les œuvres et traductions interdites de diffusion en France. A contrario, certaines œuvres ne pouvaient être facilement lues en Suisse. La traduction en temps de conflit est effectivement un sujet sensible. Je ne m’étendrai pas sur le sujet, l’excellent billet de ma camarade le fera à ma place.

La censure, toujours d’actualité ?

Cela étant, vous vous dites sans doute que le passé appartient justement au passé et que la traduction, désormais moins stigmatisée, peut couler des jours heureux dans un monde exempt de toute censure. Hélas, je suis au regret de devoir réduire à néant vos vaines espérances à ce sujet. En effet, on dénombre toujours à l’heure actuelle un certain nombre de cas de censures frappant le milieu de la traduction, réduisant à si peu, quand ils ne le ruinent pas totalement, le travail du traducteur. En voici là quelques exemples pour prouver la véracité de ce que j’avance.

Tout d’abord, ce n’est pas E. L. James, l’Anglaise auteure de Cinquante Nuances de Grey, intitulé Fifty Shades of Grey dans sa version originale qui vous dira le contraire. Son roman, dont les droits ont été grassement achetés par une maison d’édition en Chine, l’un des pays où la censure est la plus répressive à l’heure actuelle, voit sa date de parution retardée encore et encore. Et ce n’est pas faute d’un manque de lecteurs potentiels, la saga s’arrache comme des petits pains sur les marchés du livre de contrebande où circulent des traductions illicites de l’œuvre en mandarin. Et Hillary Clinton pourrait également témoigner.

Je suppose également que vous avez tous connu, d’une manière ou d’une autre, les incroyables aventures de l’intrépide Fifi Brindacier, Pippi Långstrump de son nom original. Eh bien, figurez-vous que pour tous ceux d’entre vous qui ont dévoré les péripéties de l’incroyable fillette avant 1995, vous n’avez goûté qu’à une version édulcorée bien insipide, dénuée de toute la saveur de l’œuvre originale. Une version censurée oui, vous avez bien compris. Et un vrai massacre si l’on croit ce que d’aucuns en disent. Et l’auteure n’est pas la dernière à faire la critique de cette version d’avant 1995.

Il est aussi intéressant, par ailleurs, de mentionner les débuts chaotiques des aventures de l’incroyable fillette à la force surhumaine dans le petit monde de la littérature jeunesse. Lorsque la Suédoise Astrid Lindgren essaye de publier pour la première fois en 1941 son roman jeunesse qu’elle a écrit pour sa fille souffrante, contrainte de garder la chambre car assez gravement malade, elle se voit refuser la publication de ses écrits, alors jugés provocants et grossiers. Ce n’est qu’après avoir fait preuve de plus de retenue, s’autocensurant par la même qu’elle sera autorisée à publier son premier tome. Nous sommes alors en 1945.

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Comment échapper à la censure en quelques étapes ?

Mais alors, n’y-a-t’il donc vraiment aucun moyen pour se protéger ne serait-ce qu’un peu de la censure ? Eh bien à vrai dire, si, il en existe quelques-uns. Je vais maintenant conclure mon billet en vous exposant un petit nombre de ces astuces et tours de main qui devraient vous permettre, si vous les suivez, de passer outre la censure toujours existante.

Dans un premier lieu, avant de commencer à envisager sérieusement la traduction d’un livre, d’une encyclopédie, d’un jeu vidéo, etc. un seul mot d’ordre, CUL-TI-VEZ-VOUS ! Livres, émissions télévisées, chaînes radio, pourquoi pas même un voyage en chair et en os dans le pays de destination de votre traduction si vous en avez le temps et l’argent, tout est bon pour s’imprégner de la culture du pays pour lequel se destine l’ouvrage que vous comptez traduire. Car c’est en connaissant la culture d’un pays que l’on sait le mieux ce qui va choquer ou pas, ce qui va passer ou pas auprès de ses citoyens.

Ensuite, il vaut mieux également, si vous souhaitez éviter tout impair, user et abuser du principe de précaution. Ainsi entre deux mots, choisissez le moindre, le plus neutre c’est-à-dire. C’est encore plus essentiel pour faire publier ses traductions dans les pays ayant une vision de la liberté d’expression qui est comme qui dirait… assez restreinte. Vous éviterez ainsi de choquer les susceptibilités des foules par simple maladresse et, si je ne peux vous garantir à 100 % que vous échapperez comme cela à la censure, cette dernière restant malgré tout parfois imprévisible, je peux néanmoins vous assurer que vous aurez beaucoup plus de chances de passer entre les mailles du filet.

Pour finir, je vous conseille vivement de prendre « la température » auprès de quelques-uns de vos collègues et amis traducteurs et linguistes qui ont déjà eu l’occasion de travailler pour le pays auquel se destine votre traduction. Et s’ils habitent le pays de destination de votre traduction en cours, c’est encore mieux, ils sauront beaucoup mieux appréhender les problèmes qui peuvent se poser au cours de la traduction et vous aider à passer outre ces derniers. Il n’y a rien de tel que l’expérience d’un collègue ayant également vécu vos galères pour mieux appréhender ces choses auxquelles vous devrez faire particulièrement attention pendant votre traduction. Car celui-ci ayant connu les mêmes doutes que ceux que vous connaissez actuellement, il a dû faire des choix, prendre des décisions. Et ces choix et ces décisions pourraient bien vous être à vous aussi d’une aide salutaire pour résoudre vos problèmes de traduction. Il pourra même peut-être vous éviter une paire de soucis pour des problèmes que vous n’auriez peut-être même pas imaginés autrement. Rester connectés et parler avec ses collègues est ainsi pour vous LE bon plan afin de traduire sans trop craindre la censure.

 

Voilà, ce billet est terminé et je pense que vous êtes désormais parés à affronter la censure de manière plus sereine. J’espère sincèrement avoir quelque peu éclairé vos lanternes sur le vaste sujet de la censure en traduction, mais aussi vous avoir rassuré quant aux inquiétudes qu’elle suscitait chez vous, traducteurs et futurs traducteurs. Je reste bien sûr à l’écoute de toutes vos questions, suggestions et commentaires sur ce billet à travers les commentaires. Je meurs également d’envie de savoir si vous avez vous aussi quelques astuces pour échapper à la grande Némésis des traducteurs, la censure. Si c’est le cas, faites-le savoir en commentaire. Au revoir et à très bientôt pour un nouveau billet de blog TSM rédigé par mes soins.

 

Maintenant…

 

… À vos marques, prêts, traduisez !

 

Sources bibliographiques :

@ Circuit Magazine, article sur la censure dans la traduction de discours politiques : http://www.circuitmagazine.org/dossier-129/censure-et-traduction-des-discours-politiques

@ La bibliothèque en ligne Watchtower, article sur l’Histoire de textes bibliques en Italie, une histoire marquée notamment par la censure : https://wol.jw.org/fr/wol/d/r30/lp-f/2005923

@ Article du Fun MOOC visant à faire la promotion d’une vidéo au sujet de la censure du livre jeunesse Fifi Brindacier (Pippi Långstrump en version originale) : https://www.fun-mooc.fr/asset-v1:ulg+108002+session01+type@asset+block/fifi_brindacier.pdf

@ Le nouvel Obs, article rédigé par Bibliobs sur l’incroyable sévérité de la censure en Chine et la difficulté à faire publier ses traductions qui y est liée : https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20131025.OBS2708/censure-dur-dur-de-faire-traduire-ses-livres-en-chine.html

 

Et pour encore plus d’infos sur le sujet :

BALLARD, Michel. Censure et Traduction. Arras : Publications Artois Presse Université, juin 2011. Collection Traductologie. 406 pages. ISBN 2-848-32126-1

La traduction : de l’importance de maîtriser son solfège

Par Medge Allouchery, étudiante M2 TSM

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Pour l’expérience, la forme féminine sera employée par défaut dans ce billet. Je souhaite que cela puisse contribuer à sensibiliser à la nécessité d’une écriture plus inclusive.

Donnons le La !

La langue est à la traductrice ce que le violon est à la violoniste, autrement dit, son moyen d’expression, son instrument. Cependant, la traductrice a l’avantage d’être en mesure de polir son instrument de ses propres mains, à tout moment. Profitons-en, soyons notre propre luthière et traduisons de façon plus efficace, éclairée, éthique et libre, car toujours mieux maîtriser notre langue maternelle est la clé vers des choix de traduction conscients plutôt que contraints par nos propres limites linguistiques. Il est essentiel pour nous, traductrices, de tendre systématiquement vers une plus grande conscientisation des règles, structures et usages de notre langue maternelle, comme s’il s’agissait d’une langue étrangère. C’est une garantie de qualité, mais aussi un gage d’honnêteté et d’éthique envers la profession de traductrice et les clientes avec qui nous sommes amenées à travailler. Ne tirons toutefois pas sur le pianiste, il ne s’agit pas d’être parfaite mais plutôt de constamment chercher à s’améliorer dans l’optique de produire des textes cibles clairs, précis, de haute qualité linguistique et adaptés au public cible. Alors comment faire ? Eh bien, c’est comme les gammes, ça se travaille !

Dans son article « Conception d’exercices de style dans l’optique de la traduction », Jacqueline Bossé-Andrieu, professeure de l’université d’Ottawa, dresse un aperçu des exercices qu’elle propose aux étudiantes en traduction dans le but de les aider à « améliorer leur style » (pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article disponible sur le site Erudit). Dans cet article, le « style » ne s’entend pas dans son sens littéraire, soit une façon personnelle de s’exprimer, que la spécialiste considère comme un talent. Il est plutôt question d’amener les étudiantes à faire usage d’une langue soignée et à explorer les divers moyens d’expression à leur disposition lorsqu’elles traduisent. Ainsi, elles peuvent faire des choix de traduction dictés par leurs intentions et non par le manque de possibilités.  Jacqueline Bossé-Andrieu, dans son article, opère une distinction entre ce qu’elle appelle les « fautes de style », c’est-à-dire les fautes de grammaire, de syntaxe ainsi que les usages impropres, et le style en traduction. Celui-ci est l’art de reformuler les idées du texte source et de « restructurer » le texte pour qu’il ne « sente » pas la traduction. Ayant trouvé cet article passionnant, j’ai souhaité vous proposer quelques idées pour développer ces deux aspects de la maîtrise de la langue maternelle.

La grammaire, le vocabulaire : la note fondamentale de l’accord

Tout d’abord, mettons l’accent sur nos petites fausses notes, ces maladresses grammaticales ou orthographiques qui nous échappent. Le Projet Voltaire est un outil en ligne qui saura parfaitement répondre à ce besoin de « rafraîchir ses connaissances » et de réaccorder son violon. Même les virtuoses ne savent pas tout ! Le niveau « Excellence » saura repaître les plus affamées de subtilités de la langue française. Afin d’attester de votre niveau en français, vous pouvez aussi passer le Certificat Voltaire. Pour vous voir décerner le niveau « Expert », attendu chez les traductrices, il faudra obtenir plus de 900 points. Prêtes pour le challenge ?

Sur une note plus grammaticale, Le Bon usage de Grevisse, en version électronique ou papier, sera votre ami le plus fidèle et dissipera vos moindres doutes. Pour assimiler davantage ces structures et ces règles, pourquoi ne pas relire les classiques de la littérature ? Bien entendu, n’allons pas plus vite que la musique : il s’agit de lire « activement », d’observer les tournures et constructions utilisées, et de noter celles que l’on n’emploierait pas spontanément. Ceci sonnera comme une lapalissade, mais se replonger dans ses classiques peut également s’avérer bien utile pour l’enrichissement du vocabulaire, et deviendra vite votre violon d’Ingres !

D’ailleurs, le vocabulaire, parlons-en ! Si, comme moi, vous êtes obnubilées par l’envie de trouver « le mot juste », vous pouvez vous tourner vers des applications mobiles (par exemple « Mot du jour ») proposant d’apprendre ou de redécouvrir un mot « rare » chaque jour. S’entraîner ensuite à employer ces mots çà et là dans les conversations les fera passer dans la partie « active » du vocabulaire. Dans le même esprit, le « Petit dictionnaire de mots rares » de Thierry Prellier est un ouvrage qui me fait, et vous fera, je l’espère, régulièrement découvrir de petites perles oubliées. Par exemple, saviez-vous que le mot « lantiponner » signifiait « discourir inutilement en importun » ?

Faisons nos gammes

Suivons les conseils de l’ESIT : pour mettre tout cela en pratique, rien de tel qu’écrire, qu’il s’agisse d’expression personnelle (lettres, billets de blog, nouvelles, discours…) ou d’une traduction. S’entraîner, en outre, à résumer ou à reformuler (même simplement à l’oral) ce que l’on entend ou lit, en en restituant l’articulation logique, aura de nombreux bienfaits, car il me semble que traduire, c’est un peu reformuler dans une langue cible ce que l’on comprend d’un écrit en langue source. Ainsi, « traduire » de notre langue maternelle vers notre langue maternelle nous conduira à acquérir certains automatismes. Durant un cours du master TSM, nous avons dû rédiger le même texte dans les trois registres principaux (familier, courant, soutenu), jouer avec les tonalités, les couleurs de la langue. J’ai trouvé cet exercice particulièrement formateur, parce qu’il nous entraîne à cette gymnastique intellectuelle que nous devons opérer dans la vie professionnelle, pour jongler entre les différents textes auxquels nous sommes confrontées. Alors, profitons de notre temps libre pour peaufiner nos productions personnelles et nos traductions, consultons les dictionnaires de synonymes (Crisco, outil de proxémie du CNRTL etc.), les dictionnaires analogiques (classement des mots par idées sur Sensagent, ou, pour le plaisir, le Dictionnaire Analogique de la langue française de Boissière) ou encore les dictionnaires de cooccurrences (sur Termium par exemple). On peut également recourir aux corpus de textes et produire des textes riches, fluides, précis et naturels. Il va de soi qu’il ne s’agit pas d’étaler sa prétendue culture en alignant immodérément des mots compliqués ornés d’un style pompeux, mais plutôt de répondre à la question : comment mieux dire ?

Le style ou l’absolue relativité

Il va de soi que le « style » n’est pas quelque chose d’absolu. Jouez une symphonie classique comme une danse baroque, rédigez un texte de loi comme vous écririez un SMS, ou encore un discours comme une entrée encyclopédique, et le style paraîtra tout à fait inadapté. Il faut se mettre au diapason ! Ce qui me semble définir un « style approprié » en traduction, c’est la prise en compte perpétuelle du public et de la finalité du texte cible, se traduisant par l’utilisation d’un registre, d’un vocabulaire et d’une phraséologie adaptés. Quels outils peuvent nous apporter leur précieux concours dans cette tâche ardue, lorsque l’on n’est pas une spécialiste du sujet traité ? Les corpus de textes écrits par les natives vous offrent ce que glossaires et dictionnaires ne pourront jamais vous apporter : des exemples « de la vie réelle » en contexte, et des collocations et une phraséologie utilisées « en direct ». Spécialisé ou général, unilingue ou bilingue, à vous de choisir le corpus adapté à votre texte cible, voire de le créer. Sur Sketchengine (pour la langue générale, entre autres) ou encore Eur-Lex (pour le domaine juridique), vous trouverez des corpus de qualité dans lesquels puiser votre inspiration. Enfin, des livres spécialisés dans la rédaction de certains types de textes auront également leur utilité pour vous renseigner plus en profondeur sur ce qui fait la particularité de tel ou tel type de texte. À titre d’exemple, le livre de M. Barbottin sur la rédaction technique et scientifique pourra être utile à celles qui se destinent aux domaines techniques et scientifiques1.

Les ténors de la traduction

Lorsque tout cela est conscientisé, je crois que le nec plus ultra du style, la petite touche qui fera toute la différence, c’est l’emploi des ultra-idiomatiques « items uniques », que j’ai découverts en cours de traductologie l’année dernière. Selon Sonja Tirkkonen-Condit, ces éléments linguistiques ne se retrouvent pas aussi fréquemment dans les textes cibles traduits que dans les textes non traduits, car ils n’ont pas d’équivalent direct dans la langue source. Ainsi, ils se manifestent rarement à l’esprit de la traductrice à cause de l’interférence linguistique qu’elle subit. Parce qu’ils sont moins présents dans les textes traduits, leur absence peut donc être un indice qui « démasquerait » la traductrice. Alors, à vos masques !

Les items uniques sont ce qui distingue parfois une expression « correcte » d’une expression « waouh ! ». Selon le contexte, remplacez « déjà » par « d’ores et déjà » ou encore « en effet » par « bel et bien », et le texte joue soudainement une mélodie aux sonorités plus « françaises ».

Une première suggestion pour entendre leur chant mélodieux serait naturellement de « laisser reposer » la traduction et de la relire comme si c’était un texte non traduit qu’il fallait améliorer.  Il ne sera pas non plus inutile de leur porter un peu plus d’attention au quotidien et de se constituer un petit « glossaire idiomatique » avec les correspondances locution correcte/locution waouh ! À force de les utiliser, nous finirons par développer certains automatismes qui aideront à pallier la fameuse interférence linguistique de la langue source sur la langue cible décrite par Toury. Enfin, déconstruire la phrase en n’en gardant que les idées clés permet parfois de « faire un peu de place » dans le cerveau pour laisser l’intuition de la native s’exprimer.

Cadence finale

Lorsque l’on n’est pas en « phase d’entraînement » et que l’on a besoin d’un petit coup de pouce, un logiciel est là pour apporter son soutien harmonique : « Antidote », le correcteur orthographique et grammatical qui ne laisse (presque) rien passer. Doté de dictionnaires de synonymes, d’antonymes, de champs lexicaux, de cooccurrences, c’est un tout-en-un qui saura répondre aux besoins d’efficacité et de rapidité des traductrices professionnelles.

En résumé, de nombreux outils en version papier et numérique sont disponibles pour nous aider dans notre quête infinie d’une expression parfaite, dont la poursuite est importante pour garantir la qualité de notre travail. Les plus motivées et celles qui ont le plus de temps pourront également s’entraîner grâce à des exercices de style bien choisis. Enfin, pour répondre aux exigences des professionnelles, Antidote et les outils de corpus constitueront des alliés de choix.

Cet article arrive maintenant à son terme. Je voulais encore vous parler de textométrie, de stylométrie, de mesure de richesse lexicale, mais l’espace me manque… J’espère que vous aurez trouvé ces quelques réflexions utiles et je vous souhaite une belle bal(l)ade parmi les mots.

[1] Barbottin, Gérard. Rédiger des textes techniques et scientifiques en français et en anglais. Paris : Insep consulting. 2003. 412 p. ([Pratiques en question], 0291-6770).

Sources

  1. Association des Amis de l’ESIT., Comment perfectionner ses connaissances linguistiques. Université de Paris III.
  2. Bossé-Andrieu J. Conception d’exercices de style dans l’optique de la traduction – Meta – Érudit [Internet]. [juin, 1988]. Disponible sur : https://www-erudit-org.ressources-electroniques.univ-lille.fr/fr/revues/meta/1988-v33-n2-meta320/002104ar/
  3. Cours de traductologie et d’outils de corpus du Master TSM dispensés par Pr. Loock [2018/2019].
  4. Sonjia Tirkkonen-Condit. « Unique items – over- or under-represented in translated language? » Translation Universals: Do They Exist?, vol. 48/148, John Benjamins Publishing Company, 2004, 224 p.
  5. Toury, Gideon. Descriptive Translation Studies And Beyond. John Benjamins, 2012, p. 275.

 

 

 

La traduction, proie facile de l’ubérisation ?

Par Guillaume Deneufbourg (traducteur, intervenant au sein de la formation)

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Popularisé en 2014, le terme est aujourd’hui bien ancré dans notre vocabulaire. Désignant une forme d’optimisation des relations entre l’offre et la demande sous l’influence des nouvelles technologies, l’« ubérisation » recouvre plusieurs réalités et connotations, tantôt positives, tantôt négatives, et déchaîne les passions.

Les chantres de l’économie 2.0 saluent l’apparition de ce qu’ils voient comme un changement paradigmatique de nos sociétés, un renouveau économique pour le meilleur, une transformation dans l’intérêt des usagers. Une rupture, en somme.

À ce titre, l’ubérisation est souvent associée à un autre néologisme : le fameux « disruption » et ses savoureux dérivés disruptif, disrupter, disrupteur. Joli, non ? Pour des cruciverbistes, peut-être, mais sans doute moins pour les professionnels de la langue, qui auront noté avec consternation l’emprunt éhonté du français à l’anglais. La langue de Molière échouerait-elle à produire un équivalent à la connotation aussi positive ? Je le crains. Car en anglais, le mot disruption n’a rien de dérangeant ni de perturbateur : il désigne tout simplement une invention créative, innovante, positive, révolutionnaire[i].

Ainsi assiste-t-on depuis des années à l’apparition de jeunes entreprises (les fameuses start-up) qui, grâce aux outils numériques qu’elles mettent au point, transforment certains marchés et proposent des services innovants, cassant des systèmes qui paraissaient jusque-là immuables. Depuis, tout entrepreneur qui se respecte cherche l’idée « disruptive » qui, faisant table rase du passé, transformera tel ou tel marché à son profit.

Bien évidemment, tout le monde n’apprécie pas les prétendus bienfaits de ce changement de modèle économique, à commencer par les acteurs du modèle classique. Demandez donc à votre chauffeur de taxi ce qu’il en pense ! Concurrence déloyale, opérateurs sous-qualifiés et non déclarés, précarisation des métiers, sans parler du manque à gagner pour les finances de l’État et toutes les répercussions sur le « système ».

Cela étant, nul besoin de vous exposer au courroux d’un chauffeur de taxi. Interrogez simplement vos collègues. Car, en effet, l’ubérisation n’épargne pas le secteur de la traduction.

Rappelons tout d’abord que la profession de traducteur n’est pas protégée. Chacun peut s’autoproclamer traducteur ou interprète du jour au lendemain. Cette situation favorise l’arrivée sur le marché de prestataires insuffisamment qualifiés, avec toutes les conséquences qui en découlent pour la qualité des textes traduits, l’image de la profession, et les prix[ii]. Ajoutez-y ensuite la pression, pour ne pas dire la menace, de l’évolution technologique, que j’ai déjà tant de fois évoquée et sur laquelle je ne reviendrai pas ici. Enfin, la multiplication de ces plateformes « ubérisantes », qui entendent mettre en contact les clients finaux avec de petits opérateurs indépendants désireux de mettre du beurre dans les épinards (Les exemples sont légion : Zingword, upwork et même Proz.com).

D’autres adeptes de l’ubérisation ont cru trouver dans ce concept un moyen ingénieux de réduire leurs coûts de production, par le biais du crowdsourcing, également appelé production participative[iii]. Cible privilégiée : la traduction audiovisuelle. L’exemple le plus connu en est sans nul doute celui de Netflix, que dénoncent notamment nos confrères de l’Association française des traducteurs et adaptateurs de l’audiovisuel (ATAA), à propos du sous-titrage catastrophique du film Roma. Mais le cas est loin d’être isolé, comme le démontre l’article publié par une étudiante en traduction sur ce même blog. Avec un enthousiasme ingénu, elle vante les mérites du travail bénévole (si, si) pour TED Conferences LLC, une structure dont le chiffre d’affaires 2015 dépasse quand même les 66 millions de dollars[iv]. Vous avez dit « se tirer une balle dans le pied » ? Mais passons. Parmi les autres exemples connus, notons Facebook, Twitter et autres Coursera.

Alors, que faire face à cette déferlante ? Faut-il lutter contre l’ubérisation ? Je n’en suis pas convaincu. N’y voyez aucun fatalisme, même si le phénomène peut paraître inéluctable, voire angoissant. L’approche que je préconiserais aux (futurs) traducteurs est double.

Premièrement, intéressez-vous à ces phénomènes pour pouvoir ensuite mieux informer vos clients et vos partenaires commerciaux. Tâchez de mieux comprendre les rouages de la netflixisation pour mieux défendre votre propre valeur ajoutée. Je ne suis pas amateur des théories de l’art de la guerre, mais il reste utile de connaître l’ennemi pour mieux le vaincre.

Deuxièmement, adoptez en toutes circonstances une approche qualitative. Affinez votre qualité d’écriture. Travaillez votre style. Participez à des ateliers de traduction. N’hésitez pas à travailler en binôme avec un collègue. Faites-vous relire. Trouvez-vous un mentor. C’est en pratiquant une certaine forme d’humilité sur son propre travail que l’on peut progresser. Affûtez votre pratique comme un faucheur affûterait sa faux : systématiquement, patiemment, longuement.

Troisièmement, ne restez pas cloitrés dans votre bureau. Pourquoi ne pas aller chercher ces clients – oui, ça existe – qui désespèrent de trouver de bons traducteurs et de bonnes traductrices ? Prouvez-leur que vous valez mieux que cet agglutinat invisible de dilettantes. Continuez à vous former, à défendre les vertus du travail bien fait.

En quatre mots : faites valoir votre professionnalisme.

 

 

 

[i] Et force est de reconnaître que la tentative de l’Académie française d’imposer le complément du nom « de rupture » (innovation de rupture, p.e.) n’est pas très… heureuse !

[ii] Voir à ce sujet ma carte blanche publiée en 2017 dans le journal Le Soir à l’occasion de la Saint-Jérôme.

[iii] À lire à ce sujet, cet article publié sur termcoord.eu.

[iv] https://fortune.com/2017/04/24/ted-talks-conference-corporate-sponsorship/

Le traducteur healthy

Article original en anglais The Healthy Translator rédigé par Alison Tunley Nikki Graham et publié sur le site de Rosetta Translation Services.

Traduit de l’anglais par Hadjar Boukhelifa, étudiante M1 TSM ; révision par Estelle Peuvion

 

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Comme beaucoup d’autres professions aujourd’hui, être traducteur consiste essentiellement à pianoter comme un fou sur un clavier. Si vous faites du télétravail, il est fort possible que vous n’ayez aucune interaction humaine, sauf par email. L’article de cette semaine portera sur quelques idées pour contrer l’impact qu’a une existence sédentaire, passée devant un écran, sur votre corps

La traduction est un travail particulièrement intensif au niveau intellectuel. En réalité, on ne peut travailler intensément que pendant de courtes périodes de temps. Je l’associe souvent au travail académique :  si vous n’arrivez pas à prendre des petites pauses régulières, cela va se refléter sur la qualité de votre travail ainsi que sur votre productivité. J’avoue que lorsqu’une échéance approche, on peut faire des choses incroyables, mais en général j’essaie de limiter mes sessions de traduction à une heure. Un des bonheurs du travail à la maison, c’est la flexibilité que ça nous apporte, et quelque chose d’aussi simple que de vider le lave-vaisselle ou de plier son linge pendant dix minutes peut réinitialiser votre cerveau et vous êtes reparti pour une nouvelle heure de traduction, votre concentration au maximum.

Ce mode de travail se prête aussi parfaitement aux pauses sportives pour compenser votre travail sédentaire. J’aime planifier ma journée de travail avec un nombre d’heures précis chaque jour et me laisser une heure pour des activités physiques. Cela peut être un rapide tour à vélo, nager, courir ou même un cours de fitness. De toute façon, je ne fais plus le trajet jusqu’au travail, donc je trouve cela justifié de prendre le temps pour bouger un peu de quelque manière que ce soit. Et je suis sûre que je travaille deux fois plus vite après ma pause.

Mon autre innovation récente en matière de santé a été de réduire le temps passé assise en utilisant un bureau réglable en hauteur. Pour être honnête, j’ai été longtemps repoussée par cette idée, simplement parce que ces bureaux sont devenus à la mode. Mais c’est alors que mes hanches, constamment attachées à une chaise, se sont bloquées, ce qui a fragilisé mes genoux et m’a empêchée d’aller courir comme j’aimais le faire. J’ai donc surmonté ces préjugés et j’ai fait l’acquisition d’un dispositif qui se pose sur mon bureau et peut être abaissé ou relevé à l’aide de simples poignées latérales. C’était beaucoup moins cher que la plupart de ces standing desks, mais il est superbement conçu et fonctionne parfaitement. Au début, la position debout peut sembler fatigante, mais vous vous adaptez rapidement, et le fait d’alterner entre les positions assises et debout rythme la journée. Je suis maintenant une vraie fanatique du assis-debout !

Une autre recommandation que je peux vous faire, c’est d’apprendre à utiliser la souris avec les deux mains. Les tensions dues aux mouvements excessifs de la souris sont fréquentes parce que, même avec une installation de bureau parfaite, il n’est pas idéal d’avoir à déplacer constamment le même bras à cet angle particulier. Utiliser l’autre main va vous paraitre lent au début, mais pouvoir partager cet effort en deux vaut largement le coup. Encore mieux pour minimiser l’utilisation de la souris, l’apprentissage des raccourcis clavier est une bonne idée.

Cela nous ramène à mon dernier conseil : choisissez vos outils de TAO avec soin ! J’ai récemment pris en charge une mission nécessitant l’utilisation d’un outil en ligne (que je ne nommerai pas) avec l’interface la plus malhabile qui soit : de nombreuses opérations répétitives avec la souris et des saisies redondantes, y compris pour les tâches de modification les plus simples. C’était un bon rappel de la joie ergonomique que nous apportent les outils de TAO mieux conçus.

 

J’ai testé pour vous… être traductrice bénévole pour TED

Par Estelle Peuvion, étudiante M1 TSM

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Il y a quelques mois, je me baladais sur le blog du Master TSM à la recherche d’inspiration pour mon billet. C’est alors qu’un article a attiré mon attention : « Comment gagner en expérience lorsque l’on est étudiant(e) en traduction ? », rédigé en 2017 par Élise Guilbert. En lisant cet article, j’ai découvert que les conférences TED faisaient appel à des bénévoles pour la transcription, la traduction et la relecture des vidéos de leurs conférences. Je me suis alors dit : pourquoi pas essayer ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, rappelons rapidement ce que sont les conférences TED (Technology, Entertainment and Design). Elles ont été créées en 1984 aux États-Unis par Richard Saul Wurman et Harry Marques et appartiennent à la Fondation Sapling, organisme à but non lucratif.

Le principe ? Un orateur ou une oratrice prend la parole sur un sujet, devant un public, pendant une quinzaine de minutes. Les conférences peuvent concerner n’importe quel domaine : la biologie, la politique, l’économie, les réseaux sociaux, la psychologie…

Le slogan du programme ? « Diffuser des idées qui en valent la peine. »

 

La traduction chez TED

Maintenant, parlons de ce qui nous intéresse le plus : la traduction.

TED fait appel à des bénévoles pour la transcription, la traduction et la relecture de son contenu. Il n’est pas nécessaire d’être traducteur professionnel pour effectuer ces tâches. 116 langues sont traitées, même si la demande (ou la disponibilité de traducteurs ?) est évidemment plus importante pour certaines que pour d’autres : par exemple, seulement trois conférences ont été sous-titrées en lao, contre 3016 en français. 34 061 traducteurs sont recensés et un blog leur est dédié, où vous pourrez retrouver des interviews, des portraits, les comptes-rendus des rencontres entre traducteurs…

Les traducteurs se réunissent également en communauté, notamment à travers un groupe Facebook, où il est possible de demander à nos « collègues » de transcrire une vidéo que l’on aimerait traduire, ou de réviser une de nos traductions, ou même tout simplement de partager ou de demander des conseils.

 

En ce qui concerne les prérequis des traducteurs, ils sont simples à retenir.

Le traducteur doit évidemment maîtriser la langue source et la langue cible du document. Le transcripteur quant à lui ne doit maîtriser que la langue source. Si vous ne vous sentez pas assez à l’aise dans une autre langue que votre langue maternelle, vous pouvez toujours vous rendre utile en transcrivant les vidéos ! C’est une tâche qui peut paraître dérisoire, mais elle est essentielle à tout le processus de traduction : sans transcription, pas de traduction.

Les traducteurs et les transcripteurs doivent connaître les règles de base du sous-titrage. Si vous avez suivi l’option de traduction audiovisuelle du Master TSM, vous savez de quoi je parle ! Sinon, pas d’inquiétude : il existe toute une série de tutoriels dédiés à ce sujet, et la plateforme de traduction, que nous découvrirons un peu plus tard, nous facilite grandement la tâche.

Maintenant, j’imagine que vous vous demandez comment procéder pour devenir traducteur pour TED. Ça tombe bien, c’est ce dont j’allais parler.

Comment devenir traducteur pour TED ?

Le processus de candidature est très simple. Avant toute chose, il vous faut vous créer un compte TED. Ensuite, rendez-vous sur Amara, qui est la plateforme de traduction en ligne que nous allons utiliser. Cette vidéo vous sera utile pour comprendre plus en détail le processus de candidature.

Vous devrez préciser les langues que vous maîtrisez, et répondre à quelques questions sur votre niveau dans ces langues, et évidemment, expliquer pourquoi vous souhaitez être TED Translator.

Après avoir envoyé votre candidature, il ne vous reste qu’à attendre : cinq jours en moyenne d’après le site officiel TED, une dizaine d’heures seulement dans mon cas.

Une fois que vous êtes officiellement TED Translator, les choses sérieuses peuvent commencer.

Le processus de traduction

Première chose à savoir : tout se déroule sur la plateforme Amara.

Pour obtenir une tâche de traduction, rendez-vous sur la page All available tasks, et vous pourrez afficher toutes les tâches disponibles en fonction de la langue que vous recherchez. Lorsque vous avez trouvé un sujet qui vous plait, cliquez sur Perform task, puis sur Start now, et vous serez redirigé vers l’outil de traduction.

Screen 1

Si vous connaissez déjà certains outils de TAO, vous ne serez pas dépaysés : la partie gauche de l’écran contient le texte source, et la partie centrale votre traduction. Sur la droite, vous aurez des indications sur le nombre de caractères par segment et par seconde. Comme vous pouvez le constater, le texte source est divisé en différents segments. Avant de procéder à la fusion ou au découpage de ces segments et de synchroniser les sous-titres avec la vidéo, il vous faut traduire l’intégralité du document.

Screen 2Screen 3

 

En traduisant, vous remarquerez que parfois, un point d’exclamation rouge ainsi qu’un message, rouge également, s’affichent dans le segment et sur la droite : ce sont des messages indiquant que la ligne est trop longue ou que le nombre de caractères par minute est trop élevé. (Une ligne ne doit pas dépasser 42 caractères, et le nombre de caractères par seconde ne doit pas dépasser 21)

Je vous conseille de finir de traduire la transcription avant de vous préoccuper de ces messages. Vous serez plus à même de trouver de bonnes solutions de réduction du texte en ayant l’intégralité de la vidéo en tête.

Pour supprimer un segment, ou en rajouter un, utilisez la petite clé à molette située entre le segment source et le segment cible.

Attention, n’oubliez pas de traduire le titre et la description de la vidéo, tout en haut de la page !

Après l’étape de traduction, c’est au tour de la synchronisation des sous-titres.

Screen 4Screen 5

 

Il vous faut utiliser la barre chronologique qui se trouve entre les segments et la vidéo. Chaque rectangle gris représente un segment. Pour réduire ou augmenter la durée d’apparition d’un segment à l’écran, rien de plus simple : il vous suffit de tirer les barres verte et grise, situées à chaque extrémité du segment. Vous pouvez également déplacer les segments sur la barre elle-même, à l’aide de votre souris. La fine barre verticale rouge indique votre position dans la chronologie de la vidéo.

Une fois que tout ceci est terminé… eh bien, vous pouvez rendre la traduction ! Vous avez un délai de quatre semaines pour chaque vidéo.

Lorsque vous rendrez votre traduction, elle sera relue par un réviseur TED. Pour être réviseur, il faut avoir traduit au moins 90 minutes de contenu. Malheureusement, je n’ai pas encore traduit assez de contenu pour être réviseuse, je ne pourrai donc pas vous parler de cette étape.

Après la révision, votre traduction passera entre les mains d’un coordinateur linguistique (language coordinator) pour la phase d’approbation.

Et enfin, elle sera publiée, et vous serez crédités !

Si vous avez encore des doutes ou qu’un point ne vous semble pas clair, cette page pourra vous aider.

 

Conclusion

Je vais conclure en donnant mon point de vue sur cette expérience.

Tout d’abord, je trouve que la plateforme Amara est vraiment très facile à comprendre et à utiliser. L’interface est claire et précise, et un tutoriel apparaît à chaque ouverture. De plus, les tâches sont simples : traduire et synchroniser. L’étape de synchronisation me faisait un peu peur, mais je n’ai pas eu de mal à la réaliser.

Le plus dur est de respecter la limite de caractères. En tant que future traductrice spécialisée, une de mes plus grandes préoccupations est de conserver le sens du texte, au détail près. Mais dans la traduction audiovisuelle, il faut parfois sacrifier quelques détails pour respecter cette limite de caractères !

Par ailleurs, le fait de m’entraîner à la traduction audiovisuelle (que j’avais déjà étudiée en option du second semestre) me permet d’avoir une vision différente de la traduction, et pourra peut-être même m’aider dans de futurs projets.

Les vidéos traitant de sujets différents et spécialisés, cela permet également d’enrichir son vocabulaire, voire de découvrir de nouveaux intérêts, qui pourraient même devenir des domaines de spécialité.

Je n’ai donc qu’une seule chose à vous dire : si vous voulez vous entraîner à la traduction, tout en apprenant des choses et en découvrant de nouvelles techniques, n’hésitez pas ! Mais attention, n’oubliez pas que c’est un travail bénévole

J’espère que cet article vous a plu et que mes explications étaient claires, à bientôt !

 

Sources :

Guilbert, E. « Comment gagner en expérience lorsque l’on est étudiant(e) en traduction ? ». Juin 2017. Disponible sur : https://mastertsmlille.wordpress.com/2017/06/18/comment-gagner-en-experience-lorsque-lon-est-etudiante-en-traduction/comment-page-1/

Site officiel TED. Disponible sur : https://www.ted.com/

Les captures d’écran proviennent de la plateforme Amara. Disponible sur : https://amara.org/fr/