Sept règles d’or pour réussir son premier projet de traduction

Article original en espagnol : Siete claves para afrontar con éxito tu primer encargo de traducción – Jugando a traducir, rédigé par Rafael López Sánchez et publié sur le blog du traducteur : Jugando a traducir

Traduit de l’espagnol par Ophélie Douchet, étudiante M2 TSM.

Lorsque nous entrons sur le marché de la traduction, ce qui nous inquiète le plus est la gestion de nos premiers projets. Comme nous l’avons déjà vu sur le blog, il est très difficile de se lancer à la fin de ses études, surtout lorsque l’on manque d’expérience. En outre, avoir le statut de traducteur indépendant juste après l’obtention du diplôme est souvent considéré comme risqué car, parfois, des notions fondamentales telles que la productivité, la gestion du temps, le choix des tarifs ou encore le service client nous sont inconnus. Voici donc quelques éléments clés pour réussir haut la main notre premier projet :

1. Soigner la communication avec le client

En général, les projets de traduction commencent par un processus de dialogue entre le traducteur et le client. Lors de cette première étape, il est primordial de faire preuve de professionnalisme et d’instaurer une relation de confiance tout au long de la discussion. Pour cela, il faut soigner au maximum notre écriture, notre orthographe et notre typographie. Nous sommes traducteurs, c’est pourquoi, tous nos messages doivent être impeccables.

Pour donner un côté plus professionnel à notre message, pourquoi ne pas ajouter une signature personnalisée ? Avec Outlook ou Gmail, c’est simple comme bonjour. Si nous voulons améliorer la qualité de notre signature, nous pouvons utiliser des applications comme WiseStamp pour ajouter des images spéciales, les icônes de nos réseaux sociaux, et encore bien d’autres fonctionnalités.

Personnellement, je vous conseille d’opter pour un domaine « .com » avec une adresse mail personnalisée de type « nompremon@monmail.com ». Une adresse mail avec notre propre domaine nous aidera à renvoyer une image plus sérieuse et professionnelle à notre client. Si le gestionnaire de messagerie par défaut ne nous convient pas, il est toujours possible d’associer notre compte de messagerie à Outlook ou Gmail. C’est l’idéal si nous sommes déjà habitués à travailler avec ces outils ou si nous disposons déjà d’autres comptes de messagerie.

2. Bien analyser le type de projet et les besoins du client

Toujours lors de cette première étape, il est très probable que le client nous envoie un ou plusieurs fichiers sur lesquels nous devrons travailler plus tard. Ce dernier nous expliquera brièvement ce qu’il attend, mais il est fort possible qu’il ne nous donne pas toutes les informations nécessaires.

C’est donc à nous, traducteurs, de s’assurer que nous avons bien saisi les besoins et les instructions du client. Pour cela, nous pouvons lui envoyer un message de confirmation qui reprend les conditions convenues et une liste des tâches et objectifs du projet. Il va de soi de se mettre d’accord sur les éléments suivants :

  • La langue source et cible (par exemple : anglais>espagnol),
  • Le format de livraison des fichiers,
  • L’objectif du texte,
  • Le tarif ou le devis,
  • La date de livraison.

Il faut également veiller à ne pas oublier de télécharger les fichiers envoyés par le client et les analyser en profondeur pour s’assurer qu’ils soient corrects et ne présentent aucun problème. Normalement, le matériel est fonctionnel, mais il peut arriver que l’on nous envoie des fichiers dans des formats incompatibles avec nos logiciels. Si tel est le cas, nous devrons informer notre client du problème et lui demander de nous envoyer des fichiers que nous pouvons traiter.

Il faut également analyser le domaine du projet. Nous devons être honnêtes et reconnaître si nous sommes à même de traiter le domaine de spécialité en question. En effet, une brochure touristique ne se traduit pas de la même façon qu’un manuel sur l’ingénierie portuaire. Si le texte est très spécialisé et que nous ne nous sentons pas capables de le traduire, alors, il vaudrait mieux refuser le projet ou, du moins, faire appel à traducteur expérimenté afin qu’il nous aide ou nous révise.

3. Fixer un tarif adapté dès le début

Bien souvent, l’excitation et le stress de décrocher le projet peuvent nous faire oublier de convenir d’un prix avec notre client. De plus, comme il s’agit de notre premier projet de traduction, il est fort probable que nous ne sachions pas très bien comment établir un budget.

À l’heure actuelle, les tarifs pratiqués par les agences et les professionnels de la traduction vont de 0,04 € par mot (ce qui est très bas, soit dit en passant) à 0,12 € par mot. Il arrive que des traducteurs proposent un tarif plus élevé mais, d’après mon expérience, le prix au mot varie entre 0,06 € et 0,10 €. Inutile de préciser que plus notre tarif est élevé, mieux c’est pour nous.

Si nous proposons des services supplémentaires (révision, mise en page, localisation, retouche, etc.), il peut être intéressant de séparer les tâches dans notre devis et d’appliquer un tarif différent pour chacune d’entre elles. Établir un devis simple sur Excel pour ensuite l’envoyer à notre client s’avèrerait donc très utile.

Selon moi, le secret pour trouver un tarif adapté dépend de la productivité ou du rythme de travail (si vous voulez en savoir plus à ce sujet, je vous recommande de jeter un œil à la conférence tenue par Juan Yborra lors de la dernière ENETI, à savoir, une rencontre nationale des étudiants en traduction et en interprétation d’Espagne). L’idéal serait d’appliquer un tarif qui soit rentable pour nous et attractif pour notre client. Si nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord, nous pouvons négocier afin de trouver un tarif correspondant aux attentes des deux parties. Pour ma part, cette flexibilité m’a permis de décrocher des clients qui, sur le long terme, étaient très rentables. Cependant, il faut faire attention à ne pas trop diminuer son tarif car une fois le tarif revu à la baisse, il sera très compliqué de l’augmenter (surtout pour ce client en question). Bien entendu, si le tarif nous semble dérisoire, il vaudrait mieux refuser le projet. Comme nous l’avons déjà vu dans le blog, la dignité doit être notre priorité.

4. Organiser son temps

Lorsque nous débutons notre carrière, nous ne connaissons pas notre productivité. C’est quelque chose que l’on apprend avec le temps, mais noter notre rythme de travail peut être utile. Par exemple, le temps que l’on met pour traduire les 1 000 premiers mots du projet. Une fois que nous aurons déterminé notre productivité, nous pourrons mieux organiser notre temps. Ainsi, si le projet qui nous a été confié contient 10 000 mots, nous pourrons faire un calcul approximatif du temps nécessaire pour terminer le projet.

Il serait également intéressant de nous fixer des horaires de travail. Quand j’ai commencé, je n’avais pas pour habitude de travailler à des horaires fixes, je commençais à travailler dès que je recevais un projet et ensuite j’improvisais. Cependant, avec le temps, je me suis rendu compte que j’avais besoin de changer cela pour être plus stable et avoir un meilleur équilibre entre le travail et le reste. Le mieux à faire est de se fixer une journée de travail de 8 heures, avec des pauses pour le déjeuner ou pour se reposer, afin d’avoir un rythme de vie équilibré. On ne dirait pas, mais avec le temps c’est très appréciable.

5. En cas de problèmes ou de doutes, demander

Il arrive que, une fois le projet commencé, des doutes surviennent ou certains problèmes se posent. La peur ou le manque de confiance peuvent faire que nous n’osons pas demander (de peur que le client doute de nous), mais, en réalité, c’est la meilleure chose à faire. De par mon expérience, bon nombre des problèmes qui se posent dans le cadre d’un projet peuvent être résolus en cherchant une solution avec le client, ou en demandant son avis (surtout lorsqu’il s’agit de questions techniques).

Si nous pensons que notre client ne sera pas en mesure de nous aider à résoudre le problème (en particulier s’il concerne une traduction), il peut être judicieux de demander un deuxième avis à un collègue traducteur en qui nous avons confiance. Personnellement, je n’ai jamais été un grand adepte du copinage, mais s’il s’agit d’une demande très spécifique (et brève), il ne devrait pas y avoir de problème, surtout si la confiance règne entre les deux parties. Sinon, les forums thématiques tels que Proz.com ou Forotraduccion peuvent être d’une grande aide.

Pour ce genre de questions, je garde un petit carnet sur mon bureau et note tous les problèmes et les doutes qui surgissent au fur et à mesure que j’avance dans chacun de mes projets. C’est vraiment utile et pratique, car bien souvent les projets sont tellement conséquents, qu’ajouter des commentaires dans les documents peut être trop fastidieux. Une fois les questions notées, il est beaucoup plus facile de s’en souvenir. Ainsi, nous pouvons écrire à notre client ou l’appeler pour lui expliquer les problèmes de manière ordonnée.

6. Respecter la date de livraison fixée par le client

Cela peut sonner comme une évidence, mais il est clair qu’une grande partie de la satisfaction finale de notre client dépendra du respect de la date de livraison qu’il nous a fixée. Il ne nous servira à rien d’avoir effectué un travail impeccable si nous le livrons en retard.

La clé du respect des délais dépend avant tout des points 2 et 4. Il est important de savoir évaluer dès le départ si nous serons en mesure de respecter la date de livraison proposée par le client et, à cette fin, il est essentiel de savoir évaluer le volume du projet et de le comparer à notre rythme de travail. Si, à ce moment-là, nous estimons que la date de livraison est trop serrée pour nous, nous pouvons proposer une autre date au client (il arrive que les clients soient flexibles).

Une fois la date convenue, il faut éviter à tout prix de livrer les projets en retard. Dans le cas où le projet doit être retardé pour des raisons X ou Y (il peut y avoir un problème technique qui doit être résolu par notre client ou un tiers), il est conseillé d’en informer le client le plus rapidement possible afin de trouver une solution avant la livraison.

Au moment de la livraison, il faut veiller à envoyer tous les fichiers demandés par le client et à suivre ses instructions. Le client peut demander que plusieurs fichiers soient envoyés dans des formats différents ou qu’ils soient inclus dans une structure de dossier spécifique (pour ne citer que des exemples courants). Dans tous les cas, nous devons nous assurer que la livraison soit parfaite.

7. S’assurer de la satisfaction du client après la livraison

Une de mes devises que j’aime appliquer dans mon travail est que les projets ne sont pas terminés lorsque les fichiers sont envoyés, mais lorsque le client affirme que tout est correct. Ainsi, au moment d’envoyer notre projet (ou après l’avoir envoyé), nous pouvons demander au client de confirmer que tout est en ordre et lui proposer d’apporter les modifications nécessaires par la suite.

De cette façon, nous pourrons nous assurer que notre client sera satisfait à 100 %, car s’il y a quelque chose qui ne lui plaît pas ou qui ne lui convient pas, nous pourrons le corriger à la volée. Cela peut retarder un peu la clôture du projet, mais ça en vaut la peine car toutes les parties seront satisfaites du résultat final. Et on ne sait jamais, mais peut-être que parce que nous nous préoccupons tellement de sa satisfaction, il nous recontactera pour un futur projet.

Conclusion

Vous pouvez constater que presque toutes les recommandations sont étroitement liées au service à la clientèle. Lorsque nous entrons sur le marché du travail, nous n’avons pas encore l’impression de vraiment travailler pour un client ; désormais, la « réussite finale » ne dépendra plus d’une note académique, mais bel et bien de la satisfaction finale du client. En ce sens, on pourrait dire qu’un client satisfait pourrait être l’équivalent d’une mention très bien.

Bien entendu, le service à la clientèle ne fait pas tout, et nous devons également nous efforcer de fournir un travail de qualité, à la hauteur des exigences qui nous sont imposées. Pour cela, rien de tel que de donner le meilleur de soi-même. C’est la seule façon d’être satisfait de notre travail, qui, soit dit en passant, est aussi important.

Alors, c’est parti !

Je remercie Rafael López Sánchez de m’avoir permis de traduire son billet de blog. N’hésitez pas à jeter un œil à son blog, il donne de nombreux conseils pour les traducteurs débutants.

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