Retour d’expérience : Conférence virtuelle sur la localisation #LocFromHome « Mettez-vous à la place de votre client »

Par Kate Alekoglu, étudiante M1 TSM

#LocFromHome : jeudi 27 mai 2021 de midi à minuit

J’ai tendance à le dire après chacune des quatre journées #LocFromHome jusqu’ici, mais pour la quatrième fois, l’équipe de Smartcat s’est vraiment « surpassée ». Quelle journée ! Les trois dernières conférences ont déjà permis à 59 intervenants de présenter leurs idées devant un public d’un peu moins de 10 000 spectateurs. Cette fois-ci, avec plus de 12 heures de streaming non-stop et 13 présentations palpitantes, ce #LocFromHome n’était pas un événement à manquer.

Si, toutefois, vous ne faites pas partie de ces fous (comme moi) et vous n’avez pas pu rester et regarder toutes les interventions, voici l’occasion de vérifier ce que vous avez manqué. Dans le cas où, en lisant cet article, vous développeriez un mauvais cas de FOMO[i], veuillez immédiatement prendre une boisson et/ou quelque chose à grignoter et regardez l’enregistrement de chaque conférence qui vous intéresse en cliquant sur son titre. L’intégralité des enregistrements est disponible ici.

Si vous lisez cet article, il y a de fortes chances que vous trouviez l’événement intéressant dans son ensemble. Croyez-en l’expérience de quelqu’un qui a assisté à la toute première journée #LocFromHome en avril 2020, sans même savoir ce que signifie le terme « localisation ». Mais à présent, j’ai de l’expérience, j’ai fait mon travail et, le Jour J, je me suis connectée bien préparée, avec plein de questions.

#LocFromHome devenu plus qu’un événement, mais plutôt un canal puissant, où chacun peut partager son expérience, ses connaissances et ses astuces au sein du réseau de localisation. L’événement a commencé avec une demi-heure de réseautage dans un « espace commun » de la plateforme Remo, où chacun pouvait rejoindre une table, dire bonjour à tout le monde et rencontrer des personnes fascinantes. Aussitôt, j’étais prête à m’intégrer.

L’événement était divisé en 4 catégories d’interventions qui se distinguaient principalement par leur approche, ainsi que par le nombre d’intervenants. Nous avons eu l’occasion d’écouter :

  • quatre panels sur des sujets tels que la transcréation, l’éducation, le ROI (Return On Investment) et la mondialisation,
  • quatre histoires avec des intervenants qui racontent comment ils ont surmonté un défi particulier,
  • trois présentations sur la technologie et la productivité pour partager des idées sur la façon d’améliorer nos processus de travail,
  • et deux Mindset Talks captivants sur le thème de la stratégie de produit global et de la localisation continue.

On y trouve une pléthore d’informations, de conseils inspirants, de questions, de présentations colorées et, également, de prix à gagner. Outre la possibilité de réclamer un coupon Starbucks en postant une photo de vous-même sur LinkedIn en train de regarder #LocFromHome, parfois les présentations étaient aussi l’occasion de gagner un livre recommandé par l’intervenant pour avoir posé la question la plus captivante ou pertinente.

Pour chacune des 13 conférences dont je vous parle ci-dessous, vous trouverez, au choix :

  • une citation perspicace,
  • une question gagnante ou une qui a été posée par moi-même,
  • une recommandation de livre,
  • un ou des conseils.

1. Table ronde sur la localisation marketing : Le battage de la #transcréation est-il passé ?

La toute première table ronde, animée par Robert Rogge, PDG de Zingword, a analysé la différence entre la transcréation et la production de contenu local. Fabrizio Cattaneo, Chargé de la Localisation marketing chez Stripe, a recommandé de maintenir une ligne de démarcation flexible entre ces deux concepts et a souligné l’arrivée d’une légère tendance à préférer à créer du contenu local par les entreprises plutôt qu’à rester fidèles à la méthode traditionnelle de localisation, c’est-à-dire à la reproduction du contenu original dans une autre langue.

Lindsay Zhang, Chargée de la Localisation du contenu chez Trip.com, a indiqué l’importance de « créer du contenu au-delà de l’image », surtout lorsqu’il s’agit de grandes différences culturelles entre des continents comme l’Asie et l’Europe.

Paulina Makles, Directrice générale de Creative Tribe, est revenue sur les nombreux exemples où la transcréation était une stratégie nécessaire qui exigeait beaucoup de recherche afin de réussir sur le marché local, alors que la création de contenu local restait la solution la plus rentable financièrement et la plus facile.

Ma question : Si vous pouviez parler à vous-même dans votre passé, lorsque vous ne faisiez que commencer à travailler dans la transcréation, quels conseils vous donneriez-vous ? Les donneriez-vous également aux jeunes transcréateurs professionnels d’aujourd’hui ?

Robert Rogge répond : « Je pense que la meilleure réponse est que si la transcréation et le marketing sont votre domaine, ajouter le SEO[ii], la rédaction publicitaire ou le copywriting, ainsi que la rédaction de contenu à votre boîte à outils serait une très bonne idée. À mesure que les transcréateurs commencent à accepter davantage de missions de création de contenu local (si cette tendance se confirme, ce que nous pensons), ils se rapprocheront plus que jamais de la « face cachée » de ce métier.

La traduction marketing par courrier électronique en est un exemple. Je pense que l’on pourra voir un monde, où l’on s’attendra à ce qu’un transcréateur-rédacteur soit capable de travailler directement dans un logiciel de publipostage comme Mailchimp pour écrire et/ou transcréer de nouvelles campagnes pour le marché local.

J’ajouterais que la limite dont vous disposez dans la création de contenu local est « l’expertise du domaine », et vous l’avez d’une manière que vous n’avez pas dans la traduction. Un traducteur peut avoir une expertise en matière de logiciels et de comptabilité et être en mesure de traduire pratiquement n’importe quel article sur ce sujet, mais cela ne signifie pas qu’il serait prêt à écrire 800 mots sur les tendances dans le domaine des logiciels de comptabilité. Pour faire cela (à un niveau avancé), il faudrait avoir une idée de ce que ces tendances représentent réellement. »

2. Le développement client au-delà de la proposition de valeur : Lesquels des défis de vos clients devraient devenir vos transformations ?

Avec plus de 30 ans de collaboration dans le secteur chez Ego Translating, basé à Saint-Pétersbourg, Eugenia Gorodetskaya, Vice-présidente du Développement technologique, et Rodion Pochekaev, Chargé des Ventes internationales et de la Localisation, nous parlent de leur processus de travail soigneusement organisé et ils l’étayent par quelques études de cas pertinentes qui montrent comment une variété d’expériences peut vraiment sculpter la personnalité et le caractère de votre entreprise. Eugenia et Rodion nous donnent également des conseils sur les bonnes questions à poser lors de la communication avec votre client pour vous démarquer, pour comprendre ses besoins et faire bouger les choses.

J’ai également demandé à Eugenia quel était, selon elle, le facteur le plus important à prendre en compte lors du choix d’une solution pour un client, hormis le service sur mesure. La priorité se pose-t-elle sur le budget, l’innovation ou peut-être quelque chose de complètement différent ? Sa réponse est claire et nette : la qualité. Elle conseille de ne pas s’engager dans la mise en place d’une solution qui ne répond pas aux normes de qualité ou qui est insuffisante. En outre, assurez-vous d’avoir un briefing détaillé avec votre client afin d’établir si vous pouvez poursuivre votre collaboration ou non.

Recommandation de livre : « Le Mom Test: Comment parler avec les clients et apprendre si votre idée d’entreprise est bonne, quand tout le monde vous ment » par Rob Fitzpatrik.

Question gagnante : Concernant un des études de cas mentionnés : Comment peut-on vérifier la précision ou les occurrences d’un corpus vocal destiné à la synthèse vocale? »

Grâce à son partenariat dans la localisation multimédia, Ego Translating a pu trouver une solution qui s’est immédiatement avérée difficile et qui l’a amenée à jouer le rôle d’intermédiaire entre toutes les parties. Cependant, cela a permis l’entreprise d’acquérir une grande connaissance du processus lié à ce type de travail. Rodion Pochekaev a travaillé en étroite collaboration avec le client en question, ce qui a permis de recevoir des réactions plus rapides et a contribué au succès de cette collaboration.

3. Tendances perturbatrices dans la localisation multimédia, la reconnaissance automatique de la parole et le streaming

Alex Chernenko, PDG de Translit, a abordé le sujet passionnant de l’impact de l’IA et du ML sur l’industrie des langues et de la localisation. En parlant des ressources gratuites pour les traducteurs et les petites entreprises qui aimeraient fournir plus de solutions mais n’ont pas le budget d’un grand LSP[iii], un sujet intéressant a été évoqué. Récemment, Smartcat a lancé une fonctionnalité qui vous permet de traduire des sous-titres, tout en ayant un aperçu en temps réel de la vidéo, ce qui peut être un bon point de départ pour tester la plateforme et voir comment on s’en sort dans ce type de tâche.

Cette présentation m’a amenée à poser une question que tout le monde, il me semble, dans notre métier a en tête aujourd’hui. « Selon Arle Richard Lommel, la traduction automatique ne remplacera que ceux qui traduisent comme des machines. D’après vous, a-t-il raison ? »

Alex Chernenko me répond ainsi : Il y a toujours un élément de créativité que les machines n’ont pas, surtout dans le domaine de la localisation. La machine est capable d’apprendre mais il faut rester créatif et continuer à travailler sur la créativité afin de contribuer à l’amélioration du marché

Recommandation de livre : « Les sept habitudes des gens efficaces » par Stephen R. Covey.

Question gagnante : « Que pensez-vous des implications éthiques de ces outils et solutions pour les entreprises qui travaillent avec eux, et non pour les utilisateurs ? » par Paulina Makles

Réponse : « Certaines startups détectent et combattent déjà l’utilisation des « deepfakes ». A un moment donné, il paraît que nous ne pourrons plus voir ce qui se dit vraiment dans les journaux télévisés. Une réglementation est nécessaire pour contrôler ce phénomène et le limiter à des fins strictement créatives. »

Citation perspicace : « La créativité est ce qui ne pourra pas être remplacé par des machines si facilement »

4. En quête de respect : Construire des relations fructueuses avec les parties prenantes de la localisation

Anastasia Taymanova, Responsable de l’Équipe de localisation, est arrivée chez Dataduck il y a plus de 3 ans, au moment où l’entreprise était en pleine expansion. Avec beaucoup d’efforts et de travail, l’ordre a été établi et aujourd’hui Anastasia Taymanova partage son expérience et ses astuces sur comment établir des relations fructueuses avec les parties prenantes de localisation et les équipes pluridisciplinaires. Elle étaye son discours sur trois points principaux aussi importants : le positionnement correct en tant qu’équipe de localisation avec conscience de cœur du métier, l’éducation constante et régulière et la communication.

Recommandation de livre : « Le Cygne noir: La puissance de l’imprévisible » par Nassim Nicholas Taleb.

Ma question : « Concernant la communication, que recommanderiez-vous de faire en premier afin de minimiser la surinterprétation (et donc les conflits) dans votre équipe ou dans l’entreprise lorsque vous travaillez à distance ?

Faites attention de faire en sorte que votre flux de travail soit bien documenté et n’oubliez pas d’éduquer et de former vos collaborateurs régulièrement. N’ayez pas peur de rappeler les autres que vous existez, d’organiser des réunions et des formations. Soyez curieux de connaître l’entreprise et surtout, soyez patient !

Citation perspicace : « Communication + Collaboration = Succès »

5. Les défis du TMS[iv] : Les 5 principales raisons pour lesquelles les entreprises évitent les projets de migration de leur système de gestion de la traduction

Il s’agit d’un sujet important pour de nombreuses institutions, acheteurs, ainsi que pour les fournisseurs qui envisagent d’adopter une nouvelle technologie. Cela concerne principalement les petites organisations en pleine expansion, les start-ups, ainsi que les grandes entreprises qui recherchent une solution afin d’appliquer une stratégie multifournisseur ou afin de mettre à jour leur configuration de flux de travail bien compliquée et souvent trop coûteuse.

Les cinq raisons éponymes pour lesquelles une entreprise peut craindre l’acquisition d’une nouvelle technologie et la migration de son TMS peuvent être résumées en quelques mots-clés : expertise, temps, risque, peur des conséquences et échec. De plus, selon l’Atlas des technologies de la langue 2020, préparé par Nimdzi Insights, il existe plus de 370 plateformes au choix et ce chiffre ne cesse d’augmenter.

Josef Kubovsky, Directeur général de Nimdzi Insights, nous donne quelques conseils sur les points à prendre en compte lorsque l’on aborde un projet de migration de TMS, qu’il s’agit d’un point de départ, du temps et des coûts réels, des personnes impliquées et de l’impact que la conservation de « l’ancienne » configuration peut en effet avoir sur l’entreprise.

Recommandation de livre : Abonnement annuel au magazine « MultiLingual ».

6. Mondialisation et proximité : comment établir une présence internationale sur le Web ?

Cette présentation, animée par la Spécialiste du Développement commercial, Silvi Nuñez, et la Directrice de la Stratégie, Ann Montañana chez Optimational, a constitué une introduction parfaite au sujet principal de l’autre moitié de #LocFromHome, à savoir la mondialisation.

Les deux experts démontrent en détail l’importance cruciale d’une étude de marché approfondie et d’une stratégie de contenu multilingue optimale, lorsque l’on se prépare à établir notre présence sur le marché mondial.

Ma question : « Pensez-vous qu’il est important de recruter des membres de l’équipe à l’échelle internationale lorsque vous fournissez un service linguistique (traduction, localisation, diffusion en direct, voix-off, etc.) ».

Absolument. Pour qu’une stratégie ait un sens sur le nouveau marché cible, elle doit être élaborée par un expert natif qui vit sur place et comprend la culture. C’est ce que signifie réellement la localisation : c’est la satisfaction des besoins d’un nouveau public cible étranger avec l’aide d’experts locaux.

Question gagnante : « Selon votre expérience, quelle quantité de contenu une petite agence numérique doit-elle traduire pour se développer ? »

Réponse : Cela dépend beaucoup de vos ressources, mais vous pouvez commencer par tester certaines approches. La page d’accueil et la page « À propos de » sont les éléments essentiels, puis vous pouvez passer aux articles de blog, etc.

Citations perspicaces : « Traduisez le contenu le plus performant. » ; « Localisez le pays et non pas la langue. »

7. Créer des services de localisation internes pour guider le succès mondial de votre organisation

Marina Gracen-Farrell est Consultante en localisation et Développeuse de contenu en chef auprès de Pearson, mais elle est plus connue de ses événements de réseautage légendaires, qu’elle prépare tous les mois en tant qu’Ambassadrice de Loclunch, un groupe local informel de personnes travaillant sur l’internationalisation, la mondialisation, la localisation et la traduction.

Il est difficile de résumer cette conférence très riche en informations et astuces précieuses, que ce soit pour une jeune traductrice junior débutante sur le marché comme moi-même ou bien pour un ou une Chef d’entreprise de localisation avec plus de 20 ans d’expérience.

Néanmoins, étant donné que cet article est publié sur un blog géré par des étudiants en Master, je vous partage avec plaisir quelques conseils que Marina Gracen-Farrell a donné à nous en particulier :

« Faites du réseautage, apprenez tout ce que vous pouvez, adhérez à une association des traducteurs et assistez à des nombreuses conférences qui stimuleront votre savoir sur le cœur du métier. Mettez-vous en avant et faites-vous connaître pour obtenir des clients. Entourez-vous de pairs qui partagent votre passion pour le métier et qui vous soutiennent. Et finalement, cherchez votre spécialisation, quelque chose qui vous met à part des autres. »

J’ai posé une question concernant la créativité dans un métier comme le nôtre : « Est-il suffisant d’être créatif pour devenir un bon Gestionnaire de projets/Expert en localisation ou existe-t-il d’autres compétences essentielles pour réussir ? Pensez-vous qu’il existe une « règle d’or » ? »

Marina Gracen-Farrell me répond ainsi : À l’époque, personne ne disait que l’on pouvait être créatif, tout le monde nous conseillait de travailler dur pour réussir, sans nous embêter avec la créativité. Madame Gracen-Farrell n’est pas d’accord avec cette approche et dit qu’être créatif permet de mieux réussir que les gens qui gardent la tête baissée. « Soyez conscient de ce que vous aimez le plus faire et apprenez-y autant que possible. »

Recommandation de livre « Truly Global: The Theory and Practice of Bringing Your Company to International Markets » par Anna N. Schlegel.

Question gagnante : « Selon vous, quelles sont les 3-4 compétences les plus nécessaires aujourd’hui, par rapport à l’époque où vous avez commencé à élaborer un programme de localisation ? »

Réponse : « Empathie pour soi-même et pour ses pairs, la collaboration et le développement des compétences d’écoute. C’est surtout en soutenant les autres que l’on réussit le mieux et que l’on garde le cap. »

8. Questions inconfortables aux prestataires de services de localisation

Il est important de poser les questions les plus correctes et le plus pertinentes afin de réussir avec un projet. Dans le cas de projets de localisation, il est nécessaire de comprendre pourquoi certaines questions ont de la valeur particulière dans notre relation avec un prestataire, pour ensuite comprendre à quoi ressemblera le processus de localisation réel et savoir si, en effet, il sera fluide et évolutif. Igor Afanasyev, Chef de produit chez Smartcat, analyse des différentes situations possibles et, évidemment, répond à des nombreuses questions, même inconfortables.

Comment choisir votre technologie, que ce soit un TMS ou une TAO ? Comment rendre notre travail plus efficace et efficient ? Quelle est la valeur de notre travail ? Qu’est-ce que l’on comprend vraiment quand on parle de la localisation continue ? Igor Afanasyev se penche sur tous les aspects problématiques et propose des solutions possibles.

Recommandation de livre : « Humour, sérieusement : Pourquoi l’humour est une arme secrète dans les affaires et la vie (et comment tout le monde peut l’exploiter. Même vous) » par Jennifer Aaker.

Question gagnante (et aussi posée par moi) : « Comment peut-on approcher un prestataire de services de localisation si j’ai des doutes quant à sa politique éthique, par exemple considérant le rapport prix-qualité ou bien les tarifs qu’il propose par rapport au salaire qu’il verse à ses employés ? »

Réponse : « Il est possible que vous n’obteniez jamais une réponse honnête, par exemple au sujet d’utilisation de la traduction automatique. Choisissez donc une technologie qui vous permettra de contrôler au mieux votre projet. Si le projet se déroule sur votre plateforme, vous aurez un contrôle mesurable et fluide qui vous permettra de comparer la somme dépensée et la qualité du travail fourni. De votre côté, faites toujours preuve de transparence pour gagner la confiance des autres. »

9. Table Ronde Rising Tides : Combler le manque d’éducation dans la localisation par le mentorat et le coaching

Animée par Tucker Johnson, membre du Conseil d’administration et Cofondateur de Nimdzi Insights, cette table ronde est un exemple du fait que le métier de la localisation ne connait toujours pas de formation expresse, ni de profil spécifique, comme il en est avec le métier de la traduction.

Les intervenants se penchent sur la différence entre le coaching et le mentorat et propose plusieurs définitions. Où est la place pour les deux ? Quelle est la différence entre cette relation et une relation externe ? On apprend que chaque directeur doit être capable de gérer et d’encadrer ses employés. Doit-il plutôt vous pousser hors de votre zone de confort et appliquer la méthode de la critique constructive ou vous soutenir ? Attention, le coaching n’est pas du cheerleading !

En tant qu’étudiante et personne qui croit en l’apprentissage tout au long de la vie, il est très important pour moi d’apprendre de mes mentors. Mais justement, comment peut-on choisir nos mentors ? Comment savoir si leurs conseils est en effet utile, correct et efficace ?

Allison Ferch – Directrice exécutive de l’Association de la Mondialisation et de la Localisation (GALA) : « Il existe maintenant le Programme de mentorat des jeunes femmes étudiantes, préparé par GALA, qui travaille en petits groupes, cohortes, organise des événements, etc. Les étudiants sont souvent timides ou ils ont peur de contacter les personnes avec plus d’expérience pour demander de l’aide. Soyez un peu courageux et n’ayez pas peur de demander un peu de temps, vous ne savez jamais où cela peut vous mener !

Michal Antczak, Responsable de la technologie de localisation chez PayPal : Ça ne fera pas de mal juste d’envoyer un petit message, dans le pire des cas, on est ignoré mais la plupart de temps, les gens sont susceptibles de nous aider, même un peu. LinkedIn est parfait pour trouver ce type de relation.

Kris Girrell, Directeur et Propriétaire d’Innerwork Consulting :  Envoyez un message de prise de contact distant, par exemple « J’aime beaucoup ce que je vois en vous et j’aimerais apprendre de travailler comme vous ! » Si la personne refuse, vous ne voudriez probablement pas travailler avec elle de toute façon. »

Yuka Nakasone, Stratège en chef chez Global Bridge : Dès que vous trouvez quelqu’un qui vous inspire, essayez de commencer à parler ensemble des choses. Lorsque vous cherchez une réponse, allez-y et continuez en fonction de la réponse. Apprenez à vous connaître et votre relation se transformera peut-être en mentorat. N’oubliez pas que, si quelque chose ne va pas, vous devez être capable de le dire franchement et faire confiance à l’autre personne pour comprendre.

Recommandation de livre : « Culture Map » par Erin Meyer

10. Discours principal : Une stratégie de produit prête pour le marché mondial

Ce discours principal sur le thème de la globalisation, Talia Baruch, Chargée de la Stratégie produit auprès de Global-Ready et Geo-Fit, traite de la stratégie adaptée au monde d’aujourd’hui, c’est-à dire le monde « multi ». Comment faire évoluer la culture d’entreprise vers un état d’esprit stratégique adaptatif, inclusif, prêt pour la mondialisation, générant de manière dynamique les bonnes expériences locales à l’échelle mondiale ? Le monde d’après, c’est aujourd’hui et il est temps d’apprendre tout à nouveau et de s’adapter.

Il n’y avait pas de session des questions et réponses ici, mais une question dans le chat a attiré mon attention en particulier lors de cette intervention : « Il existe un modèle de maturité pour la localisation. Existe-t-il un modèle de maturité de la préparation globale ? »

Marina Gracen-Farrell a répondu : « Le simple fait d’arriver à « organiser » et « réorienter le contenu » augmente notre modèle de maturité de la localisation ! »

Citation perspicace : « Toute mission nécessite un missionnaire passionné. »

11. Table ronde sur le ROI – un voyage dans l’inconnu ou un moyen de communiquer la valeur de la localisation ?

Avec Rodrigo Cristina, Champion de l’Expérience client pour la localisation du groupe chez t’works, comme Animateur de cette table ronde, on part effectivement dans un voyage d’analyse et de discussion sur un terme financier relativement simple, mais qui provoque toujours une réaction plutôt controverse dans le contexte de la localisation. Pourquoi ? Et qu’en est-il de la spécificité de cette industrie, quel rôle joue-t-elle dans la croissance du marché global ? Il existe bien des réponses à ces questions et chacun des intervenants avait quelque chose à y contribuer.

Carrie Fischer, Chargée des services de mondialisation chez Subway : « Il existe des outils qui permettent de nous aider à faire des calculs plus ou moins précis, ainsi que des experts qui sont capables d’exécuter un pronostic. En fin de compte, tout dépend de type d’entreprise dans lequel on investit. Chez Subway, par exemple, la discussion sur le ROI n’a jamais lieu, mais je fais le calcul quand-même pour mes connaissances personnelles, comme l’un de mes points de données. »

Iti Sahai, Chef de produit, International chez Chegg : « Le retour sur investissement est axé sur les résultats et non sur le langage, ce qui est organique. Les critères de réussite doivent être déterminés et définis, par exemple, d’accroître la facilité de découverte pour encourager l’acquisition. Il ne s’agit pas toujours de revenus, mais aussi de promouvoir les qualités de leader. »

Chris Englund, Vice-président des Opérations internationales chez ActiveCampaign : « Le retour sur investissement présente le risque de réduire la complexité d’une décision commerciale à quelque chose qui ne reflète pas exactement ce qui intéresse la personne avec laquelle nous discutons de la localisation. Parfois, ce que nous vendons n’est pas ce que l’autre personne achète. Vous devez vous assurer que vous êtes sur la même longueur d’onde afin d’être conscient du véritable impact de l’investissement. »

Ma question : Que conseilleriez-vous aux jeunes qui cherchent à investir dans la localisation de NE PAS faire ?

Si nous parlons en général, je dirais qu’il ne faut pas se limiter. Soyez ouvert aux nouvelles opportunités et technologies qui arrivent sur le marché. Pendant des années, je n’ai pas vraiment cru que la traduction automatique ou la voix synthétisée fonctionneraient JAMAIS pour le contenu de Subway. J’avais tort. Si quelque chose vous semble intéressant, demandez une démonstration. Si vous avez un diplôme en gestion de projets de localisation ou en traduction, ne vous limitez pas à ce type d’emplois. Recherchez des opportunités qui vous donnent autant d’expérience pratique que possible.

12. Une promenade du côté sauvage de la localisation continue

Rebecca Ray, Directrice et Analyste en chef de CSA Research, explique en détail l’histoire de la localisation continue et présente les dernières recherches sur ce sujet. Elle analyse également l’impact des nouvelles technologies sur le processus de la localisation au fil des dernières années.

Ma question : « Quelle est votre prévision sur ce que nous réserve potentiellement la localisation continue dans le futur ? »

« On verra beaucoup plus de machines et de l’IA, c’est sûr. Il y a également des idées provenant de la Silicon Valley, c’est-à-dire l’automatisation des processus robotiques pour assurer l’optimisation des processus. Tout cela est déjà en train de se passer. »

Puisque nous parlons de localisation continue, il est bon de recommander un guide complet préparé par Igor Afanasyev, Chef de produit chez Smartcat, intitulé « Automatisée vs. Continue : Comment les entreprises échouent dans le domaine de l’automatisation, et comment y remédier » (lien en anglais ici), qui contient de nombreuses informations utiles sur la manière d’aborder ce sujet.

Recommandation de livre : « La science surprenante des réunions : Comment vous pouvez amener votre équipe à un niveau de performance optimal » par Steven G. Rogelberg

13. Qu’est-ce que la mondialisation ?

Cette dernière conférence de la journée était animée par Yuka Nakasone, Stratège en chef chez Global Bridge, et s’agissait du concept de la mondialisation pure et dure. C’est un terme qui porte une variété des définitions, en fonction de son contexte et usage.

Tex Texin, Architecte en chef de la Mondialisation chez XenCraft : « Aujourd’hui on ne parle plus d’entreprises qui envisagent d’entrer sur le marché global mais d’entreprises dont l’activité se concentre sur l’acte d’adaptation des services et produits aux différents marchés dans le monde. »

Rachel Carruthers, Chargée de l’Internationalisation et de la Localisation chez Canva : « Ce qui marche bien c’est d’avoir un lien étroit mais distinct entre la localisation et l’internationalisation. Cela permet de favoriser un meilleur niveau de communication et de collaboration entre ces deux zones de co-information. »

Doug Bruhnke, Fondateur et PDG de Chambre de commerce internationale : « Ce que nous avons contre nous, en tant que personnes travaillant dans le domaine de la mondialisation, c’est que la plupart des gens dans le monde ont tendance à avoir une vision plus locale, ils ne pensent pas globalement. Il semble que le terme ait une importante connotation péjorative qui ne facilite pas la tâche mais n’a pas empêché le développement de ce phénomène moderne.

Un point de vue venant de la section de commentaires, par Thierry Lavigne, m’a également interpellé : « Vous apprenez tous les jours ce que c’est que d’être un professionnel international en faisant partie de la communauté de la Chambre de commerce internationale : demandez aux personnes locales qui connaissent tout de leur lieu, de leur culture, de leurs coutumes et de la façon de faire des affaires au niveau local ou national. Évitez les erreurs liées à la législation, à la culture, à la façon de faire les choses ou aux coutumes en faisant partie d’un réseau mondial de professionnels sympathiques sur lequel vous pouvez compter tous les jours. Doug est le connecteur global du monde ».

Citation perspicace : « Globalisation (#G11n) = Localisation (#L10n) + Internationalisation (#I18n) »

Recommandation de livre : « Stratégie de marque internationale : Un guide pour atteindre une croissance globale de la marque » par Sean Duffy

Pour finir…

Ce recueil d’avis, de visions et de commentaires est une simple synthèse de ce que l’on a vécu lors de la quatrième édition de #LocFromHome. Quelques mots de conclusion ? La localisation évolue parallèlement à notre monde d’après, aujourd’hui.

Merci à tous ceux qui ont partagé ces moments avec moi, qui ont répondu à mes nombreuses questions au cours de la journée.

Une version en anglais du billet est disponible ici.


[i] FOMO – abréviation de Fear Of Missing Out (peur de manquer) ; sentiment d’inquiétude à l’idée de manquer des événements passionnants auxquels d’autres personnes se rendent, notamment à cause de ce que l’on voit sur les médias sociaux. (Source : Dictionnaire de Cambridge)

[ii] SEO – abréviation de Search Engine Optimisation (optimisation pour les moteurs de recherche) ; méthodes permettant de s’assurer que l’adresse d’un site web est affichée en haut de la liste des résultats d’une recherche sur Internet. (Source : Dictionnaire Cambridge)

[iii] LSP – abbréviation de Language Services Provider (prestataire de services linguistiques) ; une entité qui offre des services liés aux langues (Source : Phrase.com)

[iv] TMS – abréviation de Translation Management System (système de gestion de la traduction) ; [Il] gère le flux de contenu global à travers le processus de localisation, y compris la traduction, le partage des données linguistiques et l’application de contenu réutilisable via l’automatisation du flux de travail en fonction des règles commerciales et des informations sur le projet contenues dans sa base de connaissances. Les informations sont suivies à chaque étape du processus de traduction, qu’il s’agisse de ressources internes ou externes. (Source : Trados.com)

BIBLIOGRAPHIE

DEVILLA L. « Traduire à l’heure de la mondialisation : localisation de l’information et idéologie ». Synergies Italie. 2016. Vol. 12, p. 11.

CAMBRIDGE DICTIONARY[En ligne]. 2021. (Page consultée le 2 juin 2021). Disponible à l’adresse : https://dictionary.cambridge.org/fr/

GOUADEC DANIEL. Guide des métiers de la traduction-localisation et de la communication multilingue et multimédia. Paris : La Maison du dictionnaire, 2009. 286 p. ISBN : 978-2-85608-225-6.

PHRASE. Language Service Provider (LSP) [En ligne]. 2021. (Page consultée le 2 juin 2021).

Disponible à l’adresse : https://phrase.com/blog/localization-and-translation-glossary/language-service-provider-lsp/

SMARTCAT. #LocFromHome May 27, 2021 — Online Translation & Localization Conference. [En ligne]. 2021. (Page consultée le 27 mai 2021).

Disponible à l’adresse : https://www.smartcat.com/locfromhome-conference/

SMARTCAT. LocFromHome: Online Localization Conference, May 27, 2021 – YouTube [En ligne]. Mise à jour le 11 juin 2021. (Page consultée le 4 juin 2021).

Disponible à l’adresse : https://youtube.com/playlist?list=PL6uIqKfoBxniCcnf-uZTTphlxqvAMn1Ie

TRADOS. What is Translation Management? [En ligne]. 2021. (Page consultée le 2 juin 2021).

Disponible à l’adresse : https://www.trados.com/solutions/translation-management/

WATKINS J., WILLIAMS J., WEISS B., ÉD. The guide to translation and localization: preparing products for the global marketplace [En ligne]. 4e édition. Portland, Oregon, États Unis : Lingo Systems, American Translators Association, 2002. 100 p. ISBN : 0-9703948-1-0. (Page consultée le 6 mars 2021). Disponible à l’adresse : https://translationjournal.net/images/e-Books/PDF_Files/The%20Guide%20to%20Translation%20and%20Localization.pdf

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